"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

14 février 2015

Gardez le silence en tout, dans la joie comme la peine (saint Théophile de Kiev)

Si l'on vous loue, gardez le silence. Si l'on se moque de vous, gardez le silence. Si vous subissez des pertes, gardez le silence. Si vous recevez un bénéfice, gardez le silence. Si vous êtes rassasié, gardez le silence. Si vous êtes affamé, gardez le silence. Et ne soyez pas inquiet qu'il n'y aie pas de fruit lorsque tout est mis à plat; il y en aura! Rien ne restera couché. L'énergie apparaîtra. Et quelle énergie!
Saint Théophile de Kiev

ndt : c'est un des 2 saints dont l'auteur du film OSTROV, Pavel Lounguine, s'est inspiré pour son personnage du fol-en-Christ, le père Anatole.





If you are praised, be silent. If you are scolded, be silent. If you incur losses, be silent. If you receive profit, be silent. If you are satiated, be silent. If you are hungry, also be silent. And do not be afraid that there will be no fruit when all dies down; there will be! Not everything will die down. Energy will appear; and what energy!
+ St. Feofil +

13 février 2015

Pourquoi regardons-nous vers le ciel lorsque nous pensons à Dieu ou prions? (p. John)

Q: Pourquoi regardons-nous instinctivement vers le haut lorsque nous prions ou pensons à Dieu?

R: La réponse est relativement simple. Dans le livre de la Genèse, nous voyons que Dieu, étant le Seigneur, Maître et Créateur de tout, cependant Il permettait à l'humanité d'exister au même plan, car Dieu marchait avec eux et leur parlait dans le Jardin d'Eden. Cependant après que l'Homme aie chuté dans le péché, il perdit la faveur de Dieu, à la fois littéralement et figurativement. C'est pourquoi nous faisons référence à ce moment où il mange le fruit défendu comme étant "La grande chute." Et comme toute chute pécheresse, l'homme s'est effondré, et a vu s'abaisser sa relation et son statut auprès de Dieu.

Remarquez que dans la Sainte Écriture, depuis ce moment-là, la quête de l'Homme pour la réconciliatoin et le retour vers ce qu'il avait perdu est devenue presqu'uniquement une montée, peut-être le mieux manifestée dans la vision de Jacob avec cette échelle montant au Ciel (Gen 28,10-17). Lorsque l'homme voulait s'adresser à ou prier Dieu, instinctivement il regardait vers le haut - et dans d'innombrables occasions, il escaladait (p.ex. Abraham, Moïse, Élie, Habbakuk). Lorsqu'il voulait faire des offrandes, il brûlait ces dons, de sorte que cela s'éleverait avec la fumée vers le haut. Et lorsqu'il parlait du Royaume de Dieu, à nouveau, tout naturellement, il pointait vers les cieux.

Dès lors, les paroles de saint Paul "Songez aux choses d’en haut, non à celles de la terre" (Col 3,2), deviennent une recommendation qiu est parfaitement garantie et justifiée. Alors continuons de gravir les échellons de cette échelle de perfection, jusqu'à ce que nous revenions là où nous appartenons!
P. John






Q: Why do we instinctively look upwards when we pray or think about God?

A: The answer is rather simple. In the Book of Genesis we find that although God was the Lord, Master, and Creator of all, He nonetheless allowed mankind to exist upon the same plane because, God walked and talked to them in the Garden. However, after man chose to sin, he fell out of favor with God, both literally and figuritively. This is why we refer to that moment of eating the forbidden fruit as the "Great Fall." And like any sinful fall, man dropped and lowered his relationship and stature with God.

Notice how in Holy Scripture, from that time forward, man's quest to reconcile and gain back what he lost becomes an almost up-hill climb; perhaps manifested best by Jacob's vision of a ladder reaching into heaven (Gen. 28:10-17). When man wanted to address or pray to God, he instinctively looked upward - and in many cases climbed upwards (e.g. Abraham, Moses, Elijah, Habbakuk). When he wanted to make any offerings, he burned these gifts so that they would rise with the smoke and go up.
When he talked about God's realm, he again naturally pointed towards the heavens.

Therefore St. Paul's words, "Set your minds on things that are above, not on things that are of the earth" (Colossians 3:2), become an admonition that is perfectly warranted and justified. So let's keep climbing the ladder of perfection upwards until we can get back to where we belong!

