"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

11 mai 2015

Une ville, un évêque! (cri des Chrétiens Orthodoxes à Rome au 3ème siècle)


 "Aucune règle canonique n’a été affirmée par la Tradition de l’Église avec plus de fermeté que la règle qui interdit l’existence de structures ecclésiastiques séparées dans un même lieu. Le caractère strictement territorial de l’organisation de l’Église semble aller de soi aux Pères de tous les conciles et elle est impliquée dans tous les canons traitant de l’ordre ecclésiastique."

"Qu’arrive-t-il quand les Orthodoxes, vivant côte à côte dans la même ville, considèrent comme normal de constituer plusieurs “églises”, - la russe, la grecque, la serbe ou la syrienne, - qui, naturellement, maintiennent l’unité formelle dans la foi et dans l’esprit mais non dans la pratique ? Il n’y a pas de doute qu’une telle situation discrédite notre témoignage dans le monde contemporain et va contre la vraie nature de l’Église du Christ. Aucune référence à une unité spirituelle ou à une inter-communion sacramentelle ne peut servir d’alibi parce que le Christ a établi sur terre une Église visiblement une et parce que la communion spirituelle consiste précisément à nous donner la force et le sentiment de notre responsabilité pour réaliser une unité visible et pratique."

"il est inadmissible d’avoir deux communautés et deux évêques dans un même lieu, simplement parce que le Christ est un" et parce que "l’ecclésiologie orthodoxe, en affirmant la plénitude catholique de chaque Église locale, suppose que l’unité catholique se manifeste sur le plan local."

Archiprêtre Jean Meyendorff, "One Bishop in One City (Canon 8, First Ecumenical Council)", St. Vladimir’s Theological Quarterly, 5 (1961), pp. 54-62 ; "Sommes-nous vraiment l’Église Une ?", Contacts, n 37, 1962/1, pp. 25-33, repris dans Orthodoxie et catholicité, Paris, Le Seuil, 1964, pp. 99-108



Au 3ème siècle, les saints, les Chrétiens Orthodoxes de la ville de Rome, refusaient qu'on leur donne plusieurs "pères évêques" pour s'occuper d'eux. "Une ville, un évêque!"
Aujourd'hui, le cri c'est "pas question de mettre les pieds dans une paroisse d'étrangers" - quand bien même on est soi-même étranger dans le pays où l'on vit. On ne sait même plus ce qu'est l'Église, on parle de "diaspora". Et les évêques sont contents d'être des ethnarques, au lieu d'évangélisateurs. Pauvres de nous.

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