"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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04 octobre 2018

Évêque "oecuménique"? Titre profane & orgueilleux, danger pour l'Église! (saint Grégoire le Grand)

1. Grégoire à Euloge, évêque d'Alexandrie, et à Anastase, évêque d'Antioche.

2.  Lorsque le Prédicateur par excellence disait : "Je suis bien l’apôtre des nations et j’honore mon ministère" [Rom 11,13] ; lorsqu'il disait ailleurs : "Au contraire, nous nous sommes faits tout aimables au milieu de vous" [I Thess 2,7]; il nous donnait, à nous qui sommes venus après lui, l'exemple d'être en même temps humbles en esprit et fidèles à conserver en honneur la dignité de notre Ordre, de manière que notre humilité ne soit pas de la timidité, que notre élévation ne soit pas de l'orgueil.

3. Il y a huit ans, lorsque vivait encore notre prédécesseur Pélage, de sainte mémoire, notre confrère et coévêque Jean, prenant occasion d'une autre affaire, assembla un synode dans la ville de Constantinople, et s'efforça de prendre le titre d'oecuménique ["universel" ndt]; dès que mon prédécesseur en eut connaissance, il envoya des lettres par lesquelles, en vertu de l'autorité de l'apôtre saint Pierre, il cassa les actes de ce synode.

4. J'ai eu soin d'adresser à votre sainteté des copies de ces lettres. Quant au diacre qui, selon l'usage, est attaché à la suite des très pieux Empereurs pour les affaires ecclésiastiques, Pélage lui défendit de communiquer, à la Liturgie, avec notre susdit coévêque. Suivant les traces de mon prédécesseur, j'ai écrit à notre coévêque des lettres dont j'ai cru devoir envoyer des copies à votre béatitude. Notre principale intention était, dans une affaire qui, à cause de son orgueil, trouble l'Eglise jusqu'en ses entrailles, de rappeler l'esprit de notre frère à la modestie, afin que, s'il ne voulait rien céder à la rigueur de son orgueil, nous pussions plus facilement, avec le secours de Dieu tout-puissant, traiter des moyens de le réprimer.

5. Comme votre sainteté, que je vénère d'une manière particulière, le sait, ce titre d'oecuménique a été offert par le saint Concile de Chalcédoine à l'évêque du siège apostolique dont je suis le serviteur, par la grâce de Dieu. Mais aucun de mes prédécesseurs n'a voulu se servir de ce mot profane ; parce que, en effet, si un patriarche est appelé "oecuménique", on ôte aux autres le titre de patriarche. Loin, bien loin de toute âme chrétienne la volonté d'usurper quoi que se soit qui puisse, tant soit peu, diminuer l'honneur des ses frères ! Lorsque nous, nous refusons un honneur qui nous a été offert, réfléchissez combien il est ignominieux de le voir usurper violemment par un autre.

6. C'est pourquoi, que votre sainteté ne donne à personne, dans ses lettres, le titre d'oecuménique, afin de ne pas se priver de ce qui lui est dû, en offrant à un autre un honneur qu'elle ne lui doit pas. En cela ne concevez aucune crainte des sérénissimes seigneurs; car l'empereur craint le Dieu Tout-Puissant, et il ne consent point à ce qu'on viole les Commandements évangéliques et les très saints Canons. Pour moi, quoique je sois séparé de vous par de longs espaces de terre et de mer, je vous suis cependant étroitement lié de cour. J'ai confiance que tels sont aussi les sentiments de votre béatitude à mon égard; dès que vous m'aimez comme je vous aime, l'espace ne nous sépare plus. Grâces donc à ce grain de sénevé, à cette graine qui en apparence était petite et méprisable et qui, en étendant de toutes parts ses rameaux sortant de la même racine, a formé un asile à tous les oiseaux du ciel! Grâces aussi à ce levain qui, composé avec trois mesures de farine, a formé en unité la masse du genre humain tout entier; grâces encore à cette petite pierre qui, détachée sans efforts de la montagne, a occupé toute la surface de la terre; qui s'est étendue au point de faire, du genre humain amené à l'unité, le corps de l'Église universelle; qui a fait même que la distinction des différentes parties servît à resserrer les liens de l'unité!

7. Il suit de là que nous ne sommes pas éloignés de vous, puisque nous sommes un en Celui qui est partout. Rendons-lui donc grâces d'avoir détruit les inimitiés au point que, dans son humanité, il n'y eût plus dans tout l'univers qu'un seul troupeau et une seule bergerie sous un seul Pasteur qui est Lui-même. Souvenons-nous toujours de ces avertissements du Prédicateur de la vérité : "appliquez-vous à conserver l’unité de l’Esprit par ce lien qu’est la paix" [Eph 4,3]; "Recherchez la paix avec tous, et la sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur" [Héb 12,14]. Le même disait à ses disciples : "en paix avec tous si possible, autant qu’il dépend de vous" [Rom 12,18]. Il savait que les bons ne pouvaient avoir la paix avec les méchants; c'est pourquoi il dit d'abord, comme vous le savez : Si cela est possible.

8. Mais parce que la paix ne peut exister entre deux partis opposés, dès que les mauvais la fuient, les bons doivent y tenir du fond de leurs entrailles. Aussi saint Paul dit-il admirablement : "Autant qu'il dépend de vous"; pour nous faire comprendre qu'elle doit se maintenir en nous, même lorsque les hommes pervers la repoussent de leur coeur. Nous conservons véritablement la paix lorsque nous poursuivons les fautes des orgueilleux sous l'impulsion de la charité et de la justice; lorsque nous aimons leurs personnes et que nous haïssons leurs vices, car l'homme est l'oeuvre de Dieu, mais le vice est l'oeuvre de l'homme. Distinguons, par conséquent, ce que Dieu a fait et ce que fait l'homme; ne haïssons pas l'homme à cause de son erreur, et n'aimons pas l'erreur à cause de l'homme.

9. Poursuivons donc, dans l'homme, le mal de son orgueil, en lui restant uni en esprit, afin que cet homme soit délivré de son ennemi, c'est-à-dire de son erreur. Notre Rédempteur Tout-Puissant donnera des forces à notre charité et à notre justice; Il nous donnera l'unité de Son Esprit, à nous qui sommes séparés de vous par une grande étendue de terre, car c'est Lui qui a construit Son Église comme une arche, en lui donnant pour ses quatre côtés les quatre parties du monde; Il l'a faite d'un bois incorruptible; Il l'a enduite du bitume de la charité, de manière qu'elle n'ait rien à craindre ni du côté des vents, ni du côté des flots. Nous devons Le prier de tout notre coeur, très chers frères, afin que, sous le gouvernement de la grâce, l'eau du dehors ne la trouble pas, et que la droite de la Providence tienne en bon état le fond du vaisseau; car le Diable, notre ennemi, en sévissant contre les humbles et en tournant autour d'eux, comme un lion rugissant qui cherche à les dévorer, ne se contente pas, comme nous le voyons, de tourner autour, mais il a planté si profondément ses dents dans certains membres nécessaires de l'Église que, sans aucun doute (ce qu'à Dieu ne plaise !) le troupeau sera bientôt ravagé si les autres pasteurs ne s'entendent entre eux pour le secourir, sous les auspices du Seigneur. Songez, très chers frères, à ce que fera bientôt celui qui, de prime abord, a soulevé de si détestables projets contre le sacerdoce. Il est près de nous celui dont il a été écrit : "Celui-là est roi sur tous les enfants d'orgueil". Je ne puis le dire sans être accablé de douleur, notre frère et coévêque Jean cherche à s'élever jusqu'à ce titre, en méprisant les Commandements du Seigneur, les préceptes apostoliques et les règlements des Pères.

10. Que le Dieu tout-puissant fasse connaître à votre béatitude combien je gémis profondément en pensant que celui qui me semblait autrefois le plus modeste des hommes, celui que j'aimais le mieux, qui ne semblait occupé que d'aumônes, de prières, de jeûnes, a tiré sa jactance de cette cendre sur laquelle il était assis, de cette humilité dont il se faisait gloire, au point de chercher à tout s'attribuer, et par l'orgueil d'un titre pompeux, à subjuguer tous ceux qui sont attachés au Chef unique qui est le Christ, c'est-à-dire les membres de ce même Christ. Il n'est pas étonnant que le tentateur, qui sait que l'orgueil est le commencement de tout péché, qui s'en est servi tout d'abord contre le premier homme, cherche, par ce vice, à détruire les vertus de certaines personnes, qu'il tende un piège et qu'il mette un obstacle à toute bonne ouvre, dans les vertus mêmes de ceux qui sembleraient avoir échappé à ses mains cruelles.

11. C'est pourquoi il faut prier beaucoup; nous devons adresser au Dieu tout-puissant de continuelles prières pour qu'Il détourne l'erreur de l'esprit de notre frère, qu'il écarte de l'unité et de l'humilité de Son Église ce mal d'orgueil et de trouble. Avec la grâce de Dieu, il faut recourir à toutes ses forces pour empêcher que, par le poison contenu dans un seul titre, les membres qui vivent dans le Corps du Christ ne soient frappés de mort; car permettre ce titre, c'est détruire la dignité de tous les patriarches; et s'il arrive que celui qui se dit oecuménique tombe dans l'erreur, il n'y a plus aucun évêque qui soit resté ferme dans la vérité.

12. Il faut donc que vous conserviez dans leur intégrité les Églises, telles que vous les avez reçues, et que cette tentation d'usurpation diabolique ne trouve chez vous aucun appui. Tenez bon, et soyez tranquilles; ne donnez et ne recevez jamais d'écrits qui porteraient ce faux titre d'oecuménique; empêchez tous les évêques qui vous sont soumis de se souiller en adhérant à cet orgueil, et que toute l'Église sache que vous êtes patriarches non seulement par vos bonnes ouvres, mais encore par une autorité véritable. S'il nous en arrive quelque malheur, nous le supporterons ensemble; et notre devoir sera de montrer, même par notre mort, que nous n'avons rien qui nous soit cher dès qu'il en résulte du dommage pour l'universalité. Disons avec Paul : "Pour moi, certes, la Vie c’est le Christ et mourir représente un gain" [Phil 1,21]. Ecoutons ce que le premier de tous les pasteurs a dit : "Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux" [Mt 5,10].

13. Croyez bien que la dignité que j'ai reçue pour prêcher la vérité, nous l'abandonnerons tranquillement pour cette même vérité, si cela est nécessaire. Priez pour moi, comme il convient à votre très chère béatitude, afin que mes oeuvres soient en rapport avec les paroles que j'ai osé vous adresser
.

+ Saint Grégoire le Grand, pape de Rome
lettre 43, livre V des Lettres
https://www.editionsducerf.fr/librairie/auteurs/livres/63/gregoire-le-grand






A lire aussi, Grégoire à Jean de Constantinople, Euloge d'Alexandrie, Grégoire d'Antioche, Jean de Jérusalem, et Anastase ex-patriarche d'Antioche, à tous également (Lettre synodale sur les devoirs de l'évêque, février 591),  lettre 24, livre 1 des Lettres
https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/1432/sc-370-registre-des-lettres-i-1

+ Cfr Introduction pages 24,25

"Réfléchissez donc, que par cette présomption téméraire, la paix de l’Église entière est troublée, et que vous êtes ennemi de la grâce qui a été donnée à tous en commun. [...] Donc, très cher frère, aimez l’humilité de tout votre cœur; c’est elle qui maintient la concorde entre les frères, et qui conserve l’unité dans la sainte Église universelle. [...] Que direz-vous au Christ, qui est la Tête de l’Église universelle, que Lui direz-vous au dernier Jugement, vous qui, par votre titre d’oecuménique, voulez vous soumettre tous Ses membres ? [...] Pierre, le premier des Apôtres, et membre de l’Église sainte et universelle; Paul, André, Jean, ne sont-ils pas les chefs de certains peuples? et cependant tous sont membres sous un seul chef. [...] Ne sont-ils pas membres de l’Église? et il n’en est aucun parmi eux qui ait voulu être oecuménique  [...]."

Saint Grégoire le Grand à l’empereur Maurice à Constantinople, son ex-ami :

"..Est-ce ma cause, très-pieux seigneur, que je défends en cette circonstance? Est-ce d’une injure particulière que je veux me venger ? Non, il s’agit de la cause de Dieu tout-puissant, de la cause de l’Église universelle. [...] Si quelqu’un usurpe dans l’Église un titre qui résume en lui tous les fidèles, l’Eglise universelle – ô blasphème ! – tombera donc avec lui, puisqu’il se fait appeler l’universel ! Que tous les Chrétiens rejettent donc ce titre blasphématoire, ce titre qui enlève l’honneur sacerdotal à tous les prêtres dès qu’il est follement usurpé par un seul!"
lettre 20, livre 5 des Lettres
https://www.editionsducerf.fr/librairie/auteurs/livres/63/gregoire-le-grand

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A lire aussi, toujours avec précaution quant à la vieille traduction (hétérodoxe), cette ancienne édition des "Dialogues" du pape de Rome alors encore siège de la Foi Orthodoxe:
http://remacle.org/bloodwolf/eglise/gregoiregrand/table.htm

 

20 mai 2018

Dimanche des saints Pères du 1er Concile Oecuménique

Saint Nicolas de Myre, "le doux saint Nicolas" comme dit le tropaire, giffle l'ex-Orthodoxe et hérétique prêtre Arius au Concile de Nicée (puis suite à cette action, se retrouver en prison, le très hum chrétien hum empereur veillant à ses lois..). Détail d'une icône du 17ème siècle.

Et ce jour, nous fêtons les Pères du 1er Concile Oecuménique, à Nicée en 325.

Tropaire, ton plagial 4
Tu es suprêmement glorifié, Christ notre Dieu,
Toi qui sur Terre as établi
nos saints pères comme des flambeaux,
et qui, par eux,
nous a conduits vers la Foi véritable!
Ô très compatissant, gloire à Toi!


05 juin 2017

Père Peter Heers: Evaluation du Concile de Crête de juin 2016

Extrait :
"Nombre d’évêques votant : 10 des 162 évêques présents (6 %), ou 10 des 850 évêques de l’Eglise orthodoxe (1,1 %)
Si nous comparons cela avec les véritables « Grands et Saints Conciles » de l’Eglise, reconnus plus tard comme « œcuméniques », la différence est énorme, surtout si l'on considère les obstacles rencontrés par les anciens hiérarques en termes de voyage et de communication. Par exemple, le Premier Concile Œcuménique avait 325 Pères, le Quatrième 630 Pères et le Septième 350 Pères - qui y participaient avec droit de vote. Qu’est-ce alors, que le monde est allé voir en Crète? Un « Grand et Concile ? »......"

Un article à lire, faire lire, partager et méditer :

Père Peter Heers: Evaluation du Concile de Crête 
http://orthodoxologie.blogspot.com/2017/05/pere-peter-heers-evaluation-du-concile.html

12 juin 2016

Grand Concile pan-orthodoxe en Crête en 2016?

Il y a 4 mois, j'ai posté ici 3 réflexions de prêtres bien plus sages et érudits que moi à propos dudit Concile, dont de toute évidence pas grand chose de saint n'est présent dans sa préparation, à voir tout ce que les divers Saints-Synodes des Églises locales "balancent" à présent. Antioche et la Bulgarie s'en sont officiellement retirés, et d'autres appellent à le postposer et tout retravailler ou bien n'y participeront pas. Seuls ceux qui sont proches (voire nommés) par le Phanar s'y tiennent (Roumanie & Albanie). Et pour le restant - qui ont _tous_ approuvé les documents préparatoires jusqu'il y a peu, et font à présent marche-arrière depuis que le peuple chrétien gronde et les Saints-Synodes respectifs relaient ces justes craintes voire colères -, bref pour le restant, ça s'emballe et ça s'enflamme tous azimuths. Même sur le site officiel du Concile, où on y INSULTE et INJURIE ceux qui sont opposés à des principes non-orthodoxes que certains veulent y promouvoir comme nouvelles normes pour le plérôme de l'Église. On se croirait dans une cour de récréation ou un ring de catch : des évêques qui en viennent à publier des injures contre d'autres évêques et contre le peuple chrétien, parce qu'on n'accepte pas leurs étranges opinions, c'est sidérant. D'autant que lesdites opinions vont directement à l'encontre de la Foi, et même de ce que le patriarche-invitant, Bartholomeos, avait exprimé sur le Mont Athos. Incompréhensible. Comme si le monde avait besoin de ça, en plus de tout ce qui va mal, cette menace directe contre l'unité de l'Église. Visiblement, l'Esprit-Saint n'a pas (encore?) été invité à ce Concile.
Et l'agenda exposé par certains des principaux responsables de l'organisation dudit Concile dans des revues catholiques-romaines (Catholic Reporter et Crux), à savoir d'en faire un "Vatican II orthodoxe", avec une ecclésiologie façon "Lumen Gentium" et son "subsistit in", ne donne rien à présager de bon - mes amis "catholiques-romains de tradition" savent bien où ça mène, quand on fait du relativisme un dogme... 


Bref à part prier pour que Dieu en vienne à l'aide de Son Église, que faire?

