Saint Materne

Vagues-à-l'âme d'un ami des vraies racines de la Belgique Chrétienne

scribe saint Baudemont, biographe de saint Amand


"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

25 avril 2008

Tout Chrétien qui croit... (La Croix et la guérison, Ephrem l'Athonite)

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/04/22/every-christian-who-believes/



Golgotha
Mikhail Nesterov (1899)


"De même que Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi le Fils de l'Homme doit-Il est élevé" (Jn 3,14). Et exactement comme tous ceux qui avaient été mordus par les serpents regardaient vers le serpent d'airain qui était suspendu et s'en trouvaient guéris, ainsi tout Chrétien qui croit en notre Christ et a recours à Ses blessures vivifiantes, qui mange Sa Chair et boit Son saint Sang, est guéri des morsures du serpent spirituel du péché, et par cette très sainte nourriture, est amené à vivre dans le renouvellement d'une nouvelle Création, à savoir la vie en harmonie avec Ses vivifiants Commandements.

Ancien Ephrem l'Athonite
Ancien Ephrem l'Athonite, du monastère de Philotheou

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04 avril 2008

Principes pratiques de la vie & conversation du Chrétien (Ancien Moïse l'Athonite)

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/02/07/practical-principles/

Le retour, tableau de Dmitry Petrov, 2005
Le retour
Dmitry Petrov (2005)


Dans le silence, il y a une grande paix. Parlez à l'aise avec les autres sans compromettre vos principes. Exprimez votre opinion sans l'imposer. Écoutez les autres, même quand ça semble ennuyeux et stupide. Eux aussi ont leurs soucis, leur histoire à raconter, et le Christ a aussi versé Son précieux sang pour eux.

Abba Isaïe nous avertit de ne pas nous comparer aux autres; c'est un jeu dangereux. Si vous dites que vous êtes meilleur qu'un autre, vous tombez dans l'orgueil. Si vous dites que vous êtes pire, vous sombrez dans le fatalisme, l'infériorité et le désespoir.

Préoccupez-vous grandement du progrès dans vos études et votre travail, mais soyez aussi conscient que n'importe qui – un cordonnier, un balayeur de rue – peut être un héros et un saint. Voyez en cela que vous êtes ce que vous êtes vraiment. Ne prétendez pas être bon, car c'est une maladie insoutenable qui mène à la mort. En même temps, ne tombez pas dans le cynisme là où l'amour est concerné. Ne vous pressez pas et ne tardez pas. Soyez gentil et poli envers vous-mêmes comme vous êtes austère et exigeant. Ne gaspillez pas votre temps à paresser et ne vous fatiguez pas avec des projets programmés qui ne sont pas tenables. La méfiance et la solitude peuvent très rapidement ruiner la santé. Soyez réconcilié avec Dieu. Soyez réconcilié avec vous-même. Soyez réconcilié avec les autres dans votre vie, et nul ne saura jamais vous enlever la paix de votre coeur. Quelqu'un qui est considéré comme apportant peu à la société est capable, rien qu'avec la paix, d'acquérir l'endurance et de montrer des signes de transfiguration, capable de transformer beaucoup de mal et de laideur de ce monde...

Vous pouvez être bon, mais vous pouvez devenir meilleur. Vous pouvez ne pas être nombreux mais ne pas craindre. Une personne seule peut garder et protéger la vérité, comme nous l'apprenons de l'histoire de l'Église. La puissance de l'esprit ne dépend pas du nombre.

Il est vraiment affligeant de voir nombre de gens de nos jours être désorientés, déconcentrés, incohérents. Cependant, ils ont le potentiel pour accomplir beaucoup. C'est honteux et ça fait pitié de les voir submergés par un esprit de paresse et d'indifférence, avec une attitude qui dit "Peu importe! Je me me fiche de tout!" Avoir une opinion sur tout, ne connaître qu'à moitié tant de choses, dire oui ou non à tout – ce sont des signes de confusion, d'indécision et de banqueroute spirituelle.

Lorsque vous commencez à être lassé de tout ça, alors vous commencez à être préoccupé par l'Un – avec Dieu, avec vous-mêmes, avec votre prochain – alors il devient possible de commencer quelque chose de significatif.

geron Moïse l'Athonite, "Athonite Flowers" :



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23 mars 2008

Qu'est-ce que la grâce? (Dimanche de saint Grégoire Palamas)

icone orthodoxe grecque de saint Gregoire Palamas


GRÂCE: Le don de la propre présence et action de Dieu dans Sa Création. Par la grâce, Dieu pardonne les péchés et transforme le fidèle à Son image et ressemblance. La grâce n'est pas simplement une faveur non-méritée – une attitude de Dieu envers le fidèle. La grâce est l'énergie incrée de Dieu conférée dans les Sacrements et est dès lors véritablement expérimentée. Un Chrétien est sauvé par la grâce, qui est un don de Dieu et non pas une récompense pour de bonnes oeuvres. Cependant, vu que la grâce change une personne, il ou elle manifestera les effets de la grâce par une vie de juste. [Orthodox Study Bible, pp. 799-800].

Lire aussi l'article du p. Joseph (en anglais):
http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2006/07/what-is-grace.html


Grâce / Sotériologie & saint Grégoire Palamas
De: Huw Raphael | 2006.07.26:2125 (@142)
http://raphael.doxos.com/comments.php?id=3635_0_1_0_C
J'ai reçu le courriel suivant de mon ami le p. Nicholas, qui m'a autorisé à le republier :

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S'il vous plaît, prenez conscience que j'essaie ici d'expliquer plusieurs siècles de théologie et de n'égarer personne.

Pour le dire simplement, saint Grégoire et ses enseignements font maintenant partie de ce qu'est être Orthodoxe. Ils ne sont en rien optionnels. Ayant dit cela, je dois confesser qu'il resta pour moi juste un saint mentionné le 2ème dimanche du Grand Carême, jusqu'à ce que je me retrouve dans le monastère portant son nom et que j'y vive 13 ans.

