"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

10 février 2016

Saint Caedmon, père de la poésie anglo-saxonne (+ 670)


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Mort en 670. Saint Bede (25 mai) rapporta la vie de Caedmon, le vacher de l'abbaye de Whitby, qui bien que grossier et non-instruit, par la puissance de Dieu, dans ses dernières années, se mit à la chanson et deviendra le père de la poésie anglaise. Certains disent qu'il était très vieux lorsqu'il découvrit son don. La légende veut que durant des années, à cause de sa timidité, il était honteux de son incapacité de prendre son tour de chant dans les occasions festives, qu'il se dérobait et allait se cacher. "Dès lors, étant parfois à des fêtes, lorsque tous étaient d'accord pour l'amour du chant de chanter à tour de rôle, à peine voyait-il la harpe l'approcher qu'il se levait de table et rentrait chez lui."

Une nuit, cependant, alors qu'il avait quitté la fête et trouvé refuge dans l'étable, il entendit une voix lui dire : 'Chante, Caedmon. Chante Moi une chanson.' Caedmon bégaia : 'Je ne sais pas chanter.' 'Mais tu chanteras,' répliqua la voix. 'Que vais-je chanter?' demanda Caedmon, surpris. La voix répondit : 'Chante le début des choses créées.' Et à ce moment-là, Caedmon, tentant de chanter, s'aperçut que sa langue hésitante avait été libérée.

Au matin il se rappella des mots de sa chanson et, y ajoutant des versets, il se présenta à l'abbesse Hilda (17 novembre), à qui il raconta son étrange histoire. Il lui chanta la chanson qu'il avait chantée durant la nuit, et elle et tous ceux qui l'entendirent furent émerveillés, et reconnurent "que la grâce céleste lui avait été conférée par le Seigneur."

Il devint frère convers, et, toujours à la grande abbaye de Whitby, ses compagnons moines lui enseignèrent les vérités de la Bible; et lui les transforma en poésie "si douce à entendre que ses maîtres devinrent ses auditeurs."
"Il chantait", dit Bède, "la Création du monde, les origines de l'homme, et l'histoire d'Israël, l'Incarnation, la Passion et la Résurrection du Christ, et l'enseignement des Apôtres." Ce premier Anglo-Saxon auteur de poésie religieuse paraphrasa ainsi toute l'Ecriture Sainte, et bien que "d'autres après lui s'efforcèrent de composer des poèmes religieux, personne ne parvint à l'égaler, car il n'avait pas appris la poésie grâce à des hommes mais par Dieu."

Il serait mort en état de sainteté et de parfaite charité envers tous, ayant montré qu'il savait que sa vie était arrivée à son terme, bien qu'il ne fut pas gravement malade. Il demanda à être emmené à l'infirmerie et à recevoir la sainte Communion. Avec l'Époux en sa main, il regarda autour de lui et demanda si quelqu'un avait quelque grief contre lui. La réponse étant que nul n'en avait, il dit alors "Moi aussi j'ai l'esprit en paix avec tous les serviteurs de Dieu," il consomma la Communion, se signa de la Croix, se coucha et s'endormit, ne se relevant plus en ce monde.

La poésie de Caedmon est un exemple remarquable de la puissance de la Bible à stimuler l'imagination et à réveiller le génie naturel. C'est ainsi que Caedmon apporta au petit peuple l'énergie et le réalisme des Écritures, qui, entrant profondément dans la vie de la nation, n'a jamais cessé au cours des siècles de ravigorer et d'inspirer la culture du monde anglophone. Bien que seules 9 lignes d'une de ses hymnes, "Rêve du Crucifix," qui aurait été composée en songe, aient survécu, il est appelé 'Père de la poésie sacrée anglaise'. Sa fête est toujours célébrée à Whitby.


Nu we sculon herigean     heofonrices weard,
meotodes meahte     ond his modgeþanc,
weorc wuldorfæder,     swa he wundra gehwæs,   
ece drihten,     or onstealde.
He ærest sceop      eorðan bearnum
heofon to hrofe,     halig scyppend;
þa middangeard     moncynnes weard
ece drihten,     æfter teode
firum foldan,     frea ælmihtig.


A présent il nous faut louer le Gardien des Cieux,
la puissance du Seigneur et Sa providence,
l'oeuvre du Glorieux Père; car Lui,
Dieu Éternel, a fait toutes merveilles,
Lui, le Saint Créateur, a d'abord façonné
le Ciel comme toit pour les fils des hommes.
Ensuite le Gardien de l'Humanité a orné
cette basse terre, le monde des hommes,
Lui l'Éternel Seigneur, le Roi Tout-puissant.




Paraphrase latine de l'hymne de saint Caedmon, par saint Bede le Vénérable:
Nunc laudare debemus     auctorem regni caelestis
potentiam Creatoris,     et consilium illius
facta Patris gloriae:     quomodo ille,
cum sit aeternus Deus     omnium miraculorum auctor exstitit;
qui primo     filiis hominum
caelum pro culmine tecti
dehinc terram     custos humani generis
omnipotens     creavit.

source : BEDE'S STORY OF CAEDMON,  text and facing translation





Versets religieux saxons. Au 19ième siècle, les morceaux épars de la Croix Ruthwell furent déterrés et réassemblés. La croix, qui fait près de 6m de haut, comportait, en plus de magnifiques images, une longue inscription en latin et en runes (lettres runniques), connue sous le nom de Rêve du Saint Crucifix. La tête de la croix porte les mots, "Caedmon m'a fait(e)", qui est similaire au "Caedmon a fait cette chanson", qui se trouve dans les plus anciens manuscrits. Il appert que les plus célèbres des poèmes anglo-saxons ont été composés par saint Caedmon.



http://www.dumfriesmuseum.demon.co.uk/ruthwellcross.html
http://www.gettysburg.edu/academics/english/britain/anglo-saxon/RUTHWELL/ruthwell.html

"Rood and Ruthwell:
"Le Poème et la Croix"
http://www.flsouthern.edu/eng/abruce/rood/home.htm

"The Dream of the Rood" (le rêve du crucifix)
Une traduction versifiée en anglais, par Douglas B. Killings:
http://www.georgetown.edu/cball/oe/rood-trans.html

"The Dream of the Rood", en Anglo-Saxon:
http://www.georgetown.edu/labyrinth/library/oe/texts/a2.5.html

HILDA ET CAEDMON: 'THE DREAM OF THE ROOD'
LE PLUS ANCIEN POEME ANGLAIS :
http://www.umilta.net/hilda.html

Poésie attribuée à saint Caedmon:
http://sunsite.berkeley.edu/OMACL/Junius/

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