Et pendant ce temps, un peu partout, des demandes sont lancées pour qu'untel ou untel définisse publiquement sa position - y compris dans le "bas clergé". Que dire de plus, sinon qu'en ce qui concerne votre serviteur, il s'en tiendra à ce que les saints Pères et Mères de l'Église ont toujours cru et enseigné, partout et en tout temps (teneamus quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est), et ne peut que me soumettre en mon âme et conscience aux recommandations de sagesse et de prudence reçues. Et rien d'autre que ça:

"Dès lors, dans la mesure où c'est ce qui vous a été commandé par les saints Apôtres – vous tenir droits, fermement attachés aux traditions que vous avez reçues, tant écrites que verbalement, afin que vous ne soyez pas privés de votre fermeté si vous veniez à être égarés par les délires des impies. Puisse Dieu, Qui est Tout-puissant, leur donner aussi de comprendre leur délire, et nous ayant délivrés d'eux comme de la mauvaise ivraie, puisse-t'Il nous rassembler dans Ses greniers comme le blé pur et bon, en Jésus-Christ notre Seigneur, à Qui appartiennent toute gloire, honneur et adoration, avec Son Père Qui est sans commencement, et Son Tout-Saint et Bon et Vivificateur Esprit, maintenant et aux siècles des siècles. Amen."
Saint Marc (Evgenikos), évêque d'Éphèse : Conclusion de la "Lettre Encyclique aux Chrétiens Orthodoxes habitants partout sur terre et dans les îles", 1440-1441


(re)Voir aussi, pour plus complet sur saint Marc d'Éphèse:
"QI, humour, pensées orthodoxes, Florence et l'Égypte"





"In so far as this is what has been commanded you by the Holy Apostles,-stand aright, hold firmly to the traditions which you have received, both written and by word of mouth, that you be not deprived of your firmness if you become led away by the delusions of the lawless. May God, Who is All-powerful, make them also to know their delusion; and having delivered us from them as from evil tares, may He gather us into His granaries like pure and useful wheat, in Jesus Christ our Lord, to Whom belongs all glory, honour, and worship, with His Father Who is without beginning, and His All-holy and Good and Life- giving Spirit, now and ever and unto the ages of ages. Amen."
St. Mark (Evgenikos) of Ephesus, Encyclical: To the Orthodox Christians Everywhere Inhabiting the Earth and Islands, 1440-1441
(Encyclical letter on the false union of Florence)



et pendant ce temps-là, "ils" ont refait de Agia Sofia une mosquée.. mais nos hiérarques ont plus important à discuter que la proclamation de l'Évangile à toute la Création...


 

16 février 2016

Concile Pan-Orthodoxe : réflexions préalables de théologien & père spirituel

Observations sur le texte préparé pour le Concile Pan-Orthodoxe : « Relations de l'Église Orthodoxe avec le reste du monde chrétien »
Prof. Dimitrios Tselengidis
Source: Impantokratoros
3 février 2016

Professeur de l'École de Théologie à l'Université Aristote de Thessalonique, le prof. Dimitrios Tselengidis a communiqué ses premières observations théologiques aux hiérarques Orthodoxes de plusieurs Églises Orthodoxes locales (y compris celles de Grèce, Russie, Serbie, Géorgie, Bulgarie, Alexandrie et Antioche) au sujet du texte « Relations de l'Église Orthodoxe avec le reste du monde chrétien »

* * *

Ce texte démontre l'inconsistence théologique et contradiction récurrentes. C'est ainsi qu'en son premier article, il proclame l'identité ecclésiastique de l'Église Orthodoxe, la considérant – et cela de manière très légitime – comme étant « l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique. » Cependant, dans l'article  6, il y a une contradiction par rapport à la formulation de l'article sus-mentionné (1). On y fait remarquer que « l'Église Orthodoxe reconnaît l'existence historique d'autres Églises et Confessions Chrétiennes qui ne sont pas en communion avec elle. »

Aussitôt surgit une question théologique raisonnable : si l'Église est « Une » conformément à notre Credo et l'identité propre de l'Église Orthodoxe (art. 1), alors pourquoi y-a-t'il mention d'autres Églises Chrétiennes ? Il est clair que ces autres Églises sont hétérodoxes.

Cependant, les « Églises » hétérodoxes ne sauraient absolument pas êtres appelés « Églises » par les Orthodoxes. Considérant les choses d'une perspective dogmatique, il n'est pas possible de parler d'une pluralité « d'Églises » avec des dogmes différents, et cela, en effet, vu les nombreux problèmes théologiques. Par conséquent, aussi longtemps que ces « Églises » persisteront dans les croyances erronées de leur foi, il n'y a aucune justification théologique pour leur accorder la reconnaissance ecclésiale – et ceci officiellement – en dehors de « l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique. »

Dans le même article (6), l'on trouve une autre grosse contradiction théologique. Au début de l'article, on lit ceci : « Selon la nature ontologique de l'Église, il est impossible que (son) unité soit brisée. » A la fin de ce même article, on lit cependant que par sa participation au Mouvement Oecuménique, l'Église Orthodoxe a comme « but objectif de paver le chemin qui mène à l'unité. »

Aussitôt surgit la question : puisque l'unité de l'Église est un fait reconnu, quelle sorte d'unité d'Églises est recherchée dans le contexte du Mouvement Oecuménique ? Peut-être cela signifie-t'il le retour des chrétiens occidentaux à l'Église UNE et unique ? Cependant, une telle signification n'apparaît pas ni dans la lettre ni dans l'esprit de la lettre du texte tout entier. Au contraire, en effet, il donne l'impression qu'il existerait depuis longtemps une division dans l'Église, et que la perspective des dialogues [oecuméniques] met l'accent sur cette unité de l'Église rompue.

La confusion théologique est aussi causée par l'ambiguïté de l'article 20, qui dit « Les perspectives des dialogues théologiques de l'Église Orthodoxe avec les autres Églises et Confessions Chrétiennes seront toujours déterminées sur la base de ses critères canoniques de la tradition ecclésiastique déjà établie (7ème Canon du 2ème Concile Oecuménique et Canon 95 du Concile en Quinisexte).”

Mais le 7ème Canon du 2ème Concile Oecuménique et le Canon 95 du Concile en Quinisexte traitent de la réception d'hérétiques particuliers qui ont démontré leur désir de rentrer dans l'Église Orthodoxe. Néanmoins, il est apparent tant dans la lettre que dans l'esprit du texte, évalué d'un point de vue théologique, qu'il n'y a pas la moindre discussion quant au retour des hétérodoxes vers l'Église Orthodoxe, qui est l'unique Église. Au contraire, dans le texte, le baptême des hétérodoxes est considéré comme un fait accepté depuis le début – et ceci sans la moindre décision pan-Orthodoxe. En d'autres termes, le texte endosse la « théologie baptismale. » Simultanément, le texte ignore délibérément le fait historique que les hétérodoxes occidentaux contemporains (catholiques-romains et protestants) n'ont pas une, mais bien une multitude de dogmes qui divergent de l'Église Orthodoxe (en plus du filioque, de la grâce créée dans les Sacrements, de la primauté du pape, de l'infaillibilité du pape, du rejet des icônes, et du rejet des décisions des Conciles Oecuméniques, etc).

L'article 21 soulève aussi une question appropriée, car il note que « l'Église Orthodoxe .. pose un regard favorable sur les documents adoptés par la Commission [référence au Comité « Foi et Constitution »].. pour le rapprochement des Églises. » Il faut ici faire remarquer que ces documents [du Comité] n'ont jamais été reconnus par les Hiérarques des Églises Orthodoxes locales.


Pour finir, l’article 22 donne l’impression que le futur Grand et Saint Concile juge à priori de l’infaillibilité de ses décisions, puisqu’il considère que « la préservation de la Foi Orthodoxe pure n’est sauvegardée que par le système conciliaire, qui, depuis toujours au sein de l’Église, constitue le juge désigné et ultime en matière de foi ». Dans cet article, on ignore un fait historique, à savoir que dans l’Église Orthodoxe, le critère final est toujours la conscience dogmatique vigilante du plérôme de l’Église qui, par le passé, a validé ou considéré comme « brigandages » des Conciles oecuméniques. Le système conciliaire en lui-même n’assure pas mécaniquement la justesse de la Foi Orthodoxe. Cela se produit seulement lorsque les évêques conciliaires ont le Saint-Esprit et la Voie Hypostatique - le Christ - qui agissent en eux et ainsi, comme « syn – odikoi » (c-à-d "faisant route ensemble") en actes « suivent les saints Pères. »

Évaluation générale du texte

Par tout ce qui est écrit et ce qui est clairement sous-entendu dans le texte susmentionné, il est manifeste que ses initiateurs et auteurs entreprennent une légitimation institutionnelle du syncrétisme-œcuménisme chrétien par la décision d’un Concile Panorthodoxe. Or, ce serait catastrophique pour l’Église Orthodoxe. Pour cette raison, je propose humblement le retrait total du texte.

* * *

Pour terminer, j'ai une observation théologique sur le texte «Le sacrement du mariage et ses empêchements ». Il est mentionné dans l’article  5.1 : « Le mariage entre Orthodoxes et non-orthodoxes ne peut être béni selon l’acribie ("la règle") canonique (Canon 72 du Concile Quinisexte in Trullo). Toutefois, il peut être célébré par indulgence et amour de l’homme à la condition que les enfants issus de ce mariage soient baptisés et élevés dans l’Église Orthodoxe ». Ici, la condition expresse que « les enfants issus de ce mariage soient baptisés et élevés dans l’Église Orthodoxe » contredit la protection théologique du mariage comme Sacrement de l’Église Orthodoxe et ce du fait que la maternité reviendrait – en fonction du Baptême des enfants dans l’Église orthodoxe – à légitimer la célébration du mariage mixte, laquelle est clairement interdite par un Canon d’un Concile oecuménique (72ème Canon In Trullo). En d’autres termes, un concile non-oecuménique, comme l’est le futur Grand et Saint Concile, relativise explicitement une décision d’un Concile Oecuménique. C'est inacceptable. Et encore une autre question : si le mariage célébré ne donne pas d’enfants, est-ce que ce mariage est simplement légitimé par le fait de l’intention de l’épouse hétérodoxe de faire entrer tout enfant éventuel dans l’Église Orthodoxe ?
Si l’on veut être conséquent théologiquement, l’article 5.1. doit être enlevé.



