"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

17 août 2019

La peur du silence chez l'homme moderne (mgr Panteleimon)

Le seul endroit où l'homme moderne n'aime pas aller en visite - c'est en lui-même.
Il ne supporte pas d'entendre le silence, il ne veut pas entendre la voix de sa conscience.
Mais sans vous connaître vous-même, vous ne sauriez connaître Dieu.
L'homme moderne vit dans un monde obscur de télévision, de médias, d'Internet, mais la plus grande réalité du monde est l'âme humaine.
A l'intérieur nous pouvons ouvrir le Royaume des cieux, Dieu veut naître dans notre cœur !
Évêque Panteleimon (Shatov),  hiérarque russe du 21ème siècle






The only place where modern man does not like to visit - is himself.
He cannot hear the silence, he does not want to hear the voice of his conscience.
But without knowing yourself you can not know God.
Modern man lives in a shadowy world of TV, the media, the Internet, but the greatest reality in the world is the human soul.
Inside we can open up the kingdom of heaven, in our heart God wants to be born!
Bishop Panteleimon (Shatov),
21st Century Russian Hierarch

16 août 2019

L'homme descend de l'animal? (parole athonite)

Lorsque la science vous affirme que nous descendons d'animaux, souriez, et sachez que c'est l'inverse, et que nous sommes nés tels que nous sommes, mais nous sommes devenus comme des bêtes!
+ geronda (staretz) Iokeim du Mont Athos
merci à Nik Kapolos qui l'a entendu prononcer cette parole





When science tells you that we came from animals smile and know that it's the opposite and that we were born as we are and have turned into animals!
+ Geronda Iokeim from Mount Athos
Thanks to Nik Kapolos who heard it from his mouth

15 août 2019

Dormition de la Theotokos - saint Jean Damascène, 3ème homélie

Les amoureux ont l'habitude de parler de qui ils aiment et de laisser courir leur fantaisie jour et nuit. Que personne ne me blâme donc, si j'ajoute un troisième hommage à la Mère de Dieu, sur son départ triomphant. Je ne lui apporte rien à son profit pas, mais cela profite à moi et à vous qui êtes ici présents, en nous offrant épices et rafraîchissement spirituels en accord avec cette nuit sainte. Nous souffrons, comme vous le voyez, de la pénurie de denrées alimentaires. C'est pourquoi j'improvise un repas qui, s'il n'est pas très coûteux ni digne de l'occasion, sera certainement suffisant pour calmer la faim. Elle n'a pas besoin de nos éloges. C'est nous qui avons besoin de sa gloire. Comment la gloire peut-elle être glorifiée, ou la source de lumière éclairée ? Ce faisant, nous tissons une couronne pour nous-mêmes. "Je vis," dit le Seigneur, "et Je glorifierai ceux qui Me glorifient." Le vin est vraiment agréable à boire et le pain à manger. L'un réjouit, l'autre fortifie le cœur de l'homme. Mais qu'y a-t-il de plus doux que la Mère de mon Dieu ? Elle m'a captivé l'esprit, et a maintenu ma langue en servitude. Je pense à elle jour et nuit. Elle, la Mère de la Parole, fournit mes paroles. Le fruit de la stérilité rend féconds les esprits stériles. Nous célébrons aujourd'hui la fête de sa bienheureuse et céleste élévation depuis ce monde. Grimpons alors sur la montagne mystique, où, au-delà de la portée des choses du monde, en passant par l'obscurité de la tempête, nous nous tenons dans la Lumière divine et pouvons louer la puissance du Tout-Puissant. Comment Lui, qui demeure dans la splendeur de Sa gloire, descend-Il dans le sein de la Vierge sans quitter le sein du Père ?  Comment est-Il conçu dans la chair, et souffre-t-Il spontanément, et souffre-t-Il jusqu'à la mort, dans ce corps matériel, gagnant l'immortalité par la corruptibilité ? Et, de nouveau, montant vers le Père, Il attira Sa Mère, selon la chair, vers Son propre Père, assumant dans la patrie céleste celle qui était le Ciel sur la terre.

