"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

05 février 2016

Saint Bertulf, abbé (Bertulphe, + vers 705)


étonnant : une église catholique-romaine lui est dédiée à Rochefort dans le Gard!

Il porte plusieurs noms selon les patois locaux : Bertulf (germanique), Bertou, Bardoux, Bertulphe, Bertulfe, Bertoul, Bertulphus.

L'Histoire ne nous a pas conservé grand chose de la Vie de ce saint de nos terres belges. On le trouve cependant mentionné dans les chapitres aditionnels chez Usuard et certaines éditions du Martyrologe de saint Bède, ce qui garantit son existence et sa glorification par la sainte Église.
Des textes tardifs disent ceci : Saint Bertulf serait né en Germanie, 7ème siècle, de parents païens, à l'époque où Sigebert était roi d'Austrasie. Jeune homme, il serait parti pour Théouranne, encore siège épiscopal des Flandres côtières à l'époque, et y aurait fait profession monastique auprès de saint Omer. Un riche appelé Wambert aurait fait don d'une propriété à Renti, dans l'Artois, et Bertulf y aurait fondé une communauté monastique.
"Sous l'abbé Bertulphe, un moine nommé Baudachaire, avait reçu l'ordre de garder la vigne au temps de la vendange pour empêcher oiseaux et bêtes d'y pénétrer et de faire des dégâts. Surviennent 30 frères, venus pour enclore la vigne. Plein de charité, il les prie de se reposer de leur travail fatigant en prenant de la nourriture. Tout ce qu'il avait, c'était un peu de pain qu'il avait apporté pour lui-même. L'abbé voulu l'en empêcher puisqu'il ne pouvait se procurer du pain. "Abondantes sont mes provisions, dit-il; il y en a assez pour rassasier tout le monde et bien davantage." L'abbé lui demandant où elles étaient, il répondit que le Seigneur lui avait donné un volatile, celui que, d'après le verbe "nager", on appelle couramment un canard. L'abbé lui dit : "Eh bien, fais comme tu veux, donne à manger aux frères." Il se met à l'œuvre et divise l'animal en 30 parts. Tous furent rassasiés, comme ils ne s'étaient peut-être jamais remplis de nourriture, disaient-ils. Ce qui manquait aux provisions, la foi l'ajouta."
Après son décès, son corps est resté à Renti jusqu'au 10ème siècle, puis les invasions des Normands ravageant tout, il fut transféré à Boulogne. De là, ses saintes reliques furent transférées à Harelbeke, près de Kortrijk, et ensuite à Blandinberg, future abbaye Saint-Pierre de Gand / Gent. Les Calvinistes les brûlèrent en 1516. Le chroniqueur de l'époque nota cependant qu'ils "n'eurent garde de laisser perdre les châsses qui étaient d'or et d'argent..."

Tropaire d'un moine.

Sa générosité proverbiale a eu des prolongations au fil des siècles : on représente saint Bertulf avec une bourse à la ceinture, occupé à faire l'aumône, et tous les ans, le jour de sa fête, on distribue mille pains aux pauvres dans l'église de Saint-Vaast de Renti.
Propre d'Arras, Légendaire de la Morinie, Baring-Gould, Saints de Belgique (s-diacre Jean Hamblenne, 1ère édition)



Plan d'Harelbeke par Jacob van Deventer, en 1560, et plan de l'église carolingienne sous l'actuelle église locale.

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