"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

24 novembre 2020

Le temps passe si vite, trop vite.. (s. Ignace)

 Le temps passe de plus en plus vite, et l'heure de notre entrée dans l'éternité approche. Profitez de vos jours sur terre pour vous y préparer. Une telle préparation dissipe les chagrins temporels et apporte une consolation, indiquant ainsi que cette préparation est bien une préparation à la béatitude.

Saint Ignace Brianchaninov





Faster and faster time passes, and the hour of our entrance into eternity draws nigh. Make use of your days on earth to prepare for this. Such preparation dispels temporal sorrows and brings consolation, thereby indicating that this preparation is indeed a preparation for blessedness.

+ Saint Ignatius Brianchaninov

23 novembre 2020

Est-ce ainsi que vous aimez Dieu? (s. Germain)

 Si nous aimons quelqu'un, nous nous souvenons toujours de lui et essayons de lui faire plaisir; jour et nuit, notre cœur est occupé par cette pensée. Est-ce ainsi que vous aimez Dieu? Vous tournez-vous souvent vers Lui, vous souvenez-vous toujours de Lui, Le priez-vous toujours et accomplissez-vous Ses saints Commandements? 

Saint Germain d'Alaska





If we love someone we always remember him and try to please him; day and night our heart is occupied with that object. Is that how you love God? Do you often turn to Him, do you always remember Him, do you always pray to Him and fulfill His holy commandments? 

+ St. Herman of Alaska

22 novembre 2020

Le courage dans la confession (s. Nectaire)

 "La confession doit être faite sans gêne et sans réserve, mais avec audace et reproche, car l'audace est l'expression de l'abandon du péché et d'une disposition à exposer le péché; la gêne confirme qu'il existe un manque de courage".

Saint Nectaire d'Égine





“Confession must be performed without embarrassment and reservation, but with boldness and self-reproach, because boldness is an expression of the abandonment of sin and a disposition to expose sin; bashfulness confirms that there exists a lack of courage.”

+ Saint Nektarios of Aegina

21 novembre 2020

L'Entrée de la Theotokos au Temple (saint Grégoire Palamas)


SERMON SUR LA FÊTE DE L'ENTRÉE DE NOTRE DAME LA TRES PURE THEOTOKOS DANS LE SAINT DES SAINTS
par Saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique


Si un arbre est reconnu à son fruit, et qu'un bon arbre porte un bon fruit (Mt. 7:17 ; Luc 6:44), alors la Mère de la Bonté n'est-elle pas elle-même, celle qui a porté la Beauté éternelle, incomparablement plus excellente que tout bien, que ce soit dans ce monde ou dans le monde d'en haut? C'est pourquoi l'Image coéternelle et identique de la bonté, Prééternelle, transcendant tout être, Lui qui est la Parole préexistante et bonne du Père, mû par Son amour indicible pour l'humanité et Sa compassion pour nous, a revêtu notre image, afin de reconquérir pour Lui-même notre nature qui avait été entraînée jusqu'aux confins de l'Hadès, pour renouveler cette nature corrompue et l'élever aux hauteurs du Ciel. Pour cela, Il a dû assumer une chair à la fois nouvelle et nôtre, afin de nous refaçonner à partir de nous-mêmes. Il trouve maintenant une servante parfaitement adaptée à ces besoins, la pourvoyeuse de Sa propre nature immaculée, la Vierge éternelle que nous chantons maintenant, et dont nous célébrons maintenant l'entrée miraculeuse dans le Temple, dans le Saint des Saints. Dieu l'a prédestinée avant les âges pour le Salut et la reconquête de notre espèce. Elle a été choisie, non seulement parmi la foule, mais aussi dans les rangs des élus de tous les âges, réputés pour leur piété et leur compréhension, et pour leurs paroles et leurs actes qui plaisent à Dieu.

Au commencement, il y en a eu un qui s'est élevé contre nous : l'auteur du mal, le serpent, qui nous a entraînés dans l'abîme. De nombreuses raisons l'ont poussé à se soulever contre nous, et il y a de nombreuses façons dont il a asservi notre nature : l'envie, la rivalité, la haine, l'injustice, la trahison, la sournoiserie, etc. En plus de tout cela, il a aussi en lui le pouvoir d'apporter la mort, qu'il a lui-même engendrée, en étant le premier à s'éloigner de la vraie vie.

L'auteur du mal était jaloux d'Adam, lorsqu'il le vit être conduit de la terre au Ciel, d'où il avait lui justement été précipité. Plein de jalousie, il se jeta sur Adam avec une terrible férocité, et voulut même le revêtir de l'habit de la mort. L'envie n'engendre pas seulement la haine, mais aussi le meurtre, que ce serpent qui déteste vraiment l'homme a provoqué en nous. Car il voulait être le maître du terrestre, pour la ruine de celui qui a été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Comme il n'avait pas l'audace de faire un face-à-face, il a eu recours à la ruse et à la tromperie. Ce conspirateur vraiment terrible et malveillant a prétendu être un ami et un conseiller utile en prenant la forme physique d'un serpent, et a furtivement pris leur position. Par ses conseils contraires à Dieu, il instille à l'homme son propre pouvoir de mort, comme un poison venimeux.

Si Adam avait été suffisamment fort pour respecter le Commandement divin, il se serait montré le vainqueur de son ennemi et aurait résisté à son attaque mortelle. Mais comme il a volontairement cédé au péché, il a été vaincu et est devenu pécheur. Puisqu'il est la racine de notre race, il nous a produits comme des pousses porteuses de mort. Il était donc nécessaire pour nous, s'il devait se battre contre sa défaite et revendiquer la victoire, de nous débarrasser du poison venimeux mortel dans son âme et son corps, et d'absorber la vie, la vie éternelle et indestructible.

Il était nécessaire pour nous d'avoir une nouvelle racine pour notre race, un nouvel Adam, pas seulement un qui serait sans péché et invincible, mais un qui serait aussi capable de pardonner les péchés et de libérer de la punition ceux qui y sont soumis. Et non seulement Il aurait la vie en Lui, mais aussi la capacité de redonner la vie, afin qu'Il puisse accorder à ceux qui s'attachent à Lui et sont liés à Lui par la race à la fois la vie et le pardon de leurs péchés, redonnant la vie non seulement à ceux qui sont venus après Lui, mais aussi à ceux qui sont déjà morts avant Lui. C'est pourquoi saint Paul, ce grand héraut de l'Esprit Saint, s'exclame : "Le premier Adam est devenu une âme vivante, le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant" (1 Cor. 15, 45).

À l'exception de Dieu, personne n'est sans péché, ni créateur de vie, ni capable d'absoudre d'un péché. Par conséquent, le nouvel Adam doit être non seulement Homme, mais aussi Dieu. Il est à la fois vie, sagesse, vérité, amour et miséricorde, et toute autre bonne chose, afin qu'Il puisse renouveler le vieil Adam et le ramener à la vie par la miséricorde, la sagesse et la justice. Ce sont les contraires des choses que l'auteur du mal a utilisées pour provoquer notre vieillissement et notre mort.

Tout comme le tueur de l'humanité s'est élevé contre nous avec envie et haine, la Source de la vie a été élevée [sur la Croix] en raison de Sa bonté et de Son amour incommensurables pour l'humanité. Il désirait intensément le Salut de Sa créature, c'est-à-dire que Sa créature soit restaurée par Lui-même. En revanche, l'auteur du mal voulait amener la créature de Dieu à la ruine, et ainsi mettre l'humanité sous son propre pouvoir, et nous affliger tyraniquement. Et tout comme il a réussi à conquérir et à faire tomber l'humanité par l'injustice et la ruse, par la tromperie et la ruse, le Libérateur a provoqué la défaite de l'auteur du mal, et la restauration de Sa propre créature avec la vérité, la justice et la sagesse.

C'était un acte de justice parfaite que notre nature, qui a été volontairement asservie et abattue, entre à nouveau dans la lutte pour la victoire et se débarrasse de son asservissement volontaire. C'est pourquoi Dieu a daigné recevoir de nous notre nature, S'unissant hypostatiquement à elle de façon merveilleuse. Mais il était impossible d'unir cette Nature Supérieure, dont la pureté est incompréhensible pour la raison humaine, à une nature pécheresse avant qu'elle n'ait été purifiée. Par conséquent, pour la conception et la naissance du Dispensateur de la pureté, une Vierge parfaitement immaculée et très pure était nécessaire.

Aujourd'hui, nous célébrons la mémoire de ces événeemnts qui ont contribué, ne serait-ce qu'une fois, à l'Incarnation. Celui qui est Dieu par nature, le Verbe co-originaire et coéternel et le Fils du Père transcendant, devient le Fils de l'Homme, le Fils de la Vierge éternelle. "Jésus-Christ, le même hier, aujourd'hui et éternellement" (Héb. 13,8), immuable dans Sa divinité et irréprochable dans Son humanité, Lui seul, comme le prophète Isaïe l'a prophétisé, "ne pratiquait ni l'iniquité, ni la tromperie des lèvres" (Is. 53,9). Lui seul n'a pas été engendré dans l'iniquité, ni conçu dans le péché, contrairement à ce que dit le prophète David à propos de lui-même et de tout autre homme (Ps. 50/51,5). Même dans ce qu'Il assume, Il est parfaitement pur et n'a pas besoin d'être purifié Lui-même. Mais pour notre bien, Il a accepté la purification, la souffrance, la mort et la Résurrection, afin de nous les transmettre.

Dieu est né de la Vierge immaculée et sainte, ou mieux, de la Vierge la plus pure et la plus sainte. Elle est au-dessus de toute souillure charnelle, et même au-dessus de toute pensée impure. Sa conception n'est pas le résultat d'une convoitise charnelle, mais de l'ombre du Très Saint Esprit. Un tel désir lui étant totalement étranger, c'est par la prière et la disponibilité spirituelle qu'elle a déclaré à l'Ange : "Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole" (Luc 1,38), et qu'elle a conçu et enfanté. Ainsi, afin de rendre la Vierge digne de ce sublime dessein, Dieu a marqué cette fille toujours vierge que nous louons maintenant, depuis avant les âges, et depuis l'éternité, en la choisissant parmi Ses élus.

