"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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12 mars 2017

Porter de dignes fruits de repentance (saint Grégoire Palamas / OSB)

"Produisez donc un fruit digne du repentir et ne vous avisez pas de dire en vous-mêmes: "Nous avons pour père Abraham." Car Je vous le dis, Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu."
Mt 3,8-10
3,8 : Le repentir, la confession et le baptême conduisent à des fruits dignes de repentir, un mode de vie cohérent avec le royaume de Dieu (Voir Gal 5,22-25). Si une vie féconde ne suit pas, sacrements et discipline spirituelle sont inutiles. Ainsi, dans de nombreuses icônes du Baptême du Christ, on voit une hache est en train de découper un arbre stérile (v. 10).
3,9 : L'avertissement "de ces pierres (hébr. "ebanim") Dieu peut suciter des enfants (hébr. "banim") est jeu de mots. Dieu n'admettra pas des enfants stériles dans Sa maison, mais adopte d'autres enfants, ceux du monde des païens."

Orthodox Study Bible


"Acquérons des fruits de repentance, une vraie humilité, le regret spirituel, un coeur doux et miséricordieux qui aspire à la pureté."
Saint Grégoire Palamas


Matthew 3:8-10
Therefore bear fruits worthy of repentance,† and do not think to say to yourselves, ‘We have Abraham as our father.’ For I say to you that God is able to raise up children to Abraham from these stones.† And even now the ax is laid to the root of the trees. Therefore every tree which does not bear good fruit is cut down and thrown into the fire.

'3:8 Repentance, confession, and baptism lead to fruits worthy of repentance, a way of life consistent with the Kingdom of God (see Gal 5:22-25). If a fruitful life does not follow, sacramental acts and spiritual discipline are useless. Thus in many icons of the Baptism of Christ, an ax is pictured chopping a fruitless tree (v. 10).
3:9 The warning that from these stones (Heb. 'ebanim) God can raise up children (Heb. banim) is a play on words. God will not admit fruitless children into His house, but adopts other children from the Gentiles.'
(The Orthodox Study Bible - Thomas Nelson)

11 mars 2012

Le bénéfice de jeûner (saint Grégoire Palamas)

Jeûner apporte un bénéfice lorsqu'on l'entreprend pour apaiser le désir, rendre l'âme humble, transformer la haine, éteindre la colère, effacer le souvenir des torts subis, et pour la pureté de la compréhension et la pratique de la prière.
Saint Grégoire Palamas



"Fasting is beneficial when it is undertaken for quelling desire, humbling the soul, transforming hatred, extinguishing anger, erasing rememberance of wrongs, and for the purity of the understanding and the practice of prayer."
Saint Gregory Palamas

13 juin 2008

Lumière Incréée et simples villageois (Grèce, 03/2008)

lumière créée, le soleil brille sur l'île de Santorin

Un extrait de l'homélie du prêtre Nicolas Loudovikos,
donnée le 15 mars 2008 à l'école Diakideios à Patras.

original grec
http://manitaritoubounou.wordpress.com/2008/03/27/eley8eria-or8odoxia-loydobikos-1/


En conclusion, je voudrais vous rapporter un événement dont j'ai été un jour le témoin oculaire..

J'étais un jeune prêtre officiant à l'époque, et je desservais quelques églises de villages dans les faubourgs de Thessalonique. En même temps, j'étais l'assistant d'un très important théologien de l'école de théologie. Ce qui m'arrivait été très contrasté, alors que j'étais occupé à rédiger mes sermons à l'école de théologie : d'un côté, à l'école, j'étais en contact avec tout ce que la théologie a de grand et d'étrange et d'incompréhensible, avec la profondeur de sa signification, etc, et de l'autre côté, j'étais prêtre champêtre pour 10 villages différents où mon évêque m'avait nommé en même temps... et aussi 3 ou 4 autres villages où je devais aller comme prédicateur.. Voilà ce que ma tâche de l'époque.. Je me sentais désespérément seul, car je sentais que personne ne me comprenais.. ou je devais être responsable de leur incapacité à me comprendre..

Alors je leur disais 4 ou 5 choses, je voyais comment les gens écoutaient, puis baissaient la tête, et ensuite s'en retournaient à leur routine, comme si rien ne s'était passé. Cette sensation de solitude m'écrasait... Je ne cessais de me demander "mais qu'est-ce que donc je fiche, comme prêtre, ici et maintenant? Qu'est-ce que ça veut dire de venir ici le dimanche, pour parler à ce village, si les gens eux ne..." Oui, je n'en pouvais plus. Je ne dis pas que c'est tâche facile, mais comme je vous l'ai dit auparavant, j'ai choisi de parler de quelque chose de difficile.. je crois que vous êtes un auditoire capable de saisir ces choses. Quoi qu'il en soit, à partir de ce jour-là, j'avais appris nombre de choses, malgré les difficultés rencontrées.

L'événement miraculeux dont j'ai été témoin dans ce village, c'était comme si Dieu m'accordait diverses leçons..

Un de ces dimanches, après la Divine Liturgie, le prêtre – un homme très simple – et deux acolytes, tout aussi simples – et illettrés – m'invitèrent au café du village afin de partager une tasse de café avec eux, avant de repartir. "Venez, ne partez pas ainsi," insistèrent-ils. C'est ainsi qu'après la Divine Liturgie, et me trouvant bien triste dans ma solitude, etc etc, nous partîmes vers le café. Alors que nous étions à déguster notre café, un des acolytes se tourna soudain vers moi, me regarda de face et me dit :

"Père, vous savez, moi et Ioannis (c'était l'autre acolyte illettré), nous avons une question. Notre église n'avait jamais été consacrée – ils n'avaient jamais fait "les choses" nécessaires pour ça – et nous nous étions demandés, puisqu'elle n'était pas consacrée par un évêque, si les sacrements et la Divine Liturgie qui y étaient accomplis étaient canoniques."

Waouh! Pensais-je en moi-même – dites donc alors! Quelle interrogation! J'étais impressionné. Mais il continua:

"Alors vous savez ce qu'on a fait? Nous avons tous décidé de jeûner pendant 3 semaines, dans l'espoir que Dieu nous montre la réponse. Alors nous avons jeûné. Et en fait, un dimanche, avant que l'évêque ne vienne pour faire "les choses" nécessaires, nous avons revu cette lumière pendant la Divine Liturgie."

J'ai commencé à bafouiller :

"La lumière? Quelle lumière?"

"Cette lumière – vous savez, celle qui brille toujours – quand vous regardez ensuite vers le soleil, que vous croyez que c'est noir – une lumière qui descend et vous voyez toutes sortes de choses – beaucoup, beaucoup de choses, de situations, du présent, du passé, du futur, etc, de tout dedans.."

J'ai vacillé.. j'étais confronté à des gens ici qui avaient eu la même expérience que saint Grégoire Palamas et saint Siméon le Nouveau Théologien!

Et le prêtre qui donnait ses bénédictions, etc, en rajoutait – oui, oui, .. et c'était comme si tous ces gens-là étaient dans la même "conspiration"! Cette expérience me bouleversait.. Bien entendu, les choses ne s'arrêtèrent pas là; je commençai à interroger en profondeur cette personne si simple.

"Dites-moi, comment vivez-vous," lui demandai-je (après le choc initial qui allait m'accompagner de longues années durant) – "Comment vivez-vous?"

"Comment je vis? Bien. Simplement."

"Et que faites-vous donc, comment se déroule exactement votre journée, que faites-vous pendant le jour?"

"Je ne fais absolument rien de spécial" (répondit-il). "Je n'ai pas de 'choses' spéciales à faire – j'aime simplement Dieu, mais je pratique un peu de patience. Je pratique la patience."

Cette personne avait la patience! Vous savez ce que "patience" signifie? "Patience," c'est ce crucifix de la liberté, par lequel nous étreignons les autres. C'est là que Dieu Se révèle Lui-même.

Et voilà la grandiose leçon : cet hésychasme est une expérience concrète, physique. Vous les théologiens, n'allez pas croire que c'est un accomplissement individuel (comme le professent les Hindouistes) ou quelque chose comme ceux qui abolissent leur volonté dans l'attente de voir quelque chose. C'est l'ouverture de soi-même vers la société, et c'est par là que des révélations majeures sont données à l'humanité... ce dont moi, candidat au doctorat, n'ai pas été honoré – ni ne l'ai été depuis...

Merci pour votre patience.


Note:
Le prêtre Nicolas Loudovikos a étudié la psychologie, la pédagogie, la théologie et la philosophie à Athènes, Thessalonique, Paris et Cambridge. Il est docteur en théologie de l'université de Thessalonique, et a aussi travaillé au "research center for Primeval Christianity", Tyndale House, Cambridge. Il a enseigné à l'école de théologie de l'université de Cambridge, de même qu'à l'université de Durham. Il est professeur de dogmatique et de philosophie à la haute école ecclésiastique de Thessalonique; scientifique associé au programme théologique de post-bachelier à l'université hellénique ouverte, et aussi conférencier à temps partiel à l'institut Orthodoxe de l'université de Cambridge.
source
http://www.oodegr.com/english/asynithista/empeiries/xwrikoi1.htm

paysan Serbe

Par sa foi simple, le paysan Orthodoxe qui a été bien "nourrit spirituellement" sait fréquemment ressentir ce que les mots ne savent exprimer. D'où l'Histoire ecclésiastique nous rapporte bien des cas où a existé (et existe encore) un profond hiatus entre lui et certains hiérarques et théologiens, ces "modernistes" qui vivent loin de la mystique de l'Église, de ses enseignements apostoliques et patristiques, et n'ont que leurs opinions personnelles comme horizon...


Icône d'une famille paysanne, Russie


île d'Andros, Grèce
.

23 mars 2008

Souhaiter un bon Dimanche de saint Grégoire Palamas & anecdote avec p. Meyendorf

De : Galina
Date : dim. 23 Mar 2008 01:00:42 -0400
Objet : Saint Gregory Palamas
forum: alt.religion.christian.east-orthodox

Pour tous les Grégoires sur votre liste d'adresses courriels, ne manquez pas de leur envoyer une e-carte de leur saint patron, saint Grégoire Palamas, via le site suivant, une Icône sera accompagnée de ce texte (en version US):

