"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

08 mars 2015

Les mains du traître, la sainte Communion et nous (saint Nicolas Velimirovic)

"Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table." (Saint Luc 22,21).
Le plus difficile pour un général, c'est de devoir mener la guerre quand l'ennemi est à l'intérieur du camp; pas seulement les ennemis externes, mais aussi les ennemis internes, parmi les siens. Judas était considéré comme faisant partie des disciples de Jésus. Cependant, il était l'ennemi intérieur. Les rangs ennemis s'attroupaient et se rapprochaient du Christ, et de l'intérieur, Judas préparait la trahison. Sa main était sur la table que le Christ avait bénie, et ses pensées étaient alignées avec les ennemis où le plus noir dessein, la haine et la malice bouillonnaient contre le doux Seigneur.
N'en est-il pas de même aujourd'hui, que la main de nombre de traîtres du Christ sont à table avec Lui? Quelle table n'est pas du Christ? Sur quelle table ne trouve-t'on pas Ses dons? Il est le Maître de Maison et Il nourrit et approvisionne Ses hôtes. Les hôtes n'ont rien à eux, rien! Tout ce qui est bon et toute l'abondance qui leur est donnée l'est par la main du Christ. Dès lors, est-ce que le Christ n'est pas présent à chaque table en Maître de Maison et en Serviteur?
Dès lors, ne sont-ce pas aussi les mains de tous ceux qui, même de nos jours trahissent le Christ, qui sont à table avec Lui? Ils mangent Son pain et ils parlent contre Lui. Ils se réchauffent à Son soleil et ils calomnient Son Nom. Ils respirent Son air, et ils se lèvent contre Son Église. Ils vivent de Sa Miséricorde, et ils Le bannissent de leurs maisons, de leurs écoles, de leurs courts, de leurs livres et de leurs coeurs. Ils piétinent volontairement Ses Commandements, malicieusement, et ils se moquent de Sa Loi. Ne sont-ils pas les traîtres du Christ et les successeurs de Judas? N'ayez pas peur d'eux! Dieu ne nous a pas commandé d'avoir peur d'eux, mais d'attendre de voir leur fin. Notre Seigneur ne fut pas effrayé de Judas, et Il n'est pas effrayé non plus des hordes traîtresses jusqu'à la fin des temps. Il sait leur fin et Il a déjà Sa victoire en Ses mains. Dès lors, vous non plus ne soyez pas effrayés. Adhérez fidèlement au Christ Seigneur, autant lorsque vous constatez que Sa cause est victorieuse et avance dans le monde, et aussi autant lorsqu'il vous semble que Sa cause s'écroule et périt. N'ayez pas peur! Si vous prenez peur, peut-être que votre main se retrouvera serrée sous la main de Judas à la table du Christ.
O Seigneur, le Tout Victorieux, soutiens-nous par Ta puissance et Miséricorde.
A Toi soit la gloire et la reconnaissance, à jamais. Amen.


Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Orchid, Serbie (+ 05 mars 1958), auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".

Aucun commentaire: