"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

25 janvier 2014

S'élever contre toute persécution, un devoir chrétien (arch. Iakovos & Martin Luther King)

Un Chrétien doit faire entendre son indignation contre toute persécution. C'est ce qui m'a fait marcher aux côtés de Martin Luther King jr à Selma. Nous sommes tous responsables, et nous devons continuer à nous exprimer.
Archevêque Iakovos


 J'ai décidé de m'en tenir à l'amour. La haine, c'est trop lourd à porter.
Martin Luther King jr

Moscou / Constantinople : voyez comme ils s'aiment...

une opinion 100% personnelle qui ne me vaudra pas que des compliments - mais prier pour l'unité des Chrétiens quand au sein même de l'Église on ne cesse de se déchirer pour savoir "qui est le plus grand", quelle honte et quel ridicule à la fois..


Moscou : Il n'y a que le Christ comme chef suprême dans l'Église (Ephésiens 1,22-23), et en Russie et pour les Russes "sur toute la surface de la terre" il n'y a que le patriarche de Moscou comme chef suprême, on n'y veut pas de Grec :
https://mospat.ru/en/2013/12/26/news96344/#sthash.jqDuSytA.dpuf


Constantinople : Non, c'est le patriarche Grec qui est le chef suprême de l'Église, pour l'univers tout entier, y compris pour la Russie :
http://www.patriarchate.org/documents/first-without-equals-elpidophoros-lambriniadis

bref le discours guerrier habituel..

"C'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres qu'on vous reconnaîtra comme Mes disciples" (Jésus-Christ)


Lettre 43 de Saint Grégoire le Grand
livre V des Lettres de saint Grégoire dans l'édition bénédictine

"Grégoire à Euloge, évêque d'Alexandrie, et à Anastase, évêque d'Antioche.
Lorsque le Prédicateur par excellence disait : « Tout le temps que je serai l'Apôtre des nations, j'honorerai mon ministère [Rom 11 : 13] » ; lorsqu'il disait ailleurs : « nous sommes devenus comme des enfants au milieu de vous [I Thess 2 : 7] » ; il nous donnait, à nous qui sommes venus après lui, l'exemple d'être en même temps humbles en esprit et fidèles à conserver en honneur la dignité de notre Ordre, de manière que notre humilité ne soit pas de la timidité, que notre élévation ne soit pas de l'orgueil.
Il y a huit ans, lorsque vivait encore notre prédécesseur Pélage, de sainte mémoire, notre confrère et coévêque Jean, prenant occasion d'une autre affaire, assembla un synode dans la ville de Constantinople, et s'efforça de prendre le titre d'universel ; dès que mon prédécesseur en eut connaissance, il envoya des lettres par lesquelles, en vertu de l'autorité de l'apôtre saint Pierre, il cassa les actes de ce synode.
J'ai eu soin d'adresser à Votre Sainteté des copies de ces lettres. Quant au diacre qui, selon l'usage, est attaché à la suite des très pieux Empereurs pour les affaires ecclésiastiques, Pélage lui défendit de communiquer, à la messe, avec notre susdit coévêque. Suivant les traces de mon prédécesseur, j'ai écrit à notre coévêque des lettres dont j'ai cru devoir envoyer des copies à Votre Béatitude. Notre principale intention était, dans une affaire qui, à cause de son orgueil, trouble l'Eglise jusqu'en ses entrailles, de rappeler l'esprit de notre frère à la modestie, afin que, s'il ne voulait rien céder à la rigueur de son orgueil, nous pussions plus facilement, avec le secours de Dieu tout-puissant, traiter des moyens de le réprimer.
Comme Votre Sainteté, que je vénère d'une manière particulière, le sait, ce titre d'Universel a été offert par le saint concile de Chalcédoine à l'évêque du siège apostolique dont je suis le serviteur, par la grâce de Dieu. Mais aucun de mes prédécesseurs n'a voulu se servir de ce mot profane ; parce que, en effet, si un patriarche est appelé Universel, on ôte aux autres le titre de patriarche. Loin, bien loin de toute âme chrétienne la volonté d'usurper quoi que se soit qui puisse, tant soit peu, diminuer l'honneur des ses frères ! Lorsque nous, nous refusons un honneur qui nous a été offert, réfléchissez combien il est ignominieux de le voir usurper violemment par un autre.
C'est pourquoi, que Votre Sainteté ne donne à personne, dans ses lettres, le titre d'Universel, afin de ne pas se priver de ce qui lui est dû, en offrant à un autre un honneur qu'elle ne lui doit pas. En cela ne concevez aucune crainte des Sérénissimes Seigneurs ; car l'empereur craint le Dieu Tout-Puissant, et il ne consent point à ce qu'on viole les commandements évangéliques et les très saints canons. Pour moi, quoique je sois séparé de vous par de longs espaces de terre et de mer, je vous suis cependant étroitement lié de cour. J'ai confiance que tels sont aussi les sentiments de Votre Béatitude à mon égard ; dès que vous m'aimez comme je vous aime, l'espace ne nous sépare plus. Grâces donc à ce grain de sénevé, à cette graine qui en apparence était petite et méprisable et qui, en étendant de toutes parts ses rameaux sortant de la même racine, a formé un asile à tous les oiseaux du ciel ! Grâces aussi à ce levain qui, composé avec trois mesures de farine, a formé en unité la masse du genre humain tout entier ; grâces encore à cette petite pierre qui, détachée sans efforts de la montagne, a occupé toute la surface de la terre ; qui s'est étendue au point de faire, du genre humain amené à l'unité, le corps de l'Eglise universelle ; qui a fait même que la distinction des différentes parties servît à resserrer les liens de l'unité !
Il suit de là que nous ne sommes pas éloignés de vous, puisque nous sommes un en Celui qui est partout. Rendons-lui donc grâces d'avoir détruit les inimitiés au point que, dans son humanité, il n'y eût plus dans tout l'univers qu'un seul troupeau et une seule bergerie sous un seul pasteur qui est lui-même. Souvenons-nous toujours de ces avertissements du Prédicateur de la vérité : Soyez vigilants à conserver l'unité de l'esprit dans le lien de la paix [Eph 4 : 3] ; Cherchez à avoir avec tout le monde la paix et la bonne harmonie, sans laquelle personne ne verra Dieu [Héb 12 : 14]. Le même disait à ses disciples : Si cela est possible, autant qu'il est en vous, ayez la paix avec tout le monde [Rom 12 : 18]. Il savait que les bons ne pouvaient avoir la paix avec les méchants ; c'est pourquoi il dit d'abord, comme vous le savez : Si cela est possible.
Mais parce que la paix ne peut exister entre deux partis opposés, dès que les mauvais la fuient, les bons doivent y tenir du fond de leurs entrailles. Aussi saint Paul dit-il admirablement : Autant qu'il est en vous ; pour nous faire comprendre qu'elle doit se maintenir en nous, même lorsque les hommes pervers la repoussent de leur cour. Nous conservons véritablement la paix lorsque nous poursuivons les fautes des orgueilleux sous l'impulsion de la charité et de la justice ; lorsque nous aimons leurs personnes et que nous haïssons leurs vices, car l'homme est l'ouvre de Dieu, mais le vice est l'ouvre de l'homme. Distinguons, par conséquent, ce que Dieu a fait et ce que fait l'homme ; ne haïssons pas l'homme à cause de son erreur, et n'aimons pas l'erreur à cause de l'homme.
Poursuivons donc, dans l'homme, le mal de son orgueil, en lui restant uni en esprit, afin que cet homme soit délivré de son ennemi, c'est-à-dire de son erreur. Notre Rédempteur Tout-Puissant donnera des forces à notre charité et à notre justice ; il nous donnera l'unité de son esprit, à nous qui sommes séparés de vous par une grande étendue de terre, car c'est Lui qui a construit son Eglise comme une arche, en lui donnant pour ses quatre côtés les quatre parties du monde ; il l'a faite d'un bois incorruptible ; il l'a enduite du bitume de la charité, de manière qu'elle n'ait rien à craindre ni du côté des vents, ni du côté des flots. Nous devons le prier de tout notre cour, très chers frères, afin que, sous le gouvernement de la grâce, l'eau du dehors ne la trouble pas, et que la droite de la Providence tienne en bon état le fond du vaisseau ; car le Diable, notre ennemi, en sévissant contre les humbles et en tournant autour d'eux, comme un lion rugissant qui cherche à les dévorer, ne se contente pas, comme nous le voyons, de tourner autour, mais il a planté si profondément ses dents dans certains membres nécessaires de l'Eglise que, sans aucun doute (ce qu'à Dieu ne plaise !) le troupeau sera bientôt ravagé si les autres pasteurs ne s'entendent entre eux pour le secourir, sous les auspices du Seigneur. Songez, très chers frères, à ce que fera bientôt celui qui, de prime abord, a soulevé de si détestables projets contre le sacerdoce. Il est près de nous celui dont il a été écrit : Celui-là est roi sur tous les enfants d'orgueil. Je ne puis le dire sans être accablé de douleur, notre frère et coévêque Jean cherche à s'élever jusqu'à ce titre, en méprisant les commandements du Seigneur, les préceptes apostoliques et les règlements des Pères.
Que le Dieu tout-puissant fasse connaître à Votre Béatitude combien je gémis profondément en pensant que celui qui me semblait autrefois le plus modeste des hommes, celui que j'aimais le mieux, qui ne semblait occupé que d'aumônes, de prières, de jeûnes, a tiré sa jactance de cette cendre sur laquelle il était assis, de cette humilité dont il se faisait gloire, au point de chercher à tout s'attribuer, et par l'orgueil d'un titre pompeux, à subjuguer tous ceux qui sont attachés au chef unique qui est le Christ, c'est-à-dire les membres de ce même Christ. Il n'est pas étonnant que le Tentateur, qui sait que l'orgueil est le commencement de tout péché, qui s'en est servi tout d'abord contre le premier homme, cherche, par ce vice, à détruire les vertus de certaines personnes, qu'il tende un piège et qu'il mette un obstacle à toute bonne ouvre, dans les vertus mêmes de ceux qui sembleraient avoir échappé à ses mains cruelles.
C'est pourquoi il faut prier beaucoup ; nous devons adresser au Dieu tout-puissant de continuelles prières pour qu'il détourne l'erreur de l'esprit de notre frère, qu'il écarte de l'unité et de l'humilité de son Eglise ce mal d'orgueil et de trouble. Avec la grâce de Dieu, il faut recourir à toutes ses forces pour empêcher que, par le poison contenu dans un seul titre, les membres qui vivent dans le corps du Christ ne soient frappés de mort ; car permettre ce titre, c'est détruire la dignité de tous les patriarches ; et s'il arrive que celui qui se dit universel tombe dans l'erreur, il n'y a plus aucun évêque qui soit resté ferme dans la vérité.
Il faut donc que vous conserviez dans leur intégrité les Eglises, telles que vous les avez reçues, et que cette tentation d'usurpation diabolique ne trouve chez vous aucun appui. Tenez bon, et soyez tranquilles ; ne donnez et ne recevez jamais d'écrits qui porteraient ce faux titre d'universel ; empêchez tous les évêques qui vous sont soumis de se souiller en adhérant à cet orgueil, et que toute l'Eglise sache que vous êtes patriarches non seulement par vos bonnes ouvres, mais encore par une autorité véritable. S'il nous en arrive quelque malheur, nous le supporterons ensemble ; et notre devoir sera de montrer, même par notre mort, que nous n'avons rien qui nous soit cher dès qu'il en résulte du dommage pour l'universalité. Disons avec Paul : « Le Christ est ma vie, et mourir m'est un gain » [Phil 1 : 21]. Ecoutons ce que le premier de tous les pasteurs a dit : « Si vous souffrez quelque chose pour la justice, vous serez heureux » [Mt 5 : 10].
Croyez bien que la dignité que j'ai reçue pour prêcher la vérité, nous l'abandonnerons tranquillement pour cette même vérité, si cela est nécessaire. Priez pour moi, comme il convient à Votre Très Chère Béatitude, afin que mes oeuvres soient en rapport avec les paroles que j'ai osé vous adresser. »  "
saint Grégoire le Grand, très orthodoxe pape de Rome (+ 604)


Il s'exprimait à propos du bouffi d'orgueil Jean le Jeûneur, patriarche de Constantinople qui venait de s'affuber ce scandaleux titre de "patriarche oecuménique" (universel), titre scandaleux et problématique déjà à l'époque. Et saint Grégoire parle "d'usurpation diabolique", c'est bien de ça qu'il s'agit puisque ça introduisait (et y maintient) une division, une déchirure dans la Tunique Sans Couture, l'Épouse, l'unique Église du Christ. Malheur à nous!

Et si cela avait été pour le bien de l'Église, mais non, un titre "oecuménique" aussi scandaleux n'a pourtant jamais protégé ce siège d'être occupé par des hommes se trompant totalement et dévoyant le peuple loin du Christ. "Quand je verrai l'Eglise de Constantinople comme elle était auparavant, alors j'entrerai en communion avec elle sans la moindre exhortation de la part d'hommes. Mais tant qu'il subsistera des tentations hérétiques en elle, et tant que des hérétiques seront ses évêques, aucun mot, aucun acte, rien ne me convaincra jamais de rentrer en communion avec elle." Saint Maxime le Confesseur, lorsqu'il était poursuivi par les "très orthodoxes patriarches" pour sa "prétention" à rester Orthodoxe..

