"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

21 septembre 2019

Offrir sa faiblesse à Dieu (s. Grégoire)

La voix d'un cœur soupirant, ses sanglots et ses cris de deuil, je Te les offre, ô Voyant des Secrets, en déposant les fruits de mon esprit hésitant comme un sacrifice savoureux sur le feu de mon âme en deuil pour Te les livrer dans le brasier de ma volonté.
Saint Grégoire de Narek





The voice of a sighing heart, its sobs and mournful cries, I offer up to You, O Seer of Secrets, placing the fruits of my wavering mind as a savory sacrifice on the fire of my grieving soul to be delivered to You in the censer of my will.
Saint Gregory of Narek

20 septembre 2019

Voir le bon dans le coeur du méchant (metr. Tikhon)

"Une personne spirituelle ressent les intentions des autres (par exemple, si quelqu'un veut l'exploiter ou le voler), mais elle envisage toujours ce qu'il y a de mieux en eux et les traite en conséquence. Il ne les empêche pas d'agir, pensant qu'ils ont plus besoin de ce qu'ils veulent lui prendre que lui."
Métropolite Tikhon Shevkunov





A spiritual person feels the intentions of others (for example, if someone wants to exploit him or rob him), but always assumes the best in them and treats them accordingly. He doesn’t hinder them, thinking that they have a greater need of what they want to take from him than he does.
(Metropolitan Tikhon Shevkunov pravoslavie.ru)

19 septembre 2019

Espérer contre toute logique humaine

En 1988, un tremblement de terre en Arménie a coûté la vie à plus de 30.000 personnes.

Après la fin du tremblement de terre, un père s'est précipité vers le bâtiment de l'école primaire où se trouvait son fils. Quand il est arrivé, il a vu que le bâtiment avait été transformé en tas de ruines. Le désespoir l'a maintenu en vie. Des larmes coulaient sur ses joues.

Mais il se souvint ensuite des paroles qu'il répétait souvent à son fils : "Quoi qu'il arrive, souviens-toi, je serai toujours là." Cela lui a donné force et inspiration. L'emplacement de la salle de classe de son enfant a été déterminé et il a commencé à déblayer les débris.

D'autres parents ont essayé de calmer son enthousiasme, en disant qu'il était trop tard. Cependant, l'homme a dégagé les débris pendant 36 heures.
Et après qu'un gros morceau de béton ait été déplacé sur le côté, il a entendu son fils crier : "Papa, c'est moi !" Le garçon, avec un petit groupe de camarades de classe, était vivant. Son fils, cette fois, avait convaincu les enfants effrayés que son père viendrait les sauver.

"Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les Cieux en donnera-t-Il de bonnes à ceux qui L’en prient! " Mt 7,11





In 1988, an earthquake in Armenia claimed the lives of more than 30,000 people.

After the earthquake ceased, the father ran to the elementary school building where his son was. When he arrived there he saw that the building had been turned into a pile of debris. The despair kept him going. Tears rolled down his cheeks.

But then he remembered the words he often repeated to his son: "Whatever happens, remember, I'll always be there." This gave him strength and inspiration. The location of his child's classroom was determined and he began to dismantle the debris.

Other parents tried to calm his enthusiasm, saying it was too late. However, the man dismantled the debris for 36 hours.
And after a large piece of concrete was moved to the side, he heard his son scream: "Dad, it's me!" The boy, with a small group of classmates, was alive. His son, this time, convinced the scared children that his father would come and save them.

" So if you, though you are evil, know how to give good gifts to your children, how much more will your Father who is in heaven give good things to those who ask Him! ». Matthew 7:11

Orthodox Parables and stories

18 septembre 2019

Silence et passivité ne sont pas toujours appropriés

"Vous voyez des gens maltraiter et insulter des choses saintes et sacrées, et d'autres qui ne disent rien. C'est démoniaque d'être doux en une telle occasion."
Saint Païssios du Mont Athos

"Même par le silence, la Vérité peut être trahie"
Saint Grégoire de Nazianze


"You see people abusing and reviling holy and sacred things and others not saying anything. Being meek on such occasion is demonic"
Saint Paissios of Mount Athos

"Even by silence, the Truth can be betrayed"
Saint Gregory the Theologian

17 septembre 2019

Voulez-vous être reconnu dans la vie? (parabole asinesque)

Deux ânes marchaient dans Jérusalem lorsqu'un des deux dit à l'autre
- Hier encore, j'étais ici, je portait Jésus, et le peuple acclamait, chantait, jetant des feuilles de palmiers et leurs manteaux par terre pour que j'y marche, et aujourd'hui, ils ne me reconnaissent même pas...
L'autre âne répondit
- c'est ainsi, mon ami, sans le Christ, nous ne sommes rien...

16 septembre 2019

L'hérésie de la fin des temps (staretz Athanasios)



"Vous devez avoir une vision claire de l'hérésie de l'œcuménisme. Vous devez prendre une position responsable. C'est l'hérésie de la fin des temps...."
Staretz Athanasios Mytilianaios, 2006

“You must have a clear view as to the heresy of Ecumenism. You need to take a responsible stance. It is the heresy of the end times...”
Elder Athanasius Mytilianaios, 2006


''Ξεκαθαρεῖστε τὸ τοπίο ὡς πρὸς τὴν αἵρεση τοῦ Οἰκουμενισμοῦ.
Λάβατε ὑπεύθυνη θέση. Εἶναι ἡ αἵρεση τῶν ἐσχάτων...''
π. Ἀθανάσιος Μυτιληναῖος, 2006

15 septembre 2019

Suite et fin de la réunification de l'Église de Russie - l'archevêché des églises de tradition russe en Europe occidentale


Après le rétablissement de la pleine communion avec l'Église Russe Hors Frontières en 2007, qui s'est aussi déroulé dans bien des discussions, tensions, doutes, etc, pour finir par y amener la paix, voici qu'aujourd'hui c'est "l'Archevêché des églises de tradition russe en Europe occidentale" (plus communément surnommé "DARU", la cathédrale se situant rue Daru à Paris) qui rétablit la pleine communion et l'unité organique avec le restant de l'Église dite "de Russie".

En attendant une résolution enfin cohérente de l'organisation de l'Église en dehors des territoires canoniques officiels - e.a. un évêque = une ville / métropole; pas d'organisation basée sur l'ethno-phylétisme car c'est une hérésie; un patriarcat par grandes zones géographiques et pas par pays, etc -, c'est une étape de pacification qui s'imposait.

Ci-dessous 2 importants articles à ce sujet, republiés depuis "Parlons d'Orthodoxie", avec les liens d'origine. Autant l'intervention de père Maxime Le Diraison que l'annonce du rétablissement de la communion méritent lecture.
 
Rendons grâce à Dieu, continuons de prier pour eux, et souhaitons-leur d'enfin y vivre la paix qui y a manqué ces dernières années.

Ангела-Хранителя!

чтец Жан-Мишель
Русская православная церковь





Le Saint-Synode a reçu dans l’Église orthodoxe russe le chef de l’Archevêché des églises de tradition russe en Europe occidentale, ainsi que les clercs et les paroisses qui souhaitent le suivre
https://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Le-Saint-Synode-a-recu-dans-l-Eglise-orthodoxe-russe-le-chef-de-l-Archeveche-des-eglises-de-tradition-russe-en-Europe_a5836.html
Le 14 septembre 2019, le Saint-Synode a examiné la requête de l’archevêque Jean (Renneteau), chef de l’Archevêché des églises de tradition russe en Europe occidentale, qui faisait part du désir de la majorité des clercs et des paroisses de l’Archevêché de maintenir l’existence de celui-ci en rejoignant la juridiction de l’Église orthodoxe russe. Il demandait à entrer en communion canonique et en union avec le Patriarcat de Moscou, avec les membres du clergé et les paroisses qui souhaiteraient le suivre.
L’archevêque Jean informait aussi qu’aurait lieu prochainement une assemblée des représentants de ces paroisses, qui adresseraient à Sa Sainteté le patriarche et au Saint-Synode leurs propositions concernant la forme canonique de leur organisation.

Les membres du Saint-Synode, ayant délibéré par moyens de liaison à distance, ont pris les résolutions suivantes (procès-verbal n°22) :

• Accepter Son Éminence l’archevêque Jean (Renneteau) dans la juridiction du Patriarcat de Moscou avec le titre « de Doubna », ainsi que tous les membres du clergé placés sous sa direction et les paroisses qui en exprimeront la volonté.

• Confier à l’archevêque Jean de Doubna la direction des paroisses susmentionnées.

