"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

21 octobre 2015

Sainte Céline, mère de saint Rémi (+ après 458)

Comme sainte Silvie, mère du pape de Rome saint Grégoire le Grand, et bien d'autres saintes mères, sainte Céline (son homonyme, vierge de Meaux, est honorée également aujourd'hui) est surtout connue grâce à son fils. Elle nous a donné le grand saint Remi, évêque de Reims, fêté le 1er octobre.
Céline et son mari etaient nobles. Un moine, Montanus (voir au 20 septembre, t. 9, p. 414), prédit à Céline, après un triple avertissement reçu en songe, qu'elle enfanterait un garçon d'une rare vertu. Et Remi vint au monde sans retard.
Céline avait eu de son mari Emilius 2 fils, Principius, qui fut un saint évêque de Soissons, et son frère, qui eut un fils, Lupus. Saint Lupus succéda à son oncle Principius et fut évêque jusqu'à la mort de Remi (cf. L. Duchesne, Fastes épisc., t. 3, 1915, p. 89-90). A l'annonce de Montanus, un reclus, Céline s'étonna : elle et Emilius étaient déjà âgés. Montanus, qui était aveugle, insista : "Quand tu sèvreras l'enfant, tu me frotteras les yeux de ton lait, et je recevrai la lumière". Remi, une fois sevré, mit lui-même, guidé par Céline, un peu de lait maternel sur les paupières du reclus et lui rendit ainsi la vue. Rémi était né au pays de Laon. On l'appela Remigius, parce qu'il aurait à régir, à diriger son Église lancée sur des flots tempétueux, ou Remedius, car il serait aux siens un remède contre la juste colère de Dieu ou contre la férocité païenne. Après des études brèves, mais excellentes, Remi voulut imiter la retraite de son héraut Montanus. Il se sépara ainsi de Céline si elle vivait encore. D'après une interpolation au testament de saint Remi, Céline aurait été enterrée à Labrinacum, Lavergny, commune de Parfondru, près de Laon (Aisne). La translation de son corps à Laon aurait eu lieu un 5 avril, d'après Molanus ou Vermeulen, éditeur du martyrologe d'Usuard (dans l'éd. de J.-B. du Sollier, Anvers, 1714, p. 194). On a attribué à Hucbald (+ 930?), moine de Saint-Amand, près de Valenciennes, une Vie de notre sainte.

Extrait de la bibliographie : Mon. Germ. hist., Auct. antiq., t. 4-2, p. 64 (Pseudo-Fortunat); Script. rer. merov., t. 3, p. 259-263 et 344, 25 (Hincmar, et testament) . - Acta sanct., 21 octobre, t. 9, p. 318-322. - chanoine Ulysse Chevalier, Repertorium hymnologicum, t. 6, 1920, p. 19 : hymnes et prose en l'honneur de la sainte, à Laon, vers 1495. - V. Leroquais, Les sacramentaires et missels mss. t. 3, 1924, p. 351; Les bréviaires mss t. 2, p. 143, et t. 5, 1934, p. 61; Les psautiers mss. lat t. 2, 1940-1941, p. 369; Les livres d'heures mss. de la Bibl. nat., t. 2, 1927, p. 390 - Anal. boll., t. 58, 1940, p. 216. - Ch. Cahier, Caract. des saints dans l'art populaire, 1867, p. 811. - G. Hanotaux, L'énergie française, p. 115-152, sur Laon. - Vidal de la Blache, dans Hist. de France, de Lavisse, t. 1-1, 1903, P. 100-107, sur Laon et Soissons.
Citons pour finir ces pensées de Barrés (Mes cahiers, t. 9, 1935, p. 65 : en 1911) : "L'église, c'est le lieu où l'homme prend et reçoit de lui-même une conception qui le force à s'élever au-dessus de lui-même... Dans l'église, certains développent leur valeur, une valeur immense; l'église a servi, sert encore à entraîner l'homme vers une destinée toujours plus haute". C'est le cas du petit Remi.

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