Palamas n'était PAS un scolastique.. en fait, tout le problème fut son opposition à toute la méthode médiévale occidentale scolastique de "faire" de la théologie, basée sur la métaphysique aristotélicienne (catégories) qui avait été synthétisée par Thomas d'Aquin. L'enseignement de saint Grégoire est très étroitement associée au concept de déification (theosis), un autre concept qui fut (et est toujours) difficile à comprendre pour la théologie occidentale contemporaine (quoique ce ne fut pas le cas pour l'ère patristique occidentale). Bien que Thomas enseignait qu'il y avait une sorte de connaissance "infuse" (par le Saint Esprit), bien plus fiable et dès lors préférable est la connaissance "matérielle" acquise par l'utilisation de la raison humaine, faisant appel aux catégories aristotéliciennes de pensée telles que la distinction entre substance/caractéristique physique. Ceux d'entre nous qui ont vécu un certain nombre d'années dans le catholicisme-romain se souviendront que la "transsubstantiation" était définie comme un changement dans la "substance" du pain et du vin qui devenait le vrai Corps et Sang du Christ, alors que seules les caractéristiques physiques restent, à savoir l'apparence de pain et de vin.

Le combat que saint Augustin d'Hippone a mené contre le pélagianisme a laissé plaie béante ouverte influençant la théologie mystique occidentale postérieure et la majeure partie de l'expérience des mystiques et moines de l'Église antique finirent par être regardé avec réserve et même suspicion.. même de nos jours, vous trouverez des auteurs qui classent des saints tels que saint Benoît de Nursie, saint Léon le Grand (pape de Rome) et saint Grégoire le Grand (pape de Rome) comme "semi pélagiens"... une opposition inconsidérée à la déification, l'hésychasme et la distinction entre essence et énergie par la plupart des gens qui sont imprégnés de l'anthropologie catholique-romaine ou protestante du bas Moyen-Âge et des débuts de l'ère moderne. C'est véritablement une manière différente de comprendre l'humanité en son noyau. Ce fut le pivot de mon propre parcours vers l'Orthodoxie.

En tout cas, l'idée centrale de l'enseignement de saint Grégoire, c'est que Dieu EST directement connaissable, en contradiction avec les scolastiques qui enseignaient que Créateur et créature sont éternellement séparés et ne savent communiquer qu'à travers quelque sorte de médiation.. La dispute principale éclata lorsque Barlaam de Calabre, un moine Grec d'Italie formé à la scolastique, se moqua des "Latins" qui tentaient de "connaître Dieu" par l'utilisation de la raison humaine, car disait-il, c'était "impossible à réaliser." Il se moqua aussi d'un groupe de moines Grecs qui pratiquaient l'antique tradition de l'hésychasme (silence et paix intérieure), qui disaient contempler la "lumière de Dieu." Il les taxa de "contemplateur de leurs nombrils" (omphaloscopoi) et les classa parmi les hérétiques messaliens. (Les messaliens enseignaient que les sacrements sont essentiellement inefficaces, mais que par la prière dans l'église, les démons sont exorcisés et que l'ont pouvait expérimenter le Saint Esprit en eux à travers l'expression corporelle). Barlaam était la coqueluche du courant anti-occidental dans l'intelligentsia grecque, et il avait les faveurs de la court impériale et du patriarche Akyndinos à Constantinople.

Saint Grégoire était un des plus cultivés parmi les hommes de son époque, ayant été élevé à la court et eu le même tuteur que les enfants impériaux, Theodore Metochites; il était considéré comme le plus érudit de son temps. Lorsque Barlaam commença à écrire, Grégoire était devenu moine au Mont Athos. Les enseignements de Barlaam le laissèrent perplexe, et il commença à correspondre avec lui, demandant des éclaircissements. Ca dégénéra en une guerre de théologies, et pour cela, saint Grégoire fut traîné devant le patriarche et la court impériale et condamné. Mais tout l'Athos le soutint, de même que nombre de laïcs cultivés. Un concile réuni ultérieurement reconnu ses écrits et déclara qu'ils faisaient autorité, condamnant Barlaam. Ce concile fut accepté par toutes les autres Églises Orthodoxes et devint dès lors normatif. Il influença grandement l'iconographie de saint André Roubleev et saint Théophane le Grec.

Dans ses écrits, saint Grégoire commença à explorer à la fois les Écritures et l'expérience de ce qui est appelé "Prière du coeur." Cette spiritualité n'était en rien nouvelle, ayant été pratiquée sous diverses formes depuis saint Maxime le Confesseur, saint Nil le Sinaïte et d'autres Pères qui seront par la suite repris dans la Philocalie, et avant eux dans nombre de traditions de prière monastique orale égyptiennes et palestiniennes. Le corps humain était important, et certains moines utilisaient des positions corporelles afin d'aider à la concentration dans la prière privée, agenouillés et la tête courbée, respirant lentement – d'où le quolibet dont Barlaam les avait affublés.

Saint Grégoire sentit que "connaître Dieu" était une partie du coeur même de l'anthropologie humaine. La distinction qu'il faisait entre "essence" et "énergies" de Dieu n'avait rien à voir avec les "catégories" dans la manière scolastique, mais était une manière d'expliquer que Dieu reste Dieu et "au delà" de l'expérience et du raisonnement humains, et cependant, à travers l'Incarnation, est capable de communion réelle et vraiment directement avec l'humanité. Il utilisa l'exemple suivant : regarder directement vers le soleil (essence) causera l'aveuglement, mais sans la lumière solaire (énergies) (qui est le soleil en action), toute vie cesserait. Cela tourne autour de la compréhension de ce que signifie la "grâce." Pour la théologie latine médiévale, la "grâce" était une "chose" (res) crée par Dieu et accordée à l'humain à travers le baptême et les sacrements. Pour la théologie patristique tant de l'Orient que de l'Occident, et pour saint Grégoire, la "Grâce" est "incréée." Ce n'est pas une "chose" mais en fait une extension directe de Dieu Lui-même, et elle est occasionnellement manifestée physiquement par la lumière (comme dans la Transfiguration ou à la Résurrection, ou dans l'Ancien Testament, la Shekinah – gloire dans le Tabernacle, ou l'effet sur la face de Moïse lorsqu'il eut "contemplé la face arrière de Dieu.") Les Pères la virent comme la présence littérale de Dieu qui transforme la Création. Et saint Grégoire enseigna que cette interaction directe avec Dieu n'était pas un fait spécial ou rare et confiné à quelque personnes dans l'histoire, mais que c'était ouvert à tout Chrétien baptisé.