Aujourd'hui, l'échelle vivante, par laquelle le Très-Haut est descendu et a été vu sur la Terre, et S'est entretenu avec les hommes, est montée au Ciel à travers la mort. Aujourd'hui, la Table céleste, celle qui, sans connaître l'homme, contenait le Pain de Vie, le Feu de la divinité, a été prise de la Terre au Ciel, et les portes du Ciel se sont ouvertes pour recevoir la porte de Dieu venu d’Orient.
Aujourd'hui, la Cité vivante de Dieu est transférée de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste, et celle qui, ayant conçu son Fils premier-né et unique, premier-né de toute la Création, seul engendré du Père, repose dans l'Église du premier-né : l'Arche vraie et vivante du Seigneur est conduite à la paix de son Fils.
Les portes du ciel sont ouvertes pour recevoir le réceptacle de Dieu qui, en mettant au monde l'Arbre de Vie, a détruit la désobéissance d'Eve et la peine de mort d'Adam. Et le Christ, cause de toute vie, reçoit le miroir choisi, la montagne dont la pierre sans mains a rempli toute la terre. Elle, qui a fait naître l'Incarnation divine du Verbe, repose dans son tombeau glorieux comme dans une chambre nuptiale, d'où elle se rend aux noces célestes pour partager le Royaume de son Fils et de Dieu, laissant sa tombe comme lieu de repos pour ceux de la terre.
Son tombeau est-il en effet un lieu de repos ? Certes oui, plus célèbre que tout autre, non pas brillant d'or, d'argent ou de pierres précieuses, ni couvert de parures de soie, d'or ou de pourpre, mais de l'éclat divin de l'Esprit Saint. L'état angélique n'est pas pour les amoureux de ce monde, mais la vie merveilleuse des bienheureux est pour les serviteurs de l'Esprit, et passer à Dieu est meilleur et plus doux que toute autre vie. Ce tombeau est plus beau qu'Eden.
Et afin que je ne parle pas de la tromperie de l'ennemi ; de son, comment dire, conseil astucieux, de sa jalousi et de sa convoitise, de la faiblesse et de la mollesse d'Eve, de l'appât, sûr et tentant, qui la trompait et aussi son mari, de leur désobéissance, de leur exil, de la mort, sans parler de ces choses qui feraient que notre fête devienne une douleur, cette tombe livra au pays céleste le corps humain qu'elle renfermait.
Ève est devenue la mère de l’humanité, et n'est pas un humain fait à l'image divine, que l’on juge à l’aune de sa condamnation : "Tu es terre, et tu retourneras en terre." Ce tombeau est plus précieux que le tabernacle d'autrefois, recevant le réceptacle réel et vivifiant du Seigneur, la table céleste, non pas les pains de proposition, mais les pains du Ciel, non pas le feu matériel, mais celui qui contient le Feu pur de la divinité. Ce tombeau est plus saint que l'arche de Moïse, béni non pas avec des archétypes et des ombres, mais avec la Vérité elle-même.
Elle montrait l'urne pure et dorée, contenant la manne céleste, la tablette vivante, recevant le Verbe incarné de Dieu par l'impression de l'Esprit Saint, l'encensoir doré de la parole supersubstantielle. Il montrait celle qui conçut le Feu divin embaumant toute la Création.

Que les démons prennent la fuite, et les trois fois misérables Nestoriens périssent comme les Egyptiens d'autrefois, et leur chef Pharaon, le plus jeune, un cruel dévastateur. Ils ont été engloutis dans l'abîme du blasphème. Nous qui sommes sauvés les pieds secs, traversant les eaux amères de l'impiété, élevons nos voix vers la Mère de Dieu à son départ. Laissons Marie, personnifiant l'Église, diriger le flot joyeux. Que les demoiselles de la Jérusalem spirituelle sortent en chantant dans des chœurs.
Que les rois et les juges, avec les dirigeants, les jeunes et les vierges, jeunes et vieux, proclament la Mère de Dieu, et que tous les peuples et toutes les nations, de leurs différentes manières et langues, chantent un nouveau cantique. Que l'air résonne de louange et d'instrument, et que le soleil réjouisse ce jour de salut. Réjouissez-vous, ô Cieux, et que les nuages fassent pleuvoir la justice. Réjouissez-vous, ô Apôtres divins, les élus du troupeau de Dieu, qui semblent atteindre les visions les plus élevées, comme de hauts sommets des montagnes.
Et vous, brebis de Dieu et Son peuple saint, le troupeau de l'Église, qui regardez vers les hautes montagnes de la perfection, soyez tristes, car la source de la vie, la Mère de Dieu, est morte. Il était nécessaire que ce qui était fait de terre retourne sur Terre, et soit ainsi assumé au Ciel. Il convenait que l’enveloppe terrestre soit rejetée, comme l'or est purifié, afin que la chair dans la mort devienne pure et immortelle, et que l'immortalité brillante s'élève du tombeau.
Aujourd'hui, elle commence sa seconde vie par Celui qui a été la cause de son premier être. Elle a donné un commencement, je veux dire, la vie du corps, à Celui qui n'avait pas de commencement dans le temps, bien que le Père soit la cause de son existence divine. Réjouis-toi saint et divin Mont Sion, dans lequel repose la montagne divine vivante, le nouveau Béthel, avec sa grâce, la nature humaine unie avec la divinité. De toi son Fils est monté au Ciel tel les oliviers.
Que la nuée qui embrasse le monde soit préparée et que les vents rassemblent au Mont Sion les apôtres depuis extrémités de la terre. Qui sont ceux qui s'élèvent comme des nuages et des aigles pour la cause de toute résurrection, servant la Mère de Dieu ? Qui est celle qui se lève resplendissante, toute pure et lumineuse comme le soleil ? Que les paroles spirituelles lui chantent, les langues apostoliques. Que les théologiens graves élèvent leur voix dans la louange, Hiérotheus, le vase de l'élection, dans lequel l'Esprit Saint demeure, connaissant et enseignant les choses divines par le séjour de Dieu. Qu'il soit enveloppé hors du corps et qu'il se joigne volontiers à l'hymne joyeux. Que toutes les nations battent des mains et louent la Mère de Dieu.
Que les anges s'occupent de son corps. Suivez votre Reine, ô filles de Jérusalem, et, avec ses vierges dans l'esprit, approchez votre Époux afin de vous asseoir à Sa droite. Hâte-toi, Seigneur, de donner à Ta Mère l'accueil qui lui est dû. Étends Tes mains divines. Reçois l'âme de ta Mère entre les mains du Père à qui Tu as confié Ton esprit sur la Croix. Dis-lui des mots doux : "Viens, mon bien-aimé, dont la pureté est plus éblouissante que le soleil, tu m'as donné à toi-même, reçois maintenant ce qui est à moi. Viens, ma Mère, à ton Fils, règne avec celui qui a été pauvre avec toi." Pars, ô Reine, pars, pas comme Moïse qui est monté pour mourir.
Meurs plutôt pour pouvoir monter. Rends ton âme entre les mains de ton Fils. Ramène la terre à la terre, ce ne sera pas un obstacle. Lève les yeux, peuple de Dieu. Vois à Sion l'Arche du Seigneur Dieu des puissances, et les Apôtres qui se tiennent près d'elle, enterrant le corps vivant qui a reçu notre Seigneur. Des anges invisibles sont tout autour d'eux dans un humble respect, rendant hommage à la Mère de leur Seigneur. Le Seigneur Lui-même est là, qui est présent partout, et remplit toutes choses, l'Etre universel.
Il est l'Auteur et le Créateur de toutes choses. Voici la Vierge, fille d'Adam et Mère de Dieu ; par Adam, elle donne son corps à la terre, son âme à son Fils en haut, dans les parvis célestes. Que la ville sainte soit sanctifiée, et qu'elle se réjouisse de la louange éternelle. Que les Anges précèdent le tabernacle divin sur son passage, et préparent le tombeau. Que l'éclat de l'esprit l'orne. Que l'onguent sucré soit préparé et versé sur le corps pur et non souillé. Qu'un courant clair de grâce coule de la grâce dans sa source.
Que la terre soit sanctifiée par le contact avec ce corps. Que l'air se réjouisse de l'Assomption. Que la brise légère emporte la grâce. Que toute la nature célèbre la fête de la Dormition de la Mère de Dieu. Puissent de jeunes orchestres l'applaudir et des langues éloquentes l'acclamer, et des cœurs sages s'interrogent sur la merveille, des prêtres grisonnants d'âge engranger de la force à la vue. Que toute la création imite le Ciel, même ainsi la vraie mesure de la joie ne serait pas atteinte.