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 Archimandrite Basile (monastère d’Iviron, Mont-Athos) sur le Grand Concile de l’Eglise orthodoxe.
(Texte magnifique du 3 février 2016, à lire, à relire et à méditer!)

« ...L’Eglise n’est pas de ce monde, mais elle vient lui donner le témoignage de la vie et du royaume à venir... Le grand devoir des Orthodoxes n’est pas de tenir ou non un concile général. Mais de laisser se manifester le concile perpétuel du ciel et de la terre, que nous vivons liturgiquement comme mystagogie théologique. Et c’est un don de l’incarnation du Verbe de Dieu ainsi que de la présence du Saint Esprit qui construit tout l’édifice de l’Eglise. »
http://orthodoxie.com/archimandrite-basile-monastere-diviron-mont-athos-sur-le-grand-concile-de-leglise-orthodoxe/

 .

22 mai 2015

Commémoration des Pères du Deuxième Concile Oecuménique

LE SECOND CONCILE OECUMENIQUE
Ce Concile fut convoqué durant le règne de l'empereur Théodose le Grand, à Constantinople, en 381. Son but était de confirmer l'enseignement Orthodoxe concernant l'Esprit Saint, à propos duquel le patriarche Macedonius de Constantinople enseignait des erreurs. Il se trompait en enseignant que l'Esprit Saint serait une créature de Dieu, et non pas une Personne divine (Hypostase) égale au Père et au Fils, et Un en essence avec Eux dans la Sainte Trinité. Macedonius fut condamné par ce Concile et l'enseignement concernant la Saint Esprit fut rajouté au Symbole Nicéen de la Foi (le Credo de Nicée).

Prologue d'Ochrid, saint Nicolas Velimirovic





Enluminure du Ménologue de Basile II


THE SECOND ECUMENICAL COUNCIL
This Council was called during the reign of Emperor Theodosius the Great in Constantinople in the year 381 A.D. Its goal was to confirm the Orthodox teaching concerning the Holy Spirit about Whom the Patriarch Macedonius of Constantinople erroneously taught. He erroneously taught that the Holy Spirit is God's creature and not a divine person [Hypostasis] equal to the Father and Son and One in essence with Them in the Holy Trinity. Macedonius was condemned by this Council and the teaching about the Holy Spirit was added to the Nicaean Symbol of Faith [the Nicene Creed].

15 mars 2015

Le 8ème Concile Oecuménique (Constantinople 879-880) et la condamnation du "filioque" (TR Valentine)

http://www.geocities.com/trvalentine/orthodox/8-9synods.html 
Question: Vous mentionnez un 8ème et un 9ème Concile Oecuménique, mais je croyais qu'il n'y avait que 7 Conciles Oecuméniques à être reconnus par les Chrétiens Orthodoxes. Voulez-vous bien expliquer ?

Réponse: Il est parfois affirmé que les Chrétiens Orthodoxes ne reconnaissent que 7 Conciles / Synodes Oecuméniques. Ce chiffre est apparu en Russie, sous influence des Jésuites. Dans l'Encyclique des Patriarches d'Orient écrite en 1848 et souscrite par les Saints Synodes de Constantinople, Antioche et Jérusalem, le lecteur trouve à plusieurs reprises des références au 8ème Concile Oecuménique.

Dans un article intitulé "La question théologique de nos jours : une entrevue avec le protopresbytre George Metallinos" publiée dans "Divine Ascent: A Journal of Orthodox Faith", père George expliquait (parenthèses et guillemets dans le texte original):

"Le bienheureux Justin Popovic, un confesseur de notre foi, a écrit un important traité critique à propos du Synode à venir. La cause qui mène à un Synode Oecuménique est toujours un problème spécifique, et la question est, quelle est le problème-clé aujourd'hui ? Si nous regardons dans l'agenda du Synode, il semble que [c'est comme si] nous voulions formuler une nouvelle [théologie] dogmatique. Traditionnellement, les saints Pères apportaient 3 problèmes principaux au concile : problèmes à propos de la Trinité, problèmes concernant la Christologie, ou problèmes concernant la grâce de Dieu et le Salut de l'homme. (Sur les 9 Conciles Oecuméniques de l'Église Orthodoxe, le 8ème (879-880) et le 9ème (1341) traitent de ces problèmes. Le problème trinitaire exprime la sociologie orthodoxe, qui est ecclésiologie, et le problème Christologique exprime l'anthropologie Orthodoxe). Nous n'avons rien besoin de neuf de nous jours ; nous n'avons besoin que de vivre et expérimenter notre Tradition Orthodoxe."
— Vol. 1, Number 2; pp. 59-60

Le. p. Jean Romanides, décrit par le p. George Metallinos comme 'actuellement le plus grand théologien Orthodoxe en matière de dogmatique', fait textuellement référence aux 8ème et 9ème Conciles Oecuméniques. Voyez par exemple :

"Les enseignements d'Augustin qui furent condamnés par le 9ème Concile Oecuménique de 1351 de même que ceux de Barlaam de Calabre."

Le lecteur avis remarquera que la première citation de père George dit que le 9ème Concile Oecuménique eu lieu en 1341, mais le titre de l'essai du père Jean fait référence au 9ème Concile Oecuménique en 1351. Une faute dans une des sources ? Peut-être. Mais il y a eu des Conciles en 1341, 1347 et 1351, tous à Constantinople. On les appelle parfois les "Conciles Palamites", car ils étaient centrés sur la dispute entre saint Grégoire Palamas et Barlaam de Calabre, à propos de l'hésychasme. La différence reflète une incertitude quant auquel des Conciles Palamite devrait être qualifié d'oecuménique, mais en même temps, cela démontre que le résultat des Conciles Palamites est accepté par tous les Chrétiens Orthodoxes. Aristeides Papadakis écrit:

"Mais si la réflexion et la solution de Grégoire sont importantes, ainsi en est-il aussi de son impact sur la synthèse palamite ultérieure. Une partie de cette synthèse avait en fait été préparée au 13ème siècle par le patriarche Grégoire II de Chypre. Au sens profond du terme, la distinction fondamentale entre l'essence et l'énergie n'est rien d'autre que "le matériel de travail" de la théologie de Palamas. Même ainsi, sa ratification officielle comme dogme par les Conciles Palamites de 1341, 1347, et 1351, était en germe dans la confirmation du Tomos au Concile de 1285. Il est significatif que tous les érudits Orthodoxes qui ont écrit sur Palamas - Lossky, Krivosheine, Papamichael, Meyendorff, Christou – considèrent sa position comme étant une expression légitime de la tradition Orthodoxe. Mutatis mutandis, il en est de même pour Grégoire de Chypre. Comme un de ces érudits l'a reconnu, ce qui était défini, c'est "une et même tradition.. à différents points, par les Orthodoxes, de saint Photios aux saints Grégoire de Chypre et Grégoire Palamas. Les chercheurs occidentaux qui ont travaillé sur Grégoire II et Palamas - Jugie, Cayré, Laurent, Candal – ont trouvé utile de les attaquer tous les deux comme des "innovateurs" révolutionnaires..."
— Crisis in Byzantium: The Filioque Controversy in the Patriarchate of Gregory II of Cyprus (1283-1289), p. 205

Il y a bien moins d'incertitudes au sujet du 8ème Concile Oecuménique. L'Encyclique de 1848 regarde le concile tenu à Constantinople en 879-880 comme étant le 8ème Concile Oecuménique. Dès lors, il est normal pour les auteurs Orthodoxes d'y faire référence. Par exemple, Clark Carlton écrit:

"Rappelez-vous que c'est ce Photios qui fut réconcilié avec le pape Jean VIII au 8ème Concile Oecuménique en 879. A ce Concile, l'Église Romaine condamna l'ajout du Filioque au Credo.."
— The Truth: What Every Roman Catholic Should Know About the Orthodox Church, page 64, footnote 30

Le 8ème Concile Oecuménique de 879-880 a été souscrit par les patriarches de Rome (pape Jean VIII), de Constantinople (saint Photios), Antioche, Jérusalem et Alexandrie, et par l'empereur Basile I. Ce Concile a condamné tout ajout au Credo de Nicée-Constantinople, condamnant quiconque niait la légitimité du 7ème Concile Oecuménique et ses décrets sur les icônes, et contenait un accord que les patriarcats n'interféreraient pas dans les affaires internes respectives. Jusqu'au 11ème siècle, ce Concile fut considéré par Rome comme le 8ème Concile Oecuménique. A ce moment-là, le catholicisme-romain trouva plus arrangeant de le remplacer par un concile tenu à Constantinople en 869, un concile qui n'a jamais été accepté par l'Orient et fut condamné par le 8ème Concile Oecuménique de 879-880. C'est alors que Rome commença à utiliser le Filioque hérétique dans le Credo. Ils ne pouvaient plus reconnaître un concile qui condamnait ce qu'ils avaient commis.

Il faut aussi se souvenir que l'Orthodoxie a continué à reconnaître des Synodes qui ont généré des décisions canoniques qui furent ensuite ajoutées au Synodikon. Cela prendrait beaucoup de recherche pour déterminer quand de tels ajouts furent réalisés, mais je connais ceux de 843 (suppression finale de l'iconoclasme), 1077, 1082, et 1117. Il est presque certain qu'il y a dû y avoir des ajouts en 1341.



T.R Valentine



19 janvier 2015

Vatican >< Orthodoxie

monarchie d'un côté, conciliarité de l'autre.


Voyez comment fonctionnait le collège des Apôtres pour découvrir laquelle des 2 versions est l'unique authentique Église...

18 juin 2014

Le "Filioque" rend-t'il ses adhérents "païens"? (Saint Jérôme, p. Justin Paru & opinion)

La "ligne du temps" ci-dessous est très classique, reprise par quantité de sites & publications orthodoxes "conservateurs". Sur la page FB où je réagis, pour l'appuyer, ils font appel à une opinion très tranchée utilisant saint Jérôme pour justifier des événements postérieurs.. bien peu en rapport avec la motivation des paroles de saint Jérôme. Je m'y oppose.
Ma réponse paraîtra probablement trop contraire à "l'obligation de croire" façon Bartholomeos 1er et tels que nos évêques veulent qu'on le fasse, mais je m'y cantonerai jusqu'à preuve historique & patristico-théologique du contraire.

Note: Les "Lucifériens" auxquels saint Jérôme s'adresse ci-dessous étaient les disciples de Lucifer, évêque de Cagliari, en Sardaigne, qui tout en ayant soutenu au risque de sa vie saint Athanase le Grand contre l'empereur et ceux qui l'attaquaient, s'était ensuite opposé à la réception "par économie" dans l'Église des anciens hérétiques Ariens sans que ça ne passe par un processus comportant aussi le saint Baptême, réception prônée par saint Athanase et le Concile d'Alexandrie réuni pour la cause. Saint Jérôme parle donc de personnes qui croiraient que Jésus Christ n'est qu'un homme, certes grand, certes élu et même "adopté" par Dieu le Père, mais pas vraiment Dieu Lui-même; et c'est la relation avec ces personnes qui ne sont donc en réalité pas du tout Chrétiennes qu'il refuse. Le texte n'est donc - selon moi - pas bien choisi pour parler des Monophysites, Catholiques-Romains, Anglicans, Protestants, etc.







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https://www.facebook.com/OrthodoxCivilization

"Je vais vous exprimer brièvement mon opinion, sans détour. Nous devons rester dans cette Église qui a été fondée par les Apôtres et qui existe sans discontinuer jusqu'à ce jour. Même si vous entendez parler de n'importe desquels d'entre ceux qui sont appelés Chrétiens, qui tirent leur nom (de groupe) non pas du Seigneur Jésus Christ, mais de quelqu'un d'autre, comme les Marcionites, les Valentiniens, les Hommes de la montagne ou de la plaine, vous pouvez être certains que là vous n'avez pas l'Église du Christ, mais la synagogue de l'Antécrhist. Car le fait que c'est apparu bien après la fondation de l'Église est la preuve qu'ils sont ceux dont la venue avait été prédite par l'Apôtre. Et qu'ils n'aillent pas se vanter si ils pensent qu'ils ont l'autorité de l'Écriture pour asseoir leurs affirmations, car le diable lui-même citait l'Écriture, et l'essence des saintes Écritures n'est pas dans la lettre mais dans l'esprit de la lettre. Autrement, si nous suivons le texte à la lettre, nous aussi nous pourrions concocter un nouveau dogme et affirmer que ceux qui portent des souliers et ont deux manteaux ne doivent pas être reçus dans l'Église!"
Saint Jérôme (347-420), Dialogue contre les Lucifériens, 28


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Jean-Michel Z : Cette image est bien connue mais elle comporte nombre d'importantes erreurs

- Les Samaritains étaient dévoyés? Jean 4 : le tout premier apôtre du Christ, c'est une femme Samaritaine, que nous appellons sainte Photini (Claire, Svetlana), et la première ville à se convertir au Christ est sa ville samaritaine!

- Les Esséniens aussi dévoyés? De ce que nous en savons, saint Jean le Baptiste et Précurseur était au moins proche d'eux.

- Et les Pharisiens alors? Nombre d'entre eux devinrent Chrétiens, déjà durant la vie terrestre du Christ, l'Évangile de saint Jean est éloquent à cet égard. Ce sont même des Pharisiens qui ont pris soin de Son précieux corps à la descente de la Croix. Même Rabbi Gamaliel, le maître de Saül le futur saint Paul, deviendra un saint et un martyr du Christ. Si ils avaient été si dévoyés, ils n'auraient pas compris l'accomplissement en la Personne du Christ de toutes les promesses divines faites depuis la nuit des temps et en particulier exprimées dans les innombrables prophéties vétéro-testamentaires.

- Le Catholicisme-romain ne commence pas en 1054 "comme par magie". Il a commencé en Germanie au 8ème siècle. L'empereur d'Orient n'était intéressé que par la collecte de taxes lui permettant de garder son niveau de vie fastueux et luxueux. Jamais au cours des nombreux siècles de dévastations de l'Occident par les hordes barbares venues du lointain orient, Constantinople n'a envoyé d'armées pour protéger nos ancêtres, et par là justifier le titre d'empereur qu'il prétendait aussi porter pour l'Occident.
L'évangélisation de la Germanie a été très difficile, il s'y trouvait nombre de tribus barbares païennes très violentes. Mais il en était de même pour la Russie : la plupart des premières missions y ont été massacrées; par exemple celle que sainte Olga (grand-mère de saint Vladimir) avait demandée à l'évêque de Cologne, et dont seul l'évêque et quelques hommes échapperons au massacre par les Ruthènes refusant de s'adoucir...
La Germanie a donc reconstruit le Christianisme comme elle l'a pu, sans la moindre aide fraternelle, avec d'incessantes invasions venant détruire ce qui se construisait. Manquant de culture et de passé Chrétien, avec nombre de moines faiblement cultivés (car impossible d'avoir un système scolaire stable vu les circonstances), ne connaissant pas le grec et ignorant presque tout du bon latin.. Ainsi ce Filioque qui a été l'invention de l'évêque Turibe d'Astorga à son concile local en Espagne en 460, fit progressivement son chemin vers la Germanie.. Mais il fut refusé par Rome comme ajout au Credo.
Rappelez-vous le pape Léon III de Rome : à cause des piètres traductions ci-dessus évoquées (en partie dues au snobisme des évêques orientaux, considérant que leur langue grecque était le sommet et devait être obligatoire pour tout peuple "civilisé", et c'est un fait historique), le Francs avaient une mauvaise version du Concile de 381 (2ème Oecuménique). Se basant sur elle, ils défendirent une "procession éternelle" du Saint Esprit aussi par le Fils (alors qu'une "procession temporelle" est textuellement exacte pour l'Évangile, mais le "temporel" n'était pas le sujet de l'article du Credo). Ainsi lorsqu'ils voulurent que l'on ajoute le Filioque au texte officiel du Credo, le pape de Rome, qui était à l'époque encore de Foi Orthodoxe, s'y opposa. Plus fort, selon le Liber Pontificalis, le pape de Rome fit graver 2 lourdes plaques en argent reprennant les textes grecs et latin du Credo de 381 inaltéré et les fit clouer sur les portes de sa cathédrale Saint Pierre. Malgré ses directives et son action symbolique, les Carolingiens Francs continuèrent à utiliser le Filioque pour leurs liturgies locales.. (ce qui en dit long sur l'autorité absolue qu'avait un pape de Rome et la valeur de la prétention à l'autorité universelle que le vatican a dogmatisée par la suite comme étant "depuis toujours"!!)
Au Concile de Constantinople de 879-880 - le 8ème Concile Oecuménique - le Filioque fut proclamé de manière universelle comme une hérésie, et ceux qui y adhéraient comme étant hors de la communion de l'Église. Dès lors 880 est la date "fondatrice" pour le catholicisme-romain.
Comme il s'agit d'un Tomos / Décret dogmatique d'un Concile Oecuménique, feu le patriarche Athenagoras 1er n'était pas en mesure de changer par lui-même le fait de l'excommunication. Ni l'actuel mgr Bartholomeos 1er ne le pourrait, quand bien même il semble le croire et en tout cas agit comme si c'était le cas.
Il est à ajouter que je trouve très éclairante, cette méconnaissance de culture conciliaire en 1054, puisque même les Grecs ignoraient que depuis plus de 150 ans, Rome n'enseignait plus la Foi Orthodoxe! Manquer d'amour mène à ignorer son prochain et même son frère..