Description du Dimanche de saint Grégoire Palamas

Ce divin père, qui était d'Asie Mineure, fut élevé dès son enfance à la court impériale de Constantinople, où il fut éduqué tant dans la sagesse religieuse que séculière. Plus tard, étant encore jeune homme, il quitta la court impériale et mena la lutte de l'ascèse sur le Mont Athos, et dans le Skete à Berée (Beroea). Il passa quelque temps à Thessalonique pour être soigné d'une maladie née de son rude style de vie. Il assista au Concile convoqué à Constantinople en 1341 contre Barlaam de Calabre, et au Concile de 1347 contre Acindynus, qui était de même esprit que Barlaam; Acindynus et Barlaam prétendaient que la grâce de Dieu est créée. Au cours de ces 2 Conciles, le saint soutint courageusement les vrais dogmes de l'Église du Christ, enseignant en particulier que la grâce divine n'est pas créée, mais que ce sont les énergies incréées de Dieu qui sont répandues sur toute la Création; autrement, si la grâce était créée, il serait impossible à l'homme d'avoir une véritable communion avec le Dieu incréé.
En 1347, il fut nommé métropolite de Thessalonique. Il s'occupa de son troupeau d'une manière toute apostolique pendant quelque 12 ans, et rédigea nombre de livres et de traités sur les plus hautes doctrines de notre Foi; puis, ayant vécu quelque 63 ans, il reposa dans le Seigneur en 1359. Ses saintes reliques sont conservées à la cathédrale de Thessalonique. Un Office complet fut composé pour sa Fête par le patriarche Philoteos en 1368, lorsqu'il fut décidé que sa fête serait célébrée en ce jour.
Puisque des oeuvres sans la juste Foi ne servent à rien, nous plaçons l'Orthodoxie de la Foi comme fondement de tout ce que nous accomplissons durant le Jeûne, en célébrant le Triomphe de l'Orthodoxie le dimanche précédent, puis le grand défenseur des enseignements des saints pères en ce jour.

La page d'envoi de la e-carte avec Icône:
http://www.iconograms.org/sig.php?eid=1055

et le mode d'emploi en anglais http://www.iconograms.org/about.php

C'est gratuit.

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De : Galina
Date : dim. 23 Mar 2008 02:16:43 -0400
Objet : Saint Gregory and a Small Story
Forum : alt.religion.christian.east-orthodox

Belle grande Icône de saint Grégoire sur wikipedia:

Une belle biographie en anglais: http://www.antiochian.org/gregory-palamas

Un document (en anglais) sur la controverse à propos de l'hésychasme palamite:
http://faculty.washington.edu/ewebb/R327/Hesychastic_Controversy.pdf

P. Jean Meyendorff à propos de l'hésychasme de Palamas:
holytrinitymission.org/books/english/byzantine_theology_j_meyendorf.htm
Voir aussi son étude sur "saint Grégoire Palamas et la mystique Orthodoxe"

Le p. Meyendorff venait célébrer pour nous les Présanctifiés à notre OCF (Orthodox Christian Fellowship), à l'université de Yale, à la fin des années 1960, lorsqu'une intéressante discussion eut lieu entre lui et le professeur Dino Geanokopoulos, qui enseignait sur Palamas à l'université. Le p. Meyendorff avait traduit et publié certains ouvrages de Palamas et le prof. Dino Geanokopoulos (dont l'ouvrage "Byzantine East and Latin West" est un classique et qui avait écrit un livre en anglais sur l'histoire du patriarcat de Constantinople) l'avait aussi étudié. Ce fut ce dernier qui mentionna une intéressante petite étude par Arnakis dans une sorte de journal du début des années 1950 - t comme je travaillais à l'époque à la bibliothèque, dans les pièces de la réserve des livres, et que j'étais plutôt habituée à fouiller les étagères et que j'aimais particulièrement rechercher les listes de lecture pour les étudiants du prof. Geanokopoulos, je fouillai et trouvai l'étude en question.
Cette discussion après les Présanctifiés à l'OCF fut en fait ma première véritable introduction à une discussion sur Palamas, en un jour pas si différent de ce jour mais il y a 40 ans d'ici. L'Autel était la table de repas dans un appartement. Nous étions tous serrés et avions communié puis nous étions assis à même le sol, pour les plus jeunes d'entre nous, et pour les plus âgés sur un divan, une chaise de salon ou de cuisine et avons échangé. Ce même jour, j'avais pour la première fois goûté à de l'aubergine syrienne cuite avec du riz et des amandes, d'une boîte, et appris comment disséquer proprement un pamplemousse à main nue afin d'obtenir des quartiers sans pépins.
A l'époque, New Haven, Connecticut, était une ville plutôt violente, et je sentais que je m'étais sauvée moi-même et une colocataire, de 4 voyous qui avaient tenté de nous embarquer, en la récitant [la prière hésychaste] de sorte que je n'avais pas été effrayée. Miraculeusement, je n'avais ressenti nulle peur, j'ai réussi à arracher mon amie des mains du gars qui venait littéralement de la pousser dans une voiture, j'avais quelque peu repoussé les autres agresseurs et nous nous étions encourues. Ils n'avaient réussi qu'à me prendre mon porte-monnaie et le peu qu'il contenait, car j'avais vraiment très peu, et en arrivant à la maison, nous avions pu nous réjouir avec ses parents, faire changer les serrures, et continuer nos vies. Lorsque quelqu'un, je ne me souviens plus qui, posa la question de savoir comment un homme tel que saint Grégoire, avec toute sa connaissance philosophique, pouvait s'accrocher à quelque chose d'aussi répétitif et simpliste que la récitation de la Prière de Jésus, ma seule contribution à la soirée en tant que plus jeune présente en dehors de bébés, fut de suggérer que j'avais découvert que lorsque quelqu'un était effrayé, réciter cette prière mettait le monde de côté, et avec lui, la peur, et cela nous plaçait dans un monde entièrement différent, et que ça, cela avait une valeur concrète.
Seigneur, ait pitié de moi, pécheur.

