"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

21 mai 2019

La confession chez l'enfant (metr. Antoine Bloom)

Homélie du 12 septembre 1999

(A la fin de la Divine Liturgie, un Moleben a été célébré pour l’ouverture de l’année scolaire)


Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen

On m'a demandé de faire un certain nombre d’homélies sur la confession, parce que beaucoup viennent à la confession et ne répètent que ce qu'ils ont lu dans les manuels de piété ou dont d'autres personnes leur ont parlé. Et j'aimerais commencer par ce avec quoi je commence avec un enfant et attirer votre attention sur le fait que notre situation est la même.

Quand un enfant vient à la confession, il apporte habituellement sur papier ou de mémoire une longue liste, ou une courte liste, de péchés. Et quand il a fini, je dis toujours : " Est-ce que ce sont là des choses qui te brisent le cœur ? Est-ce que ce sont des choses que tu sens qui ne vont pas en toi? C'est toi qui as préparé cette confession ? Et la plupart du temps, la réponse est : "Non, ma mère m'a donné cette liste parce que ça la met en colère !" Après cela, j'ai l'habitude d'avoir une conversation avec la mère. Mais pour l'enfant, cela n'a rien à voir avec lui, ce n'est pas sa confession. C'est le jugement que les parents ont établi, des accusations contre lui. Et on pourrait demander la même chose au sujet des personnes adultes qui viennent avec des listes de péchés qu'ils ont trouvés dans des manuels, ou à qui leurs pères spirituels ont dit de prendre en considération. Et la réponse est toujours la même : ce n'est pas ma confession, mais c'est un défi qu'on m'a lancé.

Et puis, en effet, la prochaine étape consiste à demander : " Que savez-vous du Christ ? Est-ce qu'Il vous attire ? Vous l'aimez bien ? Est-ce qu'Il signifie quelque chose pour vous ?" Et la réponse est variée. Certains disent : " Non, je le connais de loin, je le connais de l'Église, de ce qu'on m'a enseigné, mais je n'ai jamais eu d'attitude personnelle envers Lui ". Alors la réponse est : " Découvrez-le. Lisez l'Évangile et essayez de découvrir ce qu'est le Christ.

Et la prochaine étape : demandez-vous : " Est-ce que je L'aime bien ? Voudrais-je être Son disciple, Son ami ?" Si la réponse est 'non', alors commencez à réfléchir à toute votre situation, parce que si le Christ ne signifie rien, si vous ne L'aimez pas, s'Il n'est pas l'image de ce que vous voudriez être, alors vous devez commencer un très très long parcours. Mais si vous pouvez dire : " Oui, je L'aime bien, je Le respecte, je L'admire. Oui, j'aimerais être son ami personnel s'Il était ici," alors ma prochaine question sera, "Savez-vous ce qu'est l'amitié?"

L'amitié consiste surtout à choisir quelqu'un parmi toutes les personnes pour être pour vous celui que vous chérissez avant tout, que vous admirez, auprès de   qui vous êtes prêt à vous tenir en cas de danger ou de souci, celui à qui vous voulez donner la joie.

Posez-vous ces questions à propos du Christ ; et demandez-vous de quelle manière vous avez essayé la semaine dernière de donner de la joie au Seigneur Jésus Christ, ou de quelle manière vous avez été pour Lui une cause de douleur.

"Je l'ai aimé au point de lui donner Ma vie et Ma mort et il s'en fiche complètement. Pas pour Ma souffrance ou Ma mort, mais pour Moi..."

Si c'est la conclusion, commencez à réexaminer tout votre statut de Chrétien. Si vous pouvez dire, "oui, oui, je Le choisis comme ami," commencez à vous demander chaque jour, absolument chaque jour : qu'ai-je fait, dit, pensé, ressenti, été, qui peut être pour Lui une joie ou une douleur ?

Et quand vous viendrez à la confession, c'est ce que vous devez apporter à la confession ; entre la dernière confession et la confession d'aujourd'hui, c'est ce que j'ai été : un ami infidèle, un ami indifférent, un ami lâche, ou au contraire, non, je L'ai choisi pour mon ami et je L'ai soutenu...