Venez, partons avec elle. Venez, descendons dans ce tombeau avec tout notre cœur. Faisons cercle autour de ce lit très sacré et chantons les douces paroles : "Salut, plein de grâce, le Seigneur est avec toi. Salut, Mère prédestinée de Dieu. Salut, tu en as choisi un dans le dessein de Dieu de toute éternité, la plus sacrée des espérances de la terre, lieu de repos du feu divin, la plus sainte joie de l'Esprit, fontaine d'eau vive, paradis de l'arbre de vie, branche de vigne divine, produisant le nectar et l'ambroisie qui soutiennent l'âme.
Rivière débordante de grâces spirituelles, terre fertile des pâturages divins, rose de pureté, au doux parfum de grâce, muguet de la robe royale, pure Mère de l'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde, symbole de notre rédemption, servante et mère, dépassant les pouvoirs angéliques." Venez, tenons-nous autour de ce tombeau pur et attirons la grâce dans nos cœurs. Levons le corps toujours vierge avec des bras spirituels, et allons avec elle dans la tombe pour mourir avec elle.
Renonçons à nos passions et vivons avec elle dans la pureté, en écoutant les cantiques divins des anges dans les cours célestes. Allons dans l'adoration, et apprenons le mystère merveilleux par lequel elle est assumée au Ciel, pour être avec son Fils, plus haut que tous les chœurs angéliques. Personne ne se tient entre le Fils et la Mère. Ceci, ô Mère de Dieu, est mon troisième sermon sur ton départ, dans le respect humble de la Sainte Trinité à qui tu as servi, la bonté du Père, la puissance de l'Esprit, recevant le Verbe Incréé, la Sagesse Tout-Puissant et la Puissance de Dieu.
Accepte donc ma bonne volonté, qui est supérieure à mes capacités, et donne-nous le Salut. Guéris nos passions, guéris nos maladies, aide-nous à sortir de nos difficultés, rends notre vie paisible, envoye-nous l'illumination de l'Esprit. Enflamme-nous du désir de ton fils. Rends-nous agréables à Lui, afin que nous puissions jouir du bonheur avec Lui, te voir resplendissante de la gloire de ton Fils, nous réjouissant pour toujours, célébrant la fête dans l'Église avec ceux qui célèbrent dignement Celui qui a fait notre Salut par toi, le Christ Fils de Dieu, et notre Dieu. A Lui soient la gloire et la majesté, avec le Père incréé et l'Esprit tout-saint et vivifiant, maintenant et pour toujours, à travers les siècles sans fin de l'éternité. Amen. 

