"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

21 février 2015

Les bons conseils autour de soi (saint Païssios l'Athonite)

Ne faites pas confiance aux conseils des gens qui vivent selon l'esprit de ce monde.
Décidez ce que vous voulez le plus : la sympathie de ce monde, ou revenir près de Dieu?
Saint Païssios l'Athonite

20 février 2015

Vivre en vrais chrétiens : l'exemple des familles des 21 martyrs Coptes (p. Michael)

Tableau de Wael Mories Davanchy, jeune peintre décorateur copte cairote.
17 février 2015
 Sur la chaîne de télévision moyen-orientale chrétienne SAT-7, un homme identifié comme le frère des 2 Égyptiens décapités par l'EIIL / Daech, a livré un message incroyable pour les terroristes.

Parlant avec le journaliste Fayez Maher, l'homme a dit qu'il s'appelait Beshir Kamel, frère des victimes Coptes décapitées Bishoy, 25 et Samuel Kamel, 23. Une des premières choses qu'il a dites, c'est que "L'EIIL nous a aidé à renforcer notre Foi" en ne supprimant pas les proclamations pour Jésus Christ de la part des victimes dans la terrible vidéo.

A l'étonnement du journaliste, il continue en disant que son village natal de Al-Aor est "heureux" d'avoir "tant d'entre nous dans ce village à êtres morts en martyrs." Citant l'injonction de l'Évangile à "aimer nos ennemis et bénissons ceux qui nous maudissent," il dit que sa mère lui a dit qu'elle inviterait les soldats de l'EIIL à la maison et "demander à Dieu de leur ouvrir les yeux", si elle les croisait en rue.

Ceci est la réponse correcte des Chrétiens qui suivent effectivement les enseignements du Christ. Ceci est la réponse qui fait des ennemis des convertis, et qui aide à les sauver. J'espère que les membres de l'EIIL qui ont commis ce crime verront cela, prendront du recul, et penseront sérieusement à la Foi que Jésus a enseignée à Son peuple. Si nous pouvions vivre en suivant l'exemple de ces martyrs et de leurs survivants, alors nous pourrions commencer à nous appeler nous-mêmes Chrétiens.

Photo : le pape Tawdros II préside les prières pour les nouveaux martyrs, il y a 2 jours.
Hiéromoine Michael WOOD
EORHF Rite Occidental







Middle Eastern Christian television network SAT-7, a man identified as the brother of two Egyptians beheaded by ISIS has an astonishing message for the terrorists.

Speaking with TV host Fayez Maher, the man says his name is Beshir Kamel, brother to the Coptic beheading victims Bishoy, 25, and Samuel Kamel, 23. One of the first things he said was that “ISIS helped us strengthen our faith” by not editing the victims’ appeals to Jesus Christ out of the infamous video.

To the host’s amazement, he goes on to say that his home village of Al-Aor is “happy” to have “so many from our village die as martyrs.” Citing the Gospel’s injunction to “love our enemies and bless those who curse us,” he says his mother told him she would invite ISIS fighters into her home and “ask God to open their eyes” if she met them on the street.

This is the correct response of Christians who actually follow Christ's teachings. This is the response that makes converts of enemies and helps save them. I hope the ISIS people who committed this crime see this and quietly go off and think very seriously about the faith that Jesus actually taught His people. If we can live up to the example of these martyrs and their survivors, we might begin to call ourselves Christian.

The picture below is of Pope Tawdros II leading prayers for the new martyrs two days ago.
Hieromonk Michael WOOD
Rocor Western Rite





19 février 2015

Ces mots incompréhensibles dans la Bible - "Alleluia" (P. John)

Q: Que signifie "Alleluia"?

R: Bien que certaines personnes croient erronément que cela ne veut rien dire, que c'est une sorte d'onomatopée musicale comme "cha la la la", en réalité, Alleluia est la version occidentalisée du terme hébreux signifiant "louez Dieu." Alleluia ou Halleluyah provient du verbe hallelhu, qui signifie "louer" ou "rendre grâce", et de suffixe Jah (de Yaweh ou Jehovah), signifiant Dieu. Cependant, il faut remarquer qu'il existe au sein du terme original une connotation d'exubérance, qui ne transparaît pas nécessairement dans la traduction. Dès lors, la traduction la plus correcte serait "Louez Dieu joyeusement!"
Du fait que la Septante (traduction grecque de l'Ancien Testament) a substitué le terme Kyrios (Seigneur) à celui de Jah (Dieu), nombre de Chrétiens croient que ça veut dire "louez Dieu."

p. John







Q: What does Alleluia actually mean?

A: Although some people mistakenly assume it to be a meaningless, made-up, sing-song phrase like "zip-a-dee-doo-dah," Alleluia is actually the anglicized version of the Hebrew words meaning "praise God." Hallelujah or Halleluyah derives from the verb hallelhu, meaning "to praise" or "to give praise," and the noun Jah (from Yahwey or Jehovah), meaning God. It should be noted, however, that a connotation of exuberance exists within its original form that does not necessarily carry over in translation. Therefore, the most accurate definition might be rendered as, "Praise God joyously!"

Because the Septuagint (Greek translation of the Old Testament)
substituted the word Kyrios (Lord) for Jah (God), many Christians
believe it to mean "Praise the Lord."

Fr. John

18 février 2015

Ces mots incompréhensibles dans la Bible - "selah" (P. John)

Q: En lisant les Psaumes, j'ai souvent rencontré le mot "selah". Qu'est-ce que ça signifie?

R. Le mot "selah" est d'origine hébraïque, mais sa signification exacte a été perdue pour tous au fil du temps. Il apparaît 73 fois dans le Livre des Psaumes et on le retrouve aussi dans la prophétie d'Habbacuc. Nombre de savants biblistes pensent qu'il s'agit d'une notation liturgique indiquant une pause, ou pour réfléchir sur la parole que l'on vient juste de lire ou de réciter. D'autres érudits pensent qu'il s'agit simplement d'une forme d'indication musicale pour informer le chantre ou le chef de choeur pour soit chanter ce verset avec plus d'emphase, ou de chanter ensuite un refrain tel qu'Alleluia. Cependant, malgré tous les efforts de recherche, la signification certaine est et reste un mystère.
P. John







Q: In reading the Psalms I've often come across the word Selah. What does this word mean?

A: The word "Selah" is of Hebrew origin, but its exact meaning has been lost to history. It occurs seventy-three times in the Book of Psalms and is also found in the prophecy of Habakkuk. Many biblical scholars believe it to be a liturgical notation meaning to pause or to reflect on the words we have just read or recited. While other scholars believe it to simply be a musical cue informing the cantor or director to either sing that verse with greater emphasis or to sing a refrain after it, such as "Alleluia." However, despite our best guesses, the actual meaning of this word remains a mystery.

Fr. John

17 février 2015

Photo unique de saint Païssios l'Athonite et du staretz russe Papa Tychon


Cette photo tout à fait unique de 1966 montre saint Païssios l'Athonite avec son père spirituel, le staretz Papa Tychon (1884-1968), lorsqu'ils furent visités en leur skite de la Sainte Croix par les frères joasaphites. Saint Païssios offre de l'eau du puits de la citerne, pendant que le hiéromoine Tychon donne sa bénédiction.

 Ιερομόναχος Τύχων ο Ρώσος (1884-1968) με τους αδελφούς Ιωασαφαίους.
Ο άγιος Παΐσιος προσφέρει βρόχινο νερό από τη στέρνα της καλύβης (φωτ. 1966)
http://athosprosopography.blogspot.gr/2015/02/blog-post_16.html


Photo

16 février 2015

Les saints d'Occident dans le calendrier de l'Église Orthodoxe aujourd'hui (Lecteur Claude)

LIMITES DE PRUDENCE POUR LES DATATIONS D'ORTHODOXIE
http://www.forum-orthodoxe.com/synaxaire_presentation.php

JE ME PERMETS D'AJOUTER CETTE NOTE LIMINAIRE pour rappeler les principes déjà suivis précédemment dans la rédaction la rubrique "Calendrier des Saints" de ce forum.

Le problème concerne les saints occidentaux qui figurent dans les martyrologes catholiques-romains et qui n'ont pas fait l'objet d'une décision de canonisation de la part de l'Église orthodoxe.

Pour les personnes mortes avant 794 et le début du travail de sape de Charlemagne pour séparer l'Occident de l'Orthodoxie, il n'y a pas de problème, le patriarcat de Rome de cette époque étant resté orthodoxe.

La chute de l'Occident hors de l'Orthodoxie, constatée par les patriarcats orientaux en 1054, a été le résultat d'un travail de sape mené pendant deux siècles par les partisans du Filioque et de la Papauté, travail de sape qui s'est heurté à des résistances, entraînant une "guerre civile" au sein de la théologie occidentale. Le parti filioquiste (essentiellement appuyé sur l'Empire germanique) en est sorti victorieux, imposant dès lors toutes sortes d'innovations doctrinales et disciplinaires, en particulier au moment de la "Réforme grégorienne".

Au cours de cette lutte, certains papes et patriarches de Rome ont clairement pris parti pour la foi orthodoxe: saint Léon III (pape de 795 à 816; mémoire le 12 juin), qui condamna le Filioque en 809 et fit suspendre au-dessus du tombeau de saint Paul des boucliers d'airain sur lesquels était gravée la vraie formule du Credo en grec et en latin; Benoît III, pape de 855 à 858, qui recommanda chaleureusement aux patriarches orientaux de ne recevoir dans leur communion aucun pape de Rome qui n'aurait pas professé le symbole de Nicée et Constantinople sans altération; Jean VIII, pape de 872 à 882, qui reconnut la légitimité de saint Photios et mit fin au schisme de son prédécesseur Nicolas Ier; saint Adrien III, pape de 883 à 885, qui se déclara pour la procession monodique du Saint-Esprit.

D'autres papes de Rome furent clairement hérétiques ou schismatiques: Léon IV, pape de 847 à 855, qui utilisa les Décrétales pseudo-isidoriennes à l'appui de ses prétentions; Nicolas Ier, pape de 858 à 867, schismatique et véritable inventeur de la doctrine hérétique de la Papauté; Etienne V, pape de 885 à 891, qui prétendit interdire l'emploi du slavon dans la liturgie en Moravie; Serge III, pape de 904 à 911, qui accorda à l'empereur byzantin Léon VI la permission d'un quatrième mariage, ce qui amena saint Nicolas le Mystique, patriarche de Constantinople, à le rayer des dyptiques.

Pour la plupart des autres, par exemple le sublime mathématicien auvergnat Sylvestre II (pape de 999 à 1003), on ne connaît pas exactement leur position. Beaucoup d'orthodoxes qui se sont intéressés la question penchent en faveur de son orthodoxie, en raison de son opposition à la doctrine de la Papauté, opposition dont j'ai déjà cité un exemple sur ce forum.

De même, je suis assez enclin à trancher en faveur de Pascal Ier, pape de 817 à 824, qui figure au calendrier de l'Église catholique romaine. Il fut un défenseur énergique de la cause des saintes Icônes alors menacée en Orient comme en Occident.

Le dernier pape et patriarche de Rome vraiment favorable à l'Orthodoxie, Philagatos, pape sous le nom de Jean XVI, fut soumis à un traitement terrible par les soldats d'Otton III , avec la bénédiction du pape allemand Grégoire V et malgré les protestations de saint Nil de Rossano: langue coupée, yeux crevés, nez coupé, exhibition humiliante dans les rues, monté à l'envers sur un âne (998). Il fut ensuite enfermé dans un monastère où il mourut en 1013, quelques mois avant le triomphe définitif de l'hérésie.

Ces nouvelles méthodes peu orthodoxes donnaient le ton de ce qu'allait bientôt être la nouvelle religion: il n'est pas indifférent de noter que le premier bûcher d'hérétiques est dressé à Orléans en 1022. La chute hors de l'Orthodoxie s'accompagne ainsi immédiatement de l'apparition de la violence caractéristique de la Papauté, le pieux pape Jean XVI n'ayant été que la première victime avant des millions d'autres, jusqu'à nos frères serbes immolés sous le régime de Pavelic et du cardinal Stepinac en 1941-45.

A noter que les papistes d'aujourd'hui font de Jean XVI un antipape, ce qui a beaucoup de saveur quand on voit que dans la liste officielle des papes il y a un Jean XV (985-996) et un Jean XVII (1003), mais pas de Jean XVI entre les deux. Si le Romain Siccone prit le nom de Jean XVII à son avènement sur le trône pontifical en 1003, c'est qu'il devait bien savoir, lui, moins savant que les cuistres modernes, que Jean XVI avait été un vrai pape...

Après le martyre de Jean XVI, il y eut une alternance de papes romains et de papes serviteurs de l'Empereur germanique jusqu'en 1012. Alors le trône échut au comte Théophylacte de Tusculum, cardinal de Porto, qui devint pape sous le nom de Benoît VIII. Empêtré dans des querelles politiques, celui-ci fit appel à l'aide du roi Henri II d'Allemagne, qui, en échange de son aide, obtint la couronne impériale et ... l'insertion définitive du filioque dans le Credo (14 février 1014).

A partir de cette date de 1014, on peut considérer que l'Orthodoxie était morte en Occident: 220 ans de répression avaient fait leur oeuvre, et le dernier bastion orthodoxe d'envergure, le patriarcat de Rome, venait de tomber.

Dès lors il convient de clore à 1014, et non 1054, le calendrier des saints orthodoxes d'Occident.

Dans l'intervalle entre 1014 (chute sans rémission de l'Église de Rome dans l'hérésie) et 1054 (schisme final entre le patriarcat de Rome et les patriarcats occidentaux), les résistances aux innovations germaniques ont continué, mais nous n'en savons en définitive que peu de choses. A Rome, il y a eu des orthodoxes clandestins dont l'un s'enfuit en Russie et est inscrit au calendrier orthodoxe sous le nom de saint Antoine le Romain (mémoire le 3 août); mais quand ont-ils disparu?

Les Italiens orthodoxes ont réussi à faire vivre le monastère des Amalfitains au Mont Athos pendant encore plus d'un siècle après le schisme de 1054; c'est donc qu'ils devaient être suffisamment nombreux. En Italie du Sud hellénisée, l'Orthodoxie est restée dominante jusqu'à la fin du XIème siècle, et a survécu dans des poches de résistance (de plus en plus difficilement après la création de l'Inquisition en 1215) jusqu'au XVIème siècle. Un cas limite a même été retrouvé en 1961 (dissimulé sous un badigeon) dans la haute vallée de la Roya, anciennement italienne, par les services français des Monuments Historiques : une fresque piémontaise de 1490, représentant une Dormition de la Mère de Dieu parfaitement conforme à l'iconographie orthodoxe en plein chœur du sanctuaire N.D. des Fontaines, à La Brigue.

Il y a aussi eu des résistances au papisme et au filioquisme en Angleterre (raison pour laquelle le pape Alexandre II appuya la conquête de ce pays par les Normands en 1066) et dans les pays celtiques (raison pour laquelle le pape Adrien IV autorisa en 1155, par la bulle Laudabiliter, le roi d'Angleterre Henri II à entreprendre la conquête de l'Irlande "en vue d'étendre les bornes de l'Église, de faire connaître la vérité à des peuples ignorants et grossiers et d'extirper des champs du Seigneur des pépinières de vices"- ce langage suggère bien que l'Irlande ne devait pas être en communion avec la Papauté...), résistances qui prirent définitivement fin avec la suppression de la métropole celtique de Dol-de-Bretagne en 1199.

En définitive, c'est dans les pays les plus tardivement gagnés au christianisme - Bohême, Scandinavie et Hongrie - qu'une influence orthodoxe parvint à se faire sentir le plus durablement (jusqu'au premier quart du XIIIème siècle en Hongrie).

Pour tous les Occidentaux ayant vécu en communion avec le patriarcat de Rome entre 1014 et la rupture définitive de 1054, je ne retiens dans notre calendrier que les trois sur lesquels l'Église orthodoxe s'est prononcée : saint Olaf de Norvège (mort en 1030), saint Etienne de Hongrie (mort en 1038) et saint Procope de Sazava (mort en 1053). De ce dernier, en particulier, il est attesté qu'il fut un résistant aux innovations. Le monachisme orthodoxe qu'avait incarné saint Procope parvint à se maintenir en Bohême jusqu'en 1095.

La question de la canonisation orthodoxe pourrait se poser pour le roi d'Angleterre Édouard le Confesseur, mort en 1066, car l'Église anglo-saxonne avait rompu avec Rome depuis 1052 et ne pouvait donc pas tomber sous le coup des anathèmes de 1054; c'est Guillaume le Conquérant qui remit l'Angleterre dans l'obédience romaine.

Cependant, pour les Occidentaux qui ont vécu après 1014, je m'en suis tenu aux trois qui ont fait l'objet d'un culte dans l'Orthodoxie, dont deux ont été officiellement inscrits au calendrier.

Ayant ainsi posé les bornes de 794 et de 1014 (sauf pour les trois saints reconnus par l'Orthodoxie pour la période 1014-1054), que faire au sujet des personnages ayant vécu entre 794 et 1014 et qui ne figurent pas encore au calendrier de l'Eglise orthodoxe?

Pour certains, nous savons qu'ils ont refusé les innovations: saint Léon III, saint Angobard de Lyon... Nous savons aussi que d'autres sont des hérétiques qui ont été rajoutés au calendrier des diocèses d'Occident (le pseudo-bienheureux Charlemagne, par exemple).

Mais pour la plupart, nous ne savons pas quel parti ils ont réellement pris dans le long conflit qui a amené la séparation de l'Occident d'avec l'Orthodoxie.

Les critères de " mort avant 1014 ", de " vénéré avant 1054 " ou de " n'ayant pas fait la promotion active de l'hérésie " ne sont pas suffisants, car l'on risque de mettre au calendrier des hérétiques sur lesquels nous ne sommes pas informés. Pour certains personnages, leur vie de thaumaturge (saint Géraud d'Aurillac, saint Odon de Cluny) plaide en faveur de leur Orthodoxie. Mais l'Église orthodoxe ne s'est prononcée pour l'instant que sur saint Ansgar (Anschaire, Oscar), évêque de Hambourg mort en 865, canonisé par une conférence des évêques européens de l'Église russe hors frontières tenue à Genève sous la présidence de l'archevêque saint Jean Maximovitch les 29 et 30 septembre 1952.

Je suis obligé d'appliquer en l'état actuel des choses des critères dont je reconnais qu'ils sont subjectifs - mais qui essaient d'être prudents.

Il est évident que la Germanie a été gagnée très tôt par l'hérésie, comme le montrent les persécutions infligées dès 880 par un clergé allemand filioquiste aux orthodoxes tchèques. A priori, je ne retiens pas de saint allemand postérieur à 794, sauf saint Oscar canonisé par l'Église russe hors frontières et des cas particuliers où la sainteté est indiscutable comme sainte Gunhild ou des martyrs morts par la main des Vikings au IXème siècle. Idem pour les Pays-Bas, l'Espagne, le Portugal, la Slovénie et la Croatie.

Pour les régions restées le plus longtemps fidèles à l'esprit de l'Orthodoxie - Italie, Provence, Scandinavie, îles britanniques -, je pars du principe inverse, et, sauf engagement manifeste en faveur de l'hérésie, j'ai tendance à inscrire dans ce calendrier toutes les personnes figurant sur les calendriers catholiques-romains et mortes avant 1014.

Les cas difficiles restent les pays francophones: Belgique, France hors Provence, Luxembourg, Monaco, Suisse, qui se trouvent dans une situation intermédiaire entre les Églises locales en pointe de l'hérésie et les Églises locales restées le plus longtemps orthodoxes. Le problème est d'autant plus délicat que la France, dans ses frontières actuelles, représentait un bon quart de la population de tout l'Occident.

En principe, j'inscris au calendrier ceux qui ont vécu avant 950, et je suis circonspect pour ceux qui ont vécu après 950, tout en reconnaissant que la période qui pose le plus de problèmes va de 950 à 1000. Il convient d'essayer de trouver des traces indéniables d'orthodoxie dans leur Vita.

Un autre principe est d'exclure tous les personnages qui ont été trop manifestement liés à l'Empire germanique dont on a vu les interventions incessantes contre les papes orthodoxes de Rome entre 962 et 1014, d'autant plus qu'on a trop manifestement voulu les canoniser pour justifier ce qui s'est passé. Je ne retiens donc pas, par exemple, la mémoire de l'impératrice Adélaïde (fille de la reine Berthe dont le souvenir est longtemps resté vivant en Suisse romande).

Cette attitude ne préjuge naturellement pas de la sainteté d'Occidentaux qui ont vécu entre 794 et 1054 et que je n'ai pas retenus dans le Calendrier. On l'a vu, l'esprit d'Orthodoxie a survécu en Irlande, en Italie, en Scandinavie ou en Hongrie jusqu'à la fin du XIIème siècle, et ce qui reste des sublimes fresques de Berzé-la-Ville est là pour nous montrer qu'il avait encore laissé des traces chez les moines de Cluny cinquante ans après le schisme. Mais le problème n'est pas là.

Le but recherché est de ne pas commettre d'imprudence qui aboutirait à rendre un culte public à des personnages qui s'avéreraient en fait avoir été des ennemis de l'Orthodoxie et des responsables conscients des événements qui ont amené à la chute et à la rupture.

Naturellement, les quelques principes exposés ici ne sont qu'un pis-aller tant que l'Église ne se sera pas prononcée officiellement sur l'opportunité d'inscrire au calendrier ecclésiastique la mémoire de tel ou tel Occidental. On aura constaté que le Patriarcat oecuménique de Constantinople n'a pas eu peur, en 2000, de procéder à la canonisation officielle du roi Etienne de Hongrie. Quelle Église locale aura le courage d'inscrire au calendrier les deux papes orthodoxes martyrs de Rome, Jean VIII, assassiné à coups de marteau en 882, et Jean XVI, mutilé dans d'atroces conditions en 998?

Claude LAPORTE

PS - A titre d'exemple, j'ai eu à appliquer les principes énoncés plus haut en écrivant la liste des saints du 2 janvier du calendrier ecclésiastique, dans le "Calendrier des Saints" du forum.

En effet, tant le calendrier des saints orthodoxes du patriarcat de Rome établi par le prêtre André Philips de l'Église russe hors frontières en Angleterre que le calendrier 2004 de la "Fraternité orthodoxe en Europe occidentale" font figurer à cette date "saint" Adélard, abbé de Corbie en Picardie (Corbie qui devient étrangement "Corveg" sur le calendrier de la "Fraternité orthodoxe en Europe occidentale").

Or, à propos de ce petit-fils de Charles Martel, mort en 826 (en 827 selon la "Fraternité orthodoxe en Europe occidentale"), il suffit de se reporter au tome Ier des Petits Bollandistes, par Mgr Paul Guérin, camérier de Léon XIII (édition des Editions Saint-Rémi, Cadillac 2001, qui reproduit le texte de la 7ème édition de 1874) pour lire, page 85, ce qui suit: "Adélard fut député par Charlemagne et le concile d'Aix-la-Chapelle, 809, auquel il avait assisté, vers le pape Léon III, pour faire approuver par le Saint-Siège l'addition, au Symbole, de ces deux mots, filioque, destinés à exprimer plus clairement (sic! - NdL) que le Saint-Esprit procède à la fois du Père, et du Fils, comme d'un seul principe."

