"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

09 janvier 2016

Nous n'avons pas un corps pour ici bas et un pour le Ciel! (Origène)

En ce qui concerne notre nature corporelle, nous devons comprendre qu'il n'y a pas un seul corps que nous utilisons maintenant dans la bassesse et la corruption et de la faiblesse, et un autre qui serait à utiliser après cette vie-ci, dans l'incorruptibilité et la puissance et la gloire, mais que ce même corps, avoir rejeté la faiblesse de son existence actuelle, sera transformé en quelque chose de glorieux et rendu spirituel.
Origère d'Alexandrie, Premiers Principes







In regard to our bodily nature we must understand that there is not one body which we now use in lowliness and corruption and weakness and a different one which we are to use hereafter in incorruption an power and glory, but that this same body, having cast off the weakness of its present existence, will be transformed into a thing of glory and made spiritual.
Origen of Alexandria, First Principles

08 janvier 2016

L'amour, c'est renoncer à soi-même (p. Boulgakov)

L'amour, c'est à la fois le renoncement à soi-même et la communion, comme la vie en l'autre; l'amour, c'est l'unité des deux en une seule vie.
Archiprêtre Serge Bulgakov

p. John







"Love is both self-renunciation and communion, as life in another; love is the unity of two in one life." - Archpriest Sergius Bulgakov
 

Fr. John

07 janvier 2016

Avoir la télévision devant soi, et Dieu.. on lui tourne le dos (staretz Teofil Paraian)

Un jour, je demandais à quelqu'un ce qu'il faisait au moment où il aurait dû être à l'église, et il me répondit "Je regarde la télévision." Alors je lui ai dit "Fais attention, car cela signifie que tu as ta télévision devant toi, et tu as tourné le dos à Dieu.. Je sais que les gens sont tous très différents. Mais je sais aussi que sans aller là où le don et la grâce de Dieu sont, vous ne pouvez pas recevoir la grâce divine. Dès lors, allez-y, tel que vous êtes, peu importe l'état pitoyable de vos pensées, peu importe votre contamination. Allez-y! Parce que ce n'est qu'en agissant de la sorte que viendra un moment où votre esprit sera purifié, et vous ne souffrirez plus des mauvaises pensées que vous avez à présent."
Ancien Teofil Paraian, père spirituel roumain du 21ème siècle





When I asked someone what he does at the time he should be in church, he replied: "I watch television." And I told him: "Be careful, because this means that you have your television before you, and you have turned your back on God...I know that people are very different. But I also know that without going there where God's gift and grace is, you cannot receive God's grace. Hence: Go as you are, no matter how corrupt your thoughts are, no matter how contaminated. Go! Because only by doing this can the time come when your mind will be cleansed and you will not have the dirty thoughts you have now."
Elder Teofil Paraian, 21st Century Romanian staretz

06 janvier 2016

Gaudete! Gaudeté! Réjouissez-vous! (Joyeux Noël en "ancien calendrier")

video

Gaudete! Gaudete! Introït de Liturgie de la Nativité. Composition du haut Moyen-Age, repris en polyphonie au début du 16ème siècle (interprétation du film)
enluminures du clip : Psautier de Saint-Bertin (Flandres)

R/ Gaudete, gaudete! Christus est natus
Ex Maria virgine, gaudete!


R/ Réjouissez-vous, réjouissez-vous! Le Christ est né
de la Vierge Marie, réjouissez-vous!

Tempus adest gratiæ
Hoc quod optabamus,
Carmina lætitiæ
Devote reddamus.

Le temps de la Grâce est arrivé,
Celui que nous avons espéré,
Par des chants de joie
Répondons fidèlement.

Deus homo factus est
Natura mirante,
Mundus renovatus est
A Christo regnante.

Dieu S'est fait homme,
La Nature s'émerveillant,
Le monde a été renouvellé
Par le Christ Qui règne.

Ezechielis porta
Clausa pertransitur,
Unde lux est orta
Salus invenitur.

La porte fermée d'Ezéchiel
Est franchie,
D'où s'est levée la lumière,
Le Salut est trouvé.

Ergo nostra contio
Psallat iam in lustro;
Benedicat Domino:
Salus Regi nostro.

Dès lors que notre assemblée
Chante à présent radieusement
Qu'elle loue le Seigneur :
Saluons notre Roi
.





Pourquoi deux serpents en haut de la crosse épiscopale? (p. John)

Q: Pourquoi y-a-t'il deux serpents en haut de la crosse de l'évêque?