Fr. John



12 février 2015

La hiérarchie locale et le père Christophe - mise au point (Belgique 11 février 2015)

 père Christophe D'Aloisio,
cathédrale grecque, Bruxelles, 21 décembre 2013,
avant la cérémonie d'intronisation du nouveau métropolite grec
(photo Jean-Michel D.)


Les enjeux autour de l'écartement (encore potentiel) du P. Christophe D'Aloisio: quelques éléments

Père Christophe fut l'élément moteur n°1 dans la mise en place du fonctionnement de l'Institut de théologie orthodoxe de Bruxelles, dont il devint le directeur. La création de cet Institut, il y a un peu plus de 16 ans, répondait à la nécessité de former les enseignants de religion chrétienne orthodoxe pour les écoles de la Fédération Wallonie Bruxelles.
Je fus moi-même étudiant et diplômé de cet Institut (1999-2005) et je suis enseignant dans le secondaire.

Je fus le témoin des tensions croissantes entre deux "lignes":
- la première, plutôt minoritaire, dirigée par Christophe D., défendait l'idée que des compétences intellectuelles réelles et donc la réussite de vrais examens était indispensable à l'obtention du diplôme de théologie orthodoxe. L'idée étant de s'aligner sur "Bologne"
- la seconde, plutôt majoritaire, estimait que fréquenter l'église et avoir de bons copinages avec le clergé permettrait d'obtenir le diplôme, moyennant le payement du minerval et que la fréquentation des cours et des examens était facultative.

Dans cette dernière perspective, les étudiants pourraient avoir un diplôme sans se fouler et les autorités ecclésiastiques seraient heureuses d'avoir le pouvoir de décider "à qui nous donnerons ce diplôme"...

... Mais, tel un roc au milieu des flots déchaînés, Christophe D. refusa toujours de délivrer des diplômes de complaisance. Ce qui irrita de plus en plus la hiérarchie orthodoxe. Christophe D. fut et reste le fer de lance d'une Orthodoxie INTELLIGENTE, dans tous les sens du terme. Ayant entretemps brillament passé un Doctorat sur Afanassieff (j'étais présent) ET ayant été nommé à titre définitif, par l'Etat belge, comme INSPECTEUR des cours de religion chrétienne orthodoxe, il devenait une figure clé de l'Orthodoxie "officielle" dans le Royaume de Belgique.

Son intégrité morale et intellectuelle lui valut les pires avanies. L'Institut de théologie saint Jean fut chassé de ses locaux, tous les clercs ont eu interdiction d'y enseigner (ce passage mériterait un article à lui seul) et un autre insitut (apôtre Paul) fut créé.
Devenu Métropolite, Athénagoras exigea que p. Christophe démissionne de son poste d'inspecteur. Voulait-il prendre le poste pour lui-même ou l'un de ses amis, importe peu: il voulait une personne faisant la métanie devant son autorité.

Démissionner d'un Poste conféré par l'Etat (après y avoir été nommé définitivement) revient à perdre tous ses droits (ni chômage, ni pension, ni rien): il était hors de question d'obtempérer. Du coup, le Métropolite Athénagoras, muni d'un avocat civil bien sûr, intenta un procès contre p. Christophe devant le Conseil d'Etat. Puis il est venu le trouver en le menaçant: soit tu acceptes ta révocation comme Inspecteur (et la perte de tous tes droits...) sans te défendre, et tu pourras rester prêtre (ce qui lui laisserait un petit salaire, en Belgique). Soit tu prends un avocat pour te défendre, et tu en subiras les conséquences canoniques: car si un prêtre et un évêque sont devant un tribunal civil, les sanctions seront toujours pour le prêtre.

Le procès est toujours en cours, mais comme l'unique argument contre p. Christophe semble être un argument d'autorité religieuse, il y a peu de chances que le Métropolite le gagne.

J'espère avoir donné quelque éclairage et ouvert quelques portes à la compréhension de ce qui arrive.
J'assume ce que j'écris, je suis fort incomplet, je suis loin de connaître tous les tenants et aboutissants.


