"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes.
Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
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29 mai 2014
"Et Il monta aux Cieux" (Ascension / p. Georges Florovsky)
Archiprêtre George Florovsky, D.D.
"Je monte vers Mon Père et votre Père, vers Mon Dieu et votre Dieu" (Jn 20,17).
C'est par ces paroles que le Christ Ressuscité à décrit à Marie Madeleine le mystère de Sa Résurrection. Elle devait transmettre ce mystérieux message à Ses disciples, qui "étaient à se lamenter et pleurer" (Mc 16,10). Les disciples avaient écouté cees bonnes nouvelles avec crainte et effarement, avec doute et manque de confiance. Ce n'était pas seulement Thomas qui a douté, parmi les Onze. Au contraire, il semble que seul un des Onze n'aie pas douté - saint Jean, le disciple "que Jésus aimait." Lui seul avait saisi immédiatement le mystère de la tombe vide : "il vit et il crû" (Jn 20,8). Même Pierre avait quitté le sépulcre dans l'effarement, "se demandant ce qui s'était passé" (Lc 24,12).
Les disciples ne s'étaient pas attendus à la Résurrection. Les femmes non plus. Elles étaient quasiment sûres que Jésus était mort et reposait dans la tombe, et elles étaient allées "à l'endroit où on L'avait déposé", avec les onguents qu'elles avaient préparé, pour pouvoir L'y oindre. Elles n'avaient qu'une pensée "qui nous roulera la pierre de la tombe?" (Mc 16,1-3; Lc 24,1). Et dès lors en ne trouvant pas le corps, Marie Madeleine était effondrée et se plaignait "ils ont enlevé my Seigneur et je ne sais pas où ils L'ont mis" (Jn 20,13). En entendant la bonne nouvelle de l'Ange, les femmes avaient fuit le sépulcre dans la peur et le tremblement "et elles ne dirent rien à personne, tant elles avaient peur" (Mc 16,8). Et lorsqu'elles finirent par parler, personne ne donna crédit à leurs paroles, de même que personne n'avait crû Marie Madeleine, qui avait vu le Seigneur, ou les disciples qui avaient marché dans le pays (Mc 16,13) et qui L'avaient reconnu à la fraction du pain. "Enfin Il Se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table, et Il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui L’avaient vu ressuscité." (Mc 16,10-14).
D'où venait cette dureté de coeur et cette hésitation? Pourquoi leurs yeux étaient-ils comme fermés, pourquoi les disciples étaietn si effrayés des nouvelles, et pourquoi la joie de Pâques n'entrait que si lentement et si difficilement dans les coeurs des Apôtres? N'avaient-ils pas, eux qui étaient avec Lui depuis le départ, "depuis le baptême de Jean", vu tous les signes de puissance qu'Il avait accomplis en présence de tout le peuple? Le paralytique marchait, l'aveugle voyait, le mort était ressuscité, et toutes les infirmités étaient guéries. N'avaient-ils pas vu, à peine une semaine plus tôt, comment Il avait relevé Lazare d'entre les morts, lui qui était déjà depuis 4 jours dans la tombe? Pourquoi dès lors était-ce si étrange pour eux que le Maître Se serait Lui-même relevé? Comment se fait-il qu'ils en soient venus à oublier ce que le Seigneur leur avait exposé à tant de reprises, qu'après la souffrance et la mort Il se releverait le 3ème jour?
Le mystère de "l'incroyance" des Apôtres est partiellement dévoilé dans le récit de l'Évangile: "Nous espérions, nous, que c’était Lui qui allait délivrer Israël", avaient dit avec désillusion et regret les deux disciples à leur mystérieux Compagnon sur la route d'Emmaüs (Lc 24,21). Ils voulaient dire : Il a été trahi, condamné à mort, et crucifié. Les nouvelles de la Résurrection apportées par les femmes n'avaient fait que les "étonner". Ils étaient toujours dans l'attente d'un triomphe terrestre, d'une victoire externe. La même tentation imprégnait leurs coeurs, qui leur avait auparavant empêché d'accepter "la prédication de la Croix" et les avaient fait discuter à chaque fois que le Sauveur avait essayé de leur révéler Son mystère. "Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans Sa gloire?" (Lc 24,26). C'était encore difficile pour eux de le comprendre.
Il avait le pouvoir de Se relever, pourquoi avait-Il permis que tout cela arrive? Pourquoi avait-Il accepté de subir disgrâce, blasphème et blessures? Aux yeux de tout Jérusalem, au milieu de cette immense foule rassemblée pour la Grande Fête, Il avait été condamné et souffert une mort honteuse. Et à présent, Il n'entrait pas dans la Ville Sainte, ni pour le peuple qui avait vu Sa déchéance et mort, ni pour les Grands Prêtres et le sanhédrin, ni pour Pilate - afin qu'Il puisse leur faire comprendre leur crime odieux et rabaisser leur orgueil. Au contraire, Il avait envoyé Ses disciples vers la lointaine Gallilée, et leur apparaissait là-bas. Déjà auparavant, les disciples s'étaient étonnés "Seigneur, comment se fait-il que tu doives te manifester à nous et non pas au monde?" (Jn 14,22). Leur étonnement continue, et même au jour de Sa glorieuse Ascension, les Apôtres Lui demandent "Seigneur, est-ce maintenant, le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël?" (Actes 1,6). Ils ne comprennaient toujours pas la signification de Sa Résurrection, ils ne comprennaient pas ce que signifiait qu'Il "montait" vers le Père. Leurs yeux allaient s'ouvrir plus tard, lorsque la "promesse du Père" serait accomplie.
Dans l'Ascension réside la signification et la plénitude de la Résurrection du Christ.
Le Seigneur n'était pas revenu à la vie afin de simplement revenir à l'ordre de la vie de la chair, comme pour revivre et communier avec les disciples et les multitudes par le moyen de la prédication et des miracles. A présent, Il n'avait même plus à rester avec eux, mais seulement à leur "apparaître" pendant 40 jours, de temps en temps, et toujours d'une manière miraculeuse et mystérieuse. "Il n'était plus toujours avec eux, à présent, comme Il l'était avant la Résurrection," commente saint Jean Chrysostome. "Il est venu et a redisparu, les amenant progressivement à de plus hautes conceptions. Il ne leur a plus permis de continuer leur ancienne relation avec Lui-même, mais avait pris des mesures pour assurer ces deux objectifs : que l'on croie à la réalité de Sa Résurrection, et que Lui-même soit par la suite toujours appréhendé comme plus grand qu'un homme." Il y avait quelque chose de neuf et d'inhabituel dans Sa Personne (cf Jn 21,1-14). Comme le dit saint Jean Chrysostome "ce n'était pas une présence ouverte, mais un certain témoignage du fait qu'Il était présent." C'est pourquoi les disciples étaient confus et effrayés. Le Christ n'était pas revenu à la vie de la même manière que ceux qui avaient été ramenés à la vie avant Lui. Eux, c'était une résurrection pour un temps durant, et ils étaient revenus à la vie dans le même corps, qui était sujet à la mort et à la corruption - retournant au précédent mode de vie. Mais le Christ S'était relevé éternellement. Il S'était relevé dans un corps de gloire, immortel et incorruptible. Il S'est relevé, pour ne plus jamais mourir, car "Il a relevé ce qui est mortel dans la splendeur de l'incorruptibilité." Son Corps glorifié était déjà exempt de l'ordre charnel d'existence. "Semé corps psychique, on ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps psychique, il y a aussi un corps spirituel" (1 Co 15,42-44). Cette mystérieuse transformation des corps humains, dont parlait saint Paul dans le cas de notre Seigneur, a été accompli en 3 jours. L'oeuvre du Christ sur terre était accomplie. Il avait souffert, était mort et enseveli, et maintenant relevé à un mode supérieur d'existence. Par Sa Résurrection Il a aboli et détruit la mort, aboli la loi de la corruptibilité, "et relevé avec Lui toute la race d'Adam." Le christ est Ressuscité, et maintenant "il n'y a plus de morts dans les tombes" (cfr sermon chrysostomien de Pâques). Et à présent, Il monte vers le Père, et cependant Il "ne part pas," mais demeure pour toujours avec les fidèles (cfr Kondakion de l'Ascension). Car Il élève toute la terre avec Lui au Ciel, et même plus loin que tout ciel. La puissance de Dieu, selon la phrase de saint Jean Chrysostome, "ne se manifeste pas seulement dans la Résurrection, mais dans quelque chose de plus fort encore." Car "Il a été reçu dans les Cieux, et S'est assis à la droite de Dieu" (cfr Mc 16,19)
Et avec le Christ, la nature humaine monte aussi.
"Nous qui semblions indignes de la terre, nous sommes à présent élevés aux Cieux," disait saint Jean Chrysostome. "Nous étions indignes du royaume terrester, et nous voilà élevés au Royaume céleste, élevés plus haut que le ciel, nous sommes arrivés pour occuper le trône du Roi, et cette même nature dont les Anges gardaient l'entrée en Paradis, elle n'a pas été arrêtée jusqu'à ce qu'elle soit élevée jusqu'au trône du Seigneur." Par Son Ascension, le Seigneur n'a pas seulement ouvert à l'homme l'entrée du Ciel, n'a pas seulement paru devant la face de Dieu en notre faveur et pour notre salut, mais en même temps a "transféré l'homme" vers les hauts lieux. "Il a honoré ceux qu'Il a aimés en les rapprochant du Père." Dieu nous a relevés et élevés avec le Christ, comme dit saint Paul, "Il nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus" (Eph. 2,6). Le Ciel a reçu les habitants de la terre. "Les premiers frutis de ceux qui dormaient" sont à présent là-haut, et en Lui toute la Création est résumée et réunie. "La terre se réjouit dans le mystère, et les Cieux sont remplis de joie."
"La terrible ascension..." Les armées célestes frappées de stupeur et tremblantes contemplent l'Ascension du Christ. En en tremblant se demandent l'un à l'autre "Quelle est cette vision? Celui qui est homme en apparence monte en Son corps plus haut que les Cieux, en tant que Dieu."
C'est ainsi que l'Office de la Fête de l'Ascension dépeint le mystère, dans un language poétique. Comme aux jours de la Nativité du Christ, la terre était ébahie de contempler Dieu dans la chair, à présent les Cieux tremblent et s'écrient "Le Seigneur des Puissances, Qui règne sur tout, Qui est Lui-même la tête de tout, Qui est prééminent en toutes choses, Qui a restauré la Création dans son ordre originel - C'est Lui, le Roi de Gloire." Et les Portes célestes sont ouvertes : "Ouvrez-vous, ô Portes célestes, et recevez Dieu dans la chair." C'est une allusion ouverte au Psaume 24,7-10, à présent prophétiquement interprété : "Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portails antiques, qu’Il entre, le Roi de Gloire! Qui est-Il, ce Roi de Gloire? C’est le Seigneur, le fort, le vaillant, le Seigneur, le vaillant des combats. Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portails antiques, qu’Il entre, le Roi de Gloire! Qui est-Il, ce Roi de Gloire? C’est le Seigneur Sabaot, c’est Lui, le Roi de Gloire." Saint Jean Chrysostome en dit "A présent, les anges ont reçu ce pour quoi ils attendaient depuis longtemps, les archanges ont vu ce après quoi ils aspiraient depuis toujorus. Ils ont vu notre nature brillant sur le trône du Roi, étincellante de gloire et de beauté éternelle.. Dès lors, ils descendent afin de voir cette merveilleuse et inhabituelle vision : l'Homme apparaissant dans les Cieux."
L'Ascension est l'annonciation de la Pentecôte, le signe de sa venue, "Le Seigneur est monté aux Ciel et enverra le Consolateur au monde."
Car le Saint Esprit n'était pas encore dans le monde, avant que Jésus ne soit glorifié. Et le Seigneur Lui-même avait dit aux disciples "Si Je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas à vous" (Jn 16,7). Les dons de l'Esprit sont "dons de réconciliation", un sceau d'un salut accompli, et l'union ultime du monde à Dieu. Et cela ne fut accomplit que dans l'Ascension. "Et l'on vit miracle après miracle," dit saint Jean Chrysostome", dix jours avant, notre nature était montée jusqu'au trône du Roi, alors qu'aujourd'hui le Saint Esprit est descendu sur notre nature." La joie de l'Ascension se trouve dans la promesse de l'Esprit. "Tu as donné la joie à Tes disciples par la promesse du Saint Esprit." La victoire du Christ est accomplie en nous par la puissance du Saint Esprit.
"Là Haut est Son corps, ici avec nous est Son Esprit. Et ainsi nous avons Sa marque là Haut, à savoir Son corps, qu'Il a reçu de nous, et ici nous avons Son Esprit avec nous. Le Ciel a reçu le Saint Corps, et la terre a accepté le Saint Esprit. Le Christ est venu et a envoyé l'Esprit. Il est monté, et avec Lui notre corps est aussi monté," disait saint Jean Chrysostome. La révélation de la Sainte Trinité était achevée. A présent l'Esprit consolateur est répandu sur toute chair. "De là vient la connaissance de l'avenir, la compréhension des mystères, la découverte de ce qui est caché, la distribution des précieux dons, la citoyenneté céleste, une place dans le choeur des anges, une joie sans fin, demeurer en Dieu, être rendu comme Dieu, et plus encore que tout, être fait Dieu!" (saint Basile, Traité du Saint Esprit, IX). Commençant avec les Apôtres, et par la communion avec eux - par le biais d'une succession ininterrompue - la Grâce est répandue sur tous les croyants. Par le renouvellement et la glorification dans le Christ monté aux Cieux, la nature humaine est devenue réceptive à l'Esprit. "Et au monde, Il donne des forces qui relèvent par Son corps humain," disait l'évêque Théophane. "Il le tient complètement en Lui-même et le pénètre de Sa force, hors de Lui-même; et de même Il attire à lui les anges à travers l'esprit de l'homme, leur donnant un espace pour agir et ainsi les bénissant." Tout cela est accomplit à travers l'Église, qui est le "Corps du Christ;" c'est-à-dire Sa "plénitude" (Eph. 1,23). "L'Église est l'accomplissement du Christ," poursuit l'évêque Théophane, "peut-être de la même manière que l'arbre est l'accomplissement de la graine. A savoir que ce qui est contenu dans la graine sous forme condensée reçoit son développement en l'arbre."
