"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

17 juin 2020

Sagesse : Testament légendaire de saint Seraphim de Sarov



Ce n'est certes pas de saint Séraphim, mais c'est une sagesse séculaire. Et il donnait des conseils de sagesse de toujours. On ne prête qu'aux riches :-)

Un magnifique "Testament" légendaire du saint staretz de Sarov circule sur Internet :
Bois l'eau de la source où boit le cheval. Un cheval ne boira jamais de la mauvaise eau.
Fais ton lit là où dort le chat.
Mange le fruit qui a été atteint par un ver.
Cueille librement les champignons sur lesquels les insectes se posent.
Plante ton arbre là où la taupe creuse.
Construis ta maison à l'endroit où le serpent se chauffe au soleil.
Creuse ton puits là où les oiseaux construisent leur nid par temps chaud.
Dors et réveille-toi avec les poules et tu récolteras le grain d'or du jour.
Mange plus de légumes verts, et tu auras des jambes fortes et un cœur endurant.
Nage plus souvent et tu te sentiras sur terre comme un poisson dans l'eau.
Regarde le ciel plus souvent et non pas tes pieds, et tes pensées seront claires et légères.
Tais-toi plus souvent, parle moins, et le silence régnera dans ton âme, et ton esprit sera calme et paisible".
Que Dieu nous aide toujours ressembler à tout cela.
Préparé par Maria Saradzhishvili





A beautiful legendary “Testament” of the holy elder of Sarov is circulating on the internet:
http://orthochristian.com/100142.html

Drink water from the spring where the horse drinks. A horse will never drink bad water.
Make your bed where the cat sleeps.
Eat the fruit that was touched by the worm.
Freely pick the mushrooms on which the insects sit.
Plant your tree where the mole digs.
Build your house where the snake suns itself.
Dig your well where the birds build their nests in hot weather.
Go to sleep and wake up with the chickens and you will reap the golden grain of the day.
Eat more green vegetables, and you will have strong legs and an enduring heart.
Swim more often and you will feel on land like a fish in the water.
Look at the skies more often and not at your feet, and your thoughts will be clear and light.
Keep silent more often, speak less, and silence will reign in your soul, and your spirit will be calm and peaceful.”
May God always help us be so like-minded.
Prepared by Maria Saradzhishvili


16 juin 2020

Redevenez des enfants et vivez enfin! (staretz Thadée)

"Il ne peut pas s'éloigner de nous, car Il est la vie. Tout ce qu'Il est, c'est l'amour. Oh, si nous, les hommes, pouvions avoir le même amour envers Lui, et nous approcher de Lui comme notre seul véritable ami ! Hélas, ce n'est pas ainsi que nous nous présentons devant Lui. Au contraire, nous sommes réservés, nous nous approchons de Lui avec trop de manières. Quand nous prions, et quand nous faisons quelque chose de bien, nous sommes tout à fait coincés. ... Lui, à son tour, veut que nous soyons naturels. Quand Il est venu habiter parmi nous, Il nous a montré la façon de vivre : simplement, humblement et avec douceur. Nous devons nous approcher de Lui comme Il nous a créés - en tant qu'enfants innocents.
Staretz Thaddée de Vitovnitsa





“He cannot move away from us, for He is life. All of Him is love. Oh, if we men could have the same love toward Him, and approach Him as our only true friend! Alas, that is not how we come before Him. Instead, we are reserved, we approach Him with formality. When we pray, and when we do something good, we are altogether very formal. … He, in turn, wants us to be natural. When He came to dwell among us, He showed us the way to live: simply, humbly and meekly. We should approach Him just as He created us — as innocent children.”
Elder Thaddeus of Serbia
Spiritual Fragrance Publishing

15 juin 2020

Contre le poison de la vie moderne, éduquez bien vos enfants (s. Ambroise)

"Il suffira que vous preniez soin d'instruire vos enfants dans la crainte de Dieu, de leur inculquer une compréhension orthodoxe, et en leur apprenant à être fidèles, vous les protégerez des raisonnements étrangers aux enseignements de l'Église Orthodoxe. Le bien que vous semez dans le cœur de vos enfants pendant leur jeunesse fleurira dans leur cœur lorsqu'ils atteindront leur pleine maturité, après avoir enduré les épreuves amères de l'école et de la vie contemporaine, qui brisent souvent les branches d'une bonne éducation chrétienne à la maison."
Saint Ambroise d'Optina






“It will be enough if you take care to instruct your children in the fear of God, instill them with an Orthodox understanding, and by teaching them to be faithful, you protect them from reasoning that is foreign to the teachings of the Orthodox Church. The good that you sow in the hearts of your children while they are young will blossom forth in their hearts when they come to full maturity, after enduring the bitter trials of school and contemporary life, which often break off the branches of a good Christian upbringing at home.”
– St. Ambrose
Spiritual Fragrance Publishing

14 juin 2020

L'Église prisonnière de sa vision ethnique qui chasse sa jeunesse (p. Tryphon)

Les bastions d'héritage ethnique - le problème de la "pureté ethnique" dans la vie de l'Église

Nous, les chrétiens orthodoxes, sommes coupables d'abandonner notre mission, ordonnée par le Christ, qui est de faire des disciples de chaque nation, et nous le sommes en donnant de l'importance à la préservation des particularités des groupes ethniques (Russes, Grecs, Arabes, Serbes), souvent au détriment de l'accueil de notre prochain non-Orthodoxe. Bien que nous puissions prétendre que nos portes sont grandes ouvertes, nous ne faisons souvent aucun effort pour les ouvrir avec un sourire accueillant, invitant les autres à "goûter et voir". Nous craignons l'afflux de gens d'autres races & cultures, de peur qu'ils ne changent la paroisse, en prenant en quelque sorte la relève.

