"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

03 janvier 2017

Sainte Geneviève: Office liturgique


Sainte Geneviève de Paris
 

Lucernaire, t. 4
Gardant tes moutons, * tu as appris du bon Pasteur, * Geneviève, la conduite des brebis; * c'est pourquoi le Christ notre Dieu * a fait de toi la protectrice de Son troupeau * lorsque la horde des Loups * férocement s'en approcha, * menaçant de le dévorer; * mais toi, brandissant le bâton de la Foi * et lançant les pierres de tes intercessions, * tu l'en écartas de merveilleuse façon.

Exploit sans pareil: * si l'illustre Judith * employa, pour venir à bout de l'ennemi, * la ruse d'une feinte désertion * et les appâts de la séduction, * au point qu'Holopherne en perdit * la tête doublement * et que son armée leva le siège de Béthulie, * Geneviève n'utilisa * que les charmes de sa prière auprès du Christ * et n'eut que ses larmes pour lotion.

Notre langue, imitant * l'action de grâces d'Israël, * bénit, Geneviève, ton nom: * Tu es la gloire de Paris, * la fierté, le grand honneur de notre pays; * car tu as rendu courage au peuple affolé; * opposant au féroce envahisseur * l'exemple de la Bible et ta foi en Dieu, * tu as renouvelé la prouesse de Judith * et dévié, par ta féminine ténacité, * le fléau qu'en sa droite brandissait le Très-Haut.

t.3
Élevant, Geneviève, le bouclier de la Foi, * tu as éteint les traits enflammés de l'ennemi, * sachant qu'au-delà des adversaires de chair et de sang * tu luttais contre les esprits du mal répandus dans les airs; * c'est pourquoi, tenant ferme, tu résistas, * puisant ton espérance à l'amour de notre Dieu.

Virilement, sainte bergère, tu compensas * la défaillance des stratèges et des soldats: * quand vint à manquer la force des Romains, * c'est ton voile de vierge qui fit peur au fier Attila; * et sous ta faiblesse lui apparut * la puissance des âmes qui ne vivent que pour Dieu.

Il ne t'a pas oublié, le pays qui jadis fut sauvé grâce à toi; * et l'illustre cité, se rappelant * ton assistance au moment du péril, * célèbre en la fête des lumières ce flambeau * qui dans ta main, Geneviève, n'a cessé d'être allumé.

Apostiche, t. 6
Tu aimes Ton pays, Seigneur, * Tu refrènes l'ardeur de Ton courroux.

Vénérons en ce jour * la bergère aimée du Roi, * la sainte patronne de Paris, * qui a tenu sa lampe allumée * contre les souffles déchaînés * par le prince des ténèbres, notre ennemi, * et n'a pas mis la lumière du Christ sous le boisseau, * mais sur le chandelier, pour éclairer la cité.

Tropaire, t. 1

Bergère qui gardais * les moutons à Nanterre, * contre la horde des Loups et le Fléau de Dieu * tu protégeas l'illustre cité des Parisiens; * du Ciel, où tu vit après la mort, * n'oublie pas de garder encor', * sainte Geneviève, tes spirituelles brebis.

Acrostiche: Patronne de Paris, agrée mon chant. Denis.

Ode 1, t.1
Peuples, chantons au Christ notre Dieu, * Qui préserva le genre humain * d'être englouti dans le rouge abîme de l'Hadès * et lui montra le chemin de la céleste patrie, * une hymne de victoire, * car Il S'est couvert de gloire.

Ta lampe, Geneviève, tu l'as tenue, * en vierge sage, allumée * jusqu'à rencontrer l'Époux * de ton âme sanctifiée * et, toute pure, tu es entrée * au festin nuptial de l'Agneau.


Ode 3
O Christ, Tu es la fierté et le soutien des croyants: affermis mon coeur sur Toi * Qui fondas la terre et posas le firmament; * alors je chanterai fièrement: * Il n'est de Saint que Toi, Seigneur.