R: La crosse que porte l'évêque est là pour rappeler qu'en temps qu'évêque ou "superviseur" [epi-skopos, ndt], il a été appelé par Dieu pour être un berger de la Sainte Église du Christ. Dès lors, ce baton de berger est généralement orné de la Croix du Christ au somet, et de 2 serpents sur les côtés. Cela peut sembler déconcertant de prime abord, mais son symbolisme est purement basé sur l'Écriture. Le motif rappelle le serpent d'airain que Moïse éleva dans le désert (Nombres 21). Lorsque les Israélites étaient mordus par les serpents venimeux (qui évoquent le péché et la sagesse terrestre / démoniaque), le serpent qui était élevé est devenu l'archétype de la Croix elle-même : l'instrument qui triompherait du pouvoir vénéneux et mortel du péché. Dès lors, ces serpents sur la crosse rappellent ce récit et les paroles du Seigneur "De même que Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi le Fils de l'Homme doit être élevé" (Jn 3,14).
Une autre manière de voir, c'est non pas de les considérer comme la fausse sagesse (Jacques 3,15) mais comme la vraie et sainte sagesse, comme enseignait notre Seigneur : "Voyez, Je vous envoie comme des moutons au milieu des loups; soyez prudents comme la couleuvre, et innocent comme la colombe" (Mt 10,16).

P. John





Q: Why does the Bishop’s staff have two serpents around the top?

A: The episcopal staff carried by the bishop is a reminder that he, as bishop or “overseer,” has been called upon by God to be a shepherd to Christ’s Holy Church. Therefore, this [shepherd’s] staff is generally embellished with the Cross of Christ on top and two snakes on either side. At first this this may seem disconcerting, but its symbolism is based purely on scripture. The motif is reminiscent of the brass serpent erected by Moses in the desert (Numbers 21). When the Israelites were bitten by poisonous snakes (being the sign of sin and earthly/demonic wisdom) the brass serpent that was lifted up became an archetype of the Cross itself: the instrument that would triumph over the poisonous and lethal power of sin. Hence, the snakes on the staff recall this story and the words of the Lord: “As Moses lifted up the serpent in the wilderness, even so must the Son of man be lifted up” (John 3:14).

Another way to consider these snakes it to see them not as symbols of false wisdom (James 3:15) but of true and holy wisdom, as in our Lord’s teaching: “Behold, I send you out as sheep in the midst of wolves; so be wise as serpents and innocent as doves” (Matt. 10:16).

Fr. John

05 janvier 2016

Nous rendrons tous compte à Dieu pour nos propres manquements (saint Jean de Cronstadt)

Ne vous irritez pas avec ceux qui péchent ou ceux qui offensent. Ne vous irritez pas à remarquer tout péché de votre prochain, puis à le juger, comme nous avons l'habitude de le faire. Chacun aura à rendre compte à Dieu de ses propres péchés. Tout un chacun a une conscience. Tout le monde a entendu la Parole de Dieu, et dès lors chacun connaît la Volonté de Dieu, que ça soit via les livres ou par des conversations avec d'autres personnes. En particulier, ne regarde pas méchament les péchés de tes anciens, qui ne te concernent pas : "Qu’il tienne bon ou qu’il tombe, cela regarde son propre maître" (Rm 14,4). Corrige tes propres péchés, amende ta propre vie.
Saint Jean de Cronstadt

04 janvier 2016

Tout Chrétien Orthodoxe se doit d'être missionnaire! (p. Rasputin)



Prêcher, ça ne doit pas toujours être sous forme verbale. Accomplir des actions miséricordieuses et des bonnes oeuvres, c'est aussi prêcher. Je pense que tout Chrétien Orthodoxe doit être missionnaire. Nous avons tous des familles, mais tous nos proches ne sont pas croyants. Qui va faire découvrir le Christ aux gens qui nous entourent, au travail et à l'école? Qui sera un témoin vivant parmi eux?
Prêtre Stanislav Rasputin


Photo: Agia Anna Skete
Photo source: Prodromos Koukos (flickr)





"Preaching doesn’t always have to be in the form of words. Performing merciful deeds and actions is also preaching. I think that every Orthodox Christian must be a missionary. We all have families, but not all of our relatives are believers. Who will reveal Christ to people around us at work or school? Who will be a living witness to them?"
Fr. Stanislav Rasputin, 21st Century convert, via orthodoxoutreach.net