Je comprends personnellement cette mentalité, car j'ai grandi à une époque où les luthériens étaient divisés de la même manière. Dans ma ville natale, il y avait des églises luthériennes suédoises, norvégiennes, allemandes, danoises et finlandaises. Elles n'ont jamais interagi entre elles, ni partagé de offices communs. Si vous n'étiez pas membre d'un de ces groupes ethniques traditionnels, vous aviez du mal à trouver une église où vous pourriez comprendre le sermon ou chanter les hymnes. Les luthériens ont fini par adopter l'anglais comme langue de culte et les divisions ethniques entre leurs églises ont disparu.

Le problème de la pureté ethnique au sein de la vie paroissiale se répercute dans la perte complète de notre jeunesse. Lorsque les jeunes commencent à courtiser, il est peu probable qu'ils choisissent quelqu'un de la paroisse, car la plupart des relations sociales se déroulent au sein de leurs lycées ou collèges. Amener un petit ami, ou une petite amie, pour une Liturgie dominicale, où l'Office (et parfois l'homélie) est dans une langue qui n'est souvent même pas comprise par le jeune chrétien orthodoxe, peut donner au visiteur le sentiment d'être un étranger. Si le russe ou le grec sont parlés à la table (trapeza) de partage, une nouvelle visite est très peu probable.

Dans un pays où de récents sondages ont révélé que 95 % des jeunes ne restent pas dans leur église une fois qu'ils ont quitté la maison de leurs parents, nous, les orthodoxes, avons un bilan encore plus médiocre. Une juridiction a même fait état d'un taux de conservation des jeunes à l'âge adulte étonnamment bas de 2,5 %. Cela se traduit par la disparition éventuelle de paroisses entières.

De nombreuses confessions protestantes ont déjà pris conscience du fait que les "programmes pour la jeunesse" ne fonctionnent pas. Les jeunes, dont l'expérience ecclésiastique a été acquise dans le cadre de tels programmes, ne restent pas une fois qu'ils sont lancés dans la vie adulte. Un ami prêtre grec m'a dit que la même chose avait été vécue dans de nombreuses paroisses grecques, où les groupes de danse ethnique et les cours de langue grecque n'ont finalement pas réussi à garder leurs jeunes à l'église.

La Foi, si elle doit devenir une partie permanente de la vie d'une personne, doit prendre racine dans le cœur, devenir une partie intégrante de toute l'expérience d'une personne, et être intégrée dans la vie quotidienne. Nous ne devons pas permettre que notre Foi chrétienne orthodoxe soit cloisonnée dans la vie de nos enfants, mais qu'elle fasse partie d'un tout intégré. Il ne peut y avoir un moi russe, grec ou arabe le dimanche, le moi américain étant relégué aux jours de la semaine. Tant que nous continuerons à traiter nos paroisses comme des musées de conservation et des bastions d'héritage ethnique, nous perdrons notre jeunesse.

Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon
www.vashonmonks.com






Bastions of Ethnic Heritage
The problem of ethnic purity in the life of the Church
We Orthodox Christians, as a whole, are guilty of abandoning our Christ directed mission of making disciples of every nation by preserving the needs of ethic groups (Russians, Greeks, Arabs, Serbs), often at the expense of welcoming our non-Orthodox neighbors. Although we can lay claim to having our doors wide open, we often make no effort whatsoever to actually reach out with a welcoming smile, inviting others to "taste and see". We fear the influx of non-ethnics, lest they change the parish, taking over as it were.
I personally understand this mentality, for I grew up in a time when Lutherans were divided in much the same way. My home town had Swedish, Norwegian, German, Danish, and Finish, Lutheran churches. Never did they interact with one another, nor share joint services. If you were not a member of one of these traditional ethnic groups, you would be hard pressed to find a church where you'd be able to understand the sermon, or sing the hymns. The Lutherans eventually adopted English as the language of their worship, and the ethnic divisions between their churches disappeared.
The problem of ethnic purity within parish life can be found in the drastic loss of our youth. When young people start dating, they are unlikely to choose someone from within the parish, since most of the social networking takes place within their high schools or colleges. Bringing a boyfriend, or a girlfriend, for a Sunday Liturgy, where the service (and sometimes homily) are in a language that is often not even understood by the young Orthodox Christian, can leave the visitor feeling like an alien. If Russian or Greek are spoken in trapeza, a return visit is highly unlikely.
In a nation where recent polls have found that ninety-five percent of youth do not remain in their churches once they've left their parents home, we Orthodox have an even poorer record. One jurisdiction has even reported a retention of their youth into adulthood at an astonishingly low two and a half percent. This translates into the eventual disappearance of whole parishes.
Many protestant denominations have already awakened to the fact that "youth programs" do not work. Young people, whose church experience has been within such programs, do not stay once out on their own. A Greek priest friend told me the same has been experienced within many Greek parishes, where Ethnic dance groups and Greek language classes have ultimately failed to keep their youth in church.
Faith, if it is to become a permanent part of a person's life, must take root in the heart, becoming an integral part of one's whole experience, and integrated into everyday life. We must not allow our Orthodox Christian faith to be compartmentalized in the lives of our children, but to become part of an integrated whole. There can not be a Russian, Greek, or Arab self on Sundays, with the American self relegated to the weekdays. As long as we continue to treat our parishes as preservation societies, and bastions of ethnic heritage, we will lose our youth.
With love in Christ,
Abbot Tryphon