La soif de pouvoir est contraire à la Foi Chrétienne. Y compris au sein de l'Église.

Un titre, une dignité, n'ont rien d'apostolique si cela sert pour "commander" aux autres, au lieu de les SERVIR.
"Au Seigneur Jésus-Christ qui demandait à ses disciples quel ils le croyaient être, quel ils le confessaient, le premier des Apôtres, Pierre, seul, au nom de tous, répondit. La réponse d'un seul renfermait en effet ce que tenait la foi de tous ; mais il convenait qu'il fût le premier à répondre, car il fallait que fût observé dans la réponse le même ordre que dans la dignité, et que celui qui tenait les devants par l'âge les tînt aussi par la confession. Que dit-il donc? «Tu es, dit-il, le Christ, le Fils du Dieu vivant» [Mt 16, 16] ."
in : Saint Jean Cassien,"Traité de l'Incarnation", livre 3, chapitre 13, parag. 4, '"la confession de Foi de Pierre, meilleure preuve de la divinité du Christ".


Tant qu'il y aura un gramme de soif de pouvoir chez ces gens-là, j'ose affirmer qu'ils ne sauront pas guider qui que ce soit vers le Christ. "Car un aveugle saurait-il guider un autre aveugle? Assurément non, ils tomberont tous les deux dans le trou". Repentir, prière et repentir. Et les fidèles devraient prier pour eux, ne pas les encourager ni soutenir tout ce qui divise l'Église, abandonner tout esprit de chapelle (culturelle ou autre), n'avoir pour seule aspiration "que tous soient un" à l'image de la très sainte Trinité.

Concernant Ravenne et l'oecuménisme : hier encore, un de nos prêtres, Grec d'origine, demandait à quoi bon toutes ces discussions sur les sujets sur lequels on est d'accord - "car on sait très bien et depuis longtemps sur quoi on est d'accord. Maintenant il faut discuter sérieusement sur tout ce qui pose problème!" Et comme 2 principes contraires ne sauraient être tous les deux à la fois exacts, un des deux a nécessairement raison (par grâce divine, pas par mérite propre), et l'autre tort (par faiblesse humaine, pas par faute volontaire). Et il faudra que celui qui a tort fasse preuve d'humilité pour reconnaître que ceux de ses principes qu'il a élevés au rang de vérité à la place de Dieu ne sont que des idées humaines, et doivent donc faire place à la vérité qui vient de Dieu. Et celui qui aura exprimé la vérité mais sous un fatras culturaliste étouffant pour tous ceux qui - légitimement! - n'en partagent pas la culture, se décide à accepter que l'accessoire voire l'inutile qui le brouille soit enlevé du message que Dieu lui a confié pour le transmettre _fidèlement_ à _toute l'humanité_ peu importe la race, la langue, la couleur de peau, la culture, etc.. Repentir, prière et repentir, la route est encore longue.

"Les nations marcheront à Sa Lumière, et les rois de la terre viendront Lui porter leurs trésors. Ses portes resteront ouvertes le jour -- car il n'y aura pas de nuit -- et l'on viendra lui porter les trésors et le faste des nations". (Apoc 21,24-26)


Maranatha, viens Seigneur Jésus!

24 janvier 2014

Jugement de Dieu et jugement des hommes (Jc 2,13 / P. John)

Gloire à Jésus-Christ!

Lectures du jour : Jc 2,1-13 & Mc 10,23-32

"Car le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde." (James 2:13)

Cela signifie qu'au plus nous serons miséricordieux envers les autres, au plus miséricordieux sera le Jugement de Dieu à notre égard!

P. John



Glory to Jesus Christ!

Today's Scripture Readings:
James 2:1-13 & St. Mark 10:23-32

"For judgment is without mercy to one who has shown no mercy." (James 2:13)

This means that the more merciful we are towards others the more merciful God's judgment will be towards us!

Fr. John

Hétérodoxes: comment se comporter avec eux (p. Seraphim Rose, saint Silouane)

http://orthodoxinfo.com/inquirers/howtotreattheheterodox.aspx

Le bienheureux père Seraphim (Rose) de Platina

Quelques années avant de mourir, p. Seraphim reçu une lettre d'une Afro-américfaine qui, étant catéchumène apprenant l'Orthodoxie, était en lutte face à l'attitude peu charitable dont faisaient preuve certains Chrétiens Orthodoxes vis à vis de ceux qui sont hors de l'Église, une attitude qui lui rappelait comment son propre peuple avait été traité. "Je suis très troublée", disait-elle, "de voir comment ces Orthodoxes regardent ce que le monde appelerait les Chrétiens Occidentaux, c-à-d les Protestants et les Catholiques-Romains. J'ai lu nombre d'articles par nombre d'auteurs Orthodoxes, et quelques uns utilisent des termes tels que 'papistes', etc, ce que je trouve très troublant et offensant. Je les trouve offensants car étant d'une race qui a été victime de nombre de sobriquets peu amènes, je ne voudrais pas moi-même utiliser ces méthodes. Même 'hérétique' me perturbe.
Que dois-je faire de mes amis et de mes proches? Ils ne connaissent rien à propos de l'Orthodoxie ou ne la comprennent pas. Cependant, ils croient et célèbrent le Christ... Dois-je traiter mes amis et mes proches comme s'ils étaient des sans Dieu, ou sans Christ?.. Ou puis-je les appeler Chrétiens, mais qui simplement ne connaîtraient pas la véritable Église?
En vous posant cette question, je ne peux que penser à saint Innocent d'Alaska visitant les monastères franciscains en Californie. Il restait profondément Orthodoxe, et cependant il traitait les prêtres qu'il y rencontrait avec douceur et charité et sans leur coller un sobriquet. J'espère que c'est bien ça que l'Orthodoxie dit de faire pour traiter les autres Chrétiens.

La question épineuse de cette femme était en faite très habituelle parmi les gens se joignant à la Foi Orthodoxe. Approchant du terme de sa courte vie et ayant tiré un trait sur l'amertume de sa jeunesse, p. Seraphim répondit ceci:

"J'ai eu beaucoup de joie à lire votre lettre - de la joie non pas parce que vous êtes dans la confusion avec cette question qui vous perturbe, mais parce que votre attitude révèle que dans la vérité de l'Orthodoxie vers laquelle vous êtes attirée, vous aimeriez aussi trouver place pour une attitude pleine d'amour et de compassion pour ceux qui sont hors de la Foi Orthodoxe.

Je crois en effet fermement que c'est ce que l'Orthodoxie enseigne...

Je vais brièvement vous exposer ce que je crois être l'attitude Orthodoxe envers les Chrétiens hétérodoxes.

