"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

07 juillet 2016

Les parents des saints sont aussi à apprécier (saint Ambroise)

La divine Écriture nous invite à célébrer non seulement la vie, mais aussi les parents de ceux qui sont dignes d’éloge. Ainsi sera mis en lumière l’héritage de pureté sans défaut reçu par ceux que nous voulons louer. Quelle intention poursuit ici le saint évangéliste, sinon exalter Jean le Baptiste par l’éloge de ses parents, des prodiges de sa vie, de sa conduite, de son ministère, de sa passion? De la même manière, on célèbre Anne, la mère du saint homme Samuel; Isaac aussi reçoit de ses parents le renom de piété qu’il laisse, tel un héritage, à ses fils. Zacharie est donc prêtre, mais, de plus, il appartient au groupe d’Abia, ce qui le distingue encore parmi les familles les plus nobles.

"Et il avait épousé une descendante d’Aaron."
Ainsi, au-delà des parents, c’est aux aïeux même que remonte la noblesse de saint Jean. Et celle-ci ne tire pas son éclat de la puissance séculière mais de la longue succession d’une dignité religieuse. Il fallait, en vérité, de tels ancêtres au précurseur du Christ. Ainsi pouvait-il proclamer sa foi en la venue du Seigneur, non pas comme un élan né soudain dans son cœur, mais comme une force reçue de ses aïeux, répandue en lui par les lois mêmes de la vie naturelle. "Tous deux," poursuit l’Évangéliste, "étaient justes devant Dieu, ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur d’une manière irréprochable." Que diront ici ceux qui, voulant se blanchir, affirment que l’homme ne peut vivre sans pécher fréquemment? Ils invoquent ce verset du livre de Job: "Personne n’est exempt de souillure, pas même s’il n’a qu’un jour de vie sur la terre" (Job 14, 4 selon LXX).

Il faut leur dire qu’ils précisent tout d’abord ce qui signifie: "être sans péché." Est-ce n’avoir jamais commis de péché, ou avoir cessé d’en commettre? Si, pour eux, être sans péché, c’est n’avoir jamais commis de péché, je partage leur avis, car "tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu" (Rom 3, 23). Mais s’ils vont me prétendre: "Un pécheur, revenu de ses égarements, veut-il mener désormais une vie d’où le péché soit absent, jamais il ne pourra éviter toute faute", non, je ne puis être d’accord avec eux. Nous lisons, en effet: "Le Seigneur a aimé l’Église, Il voulait Se la présenter à Lui-même toute resplendissante, sans tache ni ride ni rien de tel, mais sainte et immaculée" (Eph 5, 25).
Homélie de saint Ambroise, évêque de Milan, sur St. Luc 1, 15-17; Vigile de saint Jean le Baptiste.





Holy Scripture teaches us to praise not only those who are worthy of honour, but their parents as well; in order, as it were, that the inheritance of spotless purity which is passed on to those whom we desire to praise might shine the brighter. For what other intention had the holy Evangelist in this place but to make St. John the Baptist noble in his parentage as well as in his miracles, way of life, office, and passion? So, likewise, is Hannah the mother of Samuel praised; so did Isaac receive from his parents that nobility of godliness which he bequeathed to his descendants. Therefore Zacharias the priest was not only a Priest, but was of the course of Abia, that is, noble even among noble families.

And his wife, says the Evangelist, was of the daughters of Aaron. Therefore the nobility. of St. John was derived, not only from his parents, but from his ancestors as well, who were not distinguished as regards worldly power, but who were venerable in their religious succession. For it behoved the Forerunner of Christ to have such ancestors; that it might be seen that his preaching the faith of the Lord's coming was not sudden conception, but had been received and infused into him by the law of nature. And, says the Evangelist, They were both righteous before God, walking in all the commandments and ordinances of the Lord blameless. What do they make of this, who, to console themselves for their own sins, consider it impossible for man to be without frequent sin, and who make use of that sentence in the Book of Job: Not one is clean, even though his life on earth be but one day?

We must answer them first What do they mean by a man without sin: whether they mean one who has never sinned at all, or one who has ceased to sin. For if they consider that to be without sin is never to have sinned at all, then I agree with them. For all have sinned, and come short of the glory of God. But if they deny that a man can avoid wrong-doing who has corrected his former fault and transformed the quality of his life in such a way that he can refrain from sin; I cannot agree with their opinion, since we read: Christ so loved the church, that he might present it to himself a glorious church, not having spot, or wrinkle, or any such thing: but that it should be holy and without blemish.
Vigil of St. John the Baptist, Homily by St. Ambrose, Bishop

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