Alors, tournez votre attention vers le point de départ de ce choix. Parmi les fils d'Adam, Dieu a choisi le merveilleux Seth, qui s'est montré un ciel vivant par son comportement de devenir et par la beauté de ses vertus. C'est pourquoi il a été choisi, et de qui la Vierge allait fleurir comme le char divinement approprié de Dieu. Elle était nécessaire pour donner naissance et pour appeler les natifs de la terre à la filiation céleste. C'est pour cette raison que toute la lignée de Seth fut également appelée "fils de Dieu", car de cette lignée naîtrait un fils de l'homme, le Fils de Dieu. Le nom de Seth signifie une résurrection ou un réveil, ou plus précisément, il signifie le Seigneur, qui promet et donne la vie immortelle à tous ceux qui croient en Lui.

Et quel est le degré d'exactitude de ce parallèle! Seth est né d'Eve, comme elle l'a dit elle-même, à la place d'Abel, que Caïn a tué par jalousie (Gen. 4,25); et le Christ, le Fils de la Vierge, est né pour nous à la place d'Adam, que l'auteur du mal a aussi tué par jalousie. Mais Seth n'a pas ressuscité Abel, car il n'était qu'un prototype de résurrection. Mais notre Seigneur Jésus-Christ a ressuscité Adam, puisqu'Il est la vie et la résurrection même des êtres nés sur Terre, pour lesquels les descendants de Seth se voient accorder l'adoption divine par l'espérance, et sont appelés enfants de Dieu. C'est à cause de cette espérance qu'ils ont été appelés fils de Dieu, comme le montre celui qui a été appelé ainsi le premier, le successeur dans le choix. Il s'agit d'Énos, le fils de Seth, qui, comme l'a écrit Moïse, a d'abord espéré invoquer le Nom du Seigneur (Gen. 4,26).

De cette manière, le choix de la future Mère de Dieu, en commençant par les fils d'Adam et en passant par toutes les générations du temps, par la Providence de Dieu, passe au prophète-roi David et aux successeurs de son royaume et de sa lignée. Lorsque le temps choisi est venu, alors de la maison et de la postérité de David, Joachim et Anne sont choisis par Dieu. Bien qu'ils soient sans enfants, ils sont, par leur vie vertueuse et leur bonne disposition, les meilleurs de tous ceux qui descendent de la lignée de David. Et lorsqu'ils ont prié Dieu de les délivrer de leur absence d'enfant, ils ont promis de consacrer leur enfant à Dieu dès son enfance. C'est Dieu lui-même qui a proclamé la Mère de Dieu et qui leur a donné l'enfant, afin que de tels parents vertueux élèvent l'enfant toute-vertueuse. Ainsi, de cette manière, la chasteté jointe à la prière s'est concrétisée en produisant la Mère de la virginité, donnant naissance dans la chair à Celui qui est né de Dieu le Père avant les âges.

Or, lorsque les justes Joachim et Anna ont vu que leur souhait avait été exaucé et que la promesse divine qui leur avait été faite s'était effectivement réalisée, ils se sont alors empressés, en véritables amoureux de Dieu, d'accomplir le vœu qu'ils avaient fait à Dieu dès que l'enfant a été sevrée du lait. Ils ont alors conduit cette enfant de Dieu vraiment sanctifiée, qui est à présent la Mère de Dieu, cette Vierge, dans le Temple de Dieu. Et elle, étant remplie de dons divins même à un si jeune âge, ... c'est elle, plutôt que d'autres, qui a déterminé ce qui se faisait avec elle. À sa manière, elle a montré qu'elle n'était pas tant présentée dans le Temple, mais qu'elle était elle-même entrée au service de Dieu de son plein gré, comme si elle avait des ailes, s'efforçant de parvenir à cet amour sacré et divin. Elle a estimé qu'il était souhaitable et approprié qu'elle entre dans le Temple et qu'elle réside dans le Saint des Saints.

Par conséquent, le Grand Prêtre, voyant que cette enfant, plus que toute autre, avait la grâce divine en elle, a souhaité la placer dans le Saint des Saints. Il a convaincu toutes les personnes présentes de l'accueillir, puisque Dieu l'avait avancée et l'avait approuvée. Par l'intermédiaire de Son ange, Dieu a assisté la Vierge et lui a envoyé une nourriture mystique, avec laquelle elle a été fortifiée dans la nature, tandis que dans son corps, elle a été amenée à maturité et a été rendue plus pure et plus exaltée que les anges, ayant les esprits célestes comme serviteurs. Elle a été conduite dans le Saint des Saints non pas une seule fois, mais elle a été acceptée par Dieu pour y habiter avec Lui pendant sa jeunesse, afin que, par elle, les Demeures Célestes soient ouvertes et données pour une habitation éternelle à ceux qui croient en sa miraculeuse maternité.

Il en est ainsi, et c'est pourquoi, depuis le début des temps, elle a été choisie parmi les élus. Celle qui se manifeste comme le Saint des Saints, qui a un corps encore plus pur que les esprits purifiés par la vertu, est capable de recevoir .. le Verbe Hypostatique du Père Sans Origine. Aujourd'hui, la Vierge Marie, comme un trésor de Dieu, est préservée dans le Saint des Saints, afin qu'en temps voulu (comme cela s'est produit plus tard), elle serve à l'enrichissement et à l'ornement du monde entier. Par conséquent, le Christ Dieu glorifie également Sa Mère, avant et après Sa Nativité.

Nous qui comprenons le Salut commencé pour nous par la Très Sainte Vierge, nous lui rendons grâce et la louons selon nos capacités. Et en vérité, si la femme reconnaissante (dont l'Évangile nous parle), après avoir entendu les paroles salvatrices du Seigneur, a béni et remercié sa Mère, en élevant la voix au-dessus du vacarme de la foule et en disant au Christ : "Heureux le sein qui t'a porté, et les mamelles que Tu as sucées" (Luc 11,27), alors nous qui avons les paroles de la vie éternelle écrites pour nous, et non seulement les paroles, mais aussi les miracles et la Passion, et la Résurrection de notre nature de la mort, et Son Ascension de la terre au Ciel, et la promesse de la vie éternelle et du Salut infaillible, comment ne pas chanter sans cesse et bénir la Mère de l'Auteur de notre Salut et du Donateur de vie, en célébrant sa conception et sa naissance, et maintenant son entrée dans le Saint des Saints ?

Maintenant, frères, passons des choses terrestres aux choses célestes. Changeons notre chemin de la chair à l'esprit. Changeons notre désir des choses temporelles pour les éternelles. Méprisons les plaisirs charnels qui servent d'attraits à l'âme et qui ne tardent pas à disparaître. Désirons les dons spirituels, qui restent intacts. Détournons notre raison et notre attention des préoccupations terrestres et élevons-les vers les lieux inaccessibles du Ciel, vers le Saint des Saints, où réside désormais la Mère de Dieu.

C'est pourquoi, de cette manière, nos chants et nos prières à son égard seront entendus et, par sa médiation, nous serons les héritiers des bénédictions éternelles à venir, par la grâce et l'amour pour l'humanité de Celui qui est né d'elle pour nous, notre Seigneur Jésus-Christ, à qui appartiennent la gloire, l'honneur et l'adoration, ainsi que Son Père sans commencement et Son Esprit coéternel et Créateur de vie, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.
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If a tree is known by its fruit, and a good tree bears good fruit (Mt. 7:17; Luke 6:44), then is not the Mother of Goodness Itself, She who bore the Eternal Beauty, incomparably more excellent than every good, whether in this world or the world above? Therefore, the coeternal and identical Image of goodness, Preeternal, transcending all being, He Who is the preexisting and good Word of the Father, moved by His unutterable love for mankind and compassion for us, put on our image, that He might reclaim for Himself our nature which had been dragged down to uttermost Hades, so as to renew this corrupted nature and raise it to the heights of Heaven. For this purpose, He had to assume a flesh that was both new and ours, that He might refashion us from out of ourselves. Now He finds a Handmaiden perfectly suited to these needs, the supplier of Her own unsullied nature, the Ever-Virgin now hymned by us, and Whose miraculous Entrance into the Temple, into the Holy of Holies, we now celebrate. God predestined Her before the ages for the salvation and reclaiming of our kind. She was chosen, not just from the crowd, but from the ranks of the chosen of all ages, renowned for piety and understanding, and for their God-pleasing words and deeds.

In the beginning, there was one who rose up against us: the author of evil, the serpent, who dragged us into the abyss. Many reasons impelled him to rise up against us, and there are many ways by which he enslaved our nature: envy, rivalry, hatred, injustice, treachery, slyness, etc. In addition to all this, he also has within him the power of bringing death, which he himself engendered, being the first to fall away from true life.

The author of evil was jealous of Adam, when he saw him being led from earth to Heaven, from which he was justly cast down. Filled with envy, he pounced upon Adam with a terrible ferocity, and even wished to clothe him with the garb of death. Envy is not only the begetter of hatred, but also of murder, which this truly man-hating serpent brought about in us. For he wanted to be master over the earth-born for the ruin of that which was created in the image and likeness of God. Since he was not bold enough to make a face to face attack, he resorted to cunning and deceit. This truly terrible and malicious plotter pretended to be a friend and useful adviser by assuming the physical form of a serpent, and stealthily took their position. By his God-opposing advice, he instills in man his own death-bearing power, like a venomous poison.

If Adam had been sufficiently strong to keep the divine commandment, then he would have shown himself the vanquisher of his enemy, and withstood his deathly attack. But since he voluntarily gave in to sin, he was defeated and was made a sinner. Since he is the root of our race, he has produced us as death-bearing shoots. So, it was necessary for us, if he were to fight back against his defeat and to claim victory, to rid himself of the death-bearing venomous poison in his soul and body, and to absorb life, eternal and indestructible life.

