"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 avril 2017

Je crois en l'Église Une... (A.S. Khomiakov 6/12)

V – Écriture et Tradition

L'Esprit de Dieu, Qui vit dans l'Église, la dirigeant et l'instruisant, Se manifeste en elle de diverses manières; dans l'Écriture, dans la Tradition, et dans les Oeuvres; car l'Église, qui accomplit les oeuvres de Dieu, est la même Église qui conserve la tradition et qui a rédigé les Écritures. Ce ne sont pas les personnes ni une multiplicité de personnes dans l’Église qui conservent la Tradition ou composent les Écritures; mais bien l'Esprit de Dieu, Qui vit dans l'entièreté du corps de l'Église. Dès lors, il n'est ni correct ni possible de rechercher les fondements de la Tradition dans l'Écriture, ni la preuve de l'Écriture dans la Tradition, ni la justification de l'Écriture ou de la Tradition dans les oeuvres. Pour celui qui vit hors de l'Église, ni l'Écriture ni la Tradition ni les oeuvres ne sont compréhensibles. Mais pour celui qui vit au sein de l'Église et est en communion avec l'esprit de l'Église, leur unité est manifestée par la grâce qui vit en dans l'Église.

Les oeuvres ne précèdent-elles pas l'Écriture et la Tradition? La Tradition ne précède-t'elle pas l'Écriture? Les oeuvres de Noé, d'Abraham, des patriarches et représentants de l'Église de l'Ancien Testament n'étaient-elles pas agréables à Dieu? N'existait-il pas une tradition parmi les patriarches, à commencer par Adam, l'ancêtre de tous? Le Christ n'a-t'Il pas donné la liberté aux hommes et l'enseignement verbal, avant que les Apôtres, par leurs écrits, ne portent témoignage de l'oeuvre du Salut et de la loi de la liberté? Dès lors, il n'y a pas de contradiction entre la Tradition, les oeuvres et l'Écriture, mais au contraire, accord parfait. Ne comprendra les Écritures que celui qui garde la Tradition, et accomplit des oeuvres qui sont agréables à sa sagesse qui vit en lui. Mais la sagesse qui vit en lui ne lui est pas donnée à tître personnel, mais en tant que membre de l'Église, et elle lui est donnée en partie, sans annuler en même temps son erreur personnelle; mais à l'Église est donnée la plénitude de la vérité et sans mélange d'erreur. Dès lors, il ne doit pas juger l'Église, mais s'y soumettre, car la sagesse ne pourrait provenir de lui.

Quiconque cherche la preuve de la vérité de l'Église, par cet acte même montre son doute, et s'exclut de lui-même de l'Église; ou [quiconque] prend l'apparence de celui qui doute et en même temps garde espoir de prouver la vérité, et d'y parvenir par sa propre puissance de raisonnement : mais la puissance de la raison ne sait pas atteindre la vérité de Dieu, et l'impuissance de l'homme est manifestée par l'impuissance de ses preuves. Celui qui ne prend que les Écritures, et ne fonde l'Église que sur elles, rejette en réalité l'Église, et espère la refonder par ses propres forces; celui qui ne prend que la Tradition et les oeuvres, et minimise l'importance de l'Écriture, rejette en fait de la même manière l'Église, et il s'établit juge de l'Esprit de Dieu, Qui a parlé par l'Écriture. Car pour le Chrétien, la connaissance n'est pas matière à investigation intellectuelle, mais de foi vivante, qui est un don de la grâce. L'Écriture est externe, et la Tradition est externe, et les oeuvres sont externes : ce qui est en elles c'est l'unique Esprit de Dieu. D'une Tradition prise seule, ou de l'Écriture seule ou des oeuvres seules, on peut dériver vers une connaissance externe et incomplète, qui peut en effet contenir en elle-même une vérité, car elle part de la vérité, mais en même temps doit nécessairement être erronée, vu qu'elle est incomplète. Le croyant connaît la Vérité, l'incroyant ne la connaît pas, ou ne la connaît que d'une connaissance extérieure et imparfaite (2). L'Église ne se démontre pas plus elle-même que l'Écriture ou la Tradition ou les oeuvres, mais elle se rend témoignage à elle-même comme l'Esprit de Dieu, Qui vit en elle, Se rend témoignage dans les Écritures. L'Église ne se demande pas : quelle Écriture est vraie, quelle Tradition est vraie, quel Concile est vrai, ou quelle oeuvre est agréable à Dieu : car le Christ connaît Son propre héritage, et l'Église dans laquelle Il vit connaît d'une connaissance intérieure, et ne sait pas ne pas connaître Ses propres manifestations. La collection des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, que l'Église reconnaît comme étant sienne, est appelée "Sainte Écriture". Mais il n'y a pas de limite à l'Écriture; car tout écrit que l'Église reconnaît comme étant sien est Sainte Écriture. Et particulièrement le sont les Symboles de la Foi des Conciles Généraux, et en spécialement le Credo ou Symbole de Nicée-Constantinople. Dès lors, la rédaction de la Sainte Écriture a continué jusqu'à nos jours, et, s'il plaît à Dieu, il s'en écrira plus encore. Mais dans l'Église il n'y a jamais eu, ni jamais n'y aura la moindre contradiction, que ce soit dans l'Écriture, ou dans la Tradition ou dans les oeuvres; car en toutes les trois vit le Christ, Qui est Un et immuable.

(2) Pour cette raison, même celui qui n'est pas sanctifié par l'Esprit de grâce peut connaître la vérité de la même manière que nous espérons que nous la connaissons : mais cette connaissance en elle-même n'est rien de plus qu'une hypothèse, plus ou moins fondée comme une opinion, une conviction logique ou une connaissance externe, qui n'a rien en commun avec la connaissance véritable et intérieure, avec la Foi qui voit l'invisible. Quant à savoir si nous avons la Foi ou non, c'est connu de Dieu Seul.

"L'Église est Une"
par Alexei Stepanovich Khomiakov (1804-1860)

28 avril 2017

Je crois en l'Église Une... (A.S. Khomiakov 5/12)

IV – Une, Sainte, Catholique et Apostolique

L'Église est appelée Une, Sainte, Catholique et Apostolique; parce qu'elle est Une, et Sainte; parce qu'elle appartient au monde entier, et pas à une localité donnée; parce que par elle sont sanctifiés toute l'humanité et toute la terre, et non pas rien qu'un seul peuple ou pays; parce que son essence même consiste en l'accord et l'unité d'esprit et de vie de tous ses membres, ceux qui la confessent par toute la terre; et enfin, parce que dans les écrits et doctrines des Apôtres est contenue la plénitude de sa Foi, son espérance et son amour.

Il en résulte que lorsque quelque société est appelée l'Église du Christ, avec l'adjonction d'un nom local, tel qu'Église Grecque, Russe ou Syrienne, cette appellation ne signifie rien de plus que l'assemblée des membres de l'Église vivant dans cet endroit précis, à savoir la Grèce, la Russie ou la Syrie; et cela n'implique pas le présupposé qu'une seule communauté de Chrétiens serait à même de formuler la doctrine de l'Église, ou de donner une interprétation dogmatique à l'enseignement de l'Église sans l'accord à cet égard avec les autres communautés; et cela implique encore moins que quelque communauté particulière que ce soit, ou son pasteur, puisse imposer aux autres sa propre interprétation. La grâce de la Foi est inséparable de la sainteté de vie, et une seule communauté précise ou un seul pasteur ne peut être reconnu comme étant le gardien de l'entièreté de la Foi de l'Église, ni une seule communauté ou un seul pasteur être considéré comme représentant l'entièreté de sa sainteté. Cependant, chaque communauté Chrétienne, sans s'arroger le droit de l'explication ou de l'enseignement dogmatique, a pleinement le droit d'en changer ses rites et cérémonies, et d'en introduire de nouvelles, pour autant que cela n'offense pas les autres communautés. Plutôt que de risquer cela, elle devrait abandonner sa propre opinion et se soumettre à celle des autres, pour peu que ce qui pourrait sembler sans danger ou même digne de louange pour l'un, pourrait sembler blamable par l'autre; ou que le frère pourrait amener son frère au péché de doute et à la discorde. Tout Chrétien devrait estimer au plus haut point l'unité dans les rites de l'Église : car ainsi est manifestée, même pour le non-éclairé, l'unité d'esprit et de doctrine, en même temps que pour celui qui est éclairé, cela devient une source de vivante joie Chrétienne. L'amour est la couronne et la gloire de l'Église.