***************

Une autre Icône, avec tropaire, kondakion et brève biographie, en anglais :
http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?SID=4&ID=1&FSID=103303


Tropaire du dimanche de saint Grégoire Palamas, ton 8
Flambeau de la vraie Foi, soutien et docteur de l'Église, * modèle des moines, défenseur invincible des théologiens, * fierté de Thessalonique, prédicateur de la grâce et thaumaturge, * intercède toujours, ô Grégoire, pour le Salut de nos âmes.


Saint Grégoire Palamas fut laïc, puis moine, puis prêtre, puis évêque. Il a donc connu divers états de vie au sein de la vie de l'Église. J'ai régulièrement des requêtes sur comment / pourquoi devenir moine, moniale, prêtre chez les Orthodoxes, de rite byzantin ou bénédictin, voici un article de 2006 qui en parlait :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/10/devenir-moinemoniale-ou-prtre-dans-une.html

Chez les Orthodoxes, on "ne marie pas" un prêtre, on peut être ordonné _après_ mariage, ce mariage est une partie de l'état de marié du prêtre, car il est aussi marié à sa paroisse, un mariage céleste:
http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/prtres-un-mariage-ralis-par-le-ciel-la.html

Qu'est-ce que la grâce? (Dimanche de saint Grégoire Palamas)

icone orthodoxe grecque de saint Gregoire Palamas


GRÂCE: Le don de la propre présence et action de Dieu dans Sa Création. Par la grâce, Dieu pardonne les péchés et transforme le fidèle à Son image et ressemblance. La grâce n'est pas simplement une faveur non-méritée – une attitude de Dieu envers le fidèle. La grâce est l'énergie incrée de Dieu conférée dans les Sacrements et est dès lors véritablement expérimentée. Un Chrétien est sauvé par la grâce, qui est un don de Dieu et non pas une récompense pour de bonnes oeuvres. Cependant, vu que la grâce change une personne, il ou elle manifestera les effets de la grâce par une vie de juste. [Orthodox Study Bible, pp. 799-800].

Lire aussi l'article du p. Joseph (en anglais):
http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2006/07/what-is-grace.html


Grâce / Sotériologie & saint Grégoire Palamas
De: Huw Raphael | 2006.07.26:2125 (@142)
http://raphael.doxos.com/comments.php?id=3635_0_1_0_C
J'ai reçu le courriel suivant de mon ami le p. Nicholas, qui m'a autorisé à le republier :

---

S'il vous plaît, prenez conscience que j'essaie ici d'expliquer plusieurs siècles de théologie et de n'égarer personne.

Pour le dire simplement, saint Grégoire et ses enseignements font maintenant partie de ce qu'est être Orthodoxe. Ils ne sont en rien optionnels. Ayant dit cela, je dois confesser qu'il resta pour moi juste un saint mentionné le 2ème dimanche du Grand Carême, jusqu'à ce que je me retrouve dans le monastère portant son nom et que j'y vive 13 ans.

Palamas n'était PAS un scolastique.. en fait, tout le problème fut son opposition à toute la méthode médiévale occidentale scolastique de "faire" de la théologie, basée sur la métaphysique aristotélicienne (catégories) qui avait été synthétisée par Thomas d'Aquin. L'enseignement de saint Grégoire est très étroitement associée au concept de déification (theosis), un autre concept qui fut (et est toujours) difficile à comprendre pour la théologie occidentale contemporaine (quoique ce ne fut pas le cas pour l'ère patristique occidentale). Bien que Thomas enseignait qu'il y avait une sorte de connaissance "infuse" (par le Saint Esprit), bien plus fiable et dès lors préférable est la connaissance "matérielle" acquise par l'utilisation de la raison humaine, faisant appel aux catégories aristotéliciennes de pensée telles que la distinction entre substance/caractéristique physique. Ceux d'entre nous qui ont vécu un certain nombre d'années dans le catholicisme-romain se souviendront que la "transsubstantiation" était définie comme un changement dans la "substance" du pain et du vin qui devenait le vrai Corps et Sang du Christ, alors que seules les caractéristiques physiques restent, à savoir l'apparence de pain et de vin.

Le combat que saint Augustin d'Hippone a mené contre le pélagianisme a laissé plaie béante ouverte influençant la théologie mystique occidentale postérieure et la majeure partie de l'expérience des mystiques et moines de l'Église antique finirent par être regardé avec réserve et même suspicion.. même de nos jours, vous trouverez des auteurs qui classent des saints tels que saint Benoît de Nursie, saint Léon le Grand (pape de Rome) et saint Grégoire le Grand (pape de Rome) comme "semi pélagiens"... une opposition inconsidérée à la déification, l'hésychasme et la distinction entre essence et énergie par la plupart des gens qui sont imprégnés de l'anthropologie catholique-romaine ou protestante du bas Moyen-Âge et des débuts de l'ère moderne. C'est véritablement une manière différente de comprendre l'humanité en son noyau. Ce fut le pivot de mon propre parcours vers l'Orthodoxie.

