"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

03 mai 2014

L'Évangile ne sait pas être adapté à "l'homme moderne"! (P. Georges Florovsky)

Nul ne saurait sans cesse adapter l'Évangile au soi-disant homme moderne.. C'est tout simplement impossible.. Car on n'est pas face à un développement linéaire de pensée. Ca va en zig-zag.. L'homme moderne change si vite qu'il est impossible de tenir compte de tous ses changements.. A peine quelqu'un dans l'Église pense s'être mis au diapason de l'homme moderne, que ce soi-disant homme moderne est déjà autrement.. Bien sûr, nous devons parler un language compréhensible.. Mais le vieux message restera toujours le même. Ce n'est pas le message qui devrait être ajusté à l'homme, mais l'homme qui devrait s'ajuster au message... Le monde moderne s'est éloigné du Christianisme et y reviendra. Le cadre moderne est fait de critique et de réforme. Certaines conditions compliquent le message pour l'homme moderne. Pourquoi ne pouvons-nous pas critiquer la mentalité moderne? La pensée humaine a toujours trouvé plus simple de s'en tenir à des idées générales qu'à l'unique Dieu dans l'histoire. Les Juifs attendaient un signe. Le signe fut la Croix, et ils le considérèrent comme une insulte. Les Grecs se moquèrent des discours de Paul à propos de la Résurrection. Les gnostiques tentèrent d'amoindrir le choc en spiritualisant le message. L'homme a toujours voulu représenter l'Église d'une manière universelle, comme une vérité universelle. La vérité universelle existe, mais elle est aussi revêtue de l'histoire.. Il y aura toujours une certaine tension entre la parole et le contenu du message de l'Évangile, mais on ne résoudra pas le problème en tirant l'Évangile hors de l'Histoire et le plongeant dans une autre sphère. A chaque fois qu'on aura utilisé un language qui soit au niveau de l'homme moderne, il ne faudra pas oublier l'identité / contenu du message.
P. George Florovsky, commentaires enregistrés à Elsa Breen, “Det gamle budskap i ny emballasje?”, Familien [Oslo], 3 Janvier 1968, 14, 47.





"One cannot forever fit the Gospel to the so-called modern man. . . . It is simply impossible . . . One isn’t dealing with a linear development of thought. It goes in zigzags … Modern man changes so quickly that it is impossible to keep up with the ins and outs. . . . As soon as one from the church thinks he has adjusted himself to modern man, the so-called modern man is another. . . . Of course we must speak so that it is understandable . . . But the old message will always remain the same. It is not the message which should adjust to man but man which should adjust to the message. . . . The modern world has arisen from Christianity and will turn back to it. The modern frame is open for criticism and for reforms. Certain conditions complicate the message for modern man. Why can we not criticize the modern mentality? Human thought has always found it easier to acquire general ideas before the unique: God in history. The Jews waited for a sign. The sign was the cross and they considered it to be an insult. The Greeks laughed at Paul’s speech about the resurrection. The Gnostics tried to soften the shock by spiritualizing the message. Thus man has always wanted to represent the church in a universal way, as a universal truth. Universal truth does exist, but it is also dressed in history. . . . There will always be a certain tension between word and content in the message of the Gospel, but one doesn’t solve the problem by shoving the Gospel out of history and into another sphere. In each endeavor after having used a language which communicates with modern man one must never forget the identity of the message."

Florovsky, recorded comments in Elsa Breen, “Det gamle budskap i ny emballasje?”, Familien [Oslo], 3 January 1968, 14, 47.

02 mai 2014

Recension : "L'impératrice sainte Hélène / A la croisée de l'Orient et de l'Occident" (12/2013)



Il était une fois une très belle princesse grecque. Assurément oui, elle devait être Grecque puisqu'elle était très belle et s'appelait Hélène. Vous avez tout de même déjà entendu parler de "la belle Hélène", non ? Donc toutes les princesses s'appelant Hélène sont Grecques et belles, l'affaire est entendue. Celle-ci à vécu à cheval sur les 3ème et 4ème siècle et été la mère du plus important des empereurs que l'Église aie connu. Grâce à son impériale clairvoyance et générosité, Hélène a pu devenir une bonne Chrétienne et a été redécouvrir à Jérusalem le très sacré bois de la vraie Croix de notre Seigneur...

Voilà. Ajoutez quelques bribes de légendes, extraits de contes de fée et versets de mythes, et avec un peu d'humour et de sarcasme, je vous aurai résumé les "quatre lignes d'Hélène". Car c'est tout ce que sainte Hélène reçoit dans le Synaxaire et autres sanctoraux, et ça n'en dit pas vraiment plus. Ni rien de moins établi. Après tout, ce n'est qu'une femme, elle n'était même pas moniale, elle n'était que la mère du plus grand des empereurs, celui à qui on doit tant, ça doit bien lui suffir, donc est-ce important d'en savoir plus ?

Hé bien oui. L'honnêteté la plus élémentaire de même que le respect dû à la sainteté du personnage, tout cela fait que sainte Hélène méritait de se voir remise à la vraie place qui est sienne : une des plus grandes saintes laïques de l'Histoire de l'Église.

Pour ce faire, il aura fallu qu'une iconographe aimant le prénom reçu grâce à sa grand-mère se sente attirée par la sainte qu'elle avait pour patronne, et qu'ainsi commence une grande et belle aventure, mieux, une enquête archéologique, liturgique, numismatique, hagiographique, iconographique, géographique, presque policière, des confins verdoyants et sauvages du Pays de Galles jusqu'aux arides espaces de Syrie, de l'antique capitale impériale romaine en Gaule Belgique – Trêves la magnifique – aux marches de la Via Dolorosa à Jérusalem. Partout, Hélène Yvert-Jalu a remonté pas à pas le fil de l'histoire et de la vie de cette grande dame sans laquelle, assurément, jamais l'empereur Constantin-le-grand ne serait devenu ce qu'il est devenu.

Car si sans l'empereur, jamais sainte Hélène n'aurait pu matériellement accomplir tout ce qu'elle a accompli dans sa vie, d'un autre côté, si elle ne l'avait pas patiemment porté dans la prière, accompagné de conseils prudents, enseigné la vie chrétienne par la démonstration d'une vie exemplaire malgré la rudesse de l'époque et ses moeurs barbares, Constantin aurait fini comme tous ses prédécesseurs, dont la vie ne fut qu'un long fleuve de sang. Et d'Édit de Milan, il n'en aurait jamais été question. Imaginez un peu, rien que pour ça, la vie de l'Église aux 3ème et 4ème siècles.. et maintenant, sans la paix ayant permis les Conciles Oecuméniques ? Imaginez, et puis venons-en à ce passionnant ouvrage.

La vie de sainte Hélène telle que nous la connaissons à travers divers récits hagiographiques, mythologiques, légendaires, historiques et / ou liturgiques, c'est celle de la "femme d'Empire" qui a su garder sa foi chrétienne intacte dans une cour impériale habituée aux intrigues, révoltes de palais et autres violences. Son fils Constantin, connu sous le nom d'empereur Constantin-le-grand, était un intriguant aux multiples facettes, instable et opportuniste, cruel et orgueilleux. Tout le contraire de sa sainte mère ! Pourtant, la vie de sainte Hélène y sera encore plus intimement mélée qu'à celle de son mari, Constance Chlore. Elle saura utiliser les opportunités de la vie de cour pour collaborer à la christianisation de l'Empire romain de manière éminente. Un destin extraordinaire attendra cette femme humble et droite.

Telle une détective de l'Histoire, l'auteur a patiemment suivi les traces d'Hélène en Turquie, en Europe orientale, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Italie et en Israël pour y recueillir des indices et pour confronter sur le terrain tant les récits légendaires que des documents historiques parfois contradictoires. Hélène Yvert-Jalu le dit clairement, les très nombreuses lacunes de l'Histoire "laissent une grande latitude à l'imagination."

Tout d'abord, les origines de sainte Hélène. Les documents existants lui accordent tous une origine assurée.. mais toutes ces origines sont différentes. De princesse fille du roi de Colchester dans l'Île de Bretagne à fille d'auberge à Drépane en Syrie, voire palfrenière dans la province du Danube, il existe bien des hypothèses – celles-là et d'autres encore - et fort peu de certitudes. Comment cette humble femme a-t'elle donc rencontré l'officier romain Constance Chlore, futur grand de l'Empire, et pourquoi en a-t'il fait un temps durant son épouse ?

Un temps durant, car devenu préfet, Constance Chlore la répudiera, sa nouvelle fonction exigeait une épouse d'origine noble, ce qui n'était pas le cas... et donc élimine une série d'hypothèses sur son origine. Cependant, en bonne mère, Hélène resta en contact proche avec son fils Constantin, et l'amena progressivement à adopter sa future politique d'ouverture à l'égard des chrétiens.

En 313, à l'occasion de son déplacement pour le mariage de sa demi-soeur, Constantin a signé ce que nous appelons l'Edit de Milan, instaurant une forme de liberté religieuse, très peu compatible avec la religion d'Etat de l'Empire, dont l'Empereur était le Pontifex Maximus (Souverain Pontife) et une sorte de divinité vivante. L'influence maternelle est évidente dans cette décision. Ainsi se déforcer face au Sénat si attaché aux rites païens qui apportaient une sorte de cohésion à l'Empire, quel risque.. Pareillement face à son ennemi concurrent pour l'Empire, si farouchement païen. Certes, c'était un choix tactique – les Chrétiens étaient réputés pour leur fidélité à l'empereur lorsqu'ils servaient sous les drapeaux. Mais accepter que dans l'Empire il puisse y avoir un autre dieu que lui-même et tout le panthéon romain, un Dieu unique en tout, ne pouvait pas être une décision prise à la légère. Sainte Hélène était une bonne catéchiste.

Même si jusqu'à la fin, Constantin ne changera pas radicalement et n'adoptera le Christianisme qu'à l'article de la mort, et encore, en version hérétique, arienne, cependant, il se montrera sans cesse plus ouvert, clément et conciliant face à l'Église. L'auteur de l'ouvrage souligne le "rôle capital joué par Hélène dans l'histoire du Christianisme." Par sa foi profonde, son influence et son ouverture sur l'ensemble de l'Empire, l'impératrice fut ainsi un lien très fort entre l'Orient et l'Occident, et elle contribua à la paix dans l'Eglise.

Devenu en 324 l'empereur de tout l'Empire romain – donc Occident comme Orient – grâce à une série de guerres et complots pour élimiter tout autre prétendant au trône impérial, Constantin rendra les honneurs à sa mère, l'élevant au rang d'impératrice. Et dans la foulée, il déménagera son siège de Trêves, en Gaule Belgique, vers l'antique Byzance, qu'il fit reconstruire et transformer, puis appeler Constantinople, c'est-à-dire "ville de Constantin."

Parmi les hauts faits qui ont ponctué la vie de sainte Hélène, le plus connu est aussi celui qui est le plus imprégné de légendaire et de mythologie : la découverte de la Sainte Croix de notre Seigneur à Jérusalem. Comme les lecteurs de ce site ont pu le lire à l'envi, m'est avis que si les plus éminents Pères de l'Église d'un lieu dit et une époque donnée ne sont au courant de rien d'un événement d'importance que par la suite, des textes qui s'affirment authentiques, prétendent s'y être déroulés et en leur présence de surcroît, même si un livre liturgique prétend le contraire, il est nécessaire de n'en retenir que les leçons spirituelles. Et de ne surtout rien prendre pour argent comptant du récit légendaire. Même si c'est le Synaxaire qui le rapporte. Saint Cyril de Jérusalem est présent sur les icônes qui décrivent la légende, mais ses écrits contredisent tout cela. L'auteur fait très bien le tour de la question. A 3 semaines de la fête liturgique de sainte Hélène et son fils Constantin-le-grand (21 mai), c'est un texte à lire, assurément.

On pourra regretter le peu de sources et de citations d'auteurs chrétiens orthodoxes des 2 derniers siècles. Nul ne pourrait cependant en vouloir de cette absence à l'auteur, qui en Docteur ès Lettres, a mené son "enquête" visiblement avec rigueur. Le directeur de la faculté de théologie orthodoxe de Cambridge lui-même exposait la faiblesse de notre Église en matière patristique, et ce depuis trop de décennies. Aussi le lecteur ne devra pas s'étonner des références de l'époque moderne.

Voici donc un ouvrage tonique, spirituellement riche qui mérite sa place dans la bibliothèque de celles et ceux qui aiment le Christ et Ses amis. Alliant rigueur scientifique et ferveur chrétienne, il est à la portée de tous, chacun y trouvera une joie spirituelle autant qu'intellectuelle, selon les aspects abordés. Rien n'est lassant, tout porte à mieux cerner le personnage, à mieux l'aimer.
 

On pourra aussi valablement recommander ce livre :
- Comme préparation pour un pèlerinage aux saintes reliques qui se trouvent à Paris.
- Pour encourager des iconographes à oser rendre à sainte Hélène sa place unique, qui n'a pas besoin d'un empereur à ses côtés pour lui donner de l'importance, ni même d'une mythique Croix.
- Pour inspirer quelqu'hymnographe à lui composer un Office ou une hymne Acathiste plus en phase avec la vraie grandeur du personnage, débarrassée des encombrantes légendes.


Mazette, quel livre idéal ! On rêve de voir toujours plus d'auteurs s'en inspirer pour sortir des carquans étriqués des synaxaires et autres sanctoraux, et aller ainsi "rendre à Dieu ce qui est à Dieu" en rendant aux amis de Dieu leur juste place dans l'Histoire de la sainte Église, de ses origines dans une modeste et discrète Chambre haute à Jérusalem, jusqu'à nos jours.