"L'Église est Une"
par Alexei Stepanovich Khomiakov (1804-1860)

27 avril 2017

Je crois en l'Église Une... (A.S. Khomiakov 4/12)

III – L'Église sur terre

Depuis la Création du monde, l'Église terrestre a été de manière ininterrompue sur terre, et continuera de l'être jusqu'à l'accomplissement de toutes les oeuvres de Dieu, selon la promesse que Dieu Lui-même lui a faite. Ses caractéristiques sont : la sainteté intérieure, qui ne permet pas le moindre mélange avec l'erreur, car l'Esprit de vérité vit en elle; et l'immuabilité extérieure, car immuable est son Protecteur et Chef, le Christ.

Toutes les caractéristiques de l'Église, qu'elles soient internes ou externes, ne sont reconnues que par elle-même, et par ceux que la grâce appelle à en être membres. En effet, pour ceux qui lui sont étrangers, et ne sont pas appelés à elle, ces caractéristiques sont incompréhensibles; car pour des gens comme ces derniers, le changement extérieur du rite semble être un changement de l'Esprit lui-même, qui est glorifié dans le rite (comme, par exemple, dans la transition de l'Église de l'Ancien Testament à celle du Nouveau Testament, ou dans le changement de rites ecclésiastiques et ordonances depuis les temps Apostoliques). L'Église et ses membres connaissent, par la connaissance intérieure de la Foi, l'unité et l'immuabilité de leur esprit, Qui est l'Esprit de Dieu. Mais ceux qui sont au dehors et ne sont pas appelés à en faire partie, ils voient et connaissent les changements à un rite externe par une connaissance extérieure,  qui n’atteint pas l’intérieur, de même que l'immuabilité de Dieu leur paraît changée dans les changements de Sa création. Dès lors, l'Église n'a pas pu ni n'aurait pu changer ou être confuse, ni n'aurait pu chuter, car dès lors elle aurait été privée de l'Esprit de vérité. Il est impossible qu'il aie pu avoir un moment où elle aurait pu avoir accepté l'erreur en son sein, ou un temps où le laïcat, le clergé et les évêques se seraient soumis à des instructions ou des enseignements en contradiction avec les enseignements et l'Esprit du Christ. Celui qui prétendrait qu'un tel affaiblissement de l'Esprit du Christ pourrait être possible en elle ne connait rien à l'Église, et prouve par là qu'il lui est étranger. De plus, une révolte partielle contre de fausses doctrines, en même temps que la conservation ou l'acceptation d'autres fausses doctrines, ni ne sont ni ne pourraient être l'oeuvre de l'Église; car en elle, selon sa véritable essence, il doit toujours y avoir eu des prédicateurs et enseignants et martyrs confessant non pas la vérité partielle mèlée à l'erreur, mais la vérité pleine et inaltérée. L'Église ne connait rien de la vérité partielle et de l'erreur partielle, mais uniquement l'entièreté de la vérité sans mélange avec de l'erreur. Et celui qui vit au sein de l'Église ne se soumet pas à de faux enseignements ni ne reçoit de Sacrements d'un faux enseignant; le sachant dans l'erreur, il ne voudra pas suivre ses faux rites. Et l'Église elle-même ne se trompe pas, car elle est vérité, elle est incapable de fourberie ou de lâcheté, car elle est sainte. Et bien entendu, l'Église, par son immuabilité même, ne reconnaît pas comme erreur ce qu'elle a auparavant reconnu comme vérité; et ayant proclamé dans un Concile Général et par consentement unanime, qu'il est possible pour n'importe qui, laïc, ou évêque ou patriarche (1) de se tromper dans son enseignement, elle ne peut pas reconnaître que tel laïc ou évêque ou patriarche ou un de leur successeur serait incapable de tomber dans l'erreur d'enseignement; ou qu'il serait préservé de s'en éloigner par une grâce spéciale. Par quoi donc est-ce que la terre pourrait être sanctifiée, si l'Église venait à perdre sa sainteté? Et où y serait la vérité, si ses jugements de demain devaient être contraires à ceux d'aujourd'hui? Au sein de l'Église, c'est-à-dire, au sein de ses membres, des fausses doctrines peuvent être engendrées, mais alors les membres infectés en sortent, constituant un schisme ou une hérésie, et ne souillant plus la sainteté de l'Église.

(1) Comme par exemple ce pape de Rome, Honorius, dont l'enseignement fut condamné au 6ème Concile Oecuménique.

"L'Église est Une"
par Alexei Stepanovich Khomiakov (1804-1860)

26 avril 2017

Je crois en l'Église Une... (A.S. Khomiakov 3/12)

II – L'Église visible et invisible

L'Église visible, ou terrestre, vit en communion et unité parfaite avec l'entièreté du corps de l'Église, dont le Christ est la Tête. Le Christ et la grâce du Saint Esprit demeurent en elle, dans toute leur vivante plénitude, mais pas dans la plénitude de leur manifestation, car elle agit et ne sait pas en plénitude, mais seulement dans la mesure où il plaît à Dieu.

Dans la mesure où l'Église terrestre et visible n'est pas la plénitude et la totalité de l'Église entière que le Seigneur a fixée à comparaître au Jugement final de toute la Création, elle agit et connaît seulement au sein de ses propres limites; et (selon les paroles de l'Apôtre Paul, en 1 Corinthiens 5,12), elle ne juge pas le restant de l'humanité, et ne fait que regarder vers ceux qui sont exclus, c'est-à-dire, qui n'en font pas partie, qui s'excluent d'eux-mêmes. Le restant de l'humanité, qu'il soit étranger à l'Église, ou unit à elle par des liens que Dieu n'a pas voulu lui révêler, elle le laisse au Jugement du Grand Jour. L'Église terrestre ne se juge qu'elle-même, selon la grâce de l'Esprit, et la liberté qui lui est accordée par le Christ, invitant aussi le restant de l'humanité à l'unité et à accepter la filiation divine par le Christ; mais envers ceux qui n'écoutent pas son appel, elle ne prononce pas de sentence, connaissant le Commandement de son Sauveur et Chef [explicité par l'Apôtre Paul], "Qui es-tu, toi, pour te poser en juge du serviteur d'autrui" (Rom. 14,4).

"L'Église est Une"
par Alexei Stepanovich Khomiakov (1804-1860)

25 avril 2017

Radonitsa, une fête des défunts mais aussi de la joie (p. John)

Al Maseeh Qam! Haqqan Qam! (salutation pascale en arabe)

Avec toutes nos célébrations pascales se concentrant principalement sur la Résurrection du Christ, ce jour-ci - à savoir le mardi après la Semaine Radieuse - marque le premier jour où nous, dans cette même joie Pascale, nous nous souvenons de tous nos chers défunts, ceux qui sont partis avant nous dans l'espérance de la vie éternelle. Nous appelons ce jour "le jour de la joie" (radonitsa, en russe) parce qu'on nous rappelle la descente triomphale du Christ dans l'Hadès : un séjour pour lequel le Christ a utilisé Sa croix comme "clé" pour déverouiller les portes infernales, proclamant la victroire de la vie sur la mort, et nous libérant de l'esclavage du péché qui nous gardait tous captifs.
Traditionnellement, ce n'est pas seulement un jour de souvenir et prière pour nos défunts, mais aussi un jour où il faut visiter leurs tombes dans la joie Pascale. Il est également coutume d'avoir des aliments pascal bénis et des pique-niques sur les tombes des défunts les plus proches.


P. Jean






 With all of our Paschal celebrations focusing mainly upon the Resurrection of Christ, this day – the Tuesday after Bright Week – marks the first day that we, in this same Paschal joy, remember all of our departed loved ones who have gone before us in the hope of eternal life. We call this day the Day of Rejoicing (Radonitsa in Russian) because we are reminded of Christ's triumphal descent into Hades; an instance in which Jesus used His Cross as a "key" to unlock the Gates of Hell, proclaiming victory over death and freeing us from the bondage of sin which held us captive. Traditionally this is not only just a day to remember/pray for our departed loved ones, but to also visit their graves in Paschal joy. It is also customary to have Paschal foods blessed and to picnic over the graves of departed loved ones.

XB!

Fr. John

Je crois en l'Église Une... (A.S. Khomiakov 2/12)

I – Unité de l'Église

L'unité de l'Église découle nécessairement de l'unité de Dieu; car l'Église n'est pas une multitude de personnes dans leur individualité séparée, mais l'unité de la grâce de Dieu, vivant dans la multitude des êtres doués de raison, se soumettant volontairement d'elles-mêmes à la grâce. La grâce, en effet, est aussi donnée à ceux qui y résistent, et à ceux qui n'en font nul usage (qui enfouissent leur talent dans la terre; Mt 25,25), mais ceux-là ne sont pas dans l'Église. En fait, l'unité de l'Église n'est pas imaginaire ou allégorique, mais c'est une véritable et substantielle unité, telle que celle entre les divers membres d'un même corps vivant.