03 janvier 2016

Sainte Geneviève, nouveau Synaxaire


SYNAXAIRE EN LA FÊTE DE SAINTE GENEVIÈVE DE PARIS
Ste GENEVIÈVE, ou GENOVEFFA (german., de "geno", race et "wifa",dame - égalt. Guenièvre, fam. Ginette ) : Née à Nanterre de parents nobles, Sévère et Gerontia, remarquée et bénie par saint Germain d’Auxerre lors de son premier voyage en Britannia en 429 alors qu’elle avait environ 7 ans, vierge consacrée vers 440 ou 442, elle se rend alors à Paris chez sa marraine dont nous ignorons tout. Les recherches les plus récentes ont montré que sa famille, en partie d’origine franque, étroitement apparentée au préfet militaire des Gaules, était redevable des responsabilités curiales à Paris. Fille unique et donc seule héritière de ces responsabilités à la mort de ses parents, son installation à Lutèce même et non dans les domaines familiaux de Nanterre et de Meaux s’explique par le fait qu’elle devait de par la loi romaine prendre une part active à la gestion de la cité. Sa fonction était l’équivalent de celle d’un maire actuel, mais obligatoirement héréditaire depuis le IIIe siècle. C’était une situation exceptionnelle : obligée d’une part de veiller sur les biens familiaux et d’administrer une capitale provinciale, elle était en même temps moniale et tendue vers une vie d’ascèse et de prière. On comprend ainsi la réserve et même la grogne méfiante des habitants à son égard, la nécessité de la protection visible de l’évêque métropolitain d’Auxerre dont Paris dépendait canoniquement par Sens, saint Germain puis son successeur. Une jeune moniale de 20 ans à la tête d’une cité en déclin mais dont Julien l’Apostat avait fait autrefois une capitale impériale, cela ne pouvait que faire jaser. Et la plus riche héritière du pays choisissant la virginité consacrée, c’était bien du dépit pour des hommes cupides. On comprend aussi pourquoi son injonction aux Parisiens de ne pas quitter la ville au moment où la rumeur publique s’affolait de l’avancée d’Attila en 451 fut mal vécue par les familles riches : ce n’était pas simplement le conseil spirituel d’une ermite locale mais les ordres de la plus haute autorité civile du lieu. Si les prières des femmes qu’elle avait réunies dans le baptistère n’ont pas bouleversé les plans de conquête d’Attila, elles ont sans nul doute fortement contribué à protéger la ville des bandes errantes qui, à l’époque, sévissaient au pourtour des armées régulières, surtout en contexte mongol encore tribal et empêché les hommes, malgré leur panique, de se jeter dans les périls en croyant les fuir.
Elle parvint à convaincre le clergé local de construire une basilique sur le tombeau des saints martyrs Denys, Rustique et Eleuthère, apôtres de la cité et trouva miraculeusement les ressources nécessaires au chantier malgré les difficultés dues au contexte de guerre civile et d’effondrement des structures impériales. Plus tard, lors d’une famine due à la rupture des communications commerciales entre Paris et le reste du monde, elle organisa une expédition fluviale à Arcis sur Aube, dont elle prit elle-même la tête et parvint ainsi à rétablir le ravitaillement en blé des habitants. Son biographe raconte qu’elle fit à cette occasion payer le pain aux riches tandis qu’elle le distribuait gratuitement aux pauvres.
Sa vie ascétique s’accompagna du don des larmes et d’un don de thaumaturge dont témoigne sa Vie écrite à peine dix-huit ans après sa mort, donc avec les récits de témoins oculaires, selon la méthode imposée à Tours par l’évêque saint Grégoire. Sa réputation de sainteté grandit à Paris même et se répandit jusqu’en orient puisque saint Syméon, le stylite d’Antioche, lui envoya son salut par des marchands de passage. (vers 422-502)
L'abbaye St-Pierre-et-st-Paul créée par Clovis en 508 fut rebaptisée Ste-Geneviève au IXe siècle, de même que la colline contre laquelle elle s'adossait ; on y conservait son tombeau et des reliques déposées dans une châsse transportable. Cette châsse était portée en procession lors de grandes calamités, en particulier le raid viking de 885 et l’épidémie du mal des ardents qui avait fait 14000 morts en 1130. Lors de cette procession, 300 malades transportés dans la cathédrale Notre-Dame furent guéris immédiatement lorsque la châsse y pénétra. Une fête fut instaurée au 26 novembre pour commémorer ce que l’on appelle le Miracle des Ardents. Ces reliques ont été brûlées en place de Grève par les Révolutionnaires en 1793, il ne reste donc d’elle que des fragments d’os envoyés en diverses régions d’Europe. Une châsse est conservée avec quelques reliques récupérées clandestinement ou rassemblées, ainsi que son tombeau vide, dans l'église St-Etienne-du-Mont. L'église St-Denis-de-la-Chapelle occupe l'emplacement d'une chapelle où elle venait entendre la messe. Elle a toujours été considérée comme la protectrice et la patronne de Paris, qu'elle protégea encore de l'invasion allemande en 1914.
Références :

En latin :
Vita sanctae Genovefae, écrite quelques années seulement après sa mort, donc lorsque des témoins oculaires étaient encore vivants, ce qui en fait un des textes hagiographiques les plus fiables de l’époque mérovingienne. Publié dans les Monumenta Germaniae Historica, serie Scriptores rerum merovingicarum (MGH-SRM), 1885-1920. On ne le trouve qu’en bibliothèque de type universitaire.
Historia Francorum de Grégoire de Tours. Il en existe plusieurs traductions accessibles en librairie, dont une assez classique aux Belles-Lettres et une nouvelle version nous a été signalée récemment sur le forum.



Tropaire de sainte Geneviève, ton 1.
Tes larmes abondantes ont arrosé et fécondé le désert des cœurs stériles, tes prières et tes soupirs ont produit du fruit au centuple. Prie pour ta cité, ô sainte Geneviève, et pour ceux qui vénèrent avec amour ta sainte mémoire 

Kondakion de sainte Geneviève, ton 2.
Pour l'amour du Seigneur, ô sainte Geneviève, tu as pris en haine le désir de repos, ayant éclairé ton esprit par le jeûne, car tu as vaincu les bêtes avec force. Mais par tes prières tu as écrasé l'agitation des ennemis.