"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

31 octobre 2015

Quand un prophète rentre dans une salle de bal d'halloween... (saint Jean Maximovitch)

La veille du dimanche 19 octobre/2 novembre 1964, où l’Eglise devait, pour la première fois, célébrer solennellement la mémoire de saint Jean de Cronstadt, Monseigneur Jean constata, aux Vêpres, l’absence de beaucoup de paroissiens. En effet, ce dimanche coïncidait avec la fête catholique-romaine de tous les saints [ndt : Toussaint] et une tradition veut que la veille, les forces du mal célèbrent leur propre cérémonie noire, appelée Halloween. Déguisés en diables et en sorciers, les jeunes s’adonnent à des danses et à des réjouissances qui sont une parodie du christianisme. Or un groupe de Russes avaient organisé une telle mascarade. Après l’office vespéral, Monseigneur Jean dit à son fidèle acolyte, Paul Loukianoff : «Maintenant, emmène-moi au bal». Avec son bâton d’évêque à la main, Monseigneur Jean fit irruption dans la pièce et, lentement, foudroyant du regard l’assistance, sans prononcer un mot, il fit le tour de la pièce. La musique avait cessé. Sous le regard de leur maître, les yeux de la conscience s’ouvraient et chacun des danseurs connaissait qu’il était nu spirituellement. Le lendemain, en chaire, Vladika Jean, cet ange de douceur, tonna tel un nouveau Moïse chantant le cantique de pénitence. Saint Tykhon de Zadonsk avait, en son temps, mit fin de même, par sa seule présence, à une célébration païenne.
Vie de notre Père dans les Saints, Jean Maximovitch, Archevêque de Shangaï, Bruxelles et San Francisco (1896-1966). par Presbytera Anna

30 octobre 2015

Avec qui parler de vérité (saint Isaac)

Ne discutez pas de vérité avec quelqu'un qui ne connaît pas la vérité. Mais avec la personne qui est avide de connaître la vérité, ne l'en privez pas.
Saint Isaac le Syrien

29 octobre 2015

L'humilité (metr. Antoine Bloom)

Le mot "humilité" vient du mot latin "humus", qui signifie terre fertile. L'humilité, c'est la situation de la terre. Cette terre est toujours là, on la considère comme toujours acquise, on s'en souvient toujours, tout le monde lui marche dessus, c'est quelque part où on peut jeter et enfuir tout ce que nous refusons, tout ce dont nous n'avons pas besoin. Elle est là, silencieuse, acceptant tout, et transformant de manière miraculeuse tout ce qui a été rejeté pour en faire de nouvelles richesses, malgré la pourriture, transformant cette pourriture elle-même en une puissance de vie et une nouvelle possibilité de créativité, ouverte à la lumière du soleil, ouverte à la pluie, prête à recevoir n'importe quelle graine que nous y semons, et capable de produire 30, 60 ou 100 fois plus de toute semence.
Métropolite Antoine Bloom

28 octobre 2015

Bible et hérésie

Hérésie : cet instant particulier lorsque vous vous imaginez avoir une plus grande capacité spirituelle que les Apôtres, les Disciples, les Pères Apostoliques et l'Église Orthodoxe, rien que parce que vous possédez une Bible .. qu'ils vous ont léguée..

27 octobre 2015

Le Christ est Parole de Dieu, pas la Bible (C.S. Lewis)

C'est le Christ Lui-même et pas la Bible, qui est la véritable Parole de Dieu. La Bible, lorsqu'elle est lue avec un esprit droit et sous la guidance de bons enseignants, nous mènera à Lui. Nous ne devons pas utiliser la Bible comme une sorte d'encyclopédie dont on peut utiliser les textes comme si c'était des armes.

C. S. Lewis

26 octobre 2015

Une Église de "parfaits" serait-elle vivable?


Une Église remplie de parfaits est-elle souhaitable? Je ne le crois pas. D'autant que j'y aurais jamais ma place. L'Église n'est pas un lieu où les gens parfaits se bercent dans l'émerveillement de la contemplation de leur propre perfection. Elle est un lieu où se rassemblent les meurtris de la vie. Ceux qui malgré les incessantes chutes dans le péché, persistent à revêtir l'armure de la Foi, et reviennent au combat en se joignant aux anges et aux saints pour élever leurs voix vers Dieu. Et ce faisant, livrant bataille à l'adversaire de l'humanité.
Car de même qu'à l'hôpital, les malades doivent coopérer avec ceux qui les soignent corporellement, dans l'Église nous devons coopérer avec le Médecin, et ne pas simplement assister passivement aux soins. Il faut se battre.
L'Église est la ligne de front dans la bataille spirituelle entre le bien et le mal. Il est bon de se trouver au milieu de ceux qui combattent activement le mal qui les assaille. Chers frères blessés qui cependant luttez, vous êtes le plus grand trésor de l'Église. Nous adorons Celui Qui nous a donné ce qui est le plus important pour être victorieux - la Foi.

My 3ct worth opinion!