It was necessary for us to have a new root for our race, a new Adam, not just one Who would be sinless and invincible, but one Who also would be able to forgive sins and set free from punishment those subject to it. And not only would He have life in Himself, but also the capacity to restore to life, so that He could grant to those who cleave to Him and are related to Him by race both life and the forgiveness of their sins, restoring to life not only those who came after Him, but also those who already had died before Him. Therefore, St Paul, that great trumpet of the Holy Spirit, exclaims, "the first man Adam was made a living soul, the last Adam was made a quickening spirit" (1 Cor. 15:45).

Except for God, there is no one who is without sin, or life-creating, or able to remit sin. Therefore, the new Adam must be not only Man, but also God. He is at the same time life, wisdom, truth, love, and mercy, and every other good thing, so that He might renew the old Adam and restore him to life through mercy, wisdom and righteousness. These are the opposites of the things which the author of evil used to bring about our aging and death.

As the slayer of mankind raised himself against us with envy and hatred, so the Source of life was lifted up [on the Cross] because of His immeasurable goodness and love for mankind. He intensely desired the salvation of His creature, i.e., that His creature would be restored by Himself. In contrast to this, the author of evil wanted to bring God's creature to ruin, and thereby put mankind under his own power, and tyrannically to afflict us. And just as he achieved the conquest and the fall of mankind by means of injustice and cunning, by deceit and his trickery, so has the Liberator brought about the defeat of the author of evil, and the restoration of His own creature with truth, justice and wisdom.

It was a deed of perfect justice that our nature, which was voluntarily enslaved and struck down, should again enter the struggle for victory and cast off its voluntary enslavement. Therefore, God deigned to receive our nature from us, hypostatically uniting with it in a marvelous way. But it was impossible to unite that Most High Nature, Whose purity is incomprehensible for human reason, to a sinful nature before it had been purified. Therefore, for the conception and birth of the Bestower of purity, a perfectly spotless and Most Pure Virgin was required.

Today we celebrate the memory of those things that contributed, if only once, to the Incarnation. He Who is God by nature, the Co-unoriginate and Coeternal Word and Son of the Transcendent Father, becomes the Son of Man, the Son of the Ever-Virgin. "Jesus Christ the same yesterday and today, and forever" (Heb. 13:8), immutable in His divinity and blameless in His humanity, He alone, as the Prophet Isaiah prophesied, "practiced no iniquity, nor deceit with His lips" (Is. 53: 9). He alone was not brought forth in iniquity, nor was He conceived in sin, in contrast to what the Prophet David says concerning himself and every other man (Ps. 50/51: 5). Even in what He assumes, He is perfectly pure and has no need to be cleansed Himself. But for our sake, He accepted purification, suffering, death and resurrection, that He might transmit them to us.

God is born of the spotless and Holy Virgin, or better to say, of the Most Pure and All-Holy Virgin. She is above every fleshly defilement, and even above every impure thought. Her conceiving resulted not from fleshly lust, but by the overshadowing of the Most Holy Spirit. Such desire being utterly alien to Her, it is through prayer and spiritual readiness that She declared to the angel: "Behold the handmaiden of the Lord; be it unto Me according to thy word" (Luke 1:38), and that She conceived and gave birth. So, in order to render the Virgin worthy of this sublime purpose, God marked this ever-virgin Daughter now praised by us, from before the ages, and from eternity, choosing Her from out of His elect.

Turn your attention then, to where this choice began. From the sons of Adam God chose the wondrous Seth, who showed himself a living heaven through his becoming behavior, and through the beauty of his virtues. That is why he was chosen, and from whom the Virgin would blossom as the divinely fitting chariot of God. She was needed to give birth and to summon the earth-born to heavenly sonship. For this reason also all the lineage of Seth were called "sons of God," because from this lineage a son of man would be born the Son of God. The name Seth signifies a rising or resurrection, or more specifically, it signifies the Lord, Who promises and gives immortal life to all who believe in Him.

And how precisely exact is this parallel! Seth was born of Eve, as she herself said, in place of Abel, whom Cain killed through jealousy (Gen. 4:25); and Christ, the Son of the Virgin, was born for us in place of Adam, whom the author of evil also killed through jealousy. But Seth did not resurrect Abel, since he was only a type of the resurrection. But our Lord Jesus Christ resurrected Adam, since He is the very Life and the Resurrection of the earth-born, for whose sake the descendents of Seth are granted divine adoption through hope, and are called the children of God. It was because of this hope that they were called sons of God, as is evident from the one who was first called so, the successor in the choice. This was Enos, the son of Seth, who as Moses wrote, first hoped to call on the Name of the Lord (Gen. 4:26).

In this manner, the choice of the future Mother of God, beginning with the very sons of Adam and proceeding through all the generations of time, through the Providence of God, passes to the Prophet-king David and the successors of his kingdom and lineage. When the chosen time had come, then from the house and posterity of David, Joachim and Anna are chosen by God. Though they were childless, they were by their virtuous life and good disposition the finest of all those descended from the line of David. And when in prayer they besought God to deliver them from their childlessness, and promised to dedicate their child to God from its infancy. By God Himself, the Mother of God was proclaimed and given to them as a child, so that from such virtuous parents the all-virtuous child would be raised. So in this manner, chastity joined with prayer came to fruition by producing the Mother of virginity, giving birth in the flesh to Him Who was born of God the Father before the ages.

Now, when Righteous Joachim and Anna saw that they had been granted their wish, and that the divine promise to them was realized in fact, then they on their part, as true lovers of God, hastened to fulfill their vow given to God as soon as the child had been weaned from milk. They have now led this truly sanctified child of God, now the Mother of God, this Virgin into the Temple of God. And She, being filled with Divine gifts even at such a tender age, ... She, rather than others, determined what was being done over Her. In Her manner She showed that She was not so much presented into the Temple, but that She Herself entered into the service of God of her own accord, as if she had wings, striving towards this sacred and divine love. She considered it desirable and fitting that she should enter into the Temple and dwell in the Holy of Holies.

Therefore, the High Priest, seeing that this child, more than anyone else, had divine grace within Her, wished to set Her within the Holy of Holies. He convinced everyone present to welcome this, since God had advanced it and approved it. Through His angel, God assisted the Virgin and sent Her mystical food, with which She was strengthened in nature, while in body She was brought to maturity and was made purer and more exalted than the angels, having the Heavenly spirits as servants. She was led into the Holy of Holies not just once, but was accepted by God to dwell there with Him during Her youth, so that through Her, the Heavenly Abodes might be opened and given for an eternal habitation to those who believe in Her miraculous birthgiving.

So it is, and this is why She, from the beginning of time, was chosen from among the chosen. She Who is manifest as the Holy of Holies, Who has a body even purer than the spirits purified by virtue, is capable of receiving ... the Hypostatic Word of the Unoriginate Father. Today the Ever-Virgin Mary, like a Treasure of God, is stored in the Holy of Holies, so that in due time, (as it later came to pass) She would serve for the enrichment of, and an ornament for, all the world. Therefore, Christ God also glorifies His Mother, both before, and also after His birth.

We who understand the salvation begun for our sake through the Most Holy Virgin, give Her thanks and praise according to our ability. And truly, if the grateful woman (of whom the Gospel tells us), after hearing the saving words of the Lord, blessed and thanked His Mother, raising her voice above the din of the crowd and saying to Christ, "Blessed is the womb that bore Thee, and the paps Thou hast sucked" (Luke 11:27), then we who have the words of eternal life written out for us, and not only the words, but also the miracles and the Passion, and the raising of our nature from death, and its ascent from earth to Heaven, and the promise of immortal life and unfailing salvation, then how shall we not unceasingly hymn and bless the Mother of the Author of our Salvation and the Giver of Life, celebrating Her conception and birth, and now Her Entry into the Holy of Holies?

Now, brethren, let us remove ourselves from earthly to celestial things. Let us change our path from the flesh to the spirit. Let us change our desire from temporal things to those that endure. Let us scorn fleshly delights, which serve as allurements for the soul and soon pass away. Let us desire spiritual gifts, which remain undiminished. Let us turn our reason and our attention from earthly concerns and raise them to the inaccessible places of Heaven, to the Holy of Holies, where the Mother of God now resides.

Therefore, in such manner our songs and prayers to Her will gain entry, and thus through her mediation, we shall be heirs of the everlasting blessings to come, through the grace and love for mankind of Him Who was born of Her for our sake, our Lord Jesus Christ, to Whom be glory, honor and worship, together with His Unoriginate Father and His Coeternal and Life-Creating Spirit, now and ever and unto ages of ages. Amen.
+ Gregory, archbishop of Thessaloniki

20 novembre 2020

La prière du chapelet sauve des âmes (st. Joseph l'hésychaste)

 Alors que saint Joseph l'hésychaste priait pour une âme disparue qui avait été condamnée, il eut la vision suivante : "Alors que je priais, je vis devant moi le défunt Père (Saint) Georges (Karslidis). C'est un saint contemporain. J'ai réussi à le rencontrer quand il était encore vivant et que je vivais dans le monde. Chaque jour, il célébrait la Liturgie et commémorait des milliers de noms. Ensuite, il se rendait sur les tombes et lisait des prières du trisagion et des offices de commémoration pour les défunts, toute la journée. Je l'ai vu dans une vision et je l'ai entendu me dire avec un grand étonnement : "Waw ! Jusqu'à aujourd'hui, je pensais que les défunts n'étaient sauvés que par des liturgies et des offices de commémoration. Mais aujourd'hui, j'ai vu et réalisé que les gens en enfer sont aussi sauvés par les chapelets de prière". Il répéta encore une fois avec admiration : "Oui, les gens sont aussi sauvés par des chapelets de prières."

(Comme saint Joseph l'hésychaste n'était pas prêtre, il commémorait les âmes des défunts en priant avec ferveur pour eux sur son chapelet de prières, et grâce aux prières de saint Joseph, les âmes étaient sauvées de l'enfer).