L'Église est une, nonobstant ses divisions telles qu'elles apparaissent à l'homme qui vit encore sur terre. Ce n'est qu'en parlant de l'homme qu'il est possible de reconnaître une division de l'Église entre visible et invisible; son unité est, en réalité, véritable et absolue. Ceux qui vivent sur terre, ceux qui ont achevé leur parcours terrestre, ceux qui, tels des Anges, n'ont pas été créés pour une vie sur terre, ceux des futures générations qui n'ont pas encore entamé leur parcours terrestre, tous sont unis, ensemble dans l'Église une, en une et même grâce de Dieu; car Dieu connaît jusqu'à l'être qui n'a pas encore été créé; et Dieu entend les prières et connaît la Foi de ceux qu'Il n'a pas encore appelés du non-être à l'être. En effet, l'Église, le Corps du Christ, se manifeste et s'épanouit dans le temps, sans changer son unité essentielle ou sa vie intérieure de grâce. Et c'est pourquoi lorsque nous parlons "d'Église visible et invisible", nous n'en parlons qu'en ce qui concerne la relation à l'homme.

"L'Église est Une"
par Alexei Stepanovich Khomiakov (1804-1860)

24 avril 2017

Je crois en l'Église Une... (A.S. Khomiakov 1/12)

Un des articles du Credo dit "je crois en l'Église Une"
Qu'est-ce que peut bien signifier cet article que diverses Églises locales divisées ou déchirées, récitent pourtant chacune de leur côté? Un célèbre poète et auteur théologique, co-fondateur du mouvement pan-Slave, en a donné un excellent résumé au 19ème siècle. Seuls quelques détails historiques gagneraient à être mis à jour par des remarques complémentaires, détails qui n'étaient pas encore d'application au temps de l'auteur, ceci expliquant cela.
Par ses échanges de correspondance théologique avec plusieurs éminents représentants de la High Church dans la Communion Anglicane, Alexis Stepanovich Khomiakov les a amenés à découvrir la plénitude de l'Église. Un exemple à suivre en ces temps d'indifférentisme, de relativisme, et autres maladies spirituelles profondément ancrées en Occident.

Texte anglais sur un site internet du Vicariat de Rite Orthodoxe Occidental du Patriarcat Grec-Orthodoxe d'Antioche:

http://www.westernorthodox.com/khomiakov

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"L'Église est Une"
par Alexei Stepanovich Khomiakov (1804-1860)

avec une introduction par l'archiprêtre George Grabbe
[Église Orthodoxe Russe Hors Frontières, futur évêque d'une autre branche russe, entré dans l'éternel repos le 7 Octobre 1995]
Note du transcripteur :
Rien n'a été modifié dans le livret; c'est la traduction intégrale du texte de Khomiakov, avec une introduction sur sa vie, et des notes marginales par l'évêque Gregory Grabbe, anciennement protopresbytre George Grabbe.
Ce livret a introduit nombre de gens dans l'Église Orthodoxe, et il est un des essais les plus courts et cependant les plus complets sur la Foi Chrétienne. Il a été rédigé par un laïc, et est trop limité sur certains sujets tels que la liturgie et les sources de la Tradition. Il est recommandé de complèter avec d'autres ouvrages par la suite.
La conversion de ce texte vers le format ASCII est dédiée à l'évêque Gregory Grabbe, anciennement protopresbytre George, qui rédigea l'introduction et traduisit "L'Église est Une". Il passa de cette vie vers sa bienheureuse récompense le 7 octobre 1995. Vechnya Pamyat! Mémoire éternelle!
Alexei Stepanovich Khomiakov est mort le 23 ou 25 septembre (Julien)/ 5 ou 7 Octobre (calendrier grégorien), presque la même date que l'évêque Gregory. L'évêque Gregory dit que Khomiakov est mort le 25 septembre, dans son introduction; d'autres sources, comme Lossky, disent 23 septembre.

[Note du traducteur en 2006 : En français, à ma connaissance, il n'y a que 4 ouvrages publiés sur Khomiakov. Ayant été publiés avant la seconde guerre mondiale, on ne les trouve qu'en bibliothèque. Un seul a été écrit par un auteur Orthodoxe, les autres sont soit préfacés soit écrits par des auteurs hétérodoxes. Ce sont d'excellents ouvrages, et par eux, j'ai découvert et appris à aimer Khomiakov.
1) "A.S. Khomiakov et le mouvement slavophile"
1a) "les hommes"
A. Gratieux
Unam Sanctam n° 5, 1939

1b) "les doctrines"
Unam Sanctam n° 6, 1939

3) "Préface aux oeuvres théologiques de A.S. Khomiakov"
G. Samarine
traduction G. Gratieux
collection Unam Sanctam n° 7, 1939

4) "Le mouvement Slavophile à la veille de la Révolution"
Présentation générale et une partie des écrits par A. Gratieux
Unam Sanctam n° 25, 1953
Le tout aux éditions du Cerf.]

Contenu :
A propos de l'auteur de cette Introduction

Introduction: Les Khomiakov : Famille, accomplissements, vie spirituelle, oeuvres théologiques, mort

Note par l'évêque Gregory:
"Le livre 'L'Église est Une' a été divisé par l'auteur en 11 chapîtres ou paragraphes, sans titres. Dans cette édition, nous avons donné des titres à ces chapîtres, afin de faciliter l'usage du livre."

A propos de l'auteur de cette introduction:

Le révérend protopresbytre George Grabbe [futur évêque Gregory] a été requis de composer cette introduction afin de donner au lecteur Américain quelqu'information à propos de la vie d'Alexei Khomiakov. Le p. Grabbe était un petit-enfant en ligne directe de la fille de Khomiakov, Anna, qui avait épousé le Comte Michel Grabbe. Par sa grand-mère et ses autres parents, le p. Grabbe avait une connaissance de première main de l'esprit de la famille qui a produit ce grand théologien Russe.

Le p. Grabbe est né en Russie et a reçu sa formation théologique à Belgrade, Yougoslavie [Serbie]. Sa famille a toujours été active dans la vie de l'Église. Son père, le Comte Paul Grabbe, était un estimé membre du Concile Général de Russie en 1917 et fut le premier à lever le bras pour l'élection du patriarche.

Le p. Grabbe, lui-même, fut choisi par feu le métropolite Antoine de Kiev, un ami de sa famille, pour être chancellier du Synode des Évêques de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières. Il a occupé ce poste à partir de 1931. Avec le Synode, il se réinstalla dans ce pays en 1951. Depuis 1932, il a été l'éditeur du magazine du Synode, "Church Life", et a aussi participé à nombre d'autres revues théologiques russes. (ceci a été écrit en 1953)

Introduction

L'essai que nous présentons est un des traitements les plus inhabituels et provocatifs d'un sujet théologique jamais écrits. Il a été composé en 1844 ou 1845, mais n'a pas été imprimé avant 1863 – 3 ans après la mort prématurée de son auteur. C'est un document des plus surprennants parce qu'Alexei Stepanovich Khomiakov, qui l'a écrit, était un laïc sans la moindre responsabilité théologique officielle.



Malgré le fait que par profession, Khomiakov n'était rien d'autre qu'un capitaine de cavalerie à la retraite, il était un des hommes les plus érudits et polyvalents de son époque. C'était un grand dialecticien et philosophe; un homme aux dons birllants, un talentueux et pieux poète, et il a été reconnu par beaucoup comme un des plus grands théologiens qu'aie jamais produit la Russie.

Dans une préface à la première édition des oeuvres théologiques de Khomiakov, un ami, Yuri Samarin, l'appele "docteur de l'Église." Samarine anticipait que certains de ses lecteurs seraient choqués. Il écrivait :

"Quoi? Khomiakov, qui vécu à Moscou, notre ami à tous; ce compagnon comique et plein d'humour, dont nous rigolions et avec qui nous discutions tant; ce libre-penseur qui était suspecté par la police de ne pas croire en Dieu et de manque de patriotisme; cet incorrigible Slavophile, méprisé par les journalistes pour son exclusivisme nationaliste et son fanatisme religieux; ce modeste laïc qui fut enterré il y a 7 ans d'ici, en une grise journée d'automne, dans le monastère Danilovsky, par 5 ou 6 proches et amis et 2 camarades de jeunesse, à la tombe de qui ni les représentants de la hiérarchie ni les érudits ne furent vus; ce capitaine de cavalerie à la retraite, cet Alexei Stepanovich Khomiakov ... Lui, un Docteur de l'Église? - Oui, c'est bien de lui qu'il s'agit!"

