"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes.
Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
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04 février 2016
Saint Modan, abbé de Stirling, Falkirk & Maelros (6ème s.)
Né vers 522, Modan était un fils de chef Scot - ce qui peut signifier autant l'Irlande que l'Écosse. Modan est ainsi appelé, nous rapporte le bréviaire d'Aberdeen, parce qu'il conçut de bonne heure de l'aversion pour les manières du monde (modos odiens vanos). Il était encore bien jeune quand il se retira au monastère de Dryburgh, près Maelros (Melrose), en Écosse.
Considérant comme grands moyens de perfection la prière, l'union intime avec Dieu, la contemplation, il y consacrait toutes les heures du jour dans l'humilité et l'obéissance. Elu abbé contre son gré, il se montra ferme à maintenir tous les points de la discipline monastique, mais sut tempérer sa direction par une grande charité, un calme et une douceur inaltérables. Il évangélisa la vallée de la Forth, Stirling et principalement Falkirk. Il interrompait fréquement ses oeuvres missionnaires pour se retirer dans des montagnes hautes et rocheuses de Dumbarton, où il passait habituellement 30 à 40 jours en prière. Il est mort à Alcluid (appelé par la suite Dunbritton, à présent Dumbarton), où il est vénéré.
A partir de sa petite cellule monastique fut fondée une chapelle, qui se développa en église, qui sera appelée "egglesbreth", "église tachetée" en picte, qui donnera Faw Kirk en scot, d'où vient le nom de la ville, Falkirk. L'église que l'on y trouve a subit maintes reconstructions et transformations au fil des siècles, et ne subsiste plus rien du batiment celtique orthodoxe original.
Bibliographie - Acta sanctorum 4 févr. Challoner, Britannia sancta, t.1, p. 107. A. Forber et M. Barrett, A calendar of Scottish saints, p. 20. Frederick C. Husenbeth, Emblems of saints.
29 janvier 2016
Saint Walloch, évêque-missionnaire dans le Firth (Scottie)
source photo
Saint Voloc d'Ecosse, évêque (Walloch)
Mort vers 724. Saint Voloc était un évêque missionnaire "Scot" (donc Irlandais ou Écossais) qui oeuvra en Écosse.
La partie la plus haute de la vallée du Don a été habitée depuis l'Age du Bronze, vers l'ouest jusqu'à Corgarff. Plus bas, affluent du Don, les eaux du Buchat ont créé une gorge belle et fertile jusqu'au nord de l'ancienne montagne sainte de Strathdon - Ben Newe.
Saint Walloch fut un missionnaire Celtique dont l'église principale était à Logie-in-Mar au milieu des principales implantations Pictes qui devaient être connues sous le nom de Cro-mar. Loin vers le nord de Glenbuchat nous entr'apercevons la présence de l'Église Celtique à Kilvalauche, quelque part dans la forêt de Badeneoin (NJ 333190), qui est mentionnée sur une charte de 1507 (1). Ce nom pourrait difficilement signifier autre chose que l'église de saint Walloch. Du même document nous apprenons que Culbalauche, la retraite de saint Walloch, se trouvait dans le voisinage. Avant 1473, la chapelle de Glenbuchat était une dépendance de Logie-Mar, le lien avec saint Walloch se trouvant ainsi confirmé par l'argument le plus solide en sa faveur. Incidemment, on obtient aussi une confirmation par un document (2) qui dit que saint Walloch, en plus de ses autres fondations ecclésiales à Dunmeth (Glass) et à Balvenie, avait une église à Strathdon.
Nous n'avons aucune indication précise sur la période missionnaire de saint Walloch. Le Bréviaire d'Aberdeen le place au 5ième siècle, alors que Camerarius indique sa mort en 733. Le Bréviaire donne un intéressant récit du mode de vie de saint Walloch, couplé à un tableau peu flatteur des gens qu'il tentait de convertir :
"Il préféra une pauvre petite maison, faite d'assemblage de roseaux et de claies, plutôt qu'un palais royal. En cela il mena une vie de pauvreté et d'humilité, méprisant en tout les dignités de ce monde, afin de pouvoir atteindre une plus grande récompense au Ciel. Mais le peuple qu'il avait choisit de convertir à la Foi en Christ - et il y parvint par ses prédications et exhortations -, nul n'hésiterait à le décrire comme brutal, indocile, indécent dans ses manières et sans vertu, incapable d'écouter facilement la parole de vérité, et dont la conversation relevait plus de celle de brutes que de celle d'êtres humains."
Saint Walloch aurait été un des derniers missionnaires à avoir été envoyés vers le nord-est depuis le centre de saint Ninian à Whithorn (Candida Cassa). Bien qu'il y était familièrement appelé "Walloch l'étranger", on ignore son origine et sa nationalité. A la porte de sa fondation à Logie-in-Mar, juste hors du cimetière, on trouve un monolithe de 5 pieds 6 pouces de haut, appelé "Walloch's Stone". La "Fête de Walloch", "Walloch's Fair", était populaire dans tout le district et se déroulait le jour de sa fête, le 29 janvier.
Une source (3) nous rapporte une histoire différente, disant que le saint dont on retrouve le nom corrompu en Wolok, latinisé Volocus, serait Faelchu, 13ième abbé d'Hy (Iona) de 716 à 724. Il était de la race de Conall Gulban, l'ancêtre de la célèbre lignée de Cenel Conaill et de plusieurs saints d'Irlande, dont saint Columba lui-même. Né en 664, Faelchu avait 73 ans quand, le samedi 29 août il fut appelé à la chaire occupée autrefois par saint Columba. Il est vrai que l'on pense que Fedlimid, 14ième abbé d'Hy (722-?) fut assistant abbé, nommé pour prendre soin des affaires du fait du grand âge de Faelchu.
Walla Kirk (église de Walloch), comme on appelait l'église de Dunmeth-in-Glass se trouvait sur un endroit perdu des rives du Deveron, mais à présent on n'en trouve plus que quelques monticules. Des superstitions y courraient, même après la Déforme, car en 1648 les ministres de Strathbogie "ordonnent de censurer toutes les superstitions à Wallak Kirk". A cent yards à l'est de l'église coulait autrefois une Source Saint Wallach. On y trouve une pierre avec un trou dedans, dans lequel les gens enfonçaient des épingles pour demander la santé au saint. Du fait de l'extension de l'agriculture, la source a été détournée, et l'eau jaillit plus loin en bas sur la rive, la pierre restant là en vain. Dans le voisinage du cimetière, où une passerelle franchit le Deveron, on trouve Wallach Pot, un bassin dans la rivière qui ferait 14 pieds de profondeur. Un quart de miles plus loin au bord de la rivière on trouve une longue trouée dans le rocher, appelé Saint Wallach's Bath. Les enfants malades y étaient plongés dans l'eau. On jetait aussi des morceaux de leurs vêtements et des pièces de monnaie dans le bain comme offrande. S'il y a quoique ce soit de vrai dans la tradition qui présente l'ermitage de Saint Wallach sur un proche monticule, alors il a dû arriver ici nombre d'années avant son abbatiat à Hy.
1. Registrum Magni Sigilli, 1424-1513, No. 3159.
2. David Camerarius, De Scotorum Fortitudine (1631) p.94
3. Mackinlay, Ancient Church Dedications in Scotland, (1914) p. 143
voir aussi:
http://www.cushnieent.force9.co.uk/CelticEra/Saints/saints_walloch.htm
Abirlot Stone, pierre dressée et sculptée de croix pictes, dans l'Angus (nord de l'Écosse). Abirlot vient du gaélique "Obar Eilid", bouche d'Eliot, car c'était le territoire du Clan Eliot. Elle est mieux conservée que la pierre du cimetière de Wallac Kirk, présentée plus haut. Quantité de pareilles pierres "crossées" se trouvent en Écosse, Ile de Man, etc - certaines possèdent encore des restants de couleurs.
12 juin 2014
L'Autel dans le Rite Orthodoxe Occidental (hiéromoine Michael)
Saint Bede le Vénérable nous rapporte que saint Benoît Biscop, abbé de Wearmouth, "apporta avec lui des images de saintes représentations, afin d'orner l'église de Saint Pierre qu'il avait construite; à savoir une représentation de la Vierge Marie et des 12 Apôtres, dont il comptait orner la nef centrale, sur des panneaux placés d'un mur à l'autre; et aussi des personnages de l'histoire ecclésiastique sur le mur sud, et d'autres représentant l'Apocalypse de saint Jean sur le mur nord. De sorte que quiconque entrant dans l'église, même sans savoir lire, où qu'il porte son regard, verrait la belle apparence du Christ et de Ses saints, comme si ils étaient là mais en image, et que les esprits alertes puissent méditer sur les bénéfices de l'Incarnation de notre Seigneur, et ayant devant leurs yeux les périls du Jugement Dernier, puissent examiner leurs coeurs d'une manière plus stricte à cet égard."
Ce récit parle donc des icônes et du jubé en Angleterre vers 620. Nous savons cependant que l'Église Celtique avait de l'iconographie depuis plus tôt que cela.
Bien sûr, il ne reste presque plus rien de cette époque à l'heure actuelle - soit qu'on a construit par dessus, soit qu'on a réutilisé pour construire du neuf à bien des reprises depuis 1400 ans. Cependant, il subsiste quelques exemples dans l'architecture.
Nous savons par exemple que les Autels étaient entièrement dépourvus d'ornements. Il n'y avait rien d'autre que le Calice, la Patène et le Livre d'Autel qui étaient permis sur l'Autel. Les cierges se trouvaient à côté, par terre - ou fixés à des proches murs. Une croix pouvait se trouver au dessus sur le mur ou un rebord. Les exemples plus tardifs ci-dessous n'ont bien sûr plus les icônes ni le jubé décrits ci-avant par saint Bede - mais au moins nous avons une idée valable de l'environnement pour la Liturgie de Saint Jean le Théologien (ndt : liturgie gallicane / celtique / Stowe Missal).
Nous avons notre héritage - notre héritage Orthodoxe gravé dans la pierre et marqué dans les livres, prêt pour notre utilisation.
Hiéromoine Michael (Wood)
Benedict Biscop, Abbot of Wearmouth according to Saint Bede "brought with him pictures of sacred representations, to adorn the church of St. Peter, which he had built; namely, a likeness of the Virgin Mary and of the twelve Apostles, with which he intended to adorn the central nave, on boarding placed from one wall to the other; also some figures from ecclesiastical history for the south wall, and others from the Revelation of St. John for the north wall; so that every one who entered the church, even if they could not read, wherever they turned their eyes, might have before them the amiable countenance of Christ and his saints, though it were but in a picture, and with watchful minds might revolve on the benefits of our Lord's incarnation, and having before their eyes the perils of the last judgement, might examine their hearts the more strictly on that account."
That account is of icons and Rood Beam in England around AD620. We know however that the Celtic Church had iconography much earlier.
Of course, little or nothing of that age is left today - mostly having been built over or re-built many times in the intervening 1,400 years. Nevertheless, there are some examples today of the architecture.
We know for instance that the Altars were entirely without ornaments. Nothing other than the Chalice, Paten, Book were permitted on the Altar. Candles stood beside it on the floor - or were fixed to the walls nearby. A cross could be above on the wall or ledge. The (later) examples below of course lack the icons and Rood described above by Saint Bede - but at least we have a fair idea of the setting of the Liturgy of Saint John the Divine referred to in the post below.
We have our heritage - our Orthodox heritage in stone and book ready for our use.
P. Michael
Ce récit parle donc des icônes et du jubé en Angleterre vers 620. Nous savons cependant que l'Église Celtique avait de l'iconographie depuis plus tôt que cela.
Bien sûr, il ne reste presque plus rien de cette époque à l'heure actuelle - soit qu'on a construit par dessus, soit qu'on a réutilisé pour construire du neuf à bien des reprises depuis 1400 ans. Cependant, il subsiste quelques exemples dans l'architecture.
Nous savons par exemple que les Autels étaient entièrement dépourvus d'ornements. Il n'y avait rien d'autre que le Calice, la Patène et le Livre d'Autel qui étaient permis sur l'Autel. Les cierges se trouvaient à côté, par terre - ou fixés à des proches murs. Une croix pouvait se trouver au dessus sur le mur ou un rebord. Les exemples plus tardifs ci-dessous n'ont bien sûr plus les icônes ni le jubé décrits ci-avant par saint Bede - mais au moins nous avons une idée valable de l'environnement pour la Liturgie de Saint Jean le Théologien (ndt : liturgie gallicane / celtique / Stowe Missal).
Nous avons notre héritage - notre héritage Orthodoxe gravé dans la pierre et marqué dans les livres, prêt pour notre utilisation.
Hiéromoine Michael (Wood)
Benedict Biscop, Abbot of Wearmouth according to Saint Bede "brought with him pictures of sacred representations, to adorn the church of St. Peter, which he had built; namely, a likeness of the Virgin Mary and of the twelve Apostles, with which he intended to adorn the central nave, on boarding placed from one wall to the other; also some figures from ecclesiastical history for the south wall, and others from the Revelation of St. John for the north wall; so that every one who entered the church, even if they could not read, wherever they turned their eyes, might have before them the amiable countenance of Christ and his saints, though it were but in a picture, and with watchful minds might revolve on the benefits of our Lord's incarnation, and having before their eyes the perils of the last judgement, might examine their hearts the more strictly on that account."
That account is of icons and Rood Beam in England around AD620. We know however that the Celtic Church had iconography much earlier.
