"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

05 avril 2014

Chips de chou frisé pimenté (snack carémique)

http://blog.foodnetwork.com/healthyeats/2013/05/05/chili-kale-chips/

Oubliez les chips et les sauces à tremper (dip)! Cette recette est parfaite pour toute fête ou comme amuse-bouche, et bien plus nutritive que votre habituel sachet de chips ou tortilla chips. J'ai ajouté une touche de piquant avec de la poudre de pili pili et utilisé de l'huile de sésame au lieu d'huile d'olive pour un goût plus savoureux que vous apprécierez tout le printemps.

Chips de chou frisé pimenté

Pour 4 - ingrédients
1 chou frisé, coupé en morceaux de 3cm
2 cuillière à soupe d'huile de sésame
1/2 cuilllière à soupe de poudre de piments rouges
1/4 de cuillière à soupe de sel marin
1/4 de cuillière à thé de poivre noir fraîchement moulu

Préchauffez le four à 190° Celcius (375° F)

Mélangez tous les ingrédients dans un grand saladier. Épandez sur une feuille de cuisson. Que les morceaux de choux restent bien à plat sur la feuille de cuisson pendant 15 à 20 minutes, jusqu'à ce que les feuilles de choux réduisent de moitié.
Retirez du four, laissez reposer 5 minutes avant de servir



Ne corrigez ni jamais ne guidez sous l'effet de la colère (Joseph l'Hésychaste)

Voici ce que je voudrais vous dire : ne cherchez jamais à vous corriger les uns les autres avec colère, mais uniquement dans l'humilité et un amour sincère, parce que la tentation ne chasse pas une autre tentation. Lorsque vous voyez la colère qui monte en vous, oubliez la correction pour le moment. Une fois que vous aurez vu la colère passée, la paix revenue, et que votre capacité de discernement est revenue, alors vous pourrez parler valablement.
Ancien Joseph l'Hésychaste
http://orthodoxwiki.org/Joseph_the_Hesychast



So this is what I would say to you and to everyone: never seek to correct each other with anger, but only with humility and sincere love, because one temptation does not cast out another temptation. When you see anger ahead, forget about correcting for the moment. Once you see that the anger has passed, that peace has come, and that your powers of discernment are functioning properly, then you can speak beneficially.
Elder Joseph the Hesychast

04 avril 2014

Comment avoir une prière exaucée (saint Jean Chrysostome)

Que notre prière soit entendue ou pas, cela ne dépend pas du nombre de nos paroles, mais de la ferveur dans nos âmes.
Saint Jean Chrysostome



Whether or not our prayer is heard depends not on the number of our words, but on the fervor of our souls.
St. John Chrysostom

Abraham, ou l'obéissance jusqu'au sacrifice total (Gen 22 / P. John

Lectures du jour : Gen 22,1-18 & Prov 17,17-18,5

"Derrière chaque croyance, il y a quelque chose de terrible et dur, pour laquelle le fidèle pourrait un jour être amené à souffrir."  E.M. Forster

Jusqu'où seriez-vous prêt d'aller afin de prouver votre foi en Dieu? La lecture de la Genèse de ce jour nous apporte ce qui pourrait bien être l'ultime exemple d'une foi qui a été "éprouvée", de même que ce qui est potentiellement le moment-pivot de la vie d'Abraham. Et vu l'importance particulière de ce récit au sein du Judaïsme, il a reçu son propre nom : Akedah. En hébreux, akedah signifie "lier" ou "la ligature," et bien entendu cela fait référence à Isaac qui avait été lié et placé sur un autel pour être offert en offrande brûlante par son père. Et pour les Chrétiens cet événement est aussi important car il est un archétype, une préfiguration de la volonté de Dieu de sacrifier Son propre Fils, Jésus-Christ, sur la Croix.

Au fil du déploiement du récit, Dieu appelle Abraham et lui demande de sacrifier son fils Isaac, disant "Prends ton fils unique, Isaac, que tu aimes, et va dans la région de Moriah. Sacrifie-le là comme offrande brûlante sur une des montagnes" (Gen 22,2). Il n'est pas difficile de s'imaginer l'agonie qu'Abraham a dû ressentir, et le tremplement intense d'Abraham emmenant Issac et l'embarquant pour ce voyage terrifiant. Malgré son grand amour pour son fils, Abraham est obéissant à Dieu. Abraham part vers l'endroit qui lui est indiqué, prépare un autel pour le sacrifice, allume un feu, et lie son fils pour cette ultime épreuve de confiance.

