Personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament qui étaient sûrs de leur foi :
Daniel était si sûr de la capacité de Dieu à le protéger qu'il a passé la nuit enfermée dans la fosse aux lions. Puis, lorsque le lendemain matin, on l'y a retrouvé intact et vivant, le roi fut assuré que Daniel était un Juste et que son Dieu était l'Unique vrai Dieu.
P. John
Old and New Testament figures who were sure of their faith:
Daniel was so sure of God's ability to protect him that he spent the night locked in a lion's den. Then, when found him alive and untouched the next morning, the king new for certain that Daniel was a righteous man and that [his] God was the One, True God.
Fr. John
"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes.
Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
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02 février 2017
03 février 2016
La gloire céleste de saint Syméon, "celui qui reçu Dieu dans le Temple"
Quelle grande gloire au Ciel convenait à saint Siméon qui tint le Sauveur du monde en ses mains, comme nous l'apprenons clairement par le récit suivant, rapporté dans l'hagiographie de saint Pierre l'Athonite (12 juin).
Alors qu'il commandait durant une bataille, Pierre fut capturé, enchaîné, emmené esclave et jeté en prison dans la ville de Samara, sur les rives de l'Euphrate. Languissant longtemps en prison, Pierre, en larmes, pria saint Nicolas de supplier Dieu de le libérer de prison, promettant qu'il se consacrerait entièrement à Dieu. Saint Nicolas lui apparut en songe et lui dit que bien qu'il avait intercédé auprès de Dieu en sa faveur, Dieu retardait sa délivrance, parce que lui, Pierre, avait déjà fait un voeu semblable auparavant et ne l'avait pas respecté. De plus, saint Nicolas conseilla à Pierre d'adresser aussi sa prière à saint Siméon le Juste "qui est très puissant devant Dieu et se tient proche du Trône de Dieu, avec la Toute-Sainte Vierge et saint Jean le Précurseur." Pierre s'empressa de suivre le conseil de saint Nicolas et commença à prier saint Siméon. A nouveau, saint Nicolas lui apparut, cette fois en compagnie de saint Siméon, mais cette fois non pas en songe, mais en réalité. Pierre vit Siméon dans son apparence glorieuse, la face radieuse, et revêtu de la tenue sacerdotale du prêtre de l'Ancien Testament, avec un bâton d'or en main. Saint Siméon dit à Pierre : "Veux-tu accomplir ton voeu et devenir moine?" A cela, Pierre répondit : "Oui, maître, avec l'aide de Dieu." Siméon toucha alors les chaînes de Pierre avec son bâton, et les chaînes fondirent comme de la cire au soleil. Ouvrant les portes du cachot, le saint guida Pierre hors de la prison.
Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".
Alors qu'il commandait durant une bataille, Pierre fut capturé, enchaîné, emmené esclave et jeté en prison dans la ville de Samara, sur les rives de l'Euphrate. Languissant longtemps en prison, Pierre, en larmes, pria saint Nicolas de supplier Dieu de le libérer de prison, promettant qu'il se consacrerait entièrement à Dieu. Saint Nicolas lui apparut en songe et lui dit que bien qu'il avait intercédé auprès de Dieu en sa faveur, Dieu retardait sa délivrance, parce que lui, Pierre, avait déjà fait un voeu semblable auparavant et ne l'avait pas respecté. De plus, saint Nicolas conseilla à Pierre d'adresser aussi sa prière à saint Siméon le Juste "qui est très puissant devant Dieu et se tient proche du Trône de Dieu, avec la Toute-Sainte Vierge et saint Jean le Précurseur." Pierre s'empressa de suivre le conseil de saint Nicolas et commença à prier saint Siméon. A nouveau, saint Nicolas lui apparut, cette fois en compagnie de saint Siméon, mais cette fois non pas en songe, mais en réalité. Pierre vit Siméon dans son apparence glorieuse, la face radieuse, et revêtu de la tenue sacerdotale du prêtre de l'Ancien Testament, avec un bâton d'or en main. Saint Siméon dit à Pierre : "Veux-tu accomplir ton voeu et devenir moine?" A cela, Pierre répondit : "Oui, maître, avec l'aide de Dieu." Siméon toucha alors les chaînes de Pierre avec son bâton, et les chaînes fondirent comme de la cire au soleil. Ouvrant les portes du cachot, le saint guida Pierre hors de la prison.
Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".
22 novembre 2015
"Briser les crânes" - ce qui perturbe dans l'Ancien Testament (p. Tryphon, EORHF)
Lorsqu'on lit l'Ancien Testament, il est important de se rappeler qu'il a été écrit comme le récit de peuples en cheminement vers Dieu. Au cours de ce cheminement, les Israélites en sont venus à découvrir progressivement Dieu, par le biais de la révélation de Dieu auprès de leurs prophètes, et leur compréhension de Dieu a commencé à grandir. Le Christ, Logos ou Verbe de Dieu, était dès les origines, et S'identifie comme l'Alpha et l'Omega. Dès lors, l'Ancien Testament ne saurait être convenablement compris qu'à la lumière de la Résurrection du Christ.
Le Dieu de l'Ancien Testament ne peut être compris qu'à la lumière du Nouveau Testament, dès lors nous ne devrions pas prendre trop au sérieux les troublants récits où Dieu dirait à Son peuple de tuer leurs voisins, d'éclater la tête des enfants de leurs ennemis contre des rochers. Les récits historiques où on nous présente la colère du Dieu vétérotestamentaire ne devraient pas nous poser problème, car ce n'est qu'à la lumière de la révélation du Christ que nous pouvons vraiment comprendre la Vérité.
Divers Pères de l'Église ont vu ce massacres d'enfants des récits de l'Ancien Testament comme la représentation des passions, et le rocher où on les brisait comme représentant le Christ. Comme fidèles, nous écrasons nos mauvaises pensées sur le Roc, pour être sûrs que nos passions ne reviennent pas nous vaincre. Nombre de Psaumes ont les mêmes allégories, come une invitation à garder les murs de la cité de nos coeurs, et préserver les trésors spirituels que nous avons reçus de notre Roi et notre Dieu.
Le littéralisme historique n'est pas important lorsqu'on confronte tout cela avec la véritable nature de Dieu telle que révélée, et nous détourner du littéralisme dans notre interprétation de l'Écriture sainte, ce n'est pas une capitulation face au modernisme. L'Église a toujours su comment nous devrions lire les Écritures, car la Vérité du récit biblique ne peut être connue qu'à la lumière du Christ, tel que c'est révélé par Son Église.
Les Pères de l'Église ont reconnu la partie humaine des Écritures, car le Saint Esprit a illuminé les hagiographes (auteurs humains) sans jamais leur faire perdre leur personnalité, comme s'ils étaient des transmetteurs. Ces rédacteurs des Écritures n'étaient pas comme une sorte de tuyauterie par où s'écoulerait le Saint Esprit, car ils ont écrit dans le contexte de leur expérience humaine de Dieu, dans le contexte de leurs expériences culturelle et tribale.
Une certaine synergie existait, pendant qu'ils s'efforçaient de coopérer avec Dieu. Les rédacteurs de l'Ancien Testament parlaient au peuple de leurs époques, dans le contexte culturel de leurs tribus, avec leur propre identité culturelle de leur époque. Les récits d'un Dieu brutal et colérique, tels que perçus par ces écrivains, doivent être considérés comme ne réflétant que la mentalité de l'époque dans laquelle ils ont vécu.
"Ne recherchez pas la mort par les égarements de votre vie et n'attirez pas sur vous la ruine par les œuvres de vos mains. Car Dieu n'a pas fait la mort, Il ne prend pas plaisir à la perte des vivants. Il a tout créé pour l'être; les créatures du monde sont salutaires, en elles il n'est aucun poison de mort, et l'Hadès ne règne pas sur la terre" (Sagesse de Salomon 1,12-14). Ce Dieu de l'Ancien Testament n'a jamais ordonné aux gouvernements et aux armées de tuer, sinon Il serait en contradiction avec les 10 Commandements dans lesquels Il disait à Son peuple qu'ils ne devraient pas tuer.
Les références à la peine capitale ne disent pas à Son peuple de tuer qui que ce soit, mais seulement que les conséquences du péché, c'est la mort. Les récits de lapidation de pécheurs, de têtes d'enfants éclatées contre les rochers, et de massacres de voisins, sont nés dans le péché et les ténèbres d'un peuple qui ne commençait qu'à recevoir la révélation de l'amour de Dieu. Cet amour a été crescendo jusqu'à la Résurrection du Christ d'entre les morts, et le bannissement de la puissance de la mort, une fois pour toutes.
Dans l'amour du Christ,
Higoumène Tryphon
Lire aussi :
Understanding Violence in the Old Testament: Critical and Patristic Perspectives
17 décembre 2014
Le prophète Daniel ou la confiance absolue en Dieu (p. John)
Aujourd'hui, nous commémorons le saint prophète Daniel, qui vécu au 7ème siècle avant Jésus-Christ. En dehors d'être un homme de profonde foi et engagement, la manière dont on se remémore le plus Daniel est probablement pour avoir été jeté dans la fosse aux lions par le roi Darius, parce qu'il refusait de continuer à prier et louer Dieu. Et néanmoins, pour son extrême courage et obéissance, Dieu envoya un Ange pour veiller sur Daniel et le protéger de la gueule des lions. L'histoire de Daniel est un rappel continuel que si nous avons confiance en Dieu et L'honnorons en gardant notre foi, Dieu nous récompensera pour nos efforts et ne nous abandonnera jamais en temps d'épreuves.
P. John
Archangel Michael Orthodox Church
Glory to Jesus Christ!
Today we commemorate the Holy Prophet Daniel who lived during the 7th century BC. Besides being a man of devout faith and commitment, Daniel is probably best remembered for having been sealed in the lion's den by King Darius because he refused to stop worshiping God. However, for his extreme courage and obedience, God sent an angel to watch over Daniel and guard him from the mouths of the lions. Daniel's story is a continual reminder that if we trust in God and honor Him by maintaining our faith, God will reward us for our efforts and never abandon us in times of trouble.
Fr. John
Archangel Michael Orthodox Church
P. John
Archangel Michael Orthodox Church
Glory to Jesus Christ!
Today we commemorate the Holy Prophet Daniel who lived during the 7th century BC. Besides being a man of devout faith and commitment, Daniel is probably best remembered for having been sealed in the lion's den by King Darius because he refused to stop worshiping God. However, for his extreme courage and obedience, God sent an angel to watch over Daniel and guard him from the mouths of the lions. Daniel's story is a continual reminder that if we trust in God and honor Him by maintaining our faith, God will reward us for our efforts and never abandon us in times of trouble.
Fr. John
Archangel Michael Orthodox Church
19 novembre 2014
Rester passif face au mal, c'est coopérer au mal (Abdias / P. John)
Lectures du jour : 1 Thess 4,1-12 & Lc 15,1-10
Aujourd'hui nous commémorons le prophète Abdias, un des 12 "petits" Prophètes de l'Ancien Testament (ndt : le qualificatif "petit" correspond au volume de ses écrits, pas à leur importance). Son nom se traduit littéralement par "celui qui sert ou rend culte à Yaweh". En dehors du fait que son livre est le plus bref de l'Ancien Testament, il est aussi celui dont la datation précise est la plus compliquée - on le situe quelque part entre 850 et 400 avant Jésus-Christ. Les 2 thèmes majeurs qu'il aborde, c'est la destruction d'Edom et la légitimation de Judas. Et bien que ce livre ne fournisse pas beaucoup pour écrire des sermons, le verset 11 m'a toujours frappé :
"Quand tu te tenais à l’écart, le jour où des étrangers emmenaient ses richesses, où des barbares franchissaient ses portes, et jetaient le sort sur Jérusalem, toi tu étais comme l’un d’eux! ."
En d'autres termes, si vous vous contentez de rester planté là, et vous sentir non-concerné alors que d'autres commettent le mal, vous êtes aussi coupables qu'eux. Comme dit le dicton, la seule chose dont le mal a besoin pour réussir, ce sont des hommes bons qui ne réagissent pas.
P. John
Today's scripture Readings: I Thessalonians 4:1-12 & St. Luke 15:1-10
Today we commemorate the Prophet Obadiah, one of the so-called Minor Prophets of the Old Testament. His name literally translates as "one who serves or worships Jehovah." Besides being the shortest Old Testament book, it is also bears the distinction of being the most difficult of all prophecies to date - ranging a span of about 400 years from 845 - 400 BC. Its two major themes are the destruction of Edom and the vindication of Judah. And although this book might not produce the best sermon material, verse 11 has always stuck out to me:
"On the day that you stood aloof, on the day strangers carried off his
wealth, and foreigners entered his gates and cast lots for Jerusalem,
you were like one of them."
In other words, if you just stand there and remain uninvolved while
others are doing wrong, you are just as guilty as they are. As the
saying goes, the only thing needed for evil to succeed is for good men to do nothing.
Fr. John
Aujourd'hui nous commémorons le prophète Abdias, un des 12 "petits" Prophètes de l'Ancien Testament (ndt : le qualificatif "petit" correspond au volume de ses écrits, pas à leur importance). Son nom se traduit littéralement par "celui qui sert ou rend culte à Yaweh". En dehors du fait que son livre est le plus bref de l'Ancien Testament, il est aussi celui dont la datation précise est la plus compliquée - on le situe quelque part entre 850 et 400 avant Jésus-Christ. Les 2 thèmes majeurs qu'il aborde, c'est la destruction d'Edom et la légitimation de Judas. Et bien que ce livre ne fournisse pas beaucoup pour écrire des sermons, le verset 11 m'a toujours frappé :
"Quand tu te tenais à l’écart, le jour où des étrangers emmenaient ses richesses, où des barbares franchissaient ses portes, et jetaient le sort sur Jérusalem, toi tu étais comme l’un d’eux! ."
En d'autres termes, si vous vous contentez de rester planté là, et vous sentir non-concerné alors que d'autres commettent le mal, vous êtes aussi coupables qu'eux. Comme dit le dicton, la seule chose dont le mal a besoin pour réussir, ce sont des hommes bons qui ne réagissent pas.
P. John
Today's scripture Readings: I Thessalonians 4:1-12 & St. Luke 15:1-10
Today we commemorate the Prophet Obadiah, one of the so-called Minor Prophets of the Old Testament. His name literally translates as "one who serves or worships Jehovah." Besides being the shortest Old Testament book, it is also bears the distinction of being the most difficult of all prophecies to date - ranging a span of about 400 years from 845 - 400 BC. Its two major themes are the destruction of Edom and the vindication of Judah. And although this book might not produce the best sermon material, verse 11 has always stuck out to me:
"On the day that you stood aloof, on the day strangers carried off his
wealth, and foreigners entered his gates and cast lots for Jerusalem,
you were like one of them."
In other words, if you just stand there and remain uninvolved while
others are doing wrong, you are just as guilty as they are. As the
saying goes, the only thing needed for evil to succeed is for good men to do nothing.
Fr. John
04 septembre 2014
Moïse et l'Ancien Testament (p. John)
Lectures du jour : 2 Co 10,7-18 & Mc 3,28-35
Aujourd'hui nous commémorons le saint prophète et visionnaire Moïse. De fait de sa place d'importance dans l'Ecriture, et que les 5 premiers livres de la Bible lui soient attribués, c'est une excellente occasion pour se rappeler quelques faits à propos de l'Ancien Testament :
- L'Ancien Testament de base a été écrit en hébreux sur une période de 1.000 ans
- Les 5 premiers livres de l'Ancien Testament sont appelés la Loi ou Torah en hébreux. On les appelle aussi le Pentateuque en grec, ce qui signifie "les 5 rouleaux".
- Ces mêmes 5 livres (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome) sont attribués à Moïse. Parfois, de manière affectueuse, on y fait référence comme aux "Livres de Moïse".
- Il y a 21 livres de Prophètes : Josué, Juges, 1 et 2 Samuel, 1 et 2 Rois, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habbacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie.
- Il y a 13 livres appelés "Ecrits" (histoire, poésie et philosophie) : Psaumes, Proverbes, Job, Daniel, Esdras, Néhémie, 1 & 2 Chroniques, Cantique de Salomon, Ruth, Lamentations, Ecclésiastique, et Esther.
- Les "Apocryphes" (ce qui signifie "caché") sont des livres qui étaient présents dans le Judaïsme jusque presque le début de l'ère chrétienne mais n'ont pour finir pas été repris dans le Canon juif de l'Ancien Testament. Cependant ils étaient acceptés et en général aussi lus. Peut-être que si le Messie n'était pas venu à l'époque où Il est venu, ces livres se seraient quand même retrouvés dans le Canon juif de l'Ancien Testament. Les Apocryphes sont : Tobie, Judith, Sagesse de Salomon, Ben Sirach / Siracide, Baruch, 1 & 2 Maccabées, et les additions aux Livres de Daniel et Esther.
P. John
Ndt : ces livres sont repris dans le Canon de la Bible dite "des Septante" (LXX), qui est la Bible utilisée dans le Nouveau Testament pour les citations bibliques, les prophéties, etc.
Today's Scripture Readings:
2nd Corinthians 10:7-18 & St. Mark 3:28-35
Today we commemorate the Holy Prophet and Godseer Moses. Because of his prominence within Scripture, as well as having the first five Books of the Bible ascribed to him, this is an excellent day to re-cap some facts about the Old Testament:
- The Old Testament was written in Hebrew during a period of over 1,000 years.
- The first five books of the Old Testament are called The Law or
"Torah" in Hebrew. It is also called The Pentateuch meaning "five
scrolls."
- Those same five books (Genesis, Exodus, Leviticus, Numbers, and
Deuteronomy) are attributed to being written by Moses. Sometimes they are affectionately referred to as the "Books of Moses."
- There are 21 books of Prophets. They are Joshua, Judges, 1st Samuel, 2nd Samuel, 1st Kings, 2nd Kings, Isaiah, Jeremiah, Ezekiel, Hosea, Joel, Amos, Obadiah, Jonah, Micah, Nahum, Habakkuk, Zephaniah, Haggai, Zechariah, and Malachi.
- There are 13 books known as "The Writings" (history, poetry, and
philosophy): Psalms, Proverbs, Job, Daniel, Ezra, Nehemiah, 1st
Chronicles, 2nd Chronicles, Song of Solomon, Ruth, Lamentations,
Ecclesiastes, and Esther.
- The Apocrypha (meaning "hidden") are books that were common to Judaism very near the Christian era. However, they were not part of the canon of the Old Testament per se. Nonetheless they were accepted and read generally. Perhaps if the Messiah had not come when He did, these books would have eventually been officially integrated into canon of the Old Testament. The Apocrypha books include: Tobit, Judith, Wisdom of Solomon, Sirach, Baruch, 1st Maccabees, 2nd Maccabees, and additions to the Books of Daniel and Esther.
Fr. John
Aujourd'hui nous commémorons le saint prophète et visionnaire Moïse. De fait de sa place d'importance dans l'Ecriture, et que les 5 premiers livres de la Bible lui soient attribués, c'est une excellente occasion pour se rappeler quelques faits à propos de l'Ancien Testament :
- L'Ancien Testament de base a été écrit en hébreux sur une période de 1.000 ans
- Les 5 premiers livres de l'Ancien Testament sont appelés la Loi ou Torah en hébreux. On les appelle aussi le Pentateuque en grec, ce qui signifie "les 5 rouleaux".
- Ces mêmes 5 livres (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome) sont attribués à Moïse. Parfois, de manière affectueuse, on y fait référence comme aux "Livres de Moïse".
- Il y a 21 livres de Prophètes : Josué, Juges, 1 et 2 Samuel, 1 et 2 Rois, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habbacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie.
- Il y a 13 livres appelés "Ecrits" (histoire, poésie et philosophie) : Psaumes, Proverbes, Job, Daniel, Esdras, Néhémie, 1 & 2 Chroniques, Cantique de Salomon, Ruth, Lamentations, Ecclésiastique, et Esther.
- Les "Apocryphes" (ce qui signifie "caché") sont des livres qui étaient présents dans le Judaïsme jusque presque le début de l'ère chrétienne mais n'ont pour finir pas été repris dans le Canon juif de l'Ancien Testament. Cependant ils étaient acceptés et en général aussi lus. Peut-être que si le Messie n'était pas venu à l'époque où Il est venu, ces livres se seraient quand même retrouvés dans le Canon juif de l'Ancien Testament. Les Apocryphes sont : Tobie, Judith, Sagesse de Salomon, Ben Sirach / Siracide, Baruch, 1 & 2 Maccabées, et les additions aux Livres de Daniel et Esther.
P. John
Ndt : ces livres sont repris dans le Canon de la Bible dite "des Septante" (LXX), qui est la Bible utilisée dans le Nouveau Testament pour les citations bibliques, les prophéties, etc.
Today's Scripture Readings:
2nd Corinthians 10:7-18 & St. Mark 3:28-35
Today we commemorate the Holy Prophet and Godseer Moses. Because of his prominence within Scripture, as well as having the first five Books of the Bible ascribed to him, this is an excellent day to re-cap some facts about the Old Testament:
- The Old Testament was written in Hebrew during a period of over 1,000 years.
- The first five books of the Old Testament are called The Law or
"Torah" in Hebrew. It is also called The Pentateuch meaning "five
scrolls."
- Those same five books (Genesis, Exodus, Leviticus, Numbers, and
Deuteronomy) are attributed to being written by Moses. Sometimes they are affectionately referred to as the "Books of Moses."
- There are 21 books of Prophets. They are Joshua, Judges, 1st Samuel, 2nd Samuel, 1st Kings, 2nd Kings, Isaiah, Jeremiah, Ezekiel, Hosea, Joel, Amos, Obadiah, Jonah, Micah, Nahum, Habakkuk, Zephaniah, Haggai, Zechariah, and Malachi.
- There are 13 books known as "The Writings" (history, poetry, and
philosophy): Psalms, Proverbs, Job, Daniel, Ezra, Nehemiah, 1st
Chronicles, 2nd Chronicles, Song of Solomon, Ruth, Lamentations,
Ecclesiastes, and Esther.
- The Apocrypha (meaning "hidden") are books that were common to Judaism very near the Christian era. However, they were not part of the canon of the Old Testament per se. Nonetheless they were accepted and read generally. Perhaps if the Messiah had not come when He did, these books would have eventually been officially integrated into canon of the Old Testament. The Apocrypha books include: Tobit, Judith, Wisdom of Solomon, Sirach, Baruch, 1st Maccabees, 2nd Maccabees, and additions to the Books of Daniel and Esther.
Fr. John
11 août 2014
Facile: Lecture de l'Ancien Testament "pour son bénéfice propre" (p. Seraphim Holland)
L'Ancien Testament n'est pas si difficile à lire! Voici comment faire, avec des exemples du Deutéronome, lectures pour la fête des Pères du Premier Concile Oecuménique.
Nombre de gens trouvent que l'Ancien Testament est presque incompréhensible et le lisent rarement. Pourtant, ce n'est vraiment pas compliqué. Voici quelque petits principes qui vous aideront à commencer avec l'A.T.
Tout d'abord, vous devez lire l'A.T. tout comme les Évangiles et le restant de l'Écriture sainte, dans l'attente et avec attention, pour y trouver quelque chose d'utile pour votre âme. Recherchez des leçons morales, des bons et des mauvais exemples de vie pour vous, et *EN PARTICULIER* des choses qui résonnent bien dans votre âme. Vous n'avez pas besoin d'apprendre à connaître tous les détails compliqués de l'histoire et de la culture, de la Loi Juive, etc, pour tirer du bénéfice, et si un passage semble vraiment difficile à comprendre, ne vous y égarez pas. Soyez un "glaneur". Toute l'Écriture sainte peut vous enseigner quelque chose que vous avez besoin de connaître, ou vous renforcer d'une manière ou d'une autre.
De plus, vous devriez vous concentrer sur les textes qui sont lus en église, parce que le contexte dans lequel ils sont lus vous apporte d'intéressantes pistes à propos de leur signification. L'A.T. est lu aux Vêpres pour toutes les principales fêtes et pour la commémoration de bien des saints. Si vous êtes attentifs à l'hymnologie (en particulier des grandes fêtes, comme la Nativité, Théophanie, etc), les lectures y sont expliquées.
Appliquons particulièrement le premier principe en mettant en exergue ces extraits des 2 lectures du Deutéronome qui sont lues aux Vêpres commémorant les Pères du Premier Concile Oecuménique, le dimanche entre Ascension et Pentecôte. Nous nous penchons sur les leçons morale et pratique, qui résonnent dans l'âme humaine. Ce n'est pas si difficile, et vous n'avez pas besoin d'être un érudit biblique! Lisez comme si vous étiez aux pieds de Jésus, écoutant comme le faisait Marie, la soeur de Lazarre.
"Vous ne ferez pas acception de personne en jugeant, mais vous écouterez le petit comme le grand. Vous ne craindrez pas l’homme, car la sentence est à Dieu" (Deut. 1,17).
"Aimez l’étranger car au pays d’Égypte vous fûtes des étrangers" (Deut. 10,19)
Prêtre Seraphim Holland, EORHF
The Old Testament is not so hard! How to read it, with examples from Deuteronomy, read for the Fathers of the first Ecumenical Council. (mp3 format)
Many people find the Old Testament to be almost incomprehensible and rarely read it. It is not that hard! There are a few principles that will help you to understand the OT.
First, you must read the OT just as the Gospels and the rest of Scripture, with anticipation and attention. and to gain something useful for your soul. Look for moral lessons, good and bad examples of how to live, and *ESPECIALLY* things that resonate in your soul. You do not need to learn all the intricate details of history and culture, and the Jewish law, etc to benefit, and if a passage seems very hard to understand, do not dwell on it. Be a "gleaner" All of the Scripture can teach you something you need to know, or strengthen you in some way.
Also, you should concentrate on the scriptures that are read in church, because the context in which they are read gives you significant clues as to their meaning. The OT is read at Vespers for all the major feasts, and for the celebrations of some of the saints. If you pay attention to the hymnology (especially for the great feasts, such as Nativity, Theophany, etc) , the reading will be explained.
We apply especially the first principle to two readings from Deuteronomy, which are read at the vespers commemorating the Fathers of the First Ecumenical council, on the Sunday in between Ascension and Pentecost. We hone in on the moral and practical lessons, which resonate in the Christian soul. It is not that hard, and you do not need to be a scriptural scholar! Just read, as if at the feet of Jesus, listening as did Mary, the sister of Lazarus. " There shall be no difference of persons, you shall hear the little as well as the great: neither shall you respect any man's person, because it is the judgment of God" Duet 1:17 " And do you therefore love strangers, because you also were strangers in the land of Egypt." Deut 10:19 2014-03-31
Priest Seraphim Holland, Rocor
Nombre de gens trouvent que l'Ancien Testament est presque incompréhensible et le lisent rarement. Pourtant, ce n'est vraiment pas compliqué. Voici quelque petits principes qui vous aideront à commencer avec l'A.T.
Tout d'abord, vous devez lire l'A.T. tout comme les Évangiles et le restant de l'Écriture sainte, dans l'attente et avec attention, pour y trouver quelque chose d'utile pour votre âme. Recherchez des leçons morales, des bons et des mauvais exemples de vie pour vous, et *EN PARTICULIER* des choses qui résonnent bien dans votre âme. Vous n'avez pas besoin d'apprendre à connaître tous les détails compliqués de l'histoire et de la culture, de la Loi Juive, etc, pour tirer du bénéfice, et si un passage semble vraiment difficile à comprendre, ne vous y égarez pas. Soyez un "glaneur". Toute l'Écriture sainte peut vous enseigner quelque chose que vous avez besoin de connaître, ou vous renforcer d'une manière ou d'une autre.
De plus, vous devriez vous concentrer sur les textes qui sont lus en église, parce que le contexte dans lequel ils sont lus vous apporte d'intéressantes pistes à propos de leur signification. L'A.T. est lu aux Vêpres pour toutes les principales fêtes et pour la commémoration de bien des saints. Si vous êtes attentifs à l'hymnologie (en particulier des grandes fêtes, comme la Nativité, Théophanie, etc), les lectures y sont expliquées.
Appliquons particulièrement le premier principe en mettant en exergue ces extraits des 2 lectures du Deutéronome qui sont lues aux Vêpres commémorant les Pères du Premier Concile Oecuménique, le dimanche entre Ascension et Pentecôte. Nous nous penchons sur les leçons morale et pratique, qui résonnent dans l'âme humaine. Ce n'est pas si difficile, et vous n'avez pas besoin d'être un érudit biblique! Lisez comme si vous étiez aux pieds de Jésus, écoutant comme le faisait Marie, la soeur de Lazarre.
"Vous ne ferez pas acception de personne en jugeant, mais vous écouterez le petit comme le grand. Vous ne craindrez pas l’homme, car la sentence est à Dieu" (Deut. 1,17).
"Aimez l’étranger car au pays d’Égypte vous fûtes des étrangers" (Deut. 10,19)
Prêtre Seraphim Holland, EORHF
The Old Testament is not so hard! How to read it, with examples from Deuteronomy, read for the Fathers of the first Ecumenical Council. (mp3 format)
Many people find the Old Testament to be almost incomprehensible and rarely read it. It is not that hard! There are a few principles that will help you to understand the OT.
First, you must read the OT just as the Gospels and the rest of Scripture, with anticipation and attention. and to gain something useful for your soul. Look for moral lessons, good and bad examples of how to live, and *ESPECIALLY* things that resonate in your soul. You do not need to learn all the intricate details of history and culture, and the Jewish law, etc to benefit, and if a passage seems very hard to understand, do not dwell on it. Be a "gleaner" All of the Scripture can teach you something you need to know, or strengthen you in some way.
Also, you should concentrate on the scriptures that are read in church, because the context in which they are read gives you significant clues as to their meaning. The OT is read at Vespers for all the major feasts, and for the celebrations of some of the saints. If you pay attention to the hymnology (especially for the great feasts, such as Nativity, Theophany, etc) , the reading will be explained.
We apply especially the first principle to two readings from Deuteronomy, which are read at the vespers commemorating the Fathers of the First Ecumenical council, on the Sunday in between Ascension and Pentecost. We hone in on the moral and practical lessons, which resonate in the Christian soul. It is not that hard, and you do not need to be a scriptural scholar! Just read, as if at the feet of Jesus, listening as did Mary, the sister of Lazarus. " There shall be no difference of persons, you shall hear the little as well as the great: neither shall you respect any man's person, because it is the judgment of God" Duet 1:17 " And do you therefore love strangers, because you also were strangers in the land of Egypt." Deut 10:19 2014-03-31
Priest Seraphim Holland, Rocor
19 juin 2014
Même quand l'ennemi semble invincible.. n'ayez pas peur! (2 Ch 32)
2ième Livre des Chroniques, chapitre 32, versets 7 & 8 :
"Soyez fermes et tenez bon; ne craignez pas, ne tremblez pas devant le roi d'Assur et devant toute la multitude qui l'accompagne, car Ce qui est avec nous est plus puissant que ce qui est avec lui.
Avec lui il n'y a qu'un bras de chair, mais avec nous il y a le Seigneur, notre Dieu, qui nous secourt et combat nos combats."
et de fait, le Seigneur Dieu donnera la victoire à Son peuple sans même livrer bataille...
"Soyez fermes et tenez bon; ne craignez pas, ne tremblez pas devant le roi d'Assur et devant toute la multitude qui l'accompagne, car Ce qui est avec nous est plus puissant que ce qui est avec lui.
Avec lui il n'y a qu'un bras de chair, mais avec nous il y a le Seigneur, notre Dieu, qui nous secourt et combat nos combats."
et de fait, le Seigneur Dieu donnera la victoire à Son peuple sans même livrer bataille...
28 février 2014
Les Carêmes de l'Ancien Testament (Za 8 / P. John)
Lectures du jour : Zacharie 8,7-17 & Za 8,19-23
"Ainsi parle le Seigneur Sabaot. Le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième deviendront pour la maison de Juda allégresse, joie, gais jours de fête. Mais aimez la vérité et la paix!" de salut messianique." (Za 8,19)
Au contraire du jour de jeûne divinement ordonné pour le Jour du Pardon (Yom Kippour), les carêmes mentionnés dans le verset ci-dessus étaient d'origine humaine - institués pour se souvenir de 4 événements douloureux qui avaient frappé la nation juive aux temps de Jérémie et d'Ezékiel. Le jeûne du 4ème mois commémorait l'époque où Jérusalem avait été écrasée par la famine et envahie par les Chaldéens (Jé 52,6-7). Le jeûne du 5ème mois était en souvenir de l'incendie du Temple et des maisons (v. 12-13). Le jeûne du 7ème fait référence à la mise à mort de Godolias par Ismaël (Jé 40,8; 41,1-3, 15-18). Et celui du 10ème, c'est pour commémorer l'attaque de Jérusalem par le roi de Babylone (Ez 24,1-2).
Cependant, comme Dieu le proclame par le prophète Zacharie, un jour le peuple ne pratiquera plus des jeûnes pour commémorer ces événements tragiques, mais les remplacera par d'autres jeûnes de commémoration, tels que ceux des événéments du Nouveau Testament, la Nativité et la Passion du Christ.
P. John
Today's Scripture Readings:
Zechariah 8:7-17 & Zechariah 8:19-23
"The fast of the fourth month, and the fast of the fifth, and the fast of the seventh, and the fast of the tenth, shall be to the house of Judah seasons of joy and gladness and cheerful feasts." (Zechariah 8:19)
Unlike the divinely appointed fast for the Day of Atonement (Yom Kippur), the fasts mentioned in this above verse were of human origin - instituted as reminders of four sorrowful events that befell the Jewish nation during the days of Jeremiah and Ezekiel. The "fast of the fourth month" commemorated the time when Jerusalem was broken by famine and invaded by the Chaldeans (Jeremiah 52:6-7). The "fast of the fifth" was in remembrance of when the Temple and the houses were burned (verses 12-13). The "fast of the seventh" refers to when Gedaliah was slain by Ishmael (Jeremiah 40:8; 41:1-3, 15-18). The "fast of the tenth" was for when the king of Babylon turned against Jerusalem (Ezekiel 24:1-2). However, as God proclaims through Zechariah, one day people will no longer perpetuate fasts in memory of those tragic events, but will replace them with other fasts in remembrance of such New Testament events as our Lord's Nativity and Christ's Passion.
Fr. John
"Ainsi parle le Seigneur Sabaot. Le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième deviendront pour la maison de Juda allégresse, joie, gais jours de fête. Mais aimez la vérité et la paix!" de salut messianique." (Za 8,19)
Au contraire du jour de jeûne divinement ordonné pour le Jour du Pardon (Yom Kippour), les carêmes mentionnés dans le verset ci-dessus étaient d'origine humaine - institués pour se souvenir de 4 événements douloureux qui avaient frappé la nation juive aux temps de Jérémie et d'Ezékiel. Le jeûne du 4ème mois commémorait l'époque où Jérusalem avait été écrasée par la famine et envahie par les Chaldéens (Jé 52,6-7). Le jeûne du 5ème mois était en souvenir de l'incendie du Temple et des maisons (v. 12-13). Le jeûne du 7ème fait référence à la mise à mort de Godolias par Ismaël (Jé 40,8; 41,1-3, 15-18). Et celui du 10ème, c'est pour commémorer l'attaque de Jérusalem par le roi de Babylone (Ez 24,1-2).
Cependant, comme Dieu le proclame par le prophète Zacharie, un jour le peuple ne pratiquera plus des jeûnes pour commémorer ces événements tragiques, mais les remplacera par d'autres jeûnes de commémoration, tels que ceux des événéments du Nouveau Testament, la Nativité et la Passion du Christ.
P. John
Today's Scripture Readings:
Zechariah 8:7-17 & Zechariah 8:19-23
"The fast of the fourth month, and the fast of the fifth, and the fast of the seventh, and the fast of the tenth, shall be to the house of Judah seasons of joy and gladness and cheerful feasts." (Zechariah 8:19)
Unlike the divinely appointed fast for the Day of Atonement (Yom Kippur), the fasts mentioned in this above verse were of human origin - instituted as reminders of four sorrowful events that befell the Jewish nation during the days of Jeremiah and Ezekiel. The "fast of the fourth month" commemorated the time when Jerusalem was broken by famine and invaded by the Chaldeans (Jeremiah 52:6-7). The "fast of the fifth" was in remembrance of when the Temple and the houses were burned (verses 12-13). The "fast of the seventh" refers to when Gedaliah was slain by Ishmael (Jeremiah 40:8; 41:1-3, 15-18). The "fast of the tenth" was for when the king of Babylon turned against Jerusalem (Ezekiel 24:1-2). However, as God proclaims through Zechariah, one day people will no longer perpetuate fasts in memory of those tragic events, but will replace them with other fasts in remembrance of such New Testament events as our Lord's Nativity and Christ's Passion.
