"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

16 janvier 2016

La puissance de l'humilité et du pardon vainc tout (geron Ephiphanios Theodoropolos)

Quelqu'un estimait que l'Ancien l'avait injustement traité. Il ne voulu pas accepter ses explications ou quoi que ce soit. Alors il partit en colère voir l'Ancien, et le couvrit d'un flot d'accusations et d'imprécations. Pendant ce temps, l'Ancien pelait une pomme, l'écoutant silencieusement, jusqu'au bout. Lorsque le colérique eu achevé sa tirade, l'Ancien lui offrit un morceau de pomme, lui disait "Mon enfant, voudriez-vous un peu de pomme?"

L'autre hurla "Rien de vous, hypocrite!"

La personne se leva brusquement et parti. Alors l'Ancien l'arrêta et lui dit : "Je ne te dirai que ce bref mot. La vie comporte beaucoup de changements. Si un jour tu te retrouvais dans le besoin et pensait que je pourrais t'aider, n'hésite pas à frapper à ma porte, n'aie pas peur que je me souvienne de ces choses que tu m'as dite aujourd'hui. Je les ai déjà toutes oubliées. Va avec la bénédiction de Dieu, mon enfant!"

Comme prévisible, quelques années plus tard, cette même personne frappa à la porte de l'Ancien - elle était devenue une véritable épave de la vie. Non seulement il fut aidé et soutenu, mais écrasé et humble, il devint aussi un habitué de la confession chez l'Ancien.

Vie du geron Ephiphanios Theodoropolos






the power of humility and forgiveness, from the Life of the Greek Elder, Fr. Epiphanios Theodoropolos:

“Someone thought that the Elder had treated him unjustly. He did not want to accept his explanations for anything. So he went to the Elder, full of anger, and showered him with a storm of accusations and curses. As he peeled an apple, the Elder listened to him silently till the end. As soon as the angry one finished cursing, the Elder offered him a piece, telling him, ‘Would you like, my child, a little apple?’

“A second shower of cursing: ‘Not from you, hypocrite!’

“The person got up abruptly to leave. Then the Elder stopped him and told him: ‘I will only tell you one word. Life has many changes. If you ever end up in need and think that I might be able to help you, don’t hesitate to knock on my door, fearing that I will remember these things you told me today. I have already forgotten them. Go with God’s blessing, my child!’

“Sure enough, a few years later, the person knocked on the Elder’s door—a plain shipwreck of life. Not only was he then aided and supported, but, crushed and humble, he also became a frequent visitor of the Elder’s confessional.”


15 janvier 2016

La Trinité, sans laquelle Dieu ne serait pas Amour (Métropolite Hierotheos Vlachos)

Dieu est Trinité, Père, Fils et Saint Esprit. Cela signifie que Dieu est amour. Lorsque nous disons "j'aime", aussitôt surgit la question "qui donc est-ce que vous aimez?" Si l'autre personne n'existe pas, alors l'amour ne saurait exister. Le métropolite d'Ochrid, saint Nicolas, fait remarquer : "Quelqu'un concevrait-il Dieu sans le Fils, cela reviendrait au même que de Le concevoir sans amour. Car tout amour nécessite son objet. Lorsque quelqu'un nous dit "je l'aime", de notre part, automatiquement suit la question "qui aimez vous?" Qui donc Dieu le Père aurait aimé de toute éternité, avant qu'Il n'aie créé l'univers, si il n'avait pas le Fils comme objet de Son amour? Cela signifierait qu'Il ne savait pas ce qu'est l'amour, ni n'était Amour en Son essence, avant qu'Il ne crée l'univers comme objet de Son amour. Cela signifierait alors que Dieu a acquis quelque chose par le biais de Son acte de création qu'Il n'aurait pas eu avant, et dès lors, Il aurait changé. Cependant, ceci n'est pas logique, ça ne veut rien dire. Et en même temps, cela entre en conflit avec la Sainte Écriture, dans laquelle le Ciel rend témoignage qu'en Dieu, il n'y a ni changement "ni ombre de mouvement"
Métropolite Hierotheos (Vlachos) de Nafpaktos, "Entering the Orthodox Church", Page 58






God is Trinity, Father, Son and Holy Spirit. This means that God is love. When we use the verb "I love", it immediately poses the question, "Who do you love?" If the other person does not exist then love cannot exist. The Metropolitan of Ochrid, Nikolai observes: "For someone to conceive of God without the Son, is the same as conceiving of Him, without love. Since all love demands its object. When someone says, "I love" on our part, the question "who do you love?" follows automatically. Who then, would God the Father have loved in eternity, before the creation of the world, if He did not have the Son as an object of His love? It would mean that He did not know how to love, nor was Love in His essence, before He created the world as an object of His love. This would then mean that God acquired something with His act of creation that He did not have before, and thus, He changed. However, this is neither logical, nor does it have any significance. At the same time, it conflicts with Holy Scripture, in which heaven bore witness that in God there is no change nor 'shadow of turning.'
Metropolitan Hierotheos, Entering the Orthodox Church, Page 58

14 janvier 2016

Les effets du repentir réel sur notre prière (p. Alexander Ganaba)

Le mot “le repentir”, traduit du grec, signifie un changement dans le mode de vie. C'est-à-dire que ce qui nous est familier et quotidien, auquel nous nous sommes déjà habitués, nous avons besoin de le changer... Pour nous c'est familier et quotidien pour de juger autrui, familier et quotidien d'être irrité, familier et quotidien d'être spirituellement paresseux, parce que nous ne savons pas comment prier; parvenir à ce que nous entrions réellement dans la prière, c'est quelque chose d'inhabituel, parce que la prière réelle c'est quand le cœur humain, l'esprit humain et l'âme humaine se tournent complètement vers Dieu – et nous voyons, évidemment, que nous n'y parvenons pas.
Archiprêtre Alexander Ganaba, prêtre russe contemporain