Staretz Haralambos Dionysiatis





While Saint Joseph the Hesychast was praying for a departed soul who had been condemned, he had the following vision: "As I was praying, I saw the late Fr (Saint) George (Karslidis) in front of me. He is a contemporary saint. I managed to meet him because he was still alive when I was in the world. Every day, he served the Liturgy and commemorated thousands of names. Afterwards, he would go to the graves and read trisagion prayers and memorial services for the departed, all day long. I saw him in a vision and heard him saying to me in great amazement: "Wow! Until today, I thought that the deceased were only saved with Liturgies and memorial services. But today I saw and realized that people in Hell are also saved with prayer ropes." Again he repeated with admiration: "Yes, people are also saved with prayer ropes."

(Since Saint Joseph the Hesychast wasn’t a priest, he would commemorate the souls of the departed by fervently praying for them on his prayer rope, and through the prayers of Saint Joseph, souls were saved from Hell).

+ by Elder Haralambos Dionysiatis

19 novembre 2020

Conseils pour la prière (staretz Justin Parvu)

 Il est très important de savoir comment prier. Souvent, même nous, les moines des monastères, nous prions, mais nous pensons seulement que nous prions. Il ne suffit pas d'assister aux offices religieux, comme s'il suffisait d'être là comme ça. Nous devons travailler la prière de l'intérieur. Peu importe le nombre de prières que nous disons avec notre bouche, ce n'est rien si la prière ne vient pas du cœur et si nous n'appliquons pas les enseignements de l'Orthodoxie dans notre vie quotidienne. Aujourd'hui plus que jamais, les laïcs doivent prier avec leur cœur, car ce sera notre seul Salut. Le cœur est la racine de toutes les passions et c'est là que nous devons diriger nos luttes. Si, dans les dernières années, le Christianisme est devenu tiède et superficiel, nous devons mettre fin à tout cela maintenant, cela ne suffira plus. Si nous ne prions pas du fond du cœur, nous ne pourrons pas supporter les attaques psychologiques, car le malin a des méthodes de lavage de cerveau bien cachées qui nous sont inconnues. Le plus grand péché aujourd'hui est l'insouciance. Nous prions avec insouciance, nous nous repentons avec insouciance, même si nous le faisons. Les temps viendront où seuls ceux qui ont l'Esprit de Dieu seront capables de distinguer le bien du mal. L'esprit humain lui-même ne sera pas capable de faire la différence. Il y aura de grandes tromperies et seul l'Esprit Saint nous donnera le discernement dont nous avons besoin pour nous sauver. Priez pour que vous ne soyez pas trompés! Ce n'est que par la prière que nous pouvons recevoir le Saint-Esprit. Si nous ne prions pas et que nous persévérons dans notre paresse et notre manque de repentir, nous perdrons complètement le Saint-Esprit et Sa direction. Qu'il n'advienne pas que nous perdions la guidance du Saint-Esprit !

Archimandrite Justin Parvu, "La vérité sur l'époque - spiritualité de la fin des temps"




Is very important to know how to pray. Many times even we, the monks in the monasteries, pray, but we only think we pray. It is not enough to attend the church services and just be there like that would be enough. We have to work the prayer from the inside out. No matter how many prayers we say with our mouth, it is nothing if the prayer is not coming from the heart and if we don’t apply the teachings of Orthodoxy in our everyday life. Now more than ever, lay people have to pray from the heart, because this will be our only salvation. In the heart is the root of all passions and that is where we need to direct our struggles. If in the later years Christianity became luke warm and superficial, we have to end all that now, this is not going to be enough anymore. If we will not pray from the heart, we will not be able to sustain the psychological attacks, because the evil one has hidden brainwashing methods that are unknown to us. The greatest sin today is carelessness. We pray carelessly, we repent carelessly, even if we do it. Times will come when only the ones that have the Spirit of God will be able to know good from evil. The human mind itself on its own will not be able to tell the difference. There will be great deceptions and only the Holy Spirit will give us the discernment we need so we could save ourselves. Pray that you will not be deceived ! Only through prayer we can receive the Holy Spirit. If we don’t pray and just persevere in our laziness and unrepentful ways, we will completely lose the Holy Spirit and His guidance. May it not be that we lose the guidance of the Holy Spirit !

Archimandrite Justin Parvu, "The truth about the times - Spirituality of the end of times"

18 novembre 2020

La pureté de coeur et l'insensibilité aux vexations (staretz Ephraim)

 Chaque fois que nous sentons en nous la malveillance, l'envie, la critique, les récriminations et tout ce qui vient du diable, nous devrions nous rendre compte que nous n'avons pas un cœur pur. Si nous avions un cœur pur, nous ne serions pas offensés, même si les gens nous insultaient et se moquaient de nous. Le fait que nous soyons offensés, dérangés, aigris, montre que notre cœur n'est pas pur.

Staretz Ephraim d'Arizona

Les conseils de la Montagne Sainte




Whenever we see within us malice, envy, criticism, grumbling, and whatever else is of the devil, we should realize that we do not have a pure heart. If we had a pure heart we would not be offended even if people insulted and derided us. The fact that we are offended, bothered, embittered, shows that our heart is not pure.

+ Elder Ephraim of Arizona

Counsels from the Holy Mountain

17 novembre 2020

L'impiété et le mal vont se répandre (s. Anatole d'Optina)

 Une prophétie de l'impiété qui arrive, par saint Anatole le Jeune (+1922)


Et à partir de là, les hérésies vont se répandre partout et tromper bien des gens. L'ennemi de la race humaine agira avec ruse afin d'attirer dans l'hérésie, et si possible, même les élus.

Il ne va pas commencer en rejetant brutalement les dogmes de la Sainte Trinité, de la divinité de Jésus-Christ et de la vertu de la Theotokos, mais il va commencer imperceptiblement à déformer les enseignements et les décrets de l'Église et l'esprit qui les sous-tend, tels que transmis jusqu'à nous par les saints Pères par le Saint Esprit.

Bien peu seront conscients des malices de l'ennemi, uniquement les plus expérimentés dans la vie spirituelle. Les hérétiques prendront le pouvoir dans l'Église et y installeront partout leurs serviteurs. Les pieux fidèles seront considérés avec mépris. Il (le Seigneur) nous avait averti, que c'est à leurs fruits que nous les reconnaitrions, et ainsi, par leurs fruits de même que par les actions des hérétiques, efforcez-vous de les différencier des véritables pasteurs.

Ce sont des bandits spirituels, pillant le troupeau spirituel, et ils vont s'introduire dans la bergerie (l'Église), franchissant quelques barrières, utilisant la force, et piétinant les décrets divins. Le Seigneur les appelle des voleurs (st Jean 10,1). En effet, leur première tâche sera la persécution des véritables pasteurs, leur emprisonnement, leur exil, car sans cela, il leur serait impossible de piller le troupeau.

Dès lors, mon fils, lorsque tu verras la violation de la Tradition patristique et de l'ordre divin dans l'Église, un ordre établi par Dieu, sache que les hérétiques sont déjà arrivés, bien que pour le temps présent ils puissent camoufler leur impiété, ou qu'ils vont déformer imperceptiblement la Foi divine, afin de mieux réussir à séduire et attirer l'inexpérimenté dans leur filet.

La persécution sera dirigée non seulement contre les pasteurs, mais contre tous les serviteurs de Dieu, car tous ceux qui sont guidés par l'hérésie ne supportent pas la piété. Reconnais ces loups déguisés en agneaux à leurs fières dispositions et leur amour du pouvoir. Ils seront calomniateurs, traitres, semant partout l'inimitié et le mal; c'est pour cela que le Seigneur a dit que c'est à leurs fruits que tu les reconnaitrais. Les véritables serviteurs de Dieu sont humbles, ils aiment leur prochain, et ils sont obéissants à l'Église.

Les moines vont être grandement oppressés par les hérétiques, et la vie monastique sera villipendée. Les monastères se raréfieront, le nombre de moines diminuera et ceux qui resteront subiront des violences. Ces haineux de la vie monastique, n'ayant cependant qu'une apparence de piété, s'efforceront d'attirer les moines à leurs côtés en leur promettant protection et biens mondains, et en menaçant d'expulsion ceux qui s'opposent à eux.

Ces menaces provoqueront un grand désespoir chez les faibles, mais toi, mon fils, réjouis-toi d'avoir vécu jusque-là, car alors les fidèles qui n'auront pas montré d'autres vertus, recevront des couronnes simplement pour avoir tenu bon dans la foi, selon la parole du Seigneur (cf. St Matthieu 10, 32).

Crains le Seigneur, mon fils. Crains de perdre la couronne préparée (pour toi), crains d'être jeté par le Christ dans les ténèbres extérieures et le tourment éternel. Tiens-toi courageusement dans la foi, et si nécessaire, supporte la persécution et d'autres peines, car le Seigneur sera avec toi... et les saints martyrs et confesseurs, ils te regarderont avec joie, toi et tes luttes.

Mais malheur aux moines en ces jours-là qui seront liés par des biens matériels et des richesses, qui par amour de la paix seront prêts à se soumettre aux hérétiques. Ils endormiront leur conscience en disant : "Nous préservons et sauvons le monastère et le Seigneur nous pardonnera". Les malheureux et les aveugles ne considèrent pas du tout que, par hérésie, les démons entreront dans le monastère et qu'alors ce ne sera plus un monastère saint, mais simplement des murs d'où s'échappera la grâce.

Mais Dieu est plus puissant que l'ennemi et il ne quittera jamais ses serviteurs. Les vrais Chrétiens resteront jusqu'à la fin de cet âge, mais ils choisiront de vivre dans des lieux isolés et déserts. Ne crains pas les afflictions, crains plutôt l'hérésie pernicieuse, car elle nous prive de la grâce et nous sépare du Christ. C'est pourquoi le Seigneur nous a ordonné de considérer l'hérétique comme un païen et un publicain.