• A réception de la requête de l’assemblée des représentants des paroisses, déterminer également la forme canonique de leur organisation, partant des particularités historiques de son mode de direction diocésain et paroissial, ainsi que des traditions liturgiques et pastorales établies par le métropolite Euloge, qui tenaient compte des conditions d’existence de l’entité ecclésiastique dont il était à la tête en Europe occidentale.

L’archevêché des églises de tradition russe en Europe occidentale fut fondé en 1921, lorsque la Direction temporaire des églises russes en Europe occidentale fut confiée à Son Éminence l’archevêque Euloge (Gueorguievski), suivant un décret de saint Tikhon, patriarche de Moscou et de toute la Russie, du Saint-Synode et du Haut Conseil ecclésiastique.

Tenant compte des circonstances historiques, en 1931, les paroisses dirigées par le métropolite Euloge furent accueillies temporairement dans la juridiction du Patriarcat de Constantinople en qualité d’exarchat, le métropolite Euloge soulignant qu’il « s’agissait seulement d’une interruption temporaire des rapports administratifs officiels » jusqu’au moment « où l’autorité ecclésiastique centrale reconnue de tous et des conditions de vie normales pour l’Église orthodoxe russe seraient rétablies ».

En 1945, le métropolite Euloge et deux de ses vicaires, l’archevêque Vladimir et l’évêque Jean, prièrent Sa Sainteté le patriarche Alexis I de Moscou et de toute la Russie de les recevoir avec leurs paroisses dans l’unité canonique de l’Église orthodoxe russe. Le 7 septembre 1945, le Saint-Synode décréta : « Ayant remercié le Seigneur Dieu, considérer le métropolite Euloge et ses vicaires – l’archevêque Vladimir et l’évêque Jean – avec l’ensemble des 75 paroisses, comme réunis à l’Église-mère et reçus dans la juridiction du Patriarcat de Moscou, et conserver à l’avenir l’Exarchat des églises d’Europe occidentale dans ses frontières existantes, le métropolite Euloge à leur tête en tant qu’exarque du Patriarcat de Moscou, sur les bases exposées dans les Statuts dirigeants de ces églises. »

Cependant, après la mort du métropolite Euloge, en 1946, une partie importante du clergé et des fidèles décidèrent de revenir dans la juridiction du Patriarcat de Constantinople.

Le 27 novembre 2018, le Synode du Patriarcat de Constantinole a pris la décision de dissoudre l’Archevêché.

Le 14 septembre 2019, l’archevêque Jean (Renneteau), dirigeant de l’Archevêché, a adressé à Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie la requête susmentionnée, informant que la majorité des votants, clercs et laïcs, de l’Assemblée extraordinaire de l’Archevêché, « avaient exprimé leur soutien au projet de rattachement canonique au Patriarcat de Moscou, élaboré pendant les réunions de la commission mixte », qui a travaillé durant l’année 2019.

Dans la même lettre, l’archevêque Jean demandait de l’accueillir avec les communautés correspondant à la majorité des votants à l’assemblée « dans la communion canonique et l’union avec le Patriarcat de Moscou pour assurer la continuité de la vie ecclésiale, liturgique et sacramentelle de l’Archevêché des églises de tradition russe en Europe occidentale. »

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P.O. met en ligne une photo du bureau de Monseigneur Jean. Nous y voyons de gauche à droite Mgr Jean lui-même, le patriarche Cyrille ainsi que mère Marie Skobtsov qui a toujours voulu revenir en Russie.
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« Vive la liberté ! La liberté ou la mort !» ai-je entendu crier au cours de cette noble Assemblée Générale
Par père Maxime le Diraison

https://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Vive-la-liberte--La-liberte-ou-la-mort--ai-je-entendu-crier-au-cours-de-cette-noble-Assemblee-Generale_a5831.html




« Vive la liberté ! » ai-je entendu crier au cours de cette noble Assemblée. Cela aussi, je m’en méfie. « La liberté ou la mort », criaient les révolutionnaires, juste avant d’établir la Terreur.
Mes pères, mes frères, mes amis
A mon tour, je me permets de commenter à mon humble niveau la situation de notre archevêché et partager ces quelques réflexions qui j’espère ne blesseront personne en particulier, bien que le politiquement correct ne soit pas précisément ma spécialité. Jusqu’à présent, je n’ai pas osé les manifester, pensant qu’avant l’Assemblée cela n’était d’aucune utilité, dès lors que d’autres avaient dit ou bien diraient mieux que moi ce que je ressentais, et aussi par le fait que de meilleurs que moi retenaient leur parole ou bien choisissaient opportunément de se taire. Je n’ai pas non plus voulu prendre la parole à cette Assemblée car la règle des 5 minutes de parole qui est très probablement nécessaire dans ces situations (je ne la remets pas en cause) est par trop contraignante pour beaucoup. Il est vrai que ce que j’ai lu et entendu ces derniers temps m’ont quelque peu décomplexé.

Je suis moi-même diplômé en Théologie, en Philosophie et en Histoire, mais mon existence assez périphérique fait que je n’ai que peu de part et donc d’informations sur les enjeux très complexes de notre situation canonique. Je vous prie donc de pardonner mes approximations éventuelles. 


J’essaierai d’être méthodique et concis.
Depuis le début de cette crise, je me trouve convaincu du fait qu’elle est d’abord une manifestation d’une crise plus générale et plus profonde qui concerne toute l’Orthodoxie, c’est-à-dire toutes les juridictions de l’EO dans leur ensemble. Il n’y a pas que la question de la territorialité, mais aussi celle de l’autorité, de la conciliarité. D’une manière générale,

je suis de ceux qui pensent que le fonctionnement des Eglises Orthodoxes est devenu vraiment obsolète et décalé au regard des exigences et des enjeux de notre temps. L’eschatologie constitutif de notre belle Tradition nous sert trop souvent de défausse, justifiant un pragmatisme assez souvent catastrophique comme la situation paradoxale de l’EO en Occident le manifeste. Je dis « nous » car nous sommes tous les baptisés bien évidemment tous responsables, et pas seulement tel ou tel évêque, mais dans ce pays, l’AEOF porte à mon avis une responsabilité particulière dans cet état de fait. Cela a déjà été dit et écrit par plusieurs, je ne le développerai donc pas. Je veux juste attirer votre attention sur le fait que ce signe, ce symptôme, est révélateur d’une situation qui n’est pas juste, et qui doit donc, qui peut donc (surtout) être rectifiée.

N’étant moi-même qu’un simple prêtre assez ignorant, il serait présomptueux de ma part de proposer des solutions à une problématique aussi difficile, mais depuis les pères Sophrony ou Cyrille hier, jusqu’au métropolite Amphiloque aujourd’hui, plusieurs ont montré mieux que je ne le ferais qu’il fallait avancer coûte que coûte sur ce chemin d’une nouvelle « symphonie » des Eglises sans rien changer au corpus théologique de la Tradition de l’Eglise, notamment dans les pays dits occidentaux. Ce sera peut-être l’ouvrage de la génération qui nous suivra, si ce n’est pas trop tard.

Comme vous peut-être, comme notre archevêque sûrement, cette dernière Assemblée Générale m’a profondément attristé. J’en suis reparti mal à l’aise.
Dès le début, assister à ces contestations procédurières un peu vociférantes, voir Mgr Jean pris à partie à la fin par tel ou telle sur un ton hystérique, cela m’a profondément gêné. Ce n’est pas ma culture, pas ma sensibilité. Où était-on ?

J’avais parfois l’impression de me trouver dans l’une de ces réunions syndicales d’enseignants auxquelles j’ai assisté jadis. Monseigneur Jean ne méritait certainement pas cela de par sa dignité d’archevêque, ni non plus de par sa qualité personnelle et humaine. Au vu d’un tel spectacle, je n’ai aucun mal à comprendre pourquoi les autres juridictions ne nous prennent pas toujours au sérieux. C’est toujours pareil, si l’Eglise ressemble au monde, comment peut-elle le sauver ? La culture de l’obéissance et de l’humilité qui fait le socle de notre pratique ecclésiale et qui nourrit certainement chacun d’entre nous ne me paraît pas être à géométrie variable à ce point.