En tout cas, l'idée centrale de l'enseignement de saint Grégoire, c'est que Dieu EST directement connaissable, en contradiction avec les scolastiques qui enseignaient que Créateur et créature sont éternellement séparés et ne savent communiquer qu'à travers quelque sorte de médiation.. La dispute principale éclata lorsque Barlaam de Calabre, un moine Grec d'Italie formé à la scolastique, se moqua des "Latins" qui tentaient de "connaître Dieu" par l'utilisation de la raison humaine, car disait-il, c'était "impossible à réaliser." Il se moqua aussi d'un groupe de moines Grecs qui pratiquaient l'antique tradition de l'hésychasme (silence et paix intérieure), qui disaient contempler la "lumière de Dieu." Il les taxa de "contemplateur de leurs nombrils" (omphaloscopoi) et les classa parmi les hérétiques messaliens. (Les messaliens enseignaient que les sacrements sont essentiellement inefficaces, mais que par la prière dans l'église, les démons sont exorcisés et que l'ont pouvait expérimenter le Saint Esprit en eux à travers l'expression corporelle). Barlaam était la coqueluche du courant anti-occidental dans l'intelligentsia grecque, et il avait les faveurs de la court impériale et du patriarche Akyndinos à Constantinople.

Saint Grégoire était un des plus cultivés parmi les hommes de son époque, ayant été élevé à la court et eu le même tuteur que les enfants impériaux, Theodore Metochites; il était considéré comme le plus érudit de son temps. Lorsque Barlaam commença à écrire, Grégoire était devenu moine au Mont Athos. Les enseignements de Barlaam le laissèrent perplexe, et il commença à correspondre avec lui, demandant des éclaircissements. Ca dégénéra en une guerre de théologies, et pour cela, saint Grégoire fut traîné devant le patriarche et la court impériale et condamné. Mais tout l'Athos le soutint, de même que nombre de laïcs cultivés. Un concile réuni ultérieurement reconnu ses écrits et déclara qu'ils faisaient autorité, condamnant Barlaam. Ce concile fut accepté par toutes les autres Églises Orthodoxes et devint dès lors normatif. Il influença grandement l'iconographie de saint André Roubleev et saint Théophane le Grec.

Dans ses écrits, saint Grégoire commença à explorer à la fois les Écritures et l'expérience de ce qui est appelé "Prière du coeur." Cette spiritualité n'était en rien nouvelle, ayant été pratiquée sous diverses formes depuis saint Maxime le Confesseur, saint Nil le Sinaïte et d'autres Pères qui seront par la suite repris dans la Philocalie, et avant eux dans nombre de traditions de prière monastique orale égyptiennes et palestiniennes. Le corps humain était important, et certains moines utilisaient des positions corporelles afin d'aider à la concentration dans la prière privée, agenouillés et la tête courbée, respirant lentement – d'où le quolibet dont Barlaam les avait affublés.

Saint Grégoire sentit que "connaître Dieu" était une partie du coeur même de l'anthropologie humaine. La distinction qu'il faisait entre "essence" et "énergies" de Dieu n'avait rien à voir avec les "catégories" dans la manière scolastique, mais était une manière d'expliquer que Dieu reste Dieu et "au delà" de l'expérience et du raisonnement humains, et cependant, à travers l'Incarnation, est capable de communion réelle et vraiment directement avec l'humanité. Il utilisa l'exemple suivant : regarder directement vers le soleil (essence) causera l'aveuglement, mais sans la lumière solaire (énergies) (qui est le soleil en action), toute vie cesserait. Cela tourne autour de la compréhension de ce que signifie la "grâce." Pour la théologie latine médiévale, la "grâce" était une "chose" (res) crée par Dieu et accordée à l'humain à travers le baptême et les sacrements. Pour la théologie patristique tant de l'Orient que de l'Occident, et pour saint Grégoire, la "Grâce" est "incréée." Ce n'est pas une "chose" mais en fait une extension directe de Dieu Lui-même, et elle est occasionnellement manifestée physiquement par la lumière (comme dans la Transfiguration ou à la Résurrection, ou dans l'Ancien Testament, la Shekinah – gloire dans le Tabernacle, ou l'effet sur la face de Moïse lorsqu'il eut "contemplé la face arrière de Dieu.") Les Pères la virent comme la présence littérale de Dieu qui transforme la Création. Et saint Grégoire enseigna que cette interaction directe avec Dieu n'était pas un fait spécial ou rare et confiné à quelque personnes dans l'histoire, mais que c'était ouvert à tout Chrétien baptisé.

Comme je l'ai dit, ce n'est pas un problème entre Orient et Occident, mais un problème de scolastique médiévale latine contre la compréhension antique occidentale et continuelle orientale. L'on pourrait affirmer que le changement en Occident était survenu à l'époque de Bernard de Clairvaux, qui est toujours discuté dans les livres d'histoire comme étant un moine frénétique et étroit d'esprit, qui s'opposait à la "raison humaine" et le persécuteur des bien-aimés Abelard et Héloïse. En fait, il s'opposait au changement de modèle (paradigme) de l'antique tradition patristique qui estimait impossible de voir l'homme comme vraiment homme si vu à part de Dieu, vers le concept ultérieur qui se déploiera en toute puissance à la Renaissance, qui voudra voir "l'homme" séparément de Dieu avec la spiritualité optionnellement ajoutée après coup. Pour l'antique monde Chrétien, il n'existait rien de tel que cet "homme naturel" avec une "couche de grâce sanctifiante" qu'il aurait subséquemment soit entièrement perdue (protestants), soit temporairement (catholiques-romains) lors de la Chute.