Comme je l'ai dit, ce n'est pas un problème entre Orient et Occident, mais un problème de scolastique médiévale latine contre la compréhension antique occidentale et continuelle orientale. L'on pourrait affirmer que le changement en Occident était survenu à l'époque de Bernard de Clairvaux, qui est toujours discuté dans les livres d'histoire comme étant un moine frénétique et étroit d'esprit, qui s'opposait à la "raison humaine" et le persécuteur des bien-aimés Abelard et Héloïse. En fait, il s'opposait au changement de modèle (paradigme) de l'antique tradition patristique qui estimait impossible de voir l'homme comme vraiment homme si vu à part de Dieu, vers le concept ultérieur qui se déploiera en toute puissance à la Renaissance, qui voudra voir "l'homme" séparément de Dieu avec la spiritualité optionnellement ajoutée après coup. Pour l'antique monde Chrétien, il n'existait rien de tel que cet "homme naturel" avec une "couche de grâce sanctifiante" qu'il aurait subséquemment soit entièrement perdue (protestants), soit temporairement (catholiques-romains) lors de la Chute.

L'essentiel de tout cela, c'est que saint Grégoire a établit une "clarification" dans la dispute, qui sera utilisée pour comprendre ce qu'est la voie "Orthodoxe." Il cita et appliqua en fait les enseignements de saint Basile le Grand. Et après que ses enseignements aient été acceptés par l'Église comme faisant autorité, ils se fondirent tout simplement dans le paysage théologique. Comme la réintégration des Icônes dans la vie de l'Église après l'iconoclasme ou la théologie des Pères Cappadociens.

Contrairement à la théologie catholique-romaine (et son droit canon), la théologie Orthodoxe n'est pas prophylactique, c-à-d qu'elle n'établit pas des définitions tentant d'anticiper de futurs problèmes, et puis suit ces définitions. C'est plutôt comme un "centre d'intervention pour catastrophes," une fois qu'une discussion dégénère en controverse ayant un impact négatif sur les fidèles. La controverse, permise par Dieu, devient un moyen de clarification lorsqu'une erreur (ou peut-être qu'une meilleure description pourrait être un "malentendu") ou confusion surgit à propos de ce qu'est la Foi. C'est basé sur les faits, les clarifications dogmatiques le sont sur ce qui pose quelque problème. Ce n'est pas une définition "nette." Intentionnellement, cela n'intervient que sur là où il y a des problèmes perturbants. Ce que les catholiques-romains appellent "magesterium" (magistère) n'arrive que dans les controverses. En fait, le "code" de droit canon, même occidental, n'a été réalisé sous sa forme présente qu'au début du 20ème siècle. Jusqu'alors, il était comme c'est le cas pour nous, non pas un livre de règles, mais une collection d'éclaircissements sur la Foi et de précédents, principalement afin de guider les évêques à discerner comment diriger l'Église. Les enseignements de saint Grégoire tels qu'approuvés par le Concile de Constantinople sont entrés dans cette vaste collection de décrets, règles et lois (Canons).

Je me souviens d'un ami qui était prêtre catholique-romain et qui cherchait (en vain) quelque chose ressemblant à "l'instruction sur la sainte liturgie" qui préface le missel romain. Il n'y en a pas. Chaque prêtre apprend d'un autre "comment accomplir" la Liturgie. Les paroles sont les mêmes, mais le vaste corpus d'action liturgique n'a pas de véritable manuel de "savoir faire." Et cependant, chacun d'entre nous, "Grecs," "Russes,", etc, tenons le linge de communion, nous tournons dans la même direction, encensons, etc, virtuellement de la même manière. Cela laissa mon ami pantois. Et il est extraordinaire que le rituel de tout ce monde de l'Église que nous tenons tous pour acquis nous est transmis de la sorte. Cela explique certaines des différences d'un endroit à l'autre, qui semble être source de confusion (voire de scandale) pour les nouveaux convertis. Mais cela montre aussi à quel point c'est bien vivant.

C'est pour cela que non, nul ne pourrait écarter la théologie palamite, pas plus qu'on ne saurait le faire pour la vénération des Icônes, ou le titre de "Théotokos." C'est devenu une part du tissus de la compréhension que l'Église a de la Voie Orthodoxe.


cathédrale de Thessalonique (Thessaloniki), où reposent les saintes reliques de saint Grégoire Palamas


Saint Grégoire Palamas ne fut pas seulement un moine, mais devint archevêque de Thessalonique et thaumaturge. Et l'hésychasme est fondamental pour les pratiques populaires de la prière et même de l'iconographie. Les "grands mots" tels que "déification," "synergie," et même "incarnation," sont comme "hésychasme," inconnus de la plupart des grands-mères Orthodoxes, cependant elles vivent malgré tout au sein de la spiritualité formés par eux. L'affligeant schisme interne qui a eu lieu dans l'Église de Russie au 17ème siècle avait son coeur partagé entre ritualistes et hésychastes, jusqu'alors combinés. Saint Nil Sorsky et tout le parti des non-possesseurs perdit la faveur royale et partit, non pas exactement au loin, mais vers l'existence cachée. S. Joseph de Volokolomsk fut préféré, et sa théologie de la "3ème Rome" couplée avec une grandiose liturgie se transforma pour finir en Vieux Croyants après Pierre le Grand.

Le bouleversement causé par les Turcs infligea aussi des dégâts et même l'Athos avait quasiment oublié cette profonde forme de prière, lorsqu'au 18ème siècle, saint Nicodème l'Hagiorite, et saint Macaire de Corinthe, "déterrèrent" les livres patristiques et les traduisirent en grec moderne, de sorte que les gens puissent les comprendre. Saint Païssios Velichkovsky, un moine Ukrainien, passa du temps sur l'Athos, apprit le grec, collationna des livres, et ensuite partit pour la Moldavie où il traduisit ces même livres en Slavon, ce qui leur permit de trouver le chemin de la Russie. C'est ce qui amena à la floraison spirituelle dont saint Séraphim de Sarov est l'exemple le plus célèbre. Le "Récit du Pèlerin Russe" est une forme populaire de prière hésychaste de base.

Vous trouverez probablement plus que vous ne voulez en savoir à propos de saint Grégoire et de ses enseignements sur (en anglais) :

http://www.monachos.net/patristics/palamas_theology.shtml

Espérant vous avoir été de quelque secours,
p. Nicholas




vie de saint Grégoire Palamas en grec (Ο άγιος Γρηγόριος ο Παλαμάς):
http://www.egolpio.com/AGIOLOGIO/Grigorios_Palamas.htm


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11 mars 2008

Mont Athos: la persécution contre Esphigmenou prend une tournure sinistre

Situé sur la sainte Montagne de l'Athos, ce fameux monastère eut pour célèbre supérieur saint Grégoire Palamas, avant que ce dernier ne devienne archevêque de Thessalonique, et principal opposant aux hérésies de l'Occident déchu. Et à toute idée d'uniatisme avec les religions et dirigeants de cet Occident déchu, uniatisme déjà proposé à l'époque au détriment de la Foi et par pur intérêt politique. On a toujours vu ceux qui voulaient simplement suivre ce que l'Église enseigne de suivre afin de parvenir à la vie éternelle se faire taxer d'extrémistes, de fanatiques, etc. Parfois, ils en sont même réduits à se durcir, afin de passer à travers les persécutions que les "non-fanatiques" ne se privent pas de leur faire subir. Monde étrange.

Du site officiel de ce monastère du Mont Athos qui refuse toute allégeance à Bartholomeos I de Constantinople - et ils ont raison, l'Athos n'étant pas dans la juridiction canonique d'Asie Mineure, cfr 28ème Canon de Chalcédoine - on apprend que déjà 5 moines sont morts pour s'être vus interdire tout accès aux soins médicaux requis. Ils ont des diabétiques et des cardiaques, et les médecins sont interdits d'accès par la police mandée par le patriarche Bartholomeos I.

Oui, cette fois, c'est bien plus grave que de faire attaquer le monastère par des hommes de main, armés de masses, quoique cette fois-là, les dits attaquants blessèrent 3 moines dont un grièvement.

Et faire envoyer 200 hommes des forces spéciales de police pour tenter de faire évacuer les lieux par leurs occupants (canoniquement) légitimes, c'est ignoble, ça situe la collusion entre les milieux politiques et le patriarcat actuel, mais ça reste du domaine du "péché humain de l'orgueil au quotidien," bref, bassement humain.

Et couper les vivres, faire confisquer le tracteur, couper le téléphone (et le détourner vers une fausse communauté créée sous le même nom afin que les dons aboutissent là..), etc, ça relève du harcèlement bête et méchant, non-Orthodoxe bien entendu, mais passe encore.

Par contre cette fois, on est face à des cas de mise en danger de mort, de non-assistance à personnes en danger, et d'atteintes directes à la vie d'autrui. On ne peut pas d'un côté aller prêcher la réconciliation avec des gens d'autres religions (et qui croient le contraire de ce qu'enseigne l'Église depuis 2000 ans, comme on vient de voir le 6 mars), et de l'autre, persécuter et (faire) attenter à la vie de ses frères en Christ.

Car c'est bien beau d'aller parler de droits de l'homme devant le parlement européen si c'est pour bafouer ces mêmes droits en cachette, loin des médias. Bon, les histoire de "vieux calendristes," on le sait, c'est pas ma tasse de thé. Cependant là n'est pas la question : ce monastère subit des persécutions criminelles de la part de gens se disant Orthodoxes, et ce n'est pas admissible.
Que la Toute Pure daigne protéger les victimes et que les coupables (de tous bords) profitent du Grand Carême pour se repentir. Le Seigneur ne veut pas la mort du pécheur, Il veut qu'il se convertisse. C'est bien la moindre des choses que l'on puisse souhaiter pour les protagonistes.




L'archimandrite Methodios, higoumène du monastère depuis 1999



Texte original et photo de la traduction ci-dessous :
http://sbn-nathanael.livejournal.com/2008/02/20/


Site internet officiel du monastère d'Esphigmenou : http://www.esphigmenou.com/

- 18 février 2008 : LES PERSÉCUTIONS CONTRE LES MOINES D'ESPHIGMENOU PRENNENT UNE SALE TOURNURE!
* Parmi les derniers rebondissement, il y a 16 moines zélés qui ont été inculpés "d'occupation illégale" des terrains du monastère Esphigmenou sur le Mont Athos, et inculpés d'empêcher la fausse fraternité d'Esphigmenou du patriarche Bartholomeos d'emménager dans le monastère.
* Deux des moines, dont l'higoumène Methodios, ont aussi été inculpés "d'interférer avec les 'travaux' d'archéologues" qui furent apparemment envoyés au monastère afin d'en examiner les reliques. A présent, non seulement les moines zélés sont victimes de persécutions, mais aussi tout associé (le père d'un des moines est aussi inculpé!) qui les assistent dans leur vie humaine au jour le jour.
* Fr. Nathanael: Deux policiers du Mont Athos et un civil ont aussi été accusés d'être complices des "crimes" des zélés moines. Les policiers pour être censés avoir manqué d'arrêter et de fouiller le véhicule qu'un civil conduisait au monastère. Le "crime" du chauffeur civil était d'avoir été apporter des fournitures de secours [médical] au monastère!
* Peut-être que les employés de la Croix Rouge et autres organisations humanitaires feraient bien de noter : plus besoin d'assister les victimes de persécutions ou de guerre parce qu'il y a un précédent dans le monde occidental démocratique, *qui comprend la Grèce*, que l'assistance à des gens dans le besoin fait de vous un "criminel" parce que vous aider à la survie de gens dont le droit à occuper leur lieu de résidence est remis en question par les tyrans de notre époque. Il est peut-être plus sûr de faire de l'humanitaire au Soudan!


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Toute cette lamentable et terrible histoire ne peut que rappeler au fidèle Orthodoxe un terrifiant précédent historique, qui apporta nombre de martyrs au calendrier de l'Église : Zografou.

icone des 26 saints martyrs du monastere de Zografou, sur l'Athos, victimes des armees du pape de Rome
"Les saints martyrs du monastère de Zografou, Mont Athos, célébrés le 10 octobre.
Lorsque l'empereur Michel Paléologue signa l'infâme Union de Lyon avec le pape de Rome afin de recevoir son aide contre les Bulgares et les Serbes, les moines de la Sainte Montagne adressèrent une protestation à l'empereur à l'encontre de cette union, et l'exhortèrent à la rejeter et à revenir à l'Orthodoxie.
Durant ces temps de terribles épreuves pour la Sainte Montagne, vivait un moine qui demeurait près du monastère de Zografou et qui menait une vie ascétique solitaire, dans les grands labeurs et efforts.
Ce moine avait cette sainte coutume de lire de nombreuses fois l'hymne Acathiste pendant qu'il priait devant cette Icône de la Mère de Dieu. Un jour, alors qu'il chantait "Réjouis-toi, épouse inépousée," il entendit les paroles suivantes provenant de l'Icône : "Réjouis-toi aussi, ô Ancien de Dieu!" L'Ancien fut effrayé mais la voix continua paisiblement : "Ne crains rien, mais précipite-toi vers le monastère et annonce aux frères et à l'higoumène s'approchent les ennemis de mon Fils et les miens. Que quiconque est faible en esprit se cache et prenne patience. Ceux souhaitant la couronne du martyre n'auront qu'à rester dans le monastère. Pars vite."
Le pape de Rome envoya une armée à l'aide de l'empereur, et cette armée de Rome envahit la Sainte Montagne et s'y livra à de tels actes de barbarismes que même les Turcs n'en avaient pas commis en 500 ans. Pendant les membres du Conseil et massacrant nombre de moines de Vatopedi, Iviron et d'autres monastères, les Latins attaquèrent ensuite Zografou. Le bienheureux higoumène Thomas expliqua sous l'inspiration aux frères que ceux qui désiraient se sauver des Latins devraient fuir le monastère, et ceux qui désiraient une mort de martyr devrait rester. Vingt-six hommes restèrent : 22 moines avec leur higoumène et 4 laïcs qui travaillaient pour le monastère. Ils s'enfermèrent dans la tour du monastère. Lorsque les Latins arrivèrent, ils incendièrent la tour, et ces 26 héros trouvèrent la mort comme martyrs dans les flammes. Pendant que la tour brûlait, ils chantaient l'Hymne Acathiste à la Mère de Dieu, et ils remirent leurs âmes entre les mains de Dieu le 10 octobre 1282. En décembre de cette même année, l'infâme empereur Michel Paléologue mourut dans la misère, le roi Milutin de Serbie ayant lancé une révolte contre lui pour défendre l'Orthodoxie."


"Le monastère de Zografou se trouve sur une pente dans la partie sud-ouest de la péninsule et est dédié à saint George. Le Katholicon a été construit au début du siècle dernier et suit le type athonite. Le monastère a 8 chapelles à l'intérieur et 8 chapelles à l'extérieur. Le monastère possède aussi 2 ateliers à Karyes et le Kellion de la Transfiguration.
Selon la tradition, le monastère a été fondé au 10ème siècle par 3 frères, Moïse, Aaron et Ioannis, d'Achris. Plus tard pendant la période byzantine, le monastère fut détruit par des pirates Catalans, et reconstruit avec le soutien financier de la dynastie Paléologue, de même que d'autres dirigeants d'Europe orientale.
icone miraculeuse de saint George, monastere de Zografou, Athos Initialement, le monastère était habité par des Bulgares, des Grecs et des Serbes. Depuis 1845, il n'est habité que par des moines Bulgares.
En plus de 2 Icônes miraculeuses de saint Georges et de 2 de la Vierge de l'Acathiste et de la Vierge Epakouousa, le monastère possède d'autres anciens objets et vases liturgiques.

La bibliothèque contient 126 manuscrits grecs et 388 slavons, et près de 8.000 livres.
Auteur : Ioannis Tavlakis, archéologue"
source texte Zografou :
http://www.culture.gr/h/2/eh251.jsp?obj_id=1521


le président Bulgare visite Zografou - monastère qui vient de lancer un vibrant appel à son pays à s'opposer à l'imposture d'indépendance de la province serbe du Kosovo, et de fait, la Bulgarie s'y oppose.

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04 mars 2008

En hiver (poème du Grand Duc Constantin Romanov & photos de l'hiver d'ici et d'ailleurs)





En hiver

La quiétude
De l'étendue désertique silencieuse et paisible,
L'éclat
Des prairies blanchies par la neige,
La pureté
De l'eau limpide devenue glace,
La beauté
Des bosquets et forêts glacés de givre,
Qu'ils sont exquis
Les spectacles magiques de l'hiver!
Dors, ô mon âme,
Comme dorment congères, étangs et bouleaux..
Oh, apprend à sonder
La profonde sérénité de la nature,
En laquelle réside
Toute la béatitude et la félicité terrestre.
Puissent tous tes rêves et visions
Être plus lumineux que la neige,
Et les aspirations passionnées de ton coeur,
Plus pures que la glace.
Que l'hiver t'enseigne
Par son exquise indigence,
A te revêtir toi-même
De la beauté incorporelle de l'Esprit.