La plupart des interventions avaient pour propos de s’opposer à la proposition de l’archevêque Jean. Soit, c’est précisément le propos d’une telle assemblée d’en débattre. Cela étant, Il me semble qu’en face d’une proposition connue de tous, lisible et concrètement réalisable, souhaitée d’ailleurs par la majorité, nous avons une vision pour le moins nébuleuse. Que voulez-vous ? Malgré toute mon attention, je ne suis pas parvenu à le discerner.
D’une part ces personnes ne souhaitent pas quitter l’archevêché comme ils le pourraient sans difficulté mais d’autre part ils admettent qu’il soit dissout puisqu’ils adhèrent à la vision du Phanar (tel le locum tenens d’une cathédrale qui n’en sera plus une). D’une part vous voulez que l’archevêché perdure mais d’autre part vous savez qu’il n’aura plus de réalité ni d’authenticité canonique : une coquille vide en somme. D’une part vous désirez que l’identité de l’archevêché subsiste vaguement au travers de rassemblements culturels ou intellectuels, ou sous la forme d’un vicariat dont je cherche en vain l’équivalent dans l’ecclésiologie byzantine (en revanche, la tradition latine jusqu’à l’époque contemporaine en abuse), d’autre part vous ne voulez surtout pas d’un retour naturel de l’archevêché des Eglises russes (appellation que j’aimerais voir changer moi aussi) à l’Eglise russe dont il est issu selon la volonté de son fondateur, le Métropolite Euloge de bienheureuse mémoire, lorsque les conditions en seraient réunies. D’une part vous dites souhaiter que l’archevêché vive envers et contre tout, d’autre part vous semblez bien admettre et même parfois souhaiter son élimination. Au sortir de cette assemblée, j’avais vraiment le sentiment que vous vouliez sa peau!
D’une part vous paraissez désirer que nous demeurions « toujours ensemble », et d’autre part vous paraissez ignorer qu’il n’est qu’une façon de demeurer ensemble selon l’Eglise et non selon le monde, c’est d’être rassemblés dans l’unité autour de l’évêque qui est l’icône du Christ. Je n’en connais pas d’autre, mais j’ai peut-être manqué un chapitre de ma formation théologique.
J’ai cru comprendre que n’ayant aucune solution lisible et réaliste à proposer à la crise que nous traversons, les opposants à Mgr Jean demandaient essentiellement du temps. Qu’il me soit permis de m’étonner dès lors que celui-ci vient de faire l’objet d’une mise en congé canonique unilatérale. Du temps pour que l’archevêché se délite encore plus sans doute. Du temps pour que nous nous trouvions sans pasteur sans direction et bien forcés d’admettre le fait de notre éradication ? Du temps alors que les paroissiens me demandent régulièrement à juste titre jusques à quand ce bazar va-t-il encore durer ? Certains peut-être s’en réjouissent, pas tous.

J’ai été assez frappé d’entendre la dernière intervention de cette Assemblée disant à Mgr Jean qu’il n’avait qu’à partir, mais « laissez-nous le diocèse. » Je me trompe peut-être mais à mon sens, en plus d’un culot certain (ça n’a pas l’air d’être votre problème), ce type de réflexion d’une fidèle à son évêque témoigne d’un paradigme assez éloigné du sens de l’Eglise dans l’EO. Ce propos est absurde puisque sans l’évêque, il n’y a plus de diocèse, et cela d’autant plus qu’à ma connaissance, ce diocèse a été aboli en tant que tel par le synode patriarcal.
Et surtout, laissez-nous le diocèse, certes, mais pour en faire quoi ? Pour aller demander l’hospitalité au patriarcat roumain ? Alors là, je crois rêver. Je ne suis pas d’origine russe et j’ai beaucoup d’estime pour l’Eglise roumaine mais le fait que certains envisagent sérieusement d’intégrer un patriarcat hyper national qui se comporte en aumônerie pour son émigration, où les laïcs n’ont aucun droit de parole, et dont la plupart des fidèles détestent d’ailleurs cordialement les Russes (je l’ai entendu 50 fois), me laisse effectivement rêveur quant aux bricolages acrobatiques auxquels on est prêt pour éviter Moscou. La dernière fois que la Roumanie a accordé son hospitalité canonique, c’était pour donner une légitimité ecclésiale à l’ECOF. Excellente référence… Je me suis demandé si le but n’était pas d’ailleurs finalement de « faire notre truc à nous ».. Si certains ont visiblement une peur bleue d’une Eglise qui a surmonté 70 ans de communisme au prix de millions de saints martyrs, personnellement, j’ai surtout peur d’une ènième juridiction deutéro-canonique messianico-idéaliste, même si elle est dans l’air du temps.

TSM, tout sauf Moscou, c’est l’axe véritable de votre démarche.. Je l’ai compris tout récemment, n’ayant pour ma part jamais eu à me plaindre de l’Eglise russe pour laquelle j’ai une grande admiration, dès lors que je n’oublie pas ce que vous semblez oublier, qu’une Eglise ce n’est pas que des prélats. C’est surtout des fidèles vivants et défunts, des prêtres, des anonymes… C’est là un oubli bien compréhensible, dès lors que le Patriarcat Oecuménique est en effet essentiellement une Eglise de prélats. Ce qui explique qu’il se démène (avec la bénédiction du Département d’Etat américain qui l’entretient et le protège à ses fins stratégiques), pour conquérir ce qui lui manque : un territoire et un peuple. Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les délégués de Constantinople en Ukraine qui nous l’ont montré récemment, en compagnie des autorités nationales (et nationalistes) locales ainsi que du représentant d’un Etat américain très actif dans l’une des nombreuses régions du monde où les USA n’ont rien à faire. J’ai compris récemment à quel point vous déplorez que la guerre froide soit terminée depuis trente ans, usant des mêmes clichés qui avaient cours à propos de la Russie sous Brejnev.
En cela, vous êtes sans doute en phase avec la pensée ordinaire nourrie du lait de l’AFP ou de Reuters dont les experts nous expliquent que la Crimée n’a jamais été russe comme le Kosovo n’a jamais été serbe. J’aurais moi-même pu penser la même chose si je n’avais osé me cultiver et voyager un peu pour découvrir que la Russie n’est pas le pays du diable ni l’Eglise russe l’antichambre de l’enfer. Peut-être qu’une telle animosité viscérale envers l’Eglise russe est constitutive de l’identité familiale ou personnelle de certains, je ne sais. Je respecte bien évidemment le passé de chacun. Ce que je sais en revanche, c’est que lorsque j’entends parler d’ingérence russe, il me revient toujours cette expérience d’une Assemblée Générale où j’avais voté blanc lors d’une élection d’archevêque qui avait été littéralement confisquée à distance par le Phanar avec un mépris extraordinaire envers la conciliarité particulière à notre diocèse et dont on parle tant. Une liste de trois personnes nous avait été imposée au dernier moment, dont le seul point commun était d’être ukrainiens, à tel point que je m’étais demandé si le propos véritable était d’avoir le meilleur évêque ou bien tout simplement d’embêter l’Eglise russe, comme fin en soi. Avec les résultats que l’on a vus.

Lorsque j’étais au Canada, j’ai échangé avec des prêtres de l’EHF qui ne m’ont pas paru plus malheureux que cela d’être sous l’homophore du PM, mais c’était peut-être des espions (sourire). Je puis comprendre ceux qui souhaitaient rester fidèles au Patriarcat Œcuménique en tout état de cause. C’est un vrai choix. Ils sont cohérents à tous égards, et rejoindront de toute façon ses métropoles nationales. Je comprends beaucoup moins les nombreuses personnes qui ont souhaité avec beaucoup de détermination que notre archevêché perdure en tant que tel, et qui militent contre la seule solution canonique sérieuse et réaliste.


« Vive la liberté ! » ai-je entendu crier au cours de cette noble Assemblée. Cela aussi, je m’en méfie.
« La liberté ou la mort », criaient les révolutionnaires, juste avant d’établir la Terreur. « Liberté, liberté chérie », chantaient les soldats de l’an II dont l’armée était une conscription forcée de 300 000 hommes. En son temps et avant beaucoup d’autres, mon saint patron nous a dûment répété que la liberté chrétienne est oblative, dans une perspective inversée (Ad Thalassium), ce que je veux bien croire quatorze siècles après, en nos temps où tout veut m’inviter à satisfaire mes envies et à réaliser ma volonté pour le bien de mon ego et la mort de mon âme.

A ce titre, je me demande s’il n’est pas quelque contradiction pernicieuse à la racine de cet archevêché si fier de son Ecole historique à juste titre, dont on oublie d’ailleurs souvent en se l’appropriant qu’une grande partie de ses représentants étaient des fidèles du PM (Krug, Ouspensky, Schmemann, etc…).. Je veux dire simplement que cette situation révèle comme il est difficile de ne pas basculer dans un malentendu dès lors que certains s’attendent à de la liberté et d’autres à de l’autorité. Il faut savoir. Du coup, personne n’est content. J’ai bien compris que cet archevêché a su être pour beaucoup (pour moi aussi) le ferment prophétique d’une ecclésialité renouvelée qui est sans doute nécessaire, j’ai moi-même toujours partagé cet enthousiasme. Ce n’est en tout cas pas dans les paroisses américaines du Patriarcat Oecuménique qui croulent sous les dollars, où tout le monde est assis sur ses bancs bien alignés pour suivre la liturgie en sono (notamment les plus riches aux premiers rangs), qu’on me l’a inspiré.

