"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

13 janvier 2015

Saint Hilaire de Poitiers: Office liturgique

Chapelle Saint-Hilaire de Poitiers
Matagne-la-Petite, ancienne "seigneurie d'Ossogne"
construite vers l'An Mil
photo juin 2012




Saint Hilaire de Poitiers


Stichères, t. 8
Honneur à celui qui n'a pas craint, * en l'assemblée des évêques réunis, * de soutenir l'orthodoxe formulation * de la foi d'Athanase et de Nicée,* selon laquelle le Verbe de Dieu * n'est pas que semblable au Père tel un être créé, mais est véritablement de même nature que Lui.

Inébranlable, malgré les menaces et l'exil, * Hilaire, tu n'as cessé de proclamer * que le Fils du Père n'est pas sorti du néant, * mais que, par éternelle naissance, Il est ce qu'Il est, * non pas une portion de Dieu, mais le tout, * par essence l'unique et suprême divinité: * Une est donc la substance du Père et du Fils.

Luminaire de l'allégresse du Christ, * bienheureux Hilaire, tu as montré * la divinité du Verbe et l'humanité de Jésus: * Celui-ci est mort sur la Croix * et fut mis au tombeau, * mais comme Dieu le troisième jour Il est ressuscité.

Tropaire de saint Hilaire de Poitiers, ton 3
Comme un des piliers de l'Orthodoxie, * tu soutins dans l'Église l'enseignement * d'Athanase, le champion de la vraie Foi : * proclamant toi aussi, le Fils consubstantiel au Père, * de l'arianisme tu as préservé l'Occident. * Intercède, saint Hilaire, auprès de notre Dieu, * pour qu'Il accorde à nos âmes la grande miséricorde.

Le canon du Saint porte en acrostiche: Joyeusement je chante Hilaire de Poitiers. Denis.



Ode 1, t. 4
Je Te chante, Seigneur mon Dieu, * car Tu as délivré Ton peuple de la servitude des Égyptiens, * Tu as jeté à l'eau les chars de Pharaon * et Tu as fait sombrer ses puissantes armées.

Oecuménique Docteur, * tu libéras des chaînes de l'hérésie, * Hilaire, les peuples asservis * à la doctrine assombrissant la nature divine du Fils.

Ode 3
Soutien de ceux dont l'espoir * repose en Toi, ô Christ notre Dieu, * affermis-nous dans la vraie Foi, * en Ton amour pour les hommes.

Eponyme de la joie, * Hilaire, tu as confessé le Verbe éternel * engendré, non créé, Celui Qui était là * quand le Seigneur, à l'origine, affermit les cieux.

Ode4
Tel est notre Dieu: * de la Vierge Il a pris chair; * notre nature, Il l'a divinisée; * chantons-Le et disons Lui: * Gloire à Ta puissance, Seigneur.

Jusqu'au bout, divin Prédicateur, * tu glorifias le Verbe* sans commencement * ayant pris un début dans la chair et dans le temps * sans subir changement. * Qui pourrait dire Sa génération?

Ode 5
Avant l'aurore, devant Toi * nous chantons, comme à l'Auteur de l'univers: * sauve-nous, ô Christ notre Dieu, * notre espérance, Seigneur.

Négligeant les menaces, père saint, * tu n'as pas altéré le véritable enseignement * et comme un astre parti de l'Occident * dans tout l'Orient tu as ramené la clarté.



Ode 6
Il a préfiguré les trois jours au tombeau, * le prophète Jonas dans le ventre du poisson; * à la fosse il Te pria de racheter sa vie, * Seigneur de gloire Qui de la mort fais revenir.

La tunique sans couture du Christ, * qu'Arius avait follement déchirée, * saint pontife, tu l'as recousue * grâce au fil de tes sages discours.


Kondakion, t. 3
Sans ménager tes peines et la sueur de ton front, * tu extirpas de ton domaine les ronces de l'hérésie; * et comme un gai laboureur, Hilaire, joyeusement * en bonne terre tu as semé, au souffle de l'Esprit, * la semence de la vraie Foi: * arrosée par l'eau vive du Verbe consubstantiel au Père divin, * elle a nourri les adorateurs de l'indivisible Trinité.

