"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

13 septembre 2018

Avant-fête de l'Exaltation de la Croix : dédicace de la basilique de l'Anastasis à Jérusalem

13/26 septembre : Vigile de l'Exaltation de la vénérable et vivifiante Croix et Dédicace de la Basilique de la Résurrection à Jerusalem (335)

Suivant l'antique loi, le nouvel Israël
du Renouveau célèbre le faste annuel.
En Septembre, le treize, pour la Dédicace
de sa Résurrection, au Seigneur rendons grâce
.

Tropaire, t. 4

Comme tu as orné de splendeur * le céleste firmament, * sur terre aussi tu pares de beauté * la sainte demeure de ta gloire, Seigneur. * Pour les siècles des siècles affermis-la * et par les prières de la Mère de Dieu * agrée les incessantes supplications * qu'en ce temple nous faisons monter jusqu'à toi, * Seigneur, notre vie et l'universelle résurrection.

Tropaire, t. 2

Nous t'offrons, Seigneur, le talisman de la vivifiante Croix * que malgré notre indignité tu nous donnas dans ta bonté; * sauvegarde notre pays et tout le peuple chrétien * par les prières de la Mère de Dieu, seul Ami des hommes.

Lucernaire, t. 6

L'ancienne Loi prescrivait * d'observer la dédicace, et faisait bien; * mais il est préférable d'observer, * par la Dédicace, le renouveau; * car les îles, au dire d'Isaïe, * doivent se renouveler devant Dieu; * par ces îles entendons les Eglises des Gentils * qui viennent d'être fondées * et se consolident pour Dieu; * c'est pourquoi nous aussi, * fêtant la Dédicace, célébrons le renouveau.

Frères, opérez le renouveau * et, rejetant le vieil homme, vivez * dans une vie nouvelle, en refrénant tout ce qui procure la mort; * corrigeons tous nos membres et détestons * la nourriture prise à l'arbre pour notre malheur, * nous souvenant de nos antiques fautes pour les fuir; * c'est ainsi que l'homme est renouvelé, * ainsi est observé le jour du Renouveau.

Ô Christ et Verbe éternel, * telle un donjon tu as placé * ton Eglise, que tu fondas * sur la roche de la foi * et qui demeure, par conséquent, * inébranlable pour les siècles, te possédant, * toi qui pour elle en ces derniers temps * t'es fait homme sans changement. * Aussi, dans l'action de grâces, nous te chantons: * avant les siècles, maintenant et toujours * tu es notre Roi; Seigneur, gloire à toi.

Suivant l'exemple de ta bonté, * les ignorants se révélèrent sensés; * après ta mort, descendu par loi de nature au tombeau, * bienheureux Corneille, tu en fis * la source des miracles coulant à flots * pour guérir les malades, les affligés * et chasser les esprits pernicieux, * par grâce de l'Esprit saint, Pontife inspiré.

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen

En ce jour fut rendu visible le bois de la Croix, * en ce jour furent détruits les complots des impies, * en ce jour les empereurs des croyants * firent triompher notre foi; * et, si jadis par l'arbre Adam fut déchu, * par l'arbre de la Croix maintenant * les démons sont frappés de terreur. * Gloire à toi, Seigneur tout-puissant, gloire à toi
.

Kondakion, t. 4

L'Eglise s'est montrée comme un ciel aux mille feux * illuminant l'ensemble des croyants; * nous y chantons: Seigneur, affermis ce temple saint.

Ikos

Le Verbe ayant vécu parmi nous selon la chair, * le fils du tonnerre en l'Ecriture nous dit: * Nous avons vu clairement la gloire du Fils, * celle qu'il tient du Père par grâce de vérité. * A tous les fidèles qui l'ont reçu * il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu; * et nous qui sommes nés de nouveau * non par la volonté du sang ni de la chair, * mais tirons notre croissance de l'Esprit saint, * dans la maison de prière bâtie de nos mains * nous chantons: Seigneur, affermis ce temple saint.

Exapostilaire t. 2

Le Seigneur élevé sur la croix au Golgotha * accomplit notre salut et renouvela l'entière création; * déposé au tombeau vivifiant, le troisième jour * il ressuscita comme Dieu; * et nous tous, avec les chœurs des Anges nous célébrons * la Dédicace de sa lumineuse et vénérable Résurrection.

Au milieu de la terre il accomplit le salut par la Croix, * le Seigneur Dieu qui voulut prendre chair pour le renouveau du monde entier; * déposé au tombeau, le troisième jour * il est ressuscité, et désormais * comme arrhes de la vie nous avons sa divine Résurrection, * dont nous célébrons la Dédicace avec les Anges de Dieu.

Ô Vierge, dans l'allégresse nous te disons: Réjouis-toi, * qui délivres Adam et Eve de l'antique malédiction; * réjouis-toi, par qui la nature des mortels * fut élevée à la gloire céleste de ton Fils et ton Dieu; * réjouis-toi, Mère de Dieu et Vierge Marie, car devant elle, grâce à toi, * se prosternent les Anges en tout temps dans les cieux
.

Comme sainte Hélène venait de découvrir le saint Sépulcre ainsi que les instruments de la Passion [14 sept.], saint Constantin le Grand — qui désirait rendre grâce à Dieu de l’heureuse conclusion du Concile de Nicée — ordonna à l’évêque de Jérusalem, saint Macaire [16 août], d’élever sans retard et aux frais de l’État, sur les lieux de la Rédemption du monde, un édifice qui serait le plus splendide possible. Après avoir isolé le Saint-Sépulcre de la colline dans laquelle il avait été creusé, on orna richement la grotte, qui devait être recouverte, par la suite, d’un édifice en rotonde : l’Anastasis. On construisit ensuite, séparée du Tombeau par un atrium avec portiques et colonnades, une vaste basilique à cinq nefs, nommée le Martyrion1, décorée somptueusement de colonnes de marbres, de mosaïques et de plafonds dorés2, dans laquelle était conservée la relique de la sainte Croix3. Entre l’Anastasis et le Martyrion, au sud-ouest, se dressait le rocher du Golgotha, sur lequel on avait planté une croix que l’on vénérait en accédant à la plate-forme par un escalier à rampe d’argent.
Lorsque, au bout de dix ans de travaux (325-335), l’église fut achevée, l’empereur envoya un représentant au Concile, réuni à Tyr, pour inviter tous les évêques qui s’y trouvaient à se rendre à Jérusalem, afin de procéder à la consécration. La dédicace de la basilique eut lieu à l’occasion du trentième anniversaire du règne de saint Constantin, le 13 septembre 335, au milieu de somptueuses manifestations et de grandes réjouissances populaires. Par la suite, on institua la commémoration annuelle de cet événement dans tout l’Empire, pour remplacer la fête païenne de Jupiter Capitolin. Ce temple élevé à la gloire de la Résurrection du Sauveur était si beau, ce lieu si vénérable, qu’il devint le symbole de la victoire du christianisme et le modèle de toute église. Comme le terme grec pour désigner la consécration d’une église signifie littéralement « renouvellement » (enkainia), les saints Pères ont profité de cette célébration pour célébrer, dans l’office de ce jour, le renouvellement de toute la création sensible, accompli par la résurrection du Christ.

(Le Synaxaire * La vie des Saints de l'Eglise Orthodoxe * Hiéromoine Macaire de Simonos Pètra * Tome premier * Septembre, Octobre)

source image (creative commons)

Aucun commentaire: