"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

03 août 2019

Tous les chiens vont au Ciel - hommage à mon chien Elvis


https://blogs.ancientfaith.com/glory2godforallthings/2012/05/02/all-dogs-go-to-heaven/

Les Pères ne sont pas tout à fait d'accord au sujet des animaux et de la vie éternelle - ainsi la question de leur sort dans l’éternité n’a jamais eu de réponse satisfaisante. Mais il y a quelques points qui méritent réflexion sur la vie des animaux (dont j'ai choisi les chiens comme représentants).

Les animaux, comme toute la Création, sont soumis à la même corruption que les êtres humains. Saint Paul dit que toute la Création a été soumise au même processus de mort et de décomposition que les êtres humains endurent :

    Si la Création fut assujettie à la vanité, -non qu’elle l’eût voulu, mais à cause de celui qui l’y a soumise, -c’est avec l’espérance  d’être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu. (Romains 8,20-21).

Cette "sujétion" n'a pas eu lieu "volontairement", c'est-à-dire que la Création n'a pris aucune décision pécheresse à l'origine de cette situation. Ainsi, dans un certain sens, la Création n'a pas "chuté". Cependant, elle est sujette à la même existence "déchue" que celle que nous connaissons. Si des êtres humains tombés au champ d'honneur vivaient dans un monde qui n'a pas chuté, notre catastrophe serait plus grande (peut-être irrémédiable). Il n'est pas étonnant, cependant, que la Création gémisse. Qu'elle tolère nos cheminements est un signe de patience et d'amour.

Alors, qu'est-ce que cela signifie que la Création serait déchue et à la fois ne le serait pas?

Je reviens aux chiens. Il n'est pas incorrect de dire qu'un chien est sans péché. Il ne fait rien de mal, rien d'anormal. Les chiens agissent selon leur nature. Les êtres humains, cependant, agissent souvent de manière contraire à leur nature. Cette vie contre nature est l'incarnation même du péché.

Cela ne veut pas dire, bien sûr, que des chiens ne font pas des choses terribles. Cela dit, ces choses terribles qu'ils font sont le résultat de la chute de l’humain et du péché. Nous faisons d'eux ce qu'ils sont.

Cependant, s'ils n'agissaient pas toujours conformément à leur nature, ils ne seraient pas aptes à être apprivoisés / éduqués. Ils sont capables d'apprendre - mais pas d'apprendre à être autre chose qu'un chien (même si nous pensons parfois qu'ils agissent d'une manière humaine).

Les chiens prient-ils (la Création prie-t-elle)? Absolument ! "Que tout ce qui  respire loue le Seigneur" (Psaume 150,6). Mais comment prient-ils ? Leur existence même est prière. Toute nature créée est faite pour vivre en communion avec Dieu. La nature humaine elle-même vit en communion avec Dieu. Notre chute ne consiste pas à devenir autre chose qu'humain - nous ne sommes pas encore devenus vraiment humains. Ainsi dit saint Paul : "L'homme est la gloire de Dieu" (1 Co 11, 7). Et saint Irénée dit : "La gloire de Dieu est l'homme pleinement vivant" (Adv. Her. 4.34.5-7). Devenir vraiment humain signifierait la restauration de notre véritable intégrité - nous vivrions en accord avec notre nature et louerions sans cesse le Seigneur. Les natures de toute la Création louent sans cesse Dieu par leur existence même. Notre lutte est de rejoindre le chant de la Création avec tout notre être.

J'avoue que mes pensées canines sont le résultat du fait de vivre avec un chiot depuis le Lundi Radieux. Nous nous réjouissons et luttons quotidiennement avec les conséquences de sa nature de chien dans l'environnement de ma maison humaine. Il apprend et j'apprends. Étant donné mes propensions, je ne peux m'empêcher de réfléchir théologiquement à tout cela.

Le sort ultime des chiens (et de toute la Création) est entre les mains de Dieu. Personnellement, je prie pour que le gémissement de la Création se traduise par une libération qui inclut une vie éternelle pour tous et pour tout. Actuellement, mon chien et moi gémissons pour la libération d'une vie bien entraînée. Je prie pour devenir toujours plus humain - et je suis sûr qu'il prie pour la même chose.