In fine, la sainteté n'étant pas question bureaucratique, ne dépendant pas du choix a posteriori d'une ou quelques personnes qui seraient à même de la reconnaître " infailliblement" – car seul un(e) authentique saint(e) saurait reconnaître un pair sans risque de se tromper ! - il est bon de se rappeler que c'est vers 329 que le peuple l'aurait glorifiée – vox populi, vox Dei. Et que c'est donc peu après sa mort, avec d'innombrables témoins de sa sainteté encore vivants, qu'elle a rejoint les rangs ineffables de la cohorte des sûrs amis du Christ. Ces innombrables témoins de Dieu que notre sainte Mère l'Église nous propose à la vénération. Comme cette sainte Hélène que nous vénérons, non pas pour l'imiter en ses "podvigs" (exploits spirituels) qui ne sont pas reproductibles puisque nos vies sont différentes; mais pour la constance dans la fidélité et la confiance en Dieu, à travers les épreuves les plus éprouvantes, les revers apparement néfastes dans la destinée visible, et cet amour infini pour Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, à Qui soient la gloire, l'honneur et l'adoration pour les siècles des siècles. Amen.

"L'impératrice sainte Hélène / A la croisée de l'Orient et de l'Occident", par Hélène Yvert-Jalu, décembre 2013, Pierre Téqui éditeur, série "Les saints du monde", 218 pages, 18€90

Par les prières des saints Pères ET des saintes Mères, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous ! Amen !



01 mai 2014

élections: Le Christianisme, opposé aux "travailleurs"? Engels dit le contraire!


"L'histoire du Christianisme primitif offre des points de contact remarquables avec le mouvement ouvrier moderne. Comme celui-ci le christianisme était à l'origine le mouvement des opprimés, il apparaissait tout d'abord comme religion des esclaves et des affranchis, des pauvres et des hommes privés de droits, des peuples subjugués ou dispersés par Rome. Tous les deux, le christianisme de même que le socialisme ouvrier, prêchent une délivrance prochaine de la servitude et de la misère (...)."
Friedrich Engels, in "Contributions à l'Histoire du Christianisme primitif"
http://www.marxists.org/francais/marx/94-chris.htm

30 avril 2014

Famille et Société dans la crise actuelle - encyclique de l'Église de Grèce (12/2013)

original grec :

http://www.ecclesia.gr/greek/holysynod/egyklioi.asp?id=1734&what_sub=egyklioi

 


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Au Peuple,
« Famille et Société dans la crise actuelle »

Athènes, 12 décembre 2013

Encyclique 2945

Bien-aimés Enfants dans le Seigneur,

Le Saint Synode des hiérarques s'est réuni en octobre dernier, en cette période de divers problèmes sociaux et économiques, à un moment critique de réorganisation. En tant que société, nous avons à surmonter des obstacles complexes et de sérieuses pathologies et distorsions.

En tant qu'Église, nous poursuivons notre lutte commune pour le présent et l'avenir de la société hellénique, et réfléchissons à nos responsabilités et capacités pour accomplir notre mission en une époque de corruption et de trivialisation de la personne humaine, de dévaluation du caractère sacré et de la dignité d'une voie spirituelle essentielle à nos vies communes.

Et alors que notre société est profondément malade, la cellule de base de la famille, lentement mais sûrement, se voit corrompue et dissoute.

Pourtant, nous ne devons pas négliger le fait que l'institution de la famille est en tout temps l'environnement social le plus garanti et sécurisé pour la bonne éducation et pour bien élever les nouveaux membres de notre société.

La famille est le moule où l'âme des enfants se forme "dans l'enseignement et l'admonition du Seigneur", et prépare les membres actifs de la société, des gens de toutes professions, et toutes sortes de dirigeants pour un pays.

C'est un lieu commun de constater que de nos jours l'institution familiale est durement mise à l'épreuve et souffre, quotidiennement et souvent de manière méconnue, de nombreux appauvrissements et distorsions.

Tout éloignement d'un sain état de famille mène à divers autres problèmes. Bien sûr, le risque de réduire la cohabitation familiale à un simple contrat existait déjà en d'autres époques.

Cependant, de nos jours, tous font référence avant tout et surtout à leurs droits individuels, et oublient leurs obligations. L'idée ou le concept de genre est déjà considéré comme altérable et mélangé.

La capacité de discerner la sainteté de l'union des deux sexes semble progressivement perdue dans le monde moderne.

Bien entendu, pour notre Église Orthodoxe, le mariage ne fait pas qu'établir un chemin commun et empirique vers la déification et la transformation du monde de Dieu. Il garantit, par la naissance et l'éducation d'enfants, non seulement l'expansion biologique de l'humanité, mais par dessus tout la perpétuation spirituelle de la personne humaine.

Dès lors, le mariage et la famille, c'est l'homme co-créant avec Dieu, Qui lui a confié la plus grande de toutes les responsabilités, celle envers nos enfants.

Le divin Chrysostome exhortait ses auditeurs par les paroles suivantes : "Faites de votre maison une église, parce que vous êtes responsables du Salut de vos enfants."

Selon les paroles de l'Apôtre Paul (Eph. 5,32), le mystère du mariage est "grand.. il concerne le Christ et l'Église." Chaque famille maintien une valeur sacrée, unique et infinie tant qu'elle est une image du mystère qui prolonge et forme l'Église du Christ.

Mais cela signifie que nul ne pourrait le diminuer ou même le remplacer. Avant les crises modernes et diverses, et l'épreuve vécue par la société grecque, "en ces jours de mal, où l'amour de beaucoup s'est refroidi," la restauration Chrétienne de l'institution de la famille par Dieu peut être le meilleur remède en toute situation critique.

Mais nous devons porter témoignage et raviver la vérité grave mais salutaire, vivificatrice et rédemptrice, qui résulte de toute famille convenablement structurée, de toute église domestique.

Le "détournement de l'institution familiale" ou l'émergence de "formes alternatives de famille" dans la réalité sociale contemporaine constitue un phénomène qui démontre la sécularisation et la déchristianisation des sociétés occidentales modernes – sociétés et peuples cependant avec un riche passé Chrétien.

Ceci concerne aussi largement la société grecque. Dès lors, une étude et réflexion sérieuses sont requises pour la préservation et la prospérité de cette sainte institution, qui est appelée fort à propos "petite église."

A côté de cela, ce qui est considéré comme une "crise" pourrait finalement, si nous le voulons, devenir une opportunité pour une restauration. Cela pourrait signifier l'effondrement et la disparition d'une ancienne manière de vivre, et le début d'une nouvelle création en Christ, un remodellage du monde déchu.

Le style de vie matérialiste et nihiliste, l'éclipse de l'éthique ecclésiastique et du véritable amour, les nouvelles données de travail et économiques, le changement dans les rôles et d'autres facteurs potentiels, ont altéré et diminué la famille.

Son caractère sacramentel, sa référence transcendante "concernant le Christ et l'Église," semblent être affadies voire même ne plus exister pour nombre de ceux qui nous entourent.

Toutes ces raisons, et peut-être encore d'autres, ont contribué à l'émergence de formes de mariage et d'organisation de la vie de famille qui, à la lumière de l'enseignement Chrétien, sont considérées comme des dévoiements de la famille et, selon la conception sécularisée moderne, ses formes alternatives.

C'est ce qui concerne les mariages politiques, les familles mono-parentales, la cohabitation libre, et les soi-disants mariages homosexuels.

Lors de la récente adoption du soi-disant Accord de Cohabitation, on a vu que cela constitue des arrangements autres qu'un mariage : c'est une forme alternative de cohabitation permanente plutôt qu'une forme de mariage "allégé."

Dans son approche légale, cela tente de réguler un réel phénomène social, à savoir la naissance d'enfants en dehors des liens du mariage, les familles mono-parentales, qui sont en croissance continue, et des femmes sans protection souvent après de nombreuses années de libre cohabitation.

Sans aucun doute, dans cette catégorie, on trouvera même des citoyens qui ont été baptisés Chrétiens Orthodoxes, mais qui soit l'ignorent, soit sont guidés par des idées et des concepts étrangers et contraires à l'enseignement, la tradition et l'éthique de l'Église.

Cependant, le schéma précis de cohabitation, qui est à présent légalement décrété, peut affecter de manière adverse le concept Chrétien du mariage et de la famille dans la société contemporaine grecque.

Certains membres de l'Église, ceux qui pour diverses raisons, par esprit de légèreté, choisiront pour un temps durant ou de manière permanente un mode particulier de libre cohabitation, vont refuser la cérémonie religieuse de leur mariage.

L'Église étudie ces phénomènes en profondeur et avec ses responsables qui y contribuent, clergé et laïcs, ayant une formation de spécialiste et théologique, rend son témoignage ecclésiastique, et aborde pastoralement toutes ces nouvelles formes alternatives aux formes conventionnelles d'organisation de la famille dans la vie privée de notre temps.

En cas de libre cohabitation, nous ressentons au plus profondément l'altération théologique et sociale de l'institution familiale. La famille n'est plus considérée comme une "petite église", mais simplement la symbiose entre deux êtres.

La cérémonie de mariage rend manifeste un très sérieux engagement et semble être un événement anachronique, un acte insignifiant, si cela s'achève comme si ce n'était qu'une cérémonie folklorique.

Cela n'exprime rien d'existentiel, ni ne pose d'attentes eschatologiques ou métaphysiques.

L'augmentation des divorces, dont il faut cependant tenir compte, révèle la superficialité des gens d'aujourd'hui, et la vacuité de sentiments par rapport aux générations plus anciennes, qui n'étaient sûrement pas parfaites, mais les mariages duraient pour la vie.

On voit aussi à notre époque le phénomène de gens qui se décident difficilement pour le mariage, et dès lors à former des familles, non seulement à cause de problèmes objectifs, la crise économique, le chômage et les difficultés à s'insérer sur le marché du travail, mais aussi pour des motifs secondaires.

Malgré la crise des formes modernes de vie sociale, les gens vont toujours attendre que sorte de la famille des personnes agréables et cultivées qui apporteront une altérité bonne et créative.

Dans cette angoissante attente des temps, notre sainte Église expose publiquement son témoignage théologique et en même temps, son ministère pastoral et son service, souvent ignorés et silencieux.

Dans ce contexte, la reconsidération de la famille, qui est absolument nécessaire pour être le ferment de la société en Christ, et pour un meilleur changement, ne signifie rien d'autre que son retour à l'Église, s'attacher à nouveau à l'expérience eucharistique de l'Église locale.

La "petite église", comme le divin Chrysostome appelle la famille, est invitée à élargir les dimensions expérimentale et existentielle de la grande Église.

Ce qui est aussi nécessaire, c'est à la fois la préparation spirituelle du nouveau couple dans son cheminement vers le mariage, de même que leur constant soutien pour construire leur "petite église," de sorte qu'ils ne se sentent pas abandonnés et livrés à leurs propres forces.

La mission et le service de notre Église à cet égard est d'exposer courageusement son témoignage, dans toutes les directions, pour le monde entier, sans discrimination de sexe, d'âge, de statut social, d'ethnicité ou de foi, à propos de la signification de la vie en Christ, de la corruption débordante et la mort; à propos de la puissance de la Foi en Dieu; à propos de la famille comme forme bénie de personnes ayant une vie sociale et non pas comme une union d'individus étant leur propre référence; et d'être l'instrument de toutes sortes de supports et défenses.

Chaque famille est véritablement une "petite église," et dès lors, constitue un avant-goût du chemin vers le mystère du Royaume de Dieu. Le Christ est l'Époux de l'Église (Mt. 9,15-25; Mc. 2,19-20; Lc. 5,34-35; Jn. 3,29) et Il le mentionne Lui-même dans Sa parabole de la fête nuptiale : "Il en va du Royaume des Cieux comme d’un roi qui fit un festin de noces pour son fils" (Mt. 22,2).

L'Apôtre Paul recommande aux hommes d'aimer leur épouse "comme le Christ a aimé l’Église: Il S’est livré pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant par le bain d’eau qu’une parole accompagne; car Il voulait Se la présenter à Lui-même toute resplendissante, sans tache ni ride ni rien de tel, mais sainte et immaculée." (Eph. 5,25-27 ).

Cette petite église domestique existe en sa plénitude et authenticité comme partie organique de l'Église locale, elle n'en n'est pas indépendante.

D'un point de vue christologique et ecclésiastique, la famille est une véritable valeur, elle est le berceau pour l'accomplissement et le perfectionnement de ses membres.

Si elle se trouve à l'extérieur, elle est en danger d'être altérée de lésions développées par l'égoïsme de groupe et l'égocentrisme. Dans la même perspective, l'unité de la famille Chrétienne est active en même temps que la hiérarchie de ses membres.

La parole du Christ "quiconque veut être le premier devra se faire le dernier et le serviteur de tous" (Mc. 9,35) ne s'applique pas seulement pour l'Église, mais aussi pour la famille.

De nos jours, le problème du mariage n'est pas tant dans la rupture des relations, les désagréments ou la méchanceté d'un des conjoints envers l'autre, mais que la famille devient une idole et un but en soi, ainsi que le manque de progrès, de témoignage, et d'orientation du mariage vers le Royaume de Dieu.

Dans pareil cas, la famille a cessé d'exister pour la gloire de Dieu, et d'être l'entrée sacramentelle en Sa présence.

Ce qui brise les familles contemporaines si facilement et fait du divorce sa corolaire naturelle, ce n'est pas tant un manque de respect pour l'institution familiale que l'idole qu'on en a fait, et le refus d'accepter la Croix avec le mariage.

Cependant, au cours des récentes années, l'Église a déployé une attention particulière pour la situation et le soutien de nos familles.

Au niveau synodal, a été fondé en 1999 dans notre pays le Comité Spécial pour le Mariage, la Famille, la Protection de l'Enfant et le Problème Démographique. Par le travail conséquent et résolu de ses membres, il propose un programme adéquat, organisant des conférences nationales, initiant des programmes pastoraux, des formations et autres activités.

En même temps et oeuvrant dans la même direction, il y a le travail spécifique de la Commission Synodale Spéciale pour les questions féminines. Entre autres et d'importance égale, il y a le programme pilote du Saint Synode pour le soutien financier aux familles d'au moins 3 enfants en Thrace, qui s'est développé sans problème depuis 14 ans dans toutes les saintes métropoles.

Nombre de ces programmes, avec l'aide volontaire et appréciable du clergé et des laïcs, ont créé de nouvelles structures pour la formation des parents et leur fournir des conseils pour élever des enfants.

