"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

09 septembre 2017

Saint Omer, évêque de Thérouanne (9 septembre)

Enluminure : L'évêque saint Omer et le roi Dagobert 1er

Saint OMER (OMAR, AUDEMAR, AUDOMARUS), natif du Cotentin, moine de Luxueil en Franche-Comté, puis évêque de Thérouanne en Artois, fondateur d'un monastère qui allait donner naissance à la ville de Saint-Omer (667 ou 670). (Office composé en français par le père Denis Guillaume et publié au tome XVI du Supplément aux Ménées.)

Saint Omer naquit, vers la fin du 6ième, à Orval, près de Coutance (Normandie), de parents fort pieux. Son père s'appelait Friulphe et sa mère Domitta. Ils eurent grand soin de former dans les lettres et la vertu ce cher fils, qui était l'unique fruit de leur mariage. Après la mort de Domitta, la grâce croissant en lui avec l'âge, il résolut de renoncer au monde et de devenir moine; il réussi même à convaincre son père à l'y suivre. Ils vendirent donc leurs biens pour en distribuer l'argent aux pauvres. Et ainsi, pauvres des biens de la terre, mais riches des biens du Ciel, morts au monde et ne vivant qu'en Jésus-Christ, fidèles à la grâce et ennemis du démon, ils se rendirent au monastère de Luxeuil, la célèbre école monastique du désert des Vosges d'où sortaient tant de saints. Ils y furent cordialement accueillis par l'abbé saint Eustaise (612 ou 615), successeur du fondateur saint Colomban. Et après les avoir soumis à de rudes épreuves pour les débarrasser de tout lien terrestre et surtout de leur mutuel attachement, les admit ensemble à la vie monastique. Friulphe y persévéra jusqu'à la fin et mourut saintement.

Saint Omer devint bientôt un modèle pour les autres frères. Il était chaste de corps et d'esprit, premier à l'obéissance et dans l'humilité, le plus versé dans la connaissance chrétienne, le plus aimable par sa charité et par sa douceur, et grand ascète par l'austérité des jeûnes et des veilles. Cette ferveur ne se ralentit pas dans la suite des années, comme cela arrive trop souvent aux jeunes gens qui commencent à servir Dieu avec beaucoup d'ardeur, et se relâchent après par leur négligence. Elle augmenta tellement, que sa réputation se répandit par tout le royaume Franc. Le roi Dagobert 1er, en étant informé, le fit élire évêque de Thérouanne par les suffrages libres du clergé et du peuple. Saint Achair, évêque de Tournai et Noyon, y contribua beaucoup.

Saint Omer trouva dans son diocèse une occupation digne de son zèle apostolique. Les Morins, peuplade du diocèse de Thérouanne, étaient malheureusement retombés dans le paganisme, d'où ils avaient été tirés par les prédications de saint Victoric et de saint Fuscien, illustres martyrs de Jésus-Christ, à Amiens, où ils furent mis à mort par la cruauté du préfet Rictiovare. Il travailla avec tant d'application à ramener ses ouailles à la Foi Chrétienne, qu'après les avoir éclairées des lumières de l'Évangile, il fit brûler leurs idoles et bannit entièrement de son diocèse les cultes des faux dieux. Il fut aidé dans cette sainte expédition par saint Bertin, saint Momrnolin et saint Bertrand, qui le secondèrent avec son zèle, comme ses fidèles disciples.

Parmi les épisodes de sa vie, lorsqu'il était à Boulogne, petite ville de son diocèse, un prêtre lui demanda permission d'aller se détendre sur le bord de la mer. Le saint, à qui Dieu avait révélé le malheur qui lui arriverait s'il y allait, lui défendit expressément de le faire. Le clerc désobéit, et, ayant trouvé un petit bateau qui servait à passer la rivière à l'endroit où elle se décharge dans la mer, il grimpa dedans pour se promener le long du rivage; mais une furieuse tempête s'étant élevée tout à coup, il se retrouva vite en danger de faire naufrage. Le péril le fit réfléchir, et il se repentit de sa faute, et, se voyant à la merci des vents sans savoir où il était, il implora l'assistance du saint évêque. Après sa prière, il aborda à terre; mais il fut bien surpris de se voir à la côte d'Angleterre. La crainte de tomber entre les mains des bandits, dans un pays si éloigné, lui fit redoubler ses prières ; il supplia de nouveau le saint de ne pas l'abandonner. Se confiant en sa bonté pastorale, qu'il était sûr être informée par un esprit prophétique du péril dans lequel il se trouvait, il remonte sur le bateau, et, menant une bonne navigation, il arrive en peu de temps au même lieu d'où il était parti. Il courut aussitôt auprès du saint, se prosterna devant lui pour lui demander pardon de sa désobéissance, lui raconta tout ce qui s'était passé, et le remercia de la grâce qu'il avait obtenue par son intercession. Saint Omer le reprit sévèrement de sa faute, et, lui ayant fait réfléchir sur la punition que Dieu tire de ceux qui désobéissent à un ordre sage de leur évêque, il lui interdisit de parler de ce qui s'était passé, et le jeune clerc garda le silence jusqu'après la mort du saint évêque.

Une autre fois, en visite pastorale dans son diocèse, il se reposa sous un arbre près d'un village appelé Jernac (à présent Journi), pour se remettre un peu de la fatigue du chemin. A son réveil, il fit planter, au même endroit où il s'était assis, une croix de bois, sur laquelle, la nuit suivante, on vit paraître une admirable clarté. Depuis, les fidèles honorèrent singulièrement ce même lieu, comme ayant été consacré par la présence d'un si saint homme. Tous les malades qui le visitent par dévotion y reçoivent la guérison de leurs maux.

Vers la fin de sa vie, 667 ou 668, saint Omer rendit visite à saint Aubert, évêque de Cambrai et Arras, à l'occasion de la translation des reliques de Saint Vaast vers l'abbaye. Devenu aveugle, il y fut guéri mais par humilité, Saint Omer préfèra la pauvreté de la cécité et il redevint aveugle. Il aida à la fondation de nombreux monastères et prit la direction spirituelle de saint Vincent de Soignies et sainte Waudru. Il fut également l'éducateur de saint Landelin. Plus tard, saint Fulbert de Chartres en écrivit la vie et les miracles.


Tropaire de saint Omer de Thérouanne, ton 1
Ta mère morte, tu partis avec ton père, devenir moine au monastère de Luxeuil.
Sous la guidance spirituelle d'Eustaise,
Tu acquis les plus hautes vertus monastiques,
Avant que d'être élu évêque de Thérouanne.
Ô saint Omer prie pour le salut de nos âmes!


icône du diacre Paul
icône à commander au monastère de Pervijze

08 septembre 2017

07 septembre 2017

06 septembre 2017

04 septembre 2017

Un père spirituel, ça "porte" le péché de son enfant (saint Nikon)


En priant dans le Jardin de Getsemani, notre Seigneur a donné pour tout père spirituel l'image de la relation qu'il devrait avoir avec ses enfants spirituels, car il prend leurs péchés sur lui-même. Quelle énorme tâche, et quel poids de ce que le père spirituel doit endurer.
Saint Nikon d'Optina