Synaxaire
Le 13 janvier, mémoire de notre Père parmi les Saints, Hilaire, évêque de Poitiers, confesseur de la vraie Foi en la consubstantielle Trinité.
Contre Arius il prêcha, non sans impunité, * le Verbe égal au Père en sa divinité.
Après avoir souffert l'exil, le treize, Hilaire * achève dans la paix une vie exemplaire.
Par ses saintes prières...

Ode 7
Enfants d'Abraham, dans la fournaise des Chaldéens * plus que par l'ardeur du septuple feu * embrasés par votre piété, vous avez chanté* le Seigneur Qui est béni dans le temple de Sa gloire.

Devant la colère du tyran, * Hilaire, tu n'as pas tremblé, * mais de ton zèle brûlant * tu as réduit en cendres l'édit de l'empereur.


Ode 8
Imitant, de nos incessantes voix, * les jeunes gens qui dansèrent dans le feu * pour avoir transgressé l'ordre inique du tyran, * nous Te disons: Dieu de bonté, * Toi Qui surpasses toute naturelle sainteté, * illumine de Ta spirituelle clarté * ceux qui chantent pour Toi.

Théologien de la Trinité, * à Poitiers comme en tout l'Orient, * de Dieu tu as proclamé l'unité; * et, du fait que le Père est plus grand * en gloire, honneur et majesté, * tu n'as pas nié au Fils ces attributs, * mais tu L'as béni dans tous les siècles.

Bénissons le Seigneur,
Père, Fils et saint Esprit,

Et maintenant...


Rien ne peut faire de Lui-même le Fils * qu'au Père Il ne voie faire, nous dit le Christ * en l'évangile selon saint Jean; * ce que fait Son Géniteur, le Fils le fait pareillement, * le Père est la Cause première, l'Auteur; * le Fils, par obéissance, voit d'abord, * par déférence, après avoir vu, Il peut agir.


Ode 9
David, pour la Mère du Roi * psalmodie un chant nouveau, * car elle a fait naître de son sein * un Verbe excellent, * le plus bel Enfant des hommes.

En évêque, Hilaire, tu as remporté * la première victoire de Poitiers * contre ceux qui, ne connaissant * que le mode passible d'engendrer, * niaient l'éternelle génération du Fils de Dieu.


Stichères, t. 4
Acclamons le pontife lumineux, * l'ange assis sur le trône de Poitiers, * le docteur du Verbe divin * et de la toute-sainte Trinité, * l'infatigable prédicateur * qui, devant les menaces de l'empereur * et l'exil où tant d'autres sont morts, * n'a pas altéré son enseignement, * mais en toute fidélité * a dispensé la parole de vérité.

Illumine encore maintenant* par tes vivantes homélies, * saint Hilaire, par tes discours et tes écrits, * notre intelligence et notre coeur * afin que nous aussi, nous puissions garder * la foi véritable en notre temps, * bien que la doctrine d'Arius * n'aie plus d'adeptes depuis longtemps, * mais le Mal est toujours là * pour semer le trouble en nos esprits.

Radieusement, comme il convenait * à l'étymologie de ton nom, * Hilaire, joyeux évêque de Poitiers, * tu ne t'es pas attristé sur ton sort * mais, connaissant la prévoyance de ton Seigneur, * tel un signe de Sa Providence tu acceptas * l'apparente sanction de l'exil * comme la manière de propager * la Foi véritable en Orient * d'où la lumière, une fois encore, est venue jusqu'à nous.

Gloire... Maintenant

Égal au Père et à l'Esprit * par la nature de Sa divinité, * semblable aux hommes Il est devenu, * le Verbe Qui prit chair de ton sein, * toute-pure Mère de notre Dieu: * d'ineffable manière Il S'anéantit * et, Se levant de toi, comme soleil illumina * de Sa condition divine le monde entier, * en Lui-même divinisant le genre humain * pour le conduire jusqu'au Ciel.

AMEN.

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