The word “repentance,” translated from Greek, means a change in way of life. That is, that which for us is familiar and everyday, that with which we have already gotten used to, we need to change...For us it is familiar and everyday to judge one another, familiar and everyday to get irritated, familiar and everyday to be spiritually slack, because we do not know how to pray; for us to get ourselves really to pray is something unusual, because real prayer is when the human heart, the human mind, and the human soul fully turn to God – and we see, of course, that we do not have this.
Archpriest Alexander Ganaba, 21st Century Russian priest

13 janvier 2016

Lutter face à ce monde déchu (saint Justin Popovic)

Nous devons nous appliquer à un effort ascétique au Nom du Christ, en réponse à l'activité de la culture de mort qui est déployée par les Européens décadents et défigurés, au nom de l'athéisme, de la civilisation ou de l'antéChrist. C'est pour cela que la tâche majeure de notre Église, c'est de susciter de tels ascètes Christophores.
Saint Justin Popovic, "La mission intérieure de notre Église"







We must execute ascetic effort in Christ’s name as a response to the cultural exercising which is performed in the name of the decayed and disfigured European being, in the name of Atheism, Civilization, or the Antichrist. Which is why the major task of our Church is the creation of such Christ-bearing ascetics.
+St Justin Popovic, “The Inward Mission of Our Church"

12 janvier 2016

Les tempêtes dans notre vie - réelles ou figurées (p. John)

Dans le courant de cette Nouvelle Année, nombre de tempêtes apparemment ou réellement terribles vont éclater, que ce soit au sens figuré ou littéral. Cependant, de même qu'après la pluie vient toujours le beau temps, les tempêtes de la vie s'arrêteront aussi et feront place à la joie. Dès lors, nous devons nous souvenir que dans les moments les plus noirs, lorsque nous sommes parfois poussés jusqu'aux limites du désespoir, nous devons nous souvenir que notre Seigneur nous accompagne dans chaque tempête, de même qu'Il l'a fait avec Ses disciples, restant dans le bateau et leur accordant la paix.

P. John





Over the course of this New Year many seemingly terrible and ominous storms will arise, both figuratively and literally. Yet, just as bad weather inevitably turns into good, the storms of life will also subside and give way to joy. Therefore we must remember that during the darkest moments, when you are perhaps even pushed to extremes of despair, know that our Lord rides out every storm with us just as He did with His disciples; staying in the boat and granting them peace.

Fr. John



11 janvier 2016

Les religions sont des échelles humaines vers le Ciel (p. Alexander Men)

"Toutes les religions, ce sont des échelles, que l'homme construit, pour atteindre le ciel, mais le christianisme, c'est une échelle que Dieu fait descendre du ciel sur la terre, et c'est par cette échelle, que le Christ vient chez nous". Père Alexandre MEN

Mon commentaire : le grand théologien grec contemporain Christos Yannaras l'affirmait lui aussi : le Christianisme n'est pas une religion.
 

Par contre ce qu'on a créé à son imitation en Occident, oui, cela correspond bien à la définition du père Alexandre, des "échelles" pour tenter d'atteindre le Ciel.
Reconnaissons que c'est quand même plus confortable de prendre l'échelle que Dieu Lui-même a fait descendre sur terre, on est assuré qu'elle ne s'égarera pas sur un mauvais nuage ;-)

10 janvier 2016

L'Église? Un grand paquet de pécheurs, devant pourtant vivre comme étant présence du Christ (p. Tryphon / Eorhf)



Selon saint Ephrem le Syrien (306-373), "L'Église n'est pas l'assemblée des saints, elle est cette masse de pécheurs qui se repentent, qui bien que pécheurs, se sont tournés vers Dieu et restent orientés vers Lui." En tant que peuple centré sur Dieu, nous sommes des pécheurs engagés à vivre comme étant la présence du Christ dans le monde, et notre sainteté ne saurait être séparée de la sainteté de Dieu à l'oeuvre en ce monde.

Notre péché est une maladie pénétrante ou un échec à atteindre le but d'être vraiment humain. Nous sommes appelés à accomplir notre divine destinée et fonction, étant comme l'image créée de Dieu. Notre péché, donc, n'implique pas simplement la culpabilité de violer les Commandements de Dieu, mais doit être l'impulsion pour devenir quelque chose d'autre que ce que nous sommes dans notre état de déchéance. Parce que chacun d'entre nous a une expérience qui est unique, vaincre nos habitudes coupables personnelles exige toute notre attention et correction.

Le but suprême de ce processus salutaire, c'est de parvenir à la déification, qui est simplement de refléter l'apparence divine. En devenant semblable au Christ dans notre comportement et dans notre pensée, nous coopérons avec Dieu dans ce processus de guérison et sommes rendus à la ressemblance de Dieu.

C'est de ce point de vue que nous reconnaissons notre vocation, c'est d'être le Christ au milieu de ce monde déchu. Car ce monde, tout autant que nous, est appelé à participer au processus de déification, et nous autres, comme nous dit saint Seraphim de Sarov, nous pouvons en amener des milliers autour de nous à être sauvés, en acquérant la paix intérieure. Comme nous acquérons un coeur humble et contrit, nous révélons le Christ au monde et aidons à la transformation de tout le Cosmos en l'image et la ressemblance de notre Dieu  Créateur.

Dans l'amour du Christ,
Higoumène Tryphon