"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

28 juin 2014

Prière & sécheresse du coeur (staretz Macaire d'Optina)

Priez avec simplicité. Ne vous attendez pas à trouver dans votre coeur quelque remarquable don pour la prière. Considérez-vous comme en étant indigne. Alors vous trouverez la paix. Utilisez ce vide, cette froide sécheresse de votre prière comme nourriture pour votre humilité. Répétez constamment "je ne suis pas digne. Seigneur, je ne suis pas digne!" Mais dites cela calmement, sans agitation
Staretz Macaire d'Optina



“Pray simply. Do not expect to find in your heart any remarkable gift of prayer. Consider yourself unworthy of it. Then you will find peace. Use the empty, cold dryness of your prayer as food for your humility. Repeat constantly: I am not worthy; Lord, I am not worthy! But say it calmly, without agitation.”

Elder Macarius of Optina

27 juin 2014

Comment former une bonne personne (saint Théophane le Reclus)

Plantez une graine, arrosez-la, gardez-la dans la chaleur dont elle a besoin, et il en jaillira une pousse, puis une tige, et une feuille, et pour finir une magnifique fleur. Il en est de même avec la personne. Laissez-la s'ouvrir à l'ordre naturel des choses, et vous aurez toujours à la fin une excellente personne.
Saint Théophane le Reclus




“Plant a seed, water it, keep it in the warmth it needs, and it will put out a sprout, and then a stem, and a leaf, and finally a beautiful flower. That is how it is with a person. Let him open himself to the natural order of things, and you will always have an excellent person in the end.” 

Saint Theophan the Recluse

26 juin 2014

Comment prier (p. Tryphon, EORHF)

Lorsque vous priez, priez pour demander le repentir

Lorsque vous priez, que le thème central de votre prière soit une demande à Dieu qu'Il vous amène à la véritable repentance. Le repentir doit être le but central d votre vie, car seule la repentance vous permet de parvenir à l'humilité. La grâce de Dieu vous soutiendra à travers toutes les épreuves et Sa grâce abondera en vous si elle peut prendre racine dans un coeur humble, qui y est parvenu par l'humilité.

Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon








When you pray, pray for repentance

When you pray, make the central theme of your prayer a request that God bring you to true repentance. Repentance must be the goal of your prayer life, for only in repentance can you gain humility. God's grace will sustain you through any trial and His grace will abound in you if it can take root in a humble heart achieved through repentance.

Love in Christ,
Abbot Tryphon

25 juin 2014

Adapter l'Évangile au monde? Quelle erreur! (p. Florovsky)

Les théologiens actuels, Orthodoxes, catholiques-romains et autres, veulent sortir de la confusion généralisée mais ils le font par la mauvaise méthode. Ils commencent par les mauvais problèmes, qui sont posés par la pensée contemporaine, et ils adaptent le message Chrétien à ces mauvaises questions, et rien de bon ne peut en sortir. Mais la véritable méthode théologique commence par le message, et tente de comprendre les interrogations du temps présent à la lumière du message. Mon impression, c'est que nombre de théologiens demandent "comment pourrions-nous ajuster la méthode à la mentalité actuelle ?" Et ma question, c'est "comment pourrions-nous impressionner les gens de maintenant par le message, comment présentez-vous le message à ces gens pour qu'ils en soient marqués?" C'est un problème de méthode. Il est vrai qu'un médecin doit commencer par la maladie, mais il considère la maladie comme une maladie, et s'il ne la considère pas comme une maladie, mais comme un simple fait, il ne guérira jamais la maladie. Les gens d'aujourd'hui sont si marqués par la confusion qui règne, qu'ils tentent d'y adapter l'Évangile. Désolé, mais c'est impossible.
P. George Florovsky, notes non-publiées prises par sa secrétaire Maria Vorobiova, fin des années 1960.






"Theologians today, Orthodox, Catholic and others, want to get out of the confusion, but they do so by the wrong method. They start with the wrong problems, which are posed by contemporary thought, and they adjust the Christian message to these wrong questions, and nothing good can come out of these. But the true theological methodology starts with the message and tries to understand the queries of today in light of the message. My impression is that many theologians ask 'how can we adjust the method to the hippies' mentality,' and my question is 'how can the hippy be impressed by the message, how do you present the message to the hippy to impress him with it.' This is a methodological problem. It is true that the physician must start with the illness, but he regards the illness as illness, and if he does not regard as illness, but just as brute fact, he will never heal the illness. People are so impressed by the confusion of today, that they try to adjust the Gospel to it. Well, it is impossible."
Florovsky, unpublished remarks noted by his secretary Maria Vorobiova, late 1960's

24 juin 2014

Nativité du saint précurseur Jean le Baptiste - homélie de saint Luc de Simféropol



Dans l'histoire de l'humanité il n'y a eu que deux événements majeurs que Dieu a annoncés par le biais de l'Archange Gabriel. Ce sont la Nativité du Fils Pré-éternel de Dieu dans la chair, et la naissance du Précurseur et Baptiste Jean, "le plus grand de ceux nés d'une femme" (Mt 11,11), selon les propres paroles du Seigneur Jésus-Christ. La naissance du Précurseur suivait le miracle du déliement de la langue de son père Zacharie, que l'Archange avait paralysée parce qu'il n'avait pas cru sa parole.