- Le "papisme" - Il commence après la mort du pape de Rome Jean VIII, dernier pape de Foi orthodoxe. La chronique historique franque des "Annales de Fulda" nous rapporte que
le 16 décembre 882, il est empoisonné puis, comme il ne mourait pas assez vite, achevé à coups de marteau. Il serait donc le premier pape historiquement assassiné.. Et ce pour avoir souscrit et approuvé le 8ème Concile Oecuménique.. C'est donc en 882 que commence la "papauté" actuelle. Non pas comme un éclair traversant le ciel, mais elle s'installe progressivement, lentement. Et l'Orient a laissé faire, pas d'amour Chrétien pour ses "frères." Et l'Occident, qui avait été 2 siècles durant le sanctuaire pour d'innombrables saints d'Orient fuyant l'Iconoclasme, abandonné et livré à lui-même, s'est très progressivement enfoncé.. pendant que l'Orient ne conservait et préservait que la pureté de doctrine.. tout en polluant son apparence par tant de petites traditions culturelles qui bien souvent les opposent les uns aux autres, donc pas seulement pour des raisons théocratiques ou de soif de pouvoir terrestre, mais aussi sur de petits détails d'une insignifiance sidérale et sidérante. Rendant la Foi difficilement accessible à ceux qui sont en dehors.

- Par ce manque d'amour entre nous tous - cfr Jn 13,25, nous sommes si loins de 1thess 4,9.. - nous ne rendons pas témoignage à la Vérité de l'Évangile. Regardez un peu le nombre de ruptures de communion entre nos patriarches rien qu'au cours des 10 années écoulées! Regardez comment nous agissons partout dans le monde où l'on trouve des Chrétiens Orthodoxes - la plupart d'entre eux veulent des clubs ethniques, aucun ne veut que l'Église soit "pour le salut du monde" si ce n'est en parole.. Nous portons objectivement une énorme part de responsabilité dans le fait que le monde ne croit pas encore au Christ.

Cette ligne du temps est classique, mais trop caricaturale. C'est mon opinion à 3 centimes d'euro.

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A ma réaction sur l'article, déjà augmentée dans le texte, j'ajouterais ceci car 4 autres détails posent problème à mes yeux :
- la papauté romaine n'a pas "imposé" le célibat sacerdotal après le Schisme. C'est bien avant que la discipline ecclésiastique était différente entre Orient et Occident. En Occident sans cesse balayé par les invasions barbares, le système de paroisses de dépendance monastique était le plus répandu, par exemple, ce qui explique ces différences. Très tôt dans la juridiction du patriarcat de Rome, alors de Foi Orthodoxe, on a vu la recommandation du célibat sacerdotal (Canon 33 du Concile d'Elvire), alors qu'en Orient le prêtre marié était normal (à comparer avec le 13ème Canon du 6ème Oecuménique). Et lorsqu'au 7ème siècle si je me souviens bien, le monachisme obligatoire pour les évêques a été décidé par les Orientaux (au contraire de ce que recommande 1 Tim 3,2-4).. dans la très Orthodoxe Irlande on trouvait encore des évêques mariés 2 siècles plus tard..
Et même dans les 2 régions suivant officiellement la même discipline ecclésiastique, il y avait d'importantes variantes. Saint Grégoire de Nysse était un évêque marié; et saint Basile le Grand son ami faisait l'apologie du célibat sacerdotal. Saint Hilaire de Poitiers était un évêque marié, dont la fille est aussi dans notre calendrier des saints; et saint Martin de Tours était un évêque moine. Je trouve qu'on ne devrait pas "dogmatiser" des choses pareilles.


- Je le répète et le martèlerait tant que nécessaire, le Credo n'a pas été altéré en Occident en 1054 mais en 460, et en Espagne, pas à Rome, dont le pape saint Léon le Grand tenta en vain de repousser l'idée (encore un problème pour les tenants de l'autorité absolue d'un pape "depuis les origines"!). Et c'est en 1014 que le pape Grégoire VIII de Rome, déjà hors de la communion de l'Église depuis 880, accepta l'insertion dans la liturgie romaine sur demande de l'empereur germanique Henri II à qui il devait son trône papal.. Et ce n'est qu'en 1245, au 2ème concile de Lyon, que le catholicisme-romain décida de "dogmatiser" cette insertion dans son credo. Autant de question de politique que d'incompréhension d'une langue.
L'altération du Credo n'ayant été anathémisée qu'en 880, ceux qui l'ont professé auparavant - voire même défendu comme Théodulphe d'Orléans - sont comme tous les Pères qui ont commis des erreurs dans leurs écrits & paroles. Personne n'est infaillible. Saint Grégoire de Nysse est en faveur de l'apocatastase, laquelle a été condamnée pour Origène au 5ème Concile Oecuménique, et on n'en condamne pas pour autant saint Grégoire comme "hérétique"! Aucun n'a des écrits parfaits de A à Z. Par contre à partir du moment où le saint et grand Concile, dirigé par l'Esprit Saint, s'est prononcé sur la question, l'anathème est là. Et il faut se positionner - suivre la Foi de l'Église, ou suivre les idées d'autrui et en subir les conséquences. C'est un libre choix (pour ceux qui peuvent le comprendre bien sûr). Un choix qui ne savait pas être posé par ceux qui n'étaient plus de ce monde lorsque ledit Concile s'est prononcé. "Notre Loi juge-t'elle quelqu'un sans l'avoir d'abord entendu?" demandait déjà un sage Pharisien à un tribunal qui voulait condamner notre Seigneur sans même L'écouter au préalable..

- Martin Luther n'a pas vraiment lancé le protestantisme, même s'il en reste le plus célèbre "moteur" avec Jean Calvin. Les Lollards en Angleterre, au milieu des années 1300, l'étaient déjà dans la forme et la théologie.

- Le chiffre de 7 Conciles oecuméniques est une erreur classiquement répétée. Comme le rappele feu mgr Basile (Krivocheine) dans son livre "les textes symboliques de l'Église Orthodoxe", il y a eu d'autres Conciles de statut oecuménique. Le 8ème, en 879-880, déjà évoqué. Le 9ème est formé de ce qu'on appelle les "Conciles Palamites" (1329 etc) en réponse à la controverse sur les Énergies divines du moine catholique-romain Barlaam de Calabre. Et le 10ème est celui de 1871 où l'ethno-phytétisme a été condamné comme hérésie... (l'ethno-phylétisme, les églises "clubs ethniques", vous savez ce truc ignoble abondamment pratiqué dans l'Orthodoxie encore de nos jours et prôné par la plupart de nos évêques et patriarches dans notre indifférence générale...)


Comme conclusion, je ferai mienne la pensée de ce saint homme:
"Il faut aimer l'Homme. Mais afin de l'aimer, vous devez d'abord le comprendre. Si vous  voyez qu'il a chuté, vous devez lui tendre la main. L'amour de notre prochain est une expression de notre amour pour Dieu. Si vous n'aimez pas ou n'aidez pas ceux qui vous entourent, vous ne saurez pas aimer Dieu. L'amour du prochain est la première étape vers le Salut, une étape pour vous permettre de mettre en pratique votre amour envers Dieu.
Ancien Justin Parvu


24 mai 2014

2 Papes à Jérusalem le 25 mai 2014? Bartholomeos & François!


Révélez vos saints, et vous révélerez votre Église
http://onbehalfofall.org/reveal-your-saints-and-you-reveal-your-church/
19 Mai 2014, par Gabe Martini


Certes, il y a eu nombre d'articles, de podcasts, de communiqués de presse, de vidéos, et d'autres diffusions médiatiques au cours des récentes semaines à propos de la rencontre entre le patriarche oecuménique Bartholomeos et le pape François, l'actuel archevêque de la ville de l'Ancienne Rome.

Le Patriarcat de Constantinople n'a pas lésiné sur la dépense pour la promotion de cet événement, qui commémore le 50ème anniversaire d'une rencontre similaire à Jérusalem entre le patriarche oecuménique Athenagoras et le pape Paul VI (Janvier 1964).

Pour beaucoup, cet événement est un peu plus qu'une commémoration bien ficelée d'une branche d'olivier tendue entre ces 2 anciennes foi chrétiennes. Pour d'autres, c'est le centre de leur préoccupation sur le futur de leurs églises respectives. Est-ce que cet événement sera utilisé comme moteur pour des compromis doctrinaux? Est-ce que l'avenir de l'Orthodoxie ou du catholicisme-romain va se retrouver en déséquilibre suite à ce prochain échange d'amabilités?


Mais ce qui me tracasse le plus, ce n'est pas cet événement en particulier, mais le vocabulaire et les déclarations de ceux qui sont des deux côtés de la proverbiale "barrière" oecuménique. Je suis totalement en faveur d'un "dialogue dans l'amour" et d'un respect mutuel entre les deux Romes - Ancienne et Nouvelle. Mais lorsqu'on en vient à des compromis doctrinaux ou même au dialogue, nous devons être plus que prudents. L'attitude post-doctrinale de la Rome de Vatican II n'est pas celle de la "costaude" Eglise du Concile de Trente - mais cela signifie qu'elle est plus que "dérapante."

