"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

08 février 2017

Saint Jacut, abbé et Confesseur (6ème siècle)

Saint Jacut eut pour père Fracan, cousin du roi breton Catoui, et pour mère Alba (ou Guen). Il naquit en Grande-Bretagne dans la première moitié du Ve siècle et eut un frère jumeau nommé Weithnoc ou Guethnoc. Tous deux étaient bien jeunes quand leurs parents, fuyant devant l'envahisseur saxon, traversèrent l'océan britannique et vinrent chercher la paix en Armorique, vers 460. On atterrit au port de Brahee, dans la baie de Saint-Brieuc. Là naquit un troisième enfant, nommé Guennolé, dont la renommée devait rejeter dans l'ombre celle des deux jumeaux Jacut et Weithnoc. On a lieu de croire que Fracan confia ses deux aînés à saint Rudoc et que ceux-ci, à l'abbaye de Lavré, se formèrent au travail des mains, à la prière, à la pénitence. Aspirant à une solitude plus complète, ils allèrent ensuite se fixer à Landoac, y bâtirent un ermitage pour y consacrer le jour au travail des mains et la nuit à l'oraison : ils convertirent la population qui vivait autour d'eux et formèrent ces nouveaux chrétiens à la mise en labour des terrains en friche. Bientôt ils eurent quelques disciples et ce fut comme le noyau de l'abbaye de Saint-Jacut; le nouveau monastère dut sans doute son accroissement aux émigrations de Grande-lretagne en Armorique. Une tradition conservée à l'abbaye de Saint-Jacut rapporte que vers la fin de sa vie, et pour une cause demeurée inconnue, Weithnoc se sépara de son frère sans qu'on puisse dire vers quel lieu il dirigea ses pas. Demeuré seul à Landoac, Jacut continua d'y mener une vie pleine de mérites. D'après Noël Mars, il mourut le 8 février, dans la première moitié du 6ième siècle. Son corps fut enterré dans l'église du monastère qui était dédié à Notre-Dame et qui plus tard a été appelé du nom de Saint-Jacut. A la descente des Normands en Bretagne, vers 878, les reliques de saint Jacut furent dispersées.

Bien qu'on ne possède plus les anciennes archives de l'abbaye on sait que le souvenir de saint Jacut s'y conserva même après 818, date de l'introduction de la règle bénédictine modifiée par les Carolingiens. La paroisse de Saint-Jacut-sur-Ars, près Redon, croit posséder depuis un temps immémorial des reliques de son saint patron : peut-être fut-ce là une des étapes des moines de Landoac, qui y auraient laissé une partie de leur trésor. Le culte de saint Jacut nous est attesté par les livres liturgiques dont s'est occupé de nos jours F. Duine, "Bréviaires et missels bretons"; par exemple un missel de 1503, conservé au British Museum, a deux fêtes en l'honneur de saint Jacut, l'une au 8 février comme dies natalis, l'autre au 5 juillet commémorant sans doute une translation.
Le saint était honoré même en des lieux où ses moines n'avaient pu contribuer à le répandre, comme à la paroisse de Besné, au diocèse de Nantes, en deux anciennes paroisses dont il était le patron dans le diocèse de Quimper.
Bibl. "La Vie de saint Jacût" extraite la Vie de son frère, saint Guennolé (voir 3 mars) - Comme travaux plus récents, voir F. Duine, Questions d'hagiographie, Paris, 1914. - A. Lemaeson, Saint Jacut, son histoire, son culte, ses légendes,Saint-Brieuc, 1912. - Molinier, Sources, n. 400.


Ni icône, ni tropaire, ni Office, "comme d'habitude et trop souvent" dès qu'il s'agit de saints de l'Église né en Occident...

photo : Saint-Jacut-de-la-mer, un village des Côtes d'Armor, nous y avons été le 18 août 2003 


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