L'existence même de l'Église est le fruit de l'Ascension. C'est dans l'Église que la natur de l'homme est vraiment élevée jusqu'aux Divines hauteurs. "Et Il a tout mis sous Ses pieds, et l’a constitué, au sommet de tout, Tête pour l’Église" (Eph. 1,22). Saint Jean Chrysostome commente : "Que c'est étonnant! Regardez de nouveau, de quelle manière Il a élevé l'Église. Comme s'Il la levait par quelqu'engin, Il l'a élevée jusqu'aussi haut, et placée sous le trône. Car là où se trouve la Tête, là est aussi le Corps. Il n'y a plus intervale ou séparation entre la Tête et le Corps; car s'il y avait séparation, alors il n'y aurait plus un corps, et il n'y aurait plus une tête." Toute la race humaine doit suivre le Christ, même en Son ultime exaltation, "pour suivre Son parcours." Au sein de l'Église, par l'acquisition du Saint Esprit dans la fréquentation des Sacrements, l'Ascension continue encore, et elle continuera jusqu'à l'accomplissement de tout. "La Tête aura satisfaction lorsque le corps sera rendu parfait, lorsque nous serons liés ensemble et unis", conclu saint Jean Chrysostome.
L'Ascension est un signe et un témoignage de la Parousie, du Retour du Christ. "Ce Jésus qui, d’auprès de vous, a été enlevé au ciel viendra comme cela, de la même manière que vous L’avez vu S’en aller vers le ciel." (Actes 1,11)
Le mystère de la Providence de Dieu sera accompli avec le Retour du Seigneur Ressuscité. Lors de l'achèvement des temps, la puissance royale du Christ sera révélée et répandue dans toute l'humanité des fidèles. Le Christ compare le Royaume avec tous les fidèles. "et Moi Je dispose pour vous du Royaume, comme Mon Père en a disposé pour Moi: vous mangerez et boirez à Ma table en Mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël." (Lc 22,29-30). Ceux qui L'auront fidèlement suivi siègeront avec Lui sur leur trônes au Jour de Son Retour. "Le vainqueur, Je lui donnerai de siéger avec Moi sur Mon trône, comme Moi-même, après Ma victoire, J’ai siégé avec Mon Père sur Son trône" (Apoc 3,21). Le Salut sera consommé dans la Gloire. "Concevez pour vous-mêmes le trône, le trône royal, concevez l'immensité du privilège. Cela, au moins si nous en faisons le choix, pourrait êtr eplus à même de nous motiver, oui, mieux encore que l'Hadès." (Saint Jean Chrysostome)
Nous devrions trembler plus à la pensée de toute cette abondante Gloire qui est prévue pour le racheté, qu'à la pensée des ténèbres éternelles. "Pensez à côté de Qui votre tête est posée..." Ou plutôt, Qui est la Tête. En vérité, "merveilleuse et terrible est Ta divine Ascension depuis la montagne, ô Donateur de Vie." Une terrible et merveilleuse hauteur, que le trône du Roi. En face de tant de hauteur, toute chair se tient silencieuse, dans la crainte et le tremblement (*). "Il est de Lui-même descendu dans les plus grandes profondeurs de l'humiliation, et a élevé l'homme dans la plus haute exaltation."
Que devrions-nous faire, dès lors? "Si vous êtes le corps du Christ, portez la croix, car Il l'a portée" (saint Jean Chrysostome)
"Par la puissance de Ta Croix, Ô Christ, affermis mes pensées, de sorte que je puisse chanter et glorifier Ta salutaire Ascension"
Publication originale dans : St Vladimir’s Seminary Quarterly, Vol. 2 # 3, 1954.
Used with permission.
(*) "Que toute chair humaine fasse silence, et se tienne dans la crainte et le tremblement" - une hymne de la Liturgie de Saint Jacques, utilisée dans la Liturgie "Sarum" (Western Rite Orthodoxy) (NDT)
16 juin 2013
Ascension - catéchèses mystagogiques de saint Cyril de Jérusalem
De l'Ascension
Jésus ayant mené à son terme la course de la patience et racheté les hommes de leurs fautes, est remonté dans les Cieux, porté par un nuage: les Anges accompagnaient Son Ascension, les apôtres la contemplaient. Si quelqu'un n'ajoute pas foi à ces paroles, que sa foi se base sur l'autorité même de ce qui frappe actuellement les yeux. Tous les rois, en mourant, voient s'éteindre avec leur vie leur puissance. Le Christ Crucifié, au contraire, est adoré par la terre entière. Nous annonçons le Crucifié, et les démons tremblent. Beaucoup, au cours des temps, ont été crucifiés : mais à quel autre crucifié a-t-on jamais adressé une invocation qui ait chassé les démons ?
Ne rougissons donc pas de la Croix du Christ; même si un autre la cache, toi marque-la apparemment sur ton front afin que les démons à la vue de ce signe royal s'enfuient au loin, terrifiés. Trace ce signe au moment de manger et de boire, de t'asseoir, de te lever, de parler, de marcher, bref en toute action. Car Celui Qui a été crucifié ici, est en haut dans les Cieux. Si en effet, après Sa Crucifixion et Son ensevelissement, Il était resté dans la tombe, nous aurions à rougir; bien au contraire, crucifié sur notre Golgotha, Il S'est, de la montagne du Levant, du mont des Oliviers, élevé dans le ciel. En effet, descendu de notre terre dans l'Hadès (enfers) et remonté ensuite vers nous, Il est monté encore de chez nous dans le Ciel, tandis que le Père l'acclamait en disant : "Siège à Ma droite, jusqu'à ce que Je fasse de Tes ennemis un escabeau sous Tes pieds" (Ps 109, 1).
(Catéchèse baptismale 4)
L'Ascension témoigne de la Résurrection
Le déroulement de la l'enseignement de la foi invitait à parler aussi de l'Ascension, mais la grâce de Dieu a voulu que très complètement tu en aies entendu parler, à la mesure de notre faiblesse, hier dimanche. Par une disposition de la grâce divine, la suite des lectures faites à la synaxe comportait ce qui regarde la montée aux Cieux de notre Sauveur. Ce que nous disions s'adressait assurément à tous, à l'ensemble de l'assemblée des fidèles, mais spécialement à toi : la question est de savoir si tu as fait attention à ce qui se disait. Tu sais en effet que la suite de la Foi t'enseigne de croire dans "Celui Qui est ressuscité le troisième jour, est monté aux Cieux, est assis à la droite du Père". Je veux donc croire absolument que tu te souviens de notre explication : ce n'est qu'en passant qu'aujourd'hui encore je te rafraîchis la mémoire sur ce qui a été dit. Souviens-toi de ce qui est clairement écrit dans les Psaumes: "Dieu est monté dans un bruit de fanfare" (Ps 46, 6). Souviens-toi que les puissances divines se disaient les unes aux autres : "Elevez vos portes, princes" (Ps 23, 7)21, etc. Souviens-toi aussi de la parole du psaume: "Il est monté dans les hauteurs, il a emmené captive la captivité" (Ps 67, 19). Souviens-toi de ce que dit le Prophète : "Lui qui bâtit dans le ciel son escalier" (Am 9, 6), et le reste qu'on a dit hier à l'occasion des objections des Juifs.