Of course, little or nothing of that age is left today - mostly having been built over or re-built many times in the intervening 1,400 years. Nevertheless, there are some examples today of the architecture.
We know for instance that the Altars were entirely without ornaments. Nothing other than the Chalice, Paten, Book were permitted on the Altar. Candles stood beside it on the floor - or were fixed to the walls nearby. A cross could be above on the wall or ledge. The (later) examples below of course lack the icons and Rood described above by Saint Bede - but at least we have a fair idea of the setting of the Liturgy of Saint John the Divine referred to in the post below.
We have our heritage - our Orthodox heritage in stone and book ready for our use.
P. Michael
27 décembre 2012
Homélie celtique sur le martyre, 8ème siècle (en la fête de saint Étienne)
1. A. TARDIF, Fragment d'homélie en langue celtique, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes. 1852, p. 193-202.
Un fragment d'homélie en langue celtique a été trouvé, il y a un demi-siècle, dans un manuscrit de la bibliothèque de Cambrai (n° 619), provenant de la spoliation de la bibliothèque capitulaire de cette ville à la fin du XVIIIe siècle. Ce texte remonterait, paraît-il, au VIIIe siècle, peut-être même un peu plus haut. En voici la traduction:
Au nom du Dieu très haut. Si quelqu'un veut me suivre, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix et vienne. Ce sont les paroles que notre Seigneur Jésus-Christ adresse à chacun de nous, pour nous inviter à renoncer au vice et au péché, à nous enrichir de vertus, à porter la croix pour l'amour de lui, tandis que notre âme est unie à notre corps; enfin à suivre par nos bonnes actions les traces de notre divin Maître. Jésus-Christ dit en effet.: Si quelqu'un veut Me suivre, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix et qu'il vienne. Or nous ne Le suivons pas, si nous refusons d'obéir à ce précepte, si nous ne veillons pas sur nos passions, si nous ne résistons pas aux tentations. Nous prenons au contraire notre croix, quand nous acceptons les condamnations, les afflictions, le martyre pour l'amour du Christ. Comme le dit un sage : Le mot croix s'applique à ce qui nous fait souffrir ; nous avons deux manières de porter la croix du Seigneur, soit par la mortification corporelle, soit par la compassion à l'égard du prochain dont les besoins deviennent nôtres.
Celui qui ressent le mal d'autrui porte la croix intérieure. Et l'Apôtre dit aussi : Pleurez avec ceux qui pleurent, réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent : si un membre souffre, que tous les membres s'associent à cette souffrance. Lorsqu'on éprouve une douleur dans une partie du corps, qu'elle ait son siège au bras ou aux doigts, le corps tout entier souffre de cette douleur. C'est ainsi que nous devons agir : chacun des membres du grand corps humain doit prendre part aux douleurs, aux peines qui affligent son voisin, comme le dit l'Apôtre : "Quis scandalizatur et ego non uror" ? "Ne suis-je pas comme dans le feu, lorsque quelqu'un est scandalisé" ? (2 Co 11,29) Ces paroles que prononce le saint apôtre dans l'élan de sa charité reviennent à dire que je souffre des souffrances des autres, je m'afflige de leurs afflictions, je me fatigue de leurs fatigues. C'est ainsi que chaque homme doit compatir dans son coeur à toutes les maladies, à toutes les privations, à tous les labeurs de ses frères. Le sage dont nous avons rapporté la parole nous apprend aussi que toute affliction qui rentre dans l'un des trois genres de martyre peut être regardée comme une croix, que ce soit le martyre blanc, le martyre gris ou le martyre rouge. On souffre le martyre blanc quand on renonce pour l'amour de Dieu à ce que l'on aime, quoiqu'on doive endurer des privations de la pauvreté. On souffre le martyre gris quand on renonce à ses passions pour se repentir et faire pénitence. Le martyre rouge consiste à souffrir les supplices et la mort pour l'amour du Christ, comme les Apôtres qui voulaient à la fois déraciner le vice et promulguer la Loi de Dieu, de sorte qu'ils souffrirent ces trois genres de martyre. Se repentir sincèrement de ses fautes; renoncer à ses passions; supporter les tourments, les afflictions, les fatigues pour l'amour du Christ, voilà ce que comprennent les trois genres de martyre, tous précieux devant Dieu, Qui nous récompensera si nous avons su les souffrir. Chasteté dans la jeunesse, modération dans l'abondance.
in : "Les Martyrs", p.354, vol 4
Recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les origines du christianisme jusqu'au XX° siècle
Traduites et publiées par le R. P. Dom H. LECLERCQ
Moine bénédictin de Saint-Michel de Farnborough de 1903 à 1924
source (page disparue) : http://www.amdg.be/martyrs1.html
Un fragment d'homélie en langue celtique a été trouvé, il y a un demi-siècle, dans un manuscrit de la bibliothèque de Cambrai (n° 619), provenant de la spoliation de la bibliothèque capitulaire de cette ville à la fin du XVIIIe siècle. Ce texte remonterait, paraît-il, au VIIIe siècle, peut-être même un peu plus haut. En voici la traduction:
Au nom du Dieu très haut. Si quelqu'un veut me suivre, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix et vienne. Ce sont les paroles que notre Seigneur Jésus-Christ adresse à chacun de nous, pour nous inviter à renoncer au vice et au péché, à nous enrichir de vertus, à porter la croix pour l'amour de lui, tandis que notre âme est unie à notre corps; enfin à suivre par nos bonnes actions les traces de notre divin Maître. Jésus-Christ dit en effet.: Si quelqu'un veut Me suivre, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix et qu'il vienne. Or nous ne Le suivons pas, si nous refusons d'obéir à ce précepte, si nous ne veillons pas sur nos passions, si nous ne résistons pas aux tentations. Nous prenons au contraire notre croix, quand nous acceptons les condamnations, les afflictions, le martyre pour l'amour du Christ. Comme le dit un sage : Le mot croix s'applique à ce qui nous fait souffrir ; nous avons deux manières de porter la croix du Seigneur, soit par la mortification corporelle, soit par la compassion à l'égard du prochain dont les besoins deviennent nôtres.
Celui qui ressent le mal d'autrui porte la croix intérieure. Et l'Apôtre dit aussi : Pleurez avec ceux qui pleurent, réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent : si un membre souffre, que tous les membres s'associent à cette souffrance. Lorsqu'on éprouve une douleur dans une partie du corps, qu'elle ait son siège au bras ou aux doigts, le corps tout entier souffre de cette douleur. C'est ainsi que nous devons agir : chacun des membres du grand corps humain doit prendre part aux douleurs, aux peines qui affligent son voisin, comme le dit l'Apôtre : "Quis scandalizatur et ego non uror" ? "Ne suis-je pas comme dans le feu, lorsque quelqu'un est scandalisé" ? (2 Co 11,29) Ces paroles que prononce le saint apôtre dans l'élan de sa charité reviennent à dire que je souffre des souffrances des autres, je m'afflige de leurs afflictions, je me fatigue de leurs fatigues. C'est ainsi que chaque homme doit compatir dans son coeur à toutes les maladies, à toutes les privations, à tous les labeurs de ses frères. Le sage dont nous avons rapporté la parole nous apprend aussi que toute affliction qui rentre dans l'un des trois genres de martyre peut être regardée comme une croix, que ce soit le martyre blanc, le martyre gris ou le martyre rouge. On souffre le martyre blanc quand on renonce pour l'amour de Dieu à ce que l'on aime, quoiqu'on doive endurer des privations de la pauvreté. On souffre le martyre gris quand on renonce à ses passions pour se repentir et faire pénitence. Le martyre rouge consiste à souffrir les supplices et la mort pour l'amour du Christ, comme les Apôtres qui voulaient à la fois déraciner le vice et promulguer la Loi de Dieu, de sorte qu'ils souffrirent ces trois genres de martyre. Se repentir sincèrement de ses fautes; renoncer à ses passions; supporter les tourments, les afflictions, les fatigues pour l'amour du Christ, voilà ce que comprennent les trois genres de martyre, tous précieux devant Dieu, Qui nous récompensera si nous avons su les souffrir. Chasteté dans la jeunesse, modération dans l'abondance.
in : "Les Martyrs", p.354, vol 4
Recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les origines du christianisme jusqu'au XX° siècle
Traduites et publiées par le R. P. Dom H. LECLERCQ
Moine bénédictin de Saint-Michel de Farnborough de 1903 à 1924
source (page disparue) : http://www.amdg.be/martyrs1.html
03 août 2011
pèlerinage à Saint Feuillen de Fosses-la-Ville (3/9/2011)
Samedi 3 septembre 2011 - 11 h.
Pèlerinage à saint FEUILLIEN
En la Collégiale de Fosses la ville (province de Namur)
10 h.30 : Accueil à la collégiale Saint Feuillien
Place du chapitre
11h.00 : Moleben et Acathiste (Office d’intercession)
Vénération des Reliques
Pique–nique Salle Saint Martin - place du Chapitre 9.
14h.30 : Visite de la Collégiale saint Feuillien.
Organisé conjointement par "La Fraternité Orthodoxe - Tous les Saints de Belgique - Bruxelles" et "La Fraternité Archevêque Jean - Diaconie du monastère orthodoxe de la Mère de Dieu Consolatrice des affligés - Pervijze"
Modalités pratiques
Inscription et renseignements
Fraternité Orthodoxe - Tous les Saints de Belgique.
66 av. Charles Thielemans, 1150 Bruxelles
Soeur Elisabeth : 02 /762 72 70
Courriel : soeur.elisabeth@skynet.be
Jean Luc Duyk : 071 / 59 09 46
Courriel : jlduyk@gmail.com
Fraternité Archevêque Jean,
Roesdammestraat, 5 B-8630 Veurne :
Adresse mail : bedevaart@orthodox.be
Tél: Hendrik Blomme : 058 / 23 23 45
Villes ou villages limitrophes de Fosses-la ville : Sambreville, Floreffe, Mettet. A 14 km de Namur – 18 km de Charleroi – 55 km de Bruxelles -101 km de Gand – 68km de Liège.
Par train et bus (express). Départ à la gare de Namur toutes les heures: Bus 56.8h52 ; 9h.52.
- Si vous voulez éventuellement une place dans une voiture, contactez un des responsables.
- Si vous avez une place dans votre voiture signalez-le-nous.
Afin d’organiser la journée et la visite de la collégiale la confirmation de votre inscription est souhaitable.
Participation aux frais (Livret + intendance + visite guidée) : 10,00 Euros
A verser uniquement sur le compte :
Fraternité Orthodoxe : BE 87 068 2172964 94 – BIC GKCCBEBB
Pèlerinage à saint FEUILLIEN
En la Collégiale de Fosses la ville (province de Namur)
10 h.30 : Accueil à la collégiale Saint Feuillien
Place du chapitre
11h.00 : Moleben et Acathiste (Office d’intercession)
Vénération des Reliques
Pique–nique Salle Saint Martin - place du Chapitre 9.
14h.30 : Visite de la Collégiale saint Feuillien.
Organisé conjointement par "La Fraternité Orthodoxe - Tous les Saints de Belgique - Bruxelles" et "La Fraternité Archevêque Jean - Diaconie du monastère orthodoxe de la Mère de Dieu Consolatrice des affligés - Pervijze"
Modalités pratiques
Inscription et renseignements
Fraternité Orthodoxe - Tous les Saints de Belgique.
66 av. Charles Thielemans, 1150 Bruxelles
Soeur Elisabeth : 02 /762 72 70
Courriel : soeur.elisabeth@skynet.be
Jean Luc Duyk : 071 / 59 09 46
Courriel : jlduyk@gmail.com
Fraternité Archevêque Jean,
Roesdammestraat, 5 B-8630 Veurne :
Adresse mail : bedevaart@orthodox.be
Tél: Hendrik Blomme : 058 / 23 23 45
Villes ou villages limitrophes de Fosses-la ville : Sambreville, Floreffe, Mettet. A 14 km de Namur – 18 km de Charleroi – 55 km de Bruxelles -101 km de Gand – 68km de Liège.
Par train et bus (express). Départ à la gare de Namur toutes les heures: Bus 56.8h52 ; 9h.52.
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Afin d’organiser la journée et la visite de la collégiale la confirmation de votre inscription est souhaitable.
Participation aux frais (Livret + intendance + visite guidée) : 10,00 Euros
A verser uniquement sur le compte :
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01 février 2009
Sainte Brigitte de Kildare (GOarch)
source Icône & (c) :http://www.aidanharticons.com/western_orthodox_saints.html
Quand l'Irlande fut nouvellement convertie à la Foi Chrétienne, la sainte abbesse Brigitte se consacra à instaurer la vie monastique pour les femmes de son pays. Elle fonda le célèbre couvent de Kildare - Kill pour "église" et Dara pour "chêne." Elle fut particulièrement réputée pour sa grande miséricorde, manifestée dans ses innombrables aumônes, et dans les miracles accomplis en faveur des nécessiteux. Le Livre d'Armagh, une ancienne chronique irlandaise, appelle saint Patrick et sainte Brigitte "les piliers des Irlandais" et dit qu'à travers eux deux, "le Christ a accompli nombre de miracles." Elle s'endormit en paix vers l'an 525.
Apolytikion de sainte Brigitte de Kildare Ton 4
Ayant appris les divins enseignements à la prédication de Patrick, tu as proclamé à l'Occident les bonnes nouvelles du Christ. Dès lors nous te vénérons, ô Brigitte, et nous te supplions d'intercéder auprès de Dieu afin que nos âmes soient sauvées.
Kondakion de sainte Brigitte de Kildare Ton 3
A l'église du Chêne, tu établis tes saints monastères pour ceux qui voulaient se charger sur les épaules de l'Arbre de la Vie, la Précieuse Croix. Et par ta vie pleine de grâce et ton amour de l'érudition, tu as porté du fruit au centuple et ainsi nourris les fidèles. O sainte mère Brigitte, intercède auprès du Christ, la Vraie Vigne, afin qu'Il sauve nos âmes.
"sainte Brigitte, la Marie des Gaëls" + "sainte Brigitte, un don pour l'hospitalité"
http://stmaterne.blogspot.com/2007/02/sainte-brigitte-la-marie-des-gals.html
voir aussi, en anglais :
http://orthodoxwiki.org/Brigid_of_Kildaire
19 décembre 2008
Sainte Samthann, abbesse Orthodoxe de Clúain Brónaig (Clonbroney, + 739)