Le scénario derrière ce dialogue n'est pas neuf. Remontant aux conciles de Bâle, Ferrara et Florence, au milieu du 15ème siècle, la tentative de réunification des églises orthodoxes de l'Est et le Siège de Rome a un passé tumultueux. Mais à chaque époque, et à chaque changement, un saint est apparu pour préserver la Foi apostolique malgré les tentatives frénétiques de l'amener à sa fin. Tandis que certains en cette époque de de pluralisme pourraient préférer les oublier, l'Église honore trois de ces Saints comme "les Piliers de l'Orthodoxie."

Malgré tous ses meilleurs efforts pour parvenir au contraire, les Portes de l'Hadès / Enfer n'ont jamais réussi jusqu'à présent à prévaloir contre l'Église de Jésus-Christ. Et si on veut bien croire le Fils de Dieu, elles n'y parviendront jamais. C'est une conviction importante, fondamentale de la Foi Chrétienne - ce n'est pas contingentiel ou secondaire. Notre ecclésiologie est Christologie, et lorsque nous commençons à séparer les deux, nous commençons à séparer l'Église de sa Tête et de sa Vie même. Ce n'est pas une position extrémiste - c'est la position du Christianisme originel. C'est notre confession Baptismale.


En septembre 2000, l'éminent professeur Alexey Osipov (Académie théologique de Moscou) a donné un exposé sur les "fondamentaux de la théologie". Au cours de l'exposé, le professeur Osipov a mis l'accent sur les différences entre Rome et l'Orthodoxie et ce qui nous sépare aujourd'hui - nous connaissons ce qui nous a séparés aux 10ème, 13ème et même 19ème siècles. Mais qu'en est-il aujourd'hui?

Dans son exposé, le professeur examine de manière singulière la question des saints glorifiés (ou "canonisés"). Dans la reconnaissance de saints, l'Église révèle moins à propos des personnages glorifiés qu'elle n'en révèle à propos d'elle-même. En dévoilant au fidèle une personne digne à la fois de vénération et de ferventes demandes, l'Église révèle son propre être profond. Elle révèle ce qu'elle croit à propos de Dieu Lui-même:

"En effet, toute Église orthodoxe locale ou église non-orthodoxe peut être jugée par ses saints. Dites-moi qui sont vos saints, et je vous dirai ce qu'est votre église. Tout église n'appelle saint que ceux qui ont accompli en leur vie l'idéal chrétien, tel que l'Église le comprend. C'est pourquoi la canonisation d'un certain saint n'est pas seulement un témoignage de l'Église à propos de ce Chrétien, qui est selon son jugement digne de la gloire et qu'elle suggère comme exemple à suivre. Il est en même temps un témoignage de l'Église à propos d'elle-même. Par les saints, nous sommes parfaitement à même de juger à propos de la sainteté réelle ou imaginaire de ladite Eglise."

Osipov continue en décrivant en détail tant les écrits que les actions de plusieurs "saints" occidentaux chrétiens, à savoir de l'église catholique-romaine.



Dans cette évaluation exempte de toute apologétique, il trace une ligne de démarcation entre l'Orthodoxie et le catholicisme-romain. Lorsqu'il examine certains "docteurs" de la foi romaine, tels que Catherine de Sienne (14ème siècle) et Thérèse d'Avila (16ème siècle), nous voyons - grâce au professeur Osipov - de l'illusion spirituelle, une porte ouverte aux tromperies démoniaques, et une assurance de gloire qui rivalise avec le Christ Lui-même.

Parlant de Thérèse, le psychologue William James écrivit :

"Sa compréhension de la religion était réduite à un incessant flirt entre le fidèle et la divinité."

Ce n'est pas exagéré, la Madre Teresa révélant elle-même les innombrables "embrassades":
 

"Dès ce jour, tu sera Mon épouse.. A partir de maintenant, je ne suis plus seulement ton Créateur, Dieu, mais aussi l'Époux.. Le Bien-aimé appelle mon âme d'un murmure si pénétrant que je ne sais pas ne pas l'entendre. Cet appel touche tant l'âme qu'elle s'en brise de désir."  (Spanish Mystics, p. 88)

Par contraste, Osipov énumère de grands ascètes de la tradition Orthodoxe qui ont passé leur vie entière à demander un jour de plus pour se repentir. A la fin de sa vie, François d'Assise disait "Je ne connais pas une seule de mes transgression pour laquelle je n'aie expié par la repentance et la confession," alors que saint Sisoës d'Égypte se lamentait, "en vérité, je ne sais pas si j'ai seulement commencé à me repentir."

Les théologiens mystiques de "l'Orient" Orthodoxe ont condamné de manière très habituelle cette illusion ou ce "flirt" spirituel, tellement mis en avant par les docteurs et les saints de Rome. Par exemple dans les écrits de saint Nil le Sinaïte:

"Ne désirez pas voir physiquement Anges ou Puissances ou le Christ, sinon vous deviendrez fou, et prendrez le loup pour le berger, et vous prosternerez devant les démons-ennemis" (153 chapitres sur la prière, 115, Philocalie)

Et aussi avec saint Grégoire le Sinaïte:

"Quand, travaillant à l'oeuvre, tu vois une lumière ou un feu en dehors de toi ou en toi, ou la soi-disant figure du Christ, ou d'un ange, ou d'un saint, ne l'accepte pas, afin de n'être pas lésé. Veille aussi à ne pas permettre à permettre à ton intelligence d'imaginer de telles figures. Tout ce qui se forme ainsi à contre-temps de l'extérieur ne peut, en effet, qu'égarer l'âme. [..] Les Pères disent que tout ce qui vient dans l'âme de sensible ou d'intellectuel, et que le coeur met en doute et n'accepte pas, n'est pas de Dieu et est envoyé par l'adversaire."
De l'hésychia, Philocalie vol II (éd. Olivier Clément), p. 421

Osipov conclut:

"Hélas, l'église catholique a perdu l'art de distinguer le spirituel du sensuel, et la sainteté de la rêverie, et dès lors aussi le Christianisme du paganisme."

Depuis les années 1970 et en particulier depuis la chute du Rideau de Fer, le dialogue entre Rome et l'Orthodoxie a accéléré vers un niveau attendu et même profitable. Le Vatican a fait nombre de concessions, par exemple à propos du Filioque, alors que la redécouverte des Pères Grecs a influencé des théologiens tels que Benoît 16, le (rare) pape émérite. Une transformation complète est encore loin, mais la "direction" théologique de Rome est plus vers l'Orient que jamais.

Néanmoins, les murs qui séparent sont bien réels. Ils ne sont ni de simples fantaisies "d'extrémistes", ni les chevaux de bataille de "traditionnalistes radicaux." Une division entre Rome et l'Orthodoxie est palpable; elle est définissable; elle peut être clairement établie et expliquée. Malgré toutes les avancées récentes dont on se souvient, il y a des distinctions réelles, significatives et importantes entre le catholicisme romain et l'Église Une, Sainte, Apostolique, Orthodoxe-Catholique de "l'Orient" Chrétien.

Nombreux citeraient immédiatement ces distinctions en regardant ces signes si anciens : la clause du Filioque, l'obligation de célibat du clergé, le pain azyme au lieu du pain levé du Nouveau Testament, la suprématie et l'infaillibilité papale, et ainsi de suite. Mais je tends à croire que les différences sont plus subtiles, et dès lors, plus infectieuses.

La difference entre à la fois doctrine et piété ne se trouve pas seulement dans des Credo altérés et des Conciles disputés, mais dans notre affirmation de qui représente le mieux nos Foi respectives.

Révélez vos saints, et vous révèlerez votre Église. Et dans cet échange, on ne saurait trouver de différence plus prononcée entre "Orient" et "Occident".


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A propos de l'auteur, Gabe Martini:
"Je sers comme sous-diacre et catéchiste à la paroisse St. Sophia Greek Orthodox Church à Bellingham, Washington."


Article cité aussi sur le site internet russe Pravmir :
http://www.pravoslavie.ru/english/70879.htm






Patriarche de Constantinople Bartholomeos I et Pape de Rome Francois I, mars 2013, messe d'installation du nouveau président de l'Etat-Cité du Vatican
(Photo: Ravagli/Infophoto)
Source: http://www.pravoslavie.ru/english/70664.htm


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Trois réflexions me viennent.

- Une grande réunion avec le vatican à Jérusalem. Et le patriarche de Jérusalem, on en fait quoi, juste de la tapisserie? Au 1er Concile Apostolique, rapporté par les Actes d'Apôtres, ch. 15, c'est saint Jacques, premier évêque de Jérusalem, qui présidait, comme chef de l'Église locale, quant bien même Pierre, Jean, etc, étaient tous présents, eux les Apôtres. S'il doit y avoir quoi que ce soit de majeur à Jérusalem - a fortiori quand on annonce qu'ils compteraient même concélébrer l'Eucharistie!! ["The two leaders will celebrate Mass together at the Church of the Holy Sepulchre" - Pravmir] - il n'est pas normal que le chef de l'Église locale soit considéré comme un simple invité. Le patriarche de Constantinople n'a aucun droit juridictionnel hors de ce que le Canon 28 de Chalcédoine lui donne, à savoir l'Asie Mineure. Et Jérusalem c'est "juste un peu plus loin". On ne ramène pas la paix dans l'Église en méprisant ses règles de fonctionnement les plus basiques. Se promener ainsi partout sur terre comme il le fait, c'est agir comme un "pape Orthodoxe" surpassant toute juridiction, comme infaillible. Air (malsain) connu.