+ Jean de Damas







John of Damascus, Homily 3 on the Dormition of the Theotokos
Lovers are wont to speak of what they love, and to let their fancy run on it by day and night. Let no one therefore blame me, if I add a third tribute to the Mother of God, on her triumphant departure. I am not profiting her, but myself and you who are here present, putting before you a spiritual seasoning and refreshment in keeping with this holy night. We are suffering, as you see, from scarcity of eatables. Therefore I am extemporising a repast, which, if not very costly nor worthy of the occasion, will certainly be sufficient to still hunger. She does not need our praise. It is we who need her glory. How indeed can glory be glorified, or the source of light be enlightened? We are weaving a crown for ourselves in the doing. "I live," the Lord says, "and I will glorify those who glorify Me." Wine is truly pleasant to drink, and bread to eat. The one rejoices, the other strengthens the heart of man. But what is sweeter than the Mother of my God? She has taken my mind captive, and held my tongue in bondage. I think of her by day and night. She, the Mother of the Word, supplies my words. The fruit of sterility makes sterile minds fruitful. We keep to-day the feast of her blessed and divine transit from this world. Let us then climb up the mystical mountain, where beyond the reach of worldly things, passing through the obscurity of storm, we stand in the divine light and may give praise to Almighty power. How does He, who dwells in the splendour of His glory, descend into the Virgin's womb without leaving the bosom of the Father? How is He conceived in the flesh, and does He spontaneously suffer, and suffer unto death, in that material body, gaining immortality through corruptibility? (fqora kthsamenoV to afqarton). And, again, ascending to the Father, He drew His Mother, according to the flesh, to His own Father, assuming into the heavenly country her who was heaven on earth.

To-day the living ladder, through whom the Most High descended and was seen on earth, and conversed with men, was assumed into heaven by death. To-day the heavenly table, she, who contained the bread of life, the fire of the Godhead, without knowing man, was assumed from earth to heaven, and the gates of heaven opened wide to receive the gate of God from the East. To-day the living city of God is transferred from the earthly to the heavenly Jerusalem, and she, who, conceived her first-born and only Son, the first-born of all creation, the only begotten of the Father, rests in the Church of the first-born: the true and living Ark of the Lord is taken to the peace of her Son. The gates of heaven are opened to receive the receptacle of God, who, bringing forth the tree of life, destroyed Eve's disobedience and Adam's penalty of death. And Christ, the cause of all life, receives the chosen mirror, the mountain from which the stone without hands filled the whole earth. She, who brought about the Word's divine Incarnation, rests in her glorious tomb as in a bridal-chamber, whence she goes to the heavenly bridals, to share in the kingdom of her Son and God, leaving her tomb as a place of rest for those on earth. Is her tomb indeed a resting-place? Yes, more famous than any other, not shining with gold, or silver, or precious stones, nor covered with silken, golden, or purple adornments, but with the divine radiance of the Holy Spirit. The angelic state is not for lovers of this world, but the wondrous life of the blessed is for the servants of the Spirit, and passing to God is better and sweeter than any other life. This tomb is fairer than Eden. And that I may not speak of the enemy's deceit, in the one; of his, so to say, clever counsel, his envy and covetousness, of Eve's weakness and pliability, the bait, sure and tempting, which cheated her and her husband, their disobedience, exile, and death, not to speak of these things so as not to turn our feast into sorrow, this grave gave up the mortal body it contained to the heavenly country. Eve became the mother of the human family, and is not man made after the divine image, convicted by her condemnation; "earth thou art, and unto earth thou shalt return." This tomb is more precious than the tabernacle of old, receiving the real and life-giving receptacle of the Lord, the heavenly table, not the loaves of proposition, but of heaven, not material fire, but her who contained the pure fire of the Godhead. This tomb is holier than the ark of Moses, blessed not with types and shadows, but the truth itself. It showed forth the pure and golden urn, containing the heavenly manna, the living tablet, receiving the Incarnate Word of God from the impress of the Holy Spirit, the golden censer of the supersubstantial word. It showed forth her who conceived the divine fire embalming all creation.

Let demons take to flight, and the thrice miserable Nestorians perish as the Egyptians of old, and their ruler Pharao, the younger, a cruel devastator. They were swallowed up in the abyss of blasphemy. Let us who are saved with dry feet, crossing the bitter waters of impiety, raise our voices to the Mother of God at her departure. Let Mary, personifying the Church, lead the joyful strain. Let the maidens of the spiritual Jerusalem go out in singing choirs. Let kings and judges, with rulers, youths, and virgins, young and old, proclaim the Mother of God, and all peoples and nations in their different ways and tongues, sing a new canticle. Let the air resound with praise and instrument, and the sun gladden this day of salvation. Rejoice, O heavens, and may the clouds rain justice. Be glad, O divine apostles, the chosen ones of God's flock, who seem to reach the highest visions, as lofty mountain tops. And you God's sheep, and His holy people, the flock of the Church, who look to the high mountains of perfection, be sad, for the fountain of life, God's Mother, is dead. It was necessary that what was made of earth should return to earth, and thus be assumed to heaven. It was fitting that the earthly tenement should be cast off, as gold is purified, so that the flesh in death might become pure and immortal, and rise in shining immortality from the tomb.