Et ainsi, mon fils, fortifie-toi dans la grâce de Jésus-Christ. Hâte-toi de confesser la foi, d'endurer la souffrance comme un bon soldat de Jésus-Christ (cf. II St. Timothée 2,13), qui a dit : Sois fidèle jusqu'à la mort, et Je te donnerai une couronne de vie (Apoc. 2,10).

A Lui, avec le Père et le Saint Esprit, honneur, gloire et règne pour les siècles des siècles. Amen.

D'une lettre d'un staretz d'Optina (et Néo-martyr), saint Anatole le Jeune

SOURCE: Orthodox Life, #3, 1993






A Prophesy of Future Lawlessness by St. Anatoly the Younger (+1922)


And from that heresies will spread everywhere and deceive many people. The enemy of the human race will act with cunning in order to draw into heresy, if possible, even the elect.


He will not begin by crudely rejecting the dogmas of the Holy Trinity, the divinity of Jesus Christ and the virtue of the Theotokos, but he will begin imperceptibly to distort the teachings and statutes of the Church and their very spirit, handed down to us by the Holy Fathers through the Holy Spirit.


Few will notice these wiles of the enemy, only those more experienced in the spiritual life. Heretics will seize power over the Church and will place their servants everywhere; the pious will be regarded with contempt. He (the Lord) said, by their fruits ye shall know them, and so, by their fruits, as well as by the actions of the heretics, strive to distinguish them from the true pastors.


These are spiritual thieves, plundering the spiritual flock, and they will enter the sheepfold (the Church), climbing up some other way, using force and trampling upon the divine statutes. The Lord calls them robbers (cf. St. John 10:1). Indeed, their first task will be the persecution of the true pastors, their imprisonment and exile, for without this it will be impossible for them to plunder the sheep.


Therefore, my son, when you see the violation of patristic tradition and the divine order in the Church, the order established by God, know that the heretics have already appeared, although for the time being they may conceal their impiety, or they will distort the Divine Faith imperceptibly, in order to succeed better in seducing and enticing the inexperienced into the net.


The persecution will be directed against not only pastors but against all servants of God, for all those ruled by heresy will not endure piety. Recognize these wolves in sheep’s clothing by their proud dispositions and love of power. They will be slanderers, traitors, everywhere sowing enmity and malice; therefore the Lord said that by their fruits you will know them. True servants of God are humble, love their neighbor and are obedient to the Church.


Monastics will be greatly oppressed by the heretics and monastic life will be scorned. Monasteries will become scarce, the number of monastics will decline, and those who remain will endure violence. These haters of monastic life, however, having only the appearance of piety, will strive to attract the monks to their side promising them protection and worldly goods, and threatening those who oppose them with expulsion.


These threats will cause great despair among the fainthearted, but you, my son rejoice that you have lived until that time, for then the faithful who have not shown any other virtues, will receive crowns merely for standing firm in the faith, according to the word of the Lord (cf. St. Matthew 10:32).


Fear the Lord my son. Fear to lose the crown prepared (for you), fear to be cast by Christ into the outer darkness and eternal torment. Stand bravely in the faith, and if necessary, endure persecution and other sorrows, for the Lord will be with you… and the holy martyrs and confessors, they will look upon you and your struggle with joy.


But woe to the monks in those days who will be bound with possessions and riches, who because of love of peace will be ready to submit to the heretics. They will lull to sleep their conscience, saying, “We are preserving and saving the monastery and the Lord will forgive us.” The unfortunate and blind ones do not at all consider that through heresy the demons will enter the monastery and then it will no longer be a holy monastery, but merely walls from which grace will depart.


God, however, is mightier than the enemy, and He will never leave His servants. True Christians will remain until the end of this age, only they will choose to live in secluded, deserted places. Do not fear sorrows, rather fear pernicious heresy, for it strips us of grace and separates us from Christ. This is why the Lord commanded us to consider the heretic as a pagan and a publican.


And so my son, strengthen yourself in the grace of Jesus Christ. Hasten to confess the faith, to endure suffering as a good soldier of Jesus Christ (cf II St. Timothy 2:13), Who has said, Be faithful unto death, and I will give thee a crown of life (Rev.2:10).


To Him, with the Father and the Holy Spirit, be honor, glory, and dominion unto the ages of ages. Amen.


From a letter of the Optina Elder [and New Martyr] St. Anatoly the Younger


SOURCE: Orthodox Life, #3, 1993

16 novembre 2020

La lecture des Offices en famille selon la tradition russe (По следам сокрытой Руси)

 Jusqu'à la Révolution en Russie, il y avait une tradition universelle pour lire les Offices selon un "agencement laïc." En l'absence de prêtre à l'église, ou à la maison, toute la famille lisait une partie ou l'entièreté du cycle quotidien des offices ecclésiaux. Voyons ce qu'il est advenu de cette bonne tradition, comment la faire renaître, et quels bénéfices elle apporte pour le Corps de l'Église dans son ensemble

Le cycle quotidien liturgique orthodoxe est divisé en ceci :

Vêpres
Complies
Office de Milieu de nuit
Matines
Première Heure (Prime)
Les Heures (Tierce, Sexte, None)
Typiques

Dans les temps anciens, par exemple dans l'empire romain en Orient, toutes les parties des offices ecclésiaux étaient célébrés séparément les uns des autres. Avec la diffusion du Christianisme, en particulier dans les grandes villes, les offices ont été consolidés et nous sont parvenus sous la forme familière de prières de congrégation au soir (lorsque commence le cycle liturgique) et au matin.

La Rus' a reçu la foi de Constantinople et en a adopté ses coutumes. Les fidèles ont cherché à rapprocher leurs prières domestiques des prières ecclésiales, de sorte que les prières du matin et du soir étaient, en temps que règle, une partie de leur cycle quotidien, et dans des cas particuliers, les Offices étaient priés en entier par le chef de famille et sa maisonnée. Par exemple, ils priaient habituellement le matin en lisant l'Office de milieu de la nuit, et au soir celui des Complies. Pour cela, il suffisait d'avoir l'Horologion / Livre d'Heures ou un Psautier liturgique. Les anciens livres étaient d'une conception plus universelle que les modernes : ils comportaient beaucoup de suppléments pour pouvoir effectuer soi-même les Offices. Une collection complète de tous les livres liturgiques n'était pas possible du fait de leur prix et de leur faible quantité imprimée.

Vladimir Basenkov, "Chemin vers la Rus' cachée"





Until the revolution in Russia, there was a universal tradition of reading the “lay order” of the services. In the absence of the priest in church, or at home, the entire family would read part or all of the daily cycle of Church services. We will talk today about what happened to this good tradition, how to revive it, and what benefit it brings for the whole body of the Church.


The daily cycle of Orthodox worship is divided into the following parts:


Vespers

Compline

Midnight Office

Matins

First Hour

The Hours (Third, Sixth, Ninth)

Typica


In ancient times, for example in Byzantium, all the parts of the Church services were celebrated separately from each other. With the spread of Christianity, especially in large cities, the services were consolidated and came down to us in the familiar form of conciliar prayer in the evening (when the liturgical cycle begins) and in the morning.


Rus’ received the faith from Byzantium and adopted its customs. People sought to bring their home prayer closer to church prayer, so morning and evening prayers were, as a rule, part of their daily cycle, and in special cases, the services were prayed in full by the head of the family and his household. For example, they usually prayed in the morning reading the Midnight Office, and in the evening—Compline. For this could be used only the Horologion or the Sequential Psalter. The ancient books were more universal than modern ones: They had a lot of additions needed to do the services on their own. A full collection of all Church books was not possible due to their costliness and their small print runs.


Vladimir Basenkov "A Path to the Hidden Rus'"


Вплоть до революции в России повсеместно существовала традиция совершения богослужений «мирским чином». Миряне в отсутствии в храме священника, или же дома, всей семьей, совершали частично или полностью суточный круг церковной службы. Куда подевалась эта добрая традиция, как ее возродить и какую пользу она несет для всего организма Церкви, поговорим сегодня.

Суточный круг православного богослужения делится на 7 частей: вечерню, павечерницу, полунощницу, утреню, первый час, часы (третий, шестой, девятый) и обедницу. Литургия в этот круг не входит, так как считается «надмирной», особой службой вне его. Например, в Византии все части церковной службы совершались отдельно одна от другой. С распространением Христианства, особенно в крупных городах, богослужение укрупнялось и до нас дошло в привычном виде соборной молитвы вечером (с которого начинается богослужебный круг) и утром.

Русь, принявшая веру из Византии, переняла обычаи «Второго Рима». Домашнее богослужение люди стремились приблизить к храмовому, поэтому утренними и вечерними молитвами дома были, как правило, части суточного круга, а в особых случаях служба совершалась целиком главой семейств и его домочадцами. Например, утром обычно молились полунощницу, вечером – павечерницу. Для этого могли использоваться лишь Часослов или Псалтырь с возследованием. Древние книги были универсальнее современных, так как в них делалось много вставок, необходимых для совершения богослужения самостоятельно. Достать полный сборник всех церковных книг не представлялось возможным и из-за дороговизны, и из-за маленьких тиражей.

Владимир Басенков "По следам сокрытой Руси"

15 novembre 2020

Skadar, ancienne capitale de la Serbie et ses églises en ruine

 Les ruines de l'église orthodoxe serbe de Saint-Étienne à Shkoder, dans l'Albanie actuelle, un état créé par les grandes puissances en 1912. Malgré la falsification de l'Histoire concernant la Serbie, les documents officiels, dont certains sont conservés dans les archives Vénitiennes, attestent que Shkoder (Skadar) était la capitale de l'état Serbe médiéval, au début du Moyen Age, et que cette région était dirigée par les dynasties serbes Vojislavljevic, Nemanjic, Balšic, Lazarevic, Brankovic, Crnojevic, etc. jusqu'à la chute de l'état médiéval Serbe suite à l'occupation des Ottomans. Cela peut être aussi facilement prouvé grâce aux ruines des églises systématiquement démolies, cimetières, anciennes tours et agglomérations serbes, de même que par les innombrables objets conservés au musée à Shkoder.