Pensez en ces termes ; et nous verrons dans les homélies suivantes ce que nous pouvons penser et faire d'autre, et nous préparer à prononcer une confession qui sera la vôtre ; la vérité, le fondement de votre vie et de votre cœur, la vérité sur votre relation avec Christ. Amen.

Avant de vénérer la Croix, un Moleben sera chanté à l'occasion du début de l'année scolaire. Restez pour ça. Priez que la bénédiction et la grâce du Saint-Esprit viennent pour tous les enfants, non seulement les nôtres, mais tous les enfants du monde qui ont besoin de la lumière du Saint-Esprit, la lumière d'un cœur pur, d'un esprit pur, d'une volonté droite, et qu'ils puissent croître dans la prochaine génération de personnes qui bâtiront un monde digne de Dieu et de l'humanité.

+ Antoine de Sourozh



 



SERMON on 12th September 1999

(At the close of the Divine Liturgy, a Moleben was sung for the beginning of the school year)



In the Name of the Father, Son and Holy Spirit. Amen.

I was asked to give a certain number of sermons on Confession; because many come to Confession and repeat only things which they have read in manuals of devotion or which other people have told them about. And I would like to start where I start with a child and attract your attention to the fact that our situation is the same.

When a child comes to Confession, usually he brings either on paper or by memory a long list, or a short list, of sins. And when he has finished, I always say, 'Are these things which break your heart? Are these things which you feel are wrong in you? Did you invent for yourself this confession?' And most of the time the answer is, 'No, my mother gave me this list because that makes her cross!' After that I usually have a conversation with the mother. But as far as the child is concerned, it has nothing to do with him, it is not his confession. It is the judgement which the parents have established, accusations against him. And the same could be asked about grown-up people who come with lists of sins which they have found in manuals, or been told to consider by their spiritual fathers. And the answer is always the same: it is not my confession, yet it is a challenge which I was given.

And then, the next move, indeed, is to ask, 'What do you know of Christ? Does He attract you? Do you like Him? Does He mean anything to you? And the answer is varied. Some say, 'No, I know Him from afar off, I know Him from the Church, from what I was taught, but I never had a personal attitude to Him.' Then the answer is, 'Find out. Read the Gospel and try to find out what Christ is like.'

And the next move: ask yourself, 'Do I like Him? Would I wish to be His disciple, His friend? If the answer is 'no', then begin to think about your whole situation, because if Christ means nothing, if you dislike Him, if He is no image of what you would like to be, then you must start a long, long way away. But if you can say, 'Yes! I like Him, I can respect Him, I can admire Him. Yes, I would like to be His personal friend if He was here,' then my next question will be, 'Do you know what friendship is?'

Friendship consists most of all in choosing someone among all the people to be to you the one you treasure above all, whom you admire, by whom you are prepared to stand in case of danger or unpleasantness; one to whom you wish to give joy.

Ask yourself these questions with regard to Christ; and ask yourself, in what way have you tried in the past week to give some joy to the Lord Jesus Christ, or in what way have you been for Him a cause of pain.

'I have loved him to the point of giving My life and My death to him and he does not care at all. Not for My suffering or My death, but for Me ...'

If that is the conclusion, begin to re-examine all your status as a Christian. If you can say, yes, I choose Him as a friend, begin to ask yourself every day, every day: what have I done, said, thought, felt, been, which can be to Him a joy or a pain?

And when you will come to Confession that is what you must bring to Confession; between the last Confession and today's Confession this is what I have been: an unfaithful friend, an indifferent friend, a cowardly friend, or on the contrary, no, I have chosen Him for my friend and I stood by Him...

Think in those terms; and we will see in the following sermons of mine what else we can think and do, and prepare, to pronounce a Confession that will be your own; the truth, the rock bottom of your life and heart, the truth about your relationship with Christ. Amen.

Before you venerate the Cross a Moleben will be sung on the occasion of the beginning of the school year. Stay for it. Pray that the blessing and the grace of the Holy Spirit come for all the children, not only ours, but all the children of the world who need the light of the Holy Spirit, the light of a pure heart, of a cleansed mind, of a right will, and that they may grow into the next generation of people who will build a world worthy of man and worthy of God.

+ Antoine de Sourozh



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