Avec des formations pour préparer les candidats au mariage, des Écoles de Parents, des centres de conseil pour soutenir la famille (Κ.Ε.Σ.Ο.), Groupes de Vie, conférences, exposés, émissions radio- et télédiffusées, des livres, des camps et rassemblements de jeunesse, des rencontres catéchétiques, le conseil personnel et individuel dans le Mystère de la Confession, le soutien au familles nombreuses, aux mères célibataires, la fourniture d'assistance matérielle là où elle est nécessaire, avec de l'argent, de la nourriture, des vêtements et médicaments.

Informer les jeunes gens et les couples plus âgés, et le dialogue entre eux, sont considérés comme étant des initiatives pastorales nécessaires, comme des directives pour "perfectionner l'amour" et prévenir relations illégitimes, divorces et avortements parmi ceux qui, affirmant être croyants et préférer le sacrement ecclésiastique, vivent cependant tout cela superficiellement, comme un élément culturel.

Néanmoins, la revendication de droits par des groupes particulièrement vulnérables ne doit pas demeurer hors de l'affectueuse sollicitude des Pasteurs.

En tout cas, l'Église étudie de nouvelles formes d'action pastorale afin de s'adresser tant à ceux qui sont proches qu'aux éloignés, et de ne laisser passer aucune opportunité de communiquer avec leurs familles, mais d'être une présence pleine de sens et constructive au coeur de toute joie ou affliction de ses enfants.

Sans négliger la rareté des cas, ils préparent pastoralement à aborder la relation matrimoniale et personnelle qui se développe entre des Chrétiens et les adeptes d'autres religions dans le cadre de ce qu'on nous présente comme le multiculturalisme et ce projet aliénant de pluralisme.

Dans les actuelles conditions de sécularisation rapide, l'Église continuera à catéchiser les fidèles, de même que ceux qui veulent vivre hors de sa sollicitude, pour une compréhension plus profonde de la signification des familles Chrétiennes, et cela dans un effort d'évangélisation de ceux qui vivent en cette ère de nihilisme rampant et d'abaissement général de tout ce qui a de la signification.

C'est dans la restauration et la redécouverte de la conscience Chrétienne de la signification de la foi personnelle et des relations humaines interpersonnelles qu'est trouvée la signification de la famille aujourd'hui.

Avec d'infinies prières dans le Seigneur,

Le Saint Synode des hiérarques de l'Église de Grèce

† Ieronymos d'Athènes, Président

Le secrétaire principal

† Gabriel de Diayleia


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Peu avant la publication de cette importante lettre encyclique, 2 métropolites s'étaient courageusement élevés publiquement contre les intentions politiques anti-chrétiennes, poussées et inspirées bien entendu par le Parlement Européen..

Le métropolite Seraphim a même carrément annoncé l'excommunication de tous les parlementaires Grecs vivant dans sa juridiction qui oseraient voter les lois scandaleuses! Bravo! Un exemple fort, à suivre chez nous aussi!

Le métropolite Seraphim de Pireaus, via un communiqué publié le site internet officiel de la métropole, appelle toute l'Église à refuser et résister contre les diktats de la Communauté Européenne

métropolite Seraphim de Pireaus : AXIOS!


http://greece.greekreporter.com/2013/11/27/bishop-seraphim-against-homosexual-cohabitation-agreement/




Métropolite Nicolas de Fthiotida : AXIOS!

Law being prepared in Greece declaring offensive certain "expressions" from the Gospel
http://www.pravoslavie.ru/english/66398.htm

 

 

29 avril 2014

Mardi Joyeux ou Radonitsa (p. John)

Lectures du jour : Actes 4,1-10 & Jn 3,16-21

Avec toutes nos célébrations Pascales qui sont principalement centrées sur la Résurrection du Christ, ce jour - le mardi après la Semaine Radieuse -  marque le premier jour où, dans cette même joie pascale, nous nous souvenons de nos bien-aimés défunts, qui nous ont quitté dans l'espérance de la vie éternelle. Nous appelons ce jour le "Jour de Réjouissance" (radonitsa, en russe) parce que nous nous souvenons de la triomphale descente du Christ dans l'Hadès. En cette occasion-là, le Christ a comme utilisé Sa Croix telle une "clé" pour déverrouiller les Portes de l'Hadès / Enfer, proclamant la victoire sur la mort et nous libérant des chaînes du péché qui nous tenaient captifs. Traditionnellement, ce n'est pas seulement un jour pour nous souvenir et prier pour nos défunts bien-aimés, mais aussi pour visiter leurs tombes dans la joie pascale!

XB!
P. John





Today's Scripture Readings:
Acts 4:1-10 & St. John 3:16-21

With all of our Paschal celebrations focusing mainly upon the Resurrection of Christ, this day – the Tuesday after Bright Week – marks the first day that we, in this same Paschal joy, remember all of our departed loved ones who have gone before us in the hope of eternal life. We call this day the "Day of Rejoicing" (Radonitsa is Russian) because we are reminded of Christ's triumphal descent into Hades; an instance in which Jesus used His Cross as a "key" to unlock the Gates of Hell, proclaiming victory over death and freeing us from the bondage of sin which held us captive. Traditionally this is not only just a day to remember/pray for our departed loved ones, but to also visit their graves in Paschal joy!