En fait, même à l'époque, Samarin était seulement le premier à publier une telle déclaration, mais il n'était pas le premier à la faire. Peu après la mort de Khomiakov, en 1860, Ivan Aksakov l'appela aussi "Docteur de l'Église" dans une lettre privée adressée à la Comtesse Bloudov. Une telle haute estime des oeuvres théologiques de Khomiakov n'était pas inhabituelle parmi ceux de ses amis qui étaient en mesure d'apprécier ses écrits. Cet hommage est à présent répèté et accepté par nombre d'auteurs comme une expression de ce que Khomiakov réellement signifie pour la théologie Orthodoxe.

La famille Khomiakov

A.S. Khomiakov est né dans une riche famille noble, bien qu'aucun d'entre eux n'était proche de la Cour Impériale. Ses ancêtres de même que ses parents vivaient dans leurs propriétés et menaient une vie patriarcale dans une amitié proche et inhabituelle avec leurs paysans.

Le servage en Russie, comme dans tout autre pays, était une institution très malheureuse. Mais là où les propriétaires étaient des bons Chrétiens, les paysans étaient souvent vus comme des amis de la famille et étaient plutôt heureux.

Je me souviens d'une vieille femme, ancienne gouvernante de la maison de ma grand-mère (fille d'A.S. Khomiakov), qui a vécu avec elle jusqu'à ses derniers jours. Elle était traitée comme un membre de la famille. Quand elle était jeune fille, elle était une des paysannes des Khomiakov. Et même lorsque l'émancipation des paysans fut proclamée par l'empereur Alexandre II en 1861, elle continua de rester avec ma grand-mère. Elle parlait de ses années de servage auprès des Khomiakov comme étant très heureuses pour elle et les autres paysans. Il est intéressant de savoir que la branche de la famille à laquelle Alexei Khomiakov appartennait devait en fait sa richesse à ces paysans.

L'arrière-grand-père d'Alexei Khomiakov, Théodore, bien qu'officier des Gardes, n'avait qu'une fortune très limitée. Un parent éloigné et fort riche, Cyril Khomiakov, ayant perdu son épouse et leur fille unique, rassembla ses paysans et leur proposa de choisir un de ses parents comme héritier pour ses propriétés.

Une délégation de paysans parti se renseigner sur les différents membres de la famille Khomiakov. Ils revinrent après plusieurs mois d'investigation, ayant choisit Théodore Khomiakov. Cyril rencontra Théodore peu après, le trouva digne d'être son héritier – et lui donna toute sa propriété.

Alexei Khomiakov grandit au milieu de gens simples et dans une atmosphère de respect mutuel et de confiance. Il passa la plupart de son enfance dans le pays, avec les enfants de paysans comme copains de jeu.

La famille Khomiakov était très cultivée. La mère d'Alexei appartenait aussi à une famille (les Kireyevsky) dont les membres étaient cultivés et possédaient de très grands intérêts pour la science. Ses neveux, Ivan et Pierre Kireyevsky, comme leur cousin Alexei Khomiakov, ont marqué de leur influence la pensée philosophique russe de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle.

Les Khomiakov étaient aussi une famille harmonieuse. Alexei était un fils obéissant, qui admirait et vénérait sa mère. Après la mort de son frère, Théodore, il quitta le service militaire (bien qu'il l'appréciait) juste pour être près d'elle – et pour la réconforter dans sa peine.

Lorsqu'il épousa Katherine Yazykov, soeur du célèbre poète, il devint le plus aimant et dévoué des maris, et le père de 9 enfants. Deux d'entre eux, Stéphane et Théodore, mourrurent durant leur enfance et un de ses plus beaux poèmes fut écrit à la mémoire de ces enfants. Ces versets furent traduits en anglais par Palmer et provoquèrent une correspondance et l'amitié entre les 2 théologiens.

Le décès prématuré de son épouse fut un choc terrible, dont jamais Khomiakov ne se remettra. Il accepta cela comme un avertissement de Dieu : "Je sais qu'elle est plus heureuse qu'elle ne l'a été dans ce monde," disait Khomiakov à Yuri Samarin, "mais j'avais l'habitude de beaucoup trop m'abandonner à la plénitude de mon bonheur." La pensée qu'il tira de cette perte fut le souvenir constant de la mort. "Grâce à Dieu," dit-il à Samarin, "je n'ai à présent plus besoin de me rappeler de la mort; ce souvenir m'accompagnera de manière inséparable jusqu'au bout."

Accomplissements

L'arbre généralogique des Khomiakov a nombre de branches – chacune d'entre elle pouvant revendiquer une intelligence et formation remarquables. Le nom des frères Kireyevsky, des Samarins, des Aksakovs, du poète Yazykov, Koshelev – tous ont une grande signification pour les érudits de l'histoire de Russie, de sa littérature et philosophie. Tous ont été beaucoup lus, débordants de nouvelles idées. Mais Khomiakov lui-même sera lu plus et mieux qu'aucun d'entre eux.

Il hérita d'une riche bibliothèque et l'aggrandit généreusement. Son biographe, le professeur Zavitnevich, note qu'en une seule année, Khomiakov avait acquis pour 10.000 roubles (près de 5.000 dollars) de livres – une dépense considérable dans un but pareil pour l'époque.

Alexei Khomiakov connaissait parfaitement l'anglais, le français et l'allemand, de même que le latin et le grec. Alors qu'il n'était âgé que de 17 ans, il acheva ses études à l'université de Moscou comme candidat en mathématique. Tout l'intéressait; c'était un véritable encyclopédiste : peintre, architecte et mécanicien. Il fut l'inventeur d'une machine qui fut exposée à Londres; il travailla à l'amélioration d'un canon et inventa de nouvelles méthodes pour distiller et produire du sucre. En tant qu'officier de cavalerie, il participa à la guerre Russo-Turque de 1828. Sa bravoure fut remarquée par ses commandants. Il fut aussi sportif – chasseur expérimenté et expert en chiens. Il gagna un jour le premier prix pour une traversée à la nage du Lac de Genève.

Comblé par toutes ces réussites physiques, Khomiakov était en même temps un des meilleurs poètes Russes. Sa poésie était hautement appréciée par Pouchkine et se tient plus ou moins au même niveau que nombre de classiques russes.

Mais par dessus tout, Khomiakov suivit des études de théologie, philosophie, histoire et philologie. Et bien qu'il n'eut pas son diplôme de philologie, son dictionnaire des mots sanscrits fut publié par l'Académie Impériale des Sciences de Russie, et il fut considéré comme un pionnier dans cette science.

Vie spirituelle

Homme d'une nature extrèmement active, Khomiakov était aussi très réaliste à bien des égards – en particulier dans sa vie spirituelle. La foi et la vie étaient étroitement liées en Khomiakov. Il ne croyait pas à une foi détachée de la vie. Une théologie distante ne l'intéressait pas.

Etant jeune homme, à peine dans sa vingtaine, Khomiakov vécut plusieurs mois à Paris. Il y surprit ses amis en observant strictement les jeûnes Orthodoxes. Mais il était toujours ennuyé lorsque quelqu'un exprimait une appréciation pour sa stricte observance des règles Orthodoxes – son jeûne en l'occurence – sans pour autant suivre son exemple. En ce qui le concernait, il agira toujours en accord avec ses principes religieux et ne parviendra pas à comprendre comment d'autres pouvaient agir autrement. Il fut rempli d'amour pour Dieu et les hommes. Toutes ses conceptions et actions découlaient de cet amour.

Khomiakov priait beaucoup et avec ferveur. Yuri Samarin passa une fois la nuit entière dans la même chambre que lui. Se réveillant après minuit, Samarin le vit agenouillé devant les Icônes, priant, avec beaucoup de larmes. Samarin fit semblant de dormir, mais il fut témoin de la prière continue de Khomiakov jusqu'au lever du soleil. Lorsque Khomiakov se leva plus tard dans la matinée, il paru heureux et joyeux comme d'habitude. Un serviteur raconta à Samarin que Khomiakov avait l'habitude de prier chaque nuit de la sorte. En effet, il acomplissait en réalité le Commandement de notre Seigneur à propos de la prière "Quand vous priez, ne faites pas comme les faux dévots : .... Quand tu veux prier, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père dans le secret, et ton Père qui voit dans le secret, te le rendra." (Matthieu 6,5-6).