A propos de notre archevêque Jean, un ami m’a fait remarquer qu’il était victime de ce que les sots reprochent systématiquement à celui qui préside. S’il décide pour avancer, on lui reproche d’être totalitaire, et s’il consulte et atermoie, on lui reproche de ne pas avancer. C’est classique. Il n’est pas impossible que vous parveniez à le décourager et qu’il jette l’éponge comme vous paraissez le souhaiter. C’est en tout cas l’impression que la fin de la récente Assemblée m’a donnée. Si vous y parvenez, vous vous chargerez du fardeau d’une responsabilité que je ne vous souhaite pas.

Je me doute bien que vous vous dites « Mais c’est qui ce petit prêtre rural bas-breton qu’on ne connaît même pas qui nous fait la leçon, il n’a qu’à aller à Moscou et basta ! »
C’est en effet probablement ce que je vais faire, ou que je ferai si cette situation devait durer indéfiniment. Je n’ai pas besoin que le p. Jivko Panev m’explique patiemment une fois de plus avec sa pédagogie coutumière ce que tous devraient savoir, qu’on est pas dans l’Eglise sans une Eglise.

Je ne doute pas que rien ne changera dans ma vie paroissiale, que personne ne viendra m’opprimer ou me terroriser, et que mes seuls ennemis resteront mes passions. Cependant, je préfèrerais de loin que ce ne soit pas seul et surtout de moi-même. Qu’on ne se méprenne pas, j’écris « vous » à des personnes qui se reconnaîtront ou pas, que je ne connais pas car je connais peu de monde, mais que je n’ostracise pas car c’est un peu d’une manière abstraite que je m’adresse à vous. Vous êtes certainement d’excellentes personnes et de meilleurs pasteurs que moi. Il est probable que si nous célébrions ensemble, nous nous aimerions dans une même foi dans le même Sauveur. Je ne veux donc nullement dramatiser cette situation et j’ose espérer que ce qui nous divise n’est pas aussi grand que ce qui nous relie.

+ prêtre Maxime Lediraison
Communauté Sainte-Anne

les passions et l'idolâtrie

Celui qui refuse de s'abandonner à ses passions accomplit la même chose que celui qui refuse de se prosterner devant et d'adorer des idoles.
Saint Théophane le Reclus

14 septembre 2019

porter sa croix dans la joie (s. Jean)

Lorsque nous souffrons quoi que ce soit pour l'amour du Christ, nous ne devrions pas seulement le faire avec courage, mais aussi avec joie.
Saint Jean Chrysostome

13 septembre 2019

Ce qui compte pour notre Seigneur dans nos vies

Jésus ne S'intéresse pas au nombre de versets de la Bible que vous avez mémorisé. Il S'intéresse à votre souci de votre prochain.
(paraphrasé de saint Jean Chrysostome!)

11 septembre 2019

Vous ne voyez pas comment, à chaque prière que vous faites, beaucoup de démons tombent et rebroussent chemin. Vous ne voyez qu'à quel point vous êtes blessé. Sachez qu'eux aussi sont battus, et qu'ils fuient. Chaque fois que nous faisons preuve de patience, ils fuient par bonds, et à chaque prière, ils sont gravement blessés. Donc, en temps de guerre, ne vous attendez pas à ce que pendant que vous tirez des balles et des boulets de canon, eux ripostent avec des loukoums et des pralines!
Staretz Joseph l'Hésychaste


You don't see how, with every prayer you utter, many demons fall and turn back. You only see how much you are wounded. Know that they, also, are being beaten, and flee. Each time we show patience, they flee in leaps, and with each prayer, they are seriously wounded. So, in the time of war, don't expect that while you are firing bullets and cannonballs, that they'll retaliate with turkish delight and chocolates!"
Staretz Joseph the Hesychast



09 septembre 2019

Dépressif? Agissez! (staretz Serge)


Lorsque vous sentez que vous êtes occupé à glisser dans la confusion ou le désespoir, arrêtez-vous immédiatement et repentez-vous en, comme vous le feriez pour un péché. Et RELEVEZ-VOUS!
Staretz Serge de Vanves

Livre de Jean-Claude Larchet :
https://www.amazon.com/Elder-Sergie-Vanves-Life-Teachings/dp/0971413983
Commentaire :
https://findingthewaytotheheart.blogspot.com/2012/05/elder-sergei-of-vanves.html
Page FB de citations :
https://www.facebook.com/Elder-Sergei-of-Vanves-984070631656995/

08 septembre 2019

Un Christ "riche"? Vous vous trompez de Dieu, fermez vos églises dorées!!! (s. Jean)

Ce n'était pas à une table d'argent et ce n'était pas dans un calice d'or que Christ offrait Son sang à boire à Ses disciples,  mais néanmoins tout ce qui s'y trouvait était précieux et appelait au respect, car il était rempli de l'Esprit.
Voulez-vous honorer le Corps du Christ ? Ne méprisez pas de voir le Christ nu. Qu'est-ce qu'il y a de bon pour vous si ici vous honorez Ses draps [d'autel] de soie alors qu'en dehors de l'Église vous continuez à tolérer le froid et la nudité d'autrui ? A quoi cela vous sert-il si l'Autel du Christ est couvert de calices d'or, alors que le Christ Lui-même souffre de la faim ? Vous faites une coupe d'or, mais vous n'offrez pas d'eau de rafraîchissement pour l'accompagner. Le Christ comme un pèlerin sans abri erre et demande un abri, mais vous, au lieu de L'accepter, vous décorez vos planchers, vos murs et le sommet de vos piliers, et mettez des harnais d'argent sur vos chevaux. Mais Christ reste attaché dans la prison et vous ne voulez même pas Le regarder.
Saint Jean Chrysostome




It was not at a silver table and it was not from a golden vessel that Christ offered His blood to His disciples to drink,
but nevertheless everything there was precious and called for reverence, for it was filled with the Spirit.
Do you want to honor the Body of Christ? Do not scorn to see Christ naked. What good does it to you if here you honor His silken coverlings while outside the Church you continue to tolerate the coldness and the nakedness of others? What good does it to you if the Altar of Christ is covered with golden vessels, while Christ Himself suffers hunger? You make a golden goblet, but you offer no cooling water to go with it. Christ as a homeless pilgrim wanders and asks for shelter, but you, instead of accepting Him, adorn your floors, your walls, and the tops of your pillars, and put silver harnesses on your horses. But Christ remains bound in the dungeon and you do not even want to look at Him.
Saint John Chrysostom

07 septembre 2019

Soyez stupide! (arch. Seraphim)


Comment acquérir l'humilité? Par le silence. Gardez le silence! Soyez stupide! Que tout le monde vous considère comme stupide! Le silence est le premier moyen pour parvenir à l'humilité et à l'amour. On est sauvé par son silence.
Archevêque Seraphim (Sobolev) de Bogucharsk

06 septembre 2019

Contre le mal, priez souvent ensemble, soyez "Église"! (s. Ignace)

Veillez à souvent vous réunir pour rendre grâce à Dieu et Lui adresser la louange. Car lorsque vous vous réunissez fréquemment au même endroit, les pouvoirs de satan sont détruits, et l'unité de votre Foi empêche la destruction qu'il vise. Rien n'est plus précieux que la paix, par laquelle prend fin toute guerre, au Ciel et sur Terre.
Saint Ignace d'Antioche





Take heed often to come together to give thanks to God and show forth His praise. For when you assemble frequently in the same place, the powers of satan are destroyed, and the destruction at which he aims is prevented by the unity of your Faith. Nothing is more precious than peace, by which all war, in Heaven and on Earth, is brought to an end.
Saint Ignatius of Antioch

05 septembre 2019

Vous êtes plus libre que vous ne le pensez (s. Antoine)


Si vous le souhaitez, vous savez être esclave des passions, et si vous le souhaitez, vous savez en être libre et ne pas vous soumettre à leur joug. Car Dieu vous a créé avec ce pouvoir.
saint Antoine le Grand

04 septembre 2019

Faites vraiment confiance à Dieu en tout! (s. Païssios)