Sa naissance fut glorifiée par les paroles prophétiques de Zacharie, qui dit "Or toi aussi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut; car tu marcheras devant le Seigneur, pour Lui préparer les voies,  pour donner à Son peuple la connaissance du Salut par la rémission de ses péchés;  grâce aux sentiments de miséricorde de notre Dieu, dans lesquels nous a visités l’Astre d’en haut, pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix." (Lc 1,76-79).

Toute la vie du Précurseur fut dure. A propos de ses années d'enfance, nous ne savons que ce qui nous en est rapporté par l'Évangéliste Luc, à savoir "Cependant l’enfant grandissait, et son esprit se fortifiait. Et il demeurait dans les déserts jusqu’au jour de sa manifestation à Israël" (Lc 1,80). Comment et quand l'enfant fut trouvé dans le désert, nous n'en savons rien avec certitude. Selon la tradition, le roi Hérode, après avoir fait massacrer les enfants à Bethléem, voulu tuer Jean, mais il ne parvint pas à le trouver. Cela le mit en grande rage, et de ce fait il ordonna de faire tuer son père Zacharie. Sa mère, ayant appris que les soldats cherchaient l'enfant, le prit et l'emporta dans une région montagneuse désertique. Ayant vécu encore un peu, sa mère y mourut et le petit Jean demeura seul au désert.

Nous ne savons pas comment le Seigneur Dieu l'a nourrit, comment Il l'a protégé des animaux sauvages, ni nous ne savons comment le jeune Précurseur a apprit à manger des sauterelles et du miel sauvage. Mais nous croyons fermement que pour Dieu, tout est possible. Voyez dès lors qu'au commencement déjà, la vie de celui qui allait être appelé "le plus grand des hommes nés d'une femme" (Mt 11,11) était une vie sans précédent, inédite. Il resta au désert livré à lui-même jusqu'à ses 30 ans. Que faisait-il dans le désert? Comment s'y occupait-il? Il n'avait ni artisanat à réaliser, ni livre à lire, il ne connaissait pas les lettres.





Les biographies des grands philosophes, tels que Descartes et Kant, racontent que ces hommes passèrent des jours et des nuits entiers assis dans leur fauteuil, enfoncés dans leurs pensées. La philosophie est profonde, mais la contemplation théologique est plus profonde encore, la plus grande forme de prière, celle que les saints Pères appellent la prière noétique. La profondeur de communion dans l'Esprit que les saints ont avec Dieu est grandement inconcevable. Pendant 91 ans, le vénérable saint Paul de Thèbes vécu au désert inconnu du monde, n'étant en communion qu'avec Dieu. Des nuits entières jusqu'au lever du soleil, Arsenios le grand restait avec les mains élevées aux cieux. Mille jours et mille nuits durant, le vénérable saint Seraphim de Sarov pria Dieu sur un rocher plat. C'est probablement de tout cela que fut faite la vie de Jean le Précurseur durant son séjour au désert.

Dans l'incessante contemplation de Dieu et du sort du monde, en profonde communion de prière avec Dieu, son esprit grandit et sa compréhension des voies du Salut s'accrut, et il en enseigna le peuple qui était perdu dans ses péchés. Il aurait à changer leurs pensées et les habitudes du peuple, pour les rendre plus profonds, en les exhortant au repentir et à se détourner de leurs manières perverties et mauvaises.

C'est en gros le but pour lequel Dieu avait préparé Son grand Précurseur : préparer un chemin pour notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. C'est précisémment pourquoi toute sa vie, depuis son plus jeune âge jusqu'au moment où il commença à prêcher sur les rives du Jourdain, était sans précédent et inédite. Cette prédication pour la repentance avait attiré à lui des milliers de gens submergés dans les futilités de la vie mondaine.

Glorifions et rendons grâce à notre Seigneur et Dieu, Qui a envoyé en notre monde pécheur le plus grand de tous, l'ascète et prédicateur de l'ultime vérité, le Précurseur Jean. Et en ce jour béni qui est plein de grâce, le jour de sa naissance, agenouillons-nous, aussi notre coeur, le louant et le glorifiant. Amen.



Source: Λόγοι και ομιλίες Αγιου Λουκά, Αρχιεπισκόπου Κριμαίας. 

23 juin 2014

Dans vos prières, demandez la repentance (p. Tryphon)

Notre lutte spirituelle doit avoir la repentance comme thème central. Il n'y a que dans le repentir que nous trouverons la vraie signification de la vie, car ce n'est que là que nous entrons en communion avec Dieu. Cette vie nous a été donnée pour un seul but, afin que nous soyons déifiés, et unis à Dieu. C'était le plan de Dieu pour nous depuis les origines, mais notre état de rupture nous a gardés séparés de Dieu.

