"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

27 juin 2019

27 juin 1789, la France se réveilla avec satan dans son lit...

La Révolution de 1789 vue par un moine orthodoxe français, le père Placide Deseille
...Au matin du 27 juin 1789 la France a changé ses racines... L'Assemblée Nationale a pris le pouvoir législatif. D'autre part -ce qui est capital- en se proclamant seule habilitée à donner une constitution à la France, elle se fait -en tant que peuple- la source ultime de toute loi, la source de la norme du bien et du mal pour le pays. En un mot, elle prend la place de Dieu...
… Entre le 20 et le 26 août, l'Assemblée Nationale élabore et adopte la Déclaration des droits de l'homme... En 1789, cette déclaration se situe dans le même contexte que le coup d'Etat du 27 juin et procède de la philosophie des Lumières et du Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau. La philosophie qui s'y exprime se ramène à deux points essentiels : l'homme a le droit de penser ce qu'il veut, en se confiant uniquement à sa raison, sans être soumis à aucune Autorité transcendante. Les bornes limitant son activité ne viennent pas de Dieu, mais de la loi établie par la volonté générale de la nation. Cela explique que le pape Pie VI, écho sur ce point de l'ensemble de la tradition chrétienne, réagit alors en dénonçant ces droits '' si contraires à la religion et à la société '' (Encyclique du 23 avril 1791). La réaction du Patriarcat oecuménique et des porte-parole de la consciences des peuples orthodoxes ne fut pas différente...
...Dès ses premières heures, la Révolution française n'avait pas été le soulèvement d'un peuple contre le Roi et la noblesse, mais l'offensive d'une minorité de nobles et de bourgeois hostiles à la civilisation chrétienne et à toute Souveraineté transcendante, contre tout un peuple encore profondément imprégné de christianisme et attaché à son Roi...
… la prétention de la Nation à s'affirmer comme le fondement suprême des normes qui inspire les lois est luciférien et ne peut mener l'homme qu'à sa destruction...
La Révolution française et le destin spirituel de l'Europe, par l'Archimandrite Placide Deseille (R.I.P.)