Ayez complètement confiance en Dieu, laissez tout entre Ses mains, et croyez que Son amour agira pour votre propre bien. Alors Dieu S'occupera de tout, parce qu'il n'y a rien qu'Il ne puisse faire. Tout est facile pour Lui. La chose difficile pour l'homme est de décider de devenir humble et de tout abandonner à la providence et à l'amour de Dieu.
Saint Païssios l'Athonite




Completely have trust in God, leave everything in His hands, and believe that His love will act for your own benefit. Then God will take care of everything, because there is nothing He cannot do. Everything is easy for Him. The difficult thing is for man to decide to humble himself and leave everything to God's providence and love.
Saint Païssios the Athonite

03 septembre 2019

Les 2 sortes d'épreuves pour l'âme (s. Basile)

Les épreuves sont de deux sortes. Soit une affliction mettra nos âmes à l'épreuve comme l'or est éprouvé dans une fournaise, et nous mettra à l'épreuve par la patience. Ou la prospérité même de nos vies sera souvent, pour beaucoup, une occasion d'épreuves et de tentations. Car il est tout aussi difficile de garder l'âme droite et invaincue au milieu des afflictions que de se préserver de l'insolence et de l'orgueil dans la prospérité.
Saint Basile le Grand




Trials are of two kinds. Either affliction will test our souls as gold is tried in a furnace, and make trial of us through patience. Or the very prosperity of our lives will oftentimes, for many, be itself an occasion of trial and temptation. For it is equally difficult to keep the soul upright and undefeated in the midst of afflictions, as to keep oneself from insolence and pride in prosperity.
Saint Basil the Great

02 septembre 2019

Le plus grand trésor (s. Isaac)


Les Commandements de Dieu valent plus que tous les trésors de la Terre. Celui qui les a acquis a reçu Dieu en lui-même.
Saint Isaac le Syrien

01 septembre 2019

La religion, grand drame de l'Orthodoxie (C. Yannaras)


Le plus grand problème des Chrétiens - et même des Chrétiens Orthodoxes - c'est qu'ils ont fait du Christianisme une forme de religiosité, ils ont transformé l'Église en une religion. Et ainsi, ils ont cultivé le fondamentalisme, les haines, les divisions, une perception magique de la relation à Dieu, et aussi une attitude compétititve les uns envers les autres, et une vision égocentriste de la vie.
Christos Yannaras, théologien

31 août 2019

Les tentations vous rappelent votre faiblesse réelle (p. Nikon)


Vous sombrez dans le découragement et vous vous sentez perdu à la moindre tentation. Le Seigneur permet que cela se produise afin que vous puissiez découvrir votre faiblesse et comprendre tout ce qui est caché dans l'âme d'une personne, et que le travail est nécessaire pour se purifier des passions, pour devenir le Temple du Dieu vivant, et pour parvenir au Salut.
Staretz Nikon Vorobiev, "lettres aux enfants spirituels", p.53

30 août 2019

Vie de vertu (s. Antoine)


On ne devrait jamais dire qu'il est impossible de parvenir à une vie vertueuse. Mais on doit plutôt dire que ce n'est pas facile.
Saint Antoine le Grand

29 août 2019

Dieu merci, il y a les tentations! (staretz Ephrem)

S'il n'y avait pas de tentations, l'orgueil et les autres passions nous transformeraient en autres Lucifer. Mais notre bon Père, Dieu, permet aux afflictions de venir sur nous afin que nous soyons préservés par l'humilité, qui allégera le fardeau de nos péchés.
staretz Ephrem d'Arizona





If there were no temptations, pride and other passions would have turned us into other Lucifers. But our good Father, God, allows afflictions to come upon us so that we may be guarded by humility, which will lighten the burden of our sins.
Elder Efraim of Arizona

Commémorer le martyre de saint Jean Baptiste le 29 août?

"La décapitation de saint Jean-Baptiste a eu lieu juste avant la Pâque, mais sa célébration a été fixée au 29 août du fait qu'une église qui avait été construite sur sa tombe à Sébaste par les Ss. Constantin et Hélène a été consacrée le 29 août."
Saint Nicolas Velimirovic, évêque d'Ochrid et Zica





"St. John the Baptist’s beheading occurred just before Passover, but its celebration on August 29 was established because a church that had been built over his grave in Sebastia by Ss. Constantine and Helena was consecrated on August 29."
St. Nicholai of Zica

28 août 2019

Toi, Vierge de Feu, Image du Savoir


Toi, Vierge de Feu, Image du Savoir,...
O eil pur de la Clarté que la Clarté ignore,
I nstance suprême du sang et Suressence du Sort,
V isage de l’Apparence, Figure du Pouvoir,

I nsigne du Ravissement et Corps de l’Etoile,
E xulte, Extrême Joie, Planète de la Tendresse,
R eposoir du Jour, Substance de la Sagesse,
G emme, Orfroi, Saphir de l’Ordre Nuptial,

E loge de l’Ecriture, Sauvegarde du Firmament,
D egré total de l’Âme et Grâce ultime du Cœur,
E nseigne de la Survie, Principe céleste du Temps,

F lambeau de l’Union, Acte, Règle, Flamme, Demeure,
E xalte l’effusion des Saintes Intelligence,
U  ne, Infinie, Urgente Loi de l’Adhérence !


Athanase Vantchev de Thracy, Toi, vierge de feu, couronne de sonnets
via prêtre Luc Duloisy (RIP 20.08.19)



Image : Dormition de la Vierge
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27 août 2019

Naissance au Ciel du prêtre Luc (Nancy, F)

Requiem aeternam dona ei, Domine, et lux perpetua luceat ei.
Requiescat in pace. Amen.


Ce 20 août 2019, je découvrais le départ de mon frère de plume, le prêtre Luc Duloisy, de la paroisse orthodoxe de Nancy, diocèse roumain . Que le saint Archange Gabriel lui en offre une nouvelle, de plume, spirituelle, pour qu'il continue à écrire à nos âmes ce dont elles ont grand besoin.

Grand ami du scoutisme, de la royauté française, de la nature vosgiennes, l'Orthodoxie de tradition locale, de la Lorraine, et animateur hors pair d'une page du réseau "facebook" dédiée à l'Orthodoxie "aujourd'hui et ici", où ses publications quotidiennes permettaient à tout un chacun n'ayant pas d'église proche (ou ouverte, rareté!) de vivre les Offices au moins en lecture. Je perds un ami, nous perdons un rédacteur, un confident, nous gagnons une "étoile"...

Mémoire éternelle, cher père Luc.




une citation prémonitoire sur le site internet de sa paroisse...
http://orthodoxenancy.fr/fr/







Pour adresser vos condoléances :
https://www.libramemoria.com/defunts/duloisy-luc/5112ec6c6fbb4a77ab43aa45a9194d8d





le silence assourdissant de divers sites orthodoxes d'informations officielles, comme de son diocèse, en dit long sur l'amour fraternel de notre époque. Notre patriarche Kyril le répète bien souvent, et à raison : "l'amour s'est grandement refroidi" et on en voit les fruits amers.
Kyrie eleison.


26 août 2019

Le souci du quotidien transforme votre foi

Pour la plupart d'entre nous, le grand danger n'est pas de renoncer à notre foi. C'est surtout que nous deviendrons si distraits, si pressés et si préoccupés que nous nous contenterons d'en vivre une version médiocre.



"For most of us, the great danger is not that we will renounce our faith. It is that we will become so distracted and rushed and preoccupied that we will settle for a mediocre version of it."  John Ortberg

19 août 2019

Brûlez les vieilles idoles! (st Gabriel)

Icône de Saint Gabriel Urgebadze (Géorgie) brûlant un portrait de Lénine. Le 1er mai 1965, au cours de la manifestation du 1er mai, le hiéromoine Gabriel a brûlé un portrait de Lénine de 12 mètres accroché au bâtiment du Conseil suprême de la RSS géorgienne et a commencé à prêcher le Christ aux gens qui y étaient réunis. Il a été glorifié par l'Église orthodoxe de Géorgie.