N'ayant mis dans les princes ta foi, * tu as trouvé, Geneviève, l'appui du Dieu de Jacob * et placé ton espoir dans le Seigneur ton Dieu; * laissant aux uns les chars, aux autres les chevaux, * mieux que les stratèges et les soldats * par ta prière et tes larmes tu as triomphé.

Cathisme, t. 1 Comme David parle prophète fut choisi * dans sa tendre jeunesse et de derrière les brebis, * Geneviève, par le saint pontife Germain * tu fus élue comme gardienne du troupeau; * et, grâce à lui portant le signe de la croix, * comme Daniel tu retins les fauves qui auraient pu le dévorer; * contre la horde des loups spirituels, * Bienheureuse, du haut du Ciel * ne cesse pas de protéger ton bercail.

Ode 4
Dieu d'amour, j'ai eu vent * de Ta venue dans la chair * que librement Tu as acceptée* pour le Salut de tous, * ô Verbe, et j'ai glorifié * Ta condescendance infinie.

Employant comme seules armes * la prière et les larmes,* la frêle Bergère a détourné * la horde des Loups ravisseurs * qui auraient pu, de leurs crocs, * déchirer son troupeau.


Ode 5
Ta lumière et Ta vérité, * envoie-les, Seigneur, pour nous guider * sur la voie de Tes Commandements, * Ami des hommes, et donne-nous Ta paix.

Éclaire de ton cierge toujours allumé * la cité qui se veut lumière à son tour: * que la Foi de nos pères gardée par toi, * Geneviève, soit pour elle véritable clarté.



Ode 6
Avalé par le monstre marin, * Jonas préfigura, Seigneur immortel, * Ta divine Résurrection * depuis les entrailles sans clarté, * en remontant du plus profond * de l'Hadès vers la vie.

Renouvelant la sage intendance de Joseph, * au peuple affamé de la cité, * sainte mère, tu procuras du blé, * le vendant aux riches, mais gratuitement * le donnant aux pauvres qui, rassasiés, * louèrent le Seigneur.


Kondakion, t. 8
Chantons l'illustre Bergère qui délivra * du Fléau de Dieu les brebis de son troupeau, * renouvelant l'exploit
de la courageuse Débora * et chastement la sainte audace de Judith, * puis nourrissant comme Joseph un peuple affamé * et jusqu'à nos jours tenant sa lampe allumée * sur l'illustre cité qui l'acclame ainsi: * Réjouis-toi, sainte patronne de Paris.

Ikos
Il nous est agréable de te célébrer, * il nous est doux, Geneviève, de chanter pour toi, * et d'elle-même notre bouche s'ouvre pour exprimer * ce que nous suggère l'abondance de notre coeur; * dirige cependant l'élan de notre esprit * afin que notre verbe soit à la hauteur * de ta vaillance et de ta sainteté; * alors, en toute assurance nous pourrons chanter:

Réjouis-toi, qui du suprême Pâtre fus aimée, * réjouis-toi, bergère couverte de renommée, * réjouis-toi, qui as bien mérité notre hourra, * réjouis-toi, émule de la fière Débora.

Réjouis-toi, dont la foi fut comparable au granit, * réjouis-toi, qui montras le courage de Judith, * réjouis-toi, qui privas l'adversaire de sa proie, * réjouis-toi, grâce à qui Lutèce a connu la joie.

Réjouis-toi, qui devant l'adversaire n'as tremblé, * réjouis-toi, qui distribuas aux pauvres le blé, * réjouis-toi, qui mis en déroute la barbarie, * réjouis-toi, qui fus en même temps Marthe et Marie.

Réjouis-toi, sainte patronne de Paris.


Synaxaire
Le 3 Janvier, mémoire de notre bienheureuse mère, sainte Geneviève de Paris.
Bergère protégeant le troupeau du bon Pâtre, * Geneviève arrêta les troupes d'Attila. * Tel un parfum quittant l'enveloppe d'albâtre, * notre Sainte, le trois, monte vers l'au-delà.
Par ses saintes prières, ô Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous. Amen.



