"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

Affichage des articles dont le libellé est Irlande. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Irlande. Afficher tous les articles

12 mars 2019

Livre de Kells digitalisé accessible en ligne


Folio 27v: Évangile de saint Matthieu - les 4 Évangélistes et leur symbole IE TCD MS 58 fol.1r-27r

https://digitalcollections.tcd.ie/home/index.php?DRIS_ID=MS58_003v

Le célèbre évangéliaire d'Iona conservé au Trinity College de Dublin est disponible en ligne dans une toute nouvelle numérisation.
Le Livre de Kells contient les 4 Évangiles en latin basé sur le texte de la Vulgate de saint Jérôme (terminée en 384), et certains passages de l'antique traduction Vetus Latina. Les textes des Évangiles sont préfacés par d'autres textes, entre autres des "tables de canons" ou concordances de péricopes évangéliques communes à deux ou plusieurs évangélistes; résumés des récits évangéliques (Breves causae); et des préfaces présentant les évangélistes (Argumenta). Le livre est rédigé sur vellum (peau de veau préparée), en calligraphie large et experte appelée la "majuscule insulaire". Il comporte 340 feuillets, mesure 330x225mm; les pages ont été partiellement endommagées sur les bords au cours de la nouvelle reliure réalisée au 19ème siècle.
Les premières pages ont commencé à être composées à l'époque de saint Colomba à Iona, au début des années 500, et le livre a été achevé dans les années 900. Ce livre de Kells richement enluminé est aussi fait pour être vu, car l'enluminure a vocation pédagogique. Et les enluminures de ce livre-ci sont d'une précision stupéfiante dans les détails. Phénomène connu des études de manuscrits, il y a des mots qui manquent, des passages en double, des sauts de phrase. Très intéressant mélange avec la version "vieille latine", qui permet de retrouver des éléments du primo-christianisme en langue latine.

 

03 novembre 2016

Saint Gwenaël (ou Guénaël), Père abbé du monastère de Landévennec (Bretagne, 6ème siècle)


(icône trouvée via qwant sur une page de saints mélangeant chrétiens et hétérodoxes, donc je ne connais pas l'origine réelle)

Son prénom est bien sûr d'origine celtique : "gwenn" (blanc) et "maël" (prince). Arrivé très jeune et élevé au monastère de Landevennec (Finistère), qui avait été fondé par saint Guénolé, il y devint moine en 511, puis père abbé comme successeur de Guénolé à la tête de l'abbaye. En 539, il se remit son abbatiat à un successeur et partit en Irlande avec 11 de ses moines, pour d'y approfondir la vie monastique. Il y resta 34 ans et, à son retour vers 580, il s’installe sur l’île de Groix (Morbihan), puis fonde un monastère à Saint-Gwenhael sur la rive du Blavet, près de Lanester (région de Lorient), où il mourrut vers 590. On y trouve actuellement la chapelle saint Guénaël, le monastère ayant disparut au 10ème siècle avec les invasions normandes. Suite auxdites invasions, comme pour beaucoup de saints de Bretagne, ses reliques ont été mises en lieu sûr, et ainsi transférées à Courcouronne, puis à Corbeil-Essonnes. Elles sont dans l’église Saint-Spire, où le saint est honoré sous le nom de "saint Guénaud."
Nombre de lieux de Bretagne portent un nom de saint ou d'église sous une variante locale - c'est ainsi que son nom se retrouve dans des noms de lieux comme Saint-Guinel à Mauron (Morbihan), Saint-Guénal et Saint-Vénal à Landivisiau, Lanvenaël à Plomeur, Saint-Vénal à Saint-Pol-de-Léon (Finistère).


Tropaire de saint Gwenaël
Élevé au lait monastique sous saint Guénolé,
Nourrit du saint Évangile sur les terres illuminées par saint Columba d'Iona,
tu fis fleurir la Foi véritable sur les terres de Bretagne et d'Irlande,
saint Gwenaël notre père.
Nous sollicitons tes saintes prières,
afin que le Christ nous accorde abondante miséricorde.





Chapelle Saint-Guénaël, Lanester

Saint Gwenaël est le saint patron des :
Gaël
Enaël
Gaël
Gaëlle
Gaëlig
Gaëlla
Gaïl
Ganaël
Ganaëlle
Guénaël
Guénaëlle
Gwanaëlle
Gwenaëlle

15 mai 2015

Sainte Dympna de Geel et saint Gerebern, martyrs (15 mai)

Sainte Dympna de Geel, Vierge & Martyr
(Dymphna, Dympne)
----------------------------------------------------
Morte vers 650. Dympna était la fille d'un roi païen, Irlandais (de Monaghan?), Anglais, ou Amoricain, et d'une princesse Chrétienne. Sa mère mourut quand Dymphne était encore très jeune, mais les femmes à qui elle avait confiée l'enfant étaient Chrétiennes : elles l'instruisirent des vérités de la Foi et la firent baptiser secrètement. Lorsque Dymphne eu grandit et devenue une jeune femme, sa ressemblance frappante avec sa défunte mère fit naître une passion incestueuse dans le coeur de son père.

Sur l'avis de son confesseur, Saint Gereberne (fêté ce jour), Dympna s'enfuit de chez elle. Accompagnée de Gereberne, du bouffon du roi et de sa femme, elle s'embarqua vers Antwerpen [Anvers]. De là, elle traversa la forêt sauvage jusqu'à atteindre un petit oratoire dédié à Saint Martin, sur le site de l'actuelle ville de Geel (45km d'Antwerpen). Le groupe s'y installa un petit ermitage. Et durant les quelques mois qu'ils vécurent là avant d'être découverts, Dymphne acquit une réputation de sainteté, de par sa dévotion pour les pauvres et les souffrants.

Le père de Dympna la poursuivit jusqu'à Antwerpen, et il envoya des espions pour retrouver sa trace en recherchant de l'argent étranger. Le roi tenta de la persuader de revenir, mais face à son refus, il ordonna qu'elle et le prêtre Gerberne soient mis à mort. Les hommes du roi tuèrent le prêtre et ses compagnons, mais hésitèrent à tuer Dympna. Le roi lui-même lui coupa la tête avec son épée. Les cadavres furent laissés à même le sol. Mais des mains, soit angéliques, soit humaines, finirent par les ensevelir à l'endroit même où ils avaient périt.

Le corps de la victime fut inhumé à Geel (6ième siècle), et une église fut, bâtie sur le tombeau de la victime honorée comme une sainte.

Le récit frappa l'imagination de tout le pays, en particulier parce que selon la tradition, les lunatiques furent guéris à sa tombe. Il y eut un grand renouvellement d'intérêt pour son culte lors de la translation des reliques de Dympna, parce que nombre de guérisons d'épileptiques, de lunatiques et de personnes possédées par le démon eurent lieu pour les concernés visitant son tombeau.

Sous son patronage, les habitants de Geel furent connus pour le soin qu'ils donnaient aux malades mentaux. Vers le 13ième siècle, on bâtit une infirmerie. De nos jours, la ville possède un sanatorium de premier ordre, un des meilleurs centres de traitement des maladies au monde. Ce fut l'un des premiers à développer un programme où les patients ont une vie normale chez des fermiers ou des résidents locaux, qu'ils assistent dans leurs travaux, et dont ils partagent la vie de famille. La puissance du culte de sainte Dympna est rendue évidente par les oeuvres de miséricorde du peuple de Geel envers les malades mentaux, depuis une époque où ils étaient universellement rejetés voire traités avec hostilité.

Les saintes reliques de Dympna sont préservées dans un reliquaire en argent dans l'église portant son nom. Seul le chef de Gerberne se trouve là, le restant ayant été transféré à Sonsbeck dans le diocèse de Muenster (D). (Attwater, Bénédictins, D'Arcy, Delaney, Farmer, Kenney, Montague, O'Hanlon, White).

La fête de sainte Dympne est au 15 mai; au 27 octobre est la translation des reliques.

Dans l'art, Sainte Dympna est une vierge couronnée, avec une épée, et un diable enchaîné. Nombre d'enfant en Belgique portèrent le nom de Dymphne, mais en Irlande on la rappelle sous la forme de Damhnat, et en Angleterre Daphnée.

Dympna est invoquée contre la folie, la maladie mentale de tout genre, en faveur des asiles pour malades mentaux, des soigant de malades mentaux, des somnambules, des épileptiques, et des possédés et démoniaques. (Roeder). Sa fête est conservée en Irlande et à Geel.





SAINT GEREBERN, PRETRE ET MARTYR (6ième SIÈCLE)
Gerebern, appelé aussi Génébrard, est un prêtre Irlandais du 6ième siècle, qui donna le Baptême à Dympna et accompagna cette sainte fille dans sa fuite en Brabant. Il partagea son sort et fut martyrisé à Geel (6ième siècle). Ses reliques furent transférées à Sonsheck, près Xanten, sur le Rhin. On y implore son intercession pour être guéri de la goutte et des fièvres. Sa fête est au 15 mai.
Bibl. - O'Hanlon, Irish saints, t. 5, p. 366.