Grand-Duc Constantin Romanov

heraldique de la sainte famille imperiale de Russie, les Romanov

source
http://www.members.shaw.ca/OrthodoxChristianPoetry/page26.html




Photo de Nicholas Koligiannis : l'Acropole d'Athènes "pour nous rappeler que la Grèce est un pays tropical," ajoute-t'il.


Eressos, sur l'île de Lesvos, photo de Karolina Denning


Brume montant de la Néva, à Saint-Petersbourg, Russie, photo de Pavle Milekic


Fleuve Trotus, à Comanesti, Roumanie, photo d'Adrian Woodroffe, qui commente "la température de jour dans la ville était récemment de moins 25° Celcius."

4 photos ci-dessus source & (c) bbc




Employées municipales balayant la neige près d'une église (Orthodoxe) à Grozny, Tchétchénie. AP Photo/Musa Sadulayev. source



Barques de pêche recouvertes de neige, dans le faubourg d'Alimos, près d'Athènes, 19/2/2008. Reuters/Yiorgos Karahalis
source & (c) news.yahoo.com




Une femme passe devant la Porte d'Hadrien, couverte de neige. Athènes, 17/2/2008. Reuters/Yiorgos Karahalis. source & (c) news.yahoo.com




source & (c)


Skiti Timiou Prodromou Iviron
A gauche, l'église du Skite d'Iviron


Iviron, dômes sous la neige, 16/2/2008


Iviron, potager sous la neige, à 200m de la mer, 16/2/2008

source des 3 photos précédentes & (c) Theologos Tats






neige à Ouranopolis, à l'entrée du Mont Athos (Άγιο Όρος)
source & (c)

http://www.ouranoupoli.com/athos/athos.html
carte du Mont Athos

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18 janvier 2008

Mariage et vie de famille (Païssios l'Athonite)



- Geronta, un jeune homme ayant choisi la vie mariée me demande comment faut-il bien la commencer.

- Pour bien commencer, il devrait chercher une brave jeune fille qui le réconfortera, car les gens sont à l'aise et trouvent le réconfort différemment selon les personnes.
Il ne devrait pas chercher à trouver une personne riche ou belle, mais par dessus tout, simple et humble. En d'autres mots, il devrait prêter plus attention à la beauté intérieure qu'à la beauté extérieure. Quand une jeune fille est de caractère positif, et capable de s'entendre avec les hommes, sans avoir plus de caractère féminin que nécessaire, c'est d'une grande aide pour l'homme qui trouvera compréhension et non pas migraines. Si de plus elle a la crainte de Dieu et l'humilité, alors ils seront à même de se prendre par la main et de traverser tout le mal qui règne en ce monde. Si le jeune homme envisage sérieusement une certaine jeune fille comme épouse, je pense qu'il est mieux qu'il fasse d'abord part de ses intentions aux parents de la jeune fille, via un de ses parents à lui, et ensuite, il pourra en discuter avec la jeune fille et ses parents à elle. Plus tard, si les parents donnent leur accord et que les 2 sont donc engagés – et il vaut mieux que cet engagement ne tarde pas trop – lui, il devrait s'efforcer, tout au long du temps qui les sépare du mariage [fiançailles], de la considérer comme une soeur et de la respecter de la sorte. Si tous deux lutte avec "philotimo" [*] et gardent leur virginité, alors dans le Sacrement du mariage, lorsque le prêtre les couronne, ils seront richement dotés de la Grâce de Dieu. Car, comme le dit saint Jean Chrysostome, les couronnes sont les symboles de la victoire contre le désir.
Ensuite, dans la mesure de leur capacité, ils doivent s'efforcer de cultiver la vertu de l'amour, et toujours rester unis à deux, avec le Troisième, notre Doux Christ.
Naturellement, au début, jusqu'à ce qu'ils soient ensemble et deviennent bien habitués l'un à l'autre, ils rencontreront certaines difficultés. C'est ce qui arrive avec tout nouveau commencement. Tenez, pas plus tard qu'avant-hier, j'ai vu un oisillon. Il venait de quitter le nid pour chercher de la nourriture et arrivait à peine à voler à quelques centimètres du sol. La pauvre petite bête ne savait pas comment attraper les insectes, et perdit près d'une heure avant d'arriver à attraper une petite mouche pour la manger. Tout en l'observant, je pensais à quel point tout commencement est difficile. Lorsqu'un étudiant reçoit enfin son diplôme et commence à travailler, au début, c'est difficile. Un novice dans un monastère a aussi difficile au début. Un jeune homme, lorsqu'il se marrie, là aussi, au début, il rencontrera des difficultés.

- Geronta, est-ce que c'est grave si la femme est plus âgée que l'homme?

- Il n'existe pas de Canon de l'Église qui dise que si la femme est 2, 3 ou même 5 ans plus âgée que le jeune homme, alors ils ne pourraient pas se marier.


* Philo′timos adj. Grec, (o filotimov) filo - amour + timi – honneur
1. quelqu'un qui par profonde gratitude aime et vit en s'efforçant de ne penser, parler et faire que ce qui est honorable; quelqu'un qui vise ardemment à agir de manière honorable et vertueuse dans toutes les situations et circonstances (p.ex. avec amour, douceur, modestie, responsabilité, compassion, loyauté, dignité, humilité, justesse, politesse, intégrité, abnégation,..)
2. philo′ ti mộ n. (to filotimo) la disposition intérieure que quelqu'un a par dette de gratitude (ou gratitude en retour), et le comportement caractéristique, vertueux, de cette personne, qui s'exprime par ses bonnes pensées, paroles et actions.
3. autres descriptions : affable, gracieux.