Ode 7
En la fournaise ardente comme en un festin nuptial * pénétrèrent jadis les Jeunes Gens * dont la sainteté fut manifeste en leur piété; * d'une même voix, ils ont chanté: * Dieu de nos Pères, Seigneur, Tu es béni.

Marthe et Marie ont trouvé en toi, * Geneviève, leur imitatrice, toutes deux: * de l'une tu as eu l'activité, le dévouement, * de l'autre l'amour divin, dans la contemplation * de ta prière intense aux pieds du Seigneur.

Ode 8
Celui Qui protégea les Jeunes Gens* dans la flamme ardente du brasier * et Qui sur eux descendit * sous la forme d'un Ange, * c'est le Seigneur, chantez-Le, * exaltez-Le dans tous les siècles.

Héroïque fut ton comportement: * alors que le peuple se défiait de toi, * tu rassemblas les femmes pour prier * et grâce à toi, Geneviève, le ciel, * rouge à l'horizon des incendies d'Attila, * reprit le bleu de la sérénité.

Bénissons le Seigneur, Père, Fils et saint Esprit.

A qui, Bienheureuse, te comparer? * Tu as montré le courage de Débora, * l'audacieuse, mais chaste initiative
de Judith, * tu fus comme Joseph pourvoyeuse de blé, * comme Marthe, l'intendante des indigents * et comme Marie tu brûlas de charité.

Et maintenant...

Notre bouche se doit d'exprimer, * comme celle des enfants, des tout petits, * la perfection de la louange en célébrant * le Dieu unique et trois fois saint, * Père, Verbe, Esprit divin, * Qui vit et règne dans les siècles.


Ode 9
D'âge en âge nous te magnifions, * toutes les humaines générations, * car sans semence tu as enfanté * hors des lois de la nature * Celui Qui ne peut changer, * Toujours-vierge que la grâce de l'Esprit * a couverte de Son ombre.

Éponyme de la féminité * trouvant dans le courage sa plus noble expression, * sainte Patronne de notre si belle cité * et victorieuse des plus cruels envahisseurs, * nous te rendons gloire pour avoir sauvé * en l'antique Lutèce le juvénile Paris.

Nouveauté dans les annales des saintes: * la première après David, berger devenu roi, * Geneviève la pastourelle a montré * plus de courage qu'un guerrier * et devant sa quenouille, son bâton pastoral, * filèrent doux les ennemis.

Il convient de magnifier le bon Pasteur, * le Maître vers la main Duquel * la Bergère avait les yeux tournés: sans Lui - Paris peut bien le dire - * le Fléau de Dieu l'eût avalé tout vif, * sans le Seigneur Qui était avec lui.

Exapostilaire, t. 2
Du Ciel envoie sur nous l'inextinguible clarté, * Geneviève, toi qui sus, de ton vivant, * traverser, de Paris à Saint-Denis, * la tempête et les vents déchaînés, * sans que le cierge, allumé dans ta main, * ne soit éteint par les forces du mal, * car tu avais, pour sans cesse le rallumer, * les Anges servant le Seigneur comme flammes de feu.

Laudes, t. 5
Prodigue envers nous tes bienfaits, * étends sur notre misère la protection * que tu assures à ta ville et ton pays, * afin que de loin comme de près * nous puissions chanter au Seigneur, * bienheureuse Geneviève, grâce à toi: *  C'est dans Ton Nom que se trouve le Salut.

Allume dans le coeur de tes enfants * la vive flamme d'amour * qui te fit braver la tempête des périls, * Geneviève, car tu avais découvert * en écoutant l'évangélique leçon * dans les pauvres, les humbles, les petits, * les moindres frères de ton Maître, le Christ.

Réveille le courage de ceux qui se laissent gagner par la tiédeur, * donne-leur, Geneviève, d'imiter ton ardeur, * puisque toi-même virilement tu as suivi * l'illustre exemple de Judith * et suscité, après des siècles, la vocation * d'une jeune bergère à combattre vaillamment.


AMEN



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