Tropaire de sainte Dympna, ton 4
Pour échapper à la folie des pécheurs,
Tu t'en allas sur les flots de la mer
Avec le prêtre Géréberne
Pour trouver un asile où louer le Christ.
Et tu couronnas par le martyre
Une vie toute tournée vers le Seigneur.
Aujourd'hui nous te prions, vierge Dymphne,
D'intercéder auprès de Dieu pour le Salut de nos âmes.



Troparion of Saint Dympna tone 4
To escape to the madness of sinners, /
You went on the rough seas /
Together with the priest Gerebern /
To find a shelter where to praise Christ. /
And you didst crown by the martyr /
A life completely devoted to Our Lord. /
Today we pray to thee, O maiden Dympna, /
That you intercede to Christ our God for the salvation of our souls

16 octobre 2013

Saint Gall, apôtre d'Helvétie venu de la verte Eirin (16/10)

source icône

SAINT GALL, abbé (+ ENTRE 627 ET 645)

Il était Irlandais et fut l'un des 12 disciples qui accompagnèrent saint Colomban en Gaule. Ils se fixèrent quelque temps à Luxeuil (Haute-Saône). Vers 610, Gall accompagna son abbé jusqu'à Bregenz, en Autriche, dans le Vorarlberg, à l'est du lac de Constance ou Bodensee. Ils se séparèrent vers 612, quand Colomban poussa vers l'Italie. Gall resta en Souabe où il vécut en ermite avec quelques compagnons à l'ouest de Bregenz, près de la source de la rivière Steinach. C'est là qu'on bâtit après sa mort une église "sancti Galluni", qui avait son "prêtre et pasteur". Avant 750, elle devint le centre d'un monastère qui eut pour premier abbé saint Otmar. L'abbaye appartenait au diocèse de Constance. En 818, elle obtint de Louis le Pieux l'exemption ou l'immunité par rapport à l'évêque, et la faveur de passer monastère royal. En 854, l'abbaye était libérée de toute sujétion à l'évêché de Constance, sous réserve des rapports canoniques inévitables. On l'appela "l'abbaye de Saint-Gall" et elle devint illustre. Mais saint Gall ne l'a pas fondée, et il ne fut pas son premier abbé. Il avait seulement illustré son emplacement, et laissé des reliques dont le prestige grandit avec le temps.
Que peut-on tirer des Vies de saint Gall, dont la plus ancienne, fragmentaire, fut écrite vers 770? Selon ces Vies, Gall fut ordonné prêtre en Irlande (avant 590?). A Bregenz, il évangélisa le pays en combattant activement le paganisme (cf. P. Piper, Superstitiones et paganiae Einsidlenses, dans Mélanges Ém. Chatelain, 1910, p. 304, 306-307, 309 : sermons d'un ms. de 750 environ [cod. Einsid. 281] contre les superstitions paganisantes; mais dans quelle mesure correspondent-elles à ce que Gall a pu rencontrer? cf. Coolen, La Gaule Chrét. au 6ième siècle, dans Bull. trim. de la Soc. acad. des antiq. de la Morinie, t. 17, 1951, p. 463-470). La maladie l'empêcha de suivre son chef en Italie. Colomban se montra dur: "Je vois, frère, qu'il te paraît pénible d'endurer pour moi peines et fatigues. Eh bien! avant de partir, je t'interdis de célébrer la Messe tant que la vie animera mon corps". Pendant des années, Gall resta suspens; enfin Dieu révéla à notre moine la mort de ce terrible maître. Gall dépêcha son diacre vers Bobbio, résidence de Colomban (province de Plaisance, en Émilie-Romagne, à la date de 1950). Et le diacre revint, apportant l'absolution avec la cambutta (bâton) de Colomban (cf. Ps., 22, 4). Gall offrit le saint Sacrifice pour le repos de l'âme du défunt. Il délivra du démon la fiancée de Sigebert, roi des Francs; en remerciement, celui-ci lui offrit un terrain près d'Arbon (Suisse, Turgovie ou Thurgau, sur le lac de Constance, à l'ouest de l'embouchure de la rivière Steinach). Gall y fonda un monastère qui fut aussitôt exempt. Par 2 fois, il refusa l'évêché de Constance, et favorisa l'élection d'un diacre Jean qui se montra, lui et ses successeurs, tout dévoué à l'abbaye de Gall. On offrit au grand moine l'abbatiat à Luxeuil; il déclina également cette dignité. Il mourut âgé de 99 ans, à Arbon. On ramena son corps au monastère; des miracles se produisirent.
---------------------------------------------------

"(19) Une autre fois, il demeurait dans la même solitude, mais pas au même endroit, et il y avait déjà passé 50 jours. Son seul compagnon était un frère nommé Gall. Il lui commanda d'aller au Breuchin et de prendre des poissons. Gall partit, mais cru bon d'aller à une autre rivière, l'Ognon. Arrivé là, il jeta son filet dans l'eau et vit arriver une foule de poissons, mais ils ne s'engageaient absolument pas dans le filet : comme s'ils se heurtaient à un mur, ils retournaient en arrière. Il peina donc toute la journée sans pouvoir en prendre un seul. Au retour, il fait part au Père de ses vains efforts. Celui-ci lui reproche d'avoir désobéi : pourquoi ne s'était-il pas empressé d'aller à l'endroit indiqué ? "Va vite, répète-t-il, et rends-toi à l'endroit indiqué". Gall y alla donc, jeta son filet dans l'eau, et le filet se remplit d'une telle quantité de poissons qu'il pouvait à peine le tirer, tant il y en avait. Ce même Gall nous a souvent raconté la chose."
"Vie de saint Colomban et de ses disciples", L.1 c.11 §.19 , par saint Jonas de Bobbio, abbaye de Bellefontaine, collection Vie Monastique n°19 (extraits)



Saint-Gall à l'Unesco : http://whc.unesco.org/sites/fr/268.htm
"Brève description : Le couvent de Saint-Gall, exemple parfait de grand monastère carolingien, a été, depuis le 8e siècle jusqu'à sa sécularisation en 1805, l'un des plus importants d'Europe. Sa bibliothèque, l'une des plus riches et des plus anciennes du monde, contient de précieux manuscrits, notamment le plus ancien dessin d'architecture sur parchemin connu. De 1755 à 1768, le domaine conventuel a été reconstruit en style baroque. La cathédrale et la bibliothèque sont les principales composantes de ce remarquable ensemble architectural, reflet de 12 siècles d'activité."




explication de l'abbaye :
http://www.encyclopedie-universelle.com/abbaye%20-%20plan%20de%20Saint-Gall.html


Saint-Gall & la musique : http://www.musicologie.org/sites/s/saint_gall.html
"Fondée au 7e siècle, l'abbaye de Saint-Gall est un lieu important de diffusion et de conservation de manuscrit. Plusieurs chroniqueurs notoires et un compilateur de théorie la signalent à la musicologie. Mais son titre de gloire est de conserver le plus ancien plan d'architecture connu (et qui est peut être celui de l'ancienne abbaye reconstruite au XVIIIe siècle).
Bibliographie : VAN DOREN R., Étude sur l'influence musicale de l'abbaye de St. Gall, Louvain 1925"