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20 novembre 2007

P. Païssios : oecuménisme & Tradition

Ancien Paissios de la Sainte Montagne





L'OECUMÉNISME ET LA TRADITION SELON L'ANCIEN PAÏSSIOS L'ATHONITE





Respect pour la Tradition

Nombre de saints martyrs, quand ils étaient peu familiers avec un dogme, disaient ceci : "j'ai confiance en tout ce que les saints Pères ont institué." Si quelqu'un osait dire cela, il allait subir le martyre. En d'autres termes, bien qu'ils ne savaient pas comment présenter la moindre preuve à leurs persécuteurs, ils avaient cependant confiance dans les saints Pères. Ils devaient penser en eux-mêmes : "Comment pourrais-je ne pas avoir confiance aux saints Pères? Ils étaient bien plus expérimentés que moi, et vertueux, et saints. Comment pourrais-je être d'accord avec quelque chose qui n'a pas de sens? Comment pourrais-je tolérer que quelqu'un se moque des saints Pères?" Nous devons faire confiance à la Tradition. De nos jours, hélas, nous remarquons que "les bonnes manières européennes" sont là, et elles s'efforcent de présenter une face agréable. Elles essaient d'être supérieures, mais pour finir, elles mènent à adorer le Démon cornu. "Il ne doit exister qu'une seule religion" vous disent-ils, et ils écrasent tout.

J'ai aussi eu des gens qui sont venus me voir, qui suggéraient : "Nous tous qui croyons en Christ nous devrions former une seule religion."

Je leur ai dit : Ce que vous me dites-là, c'est prendre de l'or et du cuivre – de l'or de la plus haute qualité – qu'il a été très difficile d'obtenir aussi pur, et ensuite, mettre les métaux ensemble et les faire fondre en une seule masse. Est-ce bien de les remélanger? Demandez-le à n'importe quel orfèvre : "devrions-nous mélanger des éléments inférieurs à de l'or?"

Hé bien, c'est le même problème avec le filtrage du dogme. Les saints Pères devaient savoir ce qu'ils faisaient, quand ils ont interdit toute association avec un hérétique. De nos jours, on entend dire : "nous devrions prier tous ensemble – non seulement avec un hérétique, mais aussi avec un bouddhiste et un adorateur du feu et un adorateur du démon. Les Orthodoxes devraient aussi participer à ces prières communes et rassemblements. C'est une question de présence."

Que veulent-ils dire par "présence"? Ils s'efforcent de tout résoudre par la logique, afin de justifier l'injustifiable. Cet "esprit européen" est convaincu que le domaine spirituel peut aussi faire partie du Marché Commun.

Certains d'entre les Orthodoxes assez superficiels veulent projeter une "oeuvre missionnaire", de sorte qu'ils puissent se réunir avec des hétérodoxes afin de pouvoir être entendus, et ils pensent que c'est ça la manière de promouvoir l'Orthodoxie – en se mêlant dans le même pot que les cacodoxies. Ensuite, nous avons les hyper-zélotes à l'autre extrémité: ils blasphèment même les Sacrements des néo-Calendristes, etc, et ils scandalisent à l'extrême ces âmes qui sont pieuses et ont une sensibilité Orthodoxe.
D'un autre côté, les hétérodoxes participent habituellement aux rencontres, ils s'y posent comme des "je-sais-tout", ils prennent pour eux tout bon matériel spirituel qu'ils peuvent trouver chez les Orthodoxes, ils les emmènent dans leur propre atelier, ils y rajoutent leurs couleurs et y apposent leur nom, et ils présentent ça comme quelque chose d'original.

Le monde étrange dans lequel nous vivons actuellement est soumis à de telles étranges choses, et il est finalement détruit spirituellement. Mais – quand sera venu le temps –
le Seigneur suscitera de nouveaux Marc d'Ephèse et de nouveaux Grégoire Palamas, qui rassembleront tous nos frères scandalisés, qui confesseront la Foi Orthodoxe, consolideront la Tradition Orthodoxe, et apporteront une grande joie à notre Mère l'Église.

Si nous vivions selon la voie patristique, nous tous nous pourrions bénéficier d'une richesse spirituelle qui ferait envie à tous les hétérodoxes; cela les ferait abandonner leurs erreurs et maladies spirituelles, et les amènerait au Salut, sans besoin du moindre sermon. A présent, ils ne sont pas du tout touchés par notre sainte Tradition patristique, parce qu'ils attendent de voir la continuité de notre patristique – notre véritable parenté avec nos saints.

Ce qui est obligatoire pour tout Orthodoxe, c'est de semer la "bienveillante angoisse" aussi chez les hétérodoxes; en d'autres termes, de les amener à réaliser qu'ils ont vécu dans l'erreur, et qu'ils ne devraient pas s'en remettre à la légère à leurs pensées, de peur de se priver d'eux-mêmes dans cette vie-ci des abondantes bénédictions de l'Orthodoxie, et dans la vie à venir, des infiniment plus abondantes et éternelles bénédictions de Dieu.

Un jour, quelques enfants catholiques-romains m'ont rendu visite, ils étaient bien intentionnés, et ils étaient désireux d'en apprendre sur l'Orthodoxie. "Nous aimerions que vous nous disiez quelque chose, de sorte que nous soyons spirituellement aidés," me dirent-ils.

"Hé bien voyez," ai-je répondu, "cherchez un livre sur l'Histoire de l'Église, et vous verrez comment autrefois nous étions unis, et voyons où vous avez été blessés. Ceci vous aidera immensément. Faites-le, et la prochaine fois, nous parlerons de beaucoup d'autres choses."

Dans les temps plus anciens, les gens avaient l'habitude de respecter quelque chose parce que ça leur venait de leur grand-père, et ils en prenaient soin comme un héritage familial. J'ai un jour rencontré un très grand avocat. Sa maison était très sobrement équipée, et non seulement il s'en portait bien, mais cela mettait aussi les visiteurs à l'aise. Il y a quelque temps, il me raconta ceci :

"Il y a quelques années, père, mes connaissances se moquaient de moi à cause de tous les vieux objets de famille que je conservais. A présent, ils viennent et les admirent comme antiquités. Tandis que moi j'en fais un usage quotidien et que j'en suis heureux parce qu'ils me rappellent mon père, ma mère, mes grands-parents, et que j'en suis toujours ému, ces connaissances vont à présent un peu partout pour acheter et collectionner de vieux bibelots, au points qu'ils ont transformé leurs salons en échoppes de curiosités, dans une tentative d'enlever les problèmes de leurs esprits et d'oublier leur stress séculier."