The remains of the Serbian Orthodox church of St. Stephen in Shkoder, today's Albania, a state created by the great powers in 1912. Despite the counterfeiting of Serbian history, the official documents, some of which are kept in the Venetian archives, testify that #Shkoder (#Skadar) was the capital of Serbian medieval state in the early Middle Ages, and that this area was ruled by Serbian dynasties Vojislavljevic, Nemanjic, Balšic, Lazarevic, Brankovic, Crnojevic, etc. until the fall of the Serbian medieval state under the Ottoman occupation. This can easily be proved thanks to remains of systematically demolished churches, cemeteries, ancient towers and Serbian settlements, as well as many objects that are kept in a museum in Shkoder

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Остаци српске православне цркве Светог Стефана у Скадру, у данашњој Албанији која је настала вољом великих сила 1912. године. И поред фалсификовања српске историје, званични документи, од којих се неки налазе у Венецијанском архиву, сведоче да је Скадар још у раном средњем веку био престоница српске средњовековне државе, а овим простором владале су српске династије Војислављевићи, Немањићи, Балшићи, Лазаревићи, Бранковићи, Црнојевићи, итд, све до пада српске државе у турско ропство. О томе сведоче и остаци систематски рушених цркава, гробаља, древних кула и српских насеобина, као и многи предмети који се чувају у музеју у Скадру.

L'agneau rejeté et le Bon Berger (p. Michael)

 De temps en temps, une brebis donne naissance à un agneau qu'elle rejette. Si l'agneau est rendu à la brebis, la mère peut même chasser le pauvre animal. Une fois qu'une brebis a rejeté un de ses agneaux, elle ne changera jamais d'avis.

Ces petits agneaux vont aller avec la tête si bas qu'on aura l'impression que quelque chose ne va pas avec leur cou. Leur esprit est brisé. À moins que le berger n'intervienne, cet agneau mourra, rejeté et seul. 

Alors, savez-vous ce que fait le berger? Il emmène le petit rejeté chez lui, le nourrit à la main et le garde au chaud près du feu. Il l'enveloppera de couvertures et le tiendra contre sa poitrine pour qu'il puisse entendre les battements de son cœur.

Une fois l'agneau devenu assez fort, le berger le replace dans le champ avec le reste du troupeau. Mais ce mouton n'oublie jamais comment le berger s'est occupé de lui quand sa mère l'a rejeté. 

Lorsque le berger appelle le troupeau, devinez qui court vers lui en premier? C'est exact, les moutons anciennement rejetés. Ils connaissent intimement la voix du berger. Ce n'est pas que le rejeté soit plus aimé, il connaît juste intimement celui qui l'aime. 

Beaucoup d'entre nous sont des rejetés, repoussés et brisés. Mais Jésus est le bon berger. Il prend soin de tous nos besoins et nous tient près de Son cœur pour que nous puissions entendre Son cœur battre. Nous sommes peut-être brisés, mais nous sommes profondément aimés par le Berger.

P. Michael, EORHF





Every once in a while, a ewe will give birth to a lamb and reject it. If the lamb is returned to the ewe, the mother may even kick the poor animal away. Once a ewe rejects one of her lambs, she will never change her mind.

These little lambs will hang their heads so low that it looks like something is wrong with its neck. Their spirit is broken. 

Unless the shepherd intervenes, that lamb will die, rejected and alone. So, do you know what the shepherd does? He takes that rejected little one into his home, hand-feeds it and keep it warm by the fire. He will wrap it up with blankets and hold it to his chest so it can hear his heartbeat.

Once the lamb is strong enough, the shepherd will place it back in the field with the rest of the flock. But that sheep never forgets how the shepherd cared for him when his mother rejected him. 

When the shepherd calls for the flock, guess who runs to him first? That is right, the reject sheep. He knows the shepherd's voice intimately. It is not that the reject is loved more, it just knows intimately the one who loves it. 

So many of us are rejects, rejected and broken. But He is the good Shepherd. He cares for our every need and holds us close to His heart so we can hear His heart beat. We may be broken but we are deeply loved by the Shepherd.

Hieromonk Michael, ROCOR

14 novembre 2020

Construire notre confiance en Dieu (p. Tryphon)

 Une grande partie de ce dont nous pensons avoir besoin est née de notre propre immaturité

Lorsque nous nous retrouvons pris dans ce que nous voulons, ou ce que nous pensons avoir besoin, nous sommes découragés de voir que les choses ne se passent pas comme nous l'avions espéré. Déçus, nous commençons à nous demander pourquoi Dieu n'a pas réussi à nous donner ce que nous avons tant cherché, cette chose, ou cette situation, qui est devenue le thème dominant de nos prières. Occupés à essayer d'atteindre un but, et échouant, nous oublions que ce n'était peut-être pas la volonté de Dieu pour nous, depuis le tout début. En nous fiant à notre propre sentiment de ce dont nous avons besoin, nous finissons par être déçus, voire désillusionnés, et nous blâmons Dieu.

Une grande partie de ce dont nous pensons avoir besoin est née de notre propre immaturité, car en nous concentrant sur ce dont nous pensons avoir besoin, nous ne nous abandonnons pas tranquillement à la volonté de Dieu, et nous ne faisons pas confiance au fait que Dieu sait ce dont nous avons vraiment besoin. Dans ces moments-là, nous ne faisons pas confiance à Dieu et ne nous abandonnons pas à Sa volonté pour nous. Nous oublions que Dieu sait ce dont nous avons réellement besoin et nous ne considérons pas le bien à long terme. Lorsque nous cessons de lutter contre la volonté de Dieu, nous trouvons la grâce suffisante pour supporter nos épreuves dans la prière, sachant que Dieu nous donne ce qui est salvifique. Comme un père terrestre aimant, notre Dieu nous permet d'endurer ce qui nous rendra forts, et Il nous mènera à la victoire sur notre nature déchue. Lorsque viendra le temps voulu par Dieu, les épreuves que l'on endure dans la prière nous rendront plus forts et nous deviendrons de plus fidèles enfants du Très-Haut.

Ce type de vie fidèle nous amène à connaître la vérité des paroles : "Et nous savons que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein (Romains 8,28). Lorsque nous faisons confiance à Dieu, ces moments de déception ont un sens, et le tableau d'ensemble est clairement établi devant nous.

"Ne perdez pas cette conviction, à laquelle est attachée une grande récompense, car vous avez besoin de persévérance pour accomplir la volonté de Dieu et entrer ainsi en possession des biens promis." (Hébreux 10,35-36)."

Dans l'amour du Christ,

Higoumène Tryphon

Photos: Merci beaucoup pour vos prières et votre amour. Ce vieux moine va tenter de continuer ses articles de blog depuis son lit d'hôpital.




prières sollicitées pour p. Tryphon, en convalescence après nouvelle hospitalisation (photo 3 novembre 2020)



Building Confidence

Much of what we think we need is born from our own immaturity

When we find ourselves caught up in what we want, or what we think we need, we become despondent that things are not going the way we'd hoped. Disappointed, we start to wonder why God has failed to give us that which we've so sought after, that thing, or situation, that became the dominant theme of our prayers. Caught up in trying to reach a goal, and failing, we forget that it may not have been God's will for us from the very beginning. Relying on our own notion of what we need, we end up disappointed, or even disillusioned, and we blame God.

Much of what we think we need is born from our own immaturity, for as we've focused on what we think we need, we fail to quietly surrender to the will of God, and fail to trust in the knowledge that God knows what we really need. We fail during such times to trust God, and surrender to His will for us. We forget that God knows what we really need, and fail to consider the long term good. When we quit struggling against the will of God, we find the grace sufficient to prayerfully enduring our trials, knowing that God gives us that which is salvific. Like a loving earthly father, our God allows us to endure that which will make us strong, and He will lead us to victory over our fallen nature. Prayerfully enduring trials will, in God's time, make us stronger, and we will become more faithful children of the Most High.

This kind of faithful living leads us to know the truth of the words, “And we know that all things work together for good to those who love God, to those who are called according to His purpose (Romans 8:28).” When we trust God, those moments of disappointment make sense, and the bigger picture is clearly set before us.

"Therefore do not cast away your confidence, which has great reward. For you have need of endurance, so that after you have done the will of God, you may receive the promise (Hebrews 10:35-36)."

With love in Christ,

Abbot Tryphon

Photos: Thanks so very much for your prayers and love. This old monk will try to continue his blog articles from the hospital bed.

13 novembre 2020

Testament de mgr Amphilochie du Montenegro, mort du Covid-19 le 30 oct 2020


 Mémoire éternelle, vladyka Amphilochie!!

Le 30 octobre, le métropolite Amphilochie Radovic, archevêque de Cetinje et métropolite du Monténégro et du Littoral, est mort d'une infection au COVID-19. Il avait été diagnostiqué avec le coronavirus le 6 octobre et hospitalisé depuis lors au Centre clinique du Monténégro, qui se trouve dans la capitale monténégrine Podgorica. Le 9 octobre, il a transmis le message suivant depuis l'hôpital :


"Le saint évêque Nicolas [Velimirovic, ndt] qui a prononcé un discours célèbre dans Lovćen lors du transfert des reliques de Pierre II au mausolée de Lovćen, après la démolition de l'église Saint-Pierre par les occupants austro-hongrois en 1916, a déclaré, entre autres, que Dieu prend soin des enfants et des malades. Dieu a donné à l'archevêque de Cetinje une croix à porter. En effet, l'archevêque de Cetinje tente de porter sa croix et celle de Métropolite du Monténégro et du Littoral. Le Métropolite du Monténégro participe à cette maladie qui fait souffrir des millions de personnes dans le monde entier, jusqu'au président américain Donald Trump.