Prêtre Stephen Freeman


Le père Stephen est un prêtre de l’Église Orthodoxe en Amérique. Il est recteur de l’église orthodoxe Sainte Anne à Oak Ridge, Tennessee.
Il est aussi l’auteur de "Everywhere present" ("Partout présent") et des séries de podcasts "Glory to God" ("Gloire à Dieu")





Mon Elvis avait été béni..
Prière pour bénir un animal
https://stmaterne.blogspot.com/2006/07/tu-protges-seigneur-animaux-et-gens.html



Père Thomas de Pervijze (R.I.P 11.01.2019) m'avait fait découvrir ce saint 2 ou 3 ans avant d'avoir mon chien-loup. Et donc mon Elvis, il avait un saint patron, son nom n'était pas un fruit du hasard ou d'une mode..
http://stmaterne.blogspot.com/2013/09/saint-elvis-ou-ailbhe-demly-un-des.html


02 août 2019

En Lui tout fut créé, et sans Lui rien ne fut (st Clément)

Dieu a fait toutes choses à travers Lui. C'est pourquoi on dit aussi qu'Il a "pris la forme d'un esclave". Ce n'est pas seulement la chair de l'esclave qu'il a assumée, mais la nature même de l'esclave qu'Il a assumée. Il est devenu esclave pour pouvoir partager la souffrance humaine en chair et en os.
Saint Clément d'Alexandrie






"God did all things through him. Therefore he is also said to have “taken the form of a slave.” It is not only the flesh of the slave that he assumed but the very nature of a slave that he assumed. He became a slave so that he could share human suffering in the flesh."
St Clement of Alexandria

01 août 2019

Sainte Croix, Fête Majeure le 1er août, date du début du Carême de la Dormition (st Nicolas / Prologue)


PROCESSION DE LA SAINTE CROIX
Cette fête fut instituée par un arrangement mutuel entre les Grecs et les Russes à l'époque de l'empereur Grec Manuel et du prince Russe André, en commémoration des victoires simultanées des Russes sur les Bulgares et des Grecs sur les Sarazins. Dans ces 2 batailles, des croix furent portées par les armées, desquelles des lumières célestes irradièrent. Dès lors, il fut institué que le 1er août, la Croix soit d'abord portée au milieu de l'église de Sainte-Sophie, puis dans les rues, pour que le peuple puisse la vénérer comme une commémoration de l'aide miraculeuse de la Croix dans les batailles précédentes. Ce n'était pas une croix ordinaire, mais la Vraie Sainte Croix qui était conservée dans l'église de la cour impériale. Le 31 juillet, la Vénérable Croix était transportée de la cour impériale à l'église Sainte-Sophie, et de là en procession à travers les rues, pour la consécration de la terre et de l'air. Finallement, le 14 août, elle retrouvait sa place dans l'église du palais impérial.
Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".

A (re)lire sur le sujet :
La procession du précieux Bois de la Sainte et Vivifiante Croix le 1er août
http://stmaterne.blogspot.com/2017/08/la-procession-du-precieux-bois-de-la.html


31 juillet 2019

Saint Germain, évêque d'Auxerre, vainqueur de l'hérésie pélagienne en Grande Bretagne


From: emrys@globe.net.nz>
Date sent: Thu Jul 31, 2003 1:39am
Subject: [celt-saints] 31 July
(traduction personnelle http://www.amdg.be )

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* Saint Germain d'Auxerre
* Saint Neot de Cornouailles
* Saint Joseph d'Arimathie
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Saint Germain, évêque d'Auxerre
(Germanus)
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Evêque d'Auxerre, né à Auxerre vers 380; mort à Ravenne, le 31 juillet 448. Il était le fils de Rusticus et Germanilla, et sa famille était une des plus noble des Gaules dans la dernière partie du 4ième siècle. Il reçut la meilleure des éducations donnée par les plus distinguées des écoles d'Arles et Lyon, et partit pour Rome, où il étudia la rhétorique et le droit civil. Il y pratiqua au tribunal du préfet durant quelques années, avec beaucoup de succès. Sa haute naissance et ses grands talents le mirent en contact avec la cour impériale, et il épousa Eustachie, une demoiselle fort estimée dans les cercles impériaux.

L'empereur le renvoya en Gaule, le faisant un de ses 6 ducs, lui confiant le gouvernement des provinces Gauloises. Il habita à Auxerre et s'adonna à tous les plaisirs qui pouvaient naturellement lui échoir. Ce qui finit par causer un grand désaroi à l'évêque, saint Amator. Il semblerait que Germain était accoutumé d'accrocher les trophées de ses chasses sur un arbre particulier, qui auparavant avait été l'objet d'un culte païen. Amator tenta, en vain, de le réprimander. Un jour que le duc était absent, l'évêque fit couper l'arbre et brûler les trophées. Redoutant la colère du duc, qui voulait le tuer, il s'enfuit et fit appel au préfet Julius, lui demandant la permission de conférer la tonsure à Germain. Cela lui ayant été accordé, Amator retourna, sentant que sa fin de vie était proche. Quand le duc vint à l'église, Amator fit barrer les portes et lui donna la tonsure contre sa volonté, lui disant qu'il devait dorénavant vivre comme quelqu'un destiné à lui succéder, et en faisant un diacre.