Les archives de l'abbaye de Saint-Gall : http://www.sg.ch/kultur/stiftsarchiv/informationen/franzoesisch.html
"Quelques données sur les archives de l'abbaye de Saint-Gall
Les Archives de l'ancienne abbaye de Saint-Gall, propriété commune du Canton et de la Communauté catholique du canton de Saint-Gall, contiennent les documents juridiques et les actes administratifs de l'abbaye sangallienne depuis sa fondation vers 720 jusqu'à sa sécularisation en 1805. Ces archives sont riches d'environ 20 000 chartes, de plus de 2500 manuscrits, d'innombrables actes, de cartes, de plans, ainsi que d'une collection d'empreintes de sceaux. Sur ce nombre, plus de 700 chartes sur parchemin (les "traditiones") et une centaine de diplômes carolingiens et ottoniens datent d'avant l'an mil. Les premières traces d'un classement archivistique de ces fonds remontent même à plus de 1200 ans. À l'exception peut-être des Archives d'État de Milan, rares sont les archives qui peuvent être comparées à ce trésor unique au nord des Alpes. Cet ensemble de chartes revêt une importance capitale pour l'histoire - en particulier pour la période avant l'an mil si pauvre en documents - non seulement de la Suisse orientale, mais également de Zurich, de l'Argovie, de Berne, des Grisons, du Vorarlberg, de l'Alsace et de l'Allemagne du Sud. Les archives abbatiales renferment des informations historiques concernant une grande partie du canton de Saint-Gall et certaines régions voisines jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Elles constituent par conséquent un complément à la documentation conservée par les Archives d'État.
La Bibliothèque abbatiale ("Stiftsbibliothek") abrite quant à elle des manuscrits littéraires, théologiques et scientifiques formant une collection aussi ancienne que celle des Archives. À l'image de la situation qui prévalait au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, les fonds de la Bibliothèque sont restés juridiquement et administrativement séparés des Archives.
De plus, les Archives abbatiales, qui forment un service du Département cantonal des affaires intérieures et militaires, contiennent les archives et la bibliothèque de l'ancienne abbaye de Pfäfers ("Fabaria"). Cette abbaye, dont la fondation remonte à 750 environ, a été sécularisée en 1838, date à laquelle les archives et près de 40 manuscrits, dont quelques-uns datent du 9e siècle, ont été intégrés aux Archives abbatiales.
Parmi les "codices", on ne mentionnera ici que les plus importants de nos archives: le "Liber memorialis" ou "confraternitatum" et le "Liber professionum" du 9e siècle, et, parmi le fonds de Pfäfers, le "Liber viventium" carolingien, le "Liber aureus" du 11e siècle, et un cartulaire richement enluminé, le "Vidimus Heider", réalisé en 1590 à la demande de l'abbé Johannes Heider.
La préservation d'un dépôt d'archives aussi riche n'a été possible que grâce à des soins attentifs prodigués au cours des siècles de l'existence de l'abbaye, qui se perpétuent aujourd'hui dans des locaux modernes spécialement aménagés pour résister au feu tout en offrant des conditions climatiques de conservation optimales.
En installant les Archives abbatiales dans l'aile nord restaurée du Palais du gouvernement, on a créé les conditions nécessaires à la continuité de cette tradition. Les tâches des archivistes modernes consistent notamment à répertorier les documents, à les mettre à la disposition des chercheurs, ainsi qu'à répondre à la correspondance scientifique. En organisant des expositions temporaires, on espère intéresser un plus large public aux sources historiques de notre passé.
(Traduction: Romain Jurot)"

Saint-Gall, lieu de pélerinage par excellence pour les Belges?
Le site sur l'histoire de la bière en donne la raison!
http://www.eurobru.com/visit34.htm
"La plus ancienne trace du brassage en abbayes remonte à l'an 820 (Saint-Gall, Suisse)."


SAINT OTMAR, FONDATEUR DE L'ABBAYE DE SAINT-GALL :
Vita complète en latin et en français (Mabillon) sur le site de l'abbaye catholique-romaine bénédictine Saint-Benoît du Valais, en Suisse :
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/othmar/othmar.htm

01 février 2009

Sainte Brigitte de Kildare (GOarch)

source Icône & (c) :
http://www.aidanharticons.com/western_orthodox_saints.html


Quand l'Irlande fut nouvellement convertie à la Foi Chrétienne, la sainte abbesse Brigitte se consacra à instaurer la vie monastique pour les femmes de son pays. Elle fonda le célèbre couvent de Kildare - Kill pour "église" et Dara pour "chêne." Elle fut particulièrement réputée pour sa grande miséricorde, manifestée dans ses innombrables aumônes, et dans les miracles accomplis en faveur des nécessiteux. Le Livre d'Armagh, une ancienne chronique irlandaise, appelle saint Patrick et sainte Brigitte "les piliers des Irlandais" et dit qu'à travers eux deux, "le Christ a accompli nombre de miracles." Elle s'endormit en paix vers l'an 525.

Apolytikion de sainte Brigitte de Kildare Ton 4
Ayant appris les divins enseignements à la prédication de Patrick, tu as proclamé à l'Occident les bonnes nouvelles du Christ. Dès lors nous te vénérons, ô Brigitte, et nous te supplions d'intercéder auprès de Dieu afin que nos âmes soient sauvées.

Kondakion de sainte Brigitte de Kildare Ton 3
A l'église du Chêne, tu établis tes saints monastères pour ceux qui voulaient se charger sur les épaules de l'Arbre de la Vie, la Précieuse Croix. Et par ta vie pleine de grâce et ton amour de l'érudition, tu as porté du fruit au centuple et ainsi nourris les fidèles. O sainte mère Brigitte, intercède auprès du Christ, la Vraie Vigne, afin qu'Il sauve nos âmes.


source sainte Brigitte à Kildare

"sainte Brigitte, la Marie des Gaëls" + "sainte Brigitte, un don pour l'hospitalité"
http://stmaterne.blogspot.com/2007/02/sainte-brigitte-la-marie-des-gals.html

voir aussi, en anglais :
http://orthodoxwiki.org/Brigid_of_Kildaire


19 décembre 2008

Sainte Samthann, abbesse Orthodoxe de Clúain Brónaig (Clonbroney, + 739)


Clonbroney se trouve en Irlande, (Meath, comté de Longford), vers le centre de l'île. Cluain signifie "pré". Samthann (Samthana, Samtana), d'après une étymologie populaire, s'interprète "feu d'été."
Samthann est morte en 739; certains mentionnent sa fête au 18 décembre.
La sainte fut d'abord prieure à Urney, entre Tyrone et Donegal. Mais son activité s'exerça surtout dans le Comté de Meath. Les § 20 et 24 de sa Vie sont d'une haute portée spirituelle. La Vita de cette Mère de l'Église de l'Occident Orthodoxe est cependant intéressante dans son ensemble. La version entière est tardive, résumant une version antérieure, perdue, mais elle ne comporte pas d'erreurs historiques (sauf §26) et les noms propres se prêtent à des recoupements concordants.
Par la prière, Samthann tira une âme de l'Hadès (§ 13); c'est un exploit attribué à très peu parmi les grands Saints Chrétiens. Arriver à arracher une âme de l' Hadès par la prière n'était cependant pas quelque chose d'inhabituel chez les saints Irlandais; un érudit a même appelé cela une "caractéristique presqu'exclusivement Celtique."
Samthana serait normalement la moniale Irlandaise qui fonda l'abbaye de Clonbroney près de Granard dans le Comté de Longford. Une tradition locale rapporte que le couvent de Clonbroney aurait été fondé par saint Patrick pour les filles de son maître précédent, Milchu. Une autre petite tradition affirme qu'il fut fondé par les disciples de sainte Brigitte. Mais par la suite, on attribua à Samthann cet honneur. Ce couvent fut un des 3 plus importants d'Irlande, avec ceux de Kildare et Cloonburren. Sa dernière abbesse connue mourut en 1160.
La vénération de Sainte Samthann fut introduite sur le Continent et promue par saint Virgile de Salzbourg (27 novembre). Son nom est présent tant dans la Litanie que dans le Canon du Missel de Stowe, de même que dans l'ancienne Litanie de Salzbourg, Autriche.

Résumé de la Vie de sainte Samthana


1. Samthann était d'origine ultonienne, c'est-à-dire que sa famille venait de l'Ulster. Son père s'appelait Diamran (Diamaran, Dimaran, Diaran) et sa mère Columba. Elle fut employée chez le roi du pays, dans l'actuel comté de Longford, qui décida de la marier avec un noble. Le noble eut une vision avant ses noces vers minuit, il voyait le lit où Samthann reposait avec les 2 filles du roi ses compagnes, éclairé comme d'un rayon de soleil. Alors il allait à sa jeune femme, qu'il trouvait la face inondée de lumière. Et il était heureux de cette épouse baignée de clarté. Les noces furent célébrées. Au soir, dans la chambre, le jeune homme dit à Samthann "Déshabille-toi." Elle répondit "Attendons que la maisonnée dorme." Il consentit, et s'endormit. Elle suppliait Dieu de sauver sa virginité. Dieu l'entendit. Vers minuit, toute la demeure parut flamber : c'était comme si une flamme avait jailli de la bouche de la vierge jusqu'aux toits. Un cri retentit au dehors : tous, au dedans, bondirent pour éteindre le feu.
2. La vierge en profita pour aller se blottir dans des fougères voisines. Le feu cessa. Il n'avait rien brûlé. Au matin, le roi trouva la vierge, qui lui dit : "Ton palais a brûlé? Non. - - Ah! j'en remercie Dieu... Mais pourquoi avez-vous tenu à marier une pauvre servante du Dieu tout-puissant? -- Eh bien je ne te livrerai plus à un homme. Décide de ton sort. - - Offrez-moi en épouse à Dieu." Le roi plia les genoux, et dit "Nous t'offrons au Fiancé divin que tu désires." Alors elle entra dans un monastère, avec la permission de son mari. Elle y fut bientôt cellérière dévouée et fidèle.

3. Un jour, un lépreux, sur la rive de l'étang, implorait le passage. Samthann le passa elle-même sur son bac. Elle lui donna une vache et son veau et ajouta la majeure partie de son propre manteau, comme saint Martin. Et puis le lépreux disparut, laissant la vache et le veau. Quant au manteau, intact pas de trace de déchirure!