On voit par conséquent qu'Adélard de Corbie non seulement fut filioquiste, mais qu'en plus il fut parmi ceux qui tentèrent de faire tomber le patriarcat de Rome, à ce moment citadelle de l'Orthodoxie en Occident, dans l'hérésie dont l'usurpateur Charlemagne faisait la promotion pour justifier ses prétentions impériales.

Les conséquences de l'attitude qui consiste à recopier les calendriers catholiques romains en s'arrêtant à 1014 ou 1054 et sans lire les vies des saints sont dangereuses: si on suit le calendrier du père Philips ou celui de la "Fraternité orthodoxe en Europe occidentale", on aboutit ainsi à faire la promotion dans l'Orthodoxie du culte d'un personnage qui figura parmi les premiers responsables de la tragique séparation de l'Occident d'avec l'Orthodoxie.


Lecteur Claude Laporte



----------------------------------------

NB : en Belgique, un travail de longue haleine a été accompli sur certains saints locaux. C'est ainsi que sainte Godelieve, qui selon les critères ci-dessus "passerait à la trappe", est vénérée dans l'Horologion Orthodoxe officiel de Belgique. Et bien d'autres encore. C'est aussi un travail essentiel que chaque Église locale est censée accomplir, si son évêque est conscient de sa mission sur terre.

Lecteur Jean-Michel.

15 février 2015

Qui peut entrer au Ciel? Seuls les grands ascètes? (p. Arsenie Papacioc)

Quelqu'un frappa un jour à la porte de Jésus, et Jésus lui demanda "Qui va là?"

"C'est moi, ton grand ascète!"

"Tu n'es pas prêt. Je ne t'ouvre pas la porte!"

L'ascète fut horrifié : "Je me demande pourquoi?" Et il continuat à frapper à la porte.

"Qui va là?" demanda le Seigneur.

"C'est Toi!"

"Si tu es Moi, alors entre!" - c'est à dire que Dieu rassemble avec ceux qui sont dieux par grâce.

Dès lors il n'est pas permis de frapper à la porte du Christ en étant couvert de souillures, car même le moindre petit péché est tout sauf petit! Il ne faudrait cependant pas croire que la lutte, c'est de devenir parfait seulement en ne commettant plus aucun péché. C'est un peu présomptueux, et ce n'est pas le chemin de l'humilité. Vous devez croire que la grâce de Dieu vous aide, et que si vous êtes quelque chose, ce n'est que par la grâce de Dieu. C'est ainsi que je comprend les paroles de saint Silouane, que le Sauveur lui avait susurrées : "garde ton esprit en enfer, et ne désespère pas." Nos actes ne sauraient nous sauver. Dès lors, nous avons toutes les raisons pour persévérer dans la voie d'une humilité continuelle et authentique. Non pas une humilité rationnelle, mais une vraie.
(The Orthodox Word No. 280, 2011 pg. 247)
Bienheureux Ancien Arsenie Papacioc 1914-2011





Someone knocked at Jesus’ door, and Jesus asked, “Who is there?”

“It’s me, Your great ascetic!”

“You’re not ready; I’m not opening the door for you!”

The ascetic was worried: “I wonder why?” And he went again to the door and knocked.

“Who is there?” asked the Lord.

“It is you!”

“If you are Me, enter!” – That is to say, God gathers with those who are gods by grace.

So it is not permitted to knock at Christ’s door with stains, since any little sin is not small! If should not be understood that the struggle is to become perfect only in not committing sins! This is a little brash, and it is not the way of humility. You have to believe that the grace of God is helping you and that if you’re something it’s only by God’s grace. This is how I understood the words of St. Silouan, uttered to him by the Savior: “Keep thy mind in hell and despair not!” Our deeds can’t save us; therefore, we have reason for a continuous and authentic humility; not a rational humility, but a true humility.
Blessed Elder Arsenie Papacioc 1914-2011
(The Orthodox Word No. 280, 2011 pg. 247)