Fr. John
03 juillet 2013
Alliance ou Testament? Différence entre les notions et évolution des signes d'alliance (Gen. 15 / P. John)
Le chapitre 15 de la Genèse traite de l'alliance de Dieu avec Abram. Le terme hébreu pour alliance est "b'rit", qui provient de "barah", qui signifie "couper ou diviser." Lorsque l'Ancien Testament a été traduit en grec, le terme utilisé pour alliance fut "diatheke," mais ce terme n'a cependant pas un aussi fort impact que le terme original. Cela provient en partie du fait que le concept hébreu de b'rit n'a pas d'équivalent actif dans les cultures helléniques ou occidentales contemporaines. Au fil des siècles, les Chrétiens ont simplement adopté la croyance que cela faisait référence à quelque chose comme notre concept moderne de volonté, comme dans "dernières volontés et testament." En fait, c'est même ainsi que dans les traductions occidentales nous en sommes venus à utiliser le terme "testament" pour dénoter les Ancienne et Nouvelle Alliance de la Bible. Une erreur regrettable qui continue de nos jours par habitude et ignorance basique.
La plus ancienne, la plus primitive manière de tisser une alliance entre deux parties était appelée "couper une alliance," une référence importante, puisque le mot hébreu dénote "couper ou diviser."En anglais moderne, conclure un marché se dit "cutting a deal" c-à-d littéralement "couper une affaire."
Les plus anciennes manières de réaliser une alliance, c'est qu'un représentant de chaque partie de l'arrangement proposé s'entaille un bras avec un couteau, puis ils collaient les 2 blessures ensemble pour signifier le mélange des sangs ("vie"), ou, dans certaines cultures, le sang était carrément sucé de la blessure du contractant. Des serments solennels étaient prononcés, invoquant le nom de Dieu. Visiblement cette tradition est passée à travers les siècles sous la forme de ce qu'on appelle de nos jours "devenir frères de sang."
Le temps passant, un rite différent apparut, où l'on coupait des animaux au lieu de la chair l'un de l'autre. Généralement, cela ne signifiait pas simplement couper l'animal à sang, mais littéralement le tuer, le découper, et le partager en demi ou parties. Ces morceaux étaient alors posés au sol, organisés et séparés en deux groupes, et chaque partie prenante de l'alliance marchait entre les 2 tas en prononçant un serment au nom de Dieu.P. John
Archangel Michael Orthodox Church
Chapter 15 of Genesis deals with God's covenant with Abram. The Hebrew word for covenant is "b'rit," which comes from the word barah, meaning "to cut or divide." When the Old Testament was translated into Greek, the word used for covenant was "diatheke," but this term really doesn't carry the full weight of the original meaning. This is due in part because the Hebrew concept of b'rit doesn't have an active equivalent in Greek or English speaking cultures. Over the centuries, Christians have simply adopted the belief that what is being referred to is something akin to our modern-day concept of a will, as in "Last Will and Testament." In fact, this is how we came to use the English word "Testament" to denote the Old and New Covenants of the Bible; an unfortunate error that continues to this day by habit and through basic ignorance.
The oldest, most primitive way of creating a covenant between two parties was called "cutting a covenant," an important reference because, again, the Hebrew word denotes "cutting or dividing." This is also how we derive the modern-day phrase "cutting a deal."
The earliest covenant-making procedures involved a representative from each side of the proposed agreement cutting their arm with a knife and then holding the cuts together to signify the mixing of blood ("life") or, in some cultures, the blood was actually sucked from each other's wounds by the opposite party. Solemn oaths were then sworn, invoking the name of the God. Obviously this tradition has survived through the ages in the guise of becoming "blood brothers."
In time, a different rite appeared which involved cutting animals instead of each other's flesh. Generally this meant not just slashing an animal to draw blood, but literally killing it, cutting it up, and dividing it into halves or pieces. These pieces would then be laid out on the ground, organized and separated into two groups, and both participants of the covenant would walk between them while swearing an oath in the name of God.
Fr. John
Archangel Michael Orthodox Church
La plus ancienne, la plus primitive manière de tisser une alliance entre deux parties était appelée "couper une alliance," une référence importante, puisque le mot hébreu dénote "couper ou diviser."En anglais moderne, conclure un marché se dit "cutting a deal" c-à-d littéralement "couper une affaire."
Les plus anciennes manières de réaliser une alliance, c'est qu'un représentant de chaque partie de l'arrangement proposé s'entaille un bras avec un couteau, puis ils collaient les 2 blessures ensemble pour signifier le mélange des sangs ("vie"), ou, dans certaines cultures, le sang était carrément sucé de la blessure du contractant. Des serments solennels étaient prononcés, invoquant le nom de Dieu. Visiblement cette tradition est passée à travers les siècles sous la forme de ce qu'on appelle de nos jours "devenir frères de sang."
Le temps passant, un rite différent apparut, où l'on coupait des animaux au lieu de la chair l'un de l'autre. Généralement, cela ne signifiait pas simplement couper l'animal à sang, mais littéralement le tuer, le découper, et le partager en demi ou parties. Ces morceaux étaient alors posés au sol, organisés et séparés en deux groupes, et chaque partie prenante de l'alliance marchait entre les 2 tas en prononçant un serment au nom de Dieu.P. John
Archangel Michael Orthodox Church
Chapter 15 of Genesis deals with God's covenant with Abram. The Hebrew word for covenant is "b'rit," which comes from the word barah, meaning "to cut or divide." When the Old Testament was translated into Greek, the word used for covenant was "diatheke," but this term really doesn't carry the full weight of the original meaning. This is due in part because the Hebrew concept of b'rit doesn't have an active equivalent in Greek or English speaking cultures. Over the centuries, Christians have simply adopted the belief that what is being referred to is something akin to our modern-day concept of a will, as in "Last Will and Testament." In fact, this is how we came to use the English word "Testament" to denote the Old and New Covenants of the Bible; an unfortunate error that continues to this day by habit and through basic ignorance.
The oldest, most primitive way of creating a covenant between two parties was called "cutting a covenant," an important reference because, again, the Hebrew word denotes "cutting or dividing." This is also how we derive the modern-day phrase "cutting a deal."
The earliest covenant-making procedures involved a representative from each side of the proposed agreement cutting their arm with a knife and then holding the cuts together to signify the mixing of blood ("life") or, in some cultures, the blood was actually sucked from each other's wounds by the opposite party. Solemn oaths were then sworn, invoking the name of the God. Obviously this tradition has survived through the ages in the guise of becoming "blood brothers."
In time, a different rite appeared which involved cutting animals instead of each other's flesh. Generally this meant not just slashing an animal to draw blood, but literally killing it, cutting it up, and dividing it into halves or pieces. These pieces would then be laid out on the ground, organized and separated into two groups, and both participants of the covenant would walk between them while swearing an oath in the name of God.
Fr. John
Archangel Michael Orthodox Church
14 juin 2013
Les reliques des saints et le prophète Elisée (2 Rois 13,20-21)
"Élisée mourut et on l’enterra. Des bandes de Moabites faisaient incursion dans le pays chaque année. Il arriva que des gens qui portaient un homme en terre virent la bande; ils jetèrent l’homme dans la tombe d’Élisée et partirent. L’homme toucha les ossements d’Élisée: il reprit vie et se dressa sur ses pieds."
2ème livre des Rois, 13,20-21 (BJ)
2ème livre des Rois, 13,20-21 (BJ)
11 avril 2011
Jacob et Esau, la croissance spirituelle vue par les Pères (Dynamis)
DYNAMIS, Croissance spirituelle, 11 avril 2011, lundi de la 6ème semaine du Grand Carême
http://groups.yahoo.com/group/orthodoxdynamis/message/4444
Isaac vieillissait et ses yeux étaient devenus trop faibles pour voir, il appela Ésaü, son fils aîné, et lui dit : "Mon fils!" - "Me voici," répondit-il. Isaac dit : "Tu vois, je suis vieux et je ne sais pas quand je vais mourir. Je t'en prie, prends tes armes, ton carquois et ton arc, va dans la campagne, et tue-moi du gibier. Fais m'en un de ces ragoûts que j'aime, et apporte-le moi, pour que j'en mange et que je te bénisse avant de mourir." Or Rébecca prêtait l'oreille tandis qu'Isaac parlait à son fils Ésaü. Ésaü s'en alla dans la campagne pour tuer et rapporter du gibier. Rébecca dit à Jacob, son fils : "Je viens d'entendre ton père dire à ton frère Ésaü de lui rapporter du gibier et de lui préparer un plat savoureux, afin qu'il le mange et qu'il bénisse ton frère devant le Seigneur, avant de mourir. Écoute-moi donc, mon fils, et suis mes conseils. Va me chercher au troupeau deux beaux chevreaux. J'en ferai pour ton père un plat succulent, comme il l'aime; tu le lui porteras et il en mangera, afin qu'il te bénisse avant de mourir." - "Mais, répondit Jacob à sa mère, Ésaü, mon frère, est velu, et moi je ne le suis pas. Si mon père vient à me palper, je passerai à ses yeux pour un trompeur, et je m'attirerai une malédiction au lieu de la bénédiction." - "Je prends sur moi ta malédiction, mon fils, reprit sa mère. Écoute-moi seulement, et va me chercher ce que je dis." Jacob y alla et apporta les deux chevreaux à sa mère, qui en fit un plat succulent, comme son père les aimait. Elle choisit les plus beaux vêtements d'Ésaü, son fils aîné, qu'elle avait à la maison, et en revêtit Jacob, son fils cadet. Puis elle lui couvrit les mains, ainsi que la partie lisse du cou, de la peau des chevreaux, et lui mit dans la main le plat succulent et le pain qu'elle avait préparés. Jacob se rendit près de son père et lui dit : "Mon père." - "Oui. Qui es-tu, mon fils?" Jacob répondit à son père : "Je suis Ésaü, ton premier-né; j'ai fait ce que tu as demandé. Redresse-toi, je te prie, assieds-toi, et mange de mon gibier, afin que tu me bénisses." - "Comme tu as trouvé vite, mon fils!" - "C'est que le Seigneur ton Dieu m'a fait rencontrer le gibier." - "Approche donc, mon fils, que je te palpe, pour voir si tu es bien mon fils Ésaü." Jacob s'approcha d'Isaac, son père, qui le palpa et dit : "La voix, c'est la voix de Jacob, mais les mains sont les mains d'Ésaü." Il ne reconnut pas, car ses mains étaient velues comme celles de son frère Ésaü. Et il le bénit. "Tu es bien mon fils Ésaü?" Lui dit-il. - "Oui." - "Sers-moi, que je mange de ta chasse, mon fils, et que je te bénisse." Jacob le servit et il mangea; puis il lui présenta du vin, dont il but. Alors Isaac, son père, lui dit : "Approche-toi, mon fils, et embrasse-moi." Comme Jacob s'approchait pour l'embrasser, Isaac sentit l'odeur de ses vêtements, et il le bénit en ces termes : "Oui, l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ que le Seigneur a béni. Que Dieu te donne de la rosée du ciel et de la fertilité de la terre, froment et vin en abondance! Que les peuples te servent, et que les nations se prosternent devant toi! Sois le maître de tes frères et que se courbent devant toi les fils de ta mère! Maudit soit qui te maudira, et béni qui te bénira!" À peine Isaac avait-il achevé de bénir Jacob, et celui-ci venait-il de quitter son père, qu'Ésaü rentra de la chasse. Il apprêta, lui aussi, un plat succulent, qu'il apporta à son père en lui disant : "Que mon père se redresse, et mange de la chasse de son fils, afin que tu me bénisses." - "Qui es-tu?" lui demanda son père Isaac. - "Je suis ton fils premier-né, Ésaü." Alors Isaac, en proie à une émotion violente : "Qui est donc, dit-il, celui qui a été à la chasse, et m'a apporté le gibier que j'ai mangé avant que tu reviennes? Je l'ai béni; aussi restera-t-il béni." En entendant ces paroles de son père, Ésaü poussa une clameur pleine d'amertume, et il lui dit : "Bénis-moi aussi, mon père." - "Ton frère, lui répondit-il, est venu surprendre ta bénédiction par ruse." Ésaü dit alors : "Est-ce parce qu'il s'appelle Jacob qu'il vient de me supplanter pour la seconde fois? Il m'a pris mon droit d'aînesse, et voici maintenant qu'il me ravit ma bénédiction!" Il ajouta : "Ne m'en as-tu point réservé une autre?" Isaac lui répondit : "J'ai fait de lui ton maître, et je lui ai donné tous ses frères pour serviteurs. Je l'ai pourvu de froment et de vin. Que puis-je donc faire pour toi, mon fils?" Ésaü dit à son père : "N'as-tu qu'une seule bénédiction, mon père? Bénis-moi aussi, mon père!" Et il se mit à pleurer. Alors Isaac reprit la parole : "voici, dit-il, que ton séjour sera privé de terres fertiles et de la rosée qui descend des cieux. Tu vivras de ton épée tout en servant ton frère, mais si tu te délivres, tu briseras son joug de dessus ton cou." Ésaü prit Jacob en aversion à cause de la bénédiction que lui avait donnée son père, et il dit en son coeur : "Viennent les jours de deuil de mon père, et je tuerai mon frère Jacob." On rapporta à Rébecca les propos de son fils aîné. Elle fit appeler son cadet Jacob et lui dit : "Ton frère Ésaü veut se venger de toi et te tuer."

Croissance spirituelle : Genèse 27,1-42, en particulier le verset 28: "Que Dieu te donne de la rosée du ciel et de la fertilité de la terre, froment et vin en abondance!" En cette dernière semaine du Grand Carême, la lecture de la Genèse met l'accent sur le petit-fils d'Abraham, Jacob, le plus jeune des jumeaux qu'Isaac, fils d'Abraham, a eu avec sa femme Rebbeca (Gn 25,21-23). La personnalité de ces 2 jumeaux était très différente : les saints Pères voient l'aîné, Esaü, comme cédant à la mauvaise sensualité, mais en Jacob, ils ont vu un homme qui croissait dans la relation avec Dieu. Les 2 hommes apportent un riche aperçu de la croissance dans l'Esprit : Esaü nous avertit qu'il vaut mieux étouffer tous les désirs charnels, et Jacob révèle comment entrer dans une manière spirituelle de vivre, et à passer le restant de notre vie dans la paix et la repentance.
Si on tire la péricope suivante hors du contexte historique de Jacob et Esaü, on pourrait facilement en conclure qu'Esaü a été victime d'une grave injustice, du fait du complot de Rebecca et Jacob. Cependant, les Pères lisent ce passage en contexte. D'où Origène faisait remarquer que "le complot d'Esaü contre Jacob a comme prétexte apparent de reprendre la bénédiction. Mais avant cela, l'âme d'Esaü avait des 'racines' dans l'immoralité et l'impiété." L'évidence de l'affirmation d'Origène se voit dans la lecture de ce jour, Esaü en colère décidant pour finir de commettre un meurtre (Gn. 27,41-42).
En parlant d'Esaü, l'Apôtre Paul met le fidèle en garde : "Veillez à ce que personne ne laisse passer la grâce de Dieu, à ce que ne surgisse aucune racine d'amertume capable de troubler et de contaminer la masse d'entre vous. Qu'il n'y ait parmi vous ni sensuel ni profanateur comme Ésaü [..]" (Héb. 12,15-16). Après tout, notre Seigneur nous demande de banir tout désir charnel. Et l'Apôtre ajoute : "Bannissez du milieu de vous toute espèce d'aigreur, d'emportement, de colère, de cri, d'injure, ainsi que toute méchanceté" (Eph. 4,31).
Dissertant sur le complot de Rebecca et Jacob, les Pères y ont vu la métaphore d'une croissance spirituelle. Tout comme Esaü et Jacob sortaient du même sein de Rebecca, le mal et le bien proviennent de la même source – nos âmes. Ce qui faisait dire à saint Ambroise de Milan que, comme Rebecca, nous devrions répudier les mauvais rejetons de nos coeurs et veiller à ce que ".. la bonté soit favorisée et renforcée." Ainsi, pleurant sur nos péchés, et nous détournant de l'Esaü qui est en nous, prions Dieu le Saint Esprit de nous assister de lutter avec une ferme résolution comme Jacob, de sorte que nous accomplissions toujours ce qui est agréable à Dieu et Lui apportions toujours louange et gloire. Décidons-nous à oeuvrer activement à la bonté. Alors, comme disait Saint Nicétas Stéthatos, nous serons ".. à la ressemblance (de Dieu) si nous possédons la vertu et la compréhension car 'Sa vertu couvre les Cieux' (Hab. 3,3)".
Il y a 2 aspects à l'effort requis pour la croissance spirituelle : nous débarasser des passions pécheresses, et faire nôtres les vertus. Dans le Grand Canon, saint André de Crète nous enseigne à nous encourager nous-mêmes : "Tu as imité le détestable Esaü, ô mon âme, tu as vendu ton droit d'aînesse, le droit de ta beauté originelle, à celui qui cherchait à te supplanter, et ainsi tu as été privée de la bénédiction Paternelle." Nous savons très facilement perdre la ressemblance de Dieu qui est marquée en nous; cependant, par la grâce de Dieu reçue dans les saints Mystères de la Confession et de la Communion, nous pouvons récupérer cet inestimable trésor.
Nous perdons l'héritage de notre Père Céleste par nos péchés. Saint André dit "aussi, fais pénitence." Dès lors, passons le restant de notre vie dans la paix et la repentance, et recouvrons l'état qui nous était originellement dévolu. Après avoir perdu la bénédiction, Esaü se mit à plaider sa cause car il voulait hériter de la bénédiction, mais il fut repoussé. Comme dit l'Apôtre il "[..] ne put amener son père à se repentir de ses paroles, encore qu'il l'en suppliât tout en larmes" (Héb. 12,17). Cependant, en Christ, la véritable repentance, la purification de nos péchés, et la restauration en Dieu sont à nouveau possibles.
