"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

06 mars 2015

Juger son prochain sans même en connaître le coeur, c'est se condamner soi-même (saint Dorotheos de Gaza)

L'homme ne peut donc rien connaître des jugements de Dieu. Car Dieu est seul à tout comprendre et à pouvoir juger les affaires de chacun selon Sa science unique. En réalité, il arrive qu'un frère fasse dans la simplicité (de son coeur) une action qui plaise à Dieu plus que toute ta vie, et toi, tu t'établis son juge et blesses ainsi ton âme? S'il lui arrive de succomber, d'où pourrais-tu savoir combien de combats il a livrés et combien de fois il a versé son sang avant de faire le mal? Peut-être sa faute est-elle comptée auprès de Dieu comme une oeuvre de justice, car Dieu voit sa peine et le tourment qu'il a enduré auparavant, Il a pitié de lui et lui pardonne. Dieu a pitié de lui, et toi, tu le condamnes pour la perte de ton âme! Et comment pourrais-tu connaître toutes les larmes qu'il a versées par sa faute en présence de Dieu? Toi, tu as vu le péché, mais tu ne connais pas le repentir.
Parfois, non seulement nous jugeons, mais encore nous méprisons. En effet, comme je l'ai dit, une chose est de juger, l'autre est de mépriser. Il y a mépris lorsque non content de juger le prochain, on l'exècre, on l'a en horreur comme une chose abominable, ce qui est pire et bien plus funeste.
Saint Dorotheos de Gaza, Instructions Spirituelles 6,74

Sources Chrétiennes n°92
 




A man can know nothing about the judgments of God. He alone is the one who takes account of all and is able to judge the hearts of each one of us, as He alone is our Master. Truly it happens that a man may do a certain thing which seems to be wrong out of simplicity, and there may be something about it which makes more amends to God than your whole life; how are you going to sit in judgment and constrict your own soul? And should it happen that he has fallen away, how do you know how much and how well he fought; how much blood he sweated before he did it? Perhaps so little fault can be found in him that God can look on his action as if it were just, for God looks on his labor and all the struggle he had before he did it, and has pity on him. And do you know this, and what God has spared him for? Are you going to condemn him for this and ruin your own soul? And how do you know what tears he has shed about it before God? You may well know about the sin but do you not know about the repentance?
But there are times when we not only condemn but also despise a man; for it is one thing to condemn and quite another to despise, as I have said. Contempt adds to condemnation the desire to set someone at nought—as if the neighbor were a bad smell which has to be got rid of as something disgusting, and this is worse than rash judgment and exceedingly destructive.”

St. Dorotheos of Gaza, Discourses and Sayings

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