1. L'Orthodoxie est l'Église fondée par le Christ pour le Salut de l'humanité, et dès lors nous devrions protéger de notre vie la pureté de son enseignement et notre propre fidélité à ce dernier. Il n'y a que dans l'Églie Orthodoxe que la grâce est donnée par les Sacrements (la plupart des autres églises ne considèrent même pas avoir des sacrements dans un sens réel du terme). Seule l'Église Orthodoxe est le Corps du Christ, et si le Salut est déjà si difficile au sein de l'Église Orthodoxe, combien plus l'est-il assurément en dehors de l'Église!

2. Cependant, ce n'est pas à nous de définir l'état de ceux qui sont hors de l'Église Orthodoxe. Si Dieu souhaite accorder le Salut à certains qui sont Chrétiens de la meilleure manière qu'ils peuvent, mais même sans connaître l'Église Orthodoxe - c'est Lui qui le décide, ce n'est pas notre affaire. Mais lorsque Dieu agit de la sorte, c'est en dehors de la voie normale qu'Il a établie pour le Salut - qui est dans l'Église, en tant que membre du Corps du Christ. Je peux accepter quant à moi l'expérience de Protestants "nés de nouveau" en Christ; j'ai rencontré des gens qui ont entièrement changé de vie suite à leur rencontre avec le Christ, et je ne peux pas nier leur expérience rien que parce qu'ils ne sont pas Orthodoxes. J'appelle ces gens des Chrétiens "subjectifs" ou "débutants." Mais jusqu'à ce qu'ils soient unis à l'Église Orthodoxe, ils ne sauraient avoir la plénitude du Christianisme, ils ne savent pas être objectivement Chrétiens comme appartenant au Corps du Christ et recevant la grâce des Sacrements. Je pense que c'est aussi pour cette raison qu'il existe nombre de sectes parmi eux - ils commencent la vie Chrétienne par une authentique conversion au Christ, mais ils ne savent pas continuer la vie Chrétienne de manière convenable tant qu'ils ne sont pas unis à l'Église Orthodoxe, et dès lors ont substitué leur propres opinions et expériences subjectives pour les enseignements et sacrements de l'Église.

Dès lors, concernant ces Chrétiens qui sont hors de l'Église Orthodoxe, je dirais ceci : ils n'ont pas encore la plénitude de la vérité - peut-être qu'elle ne leur a pas encore été révélée, ou peut-être est-ce de notre faute parce que nous ne vivons pas ni n'enseignons la Foi Orthodoxe d'une manière qu'ils peuvent comprendre. Nous ne saurions être uns de Foi avec eux, mais il n'y a pas de raison pour que nous les considérions comme totalement étrangers ou égaux aux païens (quoique nous ne devrions pas non plus être hostiles envers les païens - eux non plus n'ont pas encore rencontré la vérité!). Il est vrai que nombre d'hymnes non-Orthodoxes contiennent des enseignements ou au moins une orientation vers ce qui est faux - en particulier l'idée que lorsque quelqu'un est "sauvé", il n'a plus rien besoin d'autre puisque le Christ aurait tout accompli. Cette idée empêche les gens de voir la vérité de l'Orthodoxie, qui met l'accent sur l'idée de lutte pour le Salut même après que le Christ nous l'ai donné, comme le dit saint Paul " travaillez avec crainte et tremblement à accomplir votre Salut" (Phil 2,12). Mais presque tous les chants de Noël sont corrects, et sont repris par les Chrétiens Orthodoxes en Occident (certains sont même chantés dans les monsatères les plus stricts!).

Le terme "hérétique" (comme nous l'exposons dans notre article sur le p. Dimitri Doudko) est en effet utilisé à tort et à travers de nos jours. Il avait une signification précise et une fonction, pour distinguer les nouveaux enseignements par rapport à l'enseignement Orthodoxe. Mais très peu des actuels Chrétiens hétérodoxes sont de vrais "hérétiques", et ce n'est vraiment pas correct de les appeler ainsi.

Pour finir, je pense que l'attitude du p. Dimitri Doudko est la bonne : nous devrions voir les hétérodoxes comme des gens à qui l'Orthodoxie n'a pas encore été révélée, des gens qui sont potentiellement Orthodoxes (si seulement nous-mêmes étions capables de leur donner un meilleur exemple!). Il n'y a pas de raison pour laquelle nous ne pourrions pas les appeler Chrétiens, et être en bons termes avec eux, reconnaissant que nous avons au moins notre foi en Christ en commun, et vivre en paix en particulier avec nos propres familles. L'attitude de saint Innocent vis à vis des catholiques-romains en Californie est un bon exemple pour nous. Une attitude dure et polémique ne devrait être adoptée que lorsque les hétérodoxes essaient de détourner nos fidèles ou changer nos enseignements..

Quant aux préjugés - ils appartiennent au monde, pas à l'Église. L'Orthodoxie ne vous demande pas d'accepter le moindre préjugé ou opinion à propos d'autres races, nations, etc."

De "Pastoral Guidance", Chapitre 84 du livre "Father Seraphim Rose: His Life and Works."
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Saint Silouane l'Athonite

(Archimandrite Sophrony) : Nous avons eu connaissance d'une conversation entre le Starets et un archimandrite qui exerçait une activité missionnaire parmi les non-Orthodoxes. Cet archimandrite estimait beaucoup le Starets et vint à diverses reprises s'entretenir avec lui lors de ses séjours à la Sainte Montagne. Le Starets lui demanda comment il prêchait. L'archimandrite, qui était encore jeune et inexpérimenté, s'écria en gesticulant et en secouant tout son corps :
Je leur dis : « Votre foi, c’est de la fornication. Chez vous, tout est déformé, tout est faux, et vous ne serez pas sauvés si vous ne vous repentez pas ».
Le Starets l’écouta, puis lui demanda : - Et dites-moi, Père archimandrite, croient-ils en Jésus Christ, croient-ils qu’il est le vrai Dieu
- Oui, cela, ils le croient.
- Et vénèrent-ils la Mère de Dieu ?
- Oui, ils la vénèrent; mais leur doctrine à son sujet est fausse.
– Vénèrent-ils les saints ?
- Oui, ils les vénèrent, mais quels saints peut-il donc y avoir chez eux depuis qu’ils se sont séparés de l’Eglise ?
- Ont-ils des offices dans leurs églises, lisent-ils la Parole divine ?
- Oui, ils ont des offices et des églises, mais si vous pouviez voir ce que sont ces offices en comparaison des nôtres, quel froid, quelle absence de vie !
- Eh bien ! Père archimandrite, leur âme sait qu’ils font bien de croire en Jésus Christ, de vénérer la Mère de Dieu et les saints, de les invoquer dans leurs prières; et si vous leur dites que leur foi c’est de la fornication, ils ne vous écouteront pas … Mais dites aux gens qu’ils font bien de croire en Dieu; qu’ils font bien de vénérer la Mère de Dieu et les saints; qu’ils font bien d’aller à l’église pour les offices, de prier à la maison, de lire la Parole divine, et le reste; mais que, sur tel ou tel point, ils sont dans l’erreur, qu’il faut corriger cette erreur et qu’alors tout sera bien. Le Seigneur se réjouira en eux, et ainsi nous serons tous sauvés par la miséricorde de Dieu. Dieu est Amour; c’est pourquoi toute prédication doit, elle aussi, procéder de l’amour, et alors elle sera salutaire et pour celui qui prêche, et pour celui qui l’écoute. Mais si vous condamnez, l’âme du peuple ne vous écoutera pas, et il n’en résultera aucun bien.