Nul ne saurait passer des heures en prière s'il n'aime pas Dieu. Il ne fait aucun doute que Khomiakov aimait Dieu de tout son coeur. Cet amour était l'essence de sa vie spirituelle.

Oeuvres théologiques

Les hommes exceptionnellement doués possédant une forte personnalité sont souvent étrangers aux autres qui ne peuvent en saisir les réalisations et l'originalité de leurs travaux et pensées. Khomiakov, au contraire, ne recherchait nul hommage pour ses oeuvres et s'efforça toujours de sentir et de penser non pas comme son esprit et coeur, en individualiste, mais en accord avec l'Église entière.

"Un homme", écrit Khomiakov, "comprend l'Ecriture, pour autant qu'il préserve la tradition et qu'il accomplit un travail agréable à la sagesse qui demeure en lui. Mais la sagesse qui demeure en lui ne lui est pas donnée individuellement mais en tant que membre de l'Église, et lui est donnée en partie sans pour autant abroger son erreur individuelle; mais à l'Église est donnée la plénitude de la vérité et sans le moindre élément d'erreur." (L'Église est Une : Ecriture et Tradition).

Il ne parlait pas pour lui-même; il parlait de la part de l'Église. Et dès lors, il ne voulait pas réclamer des droits d'auteur. Il ne voulait pas même que son nom soit connu des lecteurs de ses ouvrages théologiques. Ils étaient signés "Ignotus" - "Inconnu".

Khomiakov fut particulièrement attentif au vocabulaire de son "L'Église est Une". Il y travailla de longues années durant, tentant toujours de l'améliorer – pour en faire un véritable exposé, non pas de ses vues personnelles, mais de la foi de toute l'Église Orthodoxe.

L'essai a été écrit sous la forme d'un catéchisme, alors que ses autres ouvrages théologiques étaient rédigés dans un style très vivant et dans une forme apologétique – défendant l'Orthodoxie contre les mauvaises représentations dans la littérature étrangère. Ces autres ouvrages ont été écrits dans des langues étrangères (français et allemand) pour des lecteurs Catholiques-Romains et Protestants. Mais "L'Église est Une" a été écrit en russe, pour des lecteurs Orthodoxes. Ici, il utilise parfois la forme de controverse de la déclaration sur la Foi Orthodoxe, mais il le fait afin de rendre la Vérité de l'Orthodoxie plus claire, par contraste avec l'arrière-plan noir de l'erreur.

Un des problèmes qui a le plus intéressé Khomiakov, ce fut l'infaillibilité de l'Église, malgré le fait que sur terre, elle soit composée d'hommes qui commettent constamment des transgressions.

"Chacun d'entre nous est terrestre, seule l'Église est céleste," disait Khomiakov. "Mais dans cette Église céleste, un homme trouvera quelque chose qui ne lui est pas étranger. En elle, il se retrouve lui-même, mais il ne se trouve pas impuissant dans sa solitude spirituelle mais dans la puissance de sa sincère unité spirituelle avec ses frères, avec son Sauveur. Il se trouve dans sa perfection ou, pour mieux l'exprimer, il y trouve la perfection qu'il a en lui-même – l'inspiration divine, qui s'évapore sans cesse dans l'impureté brute de chaque existence personnelle séparée. Cette purification est accomplie par l'invincible puissance de l'amour mutuel des Chrétiens en Jésus-Christ, parce que cet amour est l'Esprit de Dieu."

C'est cet esprit d'mour qui inspira Khomiakov lorsqu'il écrivit ses ouvrages théologiques. C'est cet esprit qui l'aida à discuter des questions dogmatiques les plus controversées, avec une clarté et une force qui n'avaient pas d'égale.

Son premier pamphlet a été imprimé à Paris par une maison d'édition Protestante, Meyers & co. Les éditeurs insérent une préface dans laquelle ils déclaraient qu'il n'était pas facile pour eux de décider de publier un ouvrage dirigé contre les principes de la Réforme. Mais ils exprimaient la conviction que tout un chacun à qui la liberté de conscience était chère approuverait leur décision. Ils ajoutaient : "Nous estimons avoir de la chance de nous voir présenter l'occasion d'honorer cette précieuse liberté, rendent pour la première fois possible d'entendre la voix résonnant parmi nous d'une personne dont le noble caractère et la Foi vivante, qui imprègnent les pages qu'il a écrites, nous inspirent le respect et la sympathie toujours reliées à la communion spirituelle en Christ, malgré de sérieux désaccords."

Lorsqu'on parle des oeuvres théologiques de Khomiakov, nous devons insister sur le fait qu'il n'a jamais introduit en aucune d'elles la moindre doctrine qui aurait été neuve pour l'Église Orthodoxe. Ses doctrines étaient aussi anciennes que l'Église elle-même. C'est seulement dans sa manière de les exprimer qu'il apparaissait comme nouveau pour ses lecteurs.

Le métropolite Antoine de Kiev, parlant de Khomiakov, disait que lorsqu'un Chrétien simple et humble commençait à discuter des doctrines de la Foi, utilisant une nouvelle terminologie mais étant fidèle à la Tradition, un tel auteur demeurait en pleine harmonie avec la théologie Orthodoxe. Il ne dévoile nul nouveau mystère de foi, mais répond seulement aux nouvelles interrogations de l'esprit humain, à partir du point de vue de la vérité éternelle de la Foi.

Le métropolite Antoine nous rappelle que bien longtemps avant le 4ème siècle, l'Église savait de par l'Évangile et la Tradition que le Père et le Fils étaient Un, et que nous sommes sauvés par la Foi en la Sainte Trinité. Mais comment pouvait-on concilier ces doctrines avec les concepts philosophiques humains de la personne et de la nature de Dieu? Cela fut révélé aux Pères lors du Premier Concile Oecuménique et des Conciles suivants (l'idée morale du Dogme de l'Église).

Le métropolite Antoine fait de plus remarquer qu'un lecteur contemporain, trouvant dans les paroles d'un théologien tel que Khomiakov la réponse longtemps attendue à ses difficiles interrogations sur la Foi, est prêt à proclamer qu'une telle explication est une sorte de "nouvelle révélation", alors qu'une autre personne, peu familière avec ces problèmes et vénérant les autorités de l'ancienne école, hésitera à reconnaître que l'auteur a donné une meilleure explication que celle qui se trouve dans les manuels communément acceptés.

C'est vraiment la raison pour laquelle cela a prit tant de temps avant que les oeuvres de Khomiakov soient publiées en Russie et deviennent populaires parmi les théologiens. Mais elles ne seraient jamais devenues aussi populaires et pleines d'autorité qu'elles ne le sont aujourd’hui si la personnalité de l'auteur – et toute sa vie – ne portaient pas témoignage de sa vie de vrai Chrétien.

Mort.

La mort de Khomiakov fut aussi Chrétienne que sa vie. Durant l'automne de 1860, il quitta sa résidence préférée, Bogucharovo (près de Tula), pour inspecter une autre propriété, Ivanovskoye, dans la Province de Riazan. Après un séjour d'un mois, et y ayant accompli ses affaires, il décida de rester 2 ou 3 jours de plus, juste le temps d'achever un article de philosophie, sous forme d'une lettre adressée à Yuri Samarin.

Il travailla jusque tard dans la nuit sur l'article. A 5 heures du matin, il appela son serviteur et lui demanda de frictionner ses jambes et de lui apporter un peu de charbon de bois, qu'il utilisait pour traiter les attaques de choléra. La chandelle brûlait dans son étude. Il commença à écrire une phrase, mais jamais ne l'acheva. Il tomba soudain, frappé par la maladie, et réalisa que c'était bien le choléra. Khomiakov avait soigné bien des gens de cette maladie, utilisant un médicament et une méthode qu'il avait lui-même inventé. Cette fois, cependant, rien n'y fit.

A 07h, il apparela un prêtre, qui arriva à 08h. Khomiakov se confessa, reçu la Sainte Communion et la Sainte Onction. Il était encore pleinement conscient. Il tint le cierge, répéta en chuchottant les paroles des prières et fit souvent le Signe de Croix. Après l'Onction, il perdit connaissance, et le prêtre commença à lire les prières pour les mourrants.
Le patient sembla aller mieux.

"Devrions-nous faire venir Dimitry Alexeyevich?" (son fils aîné) demanda le serviteur.

"Non, je suis content qu'il ne soit pas ici," répondit-il.

"Nous devrions peut-être avertir Bogucharovo?"

"Ils l'apprendront."

A 18h, il semblait encore aller mieux. Son corps redevint chaud – mais pour ses mains.

"Votre tension s'améliore," dit l'assistant du médecin qui veillait sur lui.

"Vous devriez avoir honte. Vous vous êtes occupé de malades depuis tant d'années et vous ne savez pas prendre le pouls. Mon pouls est en train de s'arrêter."

Vingt minutes avant sa mort, un voisin, L.M. Mouromzev, dit : "Vraiment, vous allez mieux; regardez, vous êtes plus chaud et vos yeux brillent mieux."

"Et combien plus brilleront-ils demain!"
Telles furent les dernières paroles de Khomiakov. Il mourrut le 25 septembre 1860.

Selon les mots d'Aksakov, "magicien avec une âme aussi simple que celle d'un enfant, ascète constamment radieux de sainte joie, poète, philosophe, prophète, Docteur de l'Église – Khomiakov, comme c'est souvent le cas, ne fut apprécié durant sa vie que par très peu de gens, mais son importance grandira chaque année."

Paroles prophétiques!

Publié dans le périodique "Russkoye Obozrenie" 3 ans après la mort de Khomiakov, "L'Église est Une" ne fit au départ impression qu'auprès de quelques théologiens Russes. L'impression grandit après que ses oeuvres théologiques aient été publiées en 1867. Bientôt, l'influence pénétra dans les académies théologiques. Khomiakov, si peu connu comme théologien au moment de sa mort, devint un des auteurs les plus influents et faisant autorité en moins de 50 ans.

Je ne doute pas que nombre de lecteurs, intéressés par la théologie et aimant la Vérité, seront heureux de voir imprimée une nouvelle édition des oeuvres de Khomiakov. Je ne peux qu'ajouter comme souhait qu'un traducteur et un éditeur de ses autres oeuvres théologiques soit aussi trouvé. Même à l'heure actuelle, ces dernières n'ont rien perdu de leur fraîcheur et de leur force de conviction, et apporteraient une très appréciable contribution à la pensée théologique américaine.

Archiprêtre George Grabbe (1953)

 [évêque + Gregory]



23 avril 2017

22 avril 2017

L'orgueil et nos péchés (saint Jean)


L'orgueil, c'est ce qui nous fait oublier nos péchés. Alors que nous en souvenir, cela nous mène à l'humilité.
Saint Jean Climaque

18 avril 2017

Le terrorisme et le mal dans le monde (patriarche Kyrill)

Dans toute sa misère, un acte terroriste reflète l'intégralité du mal humain dans toute son horreur. Vous ne pouvez pas l'enjoliver.. Il lui manque tout semblant de justification. Quand vous réfléchissez à ces événements épouvantables, vous vous rendez compte que vous ne pouvez tout simplement pas avoir la moindre condescendance envers le mal. Et ce n'est pas seulement lorsqu'il s'agit d'empêcher le terrorisme ou punir le terrorisme.. Nous ne pouvons pas nous accommoder du mal dans nos vies, vous ne pouvez pas justifier le mal, même si vous essayez de le rendre respectable. Le mal appartient au diable ; où il y a du mal, il y a la mort.
Sa sainteté Kirill Guyndyaev, patriarche de Moscou et toute la Russ'




A terrorist act il all its wretchedness reflects the entirety of human evil in its horror. You can't prettify it.. It lacks all semblance of any justification. When you reflect on these terrible events, you realise that you simply can't flirt with evil. This isn't only when it comes to preventing terrorism or punishing terrorism.. We can't flirt with evil in our lives, you can't justify evil, even if you try to make it respectable. Evil is from the devil. Where there is evil, there is death.
His holiness Kirill Guyndyaev, patriarch of Moscow and all the Russ'

17 avril 2017

Mécénat pour chorale de personnes handicapées (Minsk > France, mai 2017)



Monastère Sainte Elisabeth(Minsk, Biélorussie)  
http://old.obitel-minsk.by/obitel-minsk_mid154.html
Coeurs en Joie


Les participants de l’ensemble "Coeurs en Joie" habitent en permanence dans une Maison specialisée accueillant 750 personnes dans le même bâtiment.

C’est une de nos novices Soeur Tamara, qui est malheureusement déjà décédée, qui créa ce bel ensemble. Au fil des ans, ces artistes sont devenus une grande et véritable famille.

Aujourd’hui, c’est notre moniale Sophie qui a pris la relève et dirige ce collectif.

Les participants de cet ensemble sont arrivés par des chemins de vie forts peu semblables et à des moments différents de la vie. Ce qui les réunit véritablement, c’est la volonté de ne pas perdre courage et de trouver sa vocation...

Leur espace social, c’est le territoire du pavillon neuropsychiatrique № 3 réservé aux adultes, mais ils ne désespèrent pas. Chanter et offrir la joie aux autres, c’est là le sens de leur vie!

Ils ont des belles voix et des coeurs purs. Peut-être manquent-ils de professionnalisme, mais ils chantent avec l’âme…

On pourrait se demander s'il y a de l'allégresse dans un service neuropsychiatrique?
Et pourtant, la joie y règne. Il s'agit de la joie de la créativité, qui est donnée à tous de manière égale..

Hélène, soliste : "J’ai essayé de chanter quand j’étais encore enfant. Ça fait plus d’une année que je suis dans le choeur. J’aime bien chanter ! Chaque concert nous apporte des souvenirs, l’occasion de faire de nouvelles connaissances, et découvrir des curiosités!"

Toutes les personnes qui ont assisté au concert de l’ensemble "les Coeurs en Joie" sont reparties avec une sensation de joie et de lumière dans l'âme !
(Au mois de décembre nos artistes ont été en concert à Vilnius)

Les "Coeurs en Joie" ont un rêve… chanter en France
Ce rêve peut se réaliser, mais pour cela nous avons besoin de votre soutien. Vous avez envie de nous voir, vous aimeriez nous entendre..., alors soutenez notre action en nous aidant financièrement !
Nous espérons qu’avec l’aide de Dieu et vous, nous réaliserons leur rêve!

Vous pouvez envoyer vos dons
SOCIETE GENERALE
4, rue du Dôme
67000 STRASBOURG (France)
Titulaire du compte:
MONASTERE SAINTE ELISABETH
BIC: SOGEFRPP
IBAN: FR76 3000 3023 6200 0501 7104 928

Concerts de l’ensemble "Coeurs en Joie" en France en 2017

le 18 mai - Troyes (à la Maison de Notre-Dame de l'Isle)
le 19 mai – Diocèse de Nancy (Église de Rosières aux Salines, près de Nancy)
le 20 mai - à Gray (Salle de Congrès)
le 21 mai - à Paris, au Centre Culturel Orthodoxe russe

Pour la réservation de l'autobus et l'hébergement pendant notre voyage nous avons besoin de 4800 euros.

Notre équipe:
- Chorale «Coeurs en Joie» de l'internat neuropsychiatrique #3 de Minsk (14 choristes (7 hommes et 7 femmes)
- 6-8 personnes qui accompagnent (dont l'accompagnement médical obligatoire)


PDF infos photos


Appel aussi vu sur Orthodoxologie
http://orthodoxologie.blogspot.com/2017/04/communaute-des-moniales-de-minsk.html

et sur Orthodoxie.com :
http://orthodoxie.com/appel-a-aide-du-monastere-sainte-elisabeth-de-minsk/ 

 

16 avril 2017

Résurrection, amour et prière (saint Jean)


Tout périra, sauf ce que l'âme a acquis par l'amour et la prière. Tout ce qu'un homme a fait de vertueux est inscrit dans l'âme, et ça ne lui sera pas enlevé.
Saint Jean Maximovitch, le Thaumaturge, archevêque de Bruxelles, Shangaï et San Francisco





15 avril 2017

Dieu vient toujours nous rechercher dans nos enfers car Il connaît nos faiblesses (saint Nil Sorsky)

Dieu ne renonce jamais à une âme qui met sa confiance en Lui, même si elle est écrasée par les tentations, car Il en connaît toutes les faiblesses. Un homme connaît le poids qui peut être placé sur le dos d'un âne, une mule ou un chameau, et charge chaque animal avec autant qu'elle peut porter. Le potier sait combien de temps il doit garder son argile dans le feu, car le cas échéant, s'il l'expose trop longtemps aux flammes, le pot va craquer, et s'il ne le fait pas assez longtemps, il ne sera pas utilisable. Dès lors, si un homme a un jugement aussi précis que celui-ci, la sagesse de Dieu est infiniment plus grande pour juger le degré de tentation que l'âme est capable de supporter."
Saint Nil Sorsky





"God never abandons a soul that puts its trust in Him, even though it is overpowered by temptations, for He is aware of all weaknesses. A man knows the weight that can be placed on the back of an ass, a mule or a camel, and burdens each beast with as much as it can carry; the potter knows how long he must keep his clay in the fire, for if he exposes it too long to the flames, the pot will crack, and if he does not bake it long enough, it will not be fit for use. Now if a man has judgment as precise as this, how infinitely greater is the wisdom of God in judging the degree of temptation which a soul is able to bear?"
St. Nilus of Sora

14 avril 2017

La Croix nous relie au bon Pasteur (Vendredi Saint)

Aujourd'hui, notre Seigneur Jésus-Christ est en Croix et nous sommes en fête, afin que vous sachiez que la Croix est une fête et une célébration spirituelle.