Clonbroney se trouve en Irlande, (Meath, comté de Longford), vers le centre de l'île. Cluain signifie "pré". Samthann (Samthana, Samtana), d'après une étymologie populaire, s'interprète "feu d'été."
Samthann est morte en 739; certains mentionnent sa fête au 18 décembre.
La sainte fut d'abord prieure à Urney, entre Tyrone et Donegal. Mais son activité s'exerça surtout dans le Comté de Meath. Les § 20 et 24 de sa Vie sont d'une haute portée spirituelle. La Vita de cette Mère de l'Église de l'Occident Orthodoxe est cependant intéressante dans son ensemble. La version entière est tardive, résumant une version antérieure, perdue, mais elle ne comporte pas d'erreurs historiques (sauf §26) et les noms propres se prêtent à des recoupements concordants.
Par la prière, Samthann tira une âme de l'Hadès (§ 13); c'est un exploit attribué à très peu parmi les grands Saints Chrétiens. Arriver à arracher une âme de l' Hadès par la prière n'était cependant pas quelque chose d'inhabituel chez les saints Irlandais; un érudit a même appelé cela une "caractéristique presqu'exclusivement Celtique."
Samthana serait normalement la moniale Irlandaise qui fonda l'abbaye de Clonbroney près de Granard dans le Comté de Longford. Une tradition locale rapporte que le couvent de Clonbroney aurait été fondé par saint Patrick pour les filles de son maître précédent, Milchu. Une autre petite tradition affirme qu'il fut fondé par les disciples de sainte Brigitte. Mais par la suite, on attribua à Samthann cet honneur. Ce couvent fut un des 3 plus importants d'Irlande, avec ceux de Kildare et Cloonburren. Sa dernière abbesse connue mourut en 1160.
La vénération de Sainte Samthann fut introduite sur le Continent et promue par saint Virgile de Salzbourg (27 novembre). Son nom est présent tant dans la Litanie que dans le Canon du Missel de Stowe, de même que dans l'ancienne Litanie de Salzbourg, Autriche.
1. Samthann était d'origine ultonienne, c'est-à-dire que sa famille venait de l'Ulster. Son père s'appelait Diamran (Diamaran, Dimaran, Diaran) et sa mère Columba. Elle fut employée chez le roi du pays, dans l'actuel comté de Longford, qui décida de la marier avec un noble. Le noble eut une vision avant ses noces vers minuit, il voyait le lit où Samthann reposait avec les 2 filles du roi ses compagnes, éclairé comme d'un rayon de soleil. Alors il allait à sa jeune femme, qu'il trouvait la face inondée de lumière. Et il était heureux de cette épouse baignée de clarté. Les noces furent célébrées. Au soir, dans la chambre, le jeune homme dit à Samthann "Déshabille-toi." Elle répondit "Attendons que la maisonnée dorme." Il consentit, et s'endormit. Elle suppliait Dieu de sauver sa virginité. Dieu l'entendit. Vers minuit, toute la demeure parut flamber : c'était comme si une flamme avait jailli de la bouche de la vierge jusqu'aux toits. Un cri retentit au dehors : tous, au dedans, bondirent pour éteindre le feu.
2. La vierge en profita pour aller se blottir dans des fougères voisines. Le feu cessa. Il n'avait rien brûlé. Au matin, le roi trouva la vierge, qui lui dit : "Ton palais a brûlé? Non. - - Ah! j'en remercie Dieu... Mais pourquoi avez-vous tenu à marier une pauvre servante du Dieu tout-puissant? -- Eh bien je ne te livrerai plus à un homme. Décide de ton sort. - - Offrez-moi en épouse à Dieu." Le roi plia les genoux, et dit "Nous t'offrons au Fiancé divin que tu désires." Alors elle entra dans un monastère, avec la permission de son mari. Elle y fut bientôt cellérière dévouée et fidèle.
3. Un jour, un lépreux, sur la rive de l'étang, implorait le passage. Samthann le passa elle-même sur son bac. Elle lui donna une vache et son veau et ajouta la majeure partie de son propre manteau, comme saint Martin. Et puis le lépreux disparut, laissant la vache et le veau. Quant au manteau, intact pas de trace de déchirure!
4. Samthann était donc cellérière. Il y avait au monastère un pot de beurre qui suffisait depuis un an aux besoins des soeurs et des hôtes : quelle bénédiction! Un jour, une postulante entre dans la salle aux provisions, et dit devant le fameux pot "Apparemment, de beurre, on ne manquera jamais!" Là-dessus, la vierge sainte arrive, et trouve le pot vide. D'abord ahurie, elle se reprit et dit "Oui... Ici on ne sera jamais dans l'abondance." Et cela s'est réalisé.
5. La fondatrice d'un monastère vit en songe Samthann qui arrivait sous forme d'étincelle, et tout brûlait. Elle dit à ses soeurs "Samthann est ardente du feu de l'Esprit-Saint. Ses vertus feront briller notre maison." Et elle lui déféra le commandement.
6. Samthann devint supérieure. Elle fit bâtir un oratoire en bois. Un jour, un de ses charpentiers, dans la forêt, se disait "Ah! si on avait 40 pains, du beurre, du fromage et du lait!" Tout cela aussitôt arriva. La servante du Christ lui dit en souriant : "C'est bien ce que tu voulais? - Pour ça oui, mère. Ni plus ni moins! " Et l'on mangea commodément, remerciant Dieu et Sa servante.
7. Samthann fit prier le roi Kennedus [probablement Cinaed (+ 728)] de libérer un prisonnier. Le roi refusa. Nouvelle ambassade. "Si le roi ne le délivre pas, dites au captif : Au Nom de la Sainte Trinité, sois délié, et viens en paix à Samthann, servante de la Trinité." Le roi refusa. Le captif, informé, dit "Je crois en elle." Le roi doubla les liens, posa 8 gardes à la porte du cachot, et 8 à la porte de la place. A minuit, les liens tombèrent. Notre homme passa devant les premiers gardes.
"Eh ! là! qui es-tu? - Je suis Fallamain, qui étais prisonnier. - Si c'est toi, ne l'dis donc pas!" Il évita le 2ème poste, et parvint chez la sainte.
8. Par sa prière, la vierge rendit inoffensives les bêtes de l'étang qui nuisaient aux hommes et au bétail.
9. Avec le lait d'une seule vache, la vierge nourrit un jour largement 50 hôtes.
10. Pour nourrir un abbé avec 140 personnes, elle prit une mesure de farine qu'elle divisa en 2 : cela fournit à manger et à boire pour une semaine.
11. Un clerc mondain vint au monastère des soeurs; il remarqua une jolie fille et une amourette se noua. Il devait l'attendre à la forêt voisine. Avant de partir, le clerc vint saluer Samthann et se recommander à ses prières. "N'ennuie pas mes soeurs par des paroles qui seraient des pièges, ni par de mauvaises actions. - Oh! Jamais de la vie, mère!" Arrivé à une rivière, il entre dans l'eau. Elle monte, il en a jusqu'à la ceinture. Une énorme anguille le mord aux reins et le ceinture vigoureusement. Affolé, il revient à la vierge de Dieu, s'effondre à genoux, demande pardon. Samthann pardonne, l'anguille tombe. Le clerc jura qu'il n'entrerait plus dans un monastère de vierges.
12. Les gens du Connaught et le peuple de Tethbra firent la paix après un long conflit. Le roi de Tethbra retint en otage le fils d'une veuve. Sur la demande de celle-ci, Samthann envoya au roi sa prieure avec 5 vierges et 2 hommes, pour demander la libération de l'otage. "J'accorderai tout, répondit le roi, sauf cela." Alors la prieure dit au détenu : "Au Nom de notre Seigneur Jésus-Christ et de sainte Samthann Sa servante, laisse tes chaînes et viens avec nous." Malgré une garde renforcée, il fut bientôt avec l'ambassade de l'abbesse.
13. Un bienfaiteur du monastère ne partait jamais en guerre sans avoir demandé une bénédiction à Samthann. Un jour, il omit cette précaution, et fut tué. A l'heure où il mourait, la sainte dit aux soeurs : "Priez bien! Notre ami Fland a son âme menée par les démons au lieu des tourments." Elle entra en extase, puis, après un moment : "Remerciez Dieu. Il a fait passer l'âme des tourments au repos."
14. Pour agrandir le monastère, on devait déplacer des locaux. Un immense personnel était indispensable au transfert de l'oratoire. On demanda des renforts. Mais la sainte pria si bien que 8 hommes seulement purent effectuer le travail.
15. Les ouvriers étaient avec la prieure Nathea dans la forêt à prendre du bois pour le nouvel oratoire. On allait abattre un arbre; le maître du chantier dit : "S'il tombe par ici, ça n'ira pas; par là, ça ira." L'arbre s'inclinait du mauvais côté, quand la prieure, qui avait sur elle la ceinture de Samthann, la fit poser dans cette direction. Un coup de vent violent, et l'arbre s'écroule en sens inverse. [Voir dans la Règle de saint Isidore de Séville, 20 (Patrologie Latine t. 88, col. 889) où là aussi c'est le prieur qui s'occupe des charpentiers et artisans.]
16. La prieure et les bûcherons cherchaient des pins. Rien pendant 3 jours! Le quatrième, on allait rentrer chez soi, quand Nathea vit en songe Samthann qui lui dit : "Coupez les saules; vous trouverez là des pins abattus." Au jour, on exécuta l'ordre et on trouva les pins. Le propriétaire de ce bois intervint: "Il faut me payer ces arbres!" Santhea consentit. La nuit suivante Samthann apparut au propriétaire. "Quoi? tu veux retirer à Dieu ce qu'on lui offre?" Et de son bâton, elle frappa l'homme au côté : "Misérable, si tu ne te repens pas, tu mourras bientôt." L'homme lâcha ses troncs. Les gens du pays prêtèrent 60 paires de boeufs, qui traînèrent tout ce bois au monastère.
17. [Probablement après la mort de Samthann], le roi Niall (763-778) demanda le bâton de la sainte, pour l'orner d'or et d'argent. Mais le bois était tordu et vieux, et se prêtait mal aux enjolivements. On accrocha le bâton au-dessus du lit royal. A cause de la dévotion du roi et des vertus de la sainte, le Christ redressa le bâton.
18. Deux moniales vivaient près du monastère de l'abbé Kynnechus (Cainnech, 11 octobre). L'une d'elles tomba enceinte par suite d'une suggestion diabolique et enfanta un fils. Pour éviter le scandale, elle ne voulut pas le nourrir. Les 2 soeurs allèrent trouver Samthann avec le bébé. Celle-ci recueillit l'enfant et fit partir les soeurs nuitamment, pour éviter tout bavardage fâcheux. Dans un bois, elles tombent sur des voleurs. Mais le Seigneur fit s'ouvrir un tronc d'arbre énorme : l'écorce se referma sur elles dès qu'elles furent à l'intérieur. Et voleurs de chercher en vain. Les soeurs purent repartir tranquilles. Samthann fit instruire l'enfant, qui devint un abbé illustre au monastère de saint Cainnech.
19. Samthann voyageait en char quand elle trouva sur son chemin un chêne colossal, avec une branche si basse qu'elle ne pouvait passer assise. Elle frappa l'obstacle de son bâton en disant : "Ote-toi!" La branche se leva.
20. Un moine demanda à la sainte comment prier : prosterné? assis? debout? Elle dit : "Dans toutes les postures, il faut prier."
21. Une femme stérile vint trouver la sainte qui la bénit et lui dit : "Tu auras un fils que tu appelleras Inrechtach. Il sera un sage, le seigneur de son pays."
22. La patrie des geôliers est envahie par l'ennemi, et le captif s'évade grâce à cette attaque.
23. Les moines de l'île d'Iona envoyèrent à la sainte un navire chargé de laine. Tempête. Sur le bateau, un jeune fou s'écria : "Balançons à la mer la laine de la vieille! Sans ça, on coule!" Le patron réplique: "Non! on vivra ou on mourra avec la laine pour la vieille dame." Cela dit, c'est le calme plat : il faut ramer. Sur ce, le jeune fol de dire : "Pourquoi la vieille, maintenant, ne nous envoie-t'elle pas une risée?" Alors le patron: "Nous croyons que par son intercession, Dieu nous aidera." Et voilà le vent qui gonfle les voiles. Ils arrivent chez la sainte et lui baisent la main. "Qu'est-ce que tu disais donc de moi, quand la tempête vous menaçait?" demande la vierge au jeune gars, qui rougit et reste muet. Elle reprend : "Ce n'est pas un crime, va! mais si une autre fois tu es en danger, appelle-moi au secours sans hésiter."
24. Un professeur dit à la vierge : "J'ai l'intention de faire passer l'étude au second plan, pour vaquer à la prière." Elle objecta : "Qu'est-ce qui pourra donner de la stabilité à ton esprit, pour qu'il ne coure pas partout, si tu négliges l'étude spirituelle?" Le professeur reprit : "Je désire passer la mer pour aller en pèlerinage." Elle répondit : "Si sur ces rivages nous ne trouvons pas Dieu, inutile de passer la mer. Puisque le Seigneur est proche de tous ceux qui L'invoquent [Ps. 144,18], il n'est pas nécessaire que nous passions la mer. De n'importe quelle terre on peut parvenir au Royaume des Cieux."
25. Elle était une bonne maîtresse pour tous ceux qui étaient sous ses ordres, avec tous les dehors d'une servante très humble. Elle était pauvre en esprit et en réalité. Elle répugna à posséder des champs et n'eut jamais plus de 6 vaches à la fois. Elle était d'une charité diligente pour tous, mais spécialement pour ceux de sa maison. Recevait-elle des dons? Sa part personnelle passait en supplément pour chaque soeur. Elle donnait avec joie, recevait avec modestie. Elle savait compatir avec bonté, venir en aide avec efficacité.
26. La nuit de sa mort, le saint abbé Lasrianus (*) vit 2 lunes. L'un de ces astres descendit à lui. Il comprit ce que cela signifiait, car il avait demandé à la sainte de s'arrêter chez lui avant de monter au ciel. Et l'astre s'éleva.
[(*) ou Molaisse, fondateur de Devenish, mort vers 570 : c'est le seul anachronisme de cette version de sa Vie]
Bibliographie : Charles C. Plummer, Vitae sanctorum Hiberniae, t. 1, 1910, p. 34, 87-88, 94; t. 2, 253-261, 368.
The Martyrology of Gorman, éd. W. Stokes, 1895, p. 242, 392
The Martyrology of Oengus, éd. W. Stokes, 1905, p. 252, 260 (19 décembre)
The Stowe Missal, éd. G. F. Warner, 1915, p. 14 (S. Samdine)
The Martyrology of Tallaght, éd. Richard Irvin Best & Hugh Jackson Lawlor, 1931, p. 87, 108, 124 : Bradshaw Soc., t. 9, 29, 32, 68.
Life of St. Samthann, Medieval Hagiography: An Anthology, par Dorothy Africa, Thomas Head editor, New York, Garland Publishing, 2000. 97-110

Sainte Samthan est reprise dans le ménologue des saints Orthodoxes d'Occident du p. Andrew Philips (EORHF / Folkestone)
http://www.orthodoxengland.org.uk/saintss.htm
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18 décembre 2008
Le martyre – homélie celtique orthodoxe du 8ème siècle

"A. Tardif, fragment d'homélie en langue celtique, dans la Bibliothèque de l'École des Chartes. 1852, p. 193-202.
Un fragment d'homélie en langue celtique a été trouvé, il y a un demi-siècle, dans un manuscrit de la bibliothèque de Cambrai (n° 619), provenant de la spoliation de la bibliothèque capitulaire de cette ville à la fin du 18ème siècle. Ce texte remonterait, paraît-il, au 8ème siècle, peut-être même un peu plus haut. En voici la traduction:"
Au Nom du Dieu Très-haut. Si quelqu'un veut Me suivre, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix et vienne. Ce sont les paroles que notre Seigneur Jésus-Christ adresse à chacun de nous, pour nous inviter à renoncer au vice et au péché, à nous enrichir de vertus, à porter la croix pour l'amour de Lui, tandis que notre âme est unie à notre corps; enfin à suivre par nos bonnes actions les traces de notre divin Maître. Jésus-Christ dit en effet: Si quelqu'un veut Me suivre, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix et qu'il vienne. Or nous ne Le suivons pas, si nous refusons d'obéir à ce précepte, si nous ne veillons pas sur nos passions, si nous ne résistons pas aux tentations. Nous prenons au contraire notre croix, quand nous acceptons les condamnations, les afflictions, le martyre pour l'amour du Christ. Comme le dit un sage : Le mot croix s'applique à ce qui nous fait souffrir; nous avons deux manières de porter la Croix du Seigneur, soit par l'ascèse corporelle, soit par la compassion à l'égard du prochain dont les besoins deviennent nôtres.
Celui qui ressent le mal d'autrui porte la croix intérieure. Et l'Apôtre dit aussi : Pleurez avec ceux qui pleurent, réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent : si un membre souffre, que tous les membres s'associent à cette souffrance. Lorsqu'on éprouve une douleur dans une partie du corps, qu'elle ait son siège au bras ou aux doigts, le corps tout entier souffre de cette douleur. C'est ainsi que nous devons agir : chacun des membres du grand corps humain doit prendre part aux douleurs, aux peines qui affligent son voisin, comme le dit l'Apôtre : Ne suis-je pas comme dans le feu, lorsque quelqu'un est scandalisé? Ces paroles que prononce le saint apôtre dans l'élan de sa charité reviennent à dire que je souffre des souffrances des autres, je m'afflige de leurs afflictions, je me fatigue de leurs fatigues. C'est ainsi que chaque homme doit compatir dans son coeur à toutes les maladies, à toutes les privations, à tous les labeurs de ses frères. Le sage dont nous avons rapporté sa parole nous apprend aussi que toute affliction qui rentre dans l'un des trois genres de martyre peut être regardée comme une croix, que ce soit le martyre blanc, le martyre gris ou le martyre rouge. On souffre le martyre blanc quand on renonce pour l'amour de Dieu à ce que l'on aime, quoiqu'on doive endurer les privations de la pauvreté. On souffre le martyre gris quand on renonce à ses passions pour se repentir et faire pénitence. Le martyre rouge consiste à souffrir les supplices et la mort pour l'amour du Christ, comme les Apôtres qui voulaient à la fois déraciner le vice et promulguer la Loi de Dieu, de sorte qu'ils souffrirent ces trois genres de martyre. Se repentir sincèrement de ses fautes; renoncer à ses passions; supporter les tourments, les afflictions, les fatigues pour l'amour du Christ, voilà ce que comprennent les trois genres de martyre, tous précieux devant Dieu, qui nous récompensera si nous avons su les souffrir. Chasteté dans la jeunesse, modération dans l'abondance.

in : "Les Martyrs", vol. 4, p. 354
Recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les origines du christianisme
abbaye Saint-Michel de Farnborough, 1924
13 décembre 2008
Lumière dans les ténèbres (Paraboles celtiques)

Jonathan et Thomas se disputaient tout le temps. Ils étaient voisins et, chaque fois qu'ils se voyaient, ils trouvaient quelque chose d'injurieux à se dire. Un jour, c'était Jonathan qui reprochait à Thomas de laisser ses bestiaux se pencher par-dessus la clôture et brouter de l'herbe dans ses champs. Le lendemain, c'était Thomas qui se mettait en colère contre Jonathan parce que des orties se propageaient du terrain de ce dernier sur son terrain à lui. Leurs deux épouses étaient amies intimes et mouraient d'envie de voir Jonathan et Thomas être amis eux aussi.
Finalement, un hiver, les deux femmes si patientes jurèrent que la situation n'était plus supportable. «Voici venir Noël », dirent-elles à leurs maris. « C'est censé être l'époque de la paix et de la bonne volonté. Nous sommes certaines que vous êtes capables d'apprendre à être en paix l'un avec l'autre et à cesser de vous disputer.»
Mais dès le lendemain, Thomas accusa Jonathan d'envoyer des pelletées de neige sur son terrain - et une violente dispute s'ensuivit. Alors leurs épouses se rendirent chez le prêtre du lieu pour savoir s'il pouvait trouver une solution. Le père Kevin était un vieillard, à la tête chauve et à la longue barbe blanche. Après avoir écouté les deux épouses épancher leurs ennuis, il resta assis en silence, grattant son crâne chauve et se caressant la barbe. Puis, sans un mot, il se leva et sortit pour aller voir les deux hommes.
"Je désire que vous fassiez un concours avec moi la veille de Noël," annonça le prêtre. "Cela offrira une occasion de divertissement pour les habitants du village. Voici en quoi consistera le concours. Nous diviserons la grange à côté de ma chaumière en trois parties égales. On verra lequel d'entre nous arrivera, entre l'aube et le crépuscule, à remplir sa partie au maximum - on aura le droit de se servir de tout ce qu'on voudra. Si l'un d'entre vous gagne, je lui céderai tous les fruits et les légumes qui pousseront dans mon jardin au cours de l'année à venir. Si c'est moi qui gagne, il faudra que vous juriez de ne plus jamais vous disputer et d'apprendre, au contraire, à être amis."
Jonathan et Thomas pensèrent qu'ils n'avaient rien à perdre et acceptèrent donc de participer au concours. A l'aube de la veille de Noël, tous les habitants du village s'étaient rassemblés autour de la grange. Et dès que le soleil apparut à l'est au-dessus de la ligne d'horizon, Jonathan et Thomas se mirent à parcourir le village à toute vitesse en amassant absolument tout ce qu'ils pouvaient trouver pour remplir chacun sa partie de la grange - des bottes de paille, de vieux seaux, des sacs de pommes de terre et tout ce qu'ils pouvaient encore trouver à transporter. Mais quant au père Kevin, on ne le voyait nulle part.
A midi, Jonathan et Thomas étaient toujours très occupés à essayer de remplir chacun sa partie de la grange. Quant au père Kevin, il était toujours invisible. Quelques heures plus tard, alors que le soleil commençait à se coucher à l'ouest au-dessous de la ligne d'horizon, Jonathan et Thomas avaient tous les deux rempli leur partie de la grange presque jusqu'au toit. Mais la partie du père Kevin était toujours complètement vide.
Enfin, alors que pâlissaient les derniers rayons du soleil, le père Kevin sortit de sa chaumière, portant une bougie éteinte. Il entra dans la grange et plaça la bougie en son milieu. Il prononça les versets du chapitre d'ouverture de l'évangile selon saint Jean: "La lumière du Christ luit dans les ténèbres et les ténèbres ne peuvent en triompher." Puis il s'agenouilla et alluma la bougie.
Dans les ténèbres de la nuit de Noël, sa lumière emplit toute la grange et son rayonnement atteignait jusqu'aux chevrons du toit. Tout le monde éclata en applaudissements en comprenant que le père Kevin avait gagné le concours. Jonathan et Thomas s'avancèrent, et, debout, se serrèrent la main au-dessus de la bougie. Et à partir de ce Noël-là, ils furent les plus fidèles amis du monde."
PARABOLES CELTIQUES (récits, poèmes et prières), chapitre "LA PAIX ET LE CONFLIT", pages 172 à 174, isbn 2-02-050887-7, éditions du Seuil 02/2002, collection "Sagesses"

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Avis de 2003 sur le bouquin par l'archimandrite Thomas (Pervijze) : "oui, je le connais, il y a de tout là dedans, du très bon comme du pas bon." Et de fait, 80% bon; 10% sans intérêt; 10% franchement hérétique ou païen. A s'offrir mais à ne pas offrir sans discernement. L'ouvrage n'a pas été compilé par un Orthodoxe, ceci expliquant cela. Car les paraboles Orthodoxes celtiques existent, et elles valent bien celles des déserts d'Égypte ou de Palestine ou des Vosges!
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27 novembre 2008
L'Hymne de Communion de Bangor, par Saint Seachnall
(Secundinus, Sechnall)
http://groups.yahoo.com/group/celt-saints/message/3254
Né vers 375; mort en 447. Sechnall fut envoyé de Gaule en Irlande vers 439, afin d'assister son oncle, saint Patrick. Il partit avec Auxilius et Iserninus. Il devint le premier évêque de Dunslaughlin dans le Meath, puis chorévêque d'Armagh. Il rédigea plusieurs hymnes, dont la célèbre hymne alphabétique "Audites, omnes amantes Deum" (plus ancienne hymne en latin connue qui ait été écrite en Irlande), écrite en l'honneur de saint Patrick, ainsi que le "Sancti, venite, Christi corpus sumite"
Tropaire de Saint Seachnall Ton 1
En ce jour nous te chantons, O hiérarque Seachnall,/
Toi qui par piété composa des louanges à notre père Patrick,/
Prie Dieu afin que nous puissions honorer nos saints avec une vraie piété./
Et louant cette glorieuse assemblée, nous puissions être dignes de leurs prières et de la grande Miséricorde du Christ notre Dieu.

Saint Sechnall, vitrail moderne hétérodoxe irlandais.
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Sancti, venite, Christi Corpus sumite
Voici un hymne de Communion en latin, que l'on trouve dans l'Antiphonaire de Bangor du 7ième siècle (Antiphonarium Benchorense). Bangor est dans le Conté de Down, Irlande. C'est un des rares manuscrits liturgiques irlandais subsistant. Du monastère de Bangor, où il fut composé et écrit entre 680 et 691, il fut emporté à Bobbio, le fameux monastère fondé sur le sol d'Italie par le missionnaire Irlandais Colomban après qu'il ait été expulsé de Bourgogne par les puissances régnantes. Il fut publié pour la première fois par Muratori dans son Anecdota (1697-98), après qu'il l'eut découvert dans la Bibliothèque Ambrosienne à Milan [bibliothèque qui était le fruit des pillages vaticanesques]. Une vieille légende irlandaise donne sa version de la composition de ce chant : saint Patrick et son neveu Sechnall entendirent les Anges chanter cela pour la première fois durant l'Offertoire avant la Communion, et ajoute "Et depuis ce temps-là jusqu'à nos jours, cet hymne est chanté en Irlande quand le Corps du Christ est reçu".
Selon ce texte, Saint Patrick et Sechnall s'étaient vertement disputés, Sechnall accusant Patrick de prêcher trop peu la charité, et Patrick menaçant de passer sur Sechnall avec son char. Après s'être réconciliés dans le cimetière de leur église, soudain, ils entendirent des Anges à l'intérieur de l'église, chantant cet hymne. L'anglican John Mason Neale traduisit le texte latin en 1851 et le publia dans son recueil "Medieval Hymns" (hymnes médiévaux)
"Ymnum quando comonicarent sacerdotes"
Voici le texte :
Approchez-vous et recevez le Corps du Seigneur,
et buvez le Saint Sang répandu pour vous.
Sauvé par ce Corps et par ce très précieux Sang,
l'âme régénérée, nous rendons grâce à Dieu.
Le Donneur du Salut, Christ, le Fils Unique,
par Sa chère Croix et le Sang, remporta la victoire.
Il fut offert, pour les plus grands comme pour les plus humbles,
étant Lui-même la Victime, et Lui-même le Prêtre.
Les victimes étaient offertes par la Loi d'antan,
prototype annonçant ce Céleste Mystère.
Lui, la Rançon de la mort, et Lumière de l'ombre,
à présent aide en donnant Sa Sainte Grâce à Ses saints;
approchez-Le dès lors avec un coeur fidèle et sincère,
et prenez ici la garantie du Salut.
Lui qui en ce monde guide Ses saints et protège,
donne à tous les croyants la vie éternelle.
Assouvissant la faim avec le Céleste Pain,
apaisant l'âme assoiffée avec l'Eau Vive.
Alpha et Omega, devant Qui se prosterneront
toutes les nations au Jugement, Il est avec nous dès maintenant.
Et l'original latin
1. Sancti venite, Christi corpus sumite,
Sanctum bibentes, quo redempti sanguinem.
2. Salvati Christi corpore et sanguine,
A quo refecti laudes dicamus Deo.
3. Hoc sacramento corporis et sanguinis
Omnes exuti ab inferni faucibus.
4. Dator salutis, Christus filius Dei,
Mundum salvavit per crucem et sanguinem.
5. Pro universis immolatus Dominus
Ipse sacerdos exstitit et hostia.
6. Lege praeceptum immolari hostias,
Qua adumbrantur divina mysteria.
7. Lucis indultor et salvator omnium
Praeclaram sanctis largitus est gratiam.
8. Accedant omnes pura mente creduli,
Sumant aeterman salutis custodiam.
9. Sanctorum custos, rector quoque,
Dominus, Vitae perennis largitor credentibus.
10. Caelestem panem dat esurien- tibus,
De fonte vivo praebet sitientibus.
11. Alpha et omega ipse Christus Dominus
Venit, venturus iudicare homines.
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04 octobre 2008
Sainte Aurore (Aure, Aurea), abbesse de Paris, fille spirituelle de saint Éloi et saint Colomban

SAINTE AURORE, VIERGE ET ABBESSE À PARIS (+ 666)
(Aure, Aurée)
Après avoir fondé et solidement établi son monastère de Solignac en Limousin, saint Éloi, encore laïc, songea à transformer en hospice pour les voyageurs une maison qu'il possédait à Paris. Après avoir mûrement réfléchi, il changea d'avis et y installa un monastère de vierges où il rassembla jusqu'à 300 jeunes filles de nations diverses, choisies parmi ses servantes ou les nobles franques. Il mit à leur tête Aurore ou Aure, fille de Maurinus et de Quiria, en leur donnant "la sévère discipline d'une règle" qu'il faut sans aucun doute identifier avec celle de saint Colomban de Luxeuil, monastère où saint Éloi avait été formé. Saint Éloi veilla soigneusement sur sa fondation qu'il dota richement et voulut travailler lui-même à l'emménagement. Ceci se passait en 633.
Quand le monastère fut achevé, saint Éloi édifia une basilique en l'honneur de l'apôtre saint Paul pour recevoir la sépulture des servantes de Dieu. Cette église Saint-Paul, paroissiale au moins depuis le 12ième siècle, fut fermée à la Révolution et détruite en 1798.
Saint Éloi restaura un autre oratoire et, en souvenir de son origine limousine, le mit sous le patronage de saint Martial de Limoges : c'était là que la communauté venait chanter l'Office.
Parlant de sainte Aurore, saint Ouen a fait son éloge en disant qu'elle était une fille digne de Dieu. Elle fut en effet le modèle de ses soeurs qu'elle forma par son exemple et par de sages instructions puisées dans la lecture de l'Évangile, à toutes les vertus Chrétiennes et monastiques.
Dieu fit se manifester sa vertu par des miracles : elle entra dans un four ardent, et en tira des charbons tout rouges avec ses mains sans en être brûlée. L'oraison perpétuelle était sa pratique habituelle; quand elle voyait quelqu'un dans la peine ou dans la misère, elle s'empressait aussitôt, avec une charité infatigable, de le consoler ou de le secourir.
Sept ans après sa mort, alors qu'une terrible peste ravageait Paris, saint Éloi apparut dans l'église Saint-Martial à un jeune homme qui, terrifié, voulait se cacher quand l'évêque lui ordonna d'aller dire à l'abbesse qu'il l'attendait. Elle se hâta, mais il avait déjà disparu quand elle arriva: elle comprit qu'il l'invitait à quitter ce monde. Elle mourut en effet peu après, avec 160 moniales, le 3 octobre 666, et fut ensevelie à Saint-Paul. C'est en s'occupant des pestiférés et soulageant les affligés qu'elles avaient contracté la terrible maladie.
Cinq ans après, ses reliques furent transportées dans la ville et déposées dans l'église de Saint-Martial, qui changea son vocable en Saint-Éloi-et-Sainte-Aure. Cette élévation et translation de ses saints restes est la manifestation de sa canonisation à l'époque Orthodoxe de l'Église en France.
Tombé en pleine décadence, le monastère fut donné aux moines hétérodoxes de Saint-Maur-des-Fossés en 1107.
Le 3 avril 1402, on fit une translation solennelle de ses précieux restes; on les renferma dans une nouvelle châsse, et on les porta à l'église Saint-Paul, d'où ils furent rapportés au monastère de Saint-Martial. La châsse était découverte et exposée à la vénération des fidèles, à la fête de sainte Aure et aux 2 fêtes de saint Eloi. Le prieuré subsista jusqu'à la Révolution qui détruisit tout. La châsse fut enlevée par les révolutionnaires en 1792 mais les reliques de sainte Aure qui y avaient été conservées furent sauvées mais dispersées en divers lieux, nottament en Normandie. Fin du 19ème siècle, un lieu de culte hétérodoxe parisien en possédait quelques fragments (Saint-Paul-Saint-Louis).
Comme pour tous les saints de l'Occident Orthodoxe, sainte Aurore a vu sa vie accaparée par la nouvelle religion, avec transformations et amplifications tardives. C'est dans la vie de saint Colomban de Luxeuil écrite par son disciple saint Jonas et celle de saint Éloi écrite par saint Ouen, que l'on trouve les informations les plus concrètes et sûres concernant sainte Aure et ses moniales à Paris :
a. Vie de S. Colomban, liv. 2, chap. 10 (Biblioth. hag. lat., n. 2773) : fondation par saint Éloi d'un monastère de femmes à Paris sous la direction de sainte Aure.
b. Vie de saint Éloi, liv.1, chap. 15 et liv. 2, chap. 49 (Biblioth. hag. lat., n. 2474), donnent chiffres et détails, mais ayant été réécrite au 11ème siècle, c'est sujet à caution. Ces réécritures sont démontrées par la science paléographique, ce ne sont donc pas de vaines remarques d'urticaire anti-hétérodoxe, mais une saine prudence face à des falsifications prouvées. Même les Bénédictins hétérodoxes mettent ces réécritures en évidence.
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"(17) De leur côté, Abelin et les autres évêques gaulois s'emploient désormais à soutenir les institutions du bienheureux Colomban. Nombreux, dès lors, sont ceux qui, pour l'amour de Colomban, construisent des monastères observant sa Règle, réunissent des communautés, rassemblent des troupeaux du Christ. Parmi eux, un homme qui portait alors le titre d'Illustre et qui gouverne à présent, comme évêque, l'Eglise de Vermand - puisqu'il est encore en vie, je dois m'abstenir de faire son éloge, sous peine d'être accusé de flatterie - Eloi, donc, construisit près de Limoges, au bord de la rivière de Vienne, le fameux monastère de Solignac, à 4 milles de la cité, ainsi que plusieurs autres moutiers dans la même région. De plus, il bâtit à Paris un monastère de femmes, que lui avait octroyé la munificence royale, et il mit à sa tête la vierge du Christ Aurea."
"Vie de saint Colomban et de ses disciples", par saint Jonas de Bobbio,
abbaye de Bellefontaine, collection Vie Monastique n°19,(extraits)
Évangéliaire dit de sainte Aure, milieu du IXe siècle, école de Reims. Reliure d'ivoire et d'orfèvrerie.
source : gallica.bnf.fr
31 août 2008
Saint Aidan de Lindisfarne, abbé-évêque et thaumaturge, apôtre de la Northumbrie

L'évêque Aedan est né en Irlande à la fin du 6ème siècle, et mourut en 651. Saint Aidan fut disciple de saint Senan (8 mars) sur l'Ile Scattery, mais on ne sait rien de plus de certain sur sa vie antérieure à son entrée comme moine à Iona. Il fut bien accueillit par le roi saint Oswald (9 août), qui avait vécut en exil parmi les moines Irlandais à Iona et y avait demandé des moines pour évangéliser son royaume. Le premier missionnaire, Corman, n'eut pas de succès à cause de la rudesse de ses méthodes; dès lors Aidan fut envoyé pour le remplacer. Oswald accorda l'île de Lindisfarne ("Ile sainte") à Aidan pour y fonder son siège épiscopal; son diocèse s'étendra du Forth jusqu'à l'Humber.
Par ses actions, il montra que jamais il ne chercha ni n'aima les biens de ce monde; les présents que le roi ou les riches lui offraient, il les donnait aux pauvres. Il vint rarement à la table royale, et jamais sans y emmener l'un ou l'autre de son clergé, et se hâtant toujours de quitter pour rejoindre ses tâches. Le centre de son activité était Lindisfarne, au large de la côte du Northumberland, entre Berwick et Bamburgh. Là, il établit un monastère sous la Règle de saint Columcille (Columba d'Iona); il n'était pas inapproprié de l'appeler l'Iona anglais, parce que de là, le paganisme fut progressivement éliminé en Northumbrie et les coutumes barbares sapées. La communauté n'était pas autorisée à accumuler des richesses; les surplus étaient utilisés pour les besoins des pauvres et le rachat avec affranchissement des esclaves (manumission). De Lindisfarne, Aidan voyagea à pied à travers le diocèse, visitant son troupeau et fondant des centres missionnaires.
L'apostolat d'Aidan fut facilité par des miracles innombrables, rapportés par saint Bede (25 mai) qui rédigea sa biographie. Il fut aussi aidé par le fait qu'Aidan prêcha en Irlandais et que le roi fit la traduction. Saint Aidan fit entrer 12 jeunes Anglais dans son monastère, pour les y élever, et il était infatigable pour s'occuper du bien-être des enfants et des esclaves, et pour l'affranchissement de ces derniers, il utilisa pour leur manumission nombre des aumônes qu'on lui accorda.
Le grand roi saint Oswald assista son évêque de toutes les manières possibles jusqu'à sa mort à la bataille contre le roi païen Penda en 642. Une belle histoire préservée par saint Bède nous rapporte qu'Oswald était attablé pour dîner un jour de Pâques, saint Aidan à ses côtés, quand on lui apprit qu'un grand groupe de pauvres demandait l'aumône à la porte. Prenant un plat en argent massif, il le chargea avec la viande de sa propre table et ordonna de la distribuer parmi les pauvres, puis qu'on brisa le plat d'argent et qu'on en partagea les morceaux entre les pauvres. Aidan, nous dit Bède, prit la main droite du roi, disant "Que jamais cette main ne périsse!" Sa bénédiction s'accomplit. Après la mort d'Oswald, son bras droit incorrompu fut conservé comme sainte relique.
Saint Oswin (20 août), le successeur de saint Oswald, soutint aussi l'apostolat d'Aidan. Et lorsqu'en 651, Oswin fut assassiné par Gilling, Aidan ne lui survécut que 11 jours. Il mourût au château royal de Bamburgh, qu'il utilisait comme centre missionnaire, gisant contre un mur de l'église où une tente avait été dressée pour l'abriter. Il fut d'abord enterré dans le cimetière de Lindisfarne, mais quand la nouvelle église Saint-Pierre fut achevée, on y transféra son corps. Les moines de Lindisfarne, fuyant les attaques répétées des Vikings, abandonnèrent leur sainte île en 875, emportant les reliques de saint Oswald et saint Aidan placées dans le cercueil contenant le corps incorrompu de saint Cuthbert. Durant 100 ans, les moines errèrent, s'installant de ci de là, et fondant des églises. En 995, craignant une nouvelle attaque des envahisseurs Danois, les moines s'enfuirent à nouveau avec leurs précieuses reliques. Selon la tradition, quand les moines approchèrent de la ville de Durham, le cercueil devint de plus en plus lourd, et un moine eut un songe dans lequel Cuthbert dit que son corps trouverait son repos final à "Dunholme". Aucun des moines ne connaissait un tel lieu mais, interrogeant les villageois, ils entendirent 2 femmes parler d'une vache perdue qui se serait égarée dans "le Dunholme". Les moines investiguèrent ce détail et découvrirent que c'était un promontoire boisé sur une boucle de la Rivière Wear, où de nos jours se trouve la cathédrale de Durham.
Les moines de Glastonbury affirmèrent que dès le 11ième siècle, ils possédaient les ossements de saint Aidan de Lindisfarne (Northumberland). Nous savons que ce n'était pas le corps entier, car il est reconnu que la moitié du corps se trouve à Iona en Écosse, et une partie du restant se trouve à la cathédrale de Durham. Saint dont le corps n'était pas entier et pourtant le plus ancien enregistré, il semble qu'Aidan est le seul saint "nordique" dont les reliques furent amenées au sud à Glastonbury par Tyccea, bien qu'apparemment pas sous la menace Viking.
Saint Bède loue hautement l'Irlandais Aidan qui fit tant pour porter l'Évangile à ses frères Anglo-Saxons. "Jamais il ne rechercha ni n'aima quoique ce soit de ce monde, mais fit ses délices à distribuer immédiatement aux pauvres quoique ce soit que rois ou riches du monde lui donnèrent. Il traversa villes et pays à pied, jamais à cheval, sauf si pressé par une urgente nécessité. Partout où il rencontrait quelqu'un, riche ou pauvre, il l'invitait, si païen, à embrasser le mystère de la Foi; ou s'il s'agissait d'un croyant, il cherchait à le renforcer dans leur Foi, exhortant par des paroles et actions pour les aumônes et bonnes oeuvres."
Il écrivit que saint Aidan "était un homme d'une gentillesse remarquable, bon et modéré, zélé pour Dieu; mais pas complètement selon la connaissance..." Par cela, Bède veut dire qu'Aidan suivait et enseignait la Liturgie et les coutumes disciplinaires des Chrétiens Celtes, qui différaient de ceux de la Chrétienté continentale romaine. Montague note qu'un des efforts de l'éducation anglo-saxonne dirigée par les moines Irlandais était que l'écriture anglaise se distinguait par son orthographe irlandaise. Aidan amena en Irlande la coutume du jeûne du mercredi et du vendredi (voir Didachè).
Dans l'art, on représente Saint Aidan en évêque avec en main le monastère de Lindisfarne et un cerf à ses pieds (parce que la tradition rapporte que sa prière rendit invisible un cerf poursuivit par des chasseurs). Il peut aussi être représenté
(1) tenant une torche allumée;
(2) donnant un cheval à un pauvre;
(3) calmant une tempête; ou
(4) éteignant un incendie par sa prière. Il est particulièrement vénéré à Glastonbury, Lindisfarne, et Whitby

Office à notre père parmi les Saints Aidan, évêque de Lindisfarne, Illuminateur de la Northumbrie (en anglais) :
http://orthodoxengland.org.uk/servaida.htm

ancienne fresque de saint Aidan
Tropaire de Saint Aidan ton 5
O saint évêque Aidan,
Apôtre du Nord et luminaire de l'Église Celtique,
Glorieux en humilité,
Noble dans la pauvreté,
Moine zélé et missionnaire plein d'amour,
Intercède pour nous pécheurs
Afin que le Christ notre Dieu accorde Miséricorde à nos âmes.
récits d'un pèlerinage à Lindisfarne ("Holy Island") et Durham (en anglais)
http://www.orthodox-iona.co.uk/pilgrimage_2006.htm

http://www.aidanharticons.com/western_orthodox_saints.html

nb : le 31 août, nous fêtons aussi saint Paulin de Trêves (Gaule Belgique); sainte Eanswythe de Folkestone (sainte patronne de la paroisse Orthodoxe de Rite Occidental de cette région-là); la translation des reliques de saint Columban de Luxeuil; saint Honoré de Marseilles; sainte Florentine de Digne; saint Ailhe de Rebais (Meaux); sainte Cuthburge de Wimborne; saint Victor ermite à Cambon (Nantes); saint Gauzlin de Toul; etc etc...