25 octobre 2015

Comment garder les jeunes dans l'Église? (p. Tryphon / Eorhf)


Dans l'Église de Dieu, les âmes simples, fidèles et douces sont comme des enfants dans la maison du Père céleste. Ici, ils sont libres et tout à fait à l'aise.
Saint Jean de Cronstadt



La future génération - comment garder notre jeunesse à l'Église?

Nous vivons en une époque qui a connu des changements massifs à un niveau jamais vu auparavant. La manière dont nous communiquons a changé avec l'arrivée du réseau internet, avec de l'information disponible qui aurait auparavant nécessité une bibliothèque et un niveau de connaissance élevé pour y accéder. Les idées et l'information sont partout disponibles, plaçant nos jeunes devant des choix qui n'existaient pas jusqu'à la génération précédente.

Les normes morales ont changé, avec des valeurs et des styles de vie qui n'auraient jamais été considérés comme acceptables dans le passé, et qui deviennent à présent majoritaires. Les unions homosexuelles, le taux de divorces élevé, les enfants élevés par des parents non-mariés, et de la musique profane qui semble venir du monde ténébreux (qui l'inspire, j'en suis sûr). Les abus sexuels sur enfants atteignent des niveaux effarants, avec du clergé, des dirigeants de mouvements de jeunesse, des entraîneurs sportifs et des policiers qui en sont reconnus coupables. Avec la crise environementale qui s'aggrave, les désordres politiques qui se répandent, l'espoir disparaît. Notre monde est polarisé d'une manière qui bouleverse l'esprit, et l'économie s'effondrant, a anéanti les espoirs et les attentes d'une génération entière.

Avec tout ce qui a changé dans notre monde, est-ce vraiment étonnant que les jeunes abandonnent massivement la foi Chrétienne? La jeunesse remettant en question l'autorité, il ne suffit pas d'attendre d'eux qu'ils acceptent sans plus l'autorité des évêques, prêtres, et traditions et enseignements de l'Église. Il est nécessaire de changer la manière dont nous les anciennes générations nous communiquons avec notre jeunesse.

A l'époque de l'information, nous devons démontrer à notre jeunesse la différence entre l'information et la sagesse. Car la sagesse, c'est ce qui est transmis depuis les temps anciens, et qui apporte substance et qui éclaire. La sagesse, ce n'est pas de l'information, et elle n'est pas en compétition avec la connaissance mondaine. La sagesse n'a pas besoin d'être en conflit avec la science, ni être rattachée à une forme de pensée réductrice. La sagesse c'est ce qui non seulement nous relie au meilleur de la connaissance et expérience humaine, mais qui nous relie à ce qui est éternel. La sagesse nous donne la possibilité à nous relier à notre Créateur, à notre culture et aux autres. L'urgence de communiquer ce message est grande, car nous avons une génération entière qui est en danger de perdre la foi en Dieu.

Il ne suffit pas d'attendre de nos jeunes qu'ils assistent aux Offices, si nous ne les écoutons pas, ne les respectons pas, et n'essayons pas de comprendre le monde auquel ils sont confrontés. Ils grandissent dans un monde qui est différent de celui que les gens de ma génération ont connu, et cette différence importante doit être reconnue et acceptée. Nous ne pouvons pas nous contenter d'enseigner la vérité à nos jeunes, nous devons la vivre d'une manière qui la leur rend réelle. Nous devons être patients avec eux, être ouverts à leurs luttes, et ne pas entrer en confrontation lorsqu'ils sont en désaccord avec nous, ou nous les perdrons pour toujours pour le Christ.

Les jeunes de cette génération ont les mêmes espoirs et rêves que ceux des générations passées, mais ce monde en mutation rapide les prive d'espoir. Le nihilisme est devenu la religion d'innombrables jeunes, avec pour résultante que la vie a perdu tout sens. L'age de l'information a chassé Dieu hors des références sociétale, culturelle et gouvernementale, avec une incroyance massive pour résultante.

Nous qui appartenons à des générations plus anciennes, nous devons témoigner de la richesse qui se trouve dans l'ancienne connaissance et sagesse de l'Église en démontrant son importance et sa valeur par la manière dont nous vivons. Si les jeunes ne voyent pas une authentique vie venant de la Foi qui nous habite, ils continueront à chercher la vérité dans des directions qui les en éloigneront. Les jeunes méritent notre amour et notre respect, et méritent de partager avec nous la vie en Christ qui est aussi leur héritage. L'Église ne va pas attirer nos jeunes à moins que ses membres démontrent une sainteté de vie et échangent avec amour, patience et compréhension, offrant quelque chose que les jeunes d'aujourd'hui peuvent apprécier comme authentique.

En conclusion, les jeunes d'aujourd'hui ont besoin de voir la joie dans le coeur de ceux d'entre nous qui ont choisi le Christ. Si nous n'avons pas la joie dans nos coeurs, les jeunes n'y verront rien d'attirant pour eux, et ils continueront de s'égarer dans sur les terres désolées du consumérisme, du matérialisme, du nihilisme, et tout espoir pour l'avenir de notre planète sera mort.

Dans l'amour du Christ,
Higoumène Tryphon