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Je republie ceci avec l'autorisation de l'auteur, m. Geoffroy de Moffarts, mon condisciple à l'institut Saint Jean le Théologien.
Source :
https://www.facebook.com/geoffroy.demoffarts/posts/10206090323836341


NB: Les commentaires (corrects) sont bienvenus et seront retransmis à l'auteur de l'article. Un débat serein remplacera avantageusement ces années de bisbrouilles. Le monde a besoin d'un témoignage fort de l'Église, pas de ça.

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A lire aussi :

Lettre ouverte à l'Archevêque Job et au Conseil de l'Archevêché
Le 5 février 2015
Lettre ouverte à Son Éminence l’Archevêque Job de Telmessos
Exarque des Églises orthodoxes russes en Europe occidentale
http://situationarcheveche.blogspot.fr/2015/02/lettre-ouverte-larcheveque-job-et-au.html

 

Qu'est-ce que la hiérarchie selon le pseudo Denys l'Aéropagyte?

1. Selon moi, la hiérarchie est à la fois ordre, science et action, se conformant, autant qu'il se peut, aux attributs divins, et reproduisant par ses splendeurs originelles comme une expression des choses qui sont en Dieu. Or, la beauté incréée, parce qu'elle est simple, bonne et principe de perfection, est pure aussi de tout vil alliage; toutefois, et selon les dispositions personnelles de chacun, elle communique aux hommes sa lumière, et, par un mystère divin , les refait au modèle de sa souveraine et immuable perfection.

2. Le but de la hiérarchie est donc d'assimiler et d'unir à Dieu, qu'elle adore comme maître et guide de sa science et de ses fonctions saintes. Car, contemplant d'un œil assuré la beauté suréminente, elle la retrace en soi, comme elle peut; et elle transforme ses adeptes en autant d'images de Dieu : purs et splendides miroirs où peut rayonner l'éternelle et ineffable lumière, et qui, selon l'ordre voulu, renvoient libéralement sur les choses inférieures cette clarté empruntée dont ils brillent. Car ni les initiateurs, ni les initiés des cérémonies sacrées ne doivent s'ingérer en des fonctions qui n'appartiennent pas à leur ordre respectif; même ce n'est qu'à la condition d'une nécessaire dépendance, qu'on peut aspirer aux divines splendeurs, et les contempler avec le respect convenable, et imiter la bonne harmonie des esprits célestes.

Ainsi, par ce mot de hiérarchie, on entend un certain arrangement et ordonnance sainte, image de la beauté incréée, célébrant en sa sphère propre, avec le degré de pouvoir et de science qui lui revient, les mystères illuminateurs, et s'essayant à retracer avec fidélité son principe originel. Effectivement la perfection des membres de la hiérarchie est de s'approcher de Dieu par une courageuse imitation, et, ce qui est plus sublime encore, de se rendre ses coopérateurs, comme dit la parole sainte, et de faire éclater en eux, selon leur force propre, les merveilles de l'action divine.

C'est pourquoi l'ordre hiérarchique étant que les uns soient purifiés et que les autres purifient; que les uns soient illuminés et que les autres illuminent; que les uns soient perfectionnés et que les autres perfectionnent; il s'ensuit que chacun aura son mode d'imiter Dieu. Car cette bienheureuse nature, si l'on me permet une si terrestre parole, est absolument pure et sans mélange, pleine d'une éternelle lumière, et si parfaite qu'elle exclut tout défaut; elle purifie, illumine et perfectionne ; que dis-je? elle est pureté, lumière et perfection même, au-dessus de tout ce qui est pur, lumineux et parfait ; principe essentiel de tout bien, origine de toute hiérarchie, surpassant même toute chose sacrée par son excellence infinie.