Archimandrite Sophrony, "Le starets Silouane" P. 62-63 Ed. Présence Paris. 1996

23 janvier 2014

Ukraine & Syrie, prière encore et toujours

Plus que jamais, ces 2 pays chrétiens ont besoin de nos prières.. Ravagés par la guerre civile, ils sont en réalité de champs de bataille où les grands de ce monde s'affrontent par milices & manipulés interposés. Pour le plus grand malheur des peuples.

Désolé, je n'ai pas le temps de traduire les articles, je vous donne 3 liens en vrac..

Une merveille que ces moines de Laures de Kiev qui, comme ce prêtre Grec dont la photo avait circulé, s'interposent au risque de leur vie entre les manifestants (qui comptent beaucoup d'anarchistes, dont ne parlent pas nos médias..) et la police, pour tenter de ramener un peu de paix.





Thursday, January 23, 2014


Syria: Terrorists Behead Christian For Wearing His Cross 

http://www.johnsanidopoulos.com/2014/01/syria-terrorists-behead-christian-for.html

 

 

http://www.lalibre.be/actu/international/kiev-10-photos-coup-de-poing-52e12d80357029ad9fcc6c8e

 

 

 Monks from the Kiev-Caves Lavra stand between police and demonstrators in Kiev 

Kiev, January 22, 2014

http://www.pravoslavie.ru/english/67776.htm

Et après avoir envahi un des plus anciens monastères au monde en Syrie, et enlevé les moniales qui s'y occupaient de dizaines d'orphelins, les "libérateurs" que soutiennent nos dirigeants ont tout pillé, incendié, profané et détruit :

Jihadists Plunder the Grave of Saint Thekla

http://morningoffering.blogspot.be/2014/01/islamic-jihadists-one-of-kidnapped-nuns.html

Ne pas discuter de la vérité avec qui l'ignore (saint Isaac le Syrien)

Ne discutez pas à propos de la vérité avec quelqu'un qui ne connaît pas la vérité. Mais avec la personne qui est avide de connaître la vérité, n'empêchez pas ses paroles.
Saint Isaac le Syrien

Pour répondre à l'Occident, l'Orthodoxie doit se mettre à l'écoute pour comprendre comment il en est arrivé là (metr. Kallistos T. Ware)

Nous devons assurément nous engager dans un dialogue avec la culture occidentale. Autrement, nous trahissons nos rôles en tant qu'Orthodoxes placés ici en Occident comme médiateurs et témoins. Dieu ne m'a pas fait vivre dans le Byzantium du 9ème siècle. Il m'a fait vivre dans l'Oxford du 21ème siècle. Il doit y avoir une raison à cela. De plus, ce qui nous est demandés, à nous Orthodoxes, c'est d'écouter autant que de nous exprimer. Bien trop souvent, nous nous livrons à un monologue Orthodoxe. Mais nous avons besoin d'écouter la parole de l'autre. Quelqu'un a dit à un de mes amis (qui était chrétien, au contraire de son interlocuteur) : "le problème avec vous autres les chrétiens, c'est que vous nous donnez la réponse avant même de vous soucier des questions que nous posons!"

A présent, je pense que nous pourrions appliquer cela à l'Orthodoxie dans le monde Occidental moderne. Avant que nous leur donnions toutes les réponses Orthodoxes, que de toute manière nous-mêmes ne connaissons que de manière trop incomplète, nous avons besoin d'écouter quelles sont les questions. Nous avons besoin d'examiner d'où proviennent ces questions. Quelle est la signification de toute l'expérience de la Renaissance, de la Réforme, de la Contre-Réforme, du Siècle des Lumières? En tant qu'Occidental, je devrais partir d'où eux se trouvent.
Métropolite Kallistos (Timothy Ware)
L'Occident authentiquement Chrétien était de Foi Orthodoxe.. n'oublions jamais..



“We must surely engage in a dialogue with Western culture. Otherwise we are the betraying our roles as Orthodox placed here in the West as mediators and witnesses. God did not put me in 9th century Byzantium. He placed me in 21st century Oxford. There must be a reason for that. Moreover, what is asked of us Orthodox is to listen as well as speak. All too often we carry on an Orthodox monologue. But we need to hear the voice of the other. Somebody said to a friend of mine (my friend is a Christian the person speaking to her was not) ‘The trouble with you Christians is you want to give us the answer before you bother to find out what the questions are!’

Now I think we could apply that to Orthodoxy in the modern Western world. Before we give them all the Orthodox answers, which in any case we ourselves know so incompletely, we need to listen to what the questions are. We need to consider where these questions are coming from. What is the meaning of the whole experience of the Renaissance, the Reformation, the Counter-Reformation, the Enlightenment? As a Westerner I should start from where they are."

Metr. Kallistos Ware
in: "Gifts of the Desert", by Kyriakos Markides

22 janvier 2014

Liturgie ou rock à l'église? (oecuménisme)

Les instruments de musique étaient utilisés dans le temple juif, c'est pourquoi nous avons des tambours, des guitares et un groupe de rock dans notre église.
Mais la Liturgie, les Autels, les chants, l'encens et les jours de fête sont totalement de l'idolâtrie...

L'Eucharistie, un symbole?


Donc soyons clairs.. vous parlez de l'Eucharistie?

A propos de laquelle, dans les Évangiles de Matthieu et Luc, Jésus proclame que c'est Son Corps et Sang; et dans l'Évangile de Jean, Jésus en dit qu'il faut la manger afin d'acquérir la vie éternelle; et toujours à propos de laquelle Paul met en garde de la manger "sans discerner le Corps", en 1 Corinthiens, sinon on sera jugé..

Et vous avez l'intention de tenter de me convaincre que ce ne serait qu'un symbole?

Bonne chance..

21 janvier 2014

Sainte Agnès de Rome, ou comment préférer la vie éternelle à la mort éternelle (p. John)

Gloire à Jésus-Christ!

Lectures du jour : Héb 12,25-26,13,22-25 & Mc 10,2-12

Aujourd'hui nous commémorons la sainte vierge-martyre Agnès de Rome. Née au milieu du 3ème siècle et élevée par de pieux parents Chrétiens, Agnès se consacra à Dieu et décida d'une vie de virginité. Cependant, à cause de son extrême beauté, elle reçut de nombreuses demandes de mariage. Lorsqu'elle repoussa la demande du fils d'un haut responsable romain, on révéla qu'Agnès était Chrétienne - et puisqu'elle refusait de renoncer au Christ, le gouverneur, pour la punir, décida de l'humilier publiquement en lui faisant arracher ses vêtements et l'envoyer dans une maison de prostitution. Cependant, à peine les vêtements d'Agnès avaient-ils été arrachés que sa chevelure grandit miraculeusement, recouvrant son corps, et protégeant sa pudeur. Les prêtres païens en devinrent si enragés qu'ils la firent aussitôt jeter pour brûler sur un bûcher. Comme le feu ne semblait pas l'atteindre, les païens en colère la tuèrent en lui brisant le cou. C'est ainsi qu'à l'âge tendre de 13 ans, Agnès échappa à la mort éternelle et hérita de la vie éternelle.
P. John


Glory to Jesus Christ!

Today's Scripture Readings:
Hebrews 12:25-26,13:22-25 & St. Mark 10:2-12

Today we commemorate the Holy Virgin-martyr Agnes of Rome. Born during the third century and raised by devout Christian parents, Agnes dedicated herself to God and was committed to a life of virginity. However, because of her extreme beauty, she received many offers of marriage. When she turned down a proposal from the son of a high Roman official, it was revealed that Agnes was a Christian - and because she refused to renounce Christ, the governor, as a means of punishment, decided to shame her by stripping off her clothing and sending her into a brothel. Yet, as Agnes was forcibly disrobed, the hair on her head miraculously grew to cover her body and protect her modesty. This enraged the pagan priests so much that they immediately burned her at the stake. However, when the fire did not seem to harm her, the seething pagans finally killed her by stabbing her in the neck. Thus, at the tender age of thirteen, Agnes escaped everlasting death and inherited eternal life.

Fr. John

Semaine de prière d'unité vue par le métropolite Antoine (Bloom) de Sourozh


Sermon sur la Semaine de Prière pour l'Unité
Métropolite Antoine Bloom
(vers 2001)

Je n'ai pas le courage de commencer ce que j'ai à vous dire maintenant par les paroles habituelles "au Nom du père, du Fils et du Saint Esprit," parce que c'est plus un cri d'agonie de ma propre âme que je voudrais vous partager, espérant que dieu Qui partage avec nous toutes les souffrances du monde, toutes ses tragédies, le partage aussi.

Nous avons divisé le christianisme et nous n'avons pas toujorus réalisé à quel point c'est tragique parce que nous vivons à différents niveaux. Il y a peu de moments où les doctrines problématiques, parfois complexes, jouent un rôle. Combien de fois la primauté du pape de rome détermine les actions d'un croyant catholique-romain au cours de sa journée? Combien de fois l'enseignement de l'Église Orthodoxe sur la sainte Trinité fait la différence dans son comportement vis à vis d'autrui? Combien de fois tel ou tel passage des Écritures cité par Calvin et d'autres théologiens de la Réforme détermine nos actions? Nos vivons et agissons et sommes en relation les uns avec les autres à un niveau vraiment différent, et ce niveau est soit la reconnaissance mutuelle, l'acceptation, et au mieux l'amour mutuel, ou au contraire - l'estrangement, l'incompréhension, et parfois la haine.

Nous n'exprimons plus des sentiments de haine de nos jours comme c'était le cas il y a un siècle, mais je me souviens que lorsque j'étais garçonnet dans une école primaire à Vienne en Autriche, comment la première semaine, l'institutrice qui ne savait pas ce qu'était l'Orthodoxie, m'avait envoyé d'abord vers le rabbin parce que "orthodoxe" lui semblait être une expression de l'Ancien Testament. Il m'avait regardé, m'avait demandé pourquoi j'avais la tête découverte, et quand je lui ai répondu "Parce que ma maman m'a dit de ne jamais porter de chapeau dans une pièce parce qu'il y a un crucifix ou une icône", il me regarda et dit "un Chrétiend dans ma classe? Hors d'ici!" J'ai été retrouvé par la maîtresse dans le corridor, qui me reconnaissant dès lors comme un Chrétien m'envoya au prêtre catholique-romain. Il me demanda ce que j'étais, et entendant que j'étais un Chrétien Orthodoxe, il dit "un hérétique dans ma classe? Dehors!" Et ce fut là que s'arrêta mon éducation religieuse.

Cela ne se produit plus à présent, mais l'estrangement demeure à un important niveau, et il subsiste dans nos rencontres en termes d'intellect, lorsque nous comparons les formules, lorsque nous comparons les affirmations théologiques. Je me souviens d'une extraordinaire discussion rapportée par un évêque Grec du 16ème siècle avec un théologien catholique-romain. Le théologien romain voulait une réponse à ses questions en utilisant les termes de la philosophie et théologie thomistes, et l'évêque Grec ne savait pas lui répondre en ces termes car ils lui étaient étrangers, et en apparence il avait été battu, et pourtant il avait raison car ce n'était pas une compétition entre 2 systèmes philosophiques, mais la proclamation d'une Foi vivante.



Nous sommes à présent dans la même position. La division a existé depuis les origines parmi les Chrétiens. Vous vous souviendrez de la dispute des disciples du Christ pour savoir lequel d'entre eux était le plus grand, et le Christ avait répondu "cet enfant!" Et que voyait-Il en cet enfant? La pureté de coeur, la pureté d'esprit, et la capacité à être totalement ouvert à l'amour et à la tendresse, une acceptation de l'autre. Les disciples l'apprirent exactement lorsque l'Esprit Saint descendit sur eux, et ils partirent prêcher l'Évangile mais sans attaquer qui ou quoi que ce soit, ne proclamant uniquement que Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné Son Fils unique jusqu'à mourrir afin que le monde puisse être sauvé. Telle est la vérité sur laquelle nous pouvons construire notre unité. Nous devons devenir comme l'enfant - pur de coeur, ouvert à Dieu, ouvert à notre prochain dans la simplicité et l'amour. Nous ne pouvons pas, nous n'avons en effet pas le droit de rejeter ou de nous détourner de l'enseignement de nos communautés respectives, mais nous devons nous demander qu'est-ce qui dans cet enseignement est de Dieu, de l'Esprit, et qu'est ce qui est une tentative d'exprimer les choses en termes de ce monde, des philosophies du temps qui se cachent parfois derrière ces expressions. Et nous devons aussi apprendre à nous aborder les uns les autres avec un regard neuf. Pendant des siècles, nous avons été en compétition, nous avons argumenté, nous avons essayé de nous convertir les uns les autres, pour prouver à l'autre qu'il avait tort et que nous seul avions raison.