Lorsqu'en effet ils font des objections contre l'Ascension du Sauveur, sous prétexte qu'elle est impossible, souviens-toi de ce qui est dit de la translation d'Habacuc. Si en effet Habacuc a été transporté par un Ange qui le tenait par la chevelure de sa tête, à plus forte raison le Maître des prophètes et des Anges, S'élevant du mont des Oliviers sur un nuage, était-Il tout à fait capable d'accomplir par Son propre pouvoir Sa montée dans les Cieux. Rappelle encore à ton souvenir, entre autres merveilles, celles qui ressemblent (à celle-ci), mais garde au Maître, auteur des merveilles, la supériorité. Les autres en effet étaient portés, tandis que Lui porte toutes choses. Souviens-toi : Enoch a été transporté, mais Jésus est monté. Souviens-toi de ce qu'on dit hier au sujet d'Elie: Elie fut enlevé dans un char de feu, tandis que le char du Christ c'était "les myriades de milliers d'anges qui chantaient sa gloire" (Ps 67, 18). Elie fut enlevé vers l'est du Jourdain, tandis que le Christ monta vers l'est du torrent du Cédron. Elie alla "comme" vers le ciel; Jésus au Ciel; Elie dit qu'il donnerait le double de son propre esprit à son saint disciple, tandis que le Christ accorda à Ses disciples à Lui de jouir si largement de la grâce du Saint-Esprit, que non seulement ils l'avaient en eux-mêmes, mais que de plus par l'imposition de leurs mains, ils faisaient participer les croyants à Sa Personne.
Et lorsque tu auras ainsi lutté contre les Juifs, quand tu les auras vaincus par cette comparaison, alors viens-en à la supériorité de la gloire du Sauveur. Eux sont esclaves, Lui, Il est Fils de Dieu. Et voici comment tu te rappelleras Sa supériorité : tu penseras que l'esclave du Christ a été enlevé jusqu'au troisième ciel: il obtint donc une gloire supérieure. N'aie pas honte de tes apôtres. Ils ne sont pas inférieurs à Moïse, ni à placer après les prophètes, mais ils sont bons avec les bons et meilleurs que les bons. Elie fut en effet enlevé au ciel, mais les clés du Royaume des cieux sont à Pierre qui s'est entendu dire : "Tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux" (Mt 16,19). Elie ne fut enlevé qu'au ciel. Paul au contraire, et au ciel et au paradis (il convenait en effet que les disciples de Jésus reçussent la gloire à profusion) où "il entendit des paroles indicibles qu'il n'est pas possible à l'homme de répéter" (2 Co 12, 4). Paul redescendit d'en haut, non point qu'il ait été indigne d'habiter le troisième ciel, mais pour qu'ayant joui des biens qui dépassent l'homme, étant redescendu auréolé de gloire, ayant proclamé le Christ et subi la mort pour Lui, il reçût aussi la couronne du martyre. J'ai laissé le reste de l'argumentation; je vous l'ai dit hier à la synaxe du Seigneur: et pour des auditeurs avertis, un simple rappel vaut une leçon.
Souviens-toi aussi de ce que j'ai dit souvent sur la présence du Fils assis à la droite du Père, parce qu'ainsi continue le symbole: "et monté dans les Cieux, et assis à la droite du Père"! Ne nous mêlons pas de la nature propre de ce Trône : c'est une question qui nous dépasse. Mais ne souffrons pas non plus ceux qui affirment à tort qu'après la Croix, la Résurrection et la montée aux Cieux, alors seulement le Fils commença d'être assis à la droite du Père. Ce n'est pas à la suite d'un progrès, en effet, qu'Il a possédé ce Trône, mais bien depuis qu'Il existe (car Il est depuis toujours engendré), Il siège aussi avec Son Père. Le prophète Isaïe qui avait vu ce Trône avant la présence du Sauveur dans la chair, dit : "Je vis le Seigneur assis sur un Trône très élevé" (Is 6, 1), etc. Mais comme "personne n'a jamais vu le Père" (Jn 1,18; 1 Tm 6, 16), le personnage qui apparut alors au prophète était le Fils. Le psalmiste dit aussi : "Ton trône est prêt depuis lors, depuis l'éternité Tu existes" (Ps 92, 2). Nombreux sont les témoignages à ce sujet, mais l'heure s'avance: contentons-nous de ceux-ci.
Pour l'instant, il vous faut vous rappeler quelques-uns seulement des nombreux enseignements déjà donnés sur la session à la droite du Père. Le Psaume 109 dit clairement : "Le Seigneur a dit à mon Seigneur: "Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis un escabeau sous tes pieds." Et le Seigneur, dans l'Evangile, renforçant cette parole, dit que David ne l'a pas prononcée de lui-même, mais sous l'inspiration du Saint-Esprit: "Comment donc, dit (Jésus), David grâce à l'Esprit l'appelle-t-il Seigneur lorsqu'il dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : "Assieds-toi à ma droite?", etc. (Mt 22, 44). Et dans les Actes des Apôtres, le jour de la Pentecôte, Pierre avec les Onze s'étant mis debout et discutant avec les Israélites, leur remet en mémoire, en citant les paroles mêmes, ce témoignage contenu dans le Psaume 109.
Mais il faut aussi se rappeler quelques autres témoignages sur la session du Fils de Dieu à la droite du Père. Car il est écrit dans l'Evangile selon Mathieu : "D'ailleurs Je vous le dis, désormais vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la Puissance" (Mt 26, 64), etc. Et l'apôtre Pierre écrit dans le même sens : "Par la Résurrection de Jésus Christ, Qui est assis à la droite de Dieu, après être reparti au Ciel" (1 P 3, 21-22). Et l'apôtre Paul écrivant aux Romains : "Le Christ, dit-il, Qui est mort, bien plus, Qui est aussi ressuscité et Qui est à la droite de Dieu" (Rm 8, 34). Et écrivant aux Ephésiens il a parlé ainsi : "... selon l'action de Sa force puissante qu'Il a déployée dans le Christ en Le ressuscitant des morts et en Le faisant asseoir à Sa droite" (Ep 1, 19-20), etc. et il enseigne ainsi les Chrétiens de Colosses : "Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d'en haut, là où est le Christ, assis à la droite du Père" (Col. 3, 1). Et dans l'épître aux Hébreux, il dit: "Après avoir accompli la purification des péchés, Il S'est assis à la droite de la Majesté au plus haut des Cieux" (He 12, 2). Puis: "Auquel des Anges a-t-Il jamais dit : "Assieds-toi à Ma droite, jusqu'à ce que Je fasse de tes ennemis un escabeau sous tes pieds"? (Ps 109, 1; He 10, 13). Et une nouvelle fois: "Quant à Lui, après avoir offert un seul sacrifice pour tous et pour toujours, Il S'est assis à la droite de Dieu, en attendant ce qui reste à accomplir, jusqu'à ce que de Ses ennemis Lui soit fait un escabeau sous Ses pieds" (Hb 10, 12-13), et une nouvelle fois : "Regardant vers le chef et le consommateur de la foi, Jésus, qui au lieu de la joie qui Lui était offerte, subit la Croix en méprisant la honte; et Il est assis à la droite du Trône de Dieu" (Hb 12, 2).
Il existe assurément d'autres témoignages sur la session du Fils unique à la droite de Dieu; contentons-nous cependant pour l'instant de ceux-ci. Nous rappellerons encore une fois qu'Il n'est pas entré en possession de cette dignité du trône à la suite de son avènement dans la chair; mais Il y est entré bien avant tous les siècles, (lui), le Fils unique engendré de Dieu, notre Seigneur Jésus Christ, Qui depuis toujours possède le trône à la droite du Père. Que lui-même, le Dieu de l'univers, le Père du Christ et notre Seigneur Jésus Christ Qui, descendu et remonté, est assis avec le Père, garde vos âmes, qu'Il conserve inébranlable et immuable votre espérance dans le ressuscité; qu'Il vous tire du sommeil, hors des cadavres de vos péchés, vers Sa récompense céleste; qu'Il vous rende dignes d'être enlevés dans les nuées, à la rencontre du Christ dans les airs, au temps marqué; et en attendant que vienne ce temps de Son glorieux second Avènement, qu'Il inscrive vos noms à tous, dans le livre des vivants, et ne les efface jamais plus (car bien des noms sont effacés, ceux des déchus). Qu'Il vous accorde à tous de croire dans le Ressuscité, d'attendre Celui Qui est monté et Qui doit revenir (mais revenir non pas de la terre; sois en effet, ô homme, en garde contre les imposteurs qui doivent venir), Celui Qui voit les dispositions de chacun et la solidité de sa foi. Ne va pas conclure de ce qu'Il est corporellement absent aujourd'hui qu'Il l'est aussi spirituellement. Il est ici même au milieu (de nous), entendant ce qu'on dit de Lui, voyant tes pensées intimes, scrutant les reins et les coeurs. Car maintenant aussi Il est prêt à offrir au Père, dans le Saint-Esprit, ceux qui s'avancent vers le baptême, et vous tous, et prêt à dire : "Me voici avec les enfants que Dieu m'a donnés" (Is 8, 18). A Lui la gloire dans les siècles. Amen.
(Catéchèse baptismale 14)
Amen!
Idem en anglais :
http://www.johnsanidopoulos.com/2013/06/st-cyril-of-jerusalem-on-ascension-of.html
20 mai 2007
L'Ascension, le Christ monte nous préparer notre place (Ascension 1, Rite Occidental EORHF)
Matines :
Psaumes 92 & 95
Isaïe 64,1-12
Ephésiens 1,3-23
COLLECTE POUR DIMANCHE APRÈS L'ASCENSION
O Dieu, Toi le Roi de Gloire, Qui as exalté en grand triomphe Jésus-Christ, Ton Fils unique, dans Ton Royaume céleste: nous Te supplions, ne nous laisse pas sans réconfort, mais envoies-nous Ton Saint Esprit, afin de nous réconforter et de nous élever au lieu même où le Christ notre Sauveur est allé avant nous.
Par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.
COLLECTE POUR L'ASCENSION (priée tout au long de l'Octave de l'Ascension)
O Dieu Tout-puissant, nous Te supplions de nous accorder Ta grâce, à nous qui croyons que Ton Fils unique Jésus-Christ, notre Seigneur, est monté aux Cieux, d’y monter aussi coeur et âme, et de demeurer continuellement avec Lui, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.
Divine Liturgie (Sarum)
Épître : 1 Pierre 4,7-11
Évangile : Saint Jean 15,26-16,4
"Quand sera venu le Paraclet que Je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, Il Me rendra témoignage; et vous témoignerez, vous aussi, parce que vous êtes avec Moi depuis le commencement. Je vous ai dit cela pour vous préserver de toute chute. Ils vous chasseront des synagogues; et l'heure même approche où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Ils agiront de la sorte, parce qu'ils n'ont connu ni le Père ni Moi. Eh bien! Je vous ai dit tout cela pour que, l'heure venue, vous vous souveniez que Je vous l'ai dit."
HOMÉLIE DU DIMANCHE APRÈS L'ASCENSION
L'Ascension de notre Seigneur est bien plus que l'événement rapporté dans les Évangiles synoptiques, du moins il en est ainsi pour le fidèle Orthodoxe qui a étudié le récit et qui a reçu de l'Église l'enseignement de la doctrine du Christ. L'Ascension est la confirmation de tout ce qui s'était passé auparavant pendant l'Incarnation du Fils de Dieu, car c'est ici que nous voyons la stabilité de l'héritage du Christ, comme le montre un mot dans l'Évangile de l'Ascension, dans le texte en grec. C'est le mot "ekathisen", en Marc 16,19 "le Seigneur fut enlevé au Ciel, et S'en alla siéger à la droite de Dieu." Selon les traductions, on lit "assis" ou "siéger", mais c'est "trôner" qui est plus proche du sens.
Pour nous, la signification est cette action de permanence qui est implicite. C'est le Trône permanent du Christ, Sa place normale dans l'univers, siégeant "à la droite de la puissance de Dieu" – ce que l'on retrouve dans la prière de "secrète" dite par le prêtre au cours de la Liturgie de ce jour.
L'acte d'Ascension en lui-même est intéressant, et il a peut-être été l'objet de bien trop de spéculations, inutiles et probablement vaines, alors qu'il s'agit de l'acte suivant : celui du Christ de Dieu, reprenant Sa place légitime; ce qui est de la plus haute signification pour nous. Voilà notre garantie pour l'objet de notre foi : le Fils de Dieu est sur le siège de la puissance, la place qu'en réalité, au sens le plus vrai, Il n'avait jamais quittée. Il était physiquement avec nous – durant un bref instant dans le temps, le Fils de Dieu a été ici parmi nous, comme nous, partageant avec nous. Et semblable à nous, sous notre forme, Il a reprit Sa place de puissance et nous garanti dès lors notre place là-bas, si nous nous efforçons de prendre ce qu'Il nous a préparé (Jean 14,2). Là est la joie de la fête de l'Ascension de notre Seigneur : la garantie que tout ce passera bien si nous faisons comme Il nous l'a demandé. Il a la puissance, Il est là autant comme notre représentant que comme notre Dieu, car Il a vécu ici comme Dieu-Homme, une Personne qui a vécu notre vie, enduré nos épreuves et tribulations, et utilisé notre capacité pour vaincre ces souffrances. A présent, à travers les yeux de l'Évangéliste, des yeux ouverts par le Saint Esprit, nous le voyons à Sa place légitime et glorieuse, plaidant pour nous et assis sur Son trône de Jugement. Nous avons notre Avocat et Médiateur, Il nous y est donné à voir, à travers les yeux du bienheureux Apôtre. Pour un bref et glorieux moment, le Christ notre Dieu a marché ici au milieu de nous, un laps de temps qui à la vue du Ciel n'a pas de temps, mais qui y est pour toute l'éternité comme le présent. Le Christ est là parmi nous, intemporel, Il est maintenant parmi nous, le Vrai Berger au milieu de Son peuple, Celui dont la voix nous est connue et dont l'ombre repose sur nous. Nous sommes à Lui, il ne tient qu'à nous de prendre nos croix individuelles et, comme le flot continu des saints à travers les siècles, de marcher à Sa suite, paisiblement, sans tambour ni fanfare. Le fardeau qu'Il a placé sur nous est léger, un fardeau que l'on peut facilement porter si seulement on veut bien voir le Christ comme étant notre Berger, notre Maître.
Intemporel, Il monte devant nous et nous guide par Son Ascension vers le lieu où est notre vraie demeure, si seulement nous voulons bien accepter ce qu'Il nous propose et prendre notre croix.
Amen.
Hiéromoine Michael,
abbé du monastère Saint-Petroc.
Extrait du sacramentaire-pontifical Saint-Colman, usage autorisé dans les paroisses de Rite Orthodoxe Occidental au sein de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF)
Psaumes 92 & 95
Isaïe 64,1-12
Ephésiens 1,3-23
COLLECTE POUR DIMANCHE APRÈS L'ASCENSION
O Dieu, Toi le Roi de Gloire, Qui as exalté en grand triomphe Jésus-Christ, Ton Fils unique, dans Ton Royaume céleste: nous Te supplions, ne nous laisse pas sans réconfort, mais envoies-nous Ton Saint Esprit, afin de nous réconforter et de nous élever au lieu même où le Christ notre Sauveur est allé avant nous.
Par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.
COLLECTE POUR L'ASCENSION (priée tout au long de l'Octave de l'Ascension)
O Dieu Tout-puissant, nous Te supplions de nous accorder Ta grâce, à nous qui croyons que Ton Fils unique Jésus-Christ, notre Seigneur, est monté aux Cieux, d’y monter aussi coeur et âme, et de demeurer continuellement avec Lui, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.
Divine Liturgie (Sarum)
Épître : 1 Pierre 4,7-11
Évangile : Saint Jean 15,26-16,4
"Quand sera venu le Paraclet que Je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, Il Me rendra témoignage; et vous témoignerez, vous aussi, parce que vous êtes avec Moi depuis le commencement. Je vous ai dit cela pour vous préserver de toute chute. Ils vous chasseront des synagogues; et l'heure même approche où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Ils agiront de la sorte, parce qu'ils n'ont connu ni le Père ni Moi. Eh bien! Je vous ai dit tout cela pour que, l'heure venue, vous vous souveniez que Je vous l'ai dit."
HOMÉLIE DU DIMANCHE APRÈS L'ASCENSION
L'Ascension de notre Seigneur est bien plus que l'événement rapporté dans les Évangiles synoptiques, du moins il en est ainsi pour le fidèle Orthodoxe qui a étudié le récit et qui a reçu de l'Église l'enseignement de la doctrine du Christ. L'Ascension est la confirmation de tout ce qui s'était passé auparavant pendant l'Incarnation du Fils de Dieu, car c'est ici que nous voyons la stabilité de l'héritage du Christ, comme le montre un mot dans l'Évangile de l'Ascension, dans le texte en grec. C'est le mot "ekathisen", en Marc 16,19 "le Seigneur fut enlevé au Ciel, et S'en alla siéger à la droite de Dieu." Selon les traductions, on lit "assis" ou "siéger", mais c'est "trôner" qui est plus proche du sens.
Pour nous, la signification est cette action de permanence qui est implicite. C'est le Trône permanent du Christ, Sa place normale dans l'univers, siégeant "à la droite de la puissance de Dieu" – ce que l'on retrouve dans la prière de "secrète" dite par le prêtre au cours de la Liturgie de ce jour.
L'acte d'Ascension en lui-même est intéressant, et il a peut-être été l'objet de bien trop de spéculations, inutiles et probablement vaines, alors qu'il s'agit de l'acte suivant : celui du Christ de Dieu, reprenant Sa place légitime; ce qui est de la plus haute signification pour nous. Voilà notre garantie pour l'objet de notre foi : le Fils de Dieu est sur le siège de la puissance, la place qu'en réalité, au sens le plus vrai, Il n'avait jamais quittée. Il était physiquement avec nous – durant un bref instant dans le temps, le Fils de Dieu a été ici parmi nous, comme nous, partageant avec nous. Et semblable à nous, sous notre forme, Il a reprit Sa place de puissance et nous garanti dès lors notre place là-bas, si nous nous efforçons de prendre ce qu'Il nous a préparé (Jean 14,2). Là est la joie de la fête de l'Ascension de notre Seigneur : la garantie que tout ce passera bien si nous faisons comme Il nous l'a demandé. Il a la puissance, Il est là autant comme notre représentant que comme notre Dieu, car Il a vécu ici comme Dieu-Homme, une Personne qui a vécu notre vie, enduré nos épreuves et tribulations, et utilisé notre capacité pour vaincre ces souffrances. A présent, à travers les yeux de l'Évangéliste, des yeux ouverts par le Saint Esprit, nous le voyons à Sa place légitime et glorieuse, plaidant pour nous et assis sur Son trône de Jugement. Nous avons notre Avocat et Médiateur, Il nous y est donné à voir, à travers les yeux du bienheureux Apôtre. Pour un bref et glorieux moment, le Christ notre Dieu a marché ici au milieu de nous, un laps de temps qui à la vue du Ciel n'a pas de temps, mais qui y est pour toute l'éternité comme le présent. Le Christ est là parmi nous, intemporel, Il est maintenant parmi nous, le Vrai Berger au milieu de Son peuple, Celui dont la voix nous est connue et dont l'ombre repose sur nous. Nous sommes à Lui, il ne tient qu'à nous de prendre nos croix individuelles et, comme le flot continu des saints à travers les siècles, de marcher à Sa suite, paisiblement, sans tambour ni fanfare. Le fardeau qu'Il a placé sur nous est léger, un fardeau que l'on peut facilement porter si seulement on veut bien voir le Christ comme étant notre Berger, notre Maître.
Intemporel, Il monte devant nous et nous guide par Son Ascension vers le lieu où est notre vraie demeure, si seulement nous voulons bien accepter ce qu'Il nous propose et prendre notre croix.
Amen.
Hiéromoine Michael,
abbé du monastère Saint-Petroc.
Extrait du sacramentaire-pontifical Saint-Colman, usage autorisé dans les paroisses de Rite Orthodoxe Occidental au sein de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF)
P. Seraphim Holland: Questions/réponses sur le Dimanche des Pères du 1er Concile Oecuménique
Questions à propos du dimanche des saints Pères du 1er Concile Oecuménique
QUESTION 1Quand célèbre-t'on le dimanche des saints Pères du 1er Concile Oecuménique? Spéculez pourquoi.
RÉPONSE 1
Le dimanche des saints Pères du 1er Concile Oecuménique est célébré le dimanche précédant la Pentecôte, suivant le jeudi de l'Ascension. Lorsque le Christ monta au Cieux, Il réitéra Sa promesse du Saint Esprit aux Apôtres. Le Saint Esprit guide l'Église, et cette guidance s'est magnifiquement manifestée dans les Conciles oecuméniques, lorsque les dogmes ont été *confirmés* et les hérétiques dévoilés comme tels. Pendant que nous sommes dans l'attente de la célébration du don du Saint Esprit, il est approprié de penser à la manière dont Il guide l'Église. Par le Saint Esprit, Qui guida les saints Pères dans les Conciles et confirma leurs décrets dans l'esprit de l'Église, la Foi Orthodoxe, qui n'est rien de moins que l'unique Foi correcte et salvatrice dans l'unique vrai Dieu, fut préservée.
QUESTION 2
Qu'est-ce qu'un Concile oecuménique? Combien y en a-t'il eu? En général, pourquoi étaient-ils convoqués? Comment les Orthodoxes considèrent-ils les décrets des Conciles oecuméniques? Quelle était la raison principale de la convocation du 1er Concile oecuménique? Quand et où a-t'il été assemblé?
RÉPONSE 2
Le principe que les hiérarques peuvent se rassembler et formuler des décrets doctrinaux et disciplinaires et des résolutions qui sont la volonté de Dieu et acceptés par l'Église entière fut établi durant la période apostolique, avec le premier Concile RAPPORTÉ, qui l'a été par saint Luc dans ses Actes, avec la célèbre déclaration qui allait devenir une sorte d'antienne pour les Orthodoxes : "il a paru bon à l'Esprit-Saint et à nous" (Actes 15,28).
Il y a eu 7 Conciles oecuméniques, qui ont toujours été convoqués lorsqu'il y avait une hérésie qui mettait en danger la pureté de la Foi Orthodoxe. Le 1er Concile oecuménique a eu lieu à Nicée en 325. Il a principalement été convoqué pour combattre l'hérésie de l'arianisme.
Vous êtes devenus les véritables gardiens des traditions apostoliques, / O saints Pères / car en explicitant de manière Orthodoxe en Concile / le dogme de la consubstantialité de la Sainte Trinité, / vous avez repoussé le blasphème d'Arius. / Ensuite, après avoir censuré Macedonius, l'ennemi du Saint Esprit, / vous avez condamné Nestorius, Eutyches, Dioscore, / Sabellius et Severus l'écervelé. / Dès lors, nous vous supplions / afin d'être délivrés de leur erreur // et que notre vie soit préservée sans honte dans la Foi.
(Vêpres du dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique, Litie)
"Aujourd'hui la brillante ville des Nicéens / a réuni chez elle, venus du monde entier / 318 hiérarques déposant contre Arius, / celui qui avait proféré le blasphème et méprisé Un de la Trinité, / le vrai Fils et la Souche Divine; / et ayant donc déposé cet homme de son pouvoir, // les Pères renforcèrent puissamment la sainte Foi."
(Matines du dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique, Hymne de session après la 3ème Ode du Canon)
QUESTION 3
Quel document ecclésial majeur fut en partie produit par le 1er Concile oecuménique? Pourquoi? Commentez l'importance de ce document concernant l'Orthodoxie d'une personne.
RÉPONSE 3
Le Symbole de la Foi, le Credo Nicéen, fut compilé en partie à Nicée (les 7 premiers articles y furent rédigés). Ce fut la première expression écrite de la croyance Orthodoxe non-écrite au sujet de la nature de Dieu, et de la relation interne du Père au Fils. Ce fut le premier document universellement accepté définissant ce qu'était le Christianisme. C'était le premier moyen universel : c'était la mesure par laquelle l'on pourrait faire le tri entre Orthodoxie et hérésie. S'en éloigner signifiait avoir cessé d'être Chrétien. Dès lors, jusqu'à nos jours, il est impossible pour qui que ce soit d'être Chrétien si ce symbole, qui dogmatise la vérité divine à propos de Dieu et de Son économie, n'est pas fermement accepté.
"O vous les assemblées des Orthodoxes, / célébrons ensemble ce jour dans la foi et la piété / cette commémoration annuelle des Pères théophores / qui se rassemblèrent dans l'illustre ville de Nicée, / venant des 4 coins du monde habité. / Car leur esprit de piété / les fit réfuter les dogmes impies de l'infâme Arius, / et par un décret synodal ils le bannirent de l'Église Catholique. / Et ils donnèrent instruction à tous d'ouvertement confesser / le Fils de Dieu consubstantiel et co-éternel, / Qui existait avant les siècles. / Ceci, dans l'exactitude et la piété, / ils l'exposèrent dans le Symbole de la Foi. / Dès lors, suivant leurs divines doctrines / et croyant avec assurance, / nous adorons en la Divinité Une, / le Père, le Fils et le Saint Esprit, // la Trinité une en essence."
(Vêpres du dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique, apostiche, gloire)
"La première assemblée de Tes prêtres, O Sauveur, Te proclama pieusement comme engendré et consubstantiel avec le Père sans commencement, le Créateur de tout."
(Matines du dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique, Canon des Pères, Ode 3)
Ayant rassemblé toute la connaissance sur les choses de l'esprit / et l'ayant soigneusement examinée par la grâce du divin Esprit, / tels de pieux scribes / les augustes Pères rédigèrent le céleste Symbole, / le vénérable Credo de notre sainte Foi, / dans lequel ils enseignent clairement qu'à l'instar de Dieu le Père, / Le Verbe de Dieu est aussi sans origine / et est consubstantiel avec Lui en vérité. / Ainsi ces loués et renommés et pieux pères / manifestement suivirent // ce que les Apôtres avaient enseigné. (Louanges pour le dimanche des saints Pères)
QUESTION 4
Décrivez l'hérésie pernicieuse combattue par le Concile. Existe-t'il encore des groupes reconnaissables qui croiraient encore en cette hérésie, et seraient de ce fait hors de l'Église?
RÉPONSE 4
Dans les grandes lignes, l'hérésie de l'arianisme, qui tire son nom de son principal auteur, l'ex-prêtre Arius de Carthage, prétendait que le Christ était créé, et non pas parfaitement Dieu. Ce fut le modèle pour nombre de futures hérésies, dont toutes, d'une manière ou l'autre, allaient chercher à soit élever l'humanité du Christ aux dépens de Sa divinité, ou d'élever la divinité du Christ aux dépens de Son humanité. L'extrême opposé de cette hérésie fut l'hérésie monophysite, qui prétend que le Christ n'avait qu'une seule nature, puisque Sa nature humaine aurait été "avalée" par Sa nature divine.
Les Orthodoxes confessent que Jésus-Christ est de même essence (nature) que Dieu le Père, "homoousios", et qu'il n'y a jamais eu un seul instant où Il n'aurait pas été Dieu, et qu'il y a eu un temps où Il S'est incarné, et a aussi assumé la nature humaine, et Sa divinité et Son humanité (2 natures) coexistent en une Personne, sans confusion ni distinction. Ce dogme n'est pas une simple guerre de mots ou une question de sémantique. Si Jésus-Christ n'a pas assumé notre nature humaine en tout, non mélangée à la divinité (telle que notre nature est, puisque nous sommes des créatures mortelles), Sa Résurrection n'aurait aucune efficacité pour l'humanité, puisqu'Il n'aurait pas ressuscité la nature humaine que nous possédons.
Parmi les actuels partisans de l'hérésie d'Arius on trouve les Mormons, les Pentecôtistes unitaristes, les Témoins de Jéhovah, et les Adventistes du 7ème jour.
QUESTION 5
Quel Évangile est lu ce dimanche et pourquoi?
RÉPONSE 5
L'Évangile est saint Jean 17,1-13, il comporte les paroles que le Seigneur a adressées à Ses disciples juste avant Son arrestation le Jeudi Saint.
http://stmaterne.blogspot.com/2007/04/s-jean-maximovitch-nuit-du-jeudi-saint.html
Ses Paroles, citées ci-après, réfutent puissamment l'hérésie d'Arius, car elles Le montre clairement égal au Père.
"Ainsi parla Jésus; puis, levant les yeux au ciel, Il dit: Père, l'heure est venue! Glorifie Ton Fils, afin que Ton Fils Te glorifie" (Jean 17,1).
On voit aussi la réciprocité de relation, où chaque Personne a la capacité de glorifier également l'autre.
Voici les propres Paroles du Christ : "Et maintenant, Toi, Père, glorifie-Moi auprès de Toi-même en M'accordant cette gloire que J'avais auprès de Toi avant que le monde fût créé" (Jean 17,5). Elles réfutent directement l'idée blasphématoire, présentée par Arius en premier lieu, prétendant que Jésus-Christ était créé.
Les paroles de la prière du Christ trouvent aussi un magnifique accomplissement dans les saints Pères, successeurs des Apôtres.
Saint Nicolai Velimirovic l'explique :
"La prière du Christ - "Père saint, garde-les dans Ton Nom, ceux que Tu M'as confiés, afin qu'ils soient un comme nous" (Jn 17,11) – n'est pas seulement pour les Apôtres, bien que c'était en premier lieu pour eux. Mais c'est aussi pour tous ceux qui ont et qui auront la foi en Christ par leur prédication. Dès lors, cette prière était aussi pour les saints Pères du 1er Concile oecuménique, que nous commémorons ce jour. "Garde-les!" - voilà la prière du Seigneur à Son Père. Et le Père les garde contre les erreurs d'Arius, et les inspira, les illumina et les renforça par le Saint Esprit, pour défendre et confirmer la Foi Orthodoxe. Cette prière est pour nous tous qui sont baptisés dans l'Église apostolique et qui, par les Apôtres et leurs successeurs, sont venus à la connaissance du Nom salvateur du Christ Sauveur."
Saint Nicolas Velimirovic, homélies, volume 1, sur le 6ème dimanche après Pâques.
QUESTION 6
Quelle est la définition de la vie éternelle que Jésus donne dans l'Évangile pour ce dimanche?
RÉPONSE 6
Notre Seigneur définit la vie éternelle dans Sa prière sacerdotale adressée au Père : "Or, la vie éternelle consiste en ce qu'ils Te connaissent, Toi, le seul vrai Dieu, et Celui que Tu as envoyé, Jésus-Christ" (Jean 17,3).
QUESTION 7
Citez certains des saints Pères du 1er Concile oecuménique. Qui d'entre eux a frappé un hérétique par excellence? Que s'est-il passé? Combien de saints Pères ont participé au Concile? Où trouve-t'on ce chiffre dans les saintes Écritures? Décrivez le traitement que les saints Pères ont infligé à Arius et comparez avec les activités et déclarations d'actuels influents évêques Orthodoxes de nos jours.
RÉPONSE 7
Il y eut 318 saints Pères à ce premier Concile oecuménique à Nicée, un nombre qui apparaît aussi prophétiquement dans l'Ancien Testament:
"À la nouvelle de la capture de son parent, Abram mit sur pied 318 de ses gens les mieux éprouvés, nés dans sa maison, et il poursuivit les rois jusqu'à Dan" (Gen. 14,14). Cela fait référence à l'épisode où Abram (par la suite renommé Abraham par Dieu) sauva Lot.
Le premier Concile était particulièrement riche en Pères saints et théophores, parmi lesquels ont trouvait :
* saint Nicolas le Thaumaturge
* saint Basile le Grand
* saint Spyridon
* saint Athanase le Grand (qui était encore diacre à l'époque)
* saint Paphnuce
"Aujourd'hui la brillante ville des Nicéens / a réuni chez elle, venus du monde entier / 318 hiérarques déposant contre Arius, / celui qui avait proféré le blasphème et méprisé Un de la Trinité, / le vrai Fils et la Souche Divine; / et ayant donc déposé cet homme de son pouvoir, // les Pères renforcèrent puissamment la sainte Foi."
(Matines du dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique, Hymne de session)
Les saints Pères s'attaquèrent avec force à l'horrible hérésie d'Arius, parce qu'ils avaient compris ses implications, et les offices transmettent l'essence de cette sainte et violente bataille : l'insensé et fou d'Arius / divisa un jour la domination de la toute sainte Trinité / et en fit 3 essences dissemblables et étrangères. / Suite à cela, les Pères théophores se rassemblèrent avec ferveur, / brûlant de zèle tel Élie le Tesbite, / et tranchèrent avec l'épée acérée du Saint Esprit / le vil blasphémateur, / qui enseignait de honteuses doctrines. // Car l'Esprit les leur avait révélées."
(Vêpres, Seigneur j'ai crié)
La lutte contre Arius devint si intense que Nicolas le Thaumaturge, brûlant du divin zèle, frappa le blasphémateur sur la face afin de faire cesser son flot de doctrines infectes (le récit de cet événement est repris dans un autre de nos questions/réponses)
A notre époque d'oecuménisme et de compromission, les évêques bien souvent ne vivent pas comme moines, mais agissent en politiciens, et ferment les yeux sur des hérésies pire encore que l'arianisme. Des documents totalement non-orthodoxes sont signés, tels l'infâme "Accord de Balamand", et des bergers fous célèbrent des offices et vénèrent avec des loups, et encouragent leurs brebis à s'acoquiner avec ces loups, dans leurs blasphématoires célébrations "inter-foi." Bien de cette fausse guidance est accomplie au nom de "l'amour", en réalité l'amour de ce monde. Bien trop de hiérarques ne ressemblent plus en rien aux pères théophores des saints Conciles.
[je passe la question 8, qui est sur la Paschalie, sujet déjà maintes fois traité sur ce blog]
QUESTION 9
Quelles sont les 3 commémorations célébrées dans les offices de ce dimanche? Expliquez.
RÉPONSE 9
Le dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique a lieu au milieu de la période festive de l'Ascension. Dès lors, 3 choses sont abordées dans les offices :
1. La Résurrection (comme chaque Dimanche)
2. L'Ascension
3. Les saints Pères du 1er Concile oecuménique
QUESTION 10
Expliquez ce que veut dire pour les Orthodoxes "guidé par le Saint Esprit", et comparez cela avec les autres qui disent croire en Christ sans être Orthodoxes.
RÉPONSE 10
L'Église est guidée par le Saint Esprit, et ses membres sont aussi guidés par ce même Esprit. Puisque le Saint Esprit ne Se contredit jamais Lui-même, les personnes individuelles doivent être d'accord avec le consensus général de l'Église Une, Sainte et Catholique. L'erreur que commettent les sectaires c'est qu'ils ont perdu la conscience de ce consensus, et dépendent imprudemment de leur propre interprétation privée (2 Pierre 1,20).
"Le Saint Esprit pourvoit en tout; Il fait jaillir la prophétie; Il parfait la prêtrise; Il a enseigné la sagesse aux illettrés. Il a fait de pêcheurs des théologiens. Il maintien unie toute l'institution de l'Église. Dès lors, O Consolateur, Un en essence et trônant avec le Père et le Fils, gloire à Toi." (Vêpres de la Pentecôte)
P. Seraphim
*-*-*-*-*-*
Extraits de textes de Pères de l’Eglise sur l’Ascension - Irénée de Lyon, Hilaire de Poitiers, Ambroise de Milan :
http://www.orthodoxie.com/2007/05/extraits_de_tex.html
Textes du 7ème dimanche après Pâques / Pères du 1er Concile Oecuménique & catéchèse par le p. Marc-Antoine:
http://www.orthodoxie.com/2006/06/dimanche_des_sa.html
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