XB!
Fr. John

1/5ème des chrétiens de Russie prie quotidiennement (Interfax Religion)

Moscou, 25 Avril 2014: 12% des résidents russes prient quotidiennement - tels sont les résultats d'un sondage national russe effectué par le service Sreda ("environnement") avec la fondation "Obshchestvennoye mnenie" ("Opinion publique"), rapporte Interfax-Religion. Selon l'information des sociologues, un cinquième des résidents de 60 ans et plus prie chaque jour. Parmi ceux qui ont de gros problèmes de santé, un quart prie quotidiennement. Il en ressort aussi que 22% des chrétiens orthodoxes prient tous les jours. Les promoteurs de l'étude notent que les revenus et le niveau d'éducation ne sont pas des facteurs influents dans la fréquence de la prière. L'étude a été conduite en avril auprès de 1500 personnes dans 43 régions de la Russie.
Pravoslavie.ru 28 / 04 / 2014

Source: http://www.pravoslavie.ru/english/70244.htm
© Pravoslavie.Ru





Moscow, April 25, 2014: 12% of Russian residents pray daily—these are the results of the Russian national poll, carried out by the “Sreda” (“Environment”) service together with the “Obshchestvennoye mnenie” (“Public opinion”) foundation, reports Interfax-Religion. According to the sociologists’ information, every fifth Russian resident age 60 and older prays every day. Of those who have serious problems with health, every fourth person prays daily. It has also emerged that 22% of Orthodox Christian believers pray every day. The survey organizers note that income and an education are not factors in frequency of prayer. The poll was conducted in April with 1,500 people from 43 regions of Russia taking part in it.

28 avril 2014

Jugement de Dieu ou des hommes (C. S. Lewis)

Les humains se jugent l'un l'autre à leurs actions externes. Dieu les juge sur leurs choix moraux.
C. S. Lewis, Mere Christianity



Human beings judge one another by their external actions. God judges them by their moral choices."
C. S. Lewis, Mere Christianity

27 avril 2014

Le Psaume apporte la paix intérieure, il est une citadelle où résonne le Nom de Dieu (saint Basile le Grand)

Un psaume apporte la sérénité pour l'âme, il est l'auteur de la paix, qui calme les pensées déroutantes et bouillonnantes. Car, il adoucit la colère de l'âme, et il châtie ce qui est débridé. Un psaume forme amitiés, réunit ceux qui sont séparés, réconcilie ceux qui se détestent. Qui, en effet, peut encore considérer comme ennemi celui avec qui il a prononcé la même prière à Dieu?

Ainsi la psalmodie, apportant au chant choral, un lien, pour ainsi dire, vers l'unité, et réunissant les gens en une union harmonieuse d'un chœur, produit également la plus grande des bénédictions, la charité. Un psaume est une citadelle de refuge contre les démons, un moyen d'appeler l'aide des anges, une arme face à la crainte de la nuit, un repos pour les fatigues de jour, une sauvegarde pour les nourrissons, une parure pour ceux dans la force de l'âge, une consolation pour les anciens, un ornement des plus appropriés pour les femmes.

Il peuples les solitudes; il évacue la place de ces excès; c'est le point de départ pour les débutants, l'amélioration de ceux qui progressent, le support solide du parfait, la voix de l'Église. Il éclaire les jours de fête, il suscite une affliction qui est selon Dieu.

Car un Psaume, c'est l'oeuvre des anges, une institution céleste, un encens spirituel.
Saint Basile le Grand





A psalm implies serenity of soul; it is the author of peace, which calms bewildering and seething thoughts. For, it softens the wrath of the soul, and what is unbridled it chastens. A psalm forms friendships, unites those separated, conciliates those at enmity. Who, indeed, can still consider as an enemy him with whom he has uttered the same prayer to God?

So that psalmody, bringing about choral singing, a bond, as it were, toward unity, and joining the people into a harmonious union of one choir, produces also the greatest of blessings, charity. A psalm is a city of refuge from the demons, a means of inducing help from the angels, a weapon in fears by night, a rest from toils by day, a safeguard for infants, an adornment for those at the height of their vigor, a consolation for the elders, a most fitting ornament for women.

It peoples the solitudes; it rids the market place of excesses; it is the elementary exposition of beginners, the improvement of those advancing, the solid support of the perfect, the voice of the Church. It brightens the feast days; it creates a sorrow which is in accordance with God.

For, a psalm is the work of angels, a heavenly institution, the spiritual incense.

St. Basil the Great