L'essentiel de tout cela, c'est que saint Grégoire a établit une "clarification" dans la dispute, qui sera utilisée pour comprendre ce qu'est la voie "Orthodoxe." Il cita et appliqua en fait les enseignements de saint Basile le Grand. Et après que ses enseignements aient été acceptés par l'Église comme faisant autorité, ils se fondirent tout simplement dans le paysage théologique. Comme la réintégration des Icônes dans la vie de l'Église après l'iconoclasme ou la théologie des Pères Cappadociens.

Contrairement à la théologie catholique-romaine (et son droit canon), la théologie Orthodoxe n'est pas prophylactique, c-à-d qu'elle n'établit pas des définitions tentant d'anticiper de futurs problèmes, et puis suit ces définitions. C'est plutôt comme un "centre d'intervention pour catastrophes," une fois qu'une discussion dégénère en controverse ayant un impact négatif sur les fidèles. La controverse, permise par Dieu, devient un moyen de clarification lorsqu'une erreur (ou peut-être qu'une meilleure description pourrait être un "malentendu") ou confusion surgit à propos de ce qu'est la Foi. C'est basé sur les faits, les clarifications dogmatiques le sont sur ce qui pose quelque problème. Ce n'est pas une définition "nette." Intentionnellement, cela n'intervient que sur là où il y a des problèmes perturbants. Ce que les catholiques-romains appellent "magesterium" (magistère) n'arrive que dans les controverses. En fait, le "code" de droit canon, même occidental, n'a été réalisé sous sa forme présente qu'au début du 20ème siècle. Jusqu'alors, il était comme c'est le cas pour nous, non pas un livre de règles, mais une collection d'éclaircissements sur la Foi et de précédents, principalement afin de guider les évêques à discerner comment diriger l'Église. Les enseignements de saint Grégoire tels qu'approuvés par le Concile de Constantinople sont entrés dans cette vaste collection de décrets, règles et lois (Canons).

Je me souviens d'un ami qui était prêtre catholique-romain et qui cherchait (en vain) quelque chose ressemblant à "l'instruction sur la sainte liturgie" qui préface le missel romain. Il n'y en a pas. Chaque prêtre apprend d'un autre "comment accomplir" la Liturgie. Les paroles sont les mêmes, mais le vaste corpus d'action liturgique n'a pas de véritable manuel de "savoir faire." Et cependant, chacun d'entre nous, "Grecs," "Russes,", etc, tenons le linge de communion, nous tournons dans la même direction, encensons, etc, virtuellement de la même manière. Cela laissa mon ami pantois. Et il est extraordinaire que le rituel de tout ce monde de l'Église que nous tenons tous pour acquis nous est transmis de la sorte. Cela explique certaines des différences d'un endroit à l'autre, qui semble être source de confusion (voire de scandale) pour les nouveaux convertis. Mais cela montre aussi à quel point c'est bien vivant.

C'est pour cela que non, nul ne pourrait écarter la théologie palamite, pas plus qu'on ne saurait le faire pour la vénération des Icônes, ou le titre de "Théotokos." C'est devenu une part du tissus de la compréhension que l'Église a de la Voie Orthodoxe.


cathédrale de Thessalonique (Thessaloniki), où reposent les saintes reliques de saint Grégoire Palamas


Saint Grégoire Palamas ne fut pas seulement un moine, mais devint archevêque de Thessalonique et thaumaturge. Et l'hésychasme est fondamental pour les pratiques populaires de la prière et même de l'iconographie. Les "grands mots" tels que "déification," "synergie," et même "incarnation," sont comme "hésychasme," inconnus de la plupart des grands-mères Orthodoxes, cependant elles vivent malgré tout au sein de la spiritualité formés par eux. L'affligeant schisme interne qui a eu lieu dans l'Église de Russie au 17ème siècle avait son coeur partagé entre ritualistes et hésychastes, jusqu'alors combinés. Saint Nil Sorsky et tout le parti des non-possesseurs perdit la faveur royale et partit, non pas exactement au loin, mais vers l'existence cachée. S. Joseph de Volokolomsk fut préféré, et sa théologie de la "3ème Rome" couplée avec une grandiose liturgie se transforma pour finir en Vieux Croyants après Pierre le Grand.

Le bouleversement causé par les Turcs infligea aussi des dégâts et même l'Athos avait quasiment oublié cette profonde forme de prière, lorsqu'au 18ème siècle, saint Nicodème l'Hagiorite, et saint Macaire de Corinthe, "déterrèrent" les livres patristiques et les traduisirent en grec moderne, de sorte que les gens puissent les comprendre. Saint Païssios Velichkovsky, un moine Ukrainien, passa du temps sur l'Athos, apprit le grec, collationna des livres, et ensuite partit pour la Moldavie où il traduisit ces même livres en Slavon, ce qui leur permit de trouver le chemin de la Russie. C'est ce qui amena à la floraison spirituelle dont saint Séraphim de Sarov est l'exemple le plus célèbre. Le "Récit du Pèlerin Russe" est une forme populaire de prière hésychaste de base.