Jadis la croix désignait un châtiment, maintenant elle est un objet d'honneur. Autrefois symbole de condamnation, la voici maintenant principe de Salut.
Car elle est pour nous la cause de biens innombrables : elle nous a délivrés de l'erreur, éclairés dans les ténèbres et réconciliés avec Dieu ; nous étions devenus pour Lui des ennemis et de lointains étrangers, et elle nous a rendu Son amitié et rapprochés de Lui. Elle est pour nous la destruction de l'inimitié, le gage de la paix, le trésor de mille biens.

La Croix nous relie au bon Pasteur. Grâce à elle, nous n'errons plus dans les déserts, car nous connaissons le vrai Chemin ; nous ne demeurons plus hors du Palais royal, car nous avons trouvé la Porte; nous ne craignons pas les traits enflammés du diable, car nous avons découvert la Fontaine.
Grâce à elle, nous ne sommes plus dans le veuvage puisque nous avons trouvé l’Époux; nous n'avons pas peur du loup, car nous avons le bon Pasteur: "Je suis, dit-Il, le bon Pasteur" (Jean 10,11).

Grâce à la Croix, nous ne redoutons pas l'usurpateur, puisque nous siégeons au côté du Roi.

(In: "Homélie sur la Croix et le larron", saint Jean Chrysostome. (+407), : PG 49,399-401)

13 avril 2017

Vivre en Dieu au delà de la mort? (saint Grégoire le Théologien)


Tous ceux qui ont vécu conformément à Dieu vivront toujours en Dieu, même lorsqu'ils auront quitté cette vie-ci. C'est pour cette raison que Dieu est appelé le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, car Il est le Dieu non pas des morts, mais des vivants.
Saint Grégoire le Théologien, évêque de Nazianze

12 avril 2017

En cas de maladie, appelons le médecin, mais n'oublions pas le prêtre (Office de l'Onction d'huile / des malades)

Stichère ton 4, Office de l'huile sainte
Par l'intermédiaire de Tes Apôtres, Seigneur,
en Ta clémence, Tu nous donnas,
Ami des hommes, le pouvoir de guérir
par Ton huile sainte les maladies
et les plaies de Tes serviteurs;
sanctifie donc tout fidèle qui la reçoit,
aie pitié de lui, purifie-le de toute maladie,
accorde-lui Tes délices immortelles, Seigneur
.

Épitre du saint Apôtre Jacques, 5,10-16
Prenez, frères, pour modèles de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.  Voyez: nous proclamons bienheureux ceux qui ont de la constance. Vous avez entendu parler de la constance de Job et vous avez vu le dessein du Seigneur; car le Seigneur est miséricordieux et compatissant.  Mais avant tout, mes frères, ne jurez ni par le Ciel, ni par la terre, n’usez d’aucun autre serment. Que votre oui soit oui, que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. Quelqu’un parmi vous souffre-t-il? Qu’il prie. Quelqu’un est-il joyeux? Qu’il entonne un cantique. Quelqu’un parmi vous est-il malade?  Qu’il appelle les prêtres de l’Église et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis. Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance.

11 avril 2017

Être vraiment à l'image de Dieu (saint Diadokos)


Nous tous, les êtres humains, avons été créés à l'image de Dieu. Mais être à Sa ressemblance, cela n'appartient qu'à ceux qui, par un très grand amour, s'attachent librement à Lui.
Saint Diadoque de Photicée

09 avril 2017

L'Époux arrive, veillons


Tropaire Ton 8 - Voici, l'Époux arrive au milieu de la nuit - Et bienheureux le serviteur qu'Il trouvera veillant - mais indigne celui qu'Il trouvera nonchalant - Veille donc, mon âme - à ne pas sombrer dans le sommeil - afin de n'être pas livrée à la mort et enfermée hors du Royaume - Mais reviens à toi et chante - Tu es Saint, Saint, Saint, notre Dieu - Par la Mère de Dieu aie pitié de nous. (ter


08 avril 2017

Rameaux : Comment confectionner des croix en feuille de palmier (ou en papier)

Un bricolage facile à réaliser avec ses enfants à la maison ou avec les enfants de la catéchèse paroissiale:

Découpez des lanières de 1,5cm sur 50cm
pliez selon le schéma ci-dessus

nb: en feuille de palmier, une fois sèchées, elles restent intactes pendant des années, quoique blanchies.

07 avril 2017

Qu'est-ce qui peut nous préserver du péché? (saint Tikhon)

(Le souvenir de) L'éternité retient l'homme de pécher, calme ses passions, le détourne du monde et toute sa vanité, le rend contrit, fait naître les larmes de repentir et l'encourage à la prière.
Saint Tikhon de Zadonsk




Eternity restrains a man from sin, calms his passions, turns him from the world and all its vanity, makes him contrite, gives birth to the tears of repentance, and incites him to prayer.
Saint Tikhon of Zadonsk

06 avril 2017

Le Paradis ne se gagne que de haute lutte (p. Païssios)



Luttez pour le Paradis de toutes vos forces. Et ne prêtez pas l'oreille à ceux qui disent que tout le monde sera sauvé. C'est un piège de satan afin que nous ne luttions pas.
Staretz saint Païssios l'Athonite

05 avril 2017

La mission de l'évangélisation de l'Occident est devant nous (p. Stephen Freeman)

"Seulement 2 % des Américains pensent que la Résurrection du Christ est la plus importante Fête de leur religion, l'Orthodoxie. Le champs n'a pas encore été labouré. Il est plein de cailloux et de rocailles à enlever, et de matérieux toxiques à en évacuer. C'est le temps pour les bulldozers spirituels et les tenues de protection chimique... C'est simplement une indication que l'Évangile doit encore être prêché. Il faut le dire, cette Amérique n'est absolument pas une nation Chrétienne. La religion ici, que l'on dit chrétienne, est une minable imposture."
Père Stephen Freeman, Orthodox Church of America

NDT : Faites un micro-trottoir à la sortie de quasi n'importe quelle paroisse chrétienne orthodoxe de Belgique et vous comprendrez que chez nous aussi, c'est seulement le temps de l'arrachage des ronces, et autres travaux de défrichage. La Mission est devant nous, pas derrière. L'évangélisation doit reprendre à zéro.




"Only 2% of Americans think the Resurrection of Christ is the most important Feast in their religion, Orthodoxy. The field hasn't been plowed. We've got rocks and boulders to move, and toxic materials to take care of. Time for spiritual bulldozers and hazmats suits.. It is simply an indication that the Gospel has yet to have been preached. Also, that America is not even remotely a Christian nation. The religion here, known as christian, is a very poor impostor."
Fr. Stephen Freeman
My fellow Orthodox, we have much work to do! America is ripe for evangelism and missions.