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28 juillet 2008
Saint Samson, évêque de Dol en Bretagne (+ 565)

source icône
Saint Samson est un des grands héros de l'évangélisation de l'Occident. Son importance n'est pas limitée à sa personne ou ses exploits, mais aussi au fait d'avoir servi de modèle aux hagiographes postérieurs. Cela confère à la Vita Samsonis , la Vie de saint Samson, un rang unique dans les sources de l'histoire de Bretagne, car le document est de la plus haute antiquité et très proche de la vie du saint. C'est cependant un document aussi ardu à décrypter, l'imagerie et la poétique de la langue d'alors ne faisant pas bon ménage avec notre aridité spirituelle et notre peu d'ouverture à la poésie.
L'hagiographe dolois a écrit sous la dictée du vénérable octogénaire Hénoc, cousin du saint. L'oeuvre est donc du 7ième siècle, une proximité avec la personne concernée qui est rarissime en matière d'hagiographie. Il n'est qu'à reprendre les écrits de Syméon Métaphraste ou d'Adon de Vienne et la distance les séparant des nombreuses personnes dont ils parlent pour voir à quoi mène cette méthodologie où le romantisme remplace les faits; quand il n'y a pas de trace de vénération populaire, c'est pire encore, on est face à une invention. Avec saint Samson, rien de tel. Voici les grandes lignes de sa vie palpitante, riche et sainte à la fois.
Saint Samson naquit dans le sud du pays de Galles, aux environs de Dyved. Son père, Ammon, et sa mère, Anna, étaient au service du chef de la région. Longtemps stérile, sa mère pria et reçut la faveur divine, qui lui donnait un fils, et décida de le consacrer à Dieu. Après avoir veillé jalousement sur ses premiers ans, elle le conduisit avec le consentement de son mari, au monastère voisin de Llantwit Major. L'abbé était le célébrissime saint Iltut, renommé pour sa sainteté et son érudition. Autour de lui s'était rassemblé un groupe nombreux d'élèves qu'il préparait à aller semer l'Évangile par delà les mers. Par son application au travail et par sa vertu, le jeune Samson attira vite le regard du maître et conquit son affection. Celle de ses condisciples lui vint aussi, pour sa simplicité et sa gaieté.
Tous pourtant n'étaient pas conquis, au monastère, car deux moines ambitieux, deux neveux d'Iltut, voyaient de mauvais oeil se lever cet astre naissant. Aussi résolurent-ils de s'en débarrasser par le poison. L'un d'eux, qui était infirmier du monastère, lui prépara une tisane. La sachant empoisonnée, le jeune Samson lui dit néanmoins avec un sourire "Mon frère, la tisane que vous m'avez préparée est délicieuse. Puisse Dieu, en retour, vous guérir du mal qui vous fait souffrir." Cette charitable exhortation produisit son effet et le coupable se convertit. L'impénitence de l'autre fut sévèrement châtiée par Dieu.
Promu d'abord au diaconat, il fut 2 ans plus tard ordonné prêtre par l'évêque Dubric, qui aperçut une blanche colombe posée sur l'épaule du saint. Dès lors, il brilla par une plus grande austérité et fut un modèle pour tous. Malgré son affection pour saint Iltut, il résolut de quitter son monastère, peut-être par simple nostalgie du voyage et de l'aventure, qui hante volontiers l'âme de nos saints Bretons et insulaires, ou peut-être pour avoir plus de solitude. Samson gagna donc l'île de Caldey. Il y avait là déjà un monastère, dont il fut d'abord économe, puis abbé. Il l'était depuis peu, quand des Irlandais de passage vinrent l'enthousiasmer par leurs récits et le décidèrent à gagner leur patrie avec eux. Il y alla, conquit tous les coeurs, mais n'y resta pas.
Il revint au contraire en Galles, où il avait fait déjà une apparition, pendant son séjour à Caldey, lors d'une grave maladie de son père. Cette visite lui avait fourni l'occasion de "convertir" tous les siens et de les entraîner dans la vie monastique. Cette fois, il revenait au pays chercher la solitude. Il pratiqua quelque temps la vie érémitique près de l'embouchure de la Severn; mais sa retraite fut découverte et il fut promu à l'épiscopat. Depuis de nombreux jours déjà, le désir lui était venu de passer en Armorique pour l'évangéliser. Il alla donc faire ses adieux à sa mère et aux siens, passa dans la Cornouaille britannique, mais s'y attarda dans les monastères, prêcha et convertit assez pour y laisser un souvenir durable. Il s'embarqua enfin avec ses disciples et le mobilier indispensable et débarqua à l'embouchure du Guyoult. Privatus, un Gallo-romain qui résidait non loin de là, lui fit cadeau d'un terrain : Samson choisit une clairière et y bâtit un monastère. Émergeant des marécages, facile à défendre, l'emplacement était bon. A l'entour du monastère naîtrait la petite ville de Dol, qui devait tenir, dans l'histoire religieuse de la Bretagne, un rôle de premier-plan.
A peine installé, Samson commença à rayonner dans tout le nord de la presqu'île, la Domnonée - de l'embouchure du Couesnon jusqu'à l'Élorn - semant partout la parole évangélique. De nobles âmes lui vinrent en aide et lui concédèrent des terres. Samson les organisa à la manière celtique, dans un cadre tout monastique : évêque et abbé tout à la fois, il établit, un peu partout dans le pays, des monastères chargés de desservir spirituellement les populations d'alentour, mais ne relevant que du monastère-évêché de Dol. Plus tard, ces dépendances de Dol formeront de curieuses enclaves dans les diocèses voisins et vaudront à Dol assez de prestige pour revendiquer le titre de Métropole de Bretagne. Le renom du fondateur y contribuera aussi.
Dès son arrivée, en véritable Apôtre, le saint s'est posé en protecteur des faibles. Dans le pays, Conomor a usurpé le trône après avoir assassiné le roi Iona, mais sa tyrannie le rend impopulaire. Samson embrasse la cause de Judwal, fils du roi légitime, et, pour cela, gagne Paris, où le jeune prince s'est réfugié auprès de Childebert - erreur historique possible de l'auteur, facile à comprendre vu les chevauchements de règnes chez les mérovingiens, il est probable qu'il s'agissait de Chilpéric et de la reine Frédégonde.
Samson a vite aperçu la nécessité d'obtenir la protection et le concours du roi Franc pour ses entreprises. Grâce à l'appui de saint Germain de Paris, il conquiert sa faveur et se voit concéder un territoire à l'embouchure de la Seine. Prédicateur infatigable, Samson l'évangélise et fonde un monastère - un peniti, dont, selon m. Duine (La Vie de S. Samson, Annales de Bretagne, 1914-1915), les Normands auraient fait Pental, commune de S.-Samson-sur-Risle, Eure. Le monastère subsista jusqu'en 851, époque de sa destruction par les Normands. Duine rapporte 2 autres épisodes : dans les marécages voisins pullulaient oies et canards, dont le ramage assourdissait les moines et troublait leur office. Le saint leur infligea une pénitence exemplaire en les enfermant pour une nuit au monastère, avec ordre de s'y tenir tranquilles. Ils partirent, paraît-il, en promettant de ne plus recommencer et tinrent parole. Le saint n'en était d'ailleurs pas à son coup d'essai : déjà au monastère de saint Iltut, il avait contraint une bande de moineaux pillards, qui s'étaient abattus, sans permission, sur le blé du monastère, à venir demander pardon à son abbé. Iltut les avait bénis et exhortés à respecter le bien d'autrui. Ce qu'ils firent, nous dit-on. Ces faits sont moins austères que les histoires de fauves et de serpents qui remplissent la vie du saint.
Son voyage à Paris et en Neustrie semble avoir duré plusieurs années. On ne sait si ses démarches auprès du roi mérovingien furent couronnées de succès, car il accomplit un autre voyage à Paris, vers la fin de ses jours, et il figure parmi les évêques qui assistèrent au 2ième concile de Paris, au temps de Caribert (561-567). En tout cas, il obtint gain de cause, fit reconnaître Judwal pour roi de Domnonée. Le roi Franc confirmait aussi l'autorité du saint sur les îles de la Manche, appelées depuis lors "îles anglo-normandes" et qui, à cette époque, étaient bretonnes. On y passa en rentrant. Le retour de Judwal et la protection des Francs lui rallièrent de nombreux partisans : Conomor fut vaincu et tué. Samson ne survécut guère à son deuxième voyage à Paris : brisé de vieillesse, il ne tarda pas à mourir. Mais la mort ne fut pas pour lui l'ensevelissement dans l'oubli. En Grande-Bretagne, son culte demeurait vivace. En France, Normands et Bretons, pour une fois unis, rivalisaient à l'étendre; aventuriers infatigables, ils le propagèrent jusqu'en Italie. La France seule compte encore aujourd'hui 16 lieux de cultes hétérodoxes qui portent son nom, sans compter de nombreux lieux-dits. Dol se montra, évidemment, la plus ardente à défendre son souvenir. Durant plusieurs siècles, elle revendiqua même, en face de Tours, le titre de métropole de la Bretagne. La soumission de Tours à la nouvelle religion née en Germanie (le catholicisme-romain), la résistance des Bretons, restés Orthodoxes jusqu'au début des années 800, vaudra la chute et la déchéance à Dol... mais était-ce vraiment une déchéance que de ne pas apostasier?...
Les principaux disciples de Samson furent saint Magloire, son diacre et son successeur à Dol; saint Budoc, successeur de saint Magloire; saint Similien, abbé du monastère de Taurac; saint Ethbin et saint Guénolé le Jeune (à ne pas confondre avec saint Guénolé de Landevennec), tous 2 moines du même monastère de Taurac; le fameux saint Méen (Mewan), fondateur de celui de Gaël; outre le père, l'oncle, la mère, la tante, les frères, les cousins du saint et plusieurs grands mérovingiens & bretons, dans l'une et dans l'autre Bretagne, qui ont porté partout le nom et la gloire de Samson.
On le représente, tantôt avec une colombe planant sur sa tète, et quelquefois chassant devant lui un dragon.
Le nom de Samson est le premier dans les litanies anglaises du 7ième siècle, entre les saints confesseurs de la nation. Sa fête est marquée à 9 leçons dans les anciens bréviaires de Dol, de Léon et de Saint-Brieuc, au 28 juillet, et au 12 dans celui de l'abbaye de Saint-Méen. Sa mémoire est aussi célébrée dans les bréviaires de Nantes, de Quimper, de Rennes, de Tréguier, d'Orléans, et dans les martyrologes romains d'Usuard (9ème s.) et autres. L'église-cathédrale de Dol-de-Bretagne, aujourd'hui bâtiment touristique et cultuel hétérodoxe, porte le nom de Saint-Samson. Son corps fut enlevé de l'église de Dol du temps des Normands, et porté à Paris, sous le roi Lothaire, par Salvator, évêque de l'ancien siège d'Aleth, avec plusieurs autres corps saints, et depuis une partie fut rapportée en Bretagne. L'Église de Dol possédait un fémur, un tibia, quelques fragments d'autres ossements et quelques vertèbres de son saint patron. Ces saintes reliques furent transférées dans une châsse neuve, le 24 décembre 1579, par m. Charles d'Epinal. À l'époque de la Révolution, elles étaient placées à côté du maître-autel de la cathédrale, dans un très grand reliquaire; mais elles sont maintenant détruites. Quant au reste du corps de saint Samson, laissé à Paris, il fut partagé entre l'église de Saint-Barthélémy et la ville d'Orléans. Dans cette dernière, on bâtit en l'honneur du saint évêque, depuis lors détruite. Ils n'y possédaient pas les reliques de saint Samson : elles avaient été si bien cachées, du temps des ravages des Protestants, au 16ième siècle, qu'on n'a jamais pu les retrouver. Peut-être furent-elles l'objet de la fureur des frères ennemis du vatican. Les ossements, conservés à Paris, étaient dans l'église de Saint-Magloire; ils se trouveraient dans l'église hétérodoxe de Saint-Jacques du Haut-Pas. La châsse qui contenait ces reliques ayant été ouverte le 19 janvier 1547, on y trouva la quantité d'ossements exprimée dans le procès-verbal, avec cette inscription " C'est ici la plus grande partie du corps de saint Samson" – mais aucun évêque Orthodoxe n'était là, ni aucun Orthodoxe n'a pu vérifier depuis, et les faux en la matière étant légion, vu l'usage financier des reliques, on ne sait donc pas s'il existe encore de vraies reliques de saint Samson de Dol, ni où elles se trouveraient.