Je me souviens du professeur Zander, un des grands théologiens oecuméniques de notre siècle, qui avait écrit un livre appelé "Action et vision" (1952), dans lequel il explique comment il voyait le rapprochement des croyants. Il disait "Pour commencer, deux personnes sont une. Ensuite, ils pensent, ils tentent de comprendre, ils tentent de formuler leur croyance, ils se présentent mutuellement leur formulations, et l'autre ne peut l'accepter, parce qu'il a fait la même chose, ayant parcouru le même cheminement, et étant parvenu à une autre manière d'exprimer la vérité. Et vient le moment où ils ne sont plus un, où ils s'éloignent l'un de l'autre, comme le professeur Zander l'exprime d'une manière très visuelle, ils ressentent encore la présence de l'autre mais ils sont infiniments éloignés l'un de l'autre parce qu'ils envisagent un autre absolu, et alors ils se quittent. Ils sont de plus en plus ancrés dans ce qui commençait à être la seule forme d'expression de la vérité qu'ils acceptent. Cela ne devient plus seulement l'expression selon leur capacité de pensée, cela devient la vérité, et l'autre devient l'étranger, l'hérétique, un ennemi de Dieu ou simplement un étranger qui est tombé du bateau. Et un jour lorsqu'ils sont loin l'un de l'autre, lorsque l'amertume s'est dissipée, lorsque l'état de séparation devient pénibleparce qu'il y a toujours dans leur coeur un germe d'amour pour l'autre, ils se demandent "qu'est-ce qui lui est arrivé depuis que nous nous sommes séparés?" Et ils se retournent, et regardent, et au loin ils voyent une silhouette, c'est comme un arbre, comme une statue, comme un objet inerte, mais ils savent, c'est leur ami, et ils commencent à se rapprocher, et au plus ils se rapprochent, au plus ils se reconnaissent, et ils se retrouvent face à face. Et à ce moment, ils se disent l'un à l'autre "pendant les siècles de séparation, qu'as-tu appris de Dieu, de toi-même, de moi?" Et ils commencent à partager, à partager leur état de séparation et au delà, partager ce qui est encore et toujours leur unité dans le seul Dieu Qu'ils adorent.

Voilà où nous en sommes à présent. Il y a eu un moment où, nous tous, dans les premiers siècles, nous étions un, puis la sagesse terrestre est venue et nous a divisés. Nous avons voulu exprimer notre foi dans les catégorie de pensée des philosophies du temps, et ensuite nous nous sommes éloignés les uns des autres, toujours plus. Plus tard, nous avons commencer à nous rencontrer. Par moment, uniquement partiellement. Je me souviens d'il y a 40 ans, la première conférence du conseil mondial des églises (WCC), à laquelle l'Église Orthodoxe de Russie a participé. Nous avons demandé à l'évêque Ioann Vendland d'exprimer pour nous quelques paroles de salutation, et je n'ai jamais oublié le fond de ce qu'il a exprimé. Il a remercié le conseil mondial des églises pous nous avoir accepté malgré le fait que nous étions si différents d'eux, et il a ajouté "Nous ne vous apportons pas un nouvel Évangile, dans la simplicité que les grands esprits ont oublié, nous vous apportons la simple vérité du Christ. Nous avons été incapables d'en vivre dignement, prenez de nous ce que nous apportons et portez ces fruits que nous avons démontré être incapables de porter."
N'est pas cela quelque chose que chaque dénomination peut dire à d'autre, avec une clause restrictive - de se tourner vers Dieu Lui-même et de Lui dire, "Et pourtant, il y a encore beaucoup dont je dois me repentir, il y a encore beaucoup que j'ai à apprendre de mon prochain, et ce n'est qu'ensemble, comme un seul corps, que nous serons Ton Église, et Ton Église dans son entièreté, non pas en séparation mais dans l'Esprit Saint, devenant le lieu où le Dieu Un dans la Trinité est un avec l'humanité qui a accepté de renoncer à la sagesse de ce monde, pour ne plus connaître que la sagesse de Dieu.
Voilà ce que je crois être le point où nous en sommes, voici ce que je dis de tout mon coeur bien que je n'ose pas le dire au Nom de Dieu mais comme résultat d'une longue vie avec beaucoup d'erreurs et la joie, l'incroyable joie d'être aimé de Dieu avec tout, tout le peuple, toute la Création. Amen.




Quel Chrétien Orthodoxe ne serait en effet pas d'accord avec ce que dit sur ce point précis l'actuel pape non-orthodoxe de Rome? Quand les non-orthodoxes sont en accord avec la foi, doit-on ignorer ce qu'ils disent "parce qu'ils ne sont pas dans l'Église"? Si au sein de l'Église, les hiérarques préfèrent se battre pour des questions de juridiction et de pouvoir, n'est-ce pas positif que d'autres ailleurs disent "les paroles de vie"? My 3ct worth opinion!

20 janvier 2014

L'épreuve ultime de notre attachement au Christ (Martin Luther King Day / P. John)

Gloire à Jésus-Christ!

Lectures du jour : Heb. 11,17-23,27-31 & Mc 9,42-10,1

Martin Luther King, Jr. s'exprima à propos des droits civiques en disant "On ne mesure pas la grandeur d'un homme en sa position lorsqu'il est dans une situation confortable et agréable, mais où il se tient en temps de défi et de controverse." Cela peut être aussi dit pour tous les Chrétiens: car l'épreuve utilme de notre attachement au Christ se manifeste souvent par l'épreuve du feu de la haine, de la persécution et de la moquerie.
P. John


Glory to Jesus Christ!

Today's Scripture Readings:
Hebrews 11:17-23,27-31 & St. Mark 9:42-10:1

Martin Luther King, Jr. spoke about civil rights saying, "The ultimate measure of a man is not where he stands in moments of comfort and convenience, but where he stands at times of challenge and controversy." Yet this can also be said of all Christians: for the ultimate test of our commitment to Christ is often manifested through the refining fires of hatred, persecution, and ridicule.

Fr. John


Marche à Selma, Alabama
L'archevêque grec-orthodoxe Iakovos était le premier homme public non-noir d'importance à marcher aux côtés de Martin Luther King. Suite à cela, les autres ont commencé à oser petit à petit se placer eux aussi du côté des victimes..

Dialogue théologique (hyperdox Herman)

Dialogue théologique.
Il y a des candidats?

Saint Pierre le percepteur d'impôts

http://stpaulbrisbane.org/SaintOfTheDay20January.htm



Saint Pierre, de rang patricien, fut nommé par l'empereur Justinien (527-65) pour administrer la province romaine d'Afrique. Dur et sans la moindre ombre de compassion, il fut vite universellement surnommé "l'avare."