- Et le 8ème Concile Oecuménique, auquel le pape Jean VIII de Rome a souscrit et dont les Canons dogmatiques ont condamné à l'anathème quiconque croit ou professe le "FILIOQUE", tout d'un coup on aurait des patriarches qui seraient supérieurs aux Conciles Oecuméniques et pourraient balayer tout ça d'un revers de la main? Ce ne sont pas des "théologoumènes", des "opinions théologiques", que de professer avec vigueur et dogmatiquement le contraire de ces Canons oecuméniques! Et ignorer ce que les "autres" ont proclamé comme dogmes contraires à la Foi, c'est normal? Et nos frères et soeurs Coptes & autres Ethiopiens, admirables martyrs de la Foi vraiment commune (cfr Syndesmos 1992), dont nous sommes injustément séparés, on en fait quoi, pour eux juste de beaux discours de soutien théorique?

- A chaque Liturgie & Office, nous proclamons dans le Credo que nous croyons que l'Église EST UNE. En quoi est-elle divisée - sinon humainement, comme on l'a vu avec la récente rupture de communion entre 2 patriarches orientaux (nil novi sub sole, snif..) pour des questions de lutte de territoire, pour de la théocratie au lieu de Foi. Division due au péché humain. Mais elle est UNE en matière de Foi. Et cette Foi ne comporte aucun de ces éléments inventés hors de son sein et proclamés "dogmes" ailleurs. Aimer tout le monde, prier pour tout le monde, oui, mais vouloir nous voir prier pour marier l'eau et le feu, c'est quoi cette histoire?

Ces trois points devraient au moins faire réfléchir. Mon opinion sur le sujet est connue, je n'insisterai pas.


Et pour le restant, comme le dit l'auteur de l'article ci-dessus, c'est pas la première fois que ça se passe. Ceux qui le font croient toujours poser un acte prophétique. Ceux qui les soutiennent y croient aussi. Une majeure partie d'entre eux agissent "bona fide". Mais ces pseudo-prophètes et leurs soutiens n'agissent cependant jamais en paix avec leurs propres frères et soeurs qui ne sont pas d'accord avec ces étranges arrangements sur le dos de la Foi. Quel triste paradoxe, chercher l'union à l'extérieur et pas d'abord la paix à l'intérieur! Cependant, à chaque fois, Dieu suscite des saints pour sauver Son Église. Restons confiants - Gamaliel, le grand rabbin ayant formé le futur saint Paul et lui-même futur martyr de l'Église, le disait déjà dans les Actes "si ça vient de Dieu, rien ne pourra le renverser, mais si ça ne vient pas de Dieu, ça s'effondrera de soi-même". Deo gratias.

Pax vobiscum, fratres & sorores
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07 mars 2014

Un 11ème Concile Oecuménique en 2016?! (Synaxe Constantinople 7.3.2014)


D'après le site internet grec "amen.gr", généralement bien informé, l'intention générale affirmée à la Synaxe des hiérarques qui a lieu en ce moment à Istanbul (voir photo ici)  serait de tenir un Concile Oecuménique, aussi appelé "pan-orthodoxe" pour ne pas choquer le monde entier hum hum, et ce à Istanbul en 2016. Le principe serait que chacun des 20 primats invités à participer aurait une et une seule voix de vote, que la majorité suffirait pour obtenir une décision mais que l'unanimité serait recherchée. 
http://www.amen.gr/article17153 L'article précise que ce Concile aurait lieu à l'ancienne cathédrale Sainte Irène, où aurait eu lieu le 2ème Concile Oecuménique. Une église située près d'Agia Sofia. Ce détail me surprend puisque c'est depuis longtemps un musée et les mulsumans oeuvrent pour faire de toutes les églises du pays des musées ou des mosquées, étonnant donc. Ou alors ça sera payé très cher... Wait and see.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Ir%C3%A8ne_%28Constantinople%29

 


Le message d'ouverture de cette Synaxe prononcé par le patriarche Bartholomeos est étonnament équilibré. Sauf à oublier de mentionner son propre rôle dans divers problèmes internes à l'Église, ses refus de respect de territoires canoniques, ses annexions non-canoniques, etc. N'en demandons pas trop, le restant est positif, y compris dans les propositions qu'on ne peut qu'espérer ne pas rester lettre morte :

http://www.patriarchate.org/documents/synaxis-2014-patriarchal-address  

D'un autre côté, selon Romfea.gr, autre site grec bien informé, ce même patriarche de Constantinople qui invite pour ce Concile Oecuménique, relancerait en même temps de plus belle l'hérésie ethno-phylétiste (condamnée au 10ème Concile Oecuménique), cette hérésie qui fait tant de dégâts dans l'Église. Les informations synodales annonceraient (conditionnel tant que le tomos n'est pas public) un "tour de vis" pour interdire tout simplement aux moines non-Grecs de vivre dans monastère "grec" sur le Mont Athos, et dans cette même république monastique qui n'est pas en Turquie et donc ne devrait pas dépendre de lui, il voudrait limiter à maximum 10% le nombre de non-Grecs présents sur la péninsule monastique.
Si cela devait être confirmé par le "gouvernement athonite", ce serait un scandale de plus dans l'Église, et de très mauvais aloi avant le prochain Concile Oecuménique. Oremus.
http://www.pravoslavie.ru/english/69025.htm

Istanbul: assemblée pré-conciliaire des primats des Églises locales (6-9 mars 2014)





Réunions des patriarches et primats des Églises Locales chrétiennes-orthodoxes en ce moment à Istanbul, pour préparer (épisode X depuis 50 ans...) le prochain (et 11ème) Concile Oecuménique : Jérome II de Grèce, Chrisostomos II de Chypre, Neophyte de Bulgarie, Irénée de Serbie, Theophilos III de Jérusalem, Theodore II d'Alexandrie, Bartholomeos de Constantinople, Silouane d'Argentine représentant Jean X d'Antioche (empêché vu la situation en Syrie), Cyril de Russie, Daniel de Roumanie, Savva de Pologne, et Anastase d'Albanie. Manquent les métropolites-primats des Églises locales des pays d'Europe occidentale, d'Amérique du Nord, d'Asie, etc, anti-canoniquement considérés par les primats orientaux comme des supplétifs, nil novi sub sole.
source Hyperdox Herman

12 décembre 2013

Saint Spyridon et l'unité dans la Trinité au 1er Concile Oecuménique (12/12 - P. John)


Gloire à Jésus-Christ!

Lectures du jour : 2 Thes 2,13-3,5 & Mc 9,10-16

Aujourd'hui nous commémorons saint Spyridon le Thaumaturge, évêque de Tremithus à Chypre. Renommé pour son extrême humilité, piété et habileté pastorale, ce saint servit primordialement Dieu en servant et administrant ceux qui étaient confiés à ses soins épiscopaux. Spyridon fut présent au Premier Concile Oecuménique à Nice et s'exprima contre l'hérésie Arienne, le faisant d'une manière si complète et simple à la fois que personne ne put réfuter son argument. En plus, pour expliquer la relation en la Divinité Trine et Une à la fois, on rapporte qu'il aurait exposé une brique, disant "voici une brique, mais elle est composée de 3 éléments, l'eau, la terre et le feu. Dans la Sainte Trinité, il y a trois Personnes, mais un seul Dieu."

Saint hiérarque et thaumaturge Spyridon, prie Dieu pour nous!

P. John




Glory to Jesus Christ!

Today's Scriptures Readings:
2nd Thessalonians 2:13-3:5 & St. Mark 9:10-16

Today we commemorate St. Spyridon the Wonderworker, Bishop of Tremithus, Cyprus. Renowned for his extreme humility, piety, and pastoral skills, this saint primarily served God by serving and ministering to those entrusted to his Archpastoral care. Spyridon was present at the first Ecumenical Council in Nicea and spoke out against the heresy of Arianism, doing so in such a plain and simple way that no one could refute his argument. In addition, to explain the relationship of the Triune Godhead, he is said to have held up a common brick, saying, "This is one brick, but it is composed of three elements (earth, water, and fire). In the Holy Trinity there are three persons, but only one God."

O Holy Hierarch and Wonderworker Spyridon, pray unto God for us!

Fr. John
Archangel Michael Orthodox Church

06 décembre 2013

Saint Nicolas de Myre "le doux"?



"Commence une baston au cours d'un Concile Oecuménique!"
Notre bon et doux saint Nicolas a giflé l'infect Arius.. L'amour de Dieu fait parfois sortir de ses gonds face à la mauvaise foi et la méchanceté gratuite...