Dans le passé, quelqu'un aurait conservé une petite pièce de monnaie totalement sans valeur comme si elle valait une immense fortune, uniquement parce qu'elle avait été donnée par sa maman ou son grand-père. De nos jours, si quelqu'un a une pièce de valeur – une pièce en or par exemple – qui lui a été donnée par son grand-père, et que la valeur de la pièce est ne fut-ce qu'un rien supérieure à sa valeur originale, il ira la revendre. Il n'en aura aucun respect, ni ne se souciera de mère ou père. C'est ça, "l'esprit européen", qui rentre insidieusement et nous balaie tous...

Je me souviens de ma première visite à la sainte Montagne de l'Athos – dans une des communautés, l'Ancien était un vieil homme, petit, et très pieux. Par piété, il avait préservé de génération en génération non seulement les étoles de ses grands-pères (spirituels), ses prédécesseurs, mais même les patrons qu'ils avaient utilisés pour réaliser les étoles. Il avait aussi plusieurs très vieux livres et divers manuscrits qu'il préservait, magnifiquement enveloppés dans sa valise, qui était soigneusement fermée de sorte qu'ils ne ramassent pas la poussière. Il ne touchait jamais ces livres; il les préservait enveloppés. "Je ne suis pas digne de lire de tels livres," disait-il. "Je lis seulement des livres plus faciles – les Vies des Pères, le Gouvernail [Droit Canon], etc."

Ensuite vint un jeune moine (qui pour finir ne resta pas sur la Montagne), et il demanda à l'ancien : "pourquoi gardez-vous tous ces vieux détritus ici?" Il s'avança pour enlever les patrons de couture et s'en débarrasser – en les brûlant. Le pauvre vieillard le supplia, en larmes : "ça vient de mon grand-père – qu'est-ce que ça peut te faire si je veux les conserver? Il y a encore bien d'autres pièces ici – laisse tout ça dans un coin." Par sa piété, non seulement il tenait aux livres, aux objets et bibelots, aux étoles, mais même aux patrons de couture!

Quand existe le respect pour les petites choses, il y aura un respect encore plus grand pour les plus grandes choses. Quand il n'y a pas de respect pour les petites choses, il n'y en aura pas non plus pour les plus grandes choses. C'est ainsi que les saints Pères ont préservé la Tradition.

texte grec original :
http://www.oodegr.com/oode/oikoymen/paisios1.htm


(ndt: la mise en gras ou en rouge du texte est d'après la version anglophone)


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31 octobre 2007

Toussaint occidentale: l'âme, la prière pour les défunts et Halloween

1. Halloween

a. en français, un dossier complet :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/10/halloween-sans-hystrie-lettre-lcole.html

b. en anglais :
http://khanya.wordpress.com/2007/10/15/halloween-synchroblog/
http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2006/10/halloween-shape-shifting-samhain.html
Le sous-diacre Steeve Hayes (Afrique du Sud) a compilé des liens sur le sujet, cependant pas tous Orthodoxes:
http://methodius.blogspot.com/2007/10/october-synchroblog-christian-responses.html

Russie : Halloween se répand comme le feu dans la paille
http://uk.reuters.com/article/lifestyleMolt/idUKL3132052420071031


MOSCOU (Reuters) – Les écoles de Moscou ont reçu l'ordre d'interdire aux élèves de célébrer le culte de la mort, plus connu sous le nom d'Halloween, malgré la très grande popularité de cette festivité importée en Russie. Halloween est forcé à se dérouler en cachette car il "comprend des éléments religieux, le culte de la mort, une mort qui est tournée en dérision", a déclaré mercredi Alexander Gavrilov, porte-parole pour le département d'éducation de la ville.
"Ce n'est pas une tentative pour complètement empêcher la célébration de cette fête, mais uniquement dans les écoles primaires et secondaires," a-t'il ajouté.
Les citrouilles et les images de sorcières sont répandues dans toute la Russie, où nombre de bistrots organisent des fêtes costumées spéciales, malgré les efforts du Kremlin, et en particulier de l'Église Orthodoxe de Russie, pour tenter de réfréner l'enthousiasme pour les fêtes d'importation. "C'est nuisible pour l'esprit, et la santé spirituelle et morale des élèves," dit Gavrilov, ajoutant que l'interdiction avait été recommandée par des psychiatres.



Que faire?
"Un jour, il y avait un moine du monastère de Saint-Paul qui était venu à l'église de saint Gérasime, sur l'île de Cephallonia. Pendant la Divine Liturgie, pendant que les autres chantaient, il se tenait dans la zone de l'Autel, priant avec son chapelet orthodoxe (komboskini / tchotki) la Prière du Coeur – "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, ai pitié de moi, pécheur." Ils avaient aussi amené à l'église une personne qui était possédée, afin que saint Gérasime la guérisse. Pendant que le moine disait la prière à l'Autel, le démon se manifesta extérieurement et hurla "arrête de chipoter à cette corde, moine, ça me brûle!"
Le prêtre l'entendit aussi, et il dit au moine : "Prie ton chapelet de toutes tes forces, mon frère, de sorte que cette créature de Dieu puisse être libérée du démon."
Le démon vociféra alors, plein de colère : "Pourriture de prêtre. Pourquoi lui dis-tu de continuer avec sa corde. Ca me brûle!"
Le moine redoubla alors ses efforts de prière avec son chapelet, et l'homme possédé fut délivré du démon.
Un récit de l'Ancien Païssios du Mont Athos, "Athonite Fathers and Athonite Matters"