3. Il me semble donc nécessaire que ceux qu'on purifie, ne conservant plus aucune souillure, deviennent libres de tout ce qui a besoin d'expiation; que ceux qu'on illumine soient remplis de la divine clarté, et les yeux de leur entendement exercés au travail d'une chaste contemplation; enfin, que ceux qu'on perfectionne, une fois leur imperfection primitive abolie, participent à la science sanctifiante des merveilleux enseignements qui leur furent déjà manifestés; pareillement, que le purificateur excelle en la pureté qu'il communique aux autres; que l'illuminateur doué d'une plus grande pénétration d'esprit, également propre à recevoir et à transmettre la lumière, heureusement inondé de la splendeur sacrée, la répande à flots pressés sur ceux qui en sont dignes; enfin, que le dépositaire habile des secrets traditionnels delà perfection, initie saintement ses frères à la connaissance des mystères redoutables qu'il a lui-même contemplés. Ainsi, les divers ordres de la hiérarchie coopèrent à l'action divine, chacun selon sa mesure propre; et par la grâce et la force d'en haut, ils accomplissent ce que la divinité possède par nature et excellemment, ce qu'elle opère d'une façon incompréhensible, ce que la hiérarchie manifeste et propose à l'imitation des intelligences généreuses et chères au Seigneur.

Denys l'Aéropagyte, Livre de la hiérarchie céleste, partie II, 3

11 février 2015

Comment la prière incessante est-elle possible? (saint Maxime le Confesseur)

Comment la prière incessante est-elle possible? Lorsque nous chantons les Psaumes, lorsque nous lisons les Écritures, lorsque nous servons notre prochain, malgré cela, il est facile pour l'esprit de s'égarer vers des pensées et des images non-appropriées.

Et pourtant, l'Écriture Sainte n'exige rien d'impossible. Saint Paul lui-même chantait les Psaumes, lisait les Écritures, offrait ses propres services apostoliques, et cependant, il priait sans cesse.

La prière continuelle, cela signifie avec l'esprit toujours tourné vers Dieu, avec un grand amour, gardant vivace l'espoir qu'on a en Lui, ayant confiance en lui en tout ce que vous faites et tout ce qui vous arrive.

Telle est l'attitude que l'Apôtre avait lorsqu'il écrivait : "Qui nous séparera de l'amour du Christ?"...

Grâce à cette attitude d'esprit, Paul priait sans cesse. En tout ce qu'il faisait, et en tout ce qui lui arrivait, il gardait vivace son espérance en Dieu.
Saint Maxime le Confesseur, "la vie ascétique"






How is unceasing prayer possible? When we are singing the Psalms, when we are reading the Scriptures, when we are serving our neighbor, even then it is easy enough for the mind to wander off after irrelevant thoughts and images.

Yet the Scriptures do not require impossibilities. St. Paul himself sang the Psalms, read the Scriptures, offered his own apostolic service, and nonetheless prayed uninterruptedly.

Unceasing prayer means to have the mind always turned to God with great love, holding alive our hope in Him, having confidence in Him whatever we are doing and whatever happens to us.

That is the attitude that the Apostle had when he wrote: 'Who shall separate us from the love of Christ?"...

Thanks to this attitude of mind, Paul prayed without ceasing. In all that he did and in all that happened to him, he kept alive his hope in God.
St. Maximos the Confessor, The Ascetic Life

10 février 2015

Qu'est donc l'ivraie de la parabole? (P. John)


Q: Dans la parabole de Jésus à propos du "bon grain et de l'ivraie" - qu'est donc l'ivraie?


R: Pour faire simple, l'ivraie ce sont toutes les mauvaises herbes qui poussent dans un champs ensemencé, et que Jésus utilise pour montrer à quel point il est facile pour le mal de coexister avec le bien.

Le terme grec utilisé pour décrire ces mauvaises herbes est "zizania", qui correspond donc à l'ivraie (Lolium Temulentum) - une sorte de froment dégénéré, véritable mauvaise herbe. Cependant pour l'oeil inattentif, cela ressemble au froment, en particulier lorsque c'est dans son premier stade de croissance. Par la suite, lorsque froment et ivraie arrivent à maturité, les différences sont visibles - et on est surpris de les voir et on se demande d'où viennent ces mauvaises herbes!

Une des particularités de l'ivraie, c'est qu'elle est souvent sujete à un parasite qui la rend empoisonnée à la fois pour les animaux et les humains. Dès lors, pour la société agraire de l'époque, cette parabole avait probablement un bien plus grand impact qu'elle n'en a sur nous aujourdh'ui. Mais elle reste un rappel constant pour nous de veiller à notre bonne croissance et prendre garde en compagnie de qui nous le faisons.

P. John






Q: In Jesus' parable about the "Wheat and the Tares," what are tares?

A: Simply put, tares are unwanted weeds amongst a crop of wheat that Jesus uses to illustrate just how easily evil can exist alongside good.