Icon of Georgian Saint Gabriel Urgebadze burning a portrait of Lenin. On May 1, 1965, during the May Day demonstration, hieromonk Gabriel burned a 12-meter portrait of Lenin which hung on the building of the Supreme Council of the Georgian SSR, and began to preach about Christ to the people who were gathered there. He was later canonized by the Georgian Orthodox Church.
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18 août 2019

Woodstock et le sacrement du frère (p. John)

Pendant les trois jours du célèbre Festival de musique et d'arts de Woodstock (du 15 au 17 août 1969), l'un des présentateurs s'est adressé à la foule en disant : " la personne assise à côté de vous est votre frère et vous devriez le traiter comme tel ". Ce même principe d'amour et de respect de ceux qui nous entourent est une caractéristique et une base de la foi chrétienne. C'est pourquoi traitez ceux qui vous entourent avec dignité et accordez la bonté et l'honneur qui conviennent à votre frère ou à votre sœur en Christ !
prêtre Michael








During the famous three-day Woodstock Music and Arts Festival (Aug. 15-17), one of the announcers addressed the crowd saying, "the person sitting next to you is your brother and you should treat him as such." This same tenet of loving and respecting those around us is a hallmark and basis of the Christian Faith. Therefore treat those around you with dignity and bestow kindness and honor that befits your brother or sister in Christ!
Fr. John
Archangel Michael Orthodox Church

17 août 2019

La peur du silence chez l'homme moderne (mgr Panteleimon)

Le seul endroit où l'homme moderne n'aime pas aller en visite - c'est en lui-même.
Il ne supporte pas d'entendre le silence, il ne veut pas entendre la voix de sa conscience.
Mais sans vous connaître vous-même, vous ne sauriez connaître Dieu.
L'homme moderne vit dans un monde obscur de télévision, de médias, d'Internet, mais la plus grande réalité du monde est l'âme humaine.
A l'intérieur nous pouvons ouvrir le Royaume des cieux, Dieu veut naître dans notre cœur !
Évêque Panteleimon (Shatov),  hiérarque russe du 21ème siècle






The only place where modern man does not like to visit - is himself.
He cannot hear the silence, he does not want to hear the voice of his conscience.
But without knowing yourself you can not know God.
Modern man lives in a shadowy world of TV, the media, the Internet, but the greatest reality in the world is the human soul.
Inside we can open up the kingdom of heaven, in our heart God wants to be born!
Bishop Panteleimon (Shatov),
21st Century Russian Hierarch

16 août 2019

L'homme descend de l'animal? (parole athonite)

Lorsque la science vous affirme que nous descendons d'animaux, souriez, et sachez que c'est l'inverse, et que nous sommes nés tels que nous sommes, mais nous sommes devenus comme des bêtes!
+ geronda (staretz) Iokeim du Mont Athos
merci à Nik Kapolos qui l'a entendu prononcer cette parole





When science tells you that we came from animals smile and know that it's the opposite and that we were born as we are and have turned into animals!
+ Geronda Iokeim from Mount Athos
Thanks to Nik Kapolos who heard it from his mouth

15 août 2019

Dormition de la Theotokos - saint Jean Damascène, 3ème homélie

Les amoureux ont l'habitude de parler de qui ils aiment et de laisser courir leur fantaisie jour et nuit. Que personne ne me blâme donc, si j'ajoute un troisième hommage à la Mère de Dieu, sur son départ triomphant. Je ne lui apporte rien à son profit pas, mais cela profite à moi et à vous qui êtes ici présents, en nous offrant épices et rafraîchissement spirituels en accord avec cette nuit sainte. Nous souffrons, comme vous le voyez, de la pénurie de denrées alimentaires. C'est pourquoi j'improvise un repas qui, s'il n'est pas très coûteux ni digne de l'occasion, sera certainement suffisant pour calmer la faim. Elle n'a pas besoin de nos éloges. C'est nous qui avons besoin de sa gloire. Comment la gloire peut-elle être glorifiée, ou la source de lumière éclairée ? Ce faisant, nous tissons une couronne pour nous-mêmes. "Je vis," dit le Seigneur, "et Je glorifierai ceux qui Me glorifient." Le vin est vraiment agréable à boire et le pain à manger. L'un réjouit, l'autre fortifie le cœur de l'homme. Mais qu'y a-t-il de plus doux que la Mère de mon Dieu ? Elle m'a captivé l'esprit, et a maintenu ma langue en servitude. Je pense à elle jour et nuit. Elle, la Mère de la Parole, fournit mes paroles. Le fruit de la stérilité rend féconds les esprits stériles. Nous célébrons aujourd'hui la fête de sa bienheureuse et céleste élévation depuis ce monde. Grimpons alors sur la montagne mystique, où, au-delà de la portée des choses du monde, en passant par l'obscurité de la tempête, nous nous tenons dans la Lumière divine et pouvons louer la puissance du Tout-Puissant. Comment Lui, qui demeure dans la splendeur de Sa gloire, descend-Il dans le sein de la Vierge sans quitter le sein du Père ?  Comment est-Il conçu dans la chair, et souffre-t-Il spontanément, et souffre-t-Il jusqu'à la mort, dans ce corps matériel, gagnant l'immortalité par la corruptibilité ? Et, de nouveau, montant vers le Père, Il attira Sa Mère, selon la chair, vers Son propre Père, assumant dans la patrie céleste celle qui était le Ciel sur la terre.

Aujourd'hui, l'échelle vivante, par laquelle le Très-Haut est descendu et a été vu sur la Terre, et S'est entretenu avec les hommes, est montée au Ciel à travers la mort. Aujourd'hui, la Table céleste, celle qui, sans connaître l'homme, contenait le Pain de Vie, le Feu de la divinité, a été prise de la Terre au Ciel, et les portes du Ciel se sont ouvertes pour recevoir la porte de Dieu venu d’Orient.
Aujourd'hui, la Cité vivante de Dieu est transférée de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste, et celle qui, ayant conçu son Fils premier-né et unique, premier-né de toute la Création, seul engendré du Père, repose dans l'Église du premier-né : l'Arche vraie et vivante du Seigneur est conduite à la paix de son Fils.
Les portes du ciel sont ouvertes pour recevoir le réceptacle de Dieu qui, en mettant au monde l'Arbre de Vie, a détruit la désobéissance d'Eve et la peine de mort d'Adam. Et le Christ, cause de toute vie, reçoit le miroir choisi, la montagne dont la pierre sans mains a rempli toute la terre. Elle, qui a fait naître l'Incarnation divine du Verbe, repose dans son tombeau glorieux comme dans une chambre nuptiale, d'où elle se rend aux noces célestes pour partager le Royaume de son Fils et de Dieu, laissant sa tombe comme lieu de repos pour ceux de la terre.
Son tombeau est-il en effet un lieu de repos ? Certes oui, plus célèbre que tout autre, non pas brillant d'or, d'argent ou de pierres précieuses, ni couvert de parures de soie, d'or ou de pourpre, mais de l'éclat divin de l'Esprit Saint. L'état angélique n'est pas pour les amoureux de ce monde, mais la vie merveilleuse des bienheureux est pour les serviteurs de l'Esprit, et passer à Dieu est meilleur et plus doux que toute autre vie. Ce tombeau est plus beau qu'Eden.
Et afin que je ne parle pas de la tromperie de l'ennemi ; de son, comment dire, conseil astucieux, de sa jalousi et de sa convoitise, de la faiblesse et de la mollesse d'Eve, de l'appât, sûr et tentant, qui la trompait et aussi son mari, de leur désobéissance, de leur exil, de la mort, sans parler de ces choses qui feraient que notre fête devienne une douleur, cette tombe livra au pays céleste le corps humain qu'elle renfermait.
Ève est devenue la mère de l’humanité, et n'est pas un humain fait à l'image divine, que l’on juge à l’aune de sa condamnation : "Tu es terre, et tu retourneras en terre." Ce tombeau est plus précieux que le tabernacle d'autrefois, recevant le réceptacle réel et vivifiant du Seigneur, la table céleste, non pas les pains de proposition, mais les pains du Ciel, non pas le feu matériel, mais celui qui contient le Feu pur de la divinité. Ce tombeau est plus saint que l'arche de Moïse, béni non pas avec des archétypes et des ombres, mais avec la Vérité elle-même.
Elle montrait l'urne pure et dorée, contenant la manne céleste, la tablette vivante, recevant le Verbe incarné de Dieu par l'impression de l'Esprit Saint, l'encensoir doré de la parole supersubstantielle. Il montrait celle qui conçut le Feu divin embaumant toute la Création.