Participant au port de cette croix du monde entier, c'est aussi le Métropolite, aujourd'hui, Dieu merci. J'ai pris part au Corps et au Sang de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ en la fête de Saint Jean le Théologien, l'apôtre de l'amour, de qui nous avons appris les paroles du Christ selon lesquelles les deux principaux Commandements sont : aime le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force, et aime ton prochain comme toi-même. L'amour en tant que principe de la vie humaine. Et c'est précisément, je dirais, que Dieu a envoyé la souffrance à l'humanité pour la guérir de la haine, de l'orgueil, de l'égoïsme, de l'égocentrisme, afin que l'humanité comprenne que nous sommes encore des gens faibles et impuissants sur terre, et que c'est seulement Dieu qui donne la vraie vie, et pas seulement cette vie transitoire d'aujourd'hui à demain. De telles souffrances rappellent la dignité humaine, une dignité éternelle et impérissable, car l'homme est un être créé pour l'éternité, et non pour le transitoire et le néant. Dieu utilise ces moyens pour nous rappeler que la mort n'est pas le dernier mot de cette vie, mais seulement une préparation à ce qui est éternel et impérissable - au Royaume éternel du Dieu d'amour - le Père et le Fils et le Saint-Esprit. En ce Nom, je salue et je bénis tous ceux qui se soucient de ma santé, en leur demandant de prendre soin de la santé de tous ceux qui souffrent, non seulement ici à l'hôpital du Monténégro mais dans le monde entier.


C'est la souffrance universelle qui a régné aujourd'hui et je prie le Seigneur que Dieu pardonne les péchés de tous les peuples et nous ramène à nous-mêmes et aux autres et aux valeurs éternelles, le secret de la vie éternelle, pour diminuer la souffrance car il n'est pas facile de porter cette souffrance et ce qui se passe aujourd'hui. Que la bénédiction du Seigneur soit sur tous, en particulier sur ceux qui se souviennent de moi aussi, car je vois qu'il y a beaucoup de gens de différentes parties du monde qui se souviennent de moi et qui prient pour moi, et je vous remercie pour leurs prières. Nous espérons dans le Seigneur que nous continuerons notre travail et que c'est une préparation pour la poursuite du travail, si Dieu le veut. La bénédiction de Dieu à tous, et pour de nombreuses années !


Source (en serbe) :

https://mitropolija.com/2020/10/09/mitropolit-amfilohije-se-uspjesno-oporavlja-nosim-svoj-krst-ucestvujuci-i-ovom-bolescu-u-patnjama-ljudi-sirom-svijeta/

12 novembre 2020

La fin du monde (p. Arsenie Bocca)


 Et sachez que la fin du monde ne sera pas comme nous le pensons, que mourra tout le monde d'un coup. Mais ils mourront tour à tour. Dans une partie du monde il y aura des guerres, dans une autre des tremblements [de terre], dans d'autres des innondations, il y aura accidents sur accidents. Il y aura des maladies inconnues et sans traitements. [..]

Au moment où viendra la persécution, à ce moment, l'on verra qui est un véritable chrétien, qui les supportera toutes [les épreuves], qui ne tombera pas dans le chaos du monde.

Père Arsenie Boca (1910-1989)

Alta data Parintele ne-a vorbit despre sfarsitul lumii, ca sfarsitul lumii nu va fi asa cum gandim noi ca va muri toata lumea odata. Ci va muri pe rand. Intr-o parte de lume vor fi razboaie, in alta parte cutremure, in alta inecari, vor fi accidente peste accidente, vor fi boli necunoscute si fara de leac. Toate acestea le putem vedea in zilele noastre. 

[..] Ei vor ajunge sa cuprinda intreg pamantul [si] vor con­du­ce lumea. Pana atunci va fi bine de noi. Atunci se va vedea care este crestin adevarat, care [le] va rabda pe toate; care nu, va cadea in valul lumii“.

http://sfantul-arsenie-boca.blogspot.com/2014/11/profetiile-parintelui-arsenie-boca.html


d'autres paroles de père Arsenie:

http://sfantul-arsenie-boca.blogspot.com/2014/11/profetii-ale-parintelui-arsenie-boca_26.html


Son livre de recueils de conférences, homélies, paroles sous le boisseau, etc, a été traduit en néerlandais :

https://www.kelbo.nl/nl/boeken/9789087598730/vader-arsenie-boca-wonderlijk-uitzonderlijk


et en anglais :

https://www.vaderarsenieboca.nl/path-to-the-kingdom








11 novembre 2020

Saint Martin de Tours, saint Ninian, l'Égypte, les Gaules et l'Écosse

Saints Celtiques et Vieille Angleterre - 11 Novembre
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* Saint Cynfran le Gallois
* Saint Rhedius de Llanllyfni, Pays de Galles
* Saint Martin de Tours
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https://www.mail-archive.com/celt-saints@yahoogroups.com/msg00352.html
emrys Wed, 11 Nov 2009 14:37:44 -0800 

Pour en revenir à l'Église britannique contemporaine, nous constatons que dans la province de Valentia, qui comprenait la partie de la Grande-Bretagne du Nord située entre les murs d'Antonin et d'Hadrien, est né vers l'an 360 un homme dont la personnalité, au milieu de beaucoup de détails vagues et légendaires, semble se démarquer clairement et distinctement pour la vision historique moderne. Il s'agit de Nynias ou Ninian, qui était le fils d'un prince ou d'un chef celte Chrétien. S. Ninian a été baptisé et a reçu une éducation Chrétienne. Plein de zèle religieux, il décida de visiter la grande ville "dont l'ancienne gloire faisait encore la fierté de l'empire dominant du monde" et, les circonstances étant favorables à l'accomplissement de son souhait, il partit de chez lui et atteignit Rome en temps voulu. Il y étudia pendant quelque temps et, en 397, il fut consacré évêque, puis renvoyé dans son pays natal. Sur son chemin, il traversa la Gaule et se tourna quelque temps vers la ville de Tours sur la Loire, où Saint Martin, communément appelé "le saint soldat" et maintenant âgé de quatre-vingts ans, présidait un monastère qu'il avait fondé sur le modèle oriental, dont la renommée était connue de Saint Ninian. Comme le séjour de ce dernier auprès du vieux S. Martin, auquel il était, dit-on, apparenté, était destiné à porter beaucoup de fruits et à avoir des conséquences importantes plus tard dans l'Église celtique, il est bon que nous nous arrêtions un peu ici et que nous nous efforcions d'examiner brièvement la nature et les caractéristiques générales de l'Église de l'ancienne Gaule, dont de nombreux éléments devaient ensuite être incorporés à ceux des Celtes [...], Saint Antoine, le saint copte, étant le fondateur de ce monachisme [du type vécu en Gaule]. Antoine était un égyptien de noble naissance qui est né à Corma, située près de la frontière entre la Basse et la Haute-Égypte, en 251 après Jésus-Christ. Il est très tôt imprégné de zèle pour la vie ascétique. Au début, il était solitaire ou ermite, mais plus tard, il prôna la vie coenobitique. Plus tard, cette idée adoptée sous la forme du monastère dans lequel les frères habitaient sous un même toit.

Saint Pachome, le successeur de Saint Antoine, réunit les moines selon une Règle prescrite et fonda un monastère sur l'île de Tabennae dans le Haut-Nil, qui ne comptait pas moins de 7.000 membres. Le chef du monastère était l'Abbas, un mot syriaque qui signifie père, et la communauté était considérée comme sa famille. La renommée et la réputation de piété de ce premier établissement se sont rapidement répandues, et de nombreuses communautés similaires ont vu le jour dans les pays voisins.

Ce système monastique égyptien s'est ensuite solidement implanté en Gaule, mais pas à Rome. Martin en fut impressionné. En 360, il revient à Poitiers et retrouve Hilaire. Il fonde dans les environs le monastère de Ligugé. En 371, il est élu évêque de Tours. Comme il se consacre à la vie de reclus, il fonde le monastère de Marmoutier-les-Tours sur les bords de la Loire. Il faut cependant préciser que ce n'est pas entièrement dû au nom et à la renommée de S. Antoine que S. Martin a ressenti le désir de mener la vie ascétique. À cette cause première s'en ajoutait une autre, résultant de son intérêt passionné pour la Colonie Montaniste qui, des années avant son époque, avait fui l'Asie pour s'établir en Gaule avec ses doctrines. En lui, deux courants d'ascèse orientale convergent donc, l'un venant d'Égypte et l'autre d'Asie Mineure. [...] Il ressort clairement de ce qui précède que S. Martin a été inspiré par Lyon [également fortement influencé par l'Asie mineure], par Hilaire et Symphorien, et par l'Égypte, plutôt que par Rome.

S. Martin n'était pas le seul à s'enthousiasmer pour le monachisme égyptien. Jean Cassien - qui avait visité le Nil et ses monastères les plus célèbres, et qui en revint avec des récits élogieux sur le succès du mouvement en Égypte; sur les 5.000 moines des montagnes où S. Antoine avait vécu dans sa cellule; sur les 50.000 dans le désert de Nitrie; sur les 50.000 qui se réunissaient pour célébrer la Communion pascale; sur la maigre alimentation, la mortification de la chair, la piété dévote - fonda un monastère comme Marseille sur le modèle égyptien, et publia deux livres : "De Institut Coenobiorum" et "Collationes Patrum", qui ont grandement influencé les croyances et les pratiques religieuses en Gaule. La doctrine enseignée dans ce monastère était un semi-pélagianisme, par opposition à l'augustinianisme orthodoxe de l'Église de Rome. Beaucoup d'autres, comme Cassien, se sont sentis poussés, après avoir visité l'Égypte, à fonder des retraites similaires. C'est là que les coutumes et les habitudes de pensée égyptiennes ont été introduites sur les îles qui s'étendent le long des côtes occidentales de la Méditerranée. "La mer était à ces retraites," comme le décrit le regretté Professor Story, "ce que le Nil ou le désert était à leurs prototypes égyptiens ; et le modèle égyptien de la vie monastique y était fidèlement reproduit". Tout comme Ephèse, Antioche et Alexandrie ont trouvé leur chemin vers la Gaule sans faire de Rome une étape de leur voyage, les relations entre l'Egypte et la Gaule, qui avaient en effet été établies depuis des siècles avant l'ère chrétienne, bien que jusqu'alors purement sociales, commerciales et intellectuelles, sont alors devenues aussi religieuses. Lorsque les éloges funèbres de saint Jérôme sur le monachisme furent si mal vus par la société romaine qu'il estima qu'il était préférable pour lui de se retirer à Bethléem avec Paula et Eustochium, "l'ascèse du Nil gagnait déjà son chemin parmi des centaines de fidèles en Ligurie [extrême sud-ouest de l'Italie du Nord] et en Gallia Narbonensis [côte sud-est de la France actuelle]".

Une autre remarquable communauté en Gaule est celle de l'île de Lérins, fondée par Saint Honorat. Celle-ci devint un centre d'où jaillirent des forces monastiques qui se répandirent rapidement dans toute l'Europe occidentale. C'est Saint Vincent, le grand médecin de ce monastère, qui a donné la définition bien connue du vrai credo : "Quod semper, quod ubique, quod ab omnibus creditumi sit".

Les sept chapelles de ce monastère peuvent encore être retracées parmi les ruines, et nous rappellent par la force des choses les sept églises de Glendalough en Irlande, ces deux groupes étant symboliques des sept historiques de l'Asie dans l'Apocalypse.

C'est dans ce monastère que Saint Patrick d'Irlande, après s'être échappé de captivité sur la côte d'Antrim, de chez le chef qui l'avait tenu en esclavage, a étudié la culture et l'ascèse qui avaient été transplantées de l'Orient. Dans sa "Confession", il ne parle pas d'avoir reçu son autorité de Rome, et toute sa vie et son enseignement prouvent le contraire. Comme S. Ninian, il a également rendu visite à S. Martin, qui était son parrain, à Tours, et là, il a recueilli des informations supplémentaires sur le fonctionnement du monastère.

Nous avons donc atteint ici une étape très intéressante de notre progression historique. Ces deux dirigeants chrétiens - Saint Ninian, qui a reçu de Saint Martin de Tours l'enthousiasme pour le monachisme et la culture de l'Orient, et plus tard, Saint Patrick, également imprégné du zèle monastique qu'il avait acquis à Lérins et à Tours - sont retournés dans leurs pays respectifs, l'Écosse et l'Irlande, et ont fondé des établissements religieux qui, avant que de nombreuses années ne s'écoulent, étaient pensés pour exercer une influence universellement ressentie non seulement dans les îles britanniques mais aussi sur le Continent européen [... Nous voyons ici que l'influence de l'Asie Mineure et de l'Égypte est venue de la Gaule vers l'Église celtique primitive de Grande-Bretagne en deux courants qui se sont finalement rencontrés et ont fusionné en un seul; le premier est venu de S. Martin à travers S. Ninian à Whithorn, Galloway, d'où, via saint Finian, c'est passé à Moville en Irlande, et de Moville via saint Columba à Iona vers les Celtes d''Écosse en 563 après Jésus-Christ. Le second est venu de Lérins et, par S. Martin à Tours et S. Patrick, il est passé en Irlande, où il a rejoint l'autre.


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extraits de:
Rev.John Stirton, B.D., F.S.A. (Scot.), Crathie


Celtic and Old English Saints          11 November
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* St. Cynfran of Wales
* St. Rhedius of Llanllyfni, Wales
* St. Martin of Tours
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https://www.mail-archive.com/celt-saints@yahoogroups.com/msg00352.html
emrys Wed, 11 Nov 2009 14:37:44 -0800

Returning to the contemporary British Church, we find that in the province of Valentia, which comprised that portion of North Britain situated between the walls of Antonine and Hadrian, there was born about the year 360, one whose personality, amid much that is vague and legendary, seems to stand out clear and distinct before the modern historic vision. This is Nynias or Ninian, who was the son of a Christian Celtic prince or chief. S. Ninian was baptized and educated a Christian. Filled with religious zeal, he resolved to visit the great city "whose ancient glory was still the pride of the world's dominant empire," and, circumstances being favourable to the accomplishment of his wish, he set out from his home and reached Rome in due course. Here he studied for some time, and in 397 he was consecrated as Bishop, and sent back to his native country. On his way he passed through Gaul, and turned aside for some time to the city of Tours on the Loire, where S. Martin, commonly known as "the soldier saint" and now in his eightieth year, presided over a monastery which he had founded on the Eastern model, the fame of which was known to S. Ninian. As the latter's sojourn with the aged S. Martin, to whom he is said to have been related, was destined to bear much fruit, and to have far-reaching consequences later in the Celtic Church, it will be well that we should pause here for a little, and endeavour to examine briefly the nature and general characteristics of the Church of ancient Gaul, many features of which were afterwards to be incorporated into that of the Celt [...] of this monasticism [the type obtaining in Gaul], S. Anthony, the Coptic Saint, was the founder. Anthony was an Egyptian of noble
birth, who was born in Corma, situated near the boundary between Lower and Upper Egypt, in 251 AD. He early became imbued with zeal for the ascetic life. At first he was a solitary or eremite, but later he advocated the coenobitic life. Later, this idea was merged in that of the monastery in which the brethren dwelt under one roof.

Pachomius, the successor to S. Anthony, brought the monks together under a prescribed rule and founded a monastery on the island of Tabennae in the Upper Nile, which had latterly no fewer than 7,000 members. The head of the monastery was the Abbas, a Syriac word which means father, and the community was regarded as his family. The fame and reputation for piety of this early establishment rapidly spread, and many similar communities sprang up in neighbouring countries.

This Egyptian system of monasticism in due course took firm root in Gaul, although not in Rome. S. Martin became impressed with it. In 360 he returned to Poitiers and was again with Hilary. He founded in the neighbourhood the Monastery of Liguge. In 371 he was appointed Bishop of Tours. As he was devoted to the life of a recluse he established the Monastery of Marmoutier-les-Tours on the banks of the Loire. It should be pointed out, however, that it was not entirely die to the name and fame of S. Anthony that S. Martin felt the desire to be associated with the ascetic life. Combined with this primary cause was another, resulting from his absorbing interest in the Montanist Colony which, years before his time, had fled from Asia to establish itself and its doctrines in Gaul. In him therefore two streams of Eastern asceticism converged; one from Egypt and the other from Asia Minor. [...] From the above evidence it is clear that S. Martin received his
inspiration from Lyons [also strongly influenced by Asia Minor], through Hilary and Symphorian, and from Egypt, rather than from Rome.

S. Martin was not alone in his enthusiasm for Egyptian monasticism. John Cassian - who had visited the Nile and its most celebrated monasteries, and who returned with glowing accounts of the success of the movement in Egypt; of the 5,00 monks on the mountains where S. Anthony had lived in his cell; of the 50,00 in the desert of Nitria; of the 50,000 who would assemble together to celebrate the Easter Communion; of the meagre diet, of the maceration of the flesh, of the devout piety - founded a monastery as Marseilles after the Egyptian model, and published two books: "De Institut Coenobiorum" and "Collationes Patrum," which greatly influenced the religious beliefs and practices in Gaul. The doctrine taught in this monastery was a semi-Pelagianism, as opposed to the orthodox Augustinianism of the Church of Rome. There were many others, like Cassian, who felt impelled, after visiting Egypt, to found similar retreats. There Egyptian customs and habits of thought were introduced on the islands which range themselves along the western coasts of the Mediterranean. "The sea was to these retreats," as the late Professor Story describes, "what the Nile or the desert was to their Egyptian prototypes; and the Egyptian model of the monastic life was faithfully reproduced in them." Just as Ephesus, Antioch, and Alexandria found their way to Gaul without making Rome a stage on the journey, so intercourse between Egypt and Gaul which, indeed, had been established for ages before the Christian
era, although hitherto purely social, commercial, and intellectual, now became also religious. When Jerome's eulogies of monasticism were so angrily resented by Roman society that he saw it was best for him to retire to Bethlehem with Paula and Eustochium, "the asceticism of the Nile was already winning its way among hundreds of devotees in Liguria [extreme south-western part of Northern Italy} and Gallia Narbonensis [southeastern coast of modern day France]."

Another of the notable communities in Gaul was that of the island of Lerins, founded by S. Honorat. This became a centre from which emanated monastic forces which quickly spread throughout the whole of the west of Europe. It was S. Vincent, the great and leaned doctor in this monastery, who gave the well known definition of the true creed - "Quod semper, quod ubique, quod ab omnibus creditumi sit."

The seven chapels of this monastery may still be traced among the ruins, and forcibly remind us of the seven churches at Glendalough in Ireland, both groups being symbolic of the historic seven of Asia in the Apocalypse.

To this monastery came S. Patrick of Ireland, after escaping from the chieftain, on the Antrim coast, who had held him in bondage. he here studied the culture and asceticism which had been transplanted from the East. In his "Confession" he does not speak of having received his authority from Rome, and his whole life and teaching prove the reverse. Like S. Ninian, he also visited S. Martin, who was his uncle, at Tours, and there he gathered further insight into the work of the monastery.

Here then we have reached a highly interesting stage in our historical progression. These two Christian leaders - S. Ninian, carrying from S. Martin at Tours the enthusiasm for monasticism and culture of the East, and later, S. Patrick, likewise imbued with monastic zeal which he had acquired both at Lerins and Tours - returned to their respective countries, Scotland and Ireland, and founded religious settlements which, before many years should elapse, were calculated to wield an influence universally felt not only in the British Isles but on the Continent of Europe [...] We this see that the influence of Asia Minor and of Egypt came to the early Celtic Church in Britain from Gaul in two streams which eventually met and merged into one; the first came from S. Martin through S. Ninian to Whithorn, in Galloway, whence, through S. Finian it passed to Moville in Ireland and from Moville through S. Columba to Iona and the Celts of Scotland in 563 AD. the second originated in Lerins and through S. Martin at Tours and S. Patrick it passed to Ireland, where it joined the other.

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extracts from:
"The Celtic Church and the Influence of the East"
Rev.John Stirton, B.D., F.S.A. (Scot.), Crathie