The actual Greek word used to describe tares is zizania which probably refers to darnel seeds – a type of degenerate wheat that is basically a weed. To the untrained eye, however, it actually does resemble wheat, especially in its early stages of growth. Later on, as the wheat and tares come to maturity, the differences are quite apparent – causing one to all of a sudden wonder where these weeds came from!

One peculiarity of darnel seed is that it is frequently subject to a parasite fungus that renders it poisonous to both animals and man. Therefore, this parable, as understood by the agricultural society of the day, perhaps had far greater impact than it might upon us. Nonetheless, it stands as a continuous reminder for us to grow in a good place and watch the company we keep.

Fr. John

09 février 2015

la règle de vie de l'homme parfait (saint Clément d'Alexandrie)

La personne qui vise la perfection ne cherche pas seulement à éviter le mal. Pas plus qu'elle n'accomplit le bien par crainte de la punition, encore moins afin de se rendre digne dans l'espoir d'une récompense promise.

La personne de perfection accomplit le bien par amour.

Ses actions ne sont pas motivées par le désir d'un bénéfice personnel, dès lors il n'a pas d'avantage personnel comme but. Mais aussitôt qu'il a réalisé la beauté de la bonne action, il l'accomplit de toute son énergie et en tout ce qu'il fait.

Il n'est pas intéressé par la célébrité, ou une bonne réputation, ou une récompense qu'elle soit humaine ou divine.

La règle de vie d'une personne qui cherche la perfection, c'est d'être à l'image et à la ressemblance de Dieu.
Saint Clément d'Alexandrie






The perfect person does not only try to avoid evil. Nor does he do good for fear of punishment, still less in order to qualify for the hope of a promised reward.

The perfect person does good through love.

His actions are not motivated by desire for personal benefit, so he does not have personal advantage as his aim. But as soon as he has realized the beauty of doing good, he does it with all his energies and in all that he does.

He is not interested in fame, or a good reputation, or a human or divine reward.

The rule of life for a perfect person is to be in the image and likeness of God.
St. Clement of Alexandria

08 février 2015

Seigneur, je T'appartiens, sauve-moi! (archim. Zacharias)

J'ai connu une Chypriote de 60 ans qui avait un cancer. Elle vint au monastère et me dit "J'ai le cancer. Les médecins m'ont dit que dans 6 mois, je serais morte." Je lui ai répondu "Androula, alors préparez-vous pour rencontrer le Seigneur, tenez-vous en à Sa parole : 'que nous mourrions ou que nous vivions, nous appartenons au Seigneur' (cfr Rom 14,8), et préparez-vous à cette rencontre. Vous avez six mois, c'est magnifique! C'est le plus grand moment de votre vie." C'était une femme de prière. Je ne console jamais les gens. "Bah, vous allez vivre, ça passera." Je préfère dire "Préparez-vous à la rencontre," même si par la suite ils survivent. La femme l'accepta et commença à dire "Gloire à Toi, ô Seigneur," et sans arrêt. Un jour, elle me dit "je voudrais que vous me promettiez une seule chose : lorsque je ne serai plus en état de venir au monastère, vous viendrez me voir une fois à l'hopital avant que je ne meurre." J'acceptai et je vins la voir à 2 reprises avant son décès.


La première fois que j'y ai été, elle était dans un pitoyable état, mais très paisible, et je lui ai demandé comment elle se sentait. Elle me dit "Dieu merci, je me sens bien," quand bien même elle n'allait pas bien - elle était mourante. Elle ne cessait de dire "Gloire à Toi, ô Seigneur," et elle disait une autre prière comme je lui avais demandé de dire, "Seigneur je suis à Toi, sauve-moi" (Ps 119,94). "Abandonnez-vous au Seigneur avec cette prière," était mon conseil, "vous n'avez pas besoin d'autre prière." Quelque temps plus tard, je suis revenu la voir. Son état s'était aggravé. Ils m'avaient téléphoné et j'étais parti pour l'hôpital en emportant la Sainte Communion, bien que je n'étais pas certain qu'elle serait en mesure de la prendre. A mon arrivée, je la vis : la tumeur cancéreuse lui donnait la forme d'un ballon. Il n'y avait qu'au dessus de la gorge que ce n'était pas atteint par les métastases.