4. Samthann était donc cellérière. Il y avait au monastère un pot de beurre qui suffisait depuis un an aux besoins des soeurs et des hôtes : quelle bénédiction! Un jour, une postulante entre dans la salle aux provisions, et dit devant le fameux pot "Apparemment, de beurre, on ne manquera jamais!" Là-dessus, la vierge sainte arrive, et trouve le pot vide. D'abord ahurie, elle se reprit et dit "Oui... Ici on ne sera jamais dans l'abondance." Et cela s'est réalisé.

5. La fondatrice d'un monastère vit en songe Samthann qui arrivait sous forme d'étincelle, et tout brûlait. Elle dit à ses soeurs "Samthann est ardente du feu de l'Esprit-Saint. Ses vertus feront briller notre maison." Et elle lui déféra le commandement.

6. Samthann devint supérieure. Elle fit bâtir un oratoire en bois. Un jour, un de ses charpentiers, dans la forêt, se disait "Ah! si on avait 40 pains, du beurre, du fromage et du lait!" Tout cela aussitôt arriva. La servante du Christ lui dit en souriant : "C'est bien ce que tu voulais? - Pour ça oui, mère. Ni plus ni moins! " Et l'on mangea commodément, remerciant Dieu et Sa servante.

7. Samthann fit prier le roi Kennedus [probablement Cinaed (+ 728)] de libérer un prisonnier. Le roi refusa. Nouvelle ambassade. "Si le roi ne le délivre pas, dites au captif : Au Nom de la Sainte Trinité, sois délié, et viens en paix à Samthann, servante de la Trinité." Le roi refusa. Le captif, informé, dit "Je crois en elle." Le roi doubla les liens, posa 8 gardes à la porte du cachot, et 8 à la porte de la place. A minuit, les liens tombèrent. Notre homme passa devant les premiers gardes.
"Eh ! là! qui es-tu? - Je suis Fallamain, qui étais prisonnier. - Si c'est toi, ne l'dis donc pas!" Il évita le 2ème poste, et parvint chez la sainte.

8. Par sa prière, la vierge rendit inoffensives les bêtes de l'étang qui nuisaient aux hommes et au bétail.

9. Avec le lait d'une seule vache, la vierge nourrit un jour largement 50 hôtes.

10. Pour nourrir un abbé avec 140 personnes, elle prit une mesure de farine qu'elle divisa en 2 : cela fournit à manger et à boire pour une semaine.

11. Un clerc mondain vint au monastère des soeurs; il remarqua une jolie fille et une amourette se noua. Il devait l'attendre à la forêt voisine. Avant de partir, le clerc vint saluer Samthann et se recommander à ses prières. "N'ennuie pas mes soeurs par des paroles qui seraient des pièges, ni par de mauvaises actions. - Oh! Jamais de la vie, mère!" Arrivé à une rivière, il entre dans l'eau. Elle monte, il en a jusqu'à la ceinture. Une énorme anguille le mord aux reins et le ceinture vigoureusement. Affolé, il revient à la vierge de Dieu, s'effondre à genoux, demande pardon. Samthann pardonne, l'anguille tombe. Le clerc jura qu'il n'entrerait plus dans un monastère de vierges.

12. Les gens du Connaught et le peuple de Tethbra firent la paix après un long conflit. Le roi de Tethbra retint en otage le fils d'une veuve. Sur la demande de celle-ci, Samthann envoya au roi sa prieure avec 5 vierges et 2 hommes, pour demander la libération de l'otage. "J'accorderai tout, répondit le roi, sauf cela." Alors la prieure dit au détenu : "Au Nom de notre Seigneur Jésus-Christ et de sainte Samthann Sa servante, laisse tes chaînes et viens avec nous." Malgré une garde renforcée, il fut bientôt avec l'ambassade de l'abbesse.

13. Un bienfaiteur du monastère ne partait jamais en guerre sans avoir demandé une bénédiction à Samthann. Un jour, il omit cette précaution, et fut tué. A l'heure où il mourait, la sainte dit aux soeurs : "Priez bien! Notre ami Fland a son âme menée par les démons au lieu des tourments." Elle entra en extase, puis, après un moment : "Remerciez Dieu. Il a fait passer l'âme des tourments au repos."

14. Pour agrandir le monastère, on devait déplacer des locaux. Un immense personnel était indispensable au transfert de l'oratoire. On demanda des renforts. Mais la sainte pria si bien que 8 hommes seulement purent effectuer le travail.

15. Les ouvriers étaient avec la prieure Nathea dans la forêt à prendre du bois pour le nouvel oratoire. On allait abattre un arbre; le maître du chantier dit : "S'il tombe par ici, ça n'ira pas; par là, ça ira." L'arbre s'inclinait du mauvais côté, quand la prieure, qui avait sur elle la ceinture de Samthann, la fit poser dans cette direction. Un coup de vent violent, et l'arbre s'écroule en sens inverse. [Voir dans la Règle de saint Isidore de Séville, 20 (Patrologie Latine t. 88, col. 889) où là aussi c'est le prieur qui s'occupe des charpentiers et artisans.]
16. La prieure et les bûcherons cherchaient des pins. Rien pendant 3 jours! Le quatrième, on allait rentrer chez soi, quand Nathea vit en songe Samthann qui lui dit : "Coupez les saules; vous trouverez là des pins abattus." Au jour, on exécuta l'ordre et on trouva les pins. Le propriétaire de ce bois intervint: "Il faut me payer ces arbres!" Santhea consentit. La nuit suivante Samthann apparut au propriétaire. "Quoi? tu veux retirer à Dieu ce qu'on lui offre?" Et de son bâton, elle frappa l'homme au côté : "Misérable, si tu ne te repens pas, tu mourras bientôt." L'homme lâcha ses troncs. Les gens du pays prêtèrent 60 paires de boeufs, qui traînèrent tout ce bois au monastère.

17. [Probablement après la mort de Samthann], le roi Niall (763-778) demanda le bâton de la sainte, pour l'orner d'or et d'argent. Mais le bois était tordu et vieux, et se prêtait mal aux enjolivements. On accrocha le bâton au-dessus du lit royal. A cause de la dévotion du roi et des vertus de la sainte, le Christ redressa le bâton.

18. Deux moniales vivaient près du monastère de l'abbé Kynnechus (Cainnech, 11 octobre). L'une d'elles tomba enceinte par suite d'une suggestion diabolique et enfanta un fils. Pour éviter le scandale, elle ne voulut pas le nourrir. Les 2 soeurs allèrent trouver Samthann avec le bébé. Celle-ci recueillit l'enfant et fit partir les soeurs nuitamment, pour éviter tout bavardage fâcheux. Dans un bois, elles tombent sur des voleurs. Mais le Seigneur fit s'ouvrir un tronc d'arbre énorme : l'écorce se referma sur elles dès qu'elles furent à l'intérieur. Et voleurs de chercher en vain. Les soeurs purent repartir tranquilles. Samthann fit instruire l'enfant, qui devint un abbé illustre au monastère de saint Cainnech.

19. Samthann voyageait en char quand elle trouva sur son chemin un chêne colossal, avec une branche si basse qu'elle ne pouvait passer assise. Elle frappa l'obstacle de son bâton en disant : "Ote-toi!" La branche se leva.

20. Un moine demanda à la sainte comment prier : prosterné? assis? debout? Elle dit : "Dans toutes les postures, il faut prier."

21. Une femme stérile vint trouver la sainte qui la bénit et lui dit : "Tu auras un fils que tu appelleras Inrechtach. Il sera un sage, le seigneur de son pays."

22. La patrie des geôliers est envahie par l'ennemi, et le captif s'évade grâce à cette attaque.

23. Les moines de l'île d'Iona envoyèrent à la sainte un navire chargé de laine. Tempête. Sur le bateau, un jeune fou s'écria : "Balançons à la mer la laine de la vieille! Sans ça, on coule!" Le patron réplique: "Non! on vivra ou on mourra avec la laine pour la vieille dame." Cela dit, c'est le calme plat : il faut ramer. Sur ce, le jeune fol de dire : "Pourquoi la vieille, maintenant, ne nous envoie-t'elle pas une risée?" Alors le patron: "Nous croyons que par son intercession, Dieu nous aidera." Et voilà le vent qui gonfle les voiles. Ils arrivent chez la sainte et lui baisent la main. "Qu'est-ce que tu disais donc de moi, quand la tempête vous menaçait?" demande la vierge au jeune gars, qui rougit et reste muet. Elle reprend : "Ce n'est pas un crime, va! mais si une autre fois tu es en danger, appelle-moi au secours sans hésiter."

24. Un professeur dit à la vierge : "J'ai l'intention de faire passer l'étude au second plan, pour vaquer à la prière." Elle objecta : "Qu'est-ce qui pourra donner de la stabilité à ton esprit, pour qu'il ne coure pas partout, si tu négliges l'étude spirituelle?" Le professeur reprit : "Je désire passer la mer pour aller en pèlerinage." Elle répondit : "Si sur ces rivages nous ne trouvons pas Dieu, inutile de passer la mer. Puisque le Seigneur est proche de tous ceux qui L'invoquent [Ps. 144,18], il n'est pas nécessaire que nous passions la mer. De n'importe quelle terre on peut parvenir au Royaume des Cieux."