04 avril 2017

Le deuxième Baptême (p. John)

En raison des larmes que l'on verse parfois, le Sacrement de la Confession est souvent aussi considéré comme une sorte de "deuxième Baptême."
P. John





Because of the tears one sheds, the Sacrament of Repentance (Confession) is often referred to as a "second baptism."
Fr. John

03 avril 2017

02 avril 2017

sainte Marie l'Égyptienne, ou comment passer des ténèbres absolues à la Lumière sans fin

"Dominant les soulèvements de la chair
par les peines et les douleurs de l'ascèse,
tu as montré le courage
et la fermeté de ton âme;
et désireuse de contempler la Croix du Seigneur,

tu t’es saintement crucifiée au monde, ô Vénérée.
lmitant la vie angélique avec zèle,
tu as parfaitement transformé
ta vie, ô Bienheureuse.
C’est pourquoi nous honorons fidelement ta mémoire, Marie,
demandant de nous accorder pleinement
la rémission des fautes,
grâce à tes supplications.
"
Cathismes, Ton plagial 4, Matines du 5ème Dimanche du grand Carême

L'ascèse inutile (p. Isaiah)

Si quelqu'un jeûne 6 jours par semaine, et qu'il réalise des exploits de travaux, tout ça est en vain s'il ne parcours pas la voie de l'humilité.
Abba Isaïe

30 mars 2017

La liberté de l'homme face au bien et au mal (patriarche Kyrill)

Mes pensées concernant la liberté de l'homme sont celles-ci : en soi, la liberté est un grand don de Dieu; en soi, la liberté est la capacité à choisir. Dieu ne nous a pas programmés pour faire le bien (soit dit en passant, cela détruit souvent la foi chez les gens qui disent : " Pourquoi Dieu ne punit-Il pas les pécheurs? Où est Dieu, quand des guerres et des crimes sont en train de se produire?") Dieu ne nous a pas programmés pour faire le bien de la même façon que nous programmons l'alarme sur un réveil pour sonner à une heure précise. Il aurait pu le faire; Il aurait pu créer une communauté formidable de gens heureux et saints. Mais ces gens n'auraient pas été saints et heureux de leur propre choix, mais par le programme qui leur aurait été intégré. L'image de Dieu ne serait pas en eux; elles auraient été créées autrement [puisque Dieu a le libre-arbitre absolu, ndt]. Mais Dieu a voulu nous créer selon Son image, pour nous insuffler le souffle de Sa vie. Ce qui a conduit au fait que l'homme a la capacité de choisir."
Sa sainteté le patriarche Kirill de Moscou





"My thoughts regarding human freedom come down to the following: in and of itself, freedom is a great gift of God; in and of itself, freedom is the ability to choose. God did not program us for good (by the way, that often destroys faith in people who say: ‘Why does God not punish sinners? Where is God, when such things as wars and crimes are happening?'). God did not program us for good in the same way that we set an alarm clock for a given time. He could have done this; He could have created an amazing community of happy and holy people. But then these people would not have been holy and happy by their own choice, but by the program embedded in them. The image of God would not be in them; they would have been created otherwise [since God has free will - Ed.]. But God desired to create us according to His image, to imbed in us the breath of His life. This led to the fact that man has the ability to choose."
His Holiness Patriarch Kirill of Moscow

29 mars 2017

Comment voir ce monde déchu d'une manière positive (Thaddée de Vitovnitsa)

Dieu est parfait, Il est irréprochable. Dès lors, lorsque l'amour divin se manifeste en nous dans la plénitude de la Grâce, nous rayonnons cet amour --- non seulement sur la terre, mais dans tout l'univers aussi. Donc Dieu est en nous, et Il est partout présent. C'est l'amour de Dieu qui se manifeste en nous. Lorsque cela se passe, on ne voit aucune différence entre les gens : tout le monde est bon, tout le monde est notre frère, et nous nous considérons comme le pire des hommes --- des serviteurs de toutes les créatures.
Staretz Thaddée de Vitovnitsa






God is perfect, He is faultless. And so, when Divine love becomes manifest in us in the fullness of Grace, we radiate this love --- not only on the earth, but throughout the entire universe as well. So God is in us, and He is present everywhere. It is God’s all-encompassing love that manifests itself in us. When this happens, we see no difference between people: everyone is good, everyone is our brother, and we consider ourselves to be the worst of men --- servants of every created thing.
Elder Thaddeus of Serbia

28 mars 2017

Pauvreté intérieure et pauvreté matérielle (Antoine de Sourozh)

"Être pauvre financièrement, c'est bien plus facile que d'être pauvre intérieurement, de ne pas avoir d'attachements. C'est quelque chose de très difficile à apprendre et qui arrive progressivement, année après année. Vous apprenez à vraiment apprécier les choses, à regarder les gens et à voir la beauté radieuse qu'ils possèdent - sans le désir de les posséder. Cueillir une fleur, c'est en prendre possession, et ça veut aussi dire la tuer. Chercher à préserver plutôt que de détruire tout ce qui est beau, c'est sûrement un aspect primordial de l'Évangile. Il en offre un témoin vivant dans les Béatitudes, en commençant par la première : " Bienheureux les pauvres en esprit."
Métropolite Antoine (Bloom) de Sourozh






"To be poor financially is in a way much easier than to be poor inwardly, to have no attachments. This is very difficult to learn and something which happens gradually, from year to year. You really learn to value things, to look at people and see the radiant beauty which they possess — without the desire to possess them. To pluck a flower means to take possession of it, and it also means to kill it. Seeking to preserve rather than destroy all that is beautiful is surely a primary aspect of becoming the Gospel. It is giving a living witness to the Beatitudes, starting with the first: “Blessed are the poor in spirit."
Metropolitan Anthony Bloom

27 mars 2017

La prière sans icônes (Sergei Fudel)


"Il est difficile de prier sans icônes. Une icône concentre notre attention priante, comme une loupe concentre la lumière du soleil en un point de luminosité et de chaleur intense. Les Pères de l'Église enseignent que les icônes proclament la réalité de l'humanité du Christ. Rejeter les icônes signifie renoncer à la réalité de l'Incarnation - c'est-à-dire la nature humaine de Jésus, Dieu et homme." 






"It is difficult to pray without icons. An icon focuses our prayerful attention, as a magnifying glass focuses diffused sunlight into a spot of intense brightness and heat. Church Fathers teach that icons proclaim the reality of Christ's humanity. Rejecting icons means renouncing the reality of the incarnation - i.e. the human nature of Jesus, God and Man." (Sergei Fudel, Light in the Darkness)

Fr. John

26 mars 2017

Participer à la Nature divine (st Cyril)


Son Corps et Son Sang se diffusent à travers nos membres, de sorte que selon ce qu'en dit saint Pierre, nous devenons participants à la Nature divine.
Saint Cyril de Jérusalem

25 mars 2017

Vos richesses appartiennent aux pauvres! (saint Basile)

"Le pain que vous avez en réserve appartient aux affamés. Le manteau que vous portez appartient à celui qui est nu. L'or que vous avez caché sous terre appartient aux pauvres."
Saint Basile le Grand





"The bread you store up belongs to the hungry; the cloak that lies in your chest belongs to the naked; the gold you have hidden in the ground belongs to the poor."
+Saint Basil the Great

24 mars 2017

Guérir l'âme (saint Justin)

" L'âme est ramenée à la santé par le silence. Il est donc nécessaire de s'entraîner au silence - et c'est un travail qui apporte la douceur au cœur. C'est par le silence qu'un homme parvient à la paix, à se débarrasser de pensées non désirées."
Saint Justin Popovich






"The soul is restored to health by silence. It is therefore necessary to train oneself to silence - and this is a labor that brings sweetness to the heart. It is through silence that a man reaches peace from unwanted thoughts." (St. Justin Popovich)

Fr. John

23 mars 2017

Le poison du diable et nos bonnes oeuvres (saint Cosmas)

Même si nous accomplissons des milliers de bonnes œuvres, mes frères - jeûne, prières, aumône. Même si nous avons versé notre sang pour notre Christ et mais nous n'avons pas ces deux amours [Amour de Dieu et amour du prochain], et au contraire de la haine et méchanceté envers notre prochain, tout ce qu'on aura fait, c'est maléfique et nous irons en Enfer.
Mais, tu dis qu'on va en Enfer malgré tout le bien qu'on fait, et juste à cause de cette petite haine ?

Oui, mes frères, parce que cette haine est le poison du diable, et comme quand on enfoui une petite levure dans une centaine de kilos de farine, elle y a un tel pouvoir qu'elle fait lever toute la pâte, et il en est de même avec la haine. Elle transforme tout le bien que nous avons fait en poison du diable.
Saint Cosmas d'Étolie, Vie de saint Cosmas, et traduction anglaise de ses enseignements et lettres, par Nomikos Michael





Even if we perform upon thousands of good works, my brethren: fasts, prayers, almsgiving; even if we shed our blood for our Christ and we don’t have these two loves [love of God and love of brethren], but on the contrary have hatred and malice toward our brethren, all the good we have done is of the devil and we go to hell. But, you say, we go to hell despite all the good we do because of that little hatred?

Yes, my brethren, because that hatred is the devil’s poison, and just as when we put a little yeast in a hundred pounds of flour it has such power that it causes all the dough to rise, so it is with hatred. It transforms all the good we have done into the devil’s poison.

+St. Kosmas Aitolos, The Life of St. Kosmas Aitolos Together with an English Translation of His Teaching and Letters, Translated by Nomikos Michael