C'est à cause de cet état de rupture que nous ne parvenons pas à voir clairement, car l'Oeil de l'Âme (le "noûs") est embrumé et enténébré. Il n'y a que dans la repentance que cette "cîme de notre âme" est éclaircie, et que l'union avec le Christ en est rendue possible.

"Dans votre prière, demandez la repentance, et rien d'autre ; pas de lumières divines, ni de miracles, ni de prophéties, ni de dons spirituels – rien d'autre que la repentance" (p. Païssios l'Athonite)

Dans l'amour du Christ,
higoumène Tryphon





Ask for Repentance in Your Prayers

Our spiritual struggle must have as its central theme, repentance. Only in repentance will we find the true meaning of life, for only in repentance can we enter into communion with God. This life has been given to us for one purpose, that we might be deified, and united with God. This was God's purpose for us from the very beginning, but our brokenness has kept us separated from God.

It is because of our brokenness that we can not see clearly, for the Eye of the Soul (the Nous), is clouded and darkened. It is only in repentance that our nous is made clear, and this union with Christ is made possible.

“Ask for repentance in your prayer and nothing else, neither for divine lights, nor miracles, nor prophecies, nor spiritual gifts—nothing but repentance." (Elder Paisios of Mount Athos)."

Love in Christ,
Abbot Tryphon

22 juin 2014

Vérité absolue en Dieu, et vérité dans la Bible (T. Stylianopoulos)

La théologie Orthodoxe a établi une disctinction claire entre la Vérité qui est l'essence de Dieu - Dieu est Vérité, comme révélé par le Christ (Jn 1,14). Et d'autre par, l'exposition de la vérité que nous voyons dans les saintes Écritures. Cette distinction entre ce que rapporte la Bible et la Vérité qui est Dieu Lui-même est bien expliquée par le p. Τ. Stylianopoulos :

"Tout d'abord, cela préserve le mystère de Dieu d'être identifié avec la lettre de l'Écriture. Ensuite, cela laisse la liberté de voir dans la Bible l'expérience de nombreuses personnes dans leur relation avec Dieu, écrite selon leur propre langage, leur propre époque et circonstances, leurs propres symboles et images, et leurs propres conceptions du monde. En d'autres termes, cela permet une relation dynamique entre le Verbe de Dieu contenu dans l'Écriture qui consiste en la vérité de la Bible, et les paroles des hommes, les formes humaines par lesquelles le Verbe de Dieu est communiqué. Troisièmement, cela présuppose que l'Église Orthodoxe tient aussi en haute estime d'autres récits de l'expérience de Dieu, tels les écrits des Pères de l'Église, les formulations et textes liturgiques, et les décisions des Conciles Oecuméniques. Cela préserve l'Église d'un centrage exclusif sur la Bible. Et enfin, la reconnaissance d'une relation dynamique entre la lettre et l'esprit détruit le fondamentalisme doctrinal biblique comme attitude théologique (c'est-à-dire l'idée que Dieu aurait dicté des propositions qui auraient été écrites mot à mot par les auteurs sacrés), et dès lors préserve la vie Chrétienne Orthodoxe de l'erreur d'une vénération idolâtre du texte de l'Écriture (biblolatrie). Cependant, ce que la distinction entre ce qui est écrit et la vérité ne veut pas, c'est de minimiser l'importance de la Bible. Si l'Église Orthodoxe estime aussi les autres récits de l'expérience de Dieu, la Bible reste cependant le premier récit dans la tradition théologique et le culte de l'Église."

Τheodore G. Stylianopoulos, Bread for life. Reading the Bible, 1980, 13f





"First, it safeguards the mystery of God from being identified with the letter of Scripture. Secondly, it permits the freedom to see in the Bible the experiences of many persons in their relationship with God written in their own language, their own time and circumstances, their own symbols and images, and their own ideas about the world. It permits, in other words, a dynamic relationship between the Word of God contained in Scripture which consists of the truth of the Bible, and the words of men, the human forms in which God's Word is communicated. Thirdly, it presupposes that the Orthodox Church highly esteems also other records of the experience of God, such as the writings of the Church Fathers, the liturgical forms and texts, and the decisions of the Ecumenical Councils. It rescues the Church from an exclusive focus on the Bible. Finally, the acknowledgment of a dynamic relationship between letter and spirit destroys doctrinaire biblical fundamentalism as a theological posture (that is to say the idea that God dictated propositions which were then written down word for word by the sacred authors) and thus guards Orthodox Christian life from the error of idololatrous veneration of the text of Scripture (bibliolatry). What the distinction between record and truth does not intend, however, is to minimize the importance of the Bible. If the Orthodox Church also esteems other records of the experience of God, the Bible still remains the primary record in the theological tradition and the worship of the Church"

Τheodore G. Stylianopoulos, Bread for life. Reading the Bible, 1980, 13f