To-day she begins her second life through Him who was the cause of her first being. She gave a beginning, I mean, the life of the body, to Him who had no beginning in time, although the Father was the cause of His divine existence. Rejoice holy and divine Mount Sion, in which reposes the living divine mountain, the new Bethel, with its grace, human nature united with the Godhead. From thee her Son ascended to heaven as from the olives. Let the world-embracing cloud be prepared and the winds gather the apostles to Mount Sion from the ends of the earth. Who are these who soar up as clouds and eagles to the cause of all resurrection, ministering to the Mother of God? Who is she who rises resplendent, all pure, and bright as the sun? Let the spiritual lyres sing to her, the apostolic tongues. Let grave theologians raise their voices in praise, Hierotheus, the vessel of election, in whom the Holy Spirit abides, knowing and teaching divine things by the divine indwelling. Let him be wrapt out of the body and join willingly in the joyful hymn. Let all nations clap their hands and praise the Mother of God. Let angels minister to her body. Follow your Queen, O daughters of Jerusalem, and, together with her virgins in the spirit, approach your Bridegroom in order to sit at His right hand. Make haste, Lord, to give Thy Mother the welcome which is her due. Stretch out Thy divine hands. Receive Thy Mother's soul into the Father's hands unto which Thou didst commend Thy spirit on the Cross. Speak sweet words to her: "Come, my beloved, whose purity is more dazzling than the sun, thou gavest me of thy own, receive now what is mine. Come, my Mother, to thy Son, reign with Him who was poor with thee." Depart, O Queen, depart, not as Moses did who went up to die. Die rather that thou mayest ascend. Give up thy soul into the hands of thy Son. Return earth to the earth, it will be no obstacle. Lift up your eyes, O people of God. See in Sion the Ark of the Lord God of powers, and the apostles standing by it, burying the life-giving body which received our Lord. Invisible angels are all around in lowly reverence doing homage to the Mother of their Lord. The Lord Himself is there, who is present everywhere, and filling all things, the universal Being, not in place. He is the Author and Creator of all things. Behold the Virgin, the daughter of Adam and Mother of God; through Adam she gives her body to the earth, her soul to her Son above in the heavenly courts. Let the holy city be sanctified, and rejoice in eternal praise. Let angels precede the divine tabernacle on its passage, and prepare the tomb. Let the radiance of the spirit adorn it. Let sweet ointment be made ready and poured over the pure and undefiled body. Let a clear stream of grace flow from grace in its source. Let the earth be sanctified by contact with that body. Let the air rejoice at the Assumption. Let gentle breezes waft grace. Let all nature keep the feast of the Mother of God's Assumption. May youthful bands applaud and eloquent tongues acclaim her, and wise hearts ponder on the wonder, priests hoary with age gather strength at the sight. Let all creation emulate heaven, even so the true measure of rejoicing would not be reached.

Come, let us depart with her. Come, let us descend to that tomb with all our heart's desire. Let us draw round that most sacred bed and sing the sweet words, "Hail, full of grace, the Lord is with thee. Hail, predestined Mother of God. Hail, thou chosen one in the design of God from all eternity, most sacred hope of earth, resting-place of divine fire, holiest delight of the Spirit, fountain of living water, paradise of the tree of life, divine vine-branch, bringing forth soul-sustaining nectar and ambrosia. Full river of spiritual graces, fertile land of the divine pastures, rose of purity, with the sweet fragrance of grace, lily of the royal robe, pure Mother of the Lamb of God who takes away the sins of the world, token of our redemption, handmaid and Mother, surpassing angelic powers." Come, let us stand round that pure tomb and draw grace to our hearts. Let us raise the ever-virginal body with spiritual arms, and go with her into the grave to die with her. Let us renounce our passions, and live with her in purity, listening to the divine canticles of angels in the heavenly courts. Let us go in adoring, and learn the wondrous mystery by which she is assumed to heaven, to be with her Son, higher than all the angelic choirs. No one stands between Son and Mother. This, O Mother of God, is my third sermon on thy departure, in lowly reverence to the Holy Trinity to whom thou didst minister, the goodness of the Father, the power of the Spirit, receiving the Uncreated Word, the Almighty Wisdom and Power of God. Accept, then, my good-will, which is greater than my capacity, and give us salvation. Heal our passions, cure our diseases, help us out of our difficulties, make our lives peaceful, send us the illumination of the Spirit. Inflame us with the desire of thy son. Render us pleasing to Him, so that we may enjoy happiness with Him, seeing thee resplendent with thy Son's glory, rejoicing for ever, keeping feast in the Church with those who worthily celebrate Him who worked our salvation through thee, Christ the Son of God, and our God. To Him be glory and majesty, with the uncreated Father and the all-holy and life-giving Spirit, now and for ever, through the endless ages of eternity. Amen.
monachos.net

14 août 2019

Saint Nicolas gardien de maison!

Une dame s'était rendue à la procession Velikoretsky (cette procession, populaire chez les habitants de Suzdal, existe depuis plus de 600 ans). Et ce n'est qu'à la fin du premier jour du voyage qu'elle a réalisé qu'elle avait laissé la maison ouverte. La maison à la périphérie de Kirov est isolée, personne d'autre n'y habite. Que faire ?
On lui conseilla de rentrer chez elle, mais elle décida de continuer. Et la procession a duré une semaine. Ensuite elle rentra chez elle et immédiatement senti qu'il y avait quelqu'un dans la maison. La porte était grande ouverte. Elle se tenait sur le porche, effrayée d'entrer.
Soudain, un jeune homme mal rasé en sorti, se jeta à genoux devant elle et cria : "Laisse-moi sortir, laisse-moi sortir, pour l'amour de Dieu ! Je te rendrai tout, je ferai n'importe quoi mais laisse-moi sortir ! "
"La porte est ouverte", répondit la femme, "Sortez."
 "Je ne peux pas, le vieil homme ne me laissera pas sortir" - "Quel vieil homme ?" - "Pas si grand, gris. J'ai pénétré à l'intérieur, j'ai vidé le réfrigérateur, je me suis emparé d'autre chose - c'est tout - et je suis allé à la porte. Et à la porte, il y avait ce vieil homme. Et il ne disait rien. Et j'ai eu tellement peur. La nuit, j'ai essayé de sortir, mais il était encore à la porte.
"Laissez-moi sortir ou au moins livrez-moi à la police."
"Quel genre de policier croirait ça ? Tu n'as pas allumé d'incendie, et je n'ai pas besoin de ce que tu as volé!"
"J'ai peur du vieil homme", répondit-il.
La femme dit une prière et laissa l'homme partir..





A miracle associated with St. Nicholas the Wonderworker. A certain woman went to the Velikoretsky procession (this procession, popular among Suzdal people, is more than 600 years old). And only at the end of the first day of the trip she realized that she had left the house unlocked. The house on the outskirts of Kirov is separate, no one else lives in it. What to do? She was advised to return, but she decided to move on. And the whole procession was held for a week. She returned home, and immediately felt that there was someone in the house. The door was wide open. She stood on the porch, afraid to enter. Suddenly, a young unshaven man comes out, throws himself on her knees in front of her and shouts: “Let me out, let me out, for God's sake! I’ll return everything to you, I’ll work it all out, let me out! ”“ The door is open” the woman answers, “come out.” - "I can’t, the old man will not let me out" - “What old man?” - “Not so tall, gray. I climbed in, I cleaned out the refrigerator, I grabbed something else — that’s it, the whole thing — and went to the door. And at the door is this old man. And he doesn’t say anything. And I'm so scared. At night I tried to get out but he was at the door again. Let me out or at least give me to the police. ” “What kind of police would believe this?” You didn’t set fire and thanks, I don’t need the things! ”-“ I'm afraid of the old man ” the man said. The woman said the prayer and released the man
Orthodox parables and stories

13 août 2019

Le silence est une grande chose (st Païssios)

Le silence est une grande chose. En gardant le silence, une personne prie déjà - même sans prier. Le silence est une prière mystérieuse, et il aide grandement la prière, tout comme la respiration de la peau apporte des bienfaits à l'homme.
Saint Paisios l'Athonite





Silence is a great thing. Being in silence, a person is already praying - even without praying. Silence is a mysterious prayer, and it greatly helps prayer, just as the skin breathing brings man benefit.
St. Paisios the Athonite

12 août 2019

Saint Anatole le Jeune, staretz d'Optina




Ancien Anatole "le Jeune", 15 février 1855 - 30 juillet 1922 (dates AC)
Commémoré le 30 juillet (ancien calendrier) / 12 août (nouveau calendrier)


     Élevé à Moscou, le futur staretz Anatole y resta jusqu'à son adolescence. Né Alexandre Potapov, il avait le désir de devenir moine dès son plus jeune âge, mais quand il l'avait demandé à sa mère, elle lui avait demandé d'attendre sa mort et pour l'honorer, il a accepté. Après avoir obtenu son diplôme d'études secondaires, il est devenu commis à Kalouga. En 1885, après le repos de sa mère, il se rendit à Optina, à l'âge de trente ans. Il y fut fait novice en 1888 et est devenu l'attendant de la cellule du staretz Ambroise. Alors qu'il n'était qu'attendant de cellule, le staretz Ambroise envoyait parfois des gens vers lui parce qu'il montrait des dons de clairvoyance et d'amour.


     Après la mort du staretz Ambroise, Alexander est devenu l'attendant de cellule de son successeur, le staretz Joseph. En 1895, il fut tonsuré moine et reçut le nom d'Anatoly en l'honneur de sainte Anatole, Patriarche de Constantinople. En 1899, il fut ordonné diacre et les gens ont commencé à venir à lui comme auprès d'un père spirituel. Plus tard, il a reçu le don de guérir, mais il l'a caché en disant aux gens d'aller prier pour la guérison sur la tombe du staretz Paphnuce, ou en l'attribuant au staretz Ambroise, entre autres choses. Beaucoup ont témoigné de ses dons de clairvoyance et de prophétie, surtout en ce qui concerne l'avenir de l'Église. En 1906, il fut ordonné prêtre, puis nommé père spirituel du couvent voisin de Shamordino, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort. En 1908, le confesseur du skite mourut, et le P. Anatole fut invité à prendre sa place. Il répondit : "Quelle bénédiction !" et passa du monastère au skite.

     Il prenait son temps avec chaque pèlerin malgré une hernie douloureuse qu'il avait développée ainsi que des jambes douloureuses et saignantes. Malgré ses infirmités, on remarquera qu'il était attentif et aimait écouter leurs plaintes et leurs chagrins. Souvent, il offrait le livre "Le vrai christianisme" de saint Tikhon de Zadonsk. Il était "d'une simplicité et d'une gentillesse hors du commun". Les vieilles femmes l'aimaient particulièrement. On disait qu'il traitait les gens comme saint Séraphin de Sarov et on l'appelait affectueusement Anatole le consolateur.

    Le staretz Nectaire disait du staretz Anatole quand un pèlerin s'était rendu chez lui pour lui demander conseil : "Eh bien, c'est bien que tu aies fini par demander conseil au père Anatole. Certaines personnes me recherchent en tant que staretz; mais moi - que puis-je vous dire - je ne suis qu'un gâteau sans garniture. Mais le P. Anatole, c'est comme un gâteau bien garni." L'aîné Nektary préférait toujours rester à l'arrière-plan, donc, dans son humilité, quand il voyait des visiteurs s'approcher de sa propre cellule, il allait vers eux et leur disait : "Vers qui allez-vous ?" et les emmenait vers le staretz Anatoly sans qu'ils se doutent de rien.

     Le staretz Anatole a rempli ce ministère jusqu'à cette année fatidique de 1917. Cette année-là, les prophéties des anciens pères spirituels se sont réalisées - les monastères ont été fermés et les moines emprisonnés. Peu de temps après, le staretz a été arrêté et sa barbe et ses cheveux ont été coupés. Il fut relâché et retourna au monastère, épuisé et à peine vivant, il franchit le seuil de sa cellule en faisant le signe de Croix et en disant : "Gloire à Toi, ô Dieu, gloire à Toi, ô Dieu, gloire à Toi, ô Dieu !"

     En 1921, alors que le staretz était en très mauvaise santé, l'higoumène Isaac lui suggéra d'accepter le Grand Schème. Il le fit et pendant l'Office, il était si faible qu'il pouvait à peine tenir un cierge. Il s'est lentement rétabli et a même réussi à se lever du lit. Il y avait toujours plus d'accusations contre le monastère car le nouveau gouvernement voulait le fermer parce qu'il était un "foyer d'activités contre-révolutionnaires". En 1922, ils vinrent de nouveau arrêter le staretz. Il demanda qu'on lui accorde vingt-quatre heures pour se préparer et ils l'ont permis. Ils revinrent le lendemain et le retrouvèrent mort, couché dans son cercueil au milieu de sa cellule.


Paroles de l'Ancien Anatole "le jeune" d'Optina

L'orgueil et l'humilité.
L'orgueil se manifeste sous diverses formes. Il y a l'orgueil mondain : c'est la connaissance ; et il y a l'orgueil spirituel : c'est l'amour-propre. C'est exactement cela : les gens vont vraiment devenus fous s'ils attendent de leur intellect qu'il comprenne tout ce qu'ils espèrent en recevoir. Mais comment notre esprit peut-il s'occuper de ses propres affaires, puisqu'il est insignifiant et malade? Prenez de lui ce qu'il est capable de donner, et ne lui demandez rien de plus. Notre professeur est l'humilité. Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne la grâce aux humbles : et la grâce de Dieu est tout... C'est votre plus grande sagesse. Humilie-toi et dis-toi : "Bien que je sois un grain de poussière terrestre, Dieu prend soin de moi, et que la volonté de Dieu soit faite en moi". Si vous dites cela non seulement avec votre esprit, mais aussi avec votre cœur, et vraiment audacieusement, comme devient un vrai Chrétien, comptez sur le Seigneur avec la ferme intention de vous soumettre à la volonté de Dieu, quelle qu'elle soit, sans murmurer, alors les nuages se disperseront devant vous et le soleil brillera, et vous éclairera et vous réchauffera, et vous connaîtrez la vraie joie du Seigneur et tout semblera clair et transparent pour vous et vous cesserez de vous torturer et Il deviendra lumière dans votre âme.


 - Sous-diacre Matthew Long


Bibliographie

Andreyev, Ivan, Russia’s Catacomb Saints (Platina: St. Herman of Alaska Press, 1982).

“The Prophet’s Mantle” at http://www.roca.org/OA/44/44d.htm 


“Anatolius and Seraphim of Optina, Hieroconfessors” at http://www.orthodox.net/russiannm/anatolius-and-seraphim-of-optina-hieroconfessors.html 


“The Full Life of St. Anatole (Potapov), Elder of Optina” at http://www.optina.ru/starets/anatoliy2_life_full/ (en russe).

“Reverend Anatole of Optina: A Short Life” at http://www.optina.ru/starets/anatoliy2_life_short/ (en russe).


Voir aussi :
http://oca.org/saints/lives/2015/07/30/148991-venerable-anatole-ii-of-optina




11 août 2019

L'Eucharistie transcende l'institution, et l'Église devient Corps du Christ (p. Schmemann)

Par et dans l'Eucharistie, comprise et vécue comme le Sacrement de l'Église, comme l'acte qui fait de l'Église ce qu'elle est - le Peuple de Dieu, le Temple de l'Esprit Saint, le Corps du Christ, don et manifestation de la vie nouvelle du nouvel âge. C'est ici et seulement ici, au centre unique de toute vie et expérience chrétienne, que la théologie peut retrouver sa fontaine de jouvence, se régénérer comme témoignage vivant de l'Église vivante, de sa foi, de son amour et de son espérance. Mais de même que l'Église de l'Ancienne Alliance, le vieil Israël, existait comme un passage vers la Nouvelle Alliance, et a été instituée pour préparer les voies du Seigneur, l'Église comme institution existe pour révéler - dans "ce monde" - le "monde à venir", le Royaume de Dieu, accompli et manifesté en Christ. Elle est le passage de l'"ancien" dans le "nouveau" - mais ce qui est racheté, renouvelé et transfiguré à travers elle n'est pas "l'Église", mais l'ancienne vie elle-même, le vieil Adam et toute la Création. Et elle est ce "passage" précisément parce qu'en tant qu'institution, elle est "l'os des os et la chair de la chair" de ce monde, parce qu'elle représente la Création entière, la représente vraiment, assume toute sa vie et l'offre - en Christ - à Dieu. Elle est en effet instituée pour le monde et non comme une institution "religieuse" distincte qui existe pour les besoins spécifiquement religieux des hommes. Elle représente - "rend présent" - toute l'humanité, parce que l'homme et la création ont été appelés dès le début à être le Temple de l'Esprit Saint et le réceptacle de la vie divine. L'Église est donc la restauration par Dieu et l'acceptation par l'homme de la destinée originelle et éternelle de la Création elle-même. Elle est la présence de l'Acte Divin, qui restaure et l'obéissance des hommes qui acceptent cet acte. Ce n'est pourtant que lorsqu'elle accomplit et accomplit ce "passage", lorsqu'en d'autres termes, elle se transcende comme "institution" et "société" et devient la nouvelle vie de la nouvelle création, qu'elle est le Corps du Christ. En tant qu'institution, l'Église est dans ce monde le Sacrement du Corps du Christ, du Royaume de Dieu et du monde à venir. Nous pouvons maintenant revenir à l'Eucharistie, car c'est en effet l'acte même de passage par lequel l'Église s'accomplit comme une nouvelle Création et, par conséquent, le Sacrement de l'Église. Dans l'Eucharistie, l'Église transcende les dimensions d'"institution" et devient le Corps du Christ. C'est l'"eschaton" de l'Église, sa manifestation comme monde à venir.
P. Alexandre Schmemann



By and in the Eucharist, understood and lived as the Sacrament of the Church, as the act, which ever makes the Church to be what she is — the People of God, the Temple of the Holy Spirit, the Body of Christ, the gift and manifestation of the new life of the new age. It is here and only here, in the unique center of all Christian life and experience that theology can find again its fountain of youth, be regenerated as a living testimony to the living Church, her faith, love and hope. But just as the Church of the Old Covenant, the old Israel, existed as a passage to the New Covenant, was instituted in order to prepare the ways of the Lord, the Church as institution exists in order to reveal — in "this world" — the "world to come," the Kingdom of God, fulfilled and manifested in Christ. She is the passage of the "old" into the "new" — yet what is being redeemed, renewed and transfigured through her is not the "Church," but the old life itself, the old Adam and the whole of creation. And she is this "passage" precisely because as institution she is "bone of the bones and flesh of the flesh" of this world, because she stands for the whole creation, truly represents it, assumes all of its life and offers it — in Christ — to God. She is indeed instituted for the world and not as a separate "religious" institution existing for the specifically religious needs of men. She represents — "makes present" — the whole of mankind, because mankind and creation were called from the very beginning to be the Temple of the Holy Spirit and the receptacle of Divine life. The Church is thus the restoration by God and the acceptance by man of the original and eternal destiny of creation itself. She is the presence of the Divine Act, which restores and the obedience of men who accept this act. Yet it is only when she performs and fulfills this "passage," when, in other terms, she transcends herself as "institution" and "society" and becomes indeed the new life of the new creation, that she is the Body of Christ. As institution the Church is in this world the sacrament of the Body of Christ, of the Kingdom of God and the world to come. We can now return to the Eucharist, for it is indeed the very act of passage in which the Church fulfills herself as a new creation and, therefore, the Sacrament of the Church. In the Eucharist, the Church transcends the dimensions of "institution" and becomes the Body of Christ. It is the "eschaton" of the Church, her manifestation as the world to come.
Fr. Alexandre Schmemann