Ô Seigneur, accepte la poussière de notre repentance, et par Ta grâce, accorde-nous le Ciel.
La Réconciliation de Jacob et Esaü (de longues années après!)

http://groups.yahoo.com/group/orthodoxdynamis/message/4444
Isaac vieillissait et ses yeux étaient devenus trop faibles pour voir, il appela Ésaü, son fils aîné, et lui dit : "Mon fils!" - "Me voici," répondit-il. Isaac dit : "Tu vois, je suis vieux et je ne sais pas quand je vais mourir. Je t'en prie, prends tes armes, ton carquois et ton arc, va dans la campagne, et tue-moi du gibier. Fais m'en un de ces ragoûts que j'aime, et apporte-le moi, pour que j'en mange et que je te bénisse avant de mourir." Or Rébecca prêtait l'oreille tandis qu'Isaac parlait à son fils Ésaü. Ésaü s'en alla dans la campagne pour tuer et rapporter du gibier. Rébecca dit à Jacob, son fils : "Je viens d'entendre ton père dire à ton frère Ésaü de lui rapporter du gibier et de lui préparer un plat savoureux, afin qu'il le mange et qu'il bénisse ton frère devant le Seigneur, avant de mourir. Écoute-moi donc, mon fils, et suis mes conseils. Va me chercher au troupeau deux beaux chevreaux. J'en ferai pour ton père un plat succulent, comme il l'aime; tu le lui porteras et il en mangera, afin qu'il te bénisse avant de mourir." - "Mais, répondit Jacob à sa mère, Ésaü, mon frère, est velu, et moi je ne le suis pas. Si mon père vient à me palper, je passerai à ses yeux pour un trompeur, et je m'attirerai une malédiction au lieu de la bénédiction." - "Je prends sur moi ta malédiction, mon fils, reprit sa mère. Écoute-moi seulement, et va me chercher ce que je dis." Jacob y alla et apporta les deux chevreaux à sa mère, qui en fit un plat succulent, comme son père les aimait. Elle choisit les plus beaux vêtements d'Ésaü, son fils aîné, qu'elle avait à la maison, et en revêtit Jacob, son fils cadet. Puis elle lui couvrit les mains, ainsi que la partie lisse du cou, de la peau des chevreaux, et lui mit dans la main le plat succulent et le pain qu'elle avait préparés. Jacob se rendit près de son père et lui dit : "Mon père." - "Oui. Qui es-tu, mon fils?" Jacob répondit à son père : "Je suis Ésaü, ton premier-né; j'ai fait ce que tu as demandé. Redresse-toi, je te prie, assieds-toi, et mange de mon gibier, afin que tu me bénisses." - "Comme tu as trouvé vite, mon fils!" - "C'est que le Seigneur ton Dieu m'a fait rencontrer le gibier." - "Approche donc, mon fils, que je te palpe, pour voir si tu es bien mon fils Ésaü." Jacob s'approcha d'Isaac, son père, qui le palpa et dit : "La voix, c'est la voix de Jacob, mais les mains sont les mains d'Ésaü." Il ne reconnut pas, car ses mains étaient velues comme celles de son frère Ésaü. Et il le bénit. "Tu es bien mon fils Ésaü?" Lui dit-il. - "Oui." - "Sers-moi, que je mange de ta chasse, mon fils, et que je te bénisse." Jacob le servit et il mangea; puis il lui présenta du vin, dont il but. Alors Isaac, son père, lui dit : "Approche-toi, mon fils, et embrasse-moi." Comme Jacob s'approchait pour l'embrasser, Isaac sentit l'odeur de ses vêtements, et il le bénit en ces termes : "Oui, l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ que le Seigneur a béni. Que Dieu te donne de la rosée du ciel et de la fertilité de la terre, froment et vin en abondance! Que les peuples te servent, et que les nations se prosternent devant toi! Sois le maître de tes frères et que se courbent devant toi les fils de ta mère! Maudit soit qui te maudira, et béni qui te bénira!" À peine Isaac avait-il achevé de bénir Jacob, et celui-ci venait-il de quitter son père, qu'Ésaü rentra de la chasse. Il apprêta, lui aussi, un plat succulent, qu'il apporta à son père en lui disant : "Que mon père se redresse, et mange de la chasse de son fils, afin que tu me bénisses." - "Qui es-tu?" lui demanda son père Isaac. - "Je suis ton fils premier-né, Ésaü." Alors Isaac, en proie à une émotion violente : "Qui est donc, dit-il, celui qui a été à la chasse, et m'a apporté le gibier que j'ai mangé avant que tu reviennes? Je l'ai béni; aussi restera-t-il béni." En entendant ces paroles de son père, Ésaü poussa une clameur pleine d'amertume, et il lui dit : "Bénis-moi aussi, mon père." - "Ton frère, lui répondit-il, est venu surprendre ta bénédiction par ruse." Ésaü dit alors : "Est-ce parce qu'il s'appelle Jacob qu'il vient de me supplanter pour la seconde fois? Il m'a pris mon droit d'aînesse, et voici maintenant qu'il me ravit ma bénédiction!" Il ajouta : "Ne m'en as-tu point réservé une autre?" Isaac lui répondit : "J'ai fait de lui ton maître, et je lui ai donné tous ses frères pour serviteurs. Je l'ai pourvu de froment et de vin. Que puis-je donc faire pour toi, mon fils?" Ésaü dit à son père : "N'as-tu qu'une seule bénédiction, mon père? Bénis-moi aussi, mon père!" Et il se mit à pleurer. Alors Isaac reprit la parole : "voici, dit-il, que ton séjour sera privé de terres fertiles et de la rosée qui descend des cieux. Tu vivras de ton épée tout en servant ton frère, mais si tu te délivres, tu briseras son joug de dessus ton cou." Ésaü prit Jacob en aversion à cause de la bénédiction que lui avait donnée son père, et il dit en son coeur : "Viennent les jours de deuil de mon père, et je tuerai mon frère Jacob." On rapporta à Rébecca les propos de son fils aîné. Elle fit appeler son cadet Jacob et lui dit : "Ton frère Ésaü veut se venger de toi et te tuer."

Croissance spirituelle : Genèse 27,1-42, en particulier le verset 28: "Que Dieu te donne de la rosée du ciel et de la fertilité de la terre, froment et vin en abondance!" En cette dernière semaine du Grand Carême, la lecture de la Genèse met l'accent sur le petit-fils d'Abraham, Jacob, le plus jeune des jumeaux qu'Isaac, fils d'Abraham, a eu avec sa femme Rebbeca (Gn 25,21-23). La personnalité de ces 2 jumeaux était très différente : les saints Pères voient l'aîné, Esaü, comme cédant à la mauvaise sensualité, mais en Jacob, ils ont vu un homme qui croissait dans la relation avec Dieu. Les 2 hommes apportent un riche aperçu de la croissance dans l'Esprit : Esaü nous avertit qu'il vaut mieux étouffer tous les désirs charnels, et Jacob révèle comment entrer dans une manière spirituelle de vivre, et à passer le restant de notre vie dans la paix et la repentance.
Si on tire la péricope suivante hors du contexte historique de Jacob et Esaü, on pourrait facilement en conclure qu'Esaü a été victime d'une grave injustice, du fait du complot de Rebecca et Jacob. Cependant, les Pères lisent ce passage en contexte. D'où Origène faisait remarquer que "le complot d'Esaü contre Jacob a comme prétexte apparent de reprendre la bénédiction. Mais avant cela, l'âme d'Esaü avait des 'racines' dans l'immoralité et l'impiété." L'évidence de l'affirmation d'Origène se voit dans la lecture de ce jour, Esaü en colère décidant pour finir de commettre un meurtre (Gn. 27,41-42).
En parlant d'Esaü, l'Apôtre Paul met le fidèle en garde : "Veillez à ce que personne ne laisse passer la grâce de Dieu, à ce que ne surgisse aucune racine d'amertume capable de troubler et de contaminer la masse d'entre vous. Qu'il n'y ait parmi vous ni sensuel ni profanateur comme Ésaü [..]" (Héb. 12,15-16). Après tout, notre Seigneur nous demande de banir tout désir charnel. Et l'Apôtre ajoute : "Bannissez du milieu de vous toute espèce d'aigreur, d'emportement, de colère, de cri, d'injure, ainsi que toute méchanceté" (Eph. 4,31).
Dissertant sur le complot de Rebecca et Jacob, les Pères y ont vu la métaphore d'une croissance spirituelle. Tout comme Esaü et Jacob sortaient du même sein de Rebecca, le mal et le bien proviennent de la même source – nos âmes. Ce qui faisait dire à saint Ambroise de Milan que, comme Rebecca, nous devrions répudier les mauvais rejetons de nos coeurs et veiller à ce que ".. la bonté soit favorisée et renforcée." Ainsi, pleurant sur nos péchés, et nous détournant de l'Esaü qui est en nous, prions Dieu le Saint Esprit de nous assister de lutter avec une ferme résolution comme Jacob, de sorte que nous accomplissions toujours ce qui est agréable à Dieu et Lui apportions toujours louange et gloire. Décidons-nous à oeuvrer activement à la bonté. Alors, comme disait Saint Nicétas Stéthatos, nous serons ".. à la ressemblance (de Dieu) si nous possédons la vertu et la compréhension car 'Sa vertu couvre les Cieux' (Hab. 3,3)".
Il y a 2 aspects à l'effort requis pour la croissance spirituelle : nous débarasser des passions pécheresses, et faire nôtres les vertus. Dans le Grand Canon, saint André de Crète nous enseigne à nous encourager nous-mêmes : "Tu as imité le détestable Esaü, ô mon âme, tu as vendu ton droit d'aînesse, le droit de ta beauté originelle, à celui qui cherchait à te supplanter, et ainsi tu as été privée de la bénédiction Paternelle." Nous savons très facilement perdre la ressemblance de Dieu qui est marquée en nous; cependant, par la grâce de Dieu reçue dans les saints Mystères de la Confession et de la Communion, nous pouvons récupérer cet inestimable trésor.
Nous perdons l'héritage de notre Père Céleste par nos péchés. Saint André dit "aussi, fais pénitence." Dès lors, passons le restant de notre vie dans la paix et la repentance, et recouvrons l'état qui nous était originellement dévolu. Après avoir perdu la bénédiction, Esaü se mit à plaider sa cause car il voulait hériter de la bénédiction, mais il fut repoussé. Comme dit l'Apôtre il "[..] ne put amener son père à se repentir de ses paroles, encore qu'il l'en suppliât tout en larmes" (Héb. 12,17). Cependant, en Christ, la véritable repentance, la purification de nos péchés, et la restauration en Dieu sont à nouveau possibles.
Ô Seigneur, accepte la poussière de notre repentance, et par Ta grâce, accorde-nous le Ciel.
La Réconciliation de Jacob et Esaü (de longues années après!)
27 décembre 2008
Vie de sainte Fabiola par saint Jérôme et lettre sur les habits sacerdotaux de l'Ancienne Alliance

d'après le tableau de Jean-Jacques Henner, 19ème s.
Comme pour tant d'autres grands saints d'ici, pas la moindre petite enluminure, antique statue Orthodoxe, antique Icône Orthodoxe, etc, et rien non plus dans les nouvelles. Hélas.
Au 4ème siècle, sainte Fabiola, première femme-chirurgien, fonde dans la Rome encore un peu Chrétienne, la première organisation hospitalière. Elle meurt en 399. Voici sa vie écrite par saint Jérôme.
À Océanus.
Il y a plusieurs années que j'écrivis à Paula, cette femme si illustre par sa vertu entre toutes celles de son sexe, pour la consoler de l'extrême déplaisir qu'elle venait de recevoir de la perte de Blesilla ; il y a 4 ans que j'employai tous les efforts de mon esprit pour faire l'épitaphe de Népotien, que j'envoyai à l'évêque Héliodore; et il y a environ 2 ans que j'écrivis une petite lettre à mon cher ami Pammaque sur la mort si soudaine de Pauline, ayant honte de faire un plus long discours à un homme très éloquent, et de lui représenter des choses qu'il pouvait trouver en lui-même, ce qui n'aurait pas tant été consoler mon ami que, par une sotte vanité, vouloir instruire un homme accompli en toutes sortes de perfections.Maintenant, mon fils Océanus, vous m'engagez dans un ouvrage à quoi mon devoir m'engageait déjà et auquel je suis assez porté de moi-même, qui est de donner un jour tout nouveau à une matière qui n'est plus nouvelle, en représentant dans leur éclat et dans leur lustre tant de vertus qui peuvent passer pour nouvelles en ce qu'elles sont extraordinaires; car dans ces autres consolations je n'avais qu'à soulager l'affliction d'une mère, la tristesse d'un oncle et la douleur d'un mari; et, selon la diversité des personnes, chercher divers remèdes dans l'Ecriture sainte; mais aujourd'hui vous me donnez pour sujet Fabiola, la gloire des Chrétiens, l'étonnement des idolâtres, le regret des pauvres et la consolation des solitaires.
Quoi que je veuille louer d'abord, ce semblera peu de chose en comparaison de ce que je dirai ensuite, puisque si je parle de ses jeûnes, ses aumônes sont plus considérables; si j'exalte son humilité, l'ardeur de sa Foi la surpasse; et si je dis qu'elle a aimé la bassesse et que, pour condamner la vanité des robes de soie, elle a voulu être vêtue comme les moindres d'entre le peuple et comme les esclaves, c'est beaucoup plus d'avoir renoncé à l'affection des ornements qu'aux ornements mêmes, parce qu'il est plus difficile de nous dépouiller de notre orgueil que de nous passer d'or et de pierreries. Après les avoir quittées nous sommes quelquefois enflammés de présomption en portant des habits sales et déchirés qui nous sont fort honorables, et nous faisons parade d'une pauvreté que nous vendons pour le prix des applaudissements populaires; au lieu qu'une vertu cachée, et qui n'a pour consolation que le secret de notre propre conscience, ne regarde que Dieu seul comme son juge.
Il faut donc que j'élève la vertu de Fabiola par des louanges tout extraordinaires, et que, laissant l'ordre dont les orateurs se servent, je prenne le sujet de mon discours des commencements de sa confession et de sa pénitence. Quelque autre, se souvenant de ce qu'il a vu dans le poète, représenterait ici ce Fabius Maximus
"Qui par les grands succès d'une valeur prudente
Soutint, seul des Romains la gloire chancelante,"
et toute cette illustre race des Fabiens; il dirait quels ont été leurs combats, il raconterait leurs batailles, et vanterait la grandeur de Fabiola en montrant qu'elle a tiré sa naissance d'une si longue suite d'aïeux et d'une souche si noble et si éclatante, afin défaire voir dans le tronc des preuves de la grandeur qu'il ne pourrait trouver dans les branches; mais quant à moi, qui ai tant d'amour pour l'étable de Bethléem et pour la mangeoire de notre Sauveur, où la Vierge-mère donna aux hommes un Dieu-enfant, je chercherai toute la gloire d'une servante de Jésus-Christ, non dans les ornements et les avantages que les histoires anciennes lui peuvent donner, mais dans l'humilité qu'elle a apprise et pratiquée dans l'Église.
Ch. 1. De la faute que sainte Fabiola avait faite de se remarier du vivant, de son premier mari, bien qu'elle l'eût répudié pour des causes très légitimes.
Or, parce que dès l'entrée de mon discours il se rencontre comme un écueil et une tempête formée par la médisance de ses ennemis, qui lui reprochent d'avoir quitté son premier mari pour en épouser un autre, je commencerai par faire voir de quelle sorte elle a obtenu le pardon de cette faute, avant de la louer depuis la pénitence qu'elle en a faite.
On dit que son premier mari était sujet à de si grands vices que la plus perdue femme du monde et la plus vile de toutes les esclaves n'aurait pu même les souffrir; mais je n'ose les rapporter, de crainte de diminuer le mérite de la vertu de Fabiola, qui aima mieux être accusée d'avoir été la cause de leur divorce que de perdre de réputation une partie d'elle-même en découvrant les défauts de son mari : je dirai simplement ce qui suffit pour une femme pleine de pudeur et pour une Chrétienne. Notre Seigneur défend au mari de quitter sa félonie, si ce n'est pour adultère, et, en cas qu'il la quitte pour ce sujet, il ne veut pas qu'elle puisse se marier. Or tout ce qui est commandé aux hommes ayant nécessairement lieu pour les femmes, il n'est pas moins permis à une femme de quitter son mari s’il est adultère qu'à un mari de répudier sa femme pour le même crime; et si celui qui commet un péché avec une courtisane n'est qu'un même corps avec elle, selon le langage de l'Apôtre, la femme qui a pour mari un homme impudique et vicieux ne fait qu'un même corps avec lui. Les lois des empereurs et celles de Jésus-Christ ne sont pas semblables; et Papinien et saint Paul ne nous enseignent pas les mêmes choses : ceux-là lâchent la bride à l'impudicité des hommes et, ne condamnant que l'adultère, leur permettent de s'abandonner en toutes sortes de débordements dans les lieux infâmes et avec des créatures de vile condition, comme si c'était la dignité des personnes et non pas la corruption de la volonté qui fût la cause du crime; mais parmi nous ce qui n'est pas permis aux femmes n'est non plus permis aux hommes, et dans des conditions égales l'obligation est égale.
Fabiola, à ce que l'on dit, quitta donc son mari à cause qu'il était vicieux; elle le quitta parce qu'il était coupable de divers crimes; elle le quitta, je l'ai dit, pour des causes dont son voisinage témoignant d'être scandalisé, elle seule ne voulut pas le publier. Que si on la blâme de ce que, s'étant séparée d'avec lui, elle ne demeura pas sans se marier, j'avouerai volontiers sa faute , pourvu que je dise aussi quelle fut la nécessité qui l'obligea de la commettre. Saint Paul nous apprend "qu'il vaut mieux se marier que brûler" : elle était fort jeune et ne pouvait demeurer dans le veuvage; "elle éprouvait un combat dans elle-même entre ses sens et sa volonté, entre la loi du corps et celle de l'esprit," et se sentait traîner, comme captive et malgré qu'elle en eût, au mariage ainsi, elle crut qu'il valait mieux confesser publiquement sa faiblesse et se couvrir en quelque façon de l'ombre d'un misérable mariage que, pour conserver la gloire d'avoir été femme d'un seul mari, tomber dans les péchés des courtisanes. Le même apôtre veut que les jeunes veuves se remarient pour avoir des enfants et afin de ne donner aucun sujet de médisance à leurs ennemis, dont il rend aussitôt la raison en ajoutant : "Car il y en a déjà quelques-unes qui ont lâché le pied et tourné la tête en arrière poursuivre le démon" : ainsi Fabiola étant persuadée qu'elle avait eu raison de quitter son mari, et ne connaissant pas dans toute son étendue la pureté de l'Évangile, qui retranche aux femmes, durant la vie de leurs maris, la liberté de se remarier sous quelque prétexte que ce soit, elle reçut sans y penser une blessure, en commettant une action par laquelle elle croyait pouvoir éviter que le démon ne lui en fit plusieurs autres.
Ch. 2. Merveilleuse pénitence que sainte Fabiola fit de cette faute.
Mais pourquoi m'arrêter à des choses passées et abolies il y a si longtemps, en cherchant à excuser une faute dont elle a témoigné tant de regret? Et qui pourrait croire qu'étant rentrée en elle-même après la mort de son second mari, en ce temps où les veuves qui n'ont pas le soin qu'elles devraient avoir de leur conduite ont coutume, après avoir secoué le joug de la servitude, de vivre avec plus de liberté, d'aller aux bains, de se promener dans les places publiques et de paraître comme des courtisanes, elle ait voulu pour confesser publiquement sa faute, se couvrir d'un sac, et à la vue de toute la ville de Rome, avant le jour de Pâques, se mettre au rang des pénitents devant la basilique de Latran? Qu'elle ait voulu, ayant les cheveux épars, le visage plombé et les mains sales, baisser humblement sa tête couverte de poudre et de cendre sous la discipline de l'Église, l'évêque, les prêtres et tout le peuple fondant en larmes avec elle?
Quel péché ne serait pas remis par une telle douleur, et quelle tache ne serait pas effacée par tant de pleurs? Saint Pierre par une triple confession obtint le pardon d'avoir renoncé trois fois son Maître; les prières de Moïse firent remettre à Aaron le sacrilège qu'il avait commis en souffrant qu'on fit le veau d'or; Dieu, à la suite d'un jeûne de 7 jours, oublia le double crime où David, qui était si juste et l'un des plus doux hommes du monde, était tombé en joignant l'homicide à l'adultère, car il le vit couché par terre, couvert de cendre, oubliant sa dignité royale, fuyant la lumière pour demeurer dans les ténèbres, et tournant seulement les yeux vers Celui qu'il avait offensé, et Lui disant d'une voix lamentable, et tout trempé de ses larmes : "C'est contre Toi seul que j'ai péché, c'est en Ta présence que j'ai commis tous ces crimes; mais, mon Dieu, redonne-moi la joie d'être dans les voies de Salut et fortifie-moi par Ton Esprit souverain." Il est arrivé que ce saint roi, qui nous apprend par ses vertus comment lorsque nous sommes debout nous devons nous empêcher de tomber, nous a montré par sa pénitence de quelle sorte quand nous sommes tombés nous devons nous relever. Vit-on jamais un roi plus impie qu'Achab, dont l'Écriture dit : "Il n'y en a pas eu d'égal en méchanceté à Achab, qui semble s'être rendu esclave du péché pour le commettre en la présence du Seigneur avec des excès incroyables?" Ce prince ayant répandu le sang de Nabot, et le prophète lui faisant connaître quelle était la colère de Dieu contre lui par ces paroles qu'il lui porta de sa part: "Tu as tué cet homme, et outre cela tu possèdes encore son bien, mais Je te châtierai comme tu le mérites, Je détruirai ta postérité, etc.," il déchira ses vêtements, se couvrit d'un cilice, se revêtit d'un sac, il jeûna et marcha la tête baissée contre terre. Alors Dieu dit à Élie: "Ne vois-tu pas qu'Achah s'est humilié en Ma présence? Et parce qu'il est entré dans cette humiliation par le respect qu'il Me doit, Je suspendrai durant sa vie les effets de Ma colère."
O heureuse pénitence, qui fait que Dieu regarde le pécheur d'un oeil favorable, et qui en confessant ses fautes oblige ce souverain Juge à révoquer l'arrêt qu'Il avait prononcé en Sa colère! Nous voyons dans les Paralipomènes que la même chose arriva au roi Manassès, dans le prophète Jonas au roi de Ninive, et dans l'Évangile au publicain; dont le premier se rendit digne non seulement de pardon, mais aussi de sauver son royaume, le second arrêta la colère de Dieu prête à lui tomber sur la tête, et le troisième, en meurtrissant de coups son estomac et n'osant lever les yeux vers le ciel, s'en retourna beaucoup plus justifié par l'humble confession de ses péchés que le pharisien par la vaine ostentation de ses vertus.
Mais ce n'est pas ici le lieu de louer la pénitence et de dire, comme si j'écrivais contre Montan ou contre Novat, que "c'est une offrande qui apaise Dieu; que nul sacrifice ne Lui est plus agréable qu'un esprit touché du regret de ses offenses; qu'Il aime mieux la pénitence du pécheur que sa mort; lève-toi, lève-toi, Jérusalem," et plusieurs autres paroles semblables qu'Il nous fait entendre par la bouche de Ses prophètes; je dirai seulement, pour l'utilité de ceux qui liront ceci et à cause qu'il convient particulièrement à mon discours, que Fabiola n'eut pas de honte à se confesser pécheresse en la présence de Dieu sur la terre, et qu'Il ne la rendra pas confuse dans le Ciel en la présence de tous les hommes et de tous les Anges. Elle découvrit sa blessure à tout le monde, et Rome ne put voir sans répandre des larmes les marques de sa douleur imprimées sur son corps si pâle et si exténué de jeûnes. Elle parut avec des habits déchirés, la tête nue et la bouche fermée. Elle n'entra pas dans l'église du Seigneur, mais demeura hors du camp, séparée des autres comme Marie, soeur de Moïse, en attendant que le prêtre qui l'avait mise dehors la fit revenir. Elle descendit du trône de ses délices; elle tourna la meule pour moudre le blé, selon le langage figuré de l'Écriture; elle passa courageusement et les pieds nus le torrent de larmes; elle s'assit sur les charbons de feu dont le prophète parle, et ils lui servirent à consumer son péché. Elle se meurtrissait le visage parce qu'il avait plu à son second mari; elle haïssait ses diamants et ses perles; elle ne pouvait voir ce beau linge dont elle avait été si curieuse; elle avait du dégoût pour toutes sortes d'ornements. Elle n'était pas moins affligée que si elle eût commis un adultère ; et elle se servait de plusieurs remèdes pour guérir une seule plaie.
Ch. 3. Sainte Fabiola vend tout son bien pour l'employer à assister les pauvres. Ses incroyables charités.
Je me suis longtemps arrêté à sa pénitence comme en un lieu fâcheux et difficile, afin de ne rencontrer plus rien qui m'arrête lorsque j'entrerai dans un champ aussi grand qu'est celui des louanges qu'elle mérite. Étant reçue dans la communion des fidèles à la vue de toute l'église, son bonheur présent ne lui fit pas oublier ses afflictions passées, et après avoir fait une fois naufrage elle ne voulut plus se mettre au hasard de tomber dans les périls d'une nouvelle navigation, mais elle vendit tout son patrimoine, qui était très grand et proportionné à sa naissance, et en destina tout l'argent à assister les pauvres dans leurs besoins, ayant été la première qui établit un hôpital pour y rassembler les malades abandonnés, et soulager tant de malheureux consumés de langueur et accablés de nécessité.
Représenterai-je ici sur ce sujet les divers maux qu'on voit arriver aux hommes? Des nez coupés, des yeux crevés, des pieds à demi brûlés, des mains livides, des ventres enflés, des cuisses desséchées, des jambes bouffies, et des fourmilières de vers sortir d'une chair à demi mangée et toute pourrie. Combien a-t-elle elle-même porté sur ses épaules de personnes toutes couvertes de crasse et languissantes de jaunisse! Combien de fois a-t-elle lavé des plaies qui jetaient une humeur si puante que nul autre n'eût pu seulement les regarder! Elle donnait de ses propres mains à manger aux pauvres, et faisait prendre de petites cuillerées de nourriture aux malades.
Je sais qu'il y a plusieurs personnes riches et fort dévotes qui, ne pouvant voir de tels objets sans soulèvement de coeur, se contentent d'exercer par le ministère d'autrui semblables actions de miséricorde, et qui font ainsi avec leur argent des charités qu'elles ne peuvent faire avec leurs mains : certes je ne les blâme pas, et serais bien fâché de considérer comme infidélité cette délicatesse de leur naturel, mais, comme je pardonne à leur infirmité, je puis bien aussi par mes louanges élever jusque dans le Ciel cette ardeur et ce zèle d'une âme parfaite, puisque c'est l'effet d'une grande Foi de surmonter toutes ces peines. Je sais de quelle sorte, par un juste châtiment, l'âme superbe de ce riche vêtu de pourpre fut condamnée pour n'avoir pas traité le Lazare comme il devait. Ce pauvre que nous méprisons, que nous ne daignons pas regarder et dont la vue nous fait mal au coeur est semblable à nous, est formé du même limon, est composé des mêmes éléments, et nous pouvons souffrir tout de qu'il souffre: considérons donc ses maux comme si c'étaient les nôtres propres, et alors toute cette dureté que nous avons pour lui sera amollie par ces sentiments si favorables que nous avons toujours pour nous-mêmes.
Quand Dieu m'aurait donné cent bouches et cent voix,
Quand je ferais mouvoir cent langues à la fois,
Je ne pourrais nommer tous les maux déplorables
Qui tourmentaient les corps de tant de misérables,
maux que Fabiola changea en de si grands soulagements que plusieurs pauvres qui étaient sains enviaient la condition de ces malades; mais elle n'usa pas d'une moindre charité envers le clergé, les solitaires et les vierges. Quel monastère n'a pas été secouru par ses bienfaits? Quels pauvres nus ou retenus continuellement dans le lit par leurs maladies n'ont pas été revêtus et couverts par les largesses de Fabiola? Et à quel besoin ne s'est pas porté avec une promptitude incroyable le plaisir qu'elle prenait à bien faire, qui était tel que Rome se trouva trop petite pour recevoir tous les effets de sa charité?
Ch. 4. Sainte Fabiola va en diverses provinces pour y faire des charités, et passe jusqu'à Jérusalem, où elle demeura quelque temps avec saint Jérôme.
Elle courait par toutes les îles et par toute la mer de Toscane; elle visitait toute la province des Volsques, et faisait ressentir les effets de sa libéralité aux monastères bâtis sur les rivages les plus reculés, qu'elle visitait tous elle-même, ou y envoyait des personnes saintes et fidèles; et elle craignait si peu le travail qu'elle passa en fort peu de temps, et contre l'opinion de tout le monde, jusqu'à Jérusalem, où plusieurs personnes ayant été au-devant d'elle, elle voulut bien demeurer un peu chez nous; et quand je me souviens des entretiens que nous eûmes, il me semble que je l'y vois encore. Bon Dieu! Quelle était sa ferveur et son attention pour l'Écriture sainte! Elle parcourait les Prophètes, les Évangiles et les Psaumes comme si elle eût voulu rassasier une faim violente; elle me proposait des difficultés et conservait dans son coeur les réponses que j'y faisais; elle n'était jamais lasse d'apprendre, et la douleur de ses péchés s'augmentait à proportion de ce qu'elle augmentait en connaissance; car, comme si l'on eût jeté de l'huile dans un feu, elle ressentait des mouvements d'une ferveur encore plus grande. Un jour, lisant le livre des Nombres, elle me demanda avec modestie et humilité que voulait dire cette grande multitude de noms ramassés ensemble; pourquoi chaque tribu était jointe diversement à d'autres en divers lieux; et comment il se pouvait faire que Balaam, qui n'était qu'un devin, eût prophétisé de telle sorte les mystères qui regardent Jésus-Christ que presque nul des prophètes n'en a parlé si clairement. Je lui répondis comme je pus, et il me sembla qu'elle en demeura satisfaite. Reprenant le livre, et étant arrivés en l'endroit où est fait le dénombrement de tous les campements du peuple d'Israël depuis sa sortie d'Égypte jusqu'au fleuve du Jourdain, comme elle me demandait les raisons de chaque chose, je lui répondis sur-le-champ à quelques-unes, j'hésitai en d'autres, et il y en eut où j'avouai tout simplement mon ignorance; mais elle me pressa alors encore plus de l'éclaircir sur ses doutes, et, comme s'il ne m'était pas permis d'ignorer ce que j'ignore, elle m'en priait avec instance, disant toutefois qu'elle était indigne de comprendre de si grands mystères. Enfin elle me contraignit d'avoir honte de la refuser, et m'engagea à lui promettre un traité particulier sur cette petite discussion; ce que je reconnais n'avoir différé jusque ici, par la volonté de Dieu, que pour rendre ce devoir à sa mémoire, afin que, maintenant qu'elle est revêtue de ces habits sacerdotaux dont il est parlé au Lévitique, elle ressente la joie d'être arrivée à la terre promise après avoir traversé avec tant de peines la solitude de ce monde, qui n'est rempli que de misères.
Ch. 5. Une irruption des Huns dans les provinces de l'Orient oblige sainte Fabiola de retourner à Rome.
Mais il faut revenir à mon discours. Lorsque nous cherchions quelque demeure propre pour une personne de si éminente vertu, et qui désirait d'être dans une solitude qui ne l'empêchât pas de jouir du bonheur de voir souvent le lieu qui servit de retraite à la sainte Vierge, divers courriers qui arrivaient de tous côtés firent trembler tout l'Orient en rapportant qu'un nombre infini de Huns, qui venaient de l'extrémité des Palus Méotides (entre les glaces du Tanaïs et la cruelle nation des Massagètes), s'étaient répandus dans les provinces de l'empire et que, courant de toutes parts avec des chevaux très rapides, ils remplissaient de meurtres et de terreur tous les lieux par où ils passaient. L'armée romaine se trouvait alors absente, occupée aux guerres civiles d'Italie.
Hérodote rapporte que, sous le règne de Darius, roi des Mèdes, cette nation assujettit durant 20 années tout l'Orient, et se faisait payer tribut par les Égyptiens et les Éthiopiens. Dieu veuille éloigner pour toujours de l'empire romain ces bêtes farouches! On les voyait arriver de toutes parts à l'heure qu'on y pensait le moins, et, allant plus vite que le bruit de leur venue, ils ne pardonnaient ni à la piété, ni à la qualité, ni à l'âge; ils n'avaient pas même pitié des enfants qui ne savaient pas encore parler: ces innocents recevaient la mort avant d'avoir commencé de vivre, et, ne connaissant pas leur malheur, riaient au milieu des épées et entre les mains cruelles de ces meurtriers. La croyance générale était qu'ils allaient droit sur Jérusalem, leur passion violente de s'enrichir les faisant courir vers cette ville, dont on réparait les murailles qui étaient en mauvais état par la négligence dont on fait preuve en temps de paix. Antioche était assiégée; et Tyr, pour se séparer de la terre, travaillait à retourner sur son ancienne île.
Dans ce trouble général nous nous trouvâmes obligés de préparer des vaisseaux, de nous tenir sur le rivage, de prendre garde à n'être pas surpris par l'arrivée des ennemis, et, quoique les vents fussent fort contraires, d'appréhender moins le naufrage que ces barbares, non pas tant par le désir de conserver notre vie que par celui de sauver la vertu des vierges. Il y avait alors quelque contestation entre ce que nous étions de Chrétiens, et cette guerre domestique surpassait encore la guerre étrangère. Comme j'avais établi ma demeure dans l'Orient, l'amour que j'avais eu de tout temps pour les lieux saints m'y arrêta; mais Fabiola, qui n'avait pour tout équipage que quelques méchantes hardes et qui était étrangère partout, retourna en son pays pour vivre dans la pauvreté au même lieu où elle avait vécu dans les richesses, pour demeurer chez autrui après avoir logé tant de gens chez elle, et, afin de n'en dire pas davantage, pour donner aux pauvres, à la vue de toute la ville de Rome, ce que toute la ville de Rome lui avait vu vendre; en quoi mon affliction fut que nous perdîmes dans les lieux saints le plus grand trésor que nous eussions. Rome au contraire recouvra sa perte, et l'insolence et l'effronterie de tant de langues médisantes de ses citoyens qui avaient médit contre Fabiola fut confondue par les yeux d'un si grand nombre de témoins.
Ch. 6. Des admirables vertus de sainte Fabiola, qui, avec Pammaque bâtit un grand hôpital à Ostie, et meurt peu après.
Que d'autres admirent sa compassion pour les pauvres, son humilité et sa Foi; mais quant à moi, j'admire encore davantage la ferveur de son esprit. Elle savait par coeur le discours que j'avais, étant encore jeune, écrit à Héliodore pour l'exhorter à la solitude. En regardant les murailles de Rome, elle se plaignait d'y être retenue captive, oubliant son sexe, ne considérant point sa faiblesse, et n'ayant passion que pour la solitude. Il pouvait se dire qu'elle y était puisqu'elle y était en esprit. Les conseils de ses amis n'étaient pas capables de la retenir dans Rome, d'où elle ne désirait pas avec moins d'ardeur de sortir que d'une prison. Elle disait que c'était une espèce d'infidélité que de distribuer son argent avec trop de précaution; et elle souhaitait, non pas de mettre une partie de son bien entre les mains des autres pour l'employer en des charités, mais, après l'avoir tout donné et n'ayant plus rien en propre, de recevoir elle-même l'aumône en l'honneur de Jésus-Christ. Elle avait donc tant de hâte de partir, et tant de peine à souffrir ce qui retardait l'exécution de son dessein, qu'il y avait sujet de croire qu'elle l'exécuterait bientôt. Ainsi la mort ne la put surprendre, puisqu'elle s'y préparait toujours.
Mais je ne saurais louer une femme si illustre sans que mon intime ami Pammaque me vienne aussitôt en l'esprit. Sa chère Pauline dort dans le tombeau afin qu'il veille; elle a devancé par sa mort celle de son mari, afin de laisser un fidèle serviteur à Jésus-Christ; et lui, ayant hérité de tout le bien de sa femme, en mit les pauvres en possession. Ils contestaient saintement, Fabiola et lui, à qui planterait le plus tôt son tabernacle sur le port de Rome, pour y recevoir les étrangers à l'imitation d'Abraham, et disputaient à qui se surmonterait l'un l'autre en charité. Chacun fut victorieux et vaincu dans ce combat; et l'un et l'autre l'avouèrent, parce que tous deux accomplirent ce que chacun avait désiré: ils mirent leurs biens ensemble et s'unirent de volonté, afin d'augmenter par cette bonne intelligence ce que la division aurait dissipé.
A peine leur résolution fut prise qu'elle fut exécutée: ils achetèrent un lieu pour recevoir les étrangers, et soudain l'on y vint en foule; car "la charité doit veiller à ce qu'il n'y ait pas d'affliction en Jacob ni de douleur en Israël," comme dit l'Écriture. La mer amenait là à la terre des personnes qu'elle recevait en son sein, et Rome y en envoyait pour se fortifier sur le rivage contre les incommodités de la navigation. La charité dont Publius usa une fois en fils de Malte et envers un seul apôtre, ou (pour ne donner pas sujet de dispute) envers tous ceux qui étaient dans le même vaisseau, ceux-ci l'exerçaient d'ordinaire, et envers plusieurs; et ils ne soulageaient pas seulement la nécessité des pauvres, mais, par une générosité favorable à tous, ils pourvoyaient aussi au besoin de ceux qui pouvaient avoir quelque chose. Toute la terre apprit en même temps qu'il avait été établi un hôpital dans le port de Rome, et, les Égyptiens et les Parthes l'avant su au printemps, l'Angleterre le sut l'été.
On éprouva dans la mort d'une femme si admirable la vérité de ce que dit saint Paul "toutes choses coopèrent en bien à ceux qui aiment et qui craignent Dieu." Elle avait, comme par un présage de ce qui lui devait arriver, écrit à plusieurs solitaires de venir la voir pour la décharger d'un fardeau qui lui était fort pénible, et afin d'employer ce qui lui restait d'argent à s’acquérir des amis qui la reçussent dans les tabernacles éternels : ils vinrent, ils furent faits ses amis, et elle, après s'être mise en l'état qu'elle avait désiré, s'endormit du sommeil des justes, et, déchargée de ces richesses terrestres qui ne lui servaient que d’empêchement, s'envola avec plus de légèreté au Ciel.
Ch. 7. Extrêmes honneurs que toute la ville de Rome rendit à la mémoire de sainte Fabiola, et conclusion de ce discours.
Rome fit voir à la mort de Fabiola jusqu'à quel point elle l'avait admirée durant sa vie, car, comme elle respirait encore et n'avait pas encore rendu son âme à Jésus-Christ,
Déjà la Renommée en déployant ses ailes
Avait tout mis en deuil par ces tristes nouvelles,
et rassemblé tout le peuple pour se trouver à ses funérailles. On entend partout chanter des psaumes; le mot d'alleluia résonne sous toutes les voûtes des temples.
Les triomphes que Camille a remportés sur les Gaulois, Papirius sur les Samnites, Scipion sur Numance et Pompée sur Mithridate, roi du Pont, n'égalent pas ceux de cette femme héroïque, puisqu'ils n'ont vaincu que les corps et qu'elle a dompté la malice des esprits. Il me semble que je vois le peuple qui court en foule de tous côtés pour se trouver à ses obsèques : les places publiques, les galeries et les toits même des maisons ne pouvaient suffire pour donner place à tant de spectateurs. Ce fut alors que houle vit tous ses citoyens ramassés ensemble, et chacun croyait avoir part à la gloire de cette sainte pénitente; mais il ne faut pas s'étonner si les hommes se réjouissaient en la terre du Salut de celle qui avait par sa conversion réjoui les Anges dans le Ciel.
Reçois, bienheureuse Fabiola, ce présent de mon esprit que je t'offre en ma vieillesse, et ce devoir que je rends à ta mémoire. J'ai souvent loué des vierges, des veuves et des femmes mariées qui, ayant conservé la pureté de cette robe blanche qu'elles avaient reçue au Baptême, avaient toujours suivi l'Agneau en quelque lieu qu'Il allât; et certes c'est un grand sujet de louange que de ne s'être souillé d'une seule tâche durant tout le cours de sa vie; mais que l'envie et la médisance ne prétendent pas néanmoins en tirer de l'avantage: "Si le père de famille est bon, pourquoi notre oeil sera-t-il mauvais ?" Jésus-Christ a rapporté sur Ses épaules la brebis qui était tombée entre les mains des voleurs; il y a plusieurs demeures dans la Maison du Père céleste; la grâce surabonde où abondait le péché; et celui-là aime davantage à qui il a été beaucoup remis."

Esdras réécrit la Torah.
Livre d'Heures, usage de Sarum et Psautier Gallican,
avec cantiques ("Pembroke Hours")
Probablement réalisé à Brugge vers 1465-70,
par maître Antoine de Bourgogne
Philadelphia Museum of Art.

EXPLICATION DES CÉRÉMONIES DE L'ANCIENNE LOI ET DE L'HABILLEMENT DES PRÊTRES.
À FABIOLA,
Moïse était revêtu d'une telle gloire en parlant, que le peuple ne pouvait le regarder à cause de la splendeur et de la lumière qui éclataient en lui. Mais quand nous nous convertissons véritablement à Dieu, le voile qui couvrait le visage de Moïse est levé; la lettre qui tue meurt elle-même, et l'Esprit qui donne la vie est renouvelé; car Dieu est l'Esprit et la Loi spirituelle. De là vient que David, dans un de ses Psaumes, demande à Dieu qu'Il lui ouvre et lui illumine les yeux, pour contempler les merveilles de Sa Loi.
En effet, est-ce que Dieu se met en peine de ce qui regarde les boeufs? Est-ce qu'Il Se soucie de leur foie et de celui des boucs et des béliers, ou de leur épaule droite, de leur poitrine, et des intestins qui étaient donnés aux prêtres, aux enfants de Phinées pour les nourrir? A l'égard des victimes qu'on appelait "salutaires," la graisse qui était à l'entour de la poitrine et la noix du foie étaient présentées sur l'autel; mais la poitrine et le côté droit devenaient la part d'Aaron et celui de ses enfants, dont ils ne pouvaient jamais être privés.
Toutes ces cérémonies étaient des instructions mystérieuses pour nous. Le principe du sentiment est dans le coeur, et le coeur est dans la poitrine. Les naturalistes demandent où réside particulièrement l'âme. Platon prétend que c'est dans le cerveau, et Jésus-Christ nous apprend, Lui, que c'est dans le coeur : "Bienheureux, dit-Il, ceux qui ont le coeur pur, parce qu'ils verront Dieu!" et ailleurs : "Les méchantes pensées partent du coeur;" et parlant aux pharisiens, Il leur demande "pourquoi ils donnent entrée en leurs coeurs à de mauvaises pensées." C'est l'opinion des physiciens que la volupté et la concupiscence viennent du foie, et les prêtres l'offrent à Dieu afin qu'ayant dit : "Que votre holocauste soit parfait", et qu'ayant consumé par le feu ce qui est la source de la concupiscence et de l'amour des plaisirs, ils reçoivent pour récompense la poitrine et le côté de la victime, c'est-à-dire: les pensées pures, l'intelligence de la Loi, la vérité de ses préceptes qui résident dans le coeur, la puissance de faire de bonnes oeuvres, et la force pour combattre contre le démon, qui dépendent du bras, qui est attaché au côté. Car ils doivent montrer par leurs actions quelles sont leurs pensées, à l'exemple de Jésus-Christ qui commença à enseigner par des faits. Tout cela et ces paroles de Malachie : "Les lèvres du prêtre gardent la science, et on attend de sa bouche l'explication de la Loi," montrent que le soin principal d'un prêtre doit être de se rendre savant dans la Loi de Dieu pour résister à ceux qui s'y opposeront, et qu'il ne doit commettre aucunes mauvaises actions qui le conduisent en enfer, mais se servir du bras droit, c'est-à-dire : faire en sorte par sa vertu que ses actions soient distinguées de celles des autres.
Voilà ce que j'ai cru être obligé de te dire des victimes "salutaires," des parties qui en étaient consumées sur l'autel, et de celles que Dieu a commandé qu'on donnât aux prêtres. Quant aux autres, excepté l'offrande des prémices, où l'on songeait plutôt à leur subsistance qu'à quelque instruction mystérieuse, ils avaient 3 parties de l'animal qui était immolé; le côté, la mâchoire et le ventre. J'ai expliqué ce qui regarde le côté. La mâchoire est la figure de la science et de l'éloquence qu'un prêtre doit avoir, et le ventre, par où Phinées perça la Madianite de son épée, nous enseigne que tous les travaux des hommes et l'attache qu'ils ont aux plaisirs sensuels, et particulièrement à ceux de la table, sont méprisables par la considération de ce qu'ils deviennent. Cela apprend à ceux qui servent véritablement Dieu que tout ce qui entre dans la bouche descend de là dans le ventre, et est jeté ensuite au lieu secret. De là vient que l'Apôtre dit : "Les viandes sont pour le ventre et le ventre pour les viandes, mais Dieu détruira un jour l'un et l'autre." En parlant de ceux qui sont adonnés à leurs plaisirs, il dit encore "qu'ils font leur Dieu de leur ventre , et qu'ils mettent leur gloire dans leur propre honte". Moïse fit mettre en poudre le veau d'or que le peuple d'Israël avait adoré, et ensuite le lui donna à boire par dérision de sa superstition, et pour lui faire concevoir du mépris pour une chose qui se tournait en excréments. L'usage du vin et de tout ce qui peut enivrer est défendu à ceux qui sont consacrés au service des autels, de peur que leurs coeurs ne s'appesantissent par l'excès des viandes et du vin et par les inquiétudes de cette vie, et afin qu'ils ne s'attachent sur la terre qu'à Dieu seul. La Loi veut aussi qu'ils n'aient aucun défaut en leurs corps, qu'ils aient les oreilles entières et les yeux bons, qu'ils ne soient ni boiteux ni défigurés; et tout cela est une instruction pour quelques vices particuliers de l'âme. En effet, Dieu ne rejette pas dans un homme les défauts de la nature, mais les dérèglements de la volonté.

Moïse le prophète
icône russe, 18ème s.
iconostase du monastère de Kizhi, Russie
wikipedia
Si un prêtre se souille par quelque impureté involontaire, il lui est défendu de s'approcher de l'autel; et au contraire une veuve arrivée à l'âge de Sara est reçue à cause de sa continence, et on la fait subsister des deniers du temple, pourvu qu'elle n'ait pas d'enfants; mais si elle en a, on la leur met entre les mains, afin que, suivant ce que dit l'Apôtre, celles qui sont vraiment veuves ne manquent pas d'assistance, et que celle qui est entretenue du bien de l'autel n'ait de l'affection pour aucune chose. Les voisins et les mercenaires ne mangeaient pas avec les lévites, mais ce qu'on desservait de leur table était donné à leurs serviteurs : c'est-à-dire que dès ce temps-là on condamnait Phigèle et Hermogène, et qu'on recevait Onésime. On offrait aux grands prêtres les prémices de toutes sortes de viandes, de grains et de fruits, afin qu'étant assurés de leur nourriture et de leur vêtement, ils pussent servir Dieu sans obstacle et sans soucis. On leur donnait les premiers-nés des animaux regardés comme "purs," et l'on vendait ceux des "immondes," et ils en recevaient l'argent. On rachetait aussi les premiers-nés des hommes, et parce que dans toutes les conditions la manière de naître est la même, le prix de rachat était égal pour tous, afin que les riches ne devinssent pas orgueilleux pour avoir payé beaucoup, et qu'une somme excessive n'incommodât pas les pauvres. Les dîmes étaient le partage des portiers et de ceux qui avaient soin de la sacristie; mais ils payaient ensuite la dîme de ces mêmes dîmes aux prêtres, auxquels ils étaient inférieurs comme ils étaient eux-mêmes supérieurs au reste du peuple. Il y avait 48 villes choisies pour la demeure des prêtres et des lévites, et 6, tant en-deçà qu'au-delà du Jourdain, pour celle des exilés, dont le bannissement durait jusqu'à la mort du grand prêtre. Tout ce que je t'ai dit jusqu'ici, et dont je t'ai plutôt indiqué que découvert les mystères, regarde seulement les simples prêtres; et je vais en peu de mots t'expliquer le nombre et la grandeur des prérogatives du pontife.

Il lui était défendu de se découvrir la tête. Il portait un bonnet où, sur la partie qui descendait sur le front, le Nom de "Dieu" était écrit. Il avait le diadème. Il fallait qu'il eût 33 ans accomplis, c'est-à-dire qu'il fût de l'âge de Jésus-Christ quand Il est mort, et il devait être toujours revêtu de sa gloire. Il ne lui était pas permis de déchirer ses habits, parce qu'ils étaient blancs et sans tache; et on les faisait avec de la laine d'une brebis tondue pour la première fois. Aussi Thamar, ayant perdu sa virginité, mit sa robe en pièces, et Caïphe, étant destitué du sacerdoce, déchira en public ses vêtements. Et le grand prêtre n'allait pas où il y avait un corps mort, car il n'entrait pas où il y avait du péché, qui est accompagné de la mort. "L'âme", dit l'Écriture, "qui aura péché, mourra." Quelque riche que fût une personne, quelle que fût son autorité, et quelque quantité de victimes qu'elle pût offrir, le grand prêtre n'en approchait pas et ne la voyait pas si elle était morte, c'est-à-dire : si elle avait péché. Au contraire, si elle ressuscitait, qu'elle sortît du tombeau à la voix du Seigneur Qui l'appelait, et, qu'étant délivrée des bandelettes du péché, elle marchât libre, le grand prêtre demeurait chez elle et mangeait avec elle après sa résurrection. Il lui était défendu d'offenser Dieu à cause de son père et de sa mère; car l'affection que l'on a pour eux nous porte sans doute à beaucoup de choses; et souvent une parenté fondée sur la chair et le sang est cause de la perte de l'âme et de celle du corps. "Celui", dit l'Évangile, "qui aime son père ou sa mère plus que Jésus-Christ n'est pas digne de Jésus-Christ"; et un disciple voulant aller ensevelir son père, le Sauveur le lui défendit. Combien y a-t-il de solitaires que le désir de secourir leur père et leur mère a perdus! Si notre père ou notre mère ne doit pas nous être une occasion de souillure, à plus forte raison nos frères, nos soeurs, notre famille et nos serviteurs. Nous sommes de la race choisie et de l'ordre des prêtres-rois. Ne considérons que ce Père qui ne meurt jamais ou qui ne meurt que pour nous, et qui, étant en vie, c'est-à-dire: exempt de péché, a voulu endurer la mort afin de nous rendre la Vie. S'il nous reste quelque chose de l'Égypte que le prince du siècle puisse reconnaître comme étant à lui, laissons-le où il est, entre les mains de la femme égyptienne. Celui qui se sauva nu en chemise n'eût pu éviter de tomber sous la puissance de ceux qui le poursuivaient, s'il eût porté quelque chose et qu'il n'eût pas été dépouillé de tout. Acquittons-nous envers nos parents de ce qui leur est dû, pourvu toutefois qu'ils soient vivants, c'est-à-dire : qu'ils ne soient pas morts par le péché; et qu'ils s'estiment glorieux de ce que leurs enfants leur préfèrent Jésus-Christ. Ainsi, le grand prêtre ne sera pas obligé de s'éloigner de nous, et nous ne serons pas cause qu'il profane ce que Dieu a sanctifié en lui, puisque nous ne pécherons pas.
Nous rendrons aussi compte, au Jour du Jugement, de toutes les paroles inutiles que nous aurons dites; car "tout ce qui n'édifie pas celui qui écoute met en danger celui qui parle." Si, en disant ou en faisant quelque chose qui mérite de m'être reproché, je cesse d'être du nombre des saints et profane le Nom du Seigneur en Qui je mets ma confiance, le grand prêtre et l'évêque ont beaucoup plus de sujet d'appréhender, eux qui doivent être exempts de souillure, et d'une vertu si éminente qu'ils soient toujours du nombre des saints, et toujours prêts d'offrir à Dieu des victimes pour les péchés des hommes; eux qui sont médiateurs entre Dieu et les hommes, qui font avec leur bouche sacrée la chair de l'agneau; et sur qui l'huile sainte du Sauveur a été répandue.
Le grand prêtre ne sortait pas du sanctuaire, de peur de souiller les vêtements dont il était revêtu. Nous tous qui avons été Baptisés en Jésus-Christ, nous avons été revêtus de Jésus-Christ: conservons la robe qui nous a été donnée, conservons-la toute sainte en un lieu saint. Cet homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho fut dépouillé avant que d'être blessé. On versa premièrement dans ses plaies de l'huile, qui est un remède doux, et pour ainsi dire le remède d'un médecin touché de compassion pour le malade; et ensuite, comme il devait être châtié de sa négligence, on y versa du vin, afin que par son âpreté sentant quelque douleur dans ses plaies, l'huile le portât à faire pénitence, et que le vin lui fit éprouver la sévérité de Celui par Qui il devait être jugé.
Le grand prêtre épousait une vierge, et n'épousait pas une veuve, ni une prostituée, ni une répudiée, mais une vierge de sa tribu, de peur qu'il ne souillât son sang en le mêlant avec celui du peuple; car "c'est moi", dit le Sauveur, "Qui le sanctifie." Je sais que la plupart expliquent toutes ces lois qui sont ici données au grand prêtre de Jésus-Christ, et qu'ils entendent de Sa mère, qui demeura vierge après son enfantement, ces paroles : "Dieu ne sera pas offensé à cause de son père et de sa mère"; et j'avoue qu'il est plus convenable de faire cette interprétation de Celui à qui il est dit dans le Psaume: "Tu es prêtre à jamais selon l'ordre de Melchisedech;" et par Zacharie : "Écoutez, ô grand prêtre, Jésus, à Qui les sales vêtements de nos péchés ont été ôtés, afin qu'il obtienne la gloire qu'il avait reçue auprès de votre père avant que le monde fut créé"; mais, de peur qu'on ne croie que je veuille faire violence à l'Écriture, et que l'amour que j'ai pour mon Sauveur m'oblige à ôter à l'histoire son véritable sens, l'interprétation que j'en ferai tournera à la gloire du Chef : Ce que j'expliquerai des serviteurs s'accomplira devant le Maître, quoique la gloire des serviteurs soit celle du Maître; et même, à chaque occasion qui s'en présentera, je parlerai de telle sorte de la véritable lumière, que je ferai voir qu'elle est descendue sur ceux que Jésus-Christ a choisis pour être la lumière du monde.
Il n'était pas permis à ce grand prêtre dont parle Moïse d'épouser une veuve, une répudiée ni une prostituée. Celle-là est une veuve dont le mari est mort; celle-là est une répudiée qui est abandonnée par son mari vivant; et celle-là enfin est une prostituée qui a vécu avec plusieurs hommes. Mais il fallait qu'il épousât, suivant ce que Moïse lui ordonne, une vierge de sa tribu, et non pas d'une tribu étrangère, de peur que la semence du bon grain ne dégénérât dans une mauvaise terre. Il lui était défendu d'épouser une prostituée parce qu'elle s'était abandonnée à plusieurs hommes, une répudiée parce qu'elle s'était rendue indigne de son premier mari, et une veuve de peur qu'elle ne rappelât en sa mémoire les plaisirs de ses premières noces; c'est-à-dire que son âme devait être sans tache, et, renaissant en Dieu, augmenter tellement en vertu que de jour à autre elle parût une âme nouvelle, afin qu'il fût du nombre de ceux dont parle l'Apôtre : "Je vous ai fiancés à un unique époux, qui est Jésus-Christ, pour vous présenter à lui comme une vierge toute pure, et qu'il ne restât rien en lui du vieil homme." Si donc nous sommes ressuscités avec Jésus-Christ, recherchons ce qui est dans le Ciel; à l'exemple du grand prêtre, oublions le passé et ne désirons que les biens à venir. Le misérable Simon fut trouvé indigne de la compassion de saint Pierre, parce qu'après avoir été Baptisé il songea aux plaisirs de l'ancien mariage et n'eut pas une pureté de vierge.

cathédrale de Noyon, France, vers 1170
Tu m'a prié avec instance dans tes lettres que je te parle d'Aaron et des habillements du grand prêtre. J'ai fait plus que tu n'avais demandé, ayant mis à la tête de ce discours une petite préface où j'ai traité des prémices des fruits, des parties de la victime qui étaient données aux prêtres pour leur nourriture, et des lois que le grand prêtre était obligé de garder. Mais, sortant de Sodome, et te hâtant de monter sur le sommet de la montagne, tu laisse derrière toi les Israélites et les lévites; tu va même aussi vite que si tu volais, plus loin que les prêtres, et tu viens enfin jusqu'au grand prêtre. Cependant, quoique tu t'informe soigneusement de ses habillements auprès de moi, je crois que ma compagnie ne t'est pas agréable. Ce n'est pas que tu ne jouisse, peut-être d'un repos très doux, et qu'auprès de Babylone [ 1 ], où tu es, tu ne soupire après Bethléem; mais pour moi, à la fin, j'y ai trouvé la paix; j'y entends, dans la mangeoire, les cris de l'Enfant, et je souhaiterais que le bruit de Ses pleurs et de Ses petites plaintes pût aller jusqu'à tes oreilles.
Il est fait mention dans l'Exode du tabernacle, d'une table, d'un chandelier, d'un autel, de colonnes, de tentes de lin, de pourpre, d'écarlate, de différents vases d'or, d'argent et d'airain, de la division du tabernacle en bois, de 12 pains qui se mettaient sur la table toutes les semaines, de 7 lampes attachées au chandelier, d'un autel pour les victimes et les holocaustes, de tasses, d'encensoirs, de fioles, de mortiers, de poteaux, de peaux teintes en écarlate, de poils de chèvre, et de bois incorruptible. Toutes ces choses différentes servaient au tabernacle de Dieu, pour nous apprendre que personne ne doit désespérer de son Salut. En effet, les uns peuvent offrir l'or de leur sens, les autres l'argent de leurs paroles , et les autres le bronze de leur voix.
Le monde entier nous est représenté par le tabernacle, dont le premier et le second vestibule étaient ouverts à toutes sortes de personnes, car l'eau et la terre ont été créés pour tous les hommes; mais l'entrée du sanctuaire, qu'on appelait autrement: le lieu saint des lieux saints, n'était libre qu'à peu de gens, comme s'il y en avait peu qui pussent entrer dans le Ciel. Les 12 pains sont la figure des 12 mois de l'année, et les 7 lampes attachées au chandelier, celle des 7 planètes. (3)
Mais pour ne pas m'étendre davantage sur ce sujet, ne m'étant pas proposé de faire ici la description du tabernacle entier, je commencerai à parler des habillements des prêtres, t'apprenant comment ils étaient faits et les propres noms qu'ils avaient parmi les Juifs, avant de t'expliquer les mystères qui y étaient renfermés, afin que t'en ayant fait la peinture, et t'ayant, pour ainsi dire, placé devant les yeux les prêtres revêtus de leurs ornements, je puisse ensuite t'expliquer plus facilement la raison de chacun en particulier. Commençons d'abord par les habillements communs aux prêtres et au grand prêtre.
Le premier, qui était de lin, leur descendait jusqu'aux genoux, cachant ce que la pudeur et la bienséance défendent de découvrir. La partie du haut en était liée très serré sous le nombril, afin que si, tombant en immolant les victimes, en portant des taureaux et des béliers, ou en s'acquittant de quelque autre fonction de leur ministère, on voyait par hasard leurs cuisses, ce qui devait être caché le fut toujours. C'était aussi pour cette raison qu'il était défendu d'élever l'autel, de peur que, lorsque les prêtres monteraient sur les degrés, le peuple ne vit quelque chose qui choquât l'honnêteté. Les Hébreux appellent cette sorte d'habillement "michenese", les Grecs "périsquele", et nous autres "caleçon". Joseph (4), qui était de la tribu des prêtres et qui a vu le Temple, qui n'était pas démoli de son temps, Vespasien et Tite n'ayant pas encore saccagé Jérusalem, rapporte (et l'on connait toujours mieux ce que l'on voit que ce que l'on apprend par le récit des autres) que cet habillement étant taillé, on le cousait à l'aiguille avec du fil de lin, afin que les parties en tinssent mieux les unes aux autres, parce qu'on ne pouvait pas le faire au métier de tisserand.
Ils avaient après cela une sorte de tunique de lin de 2 pièces, appelée par les Grecs "juderes", c'est-à-dire : qui va jusqu'aux talons; par le même Joseph : robe de lin simplement; par les Hébreux : "chetouet", qui peut être traduit par "robe qui est de lin." Elle descendait jusqu'au bas des jambes et était si étroite, et particulièrement par les manches, qu'elle ne faisait pas seulement un seul pli. Je me servirai de l'exemple d'une chose ordinaire pour faire comprendre plus facilement ce que c'était à ceux qui me liront. Les gens de guerre portent d'ordinaire un certain habillement de lin appelé chemise, qui est comme collé sur leur corps, de sorte qu'il ne les empêche pas de courir, de combattre, de lancer un javelot, de tenir un bouclier, ni de faire tous les exercices de soldat : la tunique que portait le prêtre à l'autel était à peu près pareille à cette chemise; ainsi par la forme de cet habillement, il pouvait encore être aussi dispos que s'il eût été nu.
Ils nommaient leur 3ième sorte d'habillement "abnet"; que nous pouvons traduire par "ceinture", ou "baudrier"; et les Babyloniens l'appellent "hemejamin", qui est un mot nouveau; car j'en rapporte tous les noms différents, afin que personne n'y soit trompé. Cette ceinture était semblable à la peau qu'un serpent quitte en se renouvelant au printemps, et tissue en rond, de telle sorte qu'on l'aurait prise pour une longue bourse. Afin qu'elle fût belle et de durée en même temps, la trame en était d'écarlate, de pourpre, de hyacinthe et de fin lin, étant bigarrée de diverses couleurs si vives et si naturelles qu'on eût cru que les fleurs et les boutons de fleurs dont elle était enrichie n'étaient pas l'ouvrage de la main de l'ouvrier, mais une véritable production de la nature. Ils ceignaient, entre la poitrine et le nombril, la tunique de lin dont je viens de parler avec cette ceinture qui était large de 4 doigts; et comme elle pendait par un bout jusqu'au bas des cuisses, ils la relevaient et la jetaient sur l'épaule gauche lorsque, dans le sacrifice, il fallait courir ou s'occuper de quelque chose de grossier.
Leur 4ième sorte d'habillement était une espèce de bonnet rond semblable à une moitié de globe coupé en 2, qu'on mettait sur la tête. Les Grecs et nous le nommons "puran", quelques-uns: "petit chapeau", et les Hébreux "mirnepheht." Il n'y avait pas de pointe au-dessus, et il ne cachait pas la tête entière avec tous les cheveux, mais en laissait par-devant environ la troisième partie découverte, et était lié sur le cou avec un ruban, de peur qu'il ne tombât. Il était de lin, et couvert d'un linge très fin avec tant d'artifice qu'il ne paraissait pas au dehors un seul point d'aiguille.
Les simples prêtres portaient aussi bien que le grand prêtre ces 4 sortes d'habillement, c'est-à-dire: le caleçon, la tunique de lin, la ceinture qui était tissue des couleurs que j'ai marquées, et le bonnet dont nous venons de parler.
Les 4 suivants étaient seulement à l'usage du grand prêtre. Le premier, qu'ils appelaient "meil", ou : "tunique qui va jusqu'aux talons", était tout entier de couleur de hyacinthe, et il y avait aux côtés 2 manches cousues de la même couleur. Il était ouvert par en haut afin que l'on pût y passer le cou, les bords étant en cet endroit très forts de peur qu'il ne se rompît. Il y avait au bas, c'est-à-dire vers les pieds, 72 sonnettes; et autant de grenades tissues des mêmes couleurs que la ceinture, une sonnette étant entre 2 grenades et une grenade entre 2 sonnettes; et ces sonnettes étaient attachées à cet habillement afin que le grand prêtre fit beaucoup de bruit en entrant dans le sanctuaire ; car s'il n'eût pas fait de bruit, il serait mort sur la place.
La 6ième sorte d'habillement est nommée "éphod" par les Hébreux, "épomis" par les Septante, qui veut dire: "chasuble", ou "manteau", ou "habit qui se porte sur les épaules", et "épiramma", par Aquila. Mais je l'appellerai "éphod," qui est son nom véritable; car il est constant que ce qui est exprimé dans le Lévitique par "chasuble", ou "habit qui se porte sur les épaules", est toujours pris par les Hébreux pour "éphod." Je me souviens d'avoir dit dans une de mes lettres qu'il était un des habits particuliers aux grands prêtres; et toute l'Écriture sainte assure qu'il était quelque chose de sacré, et destiné seulement à l'usage des souverains pontifes.
Ne m'objecte pas cette difficulté qui se présentera d'abord à ton esprit, qu'il est rapporté au second livre des Rois que Samuel, étant enfant et n'étant que simple lévite, avait un éphod de lin, puisqu'il est dit aussi que David en portait un devant l'Arche du Seigneur. Il y a beaucoup de différence entre en avoir un tissu d'or et bigarré des différentes couleurs dont j'ai parlé ci-devant, et en porter un de lin tout simple, et semblable à celui des prêtres. On réduisait l'or en feuillets très déliés que l'on coupait ensuite par filets, à quoi ajoutant pour trame les 4 couleurs que j'ai déjà remarquées, il s'en faisait une espèce de manteau, si beau et si éclatant qu'il éblouissait les yeux de ceux qui le regardaient, étant presque pareil à celui qu'on porte aujourd'hui en Orient, appelé "caracalla", excepté qu'il n'avait pas de capuchon. Il n'y avait rien au-devant sur la poitrine, car on laissait ce lieu vide, comme étant la place du rational. Il y avait sur chaque épaule une pierre précieuse, appelée parles Hébreux "soom", par Aquila, Symmaque et Théodotien "sardonix", par les Septante "émeraude", et par Joseph "sardonique", ou "sardoine", s'accordant en cela avec les Hébreux et avec Aquila. Pour marquer la couleur de cette pierre et le pays d'où elle venait, 6 noms des 12 apôtres, d'où descendaient les 12 tribus, étaient écrits sur chacune de ces pierres, les 6 fils aînés de Jacob étant sur l'épaule droite et les 6 autres sur la gauche, afin que le grand prêtre entrant dans le sanctuaire portât les noms du peuple pour lequel il allait prier le Seigneur.

Le 7ième habillement, quoique plus petit si l'on en considère l'étendue, était le plus saint et le plus auguste de tous. Je t'en prie, sois attentive en cet endroit, afin de comprendre ce que je dirai. Les Hébreux l'appellent "hosen", les Grecs "logion", et nous le nommerons "rational", afin de faire voir par son nom même qu'il était plein de mystère. C'était un morceau d'étoffe tissée des mêmes couleurs que celles qui étaient au manteau ou chasuble dont nous avons parlé, grand d'un pied en carré, et double afin qu'il ne rompît pas aisément. 12 pierres d'une grandeur et d'un prix extraordinaires y étaient enchâssées en 4 rangs. Une sardoine, une topaze et une émeraude composaient le premier rang. Il est vrai qu'à l'égard de la dernière, Aquila est d'un autre sentiment, mettant une crysopase pour une émeraude. Une escarboucle, un saphir, un jaspe faisaient le second, une lisoire, une agate et une améthysthe le 3ième, et une chrysolite, une sardoine et un beril le 4ième. Et je m'étonne que celle que nous nommons "hyacinthe", et qui est très précieuse, ne soit pas du nombre des 12, à moins qu'elle n'y soit au 3ième rang sous le nom de "lisoire"; car quelque peine que j'aie prise à feuilleter les auteurs qui ont écrit sur les pierres précieuses, je n'en ai trouvé aucun qui en parlât. Les noms des 12 tribus étaient gravés dans chacune de ces pierres, suivant leur ancienneté. Il y avait de ces pierres au diadème du roi de Tyr, et nous lisons dans l'Apocalypse que la céleste Jérusalem en était bâtie. La diversité de leurs noms et de leurs espèces nous marque la différence et le rang de chaque vertu. Outre cela, il y avait aux 4 coins du "rational" 4 anneaux d'or, auxquels répondaient 4 autres pareils qui étaient attachés aux "chasubles" ou "manteaux", afin que, quand on mettait le rational en la place vide qui lui était réservée dans le manteau, comme nous l'avons dit, ces anneaux se rencontrassent les uns les autres, et qu'on les liât ensemble avec des bandes de couleur de hyacinthe. Au reste ces pierres étaient arrêtées avec de l'or, de peur que si elles eussent été attachées avec autre chose elles ne se rompissent. Outre cela, afin que tout tînt avec plus de fermeté, il y avait encore des chaînons d'or couverts, pour l'embellissement de l'ouvrage, de tuyaux de même métal, des chaînons, dis-je, qui, partant de 2 autres grands anneaux attachés au haut du 'rational', se venaient accrocher à 2 agrafes d'or qui étaient au manteau.
Outre ces 2 grands anneaux attachés au haut du "rational", on en voyait 2 autres pareils en bas, où il y avait des chaînons tels que ceux que je viens de marquer, venant se joindre à 2 autres anneaux d'or qui tenaient chacun de leur côté au derrière du manteau, à l'endroit qui répondait à l'estomac; de sorte que le rational était si bien attaché au manteau et le manteau au rational, qu'il semblait qu'ils ne fussent que d'une pièce l'un et l'autre.
Le 8ième enfin, nommé "sis zaub", était une lame d'or sur quoi le Nom de "Dieu" était écrit en 4 lettres, "jod, he, van, he", qui composent le Nom que les Hébreux appelaient "ineffable." Cette lame d'or [ 2 ], que les simples prêtres ne portaient pas, était posée sur le bonnet de lin, qu'ils avaient comme le grand prêtre, et elle était attachée sur son front avec un ruban de hyacinthe, afin que le Nom de Dieu lui servit de protecteur, et couronnât pour ainsi dire la beauté de tous ses ornements.
Jusqu'ici nous avons vu les habillements qui étaient communs au souverain pontife et aux simples prêtres, et ceux qui n'étaient que pour l'usage particulier du premier. Mais si de simples vaisseaux de terre nous font naître tant de difficultés, quelle sera la grandeur du trésor et des mystères qui y sont renfermés! Commençons donc, selon notre coutume, par dire ce que nous avons appris des Hébreux, et ensuite nous en découvrirons le sens mystique.
Les 4 couleurs sont la figure des 4 éléments qui entrent dans la composition de tous les êtres, le lin représentant la terre qui le produit, la pourpre la mer, parce qu'elle se fait de coquilles qui s'y pêchent; l'azur l'air, à cause de la ressemblance qu'il y a de la couleur de l'un à celle de l'autre; et l'écarlate enfin le feu, pour la même raison. Le feu est appelé en hébreu "sin", qu'Aquila traduit par "diaphorume" et Symmaque par "dibaphon", quoiqu'au lieu de "cocrus", dont les Latins se servent pour signifier: écarlate, les Hébreux disent "tolouath", qui signifie "vermisseau"; ajoutant qu'il était juste que le souverain pontife priât non seulement pour les Israélites, mais aussi pour le monde entier, qui est composé de la terre, de l'eau, du feu et de l'air, qui appartiennent à tous les hommes. C'est pourquoi ils assurent que son premier habillement, qui était de lin, représentait la terre; le second, de hyacinthe, l'air qui s'élève insensiblement de bas en haut, et qui, s'étendant depuis le ciel jusqu'à la terre, était particulièrement marqué par cette robe d'hyacinthe qui couvrait le grand prêtre depuis la tête jusqu'aux talons. Pour les sonnettes et les grenades attachées au bas de cet habillement, et entremêlées comme nous avons dit, ils les rapportent au tonnerre et à la foudre qui se forment dans la moyenne région de l'air, ou à la terre, à l'eau et à tous les éléments, dont les rapports sont si grands qu'ils se trouvent partout mêlés les uns avec les autres. A l'égard de l'or dans lequel les 4 couleurs étaient tissues, il était, selon leur opinion, l'image de la chaleur qui entretient la vie, ou de la Providence éternelle qui pénètre tout. Ils croyaient que la chasuble ou manteau, et les 2 émeraudes ou sardoines qui y étaient attachées sur les épaules, représentaient les 2 hémisphères, dont l'un est découvert et l'autre caché à nos yeux, ou le soleil et la lune qui luisent dessus; que la ceinture dont la tunique de lin était ceinte se devait entendre de l'Océan, qui est autour de la terre comme cette ceinture autour de cette tunique. Ils interprétaient par le 'rational', qui était au milieu, la terre qui comme un point est soutenue par tous les éléments, quoiqu'elle les renferme tous en elle-même; et par les 12 pierres précieuses le zodiaque, ou les 12 mois de l'année, rapportant une saison à chaque rang de ces pierres, et à chaque saison 3 mois.
