"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 juin 2020

Les "prières - flèches" (p. Tryphon)

Petites prières utilisées dans la dévotion personnelle

De nombreux Pères de l'Eglise ont enseigné l'utilisation de la "prière des flèches", des prières délibérément courtes, utilisées pour la dévotion personnelle, dont on se souvient facilement, porteuses de notre amour pour Dieu tout en cherchant Son aide. C'était comme des flèches tirées en l'air, démontrant ainsi de tout cœur notre sincérité à demander l'aide de Dieu.  L'une de mes préférées est une "prière-flèche" attribuée à Saint Grégoire Palamas.

Seigneur, éclaire mes ténèbres, Seigneur, éclaire mes ténèbres, Seigneur, éclaire mes ténèbres....

C'est la prière parfaite lorsque l'on cherche l'aide de Dieu pour garder Ses Commandements, et lutter contre les "péchés habituels".  Par cette prière, nous demandons que la grâce abonde et la transformation ait lieu.  Il s'agit d'un appel à la miséricorde de Dieu, et à ce qu'Il nous sanctifie en venant rapidement à notre aide.

C'est la prière parfaite à prononcer au moment même où nous recevons le Saint Mystère du Corps et du Sang du Christ, ces charbons ardents qui brûlent à l'intérieur et provoquent la guérison du corps et de l'âme, et illuminent notre cœur.  C'est une prière dans laquelle nous confessons devant Dieu que nous vivons dans un état de ténèbres, et Lui demandons de dissiper toute cette obscurité qui nous empêche d'atteindre la sainteté et de communiquer avec Lui.

Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon





 Arrow Prayers
Short prayers used in personal devotion
Many Church Fathers taught the use of the "arrow prayer", deliberately short prayers for personal devotion that were easily remembered, and could communicate one's love for God, while seeking His help. They were like arrows being shot into the air, wholeheartedly demonstrating our sincerity in asking God's help. One of my personal
favorites is an arrow prayer attributed to Saint Gregory Palamas.

Lord enlighten my darkness, Lord enlighten my darkness, Lord enlighten my darkness.....

This is the perfect prayer when seeking God's help in keeping His Commandments, and doing battle with habitual sins. By this prayer we are asking that grace abound and transformation take place. It is a prayerful plea for God's mercy, and that He makes us holy by coming quickly to our aid.
It is the perfect prayer to utter at the very moment we are receiving the Holy
Mysteries of Christ's Body and Blood, the hot coals that burn within and bring about healing of body and soul, and illumine our heart. It is a prayer in which we confess before God that we are living in a state of darkness, and asking Him to dispel all that darkness which keeps us from attaining holiness, and communing with Him.

Love in Christ,
Abbot Tryphon
Src

28 juin 2020

Ne pas perdre son temps

Le seul temps qui n'est pas perdu,  c'est celui que vous passez avec le Christ. Quoique vous fassiez d'autre,  ça restera ici, vous ne l'emporterez pas au au-delà de la tombe.
Prédicateur Dimitrios Panagopoulos +





 The only time that doesn't go to waste is the time you have with Christ. Whatever else you do,  it will remain here and does not stand beyond the grave.
Preacher Dimitrios Panagopoulos +

Src



26 juin 2020

La véritable liberté, les cultes orientaux et la jeunesse déchristianisée (archim. Jean Krestiankin)

[..]
De nos jours, "le frère este en justice contre son frère, et ça devant des incroyants", comme nous le reproche le Nouveau Testament (1co6,6). Mais qui veut bien entendre le reproche?

Le diable accomplit son outrage maintenant par les mains des fidèles, les mains des Orthodoxes.

Et comment une personne devenue spirituellement mauvaise pourrait-elle résister à l'enseignement encore plus séduisant du "Il y a un seul Dieu, viens à Lui et demain tu deviendras Dieu".

Pour devenir Dieu, les jeunes veulent gouverner et posséder. Ils vont donc chez les Hindous, les Bouddhistes, les Are Krishna pour apprendre la spiritualité, et les cultes orientaux viennent s'emparer de la Russie orthodoxe. L'attirance aveugle pour l'occultisme est une association volontaire avec des démons, au départ par curiosité, qui devient d'abord une tragédie, puis se termine par la destruction de celui qui a été séduit.

Combien sont vivants de corps mais morts dans leur âme, paralysés par la vie, qui franchissent en ce moment les parvis de l'Église ; combien restent sur le seuil de l'Église, n'ayant pas la force d'y entrer avec compréhension ; car beaucoup ont déjà été frappés par la mort spirituelle. Et les démons, apparaissant comme des anges de lumière, chuchotent des pensées, parlent du tribunal, et crient à travers tous les médias : "L'Homme - c'est lui notre dieu", "Soyez comme des dieux ! Soyez plus élevés que Dieu !" Et l'histoire de la Chute recommence. Nos ancêtres sont tombés du paradis sur la Terre ; les dieux modernes sont tombés de la Terre en enfer.

L'avertissement tombe à présent dans l'oreille d'un sourd : Prenez garde qu'aucun homme ne vous séduise par la philosophie et la vaine tromperie, selon la tradition des hommes, selon les maigres connaissances du monde, et non selon le Christ... (Col. 2,8).

C'est dans ce but que le Fils de Dieu S'est manifesté, afin qu'Il détruise les œuvres du diable (1 Jn. 3,8).

Mais qui les détruira maintenant, ces choses terribles, si le Fils de Dieu est chassé et oublié par les gens ? Au lieu de l'adoration et de la reconnaissance pour Son grand sacrifice, l'adoration des idoles est revenue, qui sert la chair et les démons.

Mes bien-aimés, en notre époque, nous ne devons pas vivre sans réfléchir.

Nous tous, même ceux qui sont dans l'Église depuis longtemps, sommes aujourd'hui mis à l'épreuve par la puissance de diverses tentations, y compris la puissance d'une nouvelle conscience religieuse de fausse spiritualité chrétienne. Et dans tout cela apparaît l'image apocalyptique de la "grande apostasie", qui englobera toute la race humaine avant la fin du monde, et que le Seigneur nous rappelle maintenant chaque jour.

Pensez-vous que le Seigneur a permis accidentellement la profanation du grand sanctuaire du Golgotha, dans l'église du Sépulcre du Seigneur ? Cela ne laisse-t-il pas présager que la période finale décisive de la guerre du diable contre Dieu et contre Son Christ est proche ?

Prenez donc garde, mes chers, que personne ne vous séduise ! Tenez-vous en à l'Orthodoxie.
Conservez soigneusement la grâce que Dieu nous a donnée ! Soyez vigilants et priez. Œuvrez tranquillement pour votre Salut selon les Commandements du Seigneur, et sous la direction et avec les enseignements des saints pères. N'oubliez pas, mais méditez et comprenez les paroles du Seigneur : Si donc le Fils vous rend libres, vous serez vraiment libres (Jn. 8,36).

Voilà où se trouve la liberté ! Voilà où se trouve le Salut !

L'esprit est enchaîné par les liens de l'ignorance, de l'erreur, de la superstition et de la perplexité. Il lutte mais ne peut s'en libérer. Attachez-vous à l'Éternel, et Il illuminera vos ténèbres, et brisera tous les liens dans lesquels votre esprit se languit.

Les passions enchaînent la volonté et ne lui donnent pas l'espace nécessaire pour agir ; elle s'agite des mains et pieds liés, mais ne peut s'en libérer. Mais attachez-vous à l'Éternel, et Il vous donnera la force de Samson, et Il brisera toutes les chaînes du mensonge qui vous lient.

Des angoisses constantes assiègent le cœur et ne lui donnent aucun repos. Mais attachez-vous à l'Éternel et Il vous donnera le repos. Alors, en paix avec vous-même et en voyant tout autour de vous avec lucidité, vous marcherez sans entrave avec le Seigneur à travers les ténèbres et l'obscurité de cette vie, vers les espaces bénis et ouverts de l'éternité joyeuse.

Gloire à l'Immortel Dieu le Père, invisible !
Gloire à l'Immortel Dieu le Fils, Qui nous est apparu dans la chair !
Gloire à l'Immortel Dieu l'Esprit, Qui a parlé par les prophètes, les apôtres et les saints pères !
Très Sainte Trinité, gloire à Toi ! Amen.

Archimandrite Jean (Krestiankin), homélie du 7ème dimanche après Pâques





True Freedom. The Holy Fathers of the First Ecumenical Council
Homily on the Seventh Sunday after Pascha
Archimandrite John (Krestiankin)
https://orthochristian.com/131486.html
The devil is performing his outrage now by the hands of the faithful, the hands of the Orthodox.
And how can a person gone spiritually feral resist the even more seductive teaching of “There is one God, come to Him and tomorrow you’ll become God.”
The young people to be God, they want to rule and own. So they go to the Hindus, the Buddhists, the Krishnaites to learn spirituality, and Eastern cults come to take over Orthodox Russia. The mindless attraction to occultism is a voluntary association with demons out of curiosity, which first becomes a tragedy, and then ends in the destruction of the one who was seduced.
How many are alive in body but dead in soul, crippled by life, who now come into the Church’s enclosure; how many lie on the Church’s threshold, having no strength to enter in with understanding; for many have already been stricken by spiritual death. And the demons, appearing as angels of light, whisper thoughts, speak from the tribunal, and shout through all the media: “Man—that is our god”, “Be as gods! Be higher than God!” And the story of the fall starts over again. Our fore-parents fell from paradise to earth; modern gods fall from earth to hell.
On deaf ears does the warning now fall: Beware lest any man spoil you through philosophy and vain deceit, after the tradition of men, after the rudiments of the world, and not after Christ... (Col. 2:8).
For this purpose the Son of God was manifested, that he might destroy the works of the devil (1 Jn. 3:8).
But who will destroy them now, these terrible things, if the Son of God is cast out and forgotten by people? Instead of worship and gratitude for His great sacrifice, idol worship has returned, which serves the flesh and the demons.
My dear ones, we must not live mindlessly in our times.
All of us, even those who have been in the Church for a long time, are being tested today by the power of various temptations, including the power of a new religious consciousness of false Christian spirituality. And in all of this appears the apocalyptic image of the “great apostasy”, which will encompass the entire human race before the end of the world, about which the Lord now reminds us every day.
Do you think that the Lord accidentally allowed the great shrine on Golgotha in the Church of the Lord’s Sepulcher to be desecrated?[1] Doesn’t this foreshadow that the decisive final period of the devil’s war with God and with His Christ is near?
Beware then my dear ones, that no one seduce you! Hold fast to Orthodoxy. Carefully preserve the grace given to us by God! Be vigilant and pray. Work quietly for your salvation according to the Lord’s commandments, and the guidance and knowledge of the holy fathers. Do not forget, but contemplate and understand the Lord’s words: If the Son therefore shall make you free, ye shall be free indeed (Jn. 8:36).
This is where freedom is! This is where salvation is!
The mind is bound with the bonds of ignorance, error, superstition, and perplexity. It wrestles but cannot break free of them. Cleave to the Lord, and He will illumine your darkness, and break all the bonds in which your mind is languishing.
The passions shackle the will and don’t give it the space to act; it flails like one bound hand and foot, but cannot break free. But cleave to the Lord, and He will give you the strength of Samson, and tear asunder all shackles of falsehood that bind you.
Constant anxieties besiege the heart and give it no rest. But cleave to the Lord and He will give you rest. Then, at peace with yourself and seeing all around you brightly, you will walk unhindered with the Lord through the gloom and darkness of this life to the blessed, wide-open spaces of joyful eternity.
Glory to the Immortal God the Father, Invisible!
Glory to the Immortal God the Son, Who appeared to us in the flesh!
Glory to the Immortal God the Spirit, Who spoke through the prophets, apostles, and holy fathers!
Most Holy Trinity, glory to Thee! Amen.
Archimandrite John (Krestiankin)
Translation by Nun Cornelia (Rees)
St. Panteleimon Blagovest

25 juin 2020

Priez de suite pour toute victime, pas besoin de prière liturgique! (p. Tryphon)

La réflexion de base parle des prêtres, mais elle vaut pour chacun d'entre nous. Pas besoin d'avoir un livre religieux pour dire "une bonne prière" si on voit passer une ambulance, pas besoin de gestes spécifiques. Se retirer "dans sa chambre haute", et là "dans le secret", notre Père nous y écoute Lui apporter la prière pour la victime.

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[..]
Enfin, nous, les prêtres, ne devons jamais oublier le pouvoir de la prière, sachant que Dieu n'attend pas de nous d'adresser prières liturgiques formelles pour quelqu'un, comme si sans elles, celui-ci serait privé de l'aide dont il a besoin. Lorsque nous passons devant un accident de voiture ou que nous voyons une personne en détresse, nous ne devons jamais supposer que nos prières n'ont pas de valeur. Le Seigneur entend nos prières, et nos prières d'intercession pour quelqu'un dans le besoin seront entendues par le Seigneur Jésus-Christ, qui est toujours prompt à venir en aide à ceux qui sont dans le besoin. Si, en tant que prêtre, je reste concentré sur le Christ, je pourrais même devenir un véritable serviteur du Seigneur, et peut-être même un bon prêtre.
Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon

https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=2674431172880276&id=1395030584153681&__tn__=K-R




[..]
Finally, we priests must never forget the power of prayer, knowing God does not need us to do formal liturgical prayers over someone, as though they'd be deprived of the help they need without them. When driving past an auto accident, or seeing someone in distress, we must never assume our prayers are not of value. The Lord hears our prayers, and our intercessory prayers for someone in need will be heard by the Lord Jesus Christ, Who is always quick to come to the aid of those in need. If I as a priest keep my focus on Christ, I may even become a true servant of the Lord, and perhaps even become a good priest.
With love in Christ,
Abbot Tryphon

http://www.vashonmonks.com

21 juin 2020

Combien de fois communier par an? (s. Epictète / p. Daniel)

Un officier avec le rang de divisionnaire apporta sa fille paralysée [au vénérable martyr Epictète] qui, "priant Dieu avec ferveur, fit une onction d'huile à la jeune vierge paralysée. La jeune fille recouvra instantanément la santé et se releva. Le saint dit à l'officier : "bien-aimé, si tu veux que personne d'autre de ta maison ne tombe malade, communie avec toute ta maisonnée chaque dimanche aux Divins Mystères du Corps et du Sang du Christ, après vous être auparavant convenablement purifié le coeur."
Cité dans "Combien de fois faut-il communier?", par le hiéromartyr Daniel Sysoev et le diacre Georges Maximov




An officer in the rank of count brought his paralyzed daughter to [the Venerable Martyr Epictetus], who, "praying fervently to God, anointed the paralyzed maiden. The maiden immediately was restored to health, and stood up. The saint said the officer: 'Beloved, If you wish that no one in your house may be ill, commune together with your whole household every Sunday of the Divine Mysteries of the Body and Blood of Christ, having first fittingly purified your heart.'"
 From: "How Often Should One Commune"
 Priest Daniel Sysoev and Deacon George Maximov

17 juin 2020

Sagesse : Testament légendaire de saint Seraphim de Sarov



Ce n'est certes pas de saint Séraphim, mais c'est une sagesse séculaire. Et il donnait des conseils de sagesse de toujours. On ne prête qu'aux riches :-)

Un magnifique "Testament" légendaire du saint staretz de Sarov circule sur Internet :
Bois l'eau de la source où boit le cheval. Un cheval ne boira jamais de la mauvaise eau.
Fais ton lit là où dort le chat.
Mange le fruit qui a été atteint par un ver.
Cueille librement les champignons sur lesquels les insectes se posent.
Plante ton arbre là où la taupe creuse.
Construis ta maison à l'endroit où le serpent se chauffe au soleil.
Creuse ton puits là où les oiseaux construisent leur nid par temps chaud.
Dors et réveille-toi avec les poules et tu récolteras le grain d'or du jour.
Mange plus de légumes verts, et tu auras des jambes fortes et un cœur endurant.
Nage plus souvent et tu te sentiras sur terre comme un poisson dans l'eau.
Regarde le ciel plus souvent et non pas tes pieds, et tes pensées seront claires et légères.
Tais-toi plus souvent, parle moins, et le silence régnera dans ton âme, et ton esprit sera calme et paisible".
Que Dieu nous aide toujours ressembler à tout cela.
Préparé par Maria Saradzhishvili





A beautiful legendary “Testament” of the holy elder of Sarov is circulating on the internet:
http://orthochristian.com/100142.html

Drink water from the spring where the horse drinks. A horse will never drink bad water.
Make your bed where the cat sleeps.
Eat the fruit that was touched by the worm.
Freely pick the mushrooms on which the insects sit.
Plant your tree where the mole digs.
Build your house where the snake suns itself.
Dig your well where the birds build their nests in hot weather.
Go to sleep and wake up with the chickens and you will reap the golden grain of the day.
Eat more green vegetables, and you will have strong legs and an enduring heart.
Swim more often and you will feel on land like a fish in the water.
Look at the skies more often and not at your feet, and your thoughts will be clear and light.
Keep silent more often, speak less, and silence will reign in your soul, and your spirit will be calm and peaceful.”
May God always help us be so like-minded.
Prepared by Maria Saradzhishvili


16 juin 2020

Redevenez des enfants et vivez enfin! (staretz Thadée)

"Il ne peut pas s'éloigner de nous, car Il est la vie. Tout ce qu'Il est, c'est l'amour. Oh, si nous, les hommes, pouvions avoir le même amour envers Lui, et nous approcher de Lui comme notre seul véritable ami ! Hélas, ce n'est pas ainsi que nous nous présentons devant Lui. Au contraire, nous sommes réservés, nous nous approchons de Lui avec trop de manières. Quand nous prions, et quand nous faisons quelque chose de bien, nous sommes tout à fait coincés. ... Lui, à son tour, veut que nous soyons naturels. Quand Il est venu habiter parmi nous, Il nous a montré la façon de vivre : simplement, humblement et avec douceur. Nous devons nous approcher de Lui comme Il nous a créés - en tant qu'enfants innocents.
Staretz Thaddée de Vitovnitsa





“He cannot move away from us, for He is life. All of Him is love. Oh, if we men could have the same love toward Him, and approach Him as our only true friend! Alas, that is not how we come before Him. Instead, we are reserved, we approach Him with formality. When we pray, and when we do something good, we are altogether very formal. … He, in turn, wants us to be natural. When He came to dwell among us, He showed us the way to live: simply, humbly and meekly. We should approach Him just as He created us — as innocent children.”
Elder Thaddeus of Serbia
Spiritual Fragrance Publishing

15 juin 2020

Contre le poison de la vie moderne, éduquez bien vos enfants (s. Ambroise)

"Il suffira que vous preniez soin d'instruire vos enfants dans la crainte de Dieu, de leur inculquer une compréhension orthodoxe, et en leur apprenant à être fidèles, vous les protégerez des raisonnements étrangers aux enseignements de l'Église Orthodoxe. Le bien que vous semez dans le cœur de vos enfants pendant leur jeunesse fleurira dans leur cœur lorsqu'ils atteindront leur pleine maturité, après avoir enduré les épreuves amères de l'école et de la vie contemporaine, qui brisent souvent les branches d'une bonne éducation chrétienne à la maison."
Saint Ambroise d'Optina






“It will be enough if you take care to instruct your children in the fear of God, instill them with an Orthodox understanding, and by teaching them to be faithful, you protect them from reasoning that is foreign to the teachings of the Orthodox Church. The good that you sow in the hearts of your children while they are young will blossom forth in their hearts when they come to full maturity, after enduring the bitter trials of school and contemporary life, which often break off the branches of a good Christian upbringing at home.”
– St. Ambrose
Spiritual Fragrance Publishing

14 juin 2020

L'Église prisonnière de sa vision ethnique qui chasse sa jeunesse (p. Tryphon)

Les bastions d'héritage ethnique - le problème de la "pureté ethnique" dans la vie de l'Église

Nous, les chrétiens orthodoxes, sommes coupables d'abandonner notre mission, ordonnée par le Christ, qui est de faire des disciples de chaque nation, et nous le sommes en donnant de l'importance à la préservation des particularités des groupes ethniques (Russes, Grecs, Arabes, Serbes), souvent au détriment de l'accueil de notre prochain non-Orthodoxe. Bien que nous puissions prétendre que nos portes sont grandes ouvertes, nous ne faisons souvent aucun effort pour les ouvrir avec un sourire accueillant, invitant les autres à "goûter et voir". Nous craignons l'afflux de gens d'autres races & cultures, de peur qu'ils ne changent la paroisse, en prenant en quelque sorte la relève.

Je comprends personnellement cette mentalité, car j'ai grandi à une époque où les luthériens étaient divisés de la même manière. Dans ma ville natale, il y avait des églises luthériennes suédoises, norvégiennes, allemandes, danoises et finlandaises. Elles n'ont jamais interagi entre elles, ni partagé de offices communs. Si vous n'étiez pas membre d'un de ces groupes ethniques traditionnels, vous aviez du mal à trouver une église où vous pourriez comprendre le sermon ou chanter les hymnes. Les luthériens ont fini par adopter l'anglais comme langue de culte et les divisions ethniques entre leurs églises ont disparu.

Le problème de la pureté ethnique au sein de la vie paroissiale se répercute dans la perte complète de notre jeunesse. Lorsque les jeunes commencent à courtiser, il est peu probable qu'ils choisissent quelqu'un de la paroisse, car la plupart des relations sociales se déroulent au sein de leurs lycées ou collèges. Amener un petit ami, ou une petite amie, pour une Liturgie dominicale, où l'Office (et parfois l'homélie) est dans une langue qui n'est souvent même pas comprise par le jeune chrétien orthodoxe, peut donner au visiteur le sentiment d'être un étranger. Si le russe ou le grec sont parlés à la table (trapeza) de partage, une nouvelle visite est très peu probable.

Dans un pays où de récents sondages ont révélé que 95 % des jeunes ne restent pas dans leur église une fois qu'ils ont quitté la maison de leurs parents, nous, les orthodoxes, avons un bilan encore plus médiocre. Une juridiction a même fait état d'un taux de conservation des jeunes à l'âge adulte étonnamment bas de 2,5 %. Cela se traduit par la disparition éventuelle de paroisses entières.

De nombreuses confessions protestantes ont déjà pris conscience du fait que les "programmes pour la jeunesse" ne fonctionnent pas. Les jeunes, dont l'expérience ecclésiastique a été acquise dans le cadre de tels programmes, ne restent pas une fois qu'ils sont lancés dans la vie adulte. Un ami prêtre grec m'a dit que la même chose avait été vécue dans de nombreuses paroisses grecques, où les groupes de danse ethnique et les cours de langue grecque n'ont finalement pas réussi à garder leurs jeunes à l'église.

La Foi, si elle doit devenir une partie permanente de la vie d'une personne, doit prendre racine dans le cœur, devenir une partie intégrante de toute l'expérience d'une personne, et être intégrée dans la vie quotidienne. Nous ne devons pas permettre que notre Foi chrétienne orthodoxe soit cloisonnée dans la vie de nos enfants, mais qu'elle fasse partie d'un tout intégré. Il ne peut y avoir un moi russe, grec ou arabe le dimanche, le moi américain étant relégué aux jours de la semaine. Tant que nous continuerons à traiter nos paroisses comme des musées de conservation et des bastions d'héritage ethnique, nous perdrons notre jeunesse.

Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon
www.vashonmonks.com






Bastions of Ethnic Heritage
The problem of ethnic purity in the life of the Church
We Orthodox Christians, as a whole, are guilty of abandoning our Christ directed mission of making disciples of every nation by preserving the needs of ethic groups (Russians, Greeks, Arabs, Serbs), often at the expense of welcoming our non-Orthodox neighbors. Although we can lay claim to having our doors wide open, we often make no effort whatsoever to actually reach out with a welcoming smile, inviting others to "taste and see". We fear the influx of non-ethnics, lest they change the parish, taking over as it were.
I personally understand this mentality, for I grew up in a time when Lutherans were divided in much the same way. My home town had Swedish, Norwegian, German, Danish, and Finish, Lutheran churches. Never did they interact with one another, nor share joint services. If you were not a member of one of these traditional ethnic groups, you would be hard pressed to find a church where you'd be able to understand the sermon, or sing the hymns. The Lutherans eventually adopted English as the language of their worship, and the ethnic divisions between their churches disappeared.
The problem of ethnic purity within parish life can be found in the drastic loss of our youth. When young people start dating, they are unlikely to choose someone from within the parish, since most of the social networking takes place within their high schools or colleges. Bringing a boyfriend, or a girlfriend, for a Sunday Liturgy, where the service (and sometimes homily) are in a language that is often not even understood by the young Orthodox Christian, can leave the visitor feeling like an alien. If Russian or Greek are spoken in trapeza, a return visit is highly unlikely.
In a nation where recent polls have found that ninety-five percent of youth do not remain in their churches once they've left their parents home, we Orthodox have an even poorer record. One jurisdiction has even reported a retention of their youth into adulthood at an astonishingly low two and a half percent. This translates into the eventual disappearance of whole parishes.
Many protestant denominations have already awakened to the fact that "youth programs" do not work. Young people, whose church experience has been within such programs, do not stay once out on their own. A Greek priest friend told me the same has been experienced within many Greek parishes, where Ethnic dance groups and Greek language classes have ultimately failed to keep their youth in church.
Faith, if it is to become a permanent part of a person's life, must take root in the heart, becoming an integral part of one's whole experience, and integrated into everyday life. We must not allow our Orthodox Christian faith to be compartmentalized in the lives of our children, but to become part of an integrated whole. There can not be a Russian, Greek, or Arab self on Sundays, with the American self relegated to the weekdays. As long as we continue to treat our parishes as preservation societies, and bastions of ethnic heritage, we will lose our youth.
With love in Christ,
Abbot Tryphon

13 juin 2020

L'Eucharistie, la cuillière et l'exil loin du Christ (p. Peter / S. Ambroise)

"Ce n'est pas une cuillère ordinaire qui va nous infecter et nous tuer, puisqu'elle est remplie, pour ainsi dire, de la Vie elle-même. C'est plutôt un cœur vide, infidèle et craintif, un esprit déchu et mondain, effrayé ici et là par chaque suggestion du diable, soufflé par chaque brise de la pensée séculière, de sorte que par des milliers de petites coupures subies, nous serons déjà morts bien avant notre propre mort.
"Notre remède est la Grâce du Christ, et le corps de la mort est notre corps. Soyons donc exilés du corps de peur d'être exilés du Christ. Même si nous sommes dans le corps, ne suivons pas ce qui est du corps. Ne négligeons pas les droits de la nature, mais désirons plutôt les dons de la Grâce". (Saint Ambroise de Milan)
-Auteur anonyme de A RESPONSE TO "Sur l'administration de la Sainte Communion en temps de peste"
Bientôt sur le podcast Orthodox Ethos
P. Peter Heers, EORHF





“It is not a common spoon that will infect and kill us, since it is filled, as it were, with Life itself. Rather, it is an empty heart, faithless and fearful, a fallen and worldly mind, moved here and there by every suggestion of the devil, blown about by every breeze of secular thinking, so that by a thousand cuts we will have already died long before our own death.
“Our remedy is the grace of Christ, and the body of death is our body. Let us, therefore, be exiled from the body lest we be exiles from Christ. Even if we are in the body, let us not follow what is of the body. Let us not neglect the rights of nature, but let us desire rather the gifts of grace.” (St. Ambrose of Milan)
-Anonymous author of A RESPONSE TO
“On administering Holy Communion in a Time of a Plague”
SOON TO BE POSTED ON Orthodox Ethos.
Fr. Peter Heers

12 juin 2020

Même si ils en arrivaient à vous faire frire, gardez le Christ, vous gagnerez tout (s. Cosmas)

"Tout se passera soudainement. Cela pourrait même arriver ce soir. Peut-être que cela a déjà commencé ? Aujourd'hui vous êtes privés d'une chose, demain d'une autre. Dieu nous la donne petit à petit, et nous, les stupides, nous ne comprenons pas.
Je vous le dis et je vous conseille, même si le ciel tombait, même si la terre s'éventrait, même si le monde entier était détruit, comme cela doit arriver, aujourd'hui, demain, ne vous préoccupez pas de ce que Dieu va faire. Laissez-les brûler votre corps, laissez-les le faire frire, laissez-les voler vos biens - ne vous inquiétez pas. Donnez-les - ils ne sont pas à vous. Vous avez besoin de votre âme et du Christ. Même si le monde entier devait s'effondrer, personne ne peut vous enlever ces deux choses contre votre volonté. Gardez ces deux choses, et ne les perdez pas".
Saint Cosmas d'Étolie


C'est vrai en tout temps, mais cela s'applique particulièrement à l'anxiété de notre époque et à l'angoisse pendant la pandémie (de coronavirus). Saint Cosmas est l'un de mes Pères préférés.
P. Seraphim Holland, EORHF, Texas





“Everything will happen suddenly. It may even happen tonight. Maybe it has begun already? Today you are deprived of one thing, tomorrow of another. God is giving it to us a little at a time, and we stupid people don’t understand.
I say this to you and I counsel you, even if the sky were to fall down, even if the earth would rise up, even if the whole world were destroyed, as it is due to do so, today, tomorrow, don’t be concerned with what God is going to do. Let them burn your body, let them fry it, let them take your possessions – don’t concern yourself. Give them away – they are not yours. You need your soul and Christ. Even if the whole world were to fall apart, no one can take these two things away from you against your will. Guard these two, and don’t lose them.”

+ St Kosmas Aitolos

This is true always, but it very much applies to the anxiety of our day and the anxiety during the pandemic. Saint Kosmas is one of my favorite fathers.
Fr. Seraphim Holland

11 juin 2020

L'oubli de la mort physique nous amène à la mort spirituelle (Saint Ignace)

Notre esprit est tellement assombri par la chute qu'à moins de nous forcer nous-mêmes au souvenir de la mort, nous sommes capables de complètement l'oublier. Et lorsque nous oublions la mort, alors nous commençons à vivre sur terre comme si nous étions immortels, et nous sacrifions toute notre activité à ce monde, sans le moindre souci nous concernant ni à propos de la redoutable transition vers l'éternité, ni à propos de notre sort dans l'éternité. Ensuite, nous osons péremptoirement outrepasser les Commandements du Christ. Puis nous commettons les plus abjects péchés. Ensuite non seulement nous abandonnons la prière continue, mais même les prières qui sont prévues à des moments donnés de la journée - nous commençons à dédaigner cette occupation essentielle et indispensable comme si c'était une activité de moindre importance et peu nécessaire. L'oubli de la mort physique nous amène à la mort spirituelle.
Saint Ignace Brianchaninov





"Our mind is so darkened by the fall that unless we force ourselves to remember death we can completely forget about it. When we forget about death, then we begin to live on earth as if we were immortal, and we sacrifice all our activity to the world without concerning ourselves in the least either about the fearful transition to eternity or about our fate in eternity. Then we boldly and peremptorily override the commandments of Christ; then we commit all the vilest sins; then we abandon not only unceasing prayer but even the prayers appointed for definite times—we begin to scorn this essential and indispensable occupation as if it were an activity of little importance and little needed. Forgetful of physical death, we die a spiritual death."
St. Ignatius Brianchaninov

10 juin 2020

Peu importe notre paresse spirituelle, allons de l'avant (staretz Ephraim)

Notre combat spirituel est vraiment très faible, nos passions sont puissantes, à l'intérieur comme à l'extérieur. Notre insouciance est maximale, et la négligence de nos devoirs spirituels est évidente. Malgré que tout ceci soit vrai, nous continuons courageusement et fidèlement à lutter. Nous ne prêtons pas attention aux mauvais coups de notre ennemi. Nous ne leur donnerons aucune importance - nous continuerons à avancer.
Staretz Ephraim d'Arizona, lettre monastique, décembre 1999





“Our spiritual struggle is very small, our passions are strong, on the inside and on the outside. Our carelessness is at the maximum, and the negligence of our spiritual duties is certain. Despite the truth of all this, we will keep struggling bravely and steadily. We will pay no attention to all our enemy's tricks. We will attach no importance to them whatsoever; only onwards.”
Elder Ephraim of Arizona+, monastery letter, December 1999

09 juin 2020

L'instant présent ne sait être réellement compris qu'à la Lumière de la Providence (p. Stephen)


C'est Dieu qui S'occupe de la conclusion de l'Histoire.

Cette simple déclaration est une façon d'exprimer la doctrine chrétienne de la Providence divine. Une manière encore plus profonde serait peut-être une déclaration affirmant que "toutes choses travaillent ensemble pour le bien". Cependant, quelle que soit la façon dont on le dit, c'est souvent la moins évidente de toutes les doctrines chrétiennes. Elle est aussi, je pense, l'une des plus nécessaires des doctrines chrétiennes lorsqu'il s'agit de vivre correctement la vie de la Grâce. Ceux qui ne comprennent pas cela, sont confrontés à la tentation constante d'assumer eux-mêmes la position de Dieu. Et ça, c'est de l'idolâtrie.

J'ai appris à chacun de mes quatre enfants comment conduire une voiture. Avant de commencer avec le premier, je me suis calmement promis que je ne crierais que pour éviter un accident immédiat. La raison en était très simple : l'expérience d'être passager d'un conducteur non-qualifié provoque une anxiété extrême, généralement accompagnée de cris fréquents. Il est également vrai qu'aucun conducteur n'aime conduire avec des passagers qui crient, et encore moins avec quelqu'un qui n'est pas sûr de ses compétences. L'une des choses les plus essentielles à apprendre en matière de conduite, c'est ce qu'il faut faire avec les yeux. Il est bien sûr nécessaire de surveiller les rétroviseurs, tant le rétroviseur central que les rétroviseurs latéraux, afin d'être conscient ce qui vous environne là où vous conduisez. Il faut également être conscient du trafic dans les 2 sens de circulation. Et puis, il y a la route qui s'étend dans le lointain. Alors, sur quoi devons-nous concentrer notre attention ?

La réponse, me semble-t-il, est que notre centre d'intérêt se trouve quelque part au loin. Si notre attention est trop proche, les actions nécessaires pour y répondre se produiront à un rythme beaucoup trop rapide pour une réponse en temps opportun. Il en résultera une conduite très "saccadée". La posture visuelle essentielle consiste à se concentrer sur un point plus éloigné de la route, tandis que nous dirigeons et réagissons en grande partie grâce à notre vision périphérique.

Apprendre que l'on a une vision périphérique est quelque chose qui demande une attention particulière. Il est assez facile de supposer que nous ne voyons que ce sur quoi nous sommes concentrés. Une telle forme de vision serait dangereuse à l'extrême. Au contraire, la concentration n'est qu'une petite fraction de ce que nous voyons. La plus grande partie de notre vision se situe dans la "périphérie", cette zone qui entoure le point de focalisation. Si vous vous concentrez et restez concentré sur un seul point, par exemple un seul mot dans un paragraphe, et que vous commencez ensuite à déplacer votre main (tout en gardant la même mise au point), vous découvrirez rapidement que vous pouvez voir à une distance de près de 180 degrés. La mise au point est une chose étroite, un seul point. La périphérie est large, toute la portée passant par environ une demi-sphère.  Conduire une voiture est un exercice de coordination œil-main dans un monde qui est principalement vu en périphérie.

J'ai dû réapprendre cela la première fois que j'ai loué une voiture et que j'ai commencé à conduire en Angleterre. J'ai su qu'il y aurait des problèmes quand on m'a dit que la voiture disponible avait une boîte de vitesses manuelle. Comme tout homme qui se respecte, j'avais répondu : "Pas de problème !" Alors, assis à droite, avec le changement de vitesse à ma gauche, et les pédales dans le même ordre qu'en Amérique (de gauche à droite : embrayage, frein, accélérateur), j'ai commencé mes premiers efforts de conduite en Angleterre. La vision périphérique n'est en fait qu'une fraction de ce que votre corps "voit". Il existe une autre grande quantité d'espace volumique que le reste de votre corps ressent et "voit" par extension. Nous "sentons" l'automobile elle-même.

Rien ne rend cela plus clair que de s'asseoir du "mauvais" côté et d'essayer de conduire. Tout le côté gauche de la voiture me donnait l'impression de sortir d'un cabinet dentaire : engourdi. J'ai frotté avec les pneus du côté gauche de la voiture trois fois pour réussir à quitter le stationnement. Le fait que le voyage n'ait pas entraîné d'accident majeur témoigne de la fidélité de Dieu et de quelques interventions risquées de la part de mon ange gardien.

Quel est donc le rapport avec la Providence divine ? C'est, en bref, un exemple de la façon de voir et de penser dans le contexte de la Providence. L'issue de l'Histoire est entre les mains de Dieu. Dans la Résurrection de Jésus-Christ, nous voyons la fin de l'histoire. Tout cela fonctionne ensemble pour le bien. La question qui se pose dans notre vie quotidienne est cependant de savoir où nous concentrons notre attention. Dans l'ensemble, nous avons tendance à vivre comme de jeunes nouveaux conducteurs. Nous nous concentrons sur ce qui nous entoure. Lorsque nous nous préoccupons de l'avenir, il ne s'agit en fait que d'une voiture qui nous précède. Ainsi, notre vie se déroule par à-coups, nous nous précipitons vers les problèmes perçus et en revenons, nous nous agitons sur la route, nous sommes surpris par un brouhaha et, parfois, nous nous retrouvons dans le fossé.

C'est ce que les Hébreux nous rappellent :

"Voilà donc pourquoi nous aussi, enveloppés que nous sommes d'une si grande nuée de témoins, nous devons rejeter tout fardeau et le péché qui nous assiège, et courir avec constance l'épreuve qui nous est proposée, fixant nos yeux sur le Chef de notre Foi, qui la mène à la perfection, Jésus, qui au lieu de la joie qui Lui était proposée, endura une Croix, dont Il méprisa l'infamie, et qui est assis désormais à la droite du Trône de Dieu." (Hébreux 12,1-2)

Le Christ lui-même a "fixement regardé" la joie qui Lui était destinée, la cause pour laquelle Il est venu dans le monde. Nous voyons rarement la Providence en nous concentrant sur toutes les distractions immédiates du moment. Elle se voit mieux dans la distance divine. La majeure partie de notre vie immédiate est mieux vécue et vue dans la "vision périphérique" de la Providence. Il s'agit d'une habitude spirituelle qui nécessite de la pratique pour l'atteindre (comme apprendre à conduire une voiture).

J'anticipe une objection à tout cela sous la forme de "mais qu'en est-il de vivre le moment présent ?" - Le véritable "moment" dans lequel nous vivons ne peut être perçu à juste titre en dehors de la Lumière de la Providence. Le détail et ce qui est immédiatement à portée de main, lorsqu'il est isolé de sa place au sein de la Providence dans son ensemble, peut sembler être quelque chose qu'il n'est pas. Une telle focalisation erronée peut être l'une des nombreuses formules d'une existence angoissée. La "vérité" de notre existence n'est révélée que dans la plénitude de la Vérité qui nous est révélée dans la Pâque du Christ.

La vision de la vie dans laquelle nos yeux sont "fixés" sur la Fin annoncée dans le Christ, tout en englobant toute la périphérie de notre vie en cours, est un lieu de paix et d'assurance. Lorsque nous vivons des temps "étranges", il est important de noter qu'une mauvaise focalisation tend à exacerber l'étrangeté. Nous ne voyons clairement que lorsque notre vision est rendue entière.

22 Mai 2020
P. Stephen Freeman
Saint Anna's Orthodox Church
http://www.stanneorthodoxchurch.com


Original anglais :
https://blogs.ancientfaith.com/glory2godforallthings/2020/05/22/i-can-see-clearly-now/

08 juin 2020

L'Eucharistie, la Cuillère pour la Communion, et les peurs irrationnelles (p. John, EORHF)


Je suis récemment tombé sur une remarque très perspicace d'un écrivain conservateur (Denise McAllister) qui était engagée dans un débat en ligne avec quelqu'un sur ce que le gouvernement devrait ou ne devrait pas être en mesure d'ordonner. Elle écrivait : "Ma liberté ne s'arrête pas là où commence votre peur irrationnelle". Mais bien sûr, la question de savoir si les craintes d'une personne sont rationnelles ou irrationnelles est la question que nous devons examiner.

Il n'existe malheureusement pas de moyen de vivre sans risque dans ce monde. Si nous devions éviter tous les risques, aucun d'entre nous ne monterait jamais dans une voiture, mais la plupart d'entre nous le font, car nous considérons que c'est un risque gérable. Si vous conduisez en écoutant la radio ou en buvant une tasse de café, vous augmentez vos risques... mais ces risques supplémentaires sont généralement considérés comme assez minimes.

Il est curieux que, alors que de nombreuses collectivités locales ont fermé des églises, ou ont sévèrement limité la fréquentation, elles ont autorisé les magasins de marijuana et les débits de boissons à rester ouverts. Comme l'a récemment souligné un juge de l'Illinois, il y a seulement 5 mois, les magasins de marijuana n'étaient même pas légaux, mais ils sont maintenant considérés comme essentiels, alors que les églises, qui sont protégées par le 1er amendement de la Constitution américaine ne le sont pas (du moins dans de nombreux États). Mais, apparemment, certains risques valent la peine d'être pris - il s'agit juste de savoir ce que vous pensez être important. Même le Dr Anthony Fauci, qui a déclaré qu'il n'est pas encore sûr pour les églises de donner la communion à leur peuple, a dit, lorsqu'on lui a demandé si les gens devraient s'abstenir d'avoir des relations sexuelles avec une personne inconnue :

"Si vous êtes prêt à prendre un risque - et vous savez, chacun a sa propre tolérance pour les risques - vous pourriez vous demander si vous voulez rencontrer quelqu'un. Et cela dépend du niveau d'interaction que vous voulez avoir... Si vous cherchez un ami, asseyez-vous dans une pièce et mettez un masque, et vous savez discuter un peu. Si vous voulez être un peu plus intimes, eh bien, c'est votre choix concernant un risque" (Newsweek : Le Dr Fauci dit que vous pouvez avoir un Plan Q via Tinder "si vous êtes prêt à prendre un risque"" 16.04.20).
Il s'agit donc de savoir quelles sont vos priorités.


La question de savoir comment les différents niveaux de gouvernement aux États-Unis ont géré le Coronavirus est un sujet dont nous allons probablement débattre pendant des années, mais au sein de l'Église Orthodoxe, il y a aussi un débat en cours sur la manière dont les différents évêques ont géré cette crise. Les évêques ont réagi à cette crise de différentes manières. Certains ont seulement imposé des restrictions sur les Offices dans les endroits où cela était mandaté par les autorités locales, tandis que d'autres ont soit limité la participation, soit l'ont complètement interdite, indépendamment des décrets gouvernementaux imposés ou non. J'ai vu de nombreuses personnes affirmer que les évêques qui ont imposé de telles restrictions sont carrément des hérétiques et des apostats. Mais je n'ai jamais entendu de tels arguments lorsqu'une paroisse a annulé des Offices en raison de conditions météorologiques défavorables. Il se peut qu'en réfléchissant à cette crise, de nombreux évêques regrettent d'avoir réagi de manière excessive. Il se pourrait aussi que si ce virus s'était avéré aussi mortel que beaucoup le disent, certains évêques auraient regretté d'avoir sous-réagi. Ce n'est donc pas une question d'hérésie, mais une question de sagesse - c'est-à-dire, quelle était la chose raisonnable à faire dans ces circonstances. On peut être en désaccord avec les décisions d'un évêque, mais même s'il a mal jugé, on doit supposer que ses motivations étaient bonnes, et que le désir de subvertir la Foi ne faisait pas partie de ces motivations. Mais ce qui me préoccupe le plus actuellement, c'est la direction que prennent certains évêques avec leurs réponses sur la manière dont nous devrions avancer liturgiquement, dans le sillage de ce virus.

Nous avons actuellement des évêques qui imposent l'utilisation d'une cuillère différente pour chaque communiant, et certains qui ont institué la pratique de donner la communion aux gens dans la main (avec une portion de l'Eucharistie par intinction), tous animés par la crainte que donner la communion aux gens avec une cuillère à communion, comme le fait l'Église depuis près de mille ans maintenant, ne provoque l'infection de quelqu'un par le virus. La question que nous devons nous poser, cependant, est de savoir si cette crainte est rationnelle ou non.

Il a été souligné que la pratique de l'Église au cours du premier millénaire consistait à ce que les gens reçoivent la communion à peu près de la même manière que le clergé orthodoxe le fait encore : d'abord avec le Corps du Christ dans la main, puis en recevant le Sang directement du calice. 

Pourquoi l'Église a-t-elle mis fin à cette pratique et commencé à communier les gens avec une cuillère ? Parce que les gens laissaient tomber des portions de l'Eucharistie avec insouciance, et parce que certaines personnes rapportaient l'Eucharistie à la maison à des fins superstitieuses. Il y a peu de raisons de croire que les gens de notre temps seront plus pieux et plus prudents que ceux du premier millénaire, et il y a de nombreuses preuves qui laissent supposer le contraire.

Si beaucoup font appel à l'ancienne pratique pour justifier ce qu'ils proposent comme solution aux inquiétudes suscitées par ce virus, aucun ne suggère en fait de revenir à cette pratique, car il est évident que si les laïcs partageaient tous un calice commun, ce ne serait pas une amélioration par rapport à l'utilisation d'une seule cuillère. En fait, si la cuillère est plongée dans le calice et lavée dans le sang du Christ après la communion de chaque personne, cela ne sort pas du Calice.

Ceux qui préconisent l'utilisation de plusieurs cuillères, voire de cuillères jetables, font appel aux précédents du passé pour savoir comment les personnes connues pour être malades de maladies infectieuses ont été communiées. Mais le facteur-clé est que c'est ainsi que les personnes dont on savait qu'elles étaient atteintes d'une maladie infectieuse ont été communiées -- de telles méthodes n'ont jamais été utilisées comme mesure préventive. De plus, lorsqu'un prêtre communie avec les malades, il le fait normalement avec l'Eucharistie préservée [dans le tabernacle], et donc le vin qui se trouve dans le calice est du vin non consacré.

La question que j'ai posée à de nombreuses personnes qui ont défendu la nécessité de tels changements est très simple : Y a-t-il des preuves que quelqu'un ait déjà été malade en recevant la communion avec une cuillère ?  La réponse à cette question est "non". Mais certaines personnes rétorquent ensuite que c'est simplement parce que personne n'a jamais fait d'étude scientifique de la question, mais ce n'est pas vrai. Il est vrai que, à ma connaissance du moins, aucune étude n'a été faite sur l'utilisation des cuillères de Communion, mais il y a eu en fait plusieurs études sur des personnes utilisant un calice commun - qui serait plus susceptible d'être un moyen de transmission de maladie qu'une cuillère de communion, pour la raison susmentionnée - et ces études sont donc un bon moyen de répondre à la question de savoir si nous avons affaire à des craintes rationnelles ou irrationnelles.

John Sanidopoulos, dans son article "Études scientifiques sur la transmission des maladies infectieuses par la Sainte-Communion", a cité six études pertinentes réalisées entre 1943 et 1998. L'une d'entre elles a révélé que même dans des circonstances idéales, l'utilisation d'un Calice commun ne laisserait se transférer 0,001 % des organismes, mais que l'étude des conditions qui correspondaient à la pratique réelle ne permettait pas de détecter la transmission. Dans une autre étude, trois groupes de personnes ont été étudiés : ceux qui vont à l'église et reçoivent la communion, ceux qui vont à l'église mais ne reçoivent pas la communion, et ceux qui ne vont pas à l'église du tout. Ils ont constaté que même parmi ceux qui recevaient la communion aussi souvent que quotidiennement, il n'y avait pas d'augmentation du risque d'infection. Ainsi, même si vous ne croyez pas en Dieu, la crainte de tomber malade à cause d'un virus provenant d'une cuillère à communion est irrationnelle - et si vous croyez en Dieu, et croyez réellement ce que nous confessons avant de recevoir l'Eucharistie (à savoir que l'Eucharistie est vraiment le Corps et le Sang du Christ), alors vous ne devriez pas avoir à vous inquiéter.

Le père Alkiviadis C. Calivas, dans son article "A Note on the Common Communion Spoon", dit qu'il n'a pas lui-même de telles craintes, mais il exprime son inquiétude pour ceux qui en ont :
"Au cours de mes 64 ans de sacerdoce, j'ai consommé le Calice des milliers de fois après d'innombrables Divines Liturgies, sans crainte ni hésitation, comme le fait tout prêtre. Je ne suis pas certain, cependant, que tous les fidèles paroissiens feraient de même, si on le leur demandait. Voici ce que je veux dire. La Sainte Communion devrait être une source de joie, d'espoir et de force pour tous et non un test ou une mesure de la foi de chacun dans la providence de Dieu (Matt. 4,5-7). Saint Paul nous rappelle que l'amour du Christ exige que nous prenions soin de toutes les personnes, quelle que soit leur situation, et que nous soyons sensibles et réceptifs à leurs justes besoins et préoccupations pour l'amour de l'Évangile (1 Cor. 9, 19-23)".

Je ne suis pas prêtre depuis la moitié de ce temps, mais mon expérience soutient la conclusion du père Alkiviadis selon laquelle il n'y a rien à craindre. Lorsque je communie avec les fidèles, la dernière bouche dans laquelle je place la cuillère avant de la remettre au diacre est la mienne (pour m'assurer qu'il ne reste rien de l'Eucharistie sur la cuillère), et je n'ai pas eu de fièvre depuis plusieurs années avant d'avoir été ordonné prêtre. Si un virus pouvait être transmis par une cuillère de Communion, il devrait y avoir de nombreux cas de prêtres souffrant d'herpès buccal (qui peut être transmis par l'utilisation d'ustensiles de cuisine ayant servi à une personne atteinte de ce virus), mais en fait, rien ne prouve que quelqu'un ait contracté un tel virus de cette manière.

Je peux comprendre la préoccupation du père Alkiviadis pour les personnes qui ont des craintes irrationnelles, mais pourquoi devrions-nous encourager ces craintes irrationnelles à persister en agissant d'une manière qui communique à ceux qui en souffrent que nous pensons que ces craintes sont fondées ?

Je crains qu'en tant que société, nous n'élevions une génération de personnes ayant la phobie des germes, qui passeront leur vie paralysée par des craintes si irrationnelles, et si préoccupée de mourir des nombreux germes et virus qui abondent dans notre monde, qu'elle sera incapable de vivre réellement. Mais il est bien plus préoccupant de contempler le message que l'Église enverrait aux fidèles, si nous agissons comme si recevoir la Communion était un acte physiquement dangereux. Il est en effet spirituellement dangereux de recevoir la Communion d'une manière indigne (1 Corinthiens 11:27-29), mais lequel des saints a jamais enseigné ou suggéré que l'Eucharistie pouvait être un moyen de transmettre une maladie ? Aucun ne l'a fait. En fait, il existe un épisode bien connu de la vie de Saint Jean de Shanghai :
"L'attention constante de Vladyka à l'auto-mortification avait sa racine dans la crainte de Dieu, qu'il possédait selon la tradition de l'ancienne Église et de la Sainte Russie. L'incident suivant, raconté par O. Skopichenko et confirmé par de nombreux habitants de Shanghai, illustre bien sa Foi audacieuse et inébranlable dans le Christ. "Mme Menshikova avait été mordue par un chien enragé. Les injections contre la rage, soit elle les refusait, soit elle ne se soignait qu'avec insouciance... Et puis elle a été frappée de cette terrible maladie. L'évêque Jean l'a découvert et est venu voir la femme mourante. Il lui a donné la Sainte Communion, mais juste à ce moment-là, elle a commencé à avoir une des crises de cette maladie ; elle s'est mise baver de la mousse blanche, et en même temps elle a recraché les Saints Dons qu'elle venait de recevoir. Le Saint Sacrement ne peut pas être jeté. Alors, Vladyka a ramassé et mis dans sa bouche les Saints Dons vomis par la femme malade. Ceux qui étaient avec lui s'exclamèrent : "Vladyka, qu'est-ce que vous faites ! La rage est terriblement contagieuse ! Mais Vladyka répondit paisiblement : "Il ne se passera rien, ce sont les Saints Dons". Et en effet, il ne s'est rien passé".

Si quelqu'un ne croit pas vraiment que l'Eucharistie est ce que nous disons qu'elle est, alors il ne devrait pas recevoir la Communion, parce que "... celui qui mange et boit indûment, mange et boit sa propre condamnation, ne discernant pas le corps du Seigneur" (1 Corinthiens 11,29).

Au-delà de tout ce qui a été dit, lorsque nous parlons de "risque" ou de "possibilité" en tant que Chrétiens, nous devons comprendre qu'il s'agit simplement de moyens de faire référence à de nombreux facteurs variables que nous ne connaissons pas. Mais nous ne croyons pas en un Dieu observateur impuissant, qui ne fait qu'espérer que les choses se passent bien pour nous. Nous croyons que si nous faisons ce que Dieu veut que nous fassions, nous n'avons pas besoin de nous inquiéter plus que nécessaire. Le pire qui puisse arriver, c'est que nous mourrions et que nous irons vivre avec le Christ pour l'éternité. Nous croyons que pas un moineau ne meurt sans la volonté du Père (Matthieu 10:29), et comme l'a dit Saint Antoine d'Optina lors d'une épidémie de choléra (qui a tué bien plus de gens que le coronavirus ne le fera probablement) :
"Vous ne devez pas avoir peur du choléra, mais des péchés graves, car la faux de la mort fauche une personne comme l'herbe, même sans choléra. Placez donc toute votre espérance dans le Seigneur Dieu, sans qui même les oiseaux ne meurent pas, et encore moins une personne".

Pour en savoir plus sur cette question, je vous recommande vivement l'article : "Une réponse à "Sur l'administration de la Sainte Communion en temps de peste""

29 Mai 2020
P. John Whiteford,

Saint Jonah Orthodox church, Spring, Texas
Russian Orthodox Church Abroad, USA


Original anglais :
https://fatherjohn.blogspot.com/2020/05/communion-communion-spoons-and.html

07 juin 2020

Eucharistie, Calice, cuillère et peur de la mort (p. Panayiotis)

Alors que nous planifions la réouverture de nos églises et que nous prévoyons de nous approcher à nouveau de la Sainte Eucharistie, de nombreuses discussions ont eu lieu quant à la méthode de distribution des Saints Dons dans les églises Orthodoxes. Certaines personnes ont parlé de la nécessité d'utiliser plusieurs cuillères, d'autres proposent de nouvelles méthodes innovantes. Le sentiment sous-jacent de chacun est la peur de la mort.

Les temps sont certainement effrayants, car même nos scientifiques ne comprennent pas entièrement comment le coronavirus se propage et comment prévenir l'infection, alors que les médecins ne disposent pas encore d'un bon traitement pour les malades ni de mesures préventives efficaces.
C'est donc à juste titre que les gens s'inquiètent du danger de propagation de la maladie lorsqu'ils sont à l'église et même lorsqu'ils reçoivent la Sainte Communion.
Afin d'être rassurés et de trouver réconfort dans les trésors spirituels de notre Foi Orthodoxe, je vous invite à écouter la voix des Saints Pères qui nous vient des profondeurs des temps ; la voix de ceux qui ont compris la transformation du pain et du vin en Corps et Sang du Christ comme le plus grand miracle survenu sur la Terre. Ils la voyaient comme la Source de la puissance contre les démons, le Pain de Vie, la Source de la Vie Eternelle, la Médecine de l'Immortalité, l'Antidote contre la mort.
Saint Ignace d'Antioche (fin Ier-début IIe siècle) décrit ainsi les assemblées eucharistiques :
"Efforcez-vous de vous réunir plus souvent pour rendre grâce et gloire à Dieu. Car lorsque vous vous réunissez fréquemment, les pouvoirs de Satan sont renversés et son pouvoir destructeur est annulé par l'unanimité de votre foi. Il n'y a rien de mieux que la paix, par laquelle toute guerre entre ceux qui sont au Ciel et ceux qui sont sur la terre est abolie. ” - Lettre de saint Ignace aux Ephésiens 13:1-2

Il décrit également le Corps et le Sang du Christ dans l'Eucharistie comme "le médicament de l'immortalité, l'antidote que nous prenons pour ne pas mourir mais pour vivre éternellement en Jésus-Christ" (lettre de saint Ignace aux Ephésiens 20:2).

Dans cette optique, la Sainte Communion étant le Pain de Vie, il est important que nous n'abordions pas cet "antidote contre la mort" à la légère, mais que nous nous préparions sérieusement avant de recevoir les Dons du Banquet Céleste auquel nous avons été gracieusement invités.
Recevoir la Sainte Communion n'est pas un "droit" individuel que nous pouvons revendiquer pour nous-mêmes, mais un privilège divin qui nous est offert et que nous devons accepter avec humilité. Ce n'est pas à nous de "prendre", mais de "recevoir" avec des larmes de repentir et un cœur reconnaissant.
Saint Cyrille d'Alexandrie explique cela plus en détail :
"Le Corps du Christ est saint et a le pouvoir de vaincre toute maladie. Il était et est Saint, non seulement comme chair avec Ses pouvoirs naturels, mais comme Temple du Logos divin intérieur, qui sanctifie Sa chair avec Son Esprit. C'est pourquoi le Christ rend la vie à la fille du chef de la synagogue non seulement par Son commandement tout puissant, mais aussi par Son contact corporel".  - Αναστασίου, Doctrina Patrum, σ. 129, 131-32

Mais qu'en est-il du Calice et de la Cuillère partagés ? Ne constituent-ils pas une menace en pleine pandémie ? C'est une bonne question qui mérite une attention particulière. Ceux d'entre nous qui sont assez âgés pour s'en souvenir, cette question a déjà été soulevée il y a environ trente ans, lorsque la menace du SIDA a frappé le monde à l'époque. La question a également été soulevée plus tôt dans les temps modernes, dans les années 1940 et 1950, lorsque la tuberculose et la lèpre faisaient rage en Grèce, à Chypre et dans d'autres pays. Pourtant, l'Église Orthodoxe a conservé l'utilisation du Calice et de la cuillère communs tels que nous les avons encore aujourd'hui. Pourquoi ?

Voici quelques réflexions sur cette question, tirées d'un article du Père Chrysostomos Koutloumousianos (moine prêtre et théologien renommé du Mont Athos) "Le pain, le vin et la manière d'être" :
Le Père Chrysostomos explique que, tout comme le Christ souffre en tant qu'être humain, mais agit en tant que Dieu et ressuscite d'entre les morts, de la même manière, les éléments consacrés (la Sainte Communion), bien que sujets à la "souffrance" et à la corruption eux-mêmes, agissent sur nous en tant que divinité non créée afin de transformer et de perfectionner notre nature déchue, non pas pour nous changer de ne plus être physiquement corruptibles, mais pour nous permettre de devenir des participants de la Nature divine (2 Pierre 1,4), même ici et maintenant.

Par conséquent, pour ceux qui reçoivent la Sainte Communion avec foi et un vrai repentir, le corps du Seigneur devient une "sauvegarde" "pour la force, la guérison et la santé de l'âme et du corps", le maintien et la déification de leur nature humaine déchue (3).

Les éléments consacrés dans la Sainte Eucharistie fonctionnent comme le Corps déifié de Jésus. Par la matière corruptible, Dieu accorde la vie sans la corrompre. Et bien que l'immortalité soit une condition eschatologique, et que nous devrons tous, tôt ou tard, passer de l'autre côté et la recevoir dans sa plénitude, des "doses" d'incorruptibilité nous sont données dans cette vie mortelle selon la mesure de la foi de chacun, de son désir, de sa crainte et de son amour pour Dieu. Nous sommes transformés en un mode d'existence différent par le contact du Corps et du Sang du Christ. Nous sommes sanctifiés et déifiés en étant unis à Lui.

Le Calice et la Cuillère de la Sainte Communion sont également modifiés au contact du Corps et du Sang du Christ. Ils sont transformés en un mode d'existence différent ; ils sont sanctifiés. Leur nature n'est pas changée, mais, plutôt, de la même manière qu'une lame devient du feu lorsqu'elle est jetée dans le feu .. le Calice et la Cuillère sont également changés et sanctifiés. Leur mode d'existence est modifié afin qu'ils nous transmettent la vie, tout comme Son vêtement guérit le flux de sang de la femme lorsqu'elle le touche, tout comme la mer est calmée par le toucher du Christ qui rend la sécurité aux disciples, tout comme la fille de Jaïre et le fils de la veuve sont ramenés à la vie par le toucher du Christ.

Le Corps et le Sang du Christ, ainsi que les ustensiles sacrés (le Calice et la Cuillère) utilisés pour nous Le donner ne peuvent pas être une menace pour notre santé corporelle si nous nous approchons avec la "Crainte de Dieu, avec Foi et Amour". Au contraire, ils nous conduiront à la guérison de l'âme et du corps et à la vie éternelle en nous apportant le toucher salvifique et guérisseur du Christ.
Par conséquent, alors que nous revenons à la Sainte Communion, abandonnons-nous dans la foi à la Miséricorde et au Pardon de Dieu et demandons qu'Il nous rétablisse dans Ses bonnes grâces, et nous protège de la maladie, de la calamité et de la condamnation éternelle.
Le COVID-19 est une tribulation (δοκιμασία), une mise à l'épreuve pour notre foi. La seule façon de surmonter les tribulations est de s'abandonner à l'Amour et à la Miséricorde de Dieu complètement et inconditionnellement dans la foi et la confiance. La Sainte Communion est le lieu pour le faire, même s'Il nous est offert par le Calice et la Cuillère partagés.

Commençons donc à nous préparer correctement pour venir à la Sainte Communion.
Tout comme les membres du conseil paroissial travaillent avec diligence pour nettoyer et désinfecter les bâtiments de l'église de ce Coronavirus toxique, qui menace de nous conduire à la maladie et à la mort de notre corps, nettoyons et désinfectons avec diligence nos cœurs et nos âmes des péchés toxiques et des vices du péché, qui menacent de nous conduire à la mort éternelle de l'âme et du corps.

Alors que nous nous préparons par la prière, en nous tournant avec amour vers Dieu, débarrassons-nous de nos pensées rationalistes séculières et remplissons nos cœurs et nos esprits de pensées spirituelles positives de foi et de confiance dans le Seigneur. Il ne nous décevra jamais !

25 mai 2020
P. Panayiotis Papageorgiou, Ph.D.






The Chalice, the Spoon, and our Fear of Death
As we are planning the reopening of our churches, and anticipating soon to approach again for Holy Communion, a lot of discussions have arisen as to the method of distribution of the Holy Gifts in the Orthodox Churches. Some people have been talking about the need for using multiple spoons, others are proposing new innovative methods. The underlying feeling of everyone is the fear of death.
These are certainly scary times, as even our scientists don’t fully understand how the coronavirus spreads and how to prevent infection, while the doctors do not yet have a good treatment for the sick or any effective preventive measures.

So, justifiably, people are concerned about the danger of the spreading of the disease while in church and even through the reception of Holy Communion.
In order to find reassurance and comfort in the spiritual treasures of our Orthodox Faith, l invite you to listen to the voice of the Holy Fathers coming to us from the depths of time; the voice of those who understood the transformation of the bread and wine to the Body and Blood of Christ as the greatest miracle occurring on the Earth. They saw it as the Source of Power against the demons, the Bread of Life, the Source of Eternal Life, the Medicine of Immortality, the Antidote against death.

St. Ignatius of Antioch (late 1st-early 2nd century) describes the Eucharistic gatherings in this way:
“Make every effort to come together more frequently to give thanks and glory to God. For when you meet together frequently, the powers of Satan are overthrown and his destructiveness is nullified by the unanimity of your faith. There is nothing better than peace, by which all warfare among those in heaven and those on earth is abolished. ”
— St. Ignatius’ letter to the Ephesians 13:1-2

He also describes the Body and Blood of Christ in the Eucharist as “the medicine of immortality, the antidote we take in order not to die but to live forever in Jesus Christ” (St. Ignatius’ letter to the Ephesians 20:2).
With this understanding, that Holy Communion is the Bread of Life it is important that we not approach this "antidote against death” lightly, but engage in serious preparation before receiving the Gifts of the Heavenly Banquet to which we have been graciously invited.
Receiving Holy Communion is not an individual “right” that we can claim for ourselves, but a divine privilege offered to us, which we should accept with humility. It is not for us to “take", but for us to “receive" with tears of repentance and a grateful heart.

St. Cyril of Alexandria explains this further:
“The body of Christ is holy and has the power to vanquish every illness. It was and is holy, not merely as flesh with its natural powers, but as the temple of the indwelling divine Logos, who sanctifies His flesh with His Spirit. This is why Christ vivifies the daughter of the leader of the synagogue not only through His omnipotent command but also with His bodily touch.”
— Αναστασίου, Doctrina Patrum, σ. 129, 131-32

But how about the shared Chalice and Spoon? Are they not a threat in the midst of the pandemic? This is a good question that deserves special consideration. Those of us old enough to remember, this issue was raised again some thirty years ago as the threat of AIDS confronted the world at that time. The issue was also raised earlier in modern times in the 1940’s and 50’s when tuberculosis and leprosy were raging in Greece and Cyprus and other countries. Yet, the Orthodox Church retained the use of the shared Chalice and Spoon as we still have it today. Why?
Here are some thoughts on this issue derived from an article by Fr. Chrysostomos Koutloumousianos (a monk priest and renown theologian from Mount Athos) “The Bread, the Wine and the Mode of Being":
Fr. Chrysostomos explains that just as Christ suffers as a human being, yet acts as God and rises from the dead, in the same way the consecrated elements (Holy Communion), though subject to ‘suffering’ and corruption themselves, act upon us as uncreated divinity in order to transform and perfect our fallen nature, not to change us from being physically corruptible, but to enable us to become partakers of the divine nature (2Peter 1:4), even in the here and now.
Therefore, to those who receive Holy Communion with faith and true repentance the Lord’s body becomes a ‘safeguard’ ‘for strength, healing and health of soul and body’, maintenance and deification of their fallen human nature.(3)

The consecrated elements in the Holy Eucharist operate as the deified body of Jesus. Through corruptible matter, God grants life uncorrupted. And although immortality is an eschatological condition, and we shall all, sooner or later, cross to the other side and receive it in its fullness, yet ‘doses’ of incorruption are given to us in this mortal life according to the measure of each one’s faith, his/her longing and godly fear and love. We are transformed into a different mode of existence by the touch of Christ’s Body and Blood. We are sanctified and deified by being united with Him.
The Chalice and Spoon of Holy Communion are also changed as they come into contact with Christ’s Body and Blood. They are transformed to a different mode of existence; they are sanctified. Their nature is not changed, but, rather, in the same way as a blade becomes fire when thrown into the fire . . . the Chalice and the Spoon are also changed and sanctified. Their mode of existence is altered so that they may transfer life to us, just as his garment heals the flow of blood in the woman when she touches it, just as the sea is calmed by the touch of Christ for the safety of the disciples, just as the daughter of Jairus and the son of the widow are brought back to life by the touch of Christ.
The Body and Blood of Christ, along with the sacred vessels (the Chalice and the Spoon) utilized to deliver it to us cannot be a threat to our bodily health if we approach with the "Fear of God with Faith and with Love.” On the contrary, they will lead us to healing of soul and body and eternal life as they deliver to us the healing, salvific touch of Christ.
Hence, as we return to Holy Communion, let us surrender in faith to God’s Mercy and Forgiveness and ask that He may restore us again in His good favor, and protect us from disease, calamity and eternal condemnation.
COVID-19 is a tribulation (δοκιμασία), a test to our faith. The only way to overcome tribulations is by surrendering to God’s Love and Mercy completely and unconditionally in faith and trust. Holy Communion is the place to do that, even as He is offered to us through the shared Chalice and Spoon.

Let us, then, begin to prepare ourselves properly to come to Holy Communion.
Just as the Parish Council members are working diligently to clean and disinfect the church buildings from the poisonous Coronavirus, which threatens to lead us to sickness and the death of our bodies, let us diligently cleanse and disinfect our hearts and souls from the poisonous sins and sinful vices, which threaten to lead us to eternal death of both soul and body.
As we prepare with prayer, turning with love to God, let us shed our rationalistic secular thoughts and fill our hearts and minds with positive spiritual thoughts of faith and trust in the Lord. He will never fail us!
May 25, 2020
By Fr. Panayiotis Papageorgiou, Ph.D.
https://www.trisagionfilms.com/blog/2020/5/25/chalice