25. Elle était une bonne maîtresse pour tous ceux qui étaient sous ses ordres, avec tous les dehors d'une servante très humble. Elle était pauvre en esprit et en réalité. Elle répugna à posséder des champs et n'eut jamais plus de 6 vaches à la fois. Elle était d'une charité diligente pour tous, mais spécialement pour ceux de sa maison. Recevait-elle des dons? Sa part personnelle passait en supplément pour chaque soeur. Elle donnait avec joie, recevait avec modestie. Elle savait compatir avec bonté, venir en aide avec efficacité.

26. La nuit de sa mort, le saint abbé Lasrianus (*) vit 2 lunes. L'un de ces astres descendit à lui. Il comprit ce que cela signifiait, car il avait demandé à la sainte de s'arrêter chez lui avant de monter au ciel. Et l'astre s'éleva.
[(*) ou Molaisse, fondateur de Devenish, mort vers 570 : c'est le seul anachronisme de cette version de sa Vie]

Bibliographie : Charles C. Plummer, Vitae sanctorum Hiberniae, t. 1, 1910, p. 34, 87-88, 94; t. 2, 253-261, 368.
The Martyrology of Gorman, éd. W. Stokes, 1895, p. 242, 392
The Martyrology of Oengus, éd. W. Stokes, 1905, p. 252, 260 (19 décembre)
The Stowe Missal, éd. G. F. Warner, 1915, p. 14 (S. Samdine)
The Martyrology of Tallaght, éd. Richard Irvin Best & Hugh Jackson Lawlor, 1931, p. 87, 108, 124 : Bradshaw Soc., t. 9, 29, 32, 68.
Life of St. Samthann, Medieval Hagiography: An Anthology, par Dorothy Africa, Thomas Head editor, New York, Garland Publishing, 2000. 97-110


Sainte Samthan est reprise dans le ménologue des saints Orthodoxes d'Occident du p. Andrew Philips (EORHF / Folkestone)
http://www.orthodoxengland.org.uk/saintss.htm
.

13 décembre 2008

Lumière dans les ténèbres (Paraboles celtiques)


Jonathan et Thomas se disputaient tout le temps. Ils étaient voisins et, chaque fois qu'ils se voyaient, ils trouvaient quelque chose d'injurieux à se dire. Un jour, c'était Jonathan qui reprochait à Thomas de laisser ses bestiaux se pencher par-dessus la clôture et brouter de l'herbe dans ses champs. Le lendemain, c'était Thomas qui se mettait en colère contre Jonathan parce que des orties se propageaient du terrain de ce dernier sur son terrain à lui. Leurs deux épouses étaient amies intimes et mouraient d'envie de voir Jonathan et Thomas être amis eux aussi.
Finalement, un hiver, les deux femmes si patientes jurèrent que la situation n'était plus supportable. «Voici venir Noël », dirent-elles à leurs maris. « C'est censé être l'époque de la paix et de la bonne volonté. Nous sommes certaines que vous êtes capables d'apprendre à être en paix l'un avec l'autre et à cesser de vous disputer.»
Mais dès le lendemain, Thomas accusa Jonathan d'envoyer des pelletées de neige sur son terrain - et une violente dispute s'ensuivit. Alors leurs épouses se rendirent chez le prêtre du lieu pour savoir s'il pouvait trouver une solution. Le père Kevin était un vieillard, à la tête chauve et à la longue barbe blanche. Après avoir écouté les deux épouses épancher leurs ennuis, il resta assis en silence, grattant son crâne chauve et se caressant la barbe. Puis, sans un mot, il se leva et sortit pour aller voir les deux hommes.
"Je désire que vous fassiez un concours avec moi la veille de Noël," annonça le prêtre. "Cela offrira une occasion de divertissement pour les habitants du village. Voici en quoi consistera le concours. Nous diviserons la grange à côté de ma chaumière en trois parties égales. On verra lequel d'entre nous arrivera, entre l'aube et le crépuscule, à remplir sa partie au maximum - on aura le droit de se servir de tout ce qu'on voudra. Si l'un d'entre vous gagne, je lui céderai tous les fruits et les légumes qui pousseront dans mon jardin au cours de l'année à venir. Si c'est moi qui gagne, il faudra que vous juriez de ne plus jamais vous disputer et d'apprendre, au contraire, à être amis."
Jonathan et Thomas pensèrent qu'ils n'avaient rien à perdre et acceptèrent donc de participer au concours. A l'aube de la veille de Noël, tous les habitants du village s'étaient rassemblés autour de la grange. Et dès que le soleil apparut à l'est au-dessus de la ligne d'horizon, Jonathan et Thomas se mirent à parcourir le village à toute vitesse en amassant absolument tout ce qu'ils pouvaient trouver pour remplir chacun sa partie de la grange - des bottes de paille, de vieux seaux, des sacs de pommes de terre et tout ce qu'ils pouvaient encore trouver à transporter. Mais quant au père Kevin, on ne le voyait nulle part.
A midi, Jonathan et Thomas étaient toujours très occupés à essayer de remplir chacun sa partie de la grange. Quant au père Kevin, il était toujours invisible. Quelques heures plus tard, alors que le soleil commençait à se coucher à l'ouest au-dessous de la ligne d'horizon, Jonathan et Thomas avaient tous les deux rempli leur partie de la grange presque jusqu'au toit. Mais la partie du père Kevin était toujours complètement vide.
Enfin, alors que pâlissaient les derniers rayons du soleil, le père Kevin sortit de sa chaumière, portant une bougie éteinte. Il entra dans la grange et plaça la bougie en son milieu. Il prononça les versets du chapitre d'ouverture de l'évangile selon saint Jean: "La lumière du Christ luit dans les ténèbres et les ténèbres ne peuvent en triompher." Puis il s'agenouilla et alluma la bougie.
Dans les ténèbres de la nuit de Noël, sa lumière emplit toute la grange et son rayonnement atteignait jusqu'aux chevrons du toit. Tout le monde éclata en applaudissements en comprenant que le père Kevin avait gagné le concours. Jonathan et Thomas s'avancèrent, et, debout, se serrèrent la main au-dessus de la bougie. Et à partir de ce Noël-là, ils furent les plus fidèles amis du monde."

PARABOLES CELTIQUES (récits, poèmes et prières), chapitre "LA PAIX ET LE CONFLIT", pages 172 à 174, isbn 2-02-050887-7, éditions du Seuil 02/2002, collection "Sagesses"

AMAZON.fr

Avis de 2003 sur le bouquin par l'archimandrite Thomas (Pervijze) : "oui, je le connais, il y a de tout là dedans, du très bon comme du pas bon." Et de fait, 80% bon; 10% sans intérêt; 10% franchement hérétique ou païen. A s'offrir mais à ne pas offrir sans discernement. L'ouvrage n'a pas été compilé par un Orthodoxe, ceci expliquant cela. Car les paraboles Orthodoxes celtiques existent, et elles valent bien celles des déserts d'Égypte ou de Palestine ou des Vosges!
.

31 août 2008

Saint Aidan de Lindisfarne, abbé-évêque et thaumaturge, apôtre de la Northumbrie




L'évêque Aedan est né en Irlande à la fin du 6ème siècle, et mourut en 651. Saint Aidan fut disciple de saint Senan (8 mars) sur l'Ile Scattery, mais on ne sait rien de plus de certain sur sa vie antérieure à son entrée comme moine à Iona. Il fut bien accueillit par le roi saint Oswald (9 août), qui avait vécut en exil parmi les moines Irlandais à Iona et y avait demandé des moines pour évangéliser son royaume. Le premier missionnaire, Corman, n'eut pas de succès à cause de la rudesse de ses méthodes; dès lors Aidan fut envoyé pour le remplacer. Oswald accorda l'île de Lindisfarne ("Ile sainte") à Aidan pour y fonder son siège épiscopal; son diocèse s'étendra du Forth jusqu'à l'Humber.

