"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

11 avril 2015

Eloi, Eloi, lama sabachthani (Samedi Saint / P. Michael, Eorhf-ROO)

Mathieu 27,46 et Marc 15,34 nous rapportent que sur la Croix, Jésus a dit "Eloi, Eloi, lama sabachthani", ce qui signifie "Dieu, Mon Dieu, pourquoi M'as-Tu abandonné?" en araméen.

Jésus citait en fait les premières paroles du Psaume 21 (LXX):

Dieu, mon Dieu, regarde vers moi ;
pourquoi m’as-tu abandonné ?
Elle retient le salut loin de moi,
la voix de mes péchés.


Ce n'est pas une complainte, comme souvent l'on croit. Pour le comprendre, nous devons regarder le restant du Psaume - voyons par exemple le verset 16:

"Car des chiens nombreux m’ont entouré,
le rassemblement des méchants m’a environné ;
ils ont percé mes mains et mes pieds,
ils ont compté tous mes os.
Ils m’ont observé et ont fixé les yeux sur moi,
ils se sont partagé mes vêtements :
ils ont tiré au sort ma tunique.
Mais toi, Seigneur, n’éloigne pas de moi ton secours,
veille à me prendre avec toi !
Délivre mon âme du glaive,
des griffes du chien mon unique !
Sauve-moi de la gueule du lion,
ton serviteur humilié, des cornes des licornes !
Alors j’annoncerai ton Nom à mes frères,
au milieu de l’Eglise, je te louerai.
"

Ces paroles sont la prophétie de ce qui était précisément en train de se passer - Jésus citait donc ce Psaume pour cette raison. Regardons les dernières paroles du Psaume :

"car au Seigneur appartient la royauté,
et il dominera sur les nations.
Ils ont mangé et se sont prosternés,
tous les puissants de la terre ;
ils s’inclineront devant lui,
tous ceux qui descendent vers la poussière.
Et mon âme vivra pour lui,
et ma lignée le servira.
On présentera au Seigneur la génération à venir,
on annoncera sa justice au peuple qui naîtra,
que le Seigneur a fait.
"


La mort de Jésus glorifierait Dieu en Sa Résurrection, Il servirait en effet le Seigneur en cela, et Son peuple à venir entendrait ainsi parler de Lui.

Ce n'est donc pas du désespoir, ni une fin malheureuse, c'est au contraire le commencement du triomphe de la Résurrection. Ici Jésus, bien que subissant les dernières douleurs de la mort terrestre, cite la prophétie de Sa mort et la gloire et la joie qui arriveront dans les 3 jours.

Nous venons de vivre le Vendredi Saint, nous avons proclamé plusieurs fois le récit des événements de ce jour bouleversant - exactement comme ils ont résonné à travers les siècles de génération en génération. Mais nous autres à présent, au contraire de Ses Disciples, nous connaissons déjà l'événement phénoménal qui va arriver, et nous nous y préparons. Telle est la gloire du Christianisme - Il S'est relevé de la mort et nous a démontré à tous la puissance de Dieu. Nul n'avait prononcé de saintes paroles sur le corps de Jésus dans la Tombe, mais de Sa propre force, Dieu S'est relevé de la mort pour recommencer à enseigner à Son peuple.
Hiéromoine Michael (Wood), Eorhf-Roo







On the Cross, Jesus is recorded in Matthew 27:46 and Mark 15:34 as saying “Eloi, Eloi, lama sabachthani” which is Aramaic for "My God, My God, why hast Thou forsaken Me?"

Jesus was in fact quoting the first words of Psalm 22:

“My God, my God, look upon me; why hast Thou forsaken me : And art so far from my health, and from the words of my complaint?”

This is not a complaint as is often supposed. To understand this, we need to look at the rest of the Psalm – let's go to verse sixteen:

“For many dogs are come about Me : And the council of the wicked layeth siege against Me.
They pierced my hands and my feet; I may tell all my bones : They stand staring and looking upon Me.
They part my garments among them : And cast lots upon my vesture.
But be not Thou far from me, O Lord : Thou art my succour, haste Thee to help me.
Deliver my soul from the sword : My darling from the power of the dog.
Save Me from the lion’s mouth : Thou hast heard me also from among the horns of the unicorns.
I will declare Thy Name unto my brethren : In the midst of the congregation will I praise Thee.”

These words are the prophecy of exactly what had just taken place – Jesus was aware of this hence His quoting this Psalm. Let us look at the last words of the Psalm:

“For the kingdom is the Lord’s : And He is the Governor among the people.
All such as be fat upon earth : Have eaten, and worshipped.
All they that go down into the dust shall kneel before Him : And no man hath quickened his own soul.
My seed shall serve Him : They shall be counted unto the Lord for a generation.
They shall come, and the heavens shall declare His righteousness : Unto a people that shall be born, whom the Lord hath made.”

Jesus' death would glorify God in His Resurrection, He would indeed serve the Lord in this and His people yet to come would hear of Him.

This is not despair nor a desolate ending, this is actually the beginning of the triumph of the Resurrection. Here Jesus, though in the last pains of earthly death is quoting from the prophecy of His death and the glory and joy to come in just three days time.

We have passed through Good Friday, we have read several times publicly, the recounting of the events of that momentous day – exactly as they have resounded down the centuries to every generation since. But now we, unlike His Disciples, know the next momentous event as we prepare for it. This is the glory of Christendom – that He rose again and demonstrated for all of us the power of God. No one spoke holy words over the body of Jesus in the tomb, but God as of His own power rose from the dead to resume His teaching of His people.
Hieromonk Michael (Wood), Rocor-WR



Psaume 21 (LXX) (22 heb / prot / kto)

Dieu, mon Dieu, regarde vers moi ;
pourquoi m’as-tu abandonné ?

Elle retient le salut loin de moi,
la voix de mes péchés.

Mon Dieu, je crie durant le jour,
et tu ne m’écoutes pas ;
la nuit, et ce n’est pas déraison de ma part.

Mais toi, tu habites dans le sanctuaire,
Louange d’Israël !

En toi nos pères ont espéré,
ils ont espéré, et tu les as délivrés ;

vers toi ils ont crié, et ils ont été sauvés ;
en toi ils ont espéré, et ils n’ont pas été confondu !

Et moi, je suis un ver et non un homme,
l’opprobre des hommes et le rebut du peuple.

Tous ceux qui me voient se moquent de moi ;
ils ouvrent les lèvres, ils hochent la tête :

« Il a espéré dans le Seigneur, qu’il le délivre ;
qu’il le sauve, puisqu’il lui a accordé sa faveur ! »

C’est toi qui m’as tiré du sein maternel,
tu as été mon espérance dès les mamelles de ma mère ;

à toi je fus confié au sortir du sein ;
depuis les entrailles de ma mère, tu es mon Dieu.

Ne t’éloignes pas de moi, car la tribulation est proche,
et nul ne me vient en aide.

Des taurillons nombreux m’ont entouré,
de forts taureaux m’ont cerné ;

ils ont ouvert leur gueule contre moi,
comme le lion qui s’élance et rugit.

Je suis comme l’eau qui s’écoule,
et tous mes os sont disloqués ;

mon cœur est comme de la cire,
il se fond au milieu de mes entrailles.

Ma vigueur s’est desséchés comme un tesson,
et ma langue s’est collée à ma gorge ;
tu m’as fait descendre dans la poussière de la mort.

Car des chiens nombreux m’ont entouré,
le rassemblement des méchants m’a environné ;

ils ont percé mes mains et mes pieds,
ils ont compté tous mes os.

Ils m’ont observé et ont fixé les yeux sur moi,
ils se sont partagé mes vêtements :
ils ont tiré au sort ma tunique.

Mais toi, Seigneur, n’éloigne pas de moi ton secours,
veille à me prendre avec toi !

Délivre mon âme du glaive,
des griffes du chien mon unique !

Sauve-moi de la gueule du lion,
ton serviteur humilié, des cornes des licornes !

Alors j’annoncerai ton Nom à mes frères,
au milieu de l’Eglise, je te louerai :

« Vous qui craignez le Seigneur, louez-le,
toute la race de Jacob, glorifiez-le ;
que toute la race d’Israël le craigne !

Car il n’a pas méprisé ni dédaigné
la supplication du pauvre ;

il n’a pas détourné de moi sa face,
et lorsque j’ai crié vers lui,
il m’a exaucé. »

De toi vient ma louange ;
dans la grande Eglise je te confesserai ;
j’accomplirai mes vœux devant ceux qui te craignent.

Les pauvres mangeront et seront rassasiés,
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent,
leur cœur vivra éternellement.

Toutes les extrémités de la terre
se souviendront et retourneront vers le Seigneur ;
toutes les familles des nations
se prosterneront devant lui ;

car au Seigneur appartient la royauté,
et il dominera sur les nations.

Ils ont mangé et se sont prosternés,
tous les puissants de la terre ;

ils s’inclineront devant lui,
tous ceux qui descendent vers la poussière.

Et mon âme vivra pour lui,
et ma lignée le servira.

On présentera au Seigneur la génération à venir,
on annoncera sa justice au peuple qui naîtra,
que le Seigneur a fait.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Καλή Ανάσταση & Καλό Πάσχα