Cependant, alors qu'Abraham allait offrir le sacrifice suprême, un Ange du Seigneur intervient. Abraham avait été agréable à Dieu par sa volonté d'aller jusqu'au sacrifice de son fils, et avait ainsi passé l'épreuve de la foi! Il s'était démontré obéissant et sans hésitation dans son engagement et sa loyauté à Dieu, le rendent ainsi vraiment digne d'être le "père d'une multitude de nations."

Après avoir lu ce récit, nous devons nous demander à nous-mêmes : serions-nous capables de réussir une telle terrifiante mise à l'épreuve de notre foi? Est-ce que notre amour de Dieu est capable d'égaler l'épreuve qu'Abraham a reçue? Parce qu'aimer Dieu ça n'implique pas seulement Lui accorder notre confiance, mais être prêt à faire tout ce que Dieu nous demandera. Peu importe le prix, peu importe les conséquences. Ceci est en réalité la véritable définition de la "foi".

P. John







Today's Scripture Readings:
Genesis 22:1-18 & Proverbs 17:17-18:5

"There lies at the back of every creed something terrible and hard for which the worshiper may one day be required to suffer."- E.M. Forster

How far would you be willing to go in order to prove your faith in God? Today's reading from Genesis provides us with might possibly be the ultimate example of a faith that was "tested," as well as what is likely the most pivotal moment of Abraham's life. And because this particular story's importance within Judaism, it has been given its own title: "The Akedah." In Hebrew, akedah means "to bind" or "the binding," and of course refers to Isaac who was bound and placed on the altar of burnt offering by his father. Yet to Christians, this event is also important because it is an archetype, which prefigures and foreshadows God's willingness to sacrifice His Own Son, Jesus Christ, upon the Cross.

As the story unfolds, God calls to Abraham and asks him to sacrifice his son Isaac, saying, "Take your only son Isaac whom you love, and go to the region of Moriah. Sacrifice him there as a burnt offering on one of the mountains" (Gen. 22:2). One can only imagine the agony Abraham must have felt at hearing these words, especially since he and Sarah were barren for so long. Therefore it was with a heavy heart and great trepidation that Abraham takes up Isaac and embarks upon this dreaded journey. In spite of the great love for his son, Abraham is obedient to God. Abraham goes to the place he is directed, prepares an altar of sacrifice, kindles a fire, and binds his son for this ultimate test of trust.

However, just as Abraham was about to make the supreme sacrifice, an angel of the Lord intervened. Abraham had pleased God by his willingness to sacrifice his son and had passed this test of faith! He proved himself obedient and unwavering in his commitment and loyalty to God, thus making him truly worthy of being the "father of many nations."

After reading this account, we must ask ourselves, could we pass such an awesome test of faith? Is our love for God capable of matching the test Abraham was given? Because loving God not only entails putting our trust in Him, but being ready to do whatever God requires us to do; no matter the cost, no matter the consequences. This, then, is what the definition of "faith" really is.

Fr. John




Les 2 sortes de Chrétiens (p. Tryphon / EORHF)



Il y a 2 sortes de Chrétiens. Il y a ceux qui peuvent dire avec l'Apôtre Paul : "j'ai été crucifié avec le Christ : ce 'est plus moi qui vit, mais c'est le Christ Qui vit en moi" (Gal 2,20). Et il y a ceux qui croient que le Christ a été crucifié afin de ne pas devoir nous-mêmes l'être. Les premiers appartiennent au Christianisme sacrificiel, les seconds à l'égo.

Le Chrétien qui croit qu'il doit être crucifié avec le Christ fera sans cesse appel au Seigneur pour avoir de l'aide, mais il sera aussi toujours prêt à prendre sa propre croix et suivre le Christ. Il n'attendra pas un chemin facile, ni ne sera facile envers lui-même. Cette sorte de Chrétien regardera toujours ses propres péchés, sa propre nature déchue, et verra sans cesse devant lui à quel point il s'est éloigné de la gloire de Dieu.

La seconde sorte de Chrétien attend d'avoir un cheminement facile, se considère comme plus spirituel que la plupart, et est constamment occupé à scruter les erreurs de son prochain et à lui proposer de se corriger. Il fait rarement appel au Seigneur pour de l'aide, car il attend un chemin facile, et ne prie que lorsqu'il est confronté à une situation désagréable. Il ne prend pas sa croix car il ne voit pas de valeur dans la souffrance. Cette seconde sorte de Chrétien ne parvient pas à voir qu'en refusant de juger les autres, cela attire sur soi la miséricorde de Dieu.

Le Seigneur dit à ces deux sortes de Chrétiens, "si un homme vient à moi et ne prend pas sa croix, il ne peut pas être Mon disciple" (Lc 14,26). Seule la première sorte de Chrétien remarque ces paroles, et les met en pratique.

Dans l'amour du Christ,
hiéromoine Tryphon
 

03 avril 2014

Musclez votre âme! (P. John)

Lectures du jour : Gen 18,20-33 & Prov 16,17-17,17

Moine Trappiste et auteur prolifique, Thomas Merton écrivit un jour ceci : "Les âmes sont comme des athlètes qui ont besoin d'opposition à leur hauteur si elles veulent être éprouvées, étirées, et poussées pour parvenir au plein usage de leurs puissances." C'est une analogie très bien pensée car de même que vos muscles s'affaiblissent sans exercice physique, ainsi votre âme s'affaiblit si elle n'a pas sa propre sorte d'exercice spirituel. Dès lors, exercez et renforcez votre âme par la prière, le jeûne, les prosternations, la méditation, l'aumône, les actes charitables, et l'étude des saintes Écritures.

P. John




Today's Scripture Readings:
Genesis 18:20-33 & Proverbs 16:17-17:17

Trappist monk and prolific spiritual writer, Thomas Merton, once wrote, "Souls are like athletes who need opponents worthy of them if they are to be tried and extended and pushed to the full use of their powers." This is a very insightful analogy because, just as your muscles weaken without physical exercise, so does your soul become weak without its own special kinds of spiritual exercise. Therefore, exercise and strengthen your soul with prayer, fasting, prostrations, meditation, almsgiving, charitable acts, and the study of scripture.

Fr. John

Dieu exauce mais d'abord veut vous guérir (Joseph l'Hésychaste)

A présent, vous devenez fâché et affligé et attristé, pensant que le Père Céleste est lent à répondre. Mais moi je vous dit qu'en réalité il adviendra comme vous le désirez - et cela se passera vraiment - mais d'abord il faut que vous priez de toute votre âme, et ensuite vous devez attendre. Et quand vous aurez oublié ce que vous avez demandé et cessé de le demandé, cela vous adviendra comme récompense de votre patience et endurance. Quand vous parvenez à la limite du désespoir en priant et cherchant, alors l'accomplissement de votre requête est proche. Le Christ veut guérir quelque passion cachée en vous, et c'est pour cela qu'Il retarde l'exaucement de votre demande. Si vous l'obteniez plus tôt, lorsque vous en faites la demande, la passion resterait non-guérie en vous. Si vous attendez, vous obtiendrez votre souhait et la guérison de votre passion. Et alors vous vous réjouirez grandement et vous rendrez abondamment grâce à Dieu Qui arrange toutes choses avec sagesse et fait tout pour votre bien.
Ancien Joseph l'Hésychaste



Now you become angry and fainthearted and grieved, thinking that the heavenly Father is slow in answering. But I tell you that this will also happen as you desire—it will definitely happen—but first it takes prayer with all your soul, and then you must wait. And when you have forgotten your request and have ceased asking for it, it will come to you as a reward for your patience and endurance. When you reach the verge of despair while praying and seeking, then the fulfillment of your request is near. Christ wants to heal some hidden passion within you, and this is why He delays in granting your request. If you obtain it sooner, when you demand it, your passion remains uncured within you. If you wait, you obtain your request and the cure of the passion. And then you rejoice exceedingly and give warm thanks to God Who arranges all things in wisdom and does everything for our benefit.
Elder Joseph the Hesychast

02 avril 2014

Seigneur, accorde-moi une bonne digestion! (antique prière de l'abbaye de Glastonbury)

Seigneur, accorde-moi une bonne digestion,
Et aussi quelque chose à digérer;
Accorde-moi un corps en bonne santé, Seigneur,
Et donne-moi de vouloir bien l'entretenir.

Ô Seigneur, donne-moi un esprit sain,
Pour que je me concentre sur ce qui est bon et pur,
Pour ne pas être attiré par ce qui est mauvais,
Mais trouver comment le rectifier.

Donne-moi un esprit qui n'est pas blasé,
Qui ne pleurniche pas, ni ne gémisse, ni ne soupire.
Ne permets pas que je me soucie de trop,
De cette chose difficile appelée le "moi".

Donne-moi le sens de l'humour, Seigneur.
Donne-moi la grâce de regarder une plaisanterie,
De tirer quelque joie de la vie,
Et de la transmettre à autrui.




A ancient prayer from Glastonbury Abbey

Give me a good digestion, Lord,
And also something to digest;
Give me a healthy body, Lord,
With sense to keep it at its best.

Give me a healthy mind, O Lord,
To keep the good and pure in sight,
Which seeing wrong is not appalled,
But finds a way to put it right.

Give me a mind that is not bored,
That does not whimper, whine or sigh.
Let me not worry overmuch,
About that fussy thing called "I".

Give me a sense of humour, Lord.
Give me the grace to see a joke,
To get some happiness from life
And pass it on to other folk.

(The lightness and homeliness of the preceding verse, like that of the other prayers of old England, are hallmarks of Anglo-Saxon and early English spirituality. Those wishing to explore this tradition in more depth might read Martin Thornton's ENGLISH SPIRITUALITY.)

01 avril 2014

Prière pour obtenir le regret du péché (Old Orthodox England)

O Dieu tout puissant et miséricordieux, Qui, lorsque Ton peuple élu fut assoiffé, fis jaillir du rocher une source d'eau vive, accorde à mon coeur dur qu'en jaillissent les larmes amères, afin que je pleure sincèrement mes péchés, et que par Ta miséricorde, je puisse recevoir le pardon. Amen.



O almighty and most merciful God, who, when thy chosen people thirsted, didst bring forth from the rock a fount of living water, bid tears of sorrow to well up from my hard heart, that I may truly weep for my sins, and through thy mercy deserve to receive pardon. (Prayers of Old England)

31 mars 2014

Que Lumière soit, ou la naissance de l'Église à l'aube de la Création (p. Stephen Freeman)

Je pense qu'il n'est pas incorrect de décrire toute la Création (y compris les gens) comme "orthodoxes", dans un sens que, comme l'Église, tout appartient au Christ. Il y a ceux qui sont devenus étrangers à leur Mère (comme à Dieu leur Père), et ceux qui ne le savent pas. Et il y a ceux qui affirment fortement être de la maisonnée, mais sont étrangers à leur Mère. J'affirme que l'Église n'a pas été fondée en l'an 33 après Jésus-Christ, mais au moment même où Dieu a dit "Que lumière soit!" Car c'est ce rassemblement de tous et de tout, tant au Ciel que sur terre, dont saint Paul parle dans le 1er chapître aux Ephésiens, qui est la grande assemblée du Premier Né.
P. Stephen Freeman



"I think that it is not incorrect to describe all of creation (people included) as "Orthodox," in the sense that, like the Church, they, too, belong to Christ. There are those who are estranged from their mother (as from God their Father), and some who do not know it. And there are some who boldly claim to be of the household, but are strangers to their mother. I hold that the Church was not founded in 33 a.d., but when God said, "Let there be light!" For it is this in-gathering, of all things, both in heaven and on earth, of which St. Paul's speaks in the first chapter of Ephesians, that is the great assembly of the First-Born."
Fr. Stephen Freeman

30 mars 2014

Le chemin vers le Royaume est le chemin de l'intériorité (metr. Philip Saliba, RIP 19.3.14)

L'introspection est quelque chose de difficile, assurément. Plus que ça, c'est terrible. "C'est chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant" (Héb 10,31).

Et pourtant nous devons le faire! Saint Jean Chrysostome l'exprimait en disant "Trouvez la porte de la chambre intérieure de votre âme, et vous découvrirez la porte vers le Royaume des Cieux." Et aussi, saint Ephrem le Syrien savait que Dieu avait placé dans l'Homme à la Création "tout le Royaume" pour lequel il doit creuser profondément. De tels hommes connaissent cette vérité toute simple : le chemin "vers le haut" est le chemin "vers l'intérieur."

Nous explorons alors la partie que nous pouvons jouer en découvrant ce qui s'écoule depuis ces profondeurs, nous révélant la présence de Dieu à l'image de Qui nous avons été formés. Après tout, c'est depuis ce plus profond de nous-mêmes que nous pouvons aussi nous exclamer : "Des profondeurs je T'appelle..."

Métropolite Philip (Saliba, RIP 19.3.2014)





[Looking into oneself] is difficult, to be sure. More than that, it is fearful; 'It is a fearful thing to fall into the hands of the living God.' (Heb. 10:31)

And yet we must! Saint John Chrysostom meant this when he said, 'Find the door to the inner chamber of your soul, and you will discover the door to the Kingdom of Heaven.' And again, Saint Ephraim the Syrian knew that God placed in man at creation “all the Kingdom” for which he must dig deeply. Such men know this simple truth: the way 'upward' is the way 'inward.'

We explore, then, the part that we can play in discovering just what it is that flows from these depths, revealing to us God’s presence in whose image we are formed. It is, after all, from this deepest level of our self, that we can also exclaim, 'Out of the depths have I cried.'"

-- The newly reposed +Metropolitan PHILIP