Je lui ai demandé "comment allez-vous, Androula?" Sa face était livide mais radieuse. Elle commença à pleurer. Je pensais "Oh mon Dieu, j'espère qu'elle ne va pas défaillir." Je lui demandai pourquoi elle pleurait. Vous savez ce qu'elle m'a répondu? "Suis-je si digne pour recevoir la grâce de supporter une chose aussi horrible? Qui suis-je donc? Gloire au Seigneur!" Elle était dans une telle humilité. Elle n'arrivait pas à remercier Dieu suffisament bien pour la grâce qu'elle avait reçue de supporter ce terrible cancer. Et elle partit comme ça, comme un éclair.


Après ça, je repartis pour le monastère, et le lendemain je célébrai la Liturgie. Au cours de la Liturgie, ces paroles résonnaient dans mon coeur "elle est sauvée." "Elle est sauvée." "Elle est sauvée." Je me mis à pleurer et je n'arrivai pas à me contrôler. Père Syméon, qui était le plus vieux prêtre de notre monastère, me demanda "que vous arrive-t'il aujourd'hui?" Je répondis "je n'arrive pas à me contrôler." J'étais pris d'une telle joie, et la seule chose qui résonnait dans mon coeur était "elle est sauvée." Ce fut une si belle Liturgie, et j'ai remercié Dieu Qui avait informé mon coeur qu'elle était reçue comme sainte dans le Royaume.

Archimandrite Zacharias


Ndt : je suis d'autant plus touché par ce texte que j'ai eu la grâce de vivre pareille expérience avec une vieille dame de notre proche entourage, frappée d'un cancer du cerveau. Dieu accomplit des merveilles même à travers nos souffrances.

Yelena Cherkasova: l'âme du Juste entre au Ciel (oeuvre non-datée):


 I knew a sixty-year old Cypriot lady who had cancer. She came to the monastery, and told me, “I have cancer. The doctors told me that in six months I shall die.” I said to her, “Androula, then go for the meeting with the Lord, hold on to His word: ‘whether we die or live we are the Lord’s’ (cf. Rom. 14:8), and prepare for this meeting. You have six months. Wonderful! It is the greatest moment of your life.” She was a woman of prayer. I never console people, “Ah, you will live, it will pass.” I say rather, “Prepare for the meeting”, even if they live afterwards. The woman accepted it, and started saying, “Glory be to Thee, O Lord”, all the time. One day she said to me, “I want you to promise me just one thing: when I will not be able to come to the monastery any more, that you will come to see me once in the hospital, before I die.” I agreed, and before she died I went twice.

The first time I went she was in a pretty bad state, but very peaceful, and I asked her how she was. She said, “Thanks to God, I am well”, even though she was not well – she was dying. She kept saying, “Glory be to Thee, O Lord”, and she was saying another prayer that I had asked her to say, “Lord, I am Thine, save me” (Ps. 119:94). “Just surrender to the Lord with this prayer”, I said to her, “you do not need any other prayers.” After a while, I went to see her again. Her situation had worsened. They phoned me, and I left for the hospital taking Holy Communion with me, although I was not sure if she would be able to partake. I arrived and I saw her: her tummy was like a balloon, from the cancer. The only part of her body that was free from cancer was from the throat up.

I asked her, “How are you, Androula?” Her face was pale but luminous. She stared crying. I was thinking, “Oh, my God, I hope she is not fainthearted.” I said, “Why are you crying?” Do you know what she told me? “Am I worthy to be given such a grace to bear this monstrous thing? Who am I? Glory be to the Lord!” She was in such deep humility. She could not thank God worthily for the grace that she had been given to bear that terrible cancer…. And she departed like that, like lightning.

After that, I returned to the monastery, and the next day celebrated the Liturgy. During the Liturgy, these words were sounding in my heart: “She is saved.” “She is saved.” “She is saved.” I was crying and could not control myself. Fr. Symeon, who is the oldest priest of our monastery, asked me, “What is the matter with you today?” I said, “I just cannot control myself.” I had such joy, and the only thing that was sounding in my heart was, “She is saved.” It was such a beautiful liturgy, and I thanked God who informed my heart that she was received as a saint in the kingdom.