Vous trouverez probablement plus que vous ne voulez en savoir à propos de saint Grégoire et de ses enseignements sur (en anglais) :

http://www.monachos.net/patristics/palamas_theology.shtml

Espérant vous avoir été de quelque secours,
p. Nicholas




vie de saint Grégoire Palamas en grec (Ο άγιος Γρηγόριος ο Παλαμάς):
http://www.egolpio.com/AGIOLOGIO/Grigorios_Palamas.htm


04 mars 2007

Dimanche de saint Grégoire Palamas

Second Dimanche du Grand Carême – de saint Grégoire Palamas (1296-1359)
http://groups.google.be/group/alt.religion.christian.east-orthodox/msg/13dcbf917cb5ebcc

Extrait du "Synaxarion of the Lenten Triodion and Pentecostarion", HDM Press. Saints Peter and Paul Bulletin, March 23, 2003

icone orthodoxe de saint Gregoire PalamasEn ce dimanche.. nous célébrons la mémoire de notre père parmi les saints, Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique et thaumaturge. Notre saint père Grégoire naquit dans la ville impériale de Constantinople. Le père de Grégoire décéda alors que le saint était encore fort jeune; mais sa mère continua de l'élever, lui et ses frères et soeurs, dans la Loi du Seigneur, les instruisant dans les divines Écritures et les règles de bonne conduite. Elle s'arrangea pour qu'ils puissent avoir de bons enseignants..

Grégoire dédaignait tout ce qui était mondain comme étant un rêve trompeur – et souhaitait être foncièrement attaché à Dieu, la source pure de toute sagesse – à l'âge de 12 ans, il résolu d'entrer dans la vie monastique... Avec le temps, sa mère finira par se réjouir dans le Seigneur pour ce désir de Grégoire et le suivra en embrassant à son tour la vie monastique; de plus, avec l'aide de Dieu, elle persuadera tous ses autres enfants à faire de même.. Après avoir laissé sa mère et ses soeurs dans un couvent, il partira avec ses frères vers la sainte montagne de l'Athos où ils demeureront dans un des monastères. Là, il s'est soumis dans la parfaite et totale obéissance à un homme merveilleux, parfaitement saint, nommé Nicodème... Sous sa guidance, Grégoire avancera dans les vertus, et pour cela, la très sainte Mère de Dieu lui apparaîtra, le recevant sous sa protection et lui promettant d'être sa médiatrice.

[Par la suite, il] s'installa dans le désert, où il mena la plus rude des vies, brûlant d'un amour sans limite pour Dieu, à Qui il s'attacha de tout son être. C'est ainsi qu'il réussit à surmonter tous les pièges des démons et fut gratifié de divines révélations. Dieu lui accorda le don de guérison des âmes et des corps des infirmes et le don d'accomplir des miracles.

Grégoire ... fut élevé à la prêtrise. Il célébra les divins Mystères comme un Ange du Seigneur, et ceux qui le voyaient célébrer la Liturgie en étaient renversés, pleins de componction et de larmes. Nombre d'hommes saints s'émerveillèrent de sa vie vertueuse et commencèrent à l'appeler "théophore", "exorciste des démons", "celui qui fait porter du fruit aux arbres morts", et "saint prophète." Cependant, Grégoire était encore soumis à nombre d'épreuves et de tentations, conformément aux paroles des divines Écritures : "tous ceux qui voudront vivre pieusement dans le Christ Jésus auront à subir la persécution" (2 Tim. 3,12). Il endura toutes choses, cependant avec cette joie que la mise à l'épreuve de sa foi était, comme le disait l'Apôtre Pierre, "plus précieuse que l'or périssable que l'on ne laisse pourtant pas d'éprouver au feu tourne à votre louange, à votre honneur et à votre gloire, lorsque Jésus Christ se manifestera" (1 Pierre 1,7).

saint Gregoire Palamas, livre sur la deification de l'etre humain, editions Age d'HommeDurant 23 ans, Grégoire supportera courageusement d'innombrables peines et attaques qu'il aura à souffrir de la part des hérétiques haïssant Dieu.. il y eut à cette époque.. l'hérétique Barlaam de Calabre, qui avait commencé à livrer une féroce bataille contre l'Église. [Barlaam enseignait que la "raison" était plus grande que la grâce de Dieu, que les philosophes étaient plus grands que les Apôtres, et que la grâce (ou "énergies") de Dieu qui nous était donnée était de nature créée. Saint Grégoire enseigna fort justement en réponse à cela que la grâce de Dieu qui peut parfois être vue par les saints (la Lumière Incréée) – bien que n'étant pas participation à "l'essence" ou nature interne de Dieu – est véritablement l'énergie incréée et la grâce du Saint Esprit qu'Il partage avec Sa Création]. Le bienheureux Grégoire.. fut nommé pour représenter l'Église de Constantinople au concile convoqué par le pieux empereur Andronicus Paléologue. Lorsque Barlaam paru devant ce concile avec ses disciples, vomissant ses flots d'accusations contre les Orthodoxes et les tournant en ridicule, le grand Grégoire, revêtu de l'invincible puissance céleste, ouvrit ses lèvres et balaya d'un trait toute l'hérésie comme la poussière de la face de la terre. Barlaam fut incapable de supporter sa disgrâce, dès lors celui qui salissait la piété, le schismatique, s'enfuit en Occident, d'où il était venu. Ensuite paru un second hérétique, Acindynus.. un autre concile fut convoqué, et saint Grégoire prédomina sur Acindynus au cours du débat devant les pères rassemblés, pulvérisant l'ivraie de l'enseignement de l'hérétique par ses paroles divinement inspirées. Malgré ça, les disciples de ces hérétiques, qui étaient durs de coeur, continuant à batailler contre l'Église de Dieu, dès lors, tous les évêques, le clergé et l'empereur lui-même obligèrent saint Grégoire à accepter le rang d'archevêque. Le saint monta sur le trône épiscopal de la sainte Église de Thessalonique et en devint le pasteur...

Un jour que le saint et merveilleux Grégoire... effectuait le voyage de Thessalonique vers la ville impériale, afin de s'assurer que l'empire Chrétien resterait inébranlable, il fut capturé par les Turcs. Selon les terribles jugements de Dieu, il demeura leur captif un an durant.. Grégoire fut forcé de voyager de lieu en lieu et fut vendu de ville en ville, car telle était la volonté de Dieu qu'il puisse prêcher l'Évangile du Christ tel un Apôtre, confirmant les Orthodoxes et leur enseignant à tenir bon.. Il eut aussi des controverses avec les Musulmans.. Certains parmi ceux avec qui il débattu s'émerveillèrent de sa sagesse et de la grâce qui s'écoulait de ses lèvres, mais d'autres battirent le saint avec cruauté et l'auraient volontiers tué.. Pour finir, une demande de rançon pour le saint fut adressée.. et payée par un fervent Chrétien [et il] retourna auprès de son troupeau dans les honneurs.

Saint Grégoire .. était orné d'innombrables vertus divines, entre autres la douceur, le calme et l'humilité. Cependant, il n'hésitait jamais à adresser des reproches aux ennemis de Dieu.. Il ne gardait rancoeur contre personne.. rendant le bien pour le mal.. il ne prêtait pas attention à ceux qui lui racontaient comment ses ennemis le calomniaient, et.. considérait la faim et la soif comme satiété, la pauvreté comme richesse, l'affliction et la tribulation comme joie, et la moquerie et la persécution comme honneur et gloire. [Après avoir guidé son troupeau 30 ans durant] saint Grégoire rendit son esprit entre les mains du Seigneur et rentra dans la vie céleste. De nos jours, ses saintes reliques se trouvent dans la cathédrale dédiée à sa sainte mémoire à Thessalonique, Grèce. Saint Grégoire a été glorifié comme saint en 1368.

Thessalonique, cathedrale de Saint Gregoire Palamas
Thessalonique, cathedrale de Saint Gregoire Palamas
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III. Le Dimanche de Grégoire Palamas
http://groups.google.be/group/alt.religion.christian.east-orthodox/msg/7e9842c20196128d
Grégoire Palamas est né en 1296. Il était originaire d'Asie Mineure mais par la suite, chassé par les Turcs, il vint à Constantinople. En 1316, Grégoire décida de devenir moine. Il partit pour le Mont Athos où il demeura les 20 années suivantes. Au 14ème siècle, le Mont Athos était le centre de tout le monachisme Orthodoxe.
Depuis 1368, le deuxième dimanche du Grand Carême a été voué à la mémoire de saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique (1296-1359).

Méditations de saint Grégoire : sa défense de l'hésychasme

1. En Christ l'homme reçoit le pouvoir de devenir esprit.
"Lorsque la joie spirituelle descend de l'esprit dans le corps.. elle transfigure le corps, le spiritualise. Car alors rejetant tous les mauvais désirs de la chair, il n'attire plus l'âme vers le bas mais s'élève à elle, l'homme entier devient esprit, comme il est écrit 'celui qui est né de l'esprit est esprit' (Jean 3,6,8)."

2. La "Connaissance de Dieu" (c-à-d Transfiguration) s'expérimente intérieurement.
"Cette connaissance est propriété commune de tous ceux qui croient en Christ... Le Christ vient dans la gloire du Père et.. dans cette gloire "les justes brilleront comme le soleil" (Mat. 13,43). Ils seront lumière et ils verront la Lumière, une vision sacrée et bienheureuse, qui est la part uniquement de ceux qui ont le coeur purifié."

3. La vie spirituelle est Christo-centrique.
"Dieu Se révèle Lui-même 'face à face'... Il S'unit à ceux qui en sont dignes comme à Ses propres membres, comme l'âme est unie au corps; Il S'unit Lui-même en venant demeurer en plénitude dans la totalité de leur être, de sorte qu'en retour, eux demeurent en lui; à travers le Fils, l'Esprit est répandu en abondance sur nous."

extrait de: http://www.assumptionscottsdale.org/Lent/Lent.htm
(site grec-orthodoxe hélas disparu)

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Textes liturgiques pour le 2ème dimanche du Grand Carême
http://forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=1794

Archimandrite Ambroise Fontrier (+ 1991),
Homélie pour le Dimanche de saint Grégoire Palamas :
http://orthodoxie-libre.actifforum.com/

Pour voyager hors de ce climat maussade où chaque jour est pluvieux (excusez le pléonasme), voyez vite cette splendide page de photos d'églises en Grèce, avec des paysages d'une beauté à couper le souffle:
http://www.skyscrapercity.com/showthread.php?t=251042

icone contemporaine orthodoxe de saint Gregoire Palamas