Au reste, il ne faut pas se persuader qu'il y ait de l'idolâtrie dans cette explication; car quoique les païens aient profané les choses du ciel et l'économie que Dieu y avait établie en leur donnant des noms d'idoles, il ne faut pas pour cela nier Sa Providence, qui, agissant toujours avec une conduite certaine et réglée, gouverne tout. Il est même fait mention dans les livres de Job de l'Ourse, d'Orion, du zodiaque, qui y est appelé "mazolothe", et des autres constellations. Il est vrai qu'elles ne sont pas appelées en hébreu des noms que je rapporte ici; mais on ne peut faire concevoir sa pensée qu'en se servant des termes qui sont connus à celui à celui qui nous écoute.
Pour ce qui regarde l'ornement en carré qui était au-devant du manteau, c'est avec beaucoup de raison qu' il est nommé 'rational'. Il n'y a rien au monde dont il n'y ait une raison; une raison est cause de l'union qui est entre les choses du Ciel et celles de la terre; même le cours du ciel est la raison qui règle le chaud et le froid, et le tempérament qui se trouve entre l'un et l'autre et qui gouverne tout ce qui est sur la terre; et de là vient que le rational était si bien attaché au manteau, qui est la figure de la terre. Or, les 2 mots grecs "delocis" et "aleteia", dont le premier veut dire "éclaircissement", ou "doctrine", et l'autre "vérité", qui selon quelques-uns étaient écrits sur le "rational", ces 2 mots, dis-je, nous apprennent qu'il n'y a jamais d'erreur dans la raison sur laquelle est appuyée la conduite que Dieu tient, et que la "vérité" de cette raison vient jusqu'à la connaissance des hommes par plusieurs preuves et divers "éclaircissements".
C'est pourquoi nous savons la raison du mouvement du soleil et de la lune, de la durée des années, des mois, des heures et du temps, de la température des saisons et des vents, et enfin de l'économie établie parmi tous les êtres du monde, recevant naturellement cette connaissance de Dieu, qui nous enseigne Lui-même la raison de la structure d'un édifice qu'Il a bâti et où Il demeure. Le bonnet avec son ruban d'hyacinthe marque particulièrement le ciel, et la lame d'or sur laquelle était gravé le Nom de Dieu, et qui était attachée au front du grand prêtre, nous montre que tout ce qui est ici-bas se gouverne par la volonté de Dieu.

monastère Sainte-Catherine, Sinaï, 12ème s.
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Je pense aussi que les mêmes choses nous sont représentées sous d'autres noms par les 4 Chérubins et par les 4 Animaux d'Ezéchiel, qui sont mêlés les uns parmi les autres, de telle sorte qu'en voyant la situation de l'un et la manière dont il est disposé, on voit la disposition et la situation de l'autre. Ils courent avec vitesse vers ce qui est devant eux et ne reviennent jamais sur leurs pas, car le temps coule promptement, et, laissant ce qui est passé, ils s'avancent vers ce qui est à passer. A l'égard du mouvement continuel où ils sont, il est la figure de ce dont il semble que les philosophes aient quelque légère connaissance, que le cours du monde est réglé, et qu'il roule sans cesse comme une roue sur son essieu. C'est ce qui a fait parler ce prophète d'une roue qui est dans une roue, c'est-à-dire du temps qui est dans le temps et de l'année qui roule en elle-même. Ces roues montent jusqu'au ciel, où il y a un trône de saphir élevé sur du cristal, et dans ce trône la figure d'un Homme assis, dont la partie de bas est de feu et celle de haut d'ambre, pour démontrer que ce qui est sur la terre a besoin d'être purifié par le feu, et que ce qui est au Ciel subsiste dans sa condition par sa propre pureté. Or comme la lame d'or du grand prêtre était en haut élevée sur son front, Ezéchiel met l'ambre à la tête et à la poitrine de l'homme dont il fait mention.
Il était donc juste, comme je l'ai déjà dit en partie, que le souverain pontife, portant dans ses habillements un tableau de toutes les créatures, fit entendre qu'elles avaient toutes besoin de l'assistance de Dieu, et que, les Lui présentant de la sorte, il expiât ce que chacune avait d'impur en sa condition, ne priant pas, de la voix et par l'habillement, seulement pour ses parents et sa famille, mais encore pour tous les êtres du monde.
Je ne me suis pas étendu davantage sur l'explication que donnent les Hébreux à ces habits, me contentant d'avoir comme jeté les fondements d'un discours que je vais te faire, réservant pour un autre temps une infinité d'autres interprétations.
Pour les caleçons de lin, ils disent communément que la cause des générations et de la production des semences regardant la chair est attribuée à la terre par cette sorte d'habillement que les prêtres portaient sur les cuisses, suivant ce que Dieu dit à Adam : "Tu es terre et tu retourneras à la terre." Mais ils ajoutent que cette cause nous est inconnue, et que nous ne pouvons découvrir de quelle manière de si petits commencements peuvent produire tant d'hommes et tant d'autres créatures si belles.
Nous lisons dans le Lévitique que Dieu commanda à Moïse de laver Aaron et ses enfants; car dès ce temps-là les mystères du Baptême étaient les signes de la purification du monde et de la sanctification de toutes choses. Ils ne furent vêtus qu'après avoir été nettoyés de toutes les souillures, et ne reçurent les habits sacerdotaux, pour servir dans le sacrifice, que lorsque, étant régénérés, ils eurent pris une nouvelle naissance en Jésus-Christ; car on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres. Moïse qui les faisait laver représente la Loi. "Ils ont, dit l'Évangile, Moïse et les prophètes: qu'ils les écoutent"; et ailleurs : "Tous les hommes, depuis Adam jusqu'à Moïse, ont péché." Il faut, à leur exemple, que nous soyons lavés et purifiés par l'observation des Commandements de Dieu, afin que, nous étant dépouillés des habits du vieil homme, nous soyons revêtus d'une robe de lin, où il n'y a rien de la mort, mais qui est toute blanche, et que sortant ainsi du Baptême, nous nous mettions sur les reins la ceinture de la vérité et cachions la laideur de nos vieux péchés. C'est ce qui a fait dire à David : "Bienheureux sont ceux à qui les iniquités ont été pardonnées, et de qui les péchés sont cachés! "
Après les caleçons et la tunique de lin nous prenons la robe d'hyacinthe, c'est-à-dire que nous commençons à quitter la terre pour nous avancer vers le Ciel. Cette robe, que les Septante appellent "chemisette", était seulement à l'usage du grand prêtre; ce qui marque que la connaissance des choses relevées n'est pas accordée à tout le monde, mais seulement aux plus avancés dans la vertu et à ceux qui sont parfaits. Elle a été portée par Moïse, par Aaron, par les prophètes, et par tous ceux à qui ces paroles ont été adressées : "Montez sur la montagne, vous tous qui enseignez la parole de Dieu en Sion." Il ne nous suffit pas d'avoir effacé par le Baptême nos vieux péchés, et d'avoir conservé la grâce et les lumières intérieures que nous y avons reçues, si nous n'y ajoutons les bonnes ouvres. C'est pourquoi on prend encore l'éphod, ou le manteau, que l'on attache au rational afin qu'il soit ferme, et qu'étant joints l'un à l'autre, ils se servent mutuellement à se soutenir; car la raison a besoin de bonnes ouvres et les bonnes ouvres de la raison, afin que celles-là exécutent ce que l'autre a conçu.
Les 2 pierres précieuses attachées sur les épaules du manteau sont ou la figure de Jésus-Christ et de l'Église, les 12 prophètes qui y étaient gravés représentant les 12 Apôtres qui ont prêché l'Évangile, ou la figure de la "lettre" et de "l'esprit", qui renferme tous les mystères de la Loi, l'esprit étant sur l'épaule droite et la lettre sur la gauche. En effet, des lettres nous venons aux paroles et des paroles nous arrivons au sens.
Certes, l'ordre et la disposition de ces habillements étaient admirables, et ils formaient un tableau achevé de nos mystères. Les bonnes oeuvres étaient sur les épaules, qui tiennent aux bras, et la raison sur la poitrine; et de là vient encore que dans les sacrifices on donnait la poitrine des victimes aux prêtres pour leur nourriture. Le rational peut être considéré en 2 manières : à son endroit et à son envers, c'est-à-dire par ce qui paraît à nos yeux et par les mystères qui y sont contenus. Il y a 12 pierres en 4 rangs, que je crois être l'image des 4 premières vertus : la prudence, la force, la justice et la tempérance, qui sont comme enchaînées l'une avec l'autre; de sorte qu'étant multipliées par 3 ou par 4, elles font le nombre de 12. Ces 4 rangs de pierre peuvent encore être exquis, par les 4 Animaux de l'Apocalypse, pleins d'yeux devant et derrière, et qui éclairent le monde de la Lumière de Jésus-Christ dont ils sont resplendissants, tous les 4 se rencontrant dans un seul et chacun dans tous les 4. C'est ce qui a donné lieu à quelques-uns de croire que ces 2 mots grecs "delocis" et "aleteia", dont l'un signifie "éclaircissement" ou "doctrine", et l'autre "vérité", étaient écrits sur le rational. En effet, quand on est revêtu des habillements que j'ai indiqués, c'est une conséquence qu'il faut que les vérités dont notre coeur est plein sortent par notre bouche pour l'instruction des autres. Ainsi le mot de "vérité" c'est-à-dire "science", était écrit sur le rational, afin que le souverain pontife se souvînt qu'il devait être savant pour pouvoir parler, et celui "d'éclaircissement" afin qu'il éclairât le peuple et qu'il lui enseignât ce qu'il avait appris. Que répondront à cela ceux qui soutiennent que l'innocence de la vie peut suffire à un prêtre? L'ancienne Loi est conforme sur ce sujet à la nouvelle, et Moïse dit la même chose que l'apôtre : l'un fait servir le mot de "science" à l'embellissement des habits de ses prêtres, et l'autre instruit Timothée et Tite de ce qu'ils doivent apprendre au peuple.
Mais l'ordre qui s'observait en mettant les habits des prêtres de Moïse étant remarquable entre autres choses, examinons ce qu'en dit le Lévitique. On ne prenait pas le rational et ensuite le manteau, mais le manteau le premier et ensuite le rational. "Je suis devenu intelligent," dit David, "en accomplissant Tes Commandements." Appliquons-nous d'abord à instruire les autres par nos propres actions, de peur que l'autorité de la vérité, n'étant pas soutenue des bonnes oeuvres, elle ne fasse aucune impression sur leurs esprits. "Semez des actions de justice", dit le prophète Osée, "moissonnez les fruits de vie, et éclairez des lumières de votre science," comme s'il disait: Que vos bonnes actions d'abord vous soient comme les semences de la vie éternelle, dont vous puissiez moissonner les fruits, et puis enseignez les autres. Ce n'est pas être arrivé au souverain degré de la perfection que d'avoir mis le manteau et le rational: il faut les unir et les attacher étroitement l'un à l'autre, de sorte que les actions répondent à la science et la science aux actions, et qu'elles soient suivies de la vérité et de l'éclaircissement que nous devons donner aux autres.

Folio 8r de la Bible Syriaque de Paris (Bibliothèque Nationale, MS syr. 341), 6ème s.
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Si j'avais le temps de t'entretenir des 4 éléments dont je ne t'ai parlé ci-dessus qu'en passant, des 2 émeraudes ou sardoines, et des 12 pierres précieuses du rational, je t'expliquerais la nature et les qualités de tout cela en particulier, et t'apprendrais pour quelles raisons les habits des prêtres en étaient enrichis, te faisant voir plus au long comment et à quelle vertu chacune de ces choses répond; mais il suffit que le saint évêque Épiphane ait composé sur ce sujet un livre admirable; car si te prends la peine de le lire, tu y trouvera de quoi t'instruire à fond sur cette matière. Pour moi, je m'aperçois que je passe les bornes ordinaires d'une lettre; toutes mes tablettes étant déjà remplies. C'est pourquoi je viens a ce qui reste et dont je n'ai rien dit, afin de finir ce discours.
Une lame d'or sur laquelle est gravé le Nom de "Dieu" brille au front du grand prêtre; car il nous est inutile de connaître toutes choses, si toutes nos connaissances ne sont comme couronnées de la connaissance de Dieu. Nous prenons des habillements de lin et de couleur d'hyacinthe; nous nous ceignons d'une ceinture, les bonnes oeuvres nous sont marquées par le manteau sur les épaules, nous couvrons notre poitrine du rational, nous sommes éclairés par la vérité, et nous enseignons aux autres ce que nous savons; mais tout cela ne peut nous rendre parfaits si nous n'avons un Guide capable de nous gouverner et si Celui qui nous a créés ne veille Lui-même sur notre conduite. Ce qui était autrefois figuré par la lame d'or nous est aujourd'hui représenté par le Signe de la Croix, et le sang de l'Évangile est beaucoup plus précieux que l'or de l'ancienne Loi. Les élus même d'autrefois, selon ce que dit Ezéchiel, n'étaient marqués au front qu'avec douleur, et nous chantons aujourd'hui avec le prophète : "Seigneur, la lumière de Ton visage luit sur nous."
Au reste, nous lisons dans l'Exode, en 2 endroits, que Dieu commanda à Moïse de faire 8 sortes d'habillements aux grands prêtres, ce qui fut exécuté; et cependant le Lévitique ne fait mention que de 7 qui servirent à Aaron. Il n'y est pas parlé des caleçons, car je crois que la foi n'a pas de rapport avec ce que nous devons cacher, et il faut que nous mettions nous-mêmes un voile sur ce qui doit rester secret, ne le découvrant qu'à Dieu qui est le seul juge de notre pureté. En effet les autres peuvent connaître notre sagesse, notre force, notre justice , notre tempérance, notre humilité, notre douceur et nos autres vertus; mais la connaissance de notre chasteté est réservée à notre seule conscience dans laquelle les yeux des hommes ne pénètrent pas, à moins qu'à l'exemple des animaux nous nous abandonnions publiquement aux plaisirs et à la luxure. De là vient que saint Paul a dit : "Quant aux vierges, je n'ai pas reçu de commandement du Seigneur qui oblige à la virginité"; et il semble que, n'ayant rien dit des caleçons dans le Lévitique, Moïse ait voulu parler de la sorte : "Je n'ordonne pas de prendre les caleçons, et ne contrains personne de le faire que celui qui désire d'être prêtre les prenne lui-même." Combien y en aura-t-il de ceux qui passent pour vierges dans le monde dont la chasteté sera condamnée au Jour du Jugement! Et combien y aura-t-il de ceux dont on déchire aujourd'hui la réputation qui recevront de Celui qui connaît leur innocence la couronne due à leur pureté ! Il faut donc que nous prenions nous-mêmes les caleçons; que, sans y appeler l'attention des autres, nous cachions nous-mêmes ce qui ne doit pas être découvert. C'est pourquoi tenons nos défauts secrets de telle sorte qu'ils ne soient aperçus de qui que et soit, de peur que nous ne mourions de la mort éternelle s'il en paraît quelqu'un quand nous entrerons dans le sanctuaire.
Mais il est temps que je finisse, et, pour répéter ici ce que j'ai déjà dit, les lumières et la science d'un prêtre de Dieu doivent être d'autant plus grandes qu'il faut que tout parle en lui, jusqu'à sa démarche et aux moindres mouvements de son corps; qu'il apprenne la vérité; et qu'elle fasse du bruit dans ses habits et dans ses ornements, afin que tout ce qu'il dira et tout ce qu'il fera soit pour l'instruction des peuples; car sans les sonnettes, sans les pierreries, sans les diverses couleurs et les fleurs des vertus il ne peut entrer dans le sanctuaire ni porter dignement le nom d'évêque.
J'ai dicté ce discours à la hâte et tout d'une suite, lorsque le vaisseau mettait à la voile et que les cris des matelots appelaient les voyageurs, y rapportant ce que ma mémoire a pu me fournir et ce que j'ai pu ramasser dans le rational de mon coeur par mes longues lectures; et je m'aperçois bien que j'ai plutôt suivi l'impétuosité de mon naturel que la conduite que doivent tenir ceux qui écrivent, m'étant laissé aller comme un torrent, sans garder aucune liaison ni aucun ordre. On dit qu'il paraît sous le nom de Tertullien un livre sur les habillements d'Aaron, que je n'ai pas encore vu, s'il tombait entre tes mains, comme tu es à Rome où toutes choses se rencontrent, je te prie de ne pas comparer la petite goutte d'eau que je t'envoie, à cette grande rivière; car on doit me juger d'après la médiocrité de mon esprit, et non pas d'après la beauté de celui des grands hommes.
Jérôme, prêtre
Notes :
(1) saint Jérôme qualifie de Babylone la ville de Rome, où se trouvait Fabiola... déjà... tout un symbole!
(2) à propos de l'Apôtre et Évangéliste saint Jean le Théologien : saint Polycrate, évêque d'Ephèse dans les années 180, rapporte qu'il tenait de ses prédécesseurs, disciples directs de saint Jean, que l'Apôtre fêté le 27 décembre, portait cette lamelle, qu'il appelait "petalon", cfr Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique HE 5, 24, 3. Ce qui expliquerait bien les profonds relents de théologie hébraïque dont Apocalypse, Évangile et Épîtres de saint Jean sont empreimptes, de A à Z.
(3) planètes alors connues.
(4) Joseph = Flavius Josèphe, auteur des "Antiquités Juives", etc..


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