Un jour, un mendait l'importunait avec insistance pour recevoir l'aumône, il prit un pain chaud que son serviteur venait de lui apporter et le jeta telle une pierre à la tête du mendiant. Ce dernier le prit avec joie et partit. Deux jours plus tard, Pierre tomba soudainement fortement malade, et dans sa fièvre, il se vit paraissant au Jugement Dernier pour y rendre compte de tous ses actes.

Une balance se tenait devant lui, et d'affreuses créatures déposaient toutes ses mauvaises actions dans le plateau de gauche, pendant que de radieux Anges se tenaient à droite, dépités de n'avoir aucune bonne action à placer dans le plateau de droite, si ce n'est ce pain qu'il avait jeté en colère au mendiant. Pierre se réveilla soudain, et oubliant sa maladie, s'empressa de donner tous ses biens aux pauvres, même ses vêtements.

Après cela, en rêve, il vit le Christ portant les vêtements qu'il avait donnés, alors il décida de ne pas s'en tenir là, et il se vendit lui-même comme esclave à un orfèvre, afin de donner en aumône l'argent de sa vente. Quelque temps après, craignant d'être découvert, il s'enfuit pour Jérusalem, et de là pour Constantinople, où il rendit son âme en paix à Dieu dans sa vieille maison.

Célébrations oecuméniques & clergé orthodoxe : directives OCA

Et après le syncrétisme oecuménique, l'étape suivante prévue pour le Conseil Mondial des Églises (WCC), c'est l'inter-religieux!
source photo : http://www.ecumenicalnews.com/article/christians-jews-muslims-buddhists-plea-for-peace-at-wcc-service-1693

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C. Offices religieux oecuméniques

Les offices oecuméniques sont souvent très différents des offices Orthodoxes. Avant de demander sa bénédiction au hiérarque diocésain, les participants Orthodoxes devraient lire le texte de l'office oecuménique afin de pouvoir déterminer si oui ou non une présence Orthodoxe pourrait être mal interprétée. La simple présence, sans participation active dans un tel service, pourrait être vue comme une affirmation de tout ce qui est exposé, impliqué et proclamé.

Si le contenu de l'office compromet ou offense la Foi ou l'ecclésiologie Orthodoxe, alors il ne saurait y avoir de participation Orthodoxe. Pour la nécessité du témoignage, il faut exposer aux non-Orthodoxes précisément et succinctement pourquoi la participation Orthodoxe n'est pas possible.

Dans la tradition Orthodoxe, les vêtements liturgiques ne sont portés que lorsqu'une fonction liturgique est accomplie. Dès lors, on ne portera pas les vêtements liturgiques, même lorsqu'une participation à un office oecuménique pourrait être permise.

De même, un prêtre devrait être habillé comme il est généralement vu par ses confrères, portant chemise et veston cléricaux, ou la soutane, comme selon son habitude.

Dans le contexte des offices oecuméniques, le clergé Orthodoxe peut prier, offrir une prière dans la Tradition Orthodoxe, et lire la Sainte Écriture.

On ne peut pas célébrer un office oecuménique dans une église Orthodoxe. Et avant de célébrer un office Orthodoxe dans le but d'un authentique témoignage oecuménique, auquel office il y aura majoritairement des participants non-Orthodoxes, clergé et laïcs, il faut demander la permission et la bénédiction au hiérarque diocésain.

Les associations locales de clergé Orthodoxe, sous la guidance de leurs hiérarques, devraient parvenir à une unité d'attitude concernant l'activité oecuménique et l'uniformité de pratique. Ces directives peuvent être présentées comme une base pour une telle activité et avoir la priorité sur des décisions locales."


Source : "Guidelines for Clergy
Compiled under the guidance of the Holy Synod of the Orthodox Church in America
"
http://oca.org/PDF/official/clergyguidelines.pdf







"C. Ecumenical Religious Services

    Ecumenical services are frequently very different from Orthodox services. Before asking the diocesan hierarch to give his blessing, the Orthodox participants should review the text of the service so they can determine whether or not an Orthodox presence might be misconstrued. Mere presence, without active participation in such a service, may be viewed as an affirmation of all that is stated, implied, and proclaimed.

    
    If the content of the service compromises or offends the Orthodox faith or ecclesiology, then there can be no Orthodox participation. For the purpose of witness, it is necessary to convey to the non-Orthodox precisely and succinctly why Orthodox participation is not possible.

    
    In the Orthodox tradition, liturgical vestments are worn only when a liturgical function is being performed. Therefore, liturgical vestments are not to be worn even when some participation in an ecumenical service is permissible.

    
    Likewise, a priest should dress as he is generally seen by his clerical peers, wearing a clergy shirt and suit, or cassock, as is his custom.

    
    Orthodox clergy, in the context of ecumenical services, may preach, offer a prayer in the Orthodox Tradition, and read from Holy Scripture.

    
    An ecumenical service, as such, is not to be conducted in an Orthodox church. Prior to an Orthodox service being held for the benefit of true ecumenical witness, and at which there is to be a major attendance by non-Orthodox clergy and laity, the permission and blessing of the diocesan hierarch must be secured.

    
    Local Orthodox clergy fellowships, under the guidance of their hierarchs, should come to a oneness of mind concerning ecumenical activity and uniformity of practice. These guidelines may be presented as a basis for such activity and take precedence over local decisions."

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question iconoclaste : ce pontife orthodoxe russe a-t-il examiné le contenu de tout ce que son nouvel ami professe et enseigne comme "vérité divine"? Alors il souscrit lui aussi à l'immaculée conception, au purgatoire, et aux dizaines d'autres dogmes "infaillibles" de son nouvel ami, mais rejetés par l'Église? Non? Mais que croient "les petites gens"?

L'exemple ainsi donné l'est-il à un peuple bien formé théologiquement, ou un peuple peu pratiquant sinon de coutumes vaguement religieuses? Il me semble qu'objectivement, on est loin de ce visiteur occidental que mgr Kallistos Ware citait, qui, à la grande époque à Constantinople, avec remarqué  coiffeurs & boulangers menant des débats trinitaires (je ne retrouve plus la référence, si un lecteur pouvait y subvenir, merci). Dans un monde ultra-sécularisé, où dès lors rôdent surtout les troupeaux de hyènes et de chacals, la prudence n'est-elle pas la marque du bon berger? Dixit saint Paul, tout est permis au Chrétien, mais tout n'édifie pas!

19 janvier 2014

Mais qu'attendez-vous pour venir à l'église?

qu'on vous y porte... sur les épaules?

Les cibles du démon (p. Païssios)

Le démon ne chasse pas après ceux qui sont déjà perdus. Il chasse après ceux qui sont conscients, sont qui sont proches de Dieu. Il leur enlève la confiance en Dieu, et commence à les affliger en leur donnant confiance en eux-mêmes, la pensée rationnelle, l'esprit critique. Dès lors, nous ne devrions pas faire confiance à nos pensées logiques.
P. Païssios l'Athonite