J. Loth, La Vie la plus anc. de S. Samson de Dol, Paris, 1914, et La vie la plus ans, de S. Samson, abbé-évêque de Dol, Paris, 1923, toutes 2 extraites de la Revue Celtique
C.-G.-H. Doble, S. Samson in Cornwal (Cornish Saints), s. 1. n. d.
Tropaire de saint Samson de Dol
Athlète de la grâce et maître de tempérance,
Tu as illuminé les îles par ta vertu, tel un phare spirituel.
Imitateur des apôtres, tu as répandu la semence de la connaissance du Dieu trine.
Saint pontife Samson, prie le pour qu'Il accorde à nos âmes le salut.
Bel Office byzantin à saint Samson de Dol, en grec, par le protopsaltis Panagiotis Somalis.
Il est demandé à celles et ceux qui célébreront cet Office de bien vouloir y commémorer pour Panagiotis les personnes suivantes :
a. son défunt père Michael, partit pour le Royaume éternel le 21/2/2005
b. l'évêque de Telmessos, mgr Hristoforos, qui a été 8 ans évêque auxiliaire à Londres et son père spirituel durant leur séjour commun en Angleterre.
Le Christ entouré des 4 Évangélistes, Livre de Kells (Bible du 8ème siècle)Source: éditions Fawtier 1912, Taylor 1925
Texte numérisé par: Jonathan M. Wooding (2003, université de Lampeter, Pays de Galles).
Traduction FR : M. Dossogne
nb : le terme "catholique," dans les pays Orthodoxes, avait alors et a toujours le sens du terme dans le Credo ou Symbole de la Foi : selon la plénitude. Il ne visait pas à l'époque ce groupe religieux qui n'existait pas encore, connu aujourd'hui sous le nom de "catholicisme-romain." Catholique était donc tout simplement synonyme d'Orthodoxe et n'avait pas de connotation confessionnelle. On ne peut comprendre les textes d'une époque qu'en utilisant la signification du vocabulaire de l'époque en question; ça semble logique, mais il est bon de le rappeler.
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ICI COMMENCE LE PROLOGUE DE LA VIE DE SAINT SAMSON(Prologue) I. Pressé par les nécessités des hommes de religion et par mon fors intérieur, et pour autant qu'un très grand nombre parmi les pères, dans leur compréhension et perception, tant dans leur vie active et en particulier dans leur vie contemplative, brillent comme des étoiles du ciel pour nous aider, j'ai réalisé une étude de leur vie, tant physique que spirituelle, de manière aussi approfondie qu'il est possible pour un homme quelconque. Et lorsque j'eu considéré ma propre pauvreté et insuffisance, espèce d'ignorant des derniers temps, homme de peu de compréhension et d'encore moins précise connaissance de la grande étendue des Saintes Écritures, à ce récit, je tremblai d'être indigne d'une tâche que tu m'as confiée, O très béni Tigernomalus, évêque d'un siège apostolique, toi dont le jugement spirituel est illuminé d'En Haut. C'est dès lors avec le témoignage d'une conscience déformée devant moi, et en présence du Dieu Tout-Puissant, que je reconnais mon indignité et mon incompétence pour cette oeuvre; sachant que, comme c'est la nature de l'infirmité humaine de faire grand étalage et de se laisser aller au fil de la fierté, nombre d'hommes agissent présomptueusement et à la légère, et au milieu des vagues de ce monde tentent de nager imprudemment vers ce qu'ils ne peuvent atteindre, et sont jetés à la dérive de ci de là, livrés à l'inconstance de leurs esprits; mais quand ont été dévoilés leurs chemins pervers, alors ils sont ramenés à ce qu'ils peuvent atteindre. Et ainsi ces créatures ailées, dont nous lisons la vision du saint prêtre Ezechiel, ayant 4 ailes, avec une paire s'élevant au-dessus d'eux, et les autres couvrant le corps, représentent sans aucun doute toutes les saintes personnes qui, bien que prises par le cours de leurs activités humaines, sont élevées par habitude vers les hauteurs, cependant que, connaissant leurs faiblesses en face de l'immense majesté du Dieu Tout-Puissant, recouvrent ces vertus qu'ils ont avec le manteau de la modestie et de la crainte. Moi donc, enflammé par la promesse du Saint Esprit et par quelqu'étincelle d'une connaissance éclairée, bien que je sois indigne de cette tâche, cependant, déchiré par tes appels, je vais faire de mon insuffisance une offrande volontaire à ton plaisir et ta suggestion. Et ainsi tu commande, ô homme très cher, que je fournisse un bref récit en termes vrais et catholiques de l'histoire et des paroles de saint Samson. Bien que redoutant le travail et la profondeur de la recherche nécessitée par le travail, cependant pour me préserver de la désobéissance, je vais certainement aborder ce à quoi tu m'as invité par tes saintes paroles sous l'inspiration du Dieu Tout-Puissant.
(Prologue) 2. Et avant tout je souhaiterais qu'on comprenne que ces mots ne sont pas couchés sur les lignes d'une vaine conjecture, ou de ces rumeurs confuses et non-autorisées; mais sur ce que j'ai reçu d'un homme religieux et vénérable dont la maison au-delà de la mer fut fondée par Samson lui-même. Il menait une vie catholique et religieuse là depuis près de 80 ans. Dans les temps proches de ceux du précité saint Samson, la mère de saint Samson rapporta ces actions à son oncle, un très saint diacre (lui-même cousin de saint Samson); de ce qu'il ressort [le vénérable vieillard] m'assura fidèlement, me rapportant nombreuses parties de la merveilleuse carrière du saint. Et pas seulement cela, mais il y a aussi de très nombreux et magnifiques récits des incroyables actions qu'il a accomplies de ce côté de la mer, en Bretagne et Romania [?], qui furent excellemment écrites dans un style élégant et emmenées par delà la mer par le précité saint diacre, Henoc était son nom. Le vénérable vieillard, dont nous avons déjà parlé, qui vivait dans ce monastère, les fit sans cesse pieusement et attentivement lire devant moi. Et c'est ainsi que j'ai pensé inadéquat de chercher à laisser tomber dans l'oubli l'incomparable travail de détermination accomplit par le saint, illustre et même très saint homme Samson.
(Prologue) 3. Cependant, pour deux raisons je n'avais pas osé fournir un récit de ces miracles si saints, non, plutôt si glorieux et transcendants, accomplis par le sus-mentionné homme sur ordre de Dieu, si ton saint et prudent conseil n'avait apporté un encouragement à ma faible capacité. La première raison est que je m'étais clairement reconnu indigne, étant empêché par mes péchés, et pas à la hauteur pour traiter une histoire si importante que celle-ci; et du fait que je suis le plus âgé de tous, je souhaitais entièrement échapper aux détracteurs parmi les autres frères et les opinions de ceux qui pensent différemment, comme il advient souvent, concernant le traitement de tant de choses jamais entendues - de choses pour lesquelles je pourrais être accusé d'avoir mal rapporté, [accusé] pas seulement par quelqu'expérimentés, mais aussi, comme c'est plus souvent le cas, par ceux qui sont ignorants, présomptueux et impolis. Et la seconde raison, c'est que dans cette brève période de la dernière partie de ma vie, je craignais d'entamer cette tâche, croyant qu'il me serait difficile d'arriver au bout, parce que ce qu'elle rapportait, comme je l'ai déjà dit, serait tenu par certains pour incroyable. Mais, ô très béni père, ayant en toi quelqu'un qui soutien mon entreprise et quelqu'un qui en effet souhaite être un lecteur et un auditeur, je ne pouvais pas refuser de rapporter ce que dans mon souvenir, je tenais pour être vrai concernant cet homme illustre et saint.
(Prologue) 4. Et, de crainte que ces choses que j'ai vouées à être écrites puissent être mises en doute par certains, j'en appelle au Christ notre Sauveur à tous de témoigner que je n'ai pas entrepris de rapporter cette brève narration à la postérité en la tirant de quelqu'hypothèse faillible, erronée ou incertaine de sa vérité, mais des affirmations des plus saints et intégralement compétents des hommes, et aussi des plus précis et élaborés récits que j'ai trouvés dans ce même monastère, écrits dans un esprit vraiment catholique par le sus-mentionné diacre, rassemblant des petits détails auprès de beaucoup de gens, veillant à ce qu'ils ne soient pas lassants à lire mais utiles, et cela étant, avec l'aide de Dieu, puissent être exposés avec profit. Au début de notre oeuvre, cependant, prions afin que l'aide de notre Seigneur Jésus-Christ puisse être nôtre, Lui dont les mérites et les puissantes oeuvres sont manifestes et magnifiques en Ses saints à travers le monde entier, afin que pour le pauvre, indigne et plus encore pécheur que je suis, Il daigne accorder un voyage doux et agréable vers ce Rivage que j'espère atteindre, non parce que je le mérite, mais pour l'amour d'un homme d'une telle renommée.
FIN DU PROLOGUE.
ICI COMMENCE LA VIE DE SAINT SAMSON LE CONFESSEUR DE JÉSUS-CHRIST, QUI EST COMMÉMORÉ LE 28 JUILLET.
Livre 1 Chapitre 1. SAINT SAMSON,
alors, était du pays de Demetia, et aux regards du rang de ce monde, était né de parents distingués et nobles. Mais afin que les générations à venir puissent avec certitude l'admirer comme prêtre de Dieu, je ne pense pas qu'il faudrait garder le silence sur ce miracle que le Dieu Tout-Puissant daigna montrer à son égard avant qu'il ne fut conçu dans le sein de sa mère. Car ce premier signe de l'honneur qui fut posé sur lui, ou plutôt avant qu'il ne naquit, fut en effet un signe merveilleux. Le père de ce même saint Samson était, comme je l'ai dit, de la lignée Demetienne, Amon était son nom, et sa mère, de Gwent, la province contiguë à Demetia, s'appelait Anna. Dans la Providence du Dieu Tout-Puissant, ils étaient honorablement mariés par un accord mutuel, et avec le consentement commun de leurs pères, qui étaient de la même génération d'âge. De plus, nous savons de source sûr que les parents de ce même couple marié étaient des membres de la cour des rois de leurs provinces respectives, comme nous le trouvons rapporté de manière indubitable dans les enregistrements d'autres actes de ce même saint Samson, et plus encore dans des oeuvres similaires. De plus, j'ai entendu en plusieurs occasions lors du chant de la Messe le nom individuel des 2 parents être lus à l'Autel de saint Samson, parmi les noms de ceux pour qui l'offrande était offerte. Amon en effet, le père de ce même saint Samson, avait un frère, Umbraphel, et de plus Anna, la mère du précité saint, avait une soeur, Afrella était son nom, tous 2 bons frères, toutes 2 bonnes soeurs, nés, comme il en ressort, de bons parents. De plus, Umbraphel, le frère cadet d'Amon, avec le consentement et l'approbation de leurs parents, prit Afrella pour femme, soeur de la sus-mentionnée Anna; et Afrella était elle-même plus jeune que la soeur sus-mentionnée.
Livre 1 Chapitre 2. De plus, pas longtemps après qu'ils soient ensembles, comme ils le méritaient, ladite Afrella conçut et porta un fils en paix. Mais quel serait le besoin de cacher la vérité? Elle eut 3 fils avant sa soeur. Anna était alors considérée par tous ses voisins et amis comme étant sans fruit, stérile. Alors, lorsque l'espoir d'un enfant pour la femme avait été abandonné, non par raison d'une quelconque disparité d'âge comparée à celui de sa soeur, mais à cause de la nature, pendant que les parents s'affligeaient et que la mère se lamentait dans les larmes, le réconfort du Dieu Tout-Puissant était proche; car Anna donnait souvent des aumônes et jeûnait fréquemment, et son mari avec elle. Alors il advint qu'un jour de fête, ils allèrent ensemble à l'église, et là, parmi les nombreux à être occupés à discuter, ils entendirent une conversation concernant un certain Librarius qui vivait dans un coin reculé au nord du pays, un homme recherché dans de nombreuses provinces parce que tous ceux qui avaient fait appel à lui considéraient comme certain ce qu'il leur avait dit. Dès lors comme nombre de gens de l'église avaient décidé ce jour-là de l'attendre afin de le consulter, Amon lui-même, entendant ces choses-là, avec un coeur joyeux, décida d'entreprendre le voyage vers le maître en question avec sa femme Anna.
Les 22 pages suivantes, c'est pour plus tard. Comme j'ai fait avec la vie de saint Photios le Grand, ce sera publié par épisodes sur cette même page.

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