Que les démons prennent la fuite, et les trois fois misérables Nestoriens périssent comme les Egyptiens d'autrefois, et leur chef Pharaon, le plus jeune, un cruel dévastateur. Ils ont été engloutis dans l'abîme du blasphème. Nous qui sommes sauvés les pieds secs, traversant les eaux amères de l'impiété, élevons nos voix vers la Mère de Dieu à son départ. Laissons Marie, personnifiant l'Église, diriger le flot joyeux. Que les demoiselles de la Jérusalem spirituelle sortent en chantant dans des chœurs.
Que les rois et les juges, avec les dirigeants, les jeunes et les vierges, jeunes et vieux, proclament la Mère de Dieu, et que tous les peuples et toutes les nations, de leurs différentes manières et langues, chantent un nouveau cantique. Que l'air résonne de louange et d'instrument, et que le soleil réjouisse ce jour de salut. Réjouissez-vous, ô Cieux, et que les nuages fassent pleuvoir la justice. Réjouissez-vous, ô Apôtres divins, les élus du troupeau de Dieu, qui semblent atteindre les visions les plus élevées, comme de hauts sommets des montagnes.
Et vous, brebis de Dieu et Son peuple saint, le troupeau de l'Église, qui regardez vers les hautes montagnes de la perfection, soyez tristes, car la source de la vie, la Mère de Dieu, est morte. Il était nécessaire que ce qui était fait de terre retourne sur Terre, et soit ainsi assumé au Ciel. Il convenait que l’enveloppe terrestre soit rejetée, comme l'or est purifié, afin que la chair dans la mort devienne pure et immortelle, et que l'immortalité brillante s'élève du tombeau.
Aujourd'hui, elle commence sa seconde vie par Celui qui a été la cause de son premier être. Elle a donné un commencement, je veux dire, la vie du corps, à Celui qui n'avait pas de commencement dans le temps, bien que le Père soit la cause de son existence divine. Réjouis-toi saint et divin Mont Sion, dans lequel repose la montagne divine vivante, le nouveau Béthel, avec sa grâce, la nature humaine unie avec la divinité. De toi son Fils est monté au Ciel tel les oliviers.
Que la nuée qui embrasse le monde soit préparée et que les vents rassemblent au Mont Sion les apôtres depuis extrémités de la terre. Qui sont ceux qui s'élèvent comme des nuages et des aigles pour la cause de toute résurrection, servant la Mère de Dieu ? Qui est celle qui se lève resplendissante, toute pure et lumineuse comme le soleil ? Que les paroles spirituelles lui chantent, les langues apostoliques. Que les théologiens graves élèvent leur voix dans la louange, Hiérotheus, le vase de l'élection, dans lequel l'Esprit Saint demeure, connaissant et enseignant les choses divines par le séjour de Dieu. Qu'il soit enveloppé hors du corps et qu'il se joigne volontiers à l'hymne joyeux. Que toutes les nations battent des mains et louent la Mère de Dieu.
Que les anges s'occupent de son corps. Suivez votre Reine, ô filles de Jérusalem, et, avec ses vierges dans l'esprit, approchez votre Époux afin de vous asseoir à Sa droite. Hâte-toi, Seigneur, de donner à Ta Mère l'accueil qui lui est dû. Étends Tes mains divines. Reçois l'âme de ta Mère entre les mains du Père à qui Tu as confié Ton esprit sur la Croix. Dis-lui des mots doux : "Viens, mon bien-aimé, dont la pureté est plus éblouissante que le soleil, tu m'as donné à toi-même, reçois maintenant ce qui est à moi. Viens, ma Mère, à ton Fils, règne avec celui qui a été pauvre avec toi." Pars, ô Reine, pars, pas comme Moïse qui est monté pour mourir.
Meurs plutôt pour pouvoir monter. Rends ton âme entre les mains de ton Fils. Ramène la terre à la terre, ce ne sera pas un obstacle. Lève les yeux, peuple de Dieu. Vois à Sion l'Arche du Seigneur Dieu des puissances, et les Apôtres qui se tiennent près d'elle, enterrant le corps vivant qui a reçu notre Seigneur. Des anges invisibles sont tout autour d'eux dans un humble respect, rendant hommage à la Mère de leur Seigneur. Le Seigneur Lui-même est là, qui est présent partout, et remplit toutes choses, l'Etre universel.
Il est l'Auteur et le Créateur de toutes choses. Voici la Vierge, fille d'Adam et Mère de Dieu ; par Adam, elle donne son corps à la terre, son âme à son Fils en haut, dans les parvis célestes. Que la ville sainte soit sanctifiée, et qu'elle se réjouisse de la louange éternelle. Que les Anges précèdent le tabernacle divin sur son passage, et préparent le tombeau. Que l'éclat de l'esprit l'orne. Que l'onguent sucré soit préparé et versé sur le corps pur et non souillé. Qu'un courant clair de grâce coule de la grâce dans sa source.
Que la terre soit sanctifiée par le contact avec ce corps. Que l'air se réjouisse de l'Assomption. Que la brise légère emporte la grâce. Que toute la nature célèbre la fête de la Dormition de la Mère de Dieu. Puissent de jeunes orchestres l'applaudir et des langues éloquentes l'acclamer, et des cœurs sages s'interrogent sur la merveille, des prêtres grisonnants d'âge engranger de la force à la vue. Que toute la création imite le Ciel, même ainsi la vraie mesure de la joie ne serait pas atteinte.

Venez, partons avec elle. Venez, descendons dans ce tombeau avec tout notre cœur. Faisons cercle autour de ce lit très sacré et chantons les douces paroles : "Salut, plein de grâce, le Seigneur est avec toi. Salut, Mère prédestinée de Dieu. Salut, tu en as choisi un dans le dessein de Dieu de toute éternité, la plus sacrée des espérances de la terre, lieu de repos du feu divin, la plus sainte joie de l'Esprit, fontaine d'eau vive, paradis de l'arbre de vie, branche de vigne divine, produisant le nectar et l'ambroisie qui soutiennent l'âme.
Rivière débordante de grâces spirituelles, terre fertile des pâturages divins, rose de pureté, au doux parfum de grâce, muguet de la robe royale, pure Mère de l'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde, symbole de notre rédemption, servante et mère, dépassant les pouvoirs angéliques." Venez, tenons-nous autour de ce tombeau pur et attirons la grâce dans nos cœurs. Levons le corps toujours vierge avec des bras spirituels, et allons avec elle dans la tombe pour mourir avec elle.
Renonçons à nos passions et vivons avec elle dans la pureté, en écoutant les cantiques divins des anges dans les cours célestes. Allons dans l'adoration, et apprenons le mystère merveilleux par lequel elle est assumée au Ciel, pour être avec son Fils, plus haut que tous les chœurs angéliques. Personne ne se tient entre le Fils et la Mère. Ceci, ô Mère de Dieu, est mon troisième sermon sur ton départ, dans le respect humble de la Sainte Trinité à qui tu as servi, la bonté du Père, la puissance de l'Esprit, recevant le Verbe Incréé, la Sagesse Tout-Puissant et la Puissance de Dieu.
Accepte donc ma bonne volonté, qui est supérieure à mes capacités, et donne-nous le Salut. Guéris nos passions, guéris nos maladies, aide-nous à sortir de nos difficultés, rends notre vie paisible, envoye-nous l'illumination de l'Esprit. Enflamme-nous du désir de ton fils. Rends-nous agréables à Lui, afin que nous puissions jouir du bonheur avec Lui, te voir resplendissante de la gloire de ton Fils, nous réjouissant pour toujours, célébrant la fête dans l'Église avec ceux qui célèbrent dignement Celui qui a fait notre Salut par toi, le Christ Fils de Dieu, et notre Dieu. A Lui soient la gloire et la majesté, avec le Père incréé et l'Esprit tout-saint et vivifiant, maintenant et pour toujours, à travers les siècles sans fin de l'éternité. Amen. 

+ Jean de Damas







John of Damascus, Homily 3 on the Dormition of the Theotokos
Lovers are wont to speak of what they love, and to let their fancy run on it by day and night. Let no one therefore blame me, if I add a third tribute to the Mother of God, on her triumphant departure. I am not profiting her, but myself and you who are here present, putting before you a spiritual seasoning and refreshment in keeping with this holy night. We are suffering, as you see, from scarcity of eatables. Therefore I am extemporising a repast, which, if not very costly nor worthy of the occasion, will certainly be sufficient to still hunger. She does not need our praise. It is we who need her glory. How indeed can glory be glorified, or the source of light be enlightened? We are weaving a crown for ourselves in the doing. "I live," the Lord says, "and I will glorify those who glorify Me." Wine is truly pleasant to drink, and bread to eat. The one rejoices, the other strengthens the heart of man. But what is sweeter than the Mother of my God? She has taken my mind captive, and held my tongue in bondage. I think of her by day and night. She, the Mother of the Word, supplies my words. The fruit of sterility makes sterile minds fruitful. We keep to-day the feast of her blessed and divine transit from this world. Let us then climb up the mystical mountain, where beyond the reach of worldly things, passing through the obscurity of storm, we stand in the divine light and may give praise to Almighty power. How does He, who dwells in the splendour of His glory, descend into the Virgin's womb without leaving the bosom of the Father? How is He conceived in the flesh, and does He spontaneously suffer, and suffer unto death, in that material body, gaining immortality through corruptibility? (fqora kthsamenoV to afqarton). And, again, ascending to the Father, He drew His Mother, according to the flesh, to His own Father, assuming into the heavenly country her who was heaven on earth.