Un changement merveilleux se produisit instantanément en Germain, et il accepta dès lors tout ce qui était arrivé comme la Volonté Divine. Il s'adonna à la prière, l'étude, les oeuvres de charité, et quand peu après Amator mourut, Germain fut unanimement choisit pour occuper le siège vacant, étant sacré le 7 juillet 418. Sa magnifique éducation lui servit dès lors pour la bonne gouvernance de son diocèse, qu'il administra avec grande sagacité. Il distribua ses biens parmi les pauvres, et vécut fort austèrement. Il bâtit un grand monastère, dédié aux saints Côme et Damien, sur les bords de l'Yonne, où il prit l'habitude de se retirer dans ses moments libres.

En 429, les évêques de Grande-Bretagne envoyèrent un appel sur le continent pour demander de l'aide contre les hérétiques Pélagiens, qui étaient occupés à corrompre la foi sur l'île. Saint Prosper, qui était à Rome en 431, affirme dans sa Chronique que le pape Célestin aurait commissionné l'Eglise en Gaule pour envoyer de l'aide, et Germain et Loup de Troyes furent députés pour aller en Grande-Bretagne. En chemin, Germain s'arrêta à Nanterre, où il rencontra une jeune enfant, Geneviève, destinée à devenir la patronne de Paris. Une des plus anciennes Vies de saint Patrick, Apôtre de l'Irlande, nous raconte qu'il fut dans la suite de saint Germain en cette occasion. La tradition nous rapporte que la principale confrontation avec les représentants du Pélagianisme eut lieu à Saint-Alban, et résultat dans la déconfiture totale des hérétiques. Germain demeura quelque temps en Angleterre, prêchant et fondant plusieurs écoles pour la formation du clergé. A son retour, il rendit visite au préfet d'Arles, et obtint l'allègement de certaines taxes qui écraisaient le peuple d'Auxerre. Il construisit une église en l'honneur de Saint-Alban vers cette époque-là, dans sa ville épiscopale.

En 447, il revint en Grande-Bretagne, cette fois accompagné de saint Sévère, évêque de Trèves. Il semble bien qu'il y fit énormément pour l'Eglise locale, si on en juge par les traditions conservées dans le Pays de Galles. C'est à cette occasion qu'il aurait aidé les Britons à gagner une grande victoire - appelée la "bataille du cri, Alleluia!", la victoire de l'Alleluiah - sur une armée de marauds Saxons et Pictes.

A son retour en Gaule, il partit vers l'Armorique (Bretagne) pour intercéder pour les Armoricains qui s'étaient révoltés. Leur punition fut différée à son intervention, jusqu'à ce qu'il ait pu présenter leur cas devant l'empereur. Il partit pour l'Italie, et atteint Milan le 17 juin 448. Puis il séjourna à Ravenne, où il plaida leur cause auprès de la mère de l'empereur, Galla Placidia. L'impératrice et l'évêque de la ville, saint Pierre Chrysologue, lui firent un accueil royal, et le pardon demandé fut accordé. Il mourut pendant qu'il se trouvait là, le 31 juillet 450.

Comme il l'avait demandé étant mourrant, son corps fut transféré de retour à Auxerre, et placé dans l'oratoire de Saint-Maurice, qu'il avait bâtit. Plus tard, l'oratoire fut remplacé par une plus grande église, qui devint plus tard encore l'abbaye Bénédictine de Saint-Germain. Ce tribut à la mémoire du saint fut le cadeau de la reine Clothilde, épouse de Clovis. Plusieurs siècles plus tard, Charles le Chauve fit ouvrir le cerceuil, et le corps fut trouvé intact. Il fut embaumé et enroulé dans des draps précieux, et placé en un lieu plus visible dans l'église. Il y demeura préservé jusqu'en 1567, quand Auxerre fut envahie par les Huguenots, qui profanèrent le cercueil et jetèrent les reliques. On rapporte que les reliques furent ensuite ramassées et placées dans l'abbaye de Saint-Marien sur les rives de l'Yonne, mais il n'y a jamais eu de reconnaissance canonique de l'authenticité de ces reliques.

Saint Germain était honoré en Cornouailles, et à Saint-Alban en Angleterre avant la réforme, et il a toujours été le patron d'Auxerre.


Un extrait de la Vie de saint Germain, par Eric d'Auxerre (8ième siècle):

"Puisque la gloire du père brille à travers l'éducation de l'enfant, parmi les nombreux enfants en Christ que saint Germain eut comme disciples en religion, qu'il suffise de mentionner ici, très brièvement, un des plus célèbres, Patrick, l'Apôtre particulier de la nation Irlandaise, comme le récit de ses oeuvres le prouve. Ayant vécu dans cette très sainte discipline durant 18 ans, il but avidement la connaissance des Saintes Ecritures, coulant du flot d'une si grande et bonne source...".


Dans l'art, Saint Germain est représenté en évêque avec un âne à ses pieds. Parfois, l'image peut montrer des chasseurs et du gibier abbatu autour de lui, ou Germain dirigeant un dragon à 7 têtes. (Roeder).