To-day the living ladder, through whom the Most High descended and was seen on earth, and conversed with men, was assumed into heaven by death. To-day the heavenly table, she, who contained the bread of life, the fire of the Godhead, without knowing man, was assumed from earth to heaven, and the gates of heaven opened wide to receive the gate of God from the East. To-day the living city of God is transferred from the earthly to the heavenly Jerusalem, and she, who, conceived her first-born and only Son, the first-born of all creation, the only begotten of the Father, rests in the Church of the first-born: the true and living Ark of the Lord is taken to the peace of her Son. The gates of heaven are opened to receive the receptacle of God, who, bringing forth the tree of life, destroyed Eve's disobedience and Adam's penalty of death. And Christ, the cause of all life, receives the chosen mirror, the mountain from which the stone without hands filled the whole earth. She, who brought about the Word's divine Incarnation, rests in her glorious tomb as in a bridal-chamber, whence she goes to the heavenly bridals, to share in the kingdom of her Son and God, leaving her tomb as a place of rest for those on earth. Is her tomb indeed a resting-place? Yes, more famous than any other, not shining with gold, or silver, or precious stones, nor covered with silken, golden, or purple adornments, but with the divine radiance of the Holy Spirit. The angelic state is not for lovers of this world, but the wondrous life of the blessed is for the servants of the Spirit, and passing to God is better and sweeter than any other life. This tomb is fairer than Eden. And that I may not speak of the enemy's deceit, in the one; of his, so to say, clever counsel, his envy and covetousness, of Eve's weakness and pliability, the bait, sure and tempting, which cheated her and her husband, their disobedience, exile, and death, not to speak of these things so as not to turn our feast into sorrow, this grave gave up the mortal body it contained to the heavenly country. Eve became the mother of the human family, and is not man made after the divine image, convicted by her condemnation; "earth thou art, and unto earth thou shalt return." This tomb is more precious than the tabernacle of old, receiving the real and life-giving receptacle of the Lord, the heavenly table, not the loaves of proposition, but of heaven, not material fire, but her who contained the pure fire of the Godhead. This tomb is holier than the ark of Moses, blessed not with types and shadows, but the truth itself. It showed forth the pure and golden urn, containing the heavenly manna, the living tablet, receiving the Incarnate Word of God from the impress of the Holy Spirit, the golden censer of the supersubstantial word. It showed forth her who conceived the divine fire embalming all creation.

Let demons take to flight, and the thrice miserable Nestorians perish as the Egyptians of old, and their ruler Pharao, the younger, a cruel devastator. They were swallowed up in the abyss of blasphemy. Let us who are saved with dry feet, crossing the bitter waters of impiety, raise our voices to the Mother of God at her departure. Let Mary, personifying the Church, lead the joyful strain. Let the maidens of the spiritual Jerusalem go out in singing choirs. Let kings and judges, with rulers, youths, and virgins, young and old, proclaim the Mother of God, and all peoples and nations in their different ways and tongues, sing a new canticle. Let the air resound with praise and instrument, and the sun gladden this day of salvation. Rejoice, O heavens, and may the clouds rain justice. Be glad, O divine apostles, the chosen ones of God's flock, who seem to reach the highest visions, as lofty mountain tops. And you God's sheep, and His holy people, the flock of the Church, who look to the high mountains of perfection, be sad, for the fountain of life, God's Mother, is dead. It was necessary that what was made of earth should return to earth, and thus be assumed to heaven. It was fitting that the earthly tenement should be cast off, as gold is purified, so that the flesh in death might become pure and immortal, and rise in shining immortality from the tomb.

To-day she begins her second life through Him who was the cause of her first being. She gave a beginning, I mean, the life of the body, to Him who had no beginning in time, although the Father was the cause of His divine existence. Rejoice holy and divine Mount Sion, in which reposes the living divine mountain, the new Bethel, with its grace, human nature united with the Godhead. From thee her Son ascended to heaven as from the olives. Let the world-embracing cloud be prepared and the winds gather the apostles to Mount Sion from the ends of the earth. Who are these who soar up as clouds and eagles to the cause of all resurrection, ministering to the Mother of God? Who is she who rises resplendent, all pure, and bright as the sun? Let the spiritual lyres sing to her, the apostolic tongues. Let grave theologians raise their voices in praise, Hierotheus, the vessel of election, in whom the Holy Spirit abides, knowing and teaching divine things by the divine indwelling. Let him be wrapt out of the body and join willingly in the joyful hymn. Let all nations clap their hands and praise the Mother of God. Let angels minister to her body. Follow your Queen, O daughters of Jerusalem, and, together with her virgins in the spirit, approach your Bridegroom in order to sit at His right hand. Make haste, Lord, to give Thy Mother the welcome which is her due. Stretch out Thy divine hands. Receive Thy Mother's soul into the Father's hands unto which Thou didst commend Thy spirit on the Cross. Speak sweet words to her: "Come, my beloved, whose purity is more dazzling than the sun, thou gavest me of thy own, receive now what is mine. Come, my Mother, to thy Son, reign with Him who was poor with thee." Depart, O Queen, depart, not as Moses did who went up to die. Die rather that thou mayest ascend. Give up thy soul into the hands of thy Son. Return earth to the earth, it will be no obstacle. Lift up your eyes, O people of God. See in Sion the Ark of the Lord God of powers, and the apostles standing by it, burying the life-giving body which received our Lord. Invisible angels are all around in lowly reverence doing homage to the Mother of their Lord. The Lord Himself is there, who is present everywhere, and filling all things, the universal Being, not in place. He is the Author and Creator of all things. Behold the Virgin, the daughter of Adam and Mother of God; through Adam she gives her body to the earth, her soul to her Son above in the heavenly courts. Let the holy city be sanctified, and rejoice in eternal praise. Let angels precede the divine tabernacle on its passage, and prepare the tomb. Let the radiance of the spirit adorn it. Let sweet ointment be made ready and poured over the pure and undefiled body. Let a clear stream of grace flow from grace in its source. Let the earth be sanctified by contact with that body. Let the air rejoice at the Assumption. Let gentle breezes waft grace. Let all nature keep the feast of the Mother of God's Assumption. May youthful bands applaud and eloquent tongues acclaim her, and wise hearts ponder on the wonder, priests hoary with age gather strength at the sight. Let all creation emulate heaven, even so the true measure of rejoicing would not be reached.

Come, let us depart with her. Come, let us descend to that tomb with all our heart's desire. Let us draw round that most sacred bed and sing the sweet words, "Hail, full of grace, the Lord is with thee. Hail, predestined Mother of God. Hail, thou chosen one in the design of God from all eternity, most sacred hope of earth, resting-place of divine fire, holiest delight of the Spirit, fountain of living water, paradise of the tree of life, divine vine-branch, bringing forth soul-sustaining nectar and ambrosia. Full river of spiritual graces, fertile land of the divine pastures, rose of purity, with the sweet fragrance of grace, lily of the royal robe, pure Mother of the Lamb of God who takes away the sins of the world, token of our redemption, handmaid and Mother, surpassing angelic powers." Come, let us stand round that pure tomb and draw grace to our hearts. Let us raise the ever-virginal body with spiritual arms, and go with her into the grave to die with her. Let us renounce our passions, and live with her in purity, listening to the divine canticles of angels in the heavenly courts. Let us go in adoring, and learn the wondrous mystery by which she is assumed to heaven, to be with her Son, higher than all the angelic choirs. No one stands between Son and Mother. This, O Mother of God, is my third sermon on thy departure, in lowly reverence to the Holy Trinity to whom thou didst minister, the goodness of the Father, the power of the Spirit, receiving the Uncreated Word, the Almighty Wisdom and Power of God. Accept, then, my good-will, which is greater than my capacity, and give us salvation. Heal our passions, cure our diseases, help us out of our difficulties, make our lives peaceful, send us the illumination of the Spirit. Inflame us with the desire of thy son. Render us pleasing to Him, so that we may enjoy happiness with Him, seeing thee resplendent with thy Son's glory, rejoicing for ever, keeping feast in the Church with those who worthily celebrate Him who worked our salvation through thee, Christ the Son of God, and our God. To Him be glory and majesty, with the uncreated Father and the all-holy and life-giving Spirit, now and for ever, through the endless ages of eternity. Amen.
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