cliquez sur l'image pour voir l'île en grand format


Par ses actions, il montra que jamais il ne chercha ni n'aima les biens de ce monde; les présents que le roi ou les riches lui offraient, il les donnait aux pauvres. Il vint rarement à la table royale, et jamais sans y emmener l'un ou l'autre de son clergé, et se hâtant toujours de quitter pour rejoindre ses tâches. Le centre de son activité était Lindisfarne, au large de la côte du Northumberland, entre Berwick et Bamburgh. Là, il établit un monastère sous la Règle de saint Columcille (Columba d'Iona); il n'était pas inapproprié de l'appeler l'Iona anglais, parce que de là, le paganisme fut progressivement éliminé en Northumbrie et les coutumes barbares sapées. La communauté n'était pas autorisée à accumuler des richesses; les surplus étaient utilisés pour les besoins des pauvres et le rachat avec affranchissement des esclaves (manumission). De Lindisfarne, Aidan voyagea à pied à travers le diocèse, visitant son troupeau et fondant des centres missionnaires.
L'apostolat d'Aidan fut facilité par des miracles innombrables, rapportés par saint Bede (25 mai) qui rédigea sa biographie. Il fut aussi aidé par le fait qu'Aidan prêcha en Irlandais et que le roi fit la traduction. Saint Aidan fit entrer 12 jeunes Anglais dans son monastère, pour les y élever, et il était infatigable pour s'occuper du bien-être des enfants et des esclaves, et pour l'affranchissement de ces derniers, il utilisa pour leur manumission nombre des aumônes qu'on lui accorda.
Le grand roi saint Oswald assista son évêque de toutes les manières possibles jusqu'à sa mort à la bataille contre le roi païen Penda en 642. Une belle histoire préservée par saint Bède nous rapporte qu'Oswald était attablé pour dîner un jour de Pâques, saint Aidan à ses côtés, quand on lui apprit qu'un grand groupe de pauvres demandait l'aumône à la porte. Prenant un plat en argent massif, il le chargea avec la viande de sa propre table et ordonna de la distribuer parmi les pauvres, puis qu'on brisa le plat d'argent et qu'on en partagea les morceaux entre les pauvres. Aidan, nous dit Bède, prit la main droite du roi, disant "Que jamais cette main ne périsse!" Sa bénédiction s'accomplit. Après la mort d'Oswald, son bras droit incorrompu fut conservé comme sainte relique.
Saint Oswin (20 août), le successeur de saint Oswald, soutint aussi l'apostolat d'Aidan. Et lorsqu'en 651, Oswin fut assassiné par Gilling, Aidan ne lui survécut que 11 jours. Il mourût au château royal de Bamburgh, qu'il utilisait comme centre missionnaire, gisant contre un mur de l'église où une tente avait été dressée pour l'abriter. Il fut d'abord enterré dans le cimetière de Lindisfarne, mais quand la nouvelle église Saint-Pierre fut achevée, on y transféra son corps. Les moines de Lindisfarne, fuyant les attaques répétées des Vikings, abandonnèrent leur sainte île en 875, emportant les reliques de saint Oswald et saint Aidan placées dans le cercueil contenant le corps incorrompu de saint Cuthbert. Durant 100 ans, les moines errèrent, s'installant de ci de là, et fondant des églises. En 995, craignant une nouvelle attaque des envahisseurs Danois, les moines s'enfuirent à nouveau avec leurs précieuses reliques. Selon la tradition, quand les moines approchèrent de la ville de Durham, le cercueil devint de plus en plus lourd, et un moine eut un songe dans lequel Cuthbert dit que son corps trouverait son repos final à "Dunholme". Aucun des moines ne connaissait un tel lieu mais, interrogeant les villageois, ils entendirent 2 femmes parler d'une vache perdue qui se serait égarée dans "le Dunholme". Les moines investiguèrent ce détail et découvrirent que c'était un promontoire boisé sur une boucle de la Rivière Wear, où de nos jours se trouve la cathédrale de Durham.
Les moines de Glastonbury affirmèrent que dès le 11ième siècle, ils possédaient les ossements de saint Aidan de Lindisfarne (Northumberland). Nous savons que ce n'était pas le corps entier, car il est reconnu que la moitié du corps se trouve à Iona en Écosse, et une partie du restant se trouve à la cathédrale de Durham. Saint dont le corps n'était pas entier et pourtant le plus ancien enregistré, il semble qu'Aidan est le seul saint "nordique" dont les reliques furent amenées au sud à Glastonbury par Tyccea, bien qu'apparemment pas sous la menace Viking.
Saint Bède loue hautement l'Irlandais Aidan qui fit tant pour porter l'Évangile à ses frères Anglo-Saxons. "Jamais il ne rechercha ni n'aima quoique ce soit de ce monde, mais fit ses délices à distribuer immédiatement aux pauvres quoique ce soit que rois ou riches du monde lui donnèrent. Il traversa villes et pays à pied, jamais à cheval, sauf si pressé par une urgente nécessité. Partout où il rencontrait quelqu'un, riche ou pauvre, il l'invitait, si païen, à embrasser le mystère de la Foi; ou s'il s'agissait d'un croyant, il cherchait à le renforcer dans leur Foi, exhortant par des paroles et actions pour les aumônes et bonnes oeuvres."
Il écrivit que saint Aidan "était un homme d'une gentillesse remarquable, bon et modéré, zélé pour Dieu; mais pas complètement selon la connaissance..." Par cela, Bède veut dire qu'Aidan suivait et enseignait la Liturgie et les coutumes disciplinaires des Chrétiens Celtes, qui différaient de ceux de la Chrétienté continentale romaine. Montague note qu'un des efforts de l'éducation anglo-saxonne dirigée par les moines Irlandais était que l'écriture anglaise se distinguait par son orthographe irlandaise. Aidan amena en Irlande la coutume du jeûne du mercredi et du vendredi (voir Didachè).

Dans l'art, on représente Saint Aidan en évêque avec en main le monastère de Lindisfarne et un cerf à ses pieds (parce que la tradition rapporte que sa prière rendit invisible un cerf poursuivit par des chasseurs). Il peut aussi être représenté
(1) tenant une torche allumée;
(2) donnant un cheval à un pauvre;
(3) calmant une tempête; ou
(4) éteignant un incendie par sa prière. Il est particulièrement vénéré à Glastonbury, Lindisfarne, et Whitby



Office à notre père parmi les Saints Aidan, évêque de Lindisfarne, Illuminateur de la Northumbrie (en anglais) :
http://orthodoxengland.org.uk/servaida.htm



ancienne fresque de saint Aidan


Tropaire de Saint Aidan ton 5
O saint évêque Aidan,
Apôtre du Nord et luminaire de l'Église Celtique,
Glorieux en humilité,
Noble dans la pauvreté,
Moine zélé et missionnaire plein d'amour,
Intercède pour nous pécheurs
Afin que le Christ notre Dieu accorde Miséricorde à nos âmes.



récits d'un pèlerinage à Lindisfarne ("Holy Island") et Durham (en anglais)
http://www.orthodox-iona.co.uk/pilgrimage_2006.htm




source & (c) de ces Icônes :
http://www.aidanharticons.com/western_orthodox_saints.html






nb : le 31 août, nous fêtons aussi saint Paulin de Trêves (Gaule Belgique); sainte Eanswythe de Folkestone (sainte patronne de la paroisse Orthodoxe de Rite Occidental de cette région-là); la translation des reliques de saint Columban de Luxeuil; saint Honoré de Marseilles; sainte Florentine de Digne; saint Ailhe de Rebais (Meaux); sainte Cuthburge de Wimborne; saint Victor ermite à Cambon (Nantes); saint Gauzlin de Toul; etc etc...


Page d'un évangéliaire célèbre de Lindisfarne

.

03 juillet 2008

saint Rombaut de Malines, hiéromartyr en Belgique mérovingienne

Verae divitiae sunt paupertas cupiditatum.
Les vrais riches sont ceux qui sont pauvres en désirs.
Saint Clément d'Alexandrie, Le Pédagogue, livre 2

Voilà où mène l'absence volontaire de l'Orthodoxie sur la place publique en Belgique : nous sommes affligés de spectacles pareils, où un grand saint Orthodoxe du pays est présenté en bouffon du vatican statufié comme pour jouer dans un film hollywoodien...

Car Saint Rombaut (Rombout, Rumbold, Reimbaud, Rombaud, Grimbaut, Ramwold, Rumwold, Rumoldus) est un des grands saints martyrs Orthodoxes de la Belgique mérovingienne.
Très mauvais point pour nous, hélas classique : pas d'Icône à trouver dans nos paroisses. Si un iconographe me lit et qu'il est en manque d'inspiration et en a assez de repeindre la 29.000ème copie d'une Icône d'un saint oriental existant au moins en 20 versions différentes dans chaque paroisse, voilà une piste intéressante.

Ensuite, comme pour la quasi totalité des saints Orthodoxes occidentaux d'alors, ce sont les hétérodoxes qui détiennent ses saintes reliques & lieux de pèlerinage. Il n'y a pas qu'à Constantinople, en 1204, que le catholicisme-romain a été un prédateur. Les objets ainsi volés n'ont jamais été restitués à la sainte Église. On ne le répétera jamais assez.
Et qu'en font-ils?
Du contenu doctrinal des documents volés, ils ne font strictement rien, et au mieux, c'est gardé dans des musées, hors de portée de l'Église. (Et puis nombre de nos hiérarques sont tellement épris d'oecuménisme qu'ils ne vont pas gâcher leurs mamours à exiger la restitution des biens volés par leurs chers amis, hum...)
Et les reliques? Parfois ils ont de vagues idées de ce que ça vaut, spirituellement parlant, et ils vont y demander un peu de tout – mais le matraquage anti-Chrétien est si puissant dans leur groupe que ça s'est quasiment perdu. D'où bien souvent, comme vous le voyez parfois à la télévision, quand ils ne les vendent pas en fragments, ils les laissent pourrir dans des musées, dans des églises délabrées... ou ils font des manifestations folkloriques pendant lesquelles ces saintes reliques sont traînées entre échoppes de merguez et étals de faux souvenirs médiévaux.

Une fois n'est pas coutume, je me réjouis de lire une nouvelle de "chez ces gens-là" :

Les reliques de saint Rombout sont plus anciennes qu'on ne le croyait
(RELIEK ST.-ROMBOUT OUDER DAN GEDACHT)
http://www.kerknet.be/actua/nieuws_detail.php?nieuwsID=80364

"Bruxelles (KerkNet/Pastoralia) – Vendredi 20 juni 2008 – L'archevêché [hétérodoxe] de Mechelen fête en 2009 le 450ème anniversaire de sa fondation, mais l'évangélisation de la ville avait eu lieu bien plus anciennement, et même plus anciennement que ce qui était communément admis. C'est ce qui ressort de "Pastoralia," la revue de l'archevêché de Mechelen-Bruxelles, après examen des reliques de saint Rombaut (Rumoldus), le saint patron de la ville, fêté le week-end prochain. "A la demande du département des Monuments et des Sites de la Communauté flamande, l'Institut Royal pour le Patrimoine artistique a mené entre 2004 et 2005 une nouvelle étude sur les reliques de saint Rombout." Ces analyses apportent un nouvel éclairage sur la date de son décès. Il est généralement admis, comme en atteste également l'abbé Theodorus de Sint-Truiden par ce qu'il écrit dans 'La vie de saint Rombout' (Vita Rumoldi), que le saint a été assassiné vers 775 par deux maçons. Mais l'étude de 2005 faite avec la méthode du C14 avance que cet événement se serait produit déjà entre 580 et 665 après Jésus-Christ. "C'est-à-dire que l'évangélisation de nos régions par le moine Irlandais saint Rombout n'a pas eu lieu durant la période carolingienne, mais à l'époque mérovingienne, donc avant saint Willibrord." Cela signifie donc aussi que saint Rombout a été un contemporain de Grégoire le Grand qui fut pape de Rome de 590 à 604."



*-*-*-*-*-*-*


Tropaire de saint Rombaud ton 4
Venu des brumes de la verte Irlande
Pour dissiper les brumes de l'impiété
Tu évangélisas, père Rombaut,
Et reçus le don des miracles.
Et si les méchants auxquels tu reprochais
Leurs méfaits et leurs vices
Finirent par tuer ton corps
Ils ne purent tuer ta grande âme
Qui fut reçue par Dieu dans le sein d'Abraham



SAINT ROMBAUD, ÉVÊQUE ET MARTYR (+ 775 ?)
Le martyrologe romain mentionnait ceci :
"A Malines, en Brabant, la passion de saint Rombaud, évêque de Dublin et martyr, fils d'un roi d'Ecosse (+ 775)"
Le 24 juin est son "Dies Natalis", il est aussi fêté les 1er et 3 juillet. Notons aussi que c'est une version du martyrologe réalisée par Baronius, donc 4 siècles après le Schisme. On ne doit jamais faire confiance à ces gens-là, on ne peut pas s'y fier, et la science vient à nouveau de nous le démontrer. Soit dit en passant, c'est là aussi que gît le problème des "paterikon" qui ont été réalisés en prenant pour argent comptant ce que contiennent les ouvrages catholiques-romains parlant de saints Orthodoxes, d'Occident comme d'Orient.

L'abbé Theodorus (Thierry) de Saint-Trond (+ 25 avril 1107) nous a laissé une courte Vie de saint Rombaud qui est la source la plus complète que nous possédions sur ce saint (Vita S. Rumoldi martyris ou Vita Rumoldi Mechliniensis). D'après la préface, Thierry composa cette biographie à la prière d'un certain Gérard et d'autres moines de Saint-Trond;
et il ne fit que se servir de 2 anciens documents dont il changea le style, en introduisant cependant dans le corps de l'ouvrage des faits que repousse une bonne chronologie, et des extraits de l'Écriture Sainte; le chartreux (hétérodoxe) Surius en a donné son édition, ainsi que les jésuites bollandistes et les bénédictins (hétérodoxes). Nul monastère Orthodoxe n'en possède le manuscrit original. C'est donc une source qui est postérieure au Schisme romain que nous avons, et il n'est pas du tout innocent, au vu de la découverte scientifique de la nette antériorité du saint, que de voir qu'après ce Schisme maudit, on ait fait de saint Rombaut un Carolingien "sous les ordres de saint Willibrord" – car en effet ce dernier avait fait allégeance contre nature à un empereur qui n'était déjà plus Orthodoxe. Il fallait donc placer fictivement la Belgique sous dominium hétérodoxe... l'hagiographie est très pratique pour ce faire... quand les siècles se sont écoulés, il n'y a plus moyen d'interroger les témoins, et la destruction systématique des anciennes sources vient achever le travail funeste. Heureusement que des pièces ont échappé de ci de là, qui nous ont permis de savoir le passé intégralement Orthodoxe de nos ancêtres!

Theodorus n'a bien entendu pas tout inventé, et la vénération existante pour tout martyr était valable pour saint Rombaut et datait déjà de longtemps avant. Voici ce qu'il nous en dit : il nous présente saint Rombaut comme un Scot, à savoir à l'époque un Irlandais, ce dont doutent certains historiens modernes, pensant qu'il était Anglo-Saxon. Saint Rombaut quitta le monde dès sa jeunesse pour embrasser la pauvreté volontaire; convaincu que tout ce qui excède les besoins de la nature est un fardeau pesant et dangereux, il s'interdit l'usage de tous les plaisirs. Entraîné par le désir du martyre blanc – le martyre de l'éloignement, partir prêcher au loin sans espoir de retour sur la terre natale chérie - , il partit pour Rome en annonçant l'Évangile sur sa route. Après avoir vénéré le tombeau des Apôtres – but "classique" chez les saints d'Irlande - , il fut poussé en songe à revenir via la Gaule française jusqu'en Belgique et se fixa dans un ermitage auprès de Mechelen (Malines). Il s'y trouva sous la protection du comte Adon, dont la femme se désolait de ne pas avoir d'enfant. Rombaud lui promit qu'elle aurait un fils. Quand il naquit, Rombaut le baptisa et lui donna le nom de Libert – futur saint Libert de Mechelen, martyr. Un jour que cet enfant jouait sur le bord de l'eau, il glissa et se noya. Rombaud le ressuscita et le rendit à ses parents qui, en reconnaissance, donnèrent à l'ermite un domaine dans lequel il fonda un monastère. Rombaut établit la Foi du Christ à Malines et dans les lieux du voisinage, avec tant de zèle et de fatigues, qu'il a mérité d'être nommé l'apôtre de Malines. Souvent il interrompait les activités extérieures de son ministère pour aller se recueillir dans la solitude. Son apostolat fut interrompu brusquement : 2 scélérats, dont un adultère, auxquels il avait reproché leurs vices, l'assassinèrent le 24 juin 775 et, pour cacher leur crime, le jetèrent à la rivière. On sait à présent que penser de l'année mentionnée. Le corps fut cependant miraculeusement découvert et enterré par les soins du comte Adon, dans l'église de Saint-Étienne, l'église abbatiale, qui reçut bientôt le nom de Saint-Rombaud, témoignage de l'ancienneté du culte et de son fondement. On transféra par la suite ses reliques dans une église qui lui est dédiée à Malines. Le monastère devint une collégiale, puis on quitte l'Orthodoxie et le Salut, on passe au catholicisme-romain. Après usurpation et annihilation des occupants légitimes des lieux, les nouveaux maîtres y sont encore de nos jours, 10 siècles plus tard.
Quant aux saintes reliques, après la disparition de l'Orthodoxie en nos régions, elles ont connu divers sorts.
Le 3 avril 1369, elles furent déposées dans une châsse d'argent doré. Mechelen fut érigée en "métropole" par le chef du vatican Paul 4, en 1559, qui créa un "archevêché" de Malines. La châsse de 1369 fut fondue en 1578 pendant les guerres inter-hétérodoxes qui ensanglantèrent la Belgique et les Pays-Bas. Cette perte fut réparée en 1631, au moyen d'une seconde châsse en argent; elle fut enlevée en 1794, à la seconde invasion des armées françaises, et portée à la monnaie de Bruxelles pour satisfaire aux exactions de l'ennemi athée. Enfin, en 1825, à l'occasion du jubilé semi-séculaire hétérodoxe qui fut célébré à Malines, le diocèse hérétique contribua par des dons "volontaires" (récoltés grâce aux "indulgences" pour ne pas aller en enfer ou au "purgatoire"...) à la confection d'une nouvelle châsse d'argent qui existe encore aujourd'hui.


L'anniversaire de la mort du saint tombant le jour de la fête de saint Jean le Baptiste et Précurseur, on reporta sa fête au jour octave. Au 9ième siècle, les litanies de Cologne, Bavière et Paris mettent saint Rombaud au nombre des saints, mais s'il ne figure dans aucun des anciens martyrologes, la dédicace du monastère combinée à ces Litanies sont garantes de la réalité et de la sainteté du personnage.
En iconographie, on le représentait :
1° ayant une couronne sur la tête, parce qu'il serait le fils d'un seigneur Scot (écossais ou irlandais);
2° rendant la vie au jeune comte de Mechelen qui était noyé depuis 3 jours;
3° prêchant dans un bois;
4° venant en France et guérissant un aveugle;
5° guérissant un possédé;
8° faisant bâtir un monastère;
9° protégeant par ses prières une moniale enlevée par des pirates (vikings?);
10° faisant sortir de la terre, en la frappant de sa crosse, une source d'eau vive;
11° assommé à coup de pioche, de pic, de hache et de massue par des ouvriers qu'il employait à la construction de son église et qu'il avait blâmés pour leur inconduite;
12° retrouvé dans l'eau par suite d'une lumière miraculeuse qui s'était élevée au-dessus de la place où son corps avait été jeté par ses meurtriers.


Liturgie pour la fête de Saint Rombaut (ancien rite romain)
Collecte

Que la glorieuse intercession du bienheureux Rombaut, Ton évêque et martyr, Seigneur, attire sur nous la faveur de Ta majesté, en sorte que nos incessantes fautes de faiblesse soient couvertes par sa prière continuelle. Par notre Seigneur.

09 juin 2008

Saint Columba d'Iona - Prières, iconographie, photos + Vie par l'archimandrite John


croix d'Iona, ancienne gravure


Vie de saint Columba d'Iona,
par l'archimandrite John

http://www.nireland.com/orthodox/columba.htm
Saint Columba aurait reçu 2 prénoms de Baptême, signifiant respectivement "colombe" (latinisé en "Columba") et "loup". Si cette histoire est véridique, la manière dont on l'a nommé était fortement prophétique et annonçait son caractère. Bien que saint Ninian y soit passé 2 siècles avant lui, saint Columba est un des plus grands Apôtres de l'Écosse - et par ses disciples, du nord de l'Angleterre.

Il vécut selon le système du monachisme Celtique, qui avait été établit en Occident par saint Martin de Tours, et qui ressemblait plus à celui de saint Antoine le Grand et des moines originels du désert d'Égypte qu'à la règle Bénédictine postérieure, à laquelle sera soumis tout le monachisme occidental ultérieur. [ndt: après dénaturation de la Règle sous les Carolingiens et imposition par les armes de la version affadie..]

Columba et Finbar

Saint Columba est un personnage encourageant, parce qu'il eut à vaincre en lui-même d'énormes obstacles vers la sainteté. C'était un fier Irlandais, de race royale, et il semble qu'il avait un fameux sale caractère. Bien qu'il fut archevêque d'Écosse, il passa les premières 40 années de sa vie dans son Irlande natale. Il naquit en 521; vu sa parenté, il aurait dû avoir une chance d'être élu grand roi d'Irlande; mais avant d'avoir grandit, il renonça à cette possibilité en faveur du service de Dieu. A 19 ans, il alla à l'école chez saint Finbar, un grand érudit ayant une énorme collection de livres, qu'il gardait jalousement. Son principal trésor était connu comme "l'Évangéliaire de Saint Martin"; et saint Columba (qui selon ses propres mots souhaitait "rechercher dans tous les livres ce qui serait bon pour toute âme") était très envieux d'en obtenir une copie, mais il n'osa pas demander la permission à son propriétaire pour en réaliser une.

Plus tard, il sera choisit par saint Finnian pour être un de ses 12 Apôtres d'Irlande et y fonder son premier monastère. En tout, il sera le fondateur d'une centaine de monastères en Irlande et Écosse, y compris celui où le Livre de Kells sera réalisé.

A l'âge de 40 ans, saint Columba retourna chez son vieux maître, Finbar; et pendant qu'il était là, son désir pour une copie de "l'Évangéliaire de saint Martin" lui fit perdre toute mesure. Il se mit à l'emprunter secrètement la nuit, pour le retranscrire. Finbar découvrit ce qui se passait pendant qu'il dormait et réclama la copie comme étant sienne. Le tempérament de Columba se réveilla. Il répondit que rien ne parviendrait à lui faire donner le manuscrit, et conseilla Finbar de faire porter le cas en jugement auprès du grand roi. Ainsi fut-il fait. Mais le roi, contre toute attente, ne tint pas compte du rang de Columba dans le pays, et rendit un verdict en faveur de Finbar : "A chaque vache, appartient son veau, et à chaque livre, sa copie". Columba devint furieux. On rapporte qu'il rentra chez lui, rameuta tout son clan pour attaquer les forces du roi, et il les aurait personnellement guidés vers une victoire sanglante dans laquelle quelque 3.000 vies furent perdues. L'époque était sauvage; les moines et même les femmes d'Irlande prenaient part aux guerres; et Columba dût probablement présenter ce combat comme une lutte pour un principe de justice.

Mais après la bataille, il partit chez son "ami de l'âme" (anamchara) ou confesseur, qui, en pénitence, lui dit de partir en exil loin de sa terre bien-aimée, vers un pays d'outre-mer qui plus tard sera appelé Écosse. C'est là qu'il devait se rendre, et y gagner le plus d'âmes possible pour le Christ, au moins autant que ce qui avait été perdu dans la bataille.

En Exil

Columba hissa la voile en 563, à l'âge de 52 ans, et s'installa à Iona, d'où il étendra ses activités missionnaires très loin et intensivement. Il pénétrera lui-même avec quelques accompagnateurs dans le pays hostile et convertira le roi des Pictes dans sa forteresse près d'Inverness.

Mais l'esprit de fierté et de rivalité n'était pas encore mort en Columba; il y a une histoire d'une âpre course entre lui et saint Moluag, dans 2 bateaux, pour la possession de l'île de Lismore; quand saint Moluag vit qu'il était occupé à perdre, il prit une hache, coupa son petit doigt, et le jeta sur le rivage à quelque distance, hurlant "ma chair et mon sang ont prit en premier possession de l'île, et je bénis le Nom du Seigneur." Sur ce, Columba se mit à vociférer diverses malédictions à l'encontre de l'occupation de Moluag.

Celui lui prit toute sa vie pour parvenir à conquérir complètement le prince fier et violent qui l'habitait - mais il y parvint; ou Dieu le fit.. Regardons un peu ce que Dieu fit de ce matériau plutôt récalcitrant et peu prometteur.

Adamnan, un de ses parents et biographes, et successeur comme abbé d'Iona, nous rapporte que Columba ne laissa jamais passer une heure sans s'appliquer lui-même à la prière ou au travail manuel ou à la lecture ou à l'écriture - et il réalisa un grand nombre de copies des Évangiles. Pourtant son domestique le trouva un jour d'hiver occupé à pleurer, parce que ses frères étaient surchargés. On nous parle d'un homme "avide et très voleur" qui voulu faire une expédition sur l'îlot où vivaient les phoques de la communauté (les phoques étaient utilisés tant pour la nourriture que pour l'huile afin de s'éclairer); il fut capturé et renvoyé chez lui avec un mouton comme cadeau pour ne pas avoir pris les phoques. Le saint essaya de le détourner de la tentation en lui envoyant par la suite encore de la nourriture - quel changement par rapport au farouche et vengeur Columba des jours anciens!

Nuit et jour, dit Adamnan, il était si occupé, sans interruption, dans les jeûnes et les Vigiles, que le fardeau d'une seule de ces occupations pourrait sembler au-delà de l'endurance humaine. Il avait un lit et un oreiller de pierre. Mais au milieu de tout cela, toujours agréable et d'une sainte expression au visage, il était réjouit par la joie de l'Esprit Saint. Bien que si strict envers lui-même, il faisait preuve de la plus grande douceur et gentillesse envers les autres, prenant soin des problèmes corporels et spirituels de ceux qui venaient à lui.

On nous rapporte qu'avec ce sens commun caractéristique des Saints, il dissuada une femme Picte de quitter son mari et sa famille pour devenir moniale. On le retrouve aussi prenant soin des animaux, comme les saints de nombre de nations, donnant des instructions spéciales à ses frères pour prendre soin d'une grue (héron) qui s'était affalée sur le rivage, épuisée par son vol depuis l'Irlande. Il ne put supporter qu'on éloigne de lui le cheval de trait blanc de la communauté, qui était venu lui montrer son affection peu avant sa mort.

Leçon à en retirer

Nous pouvons apprendre de saint Columba à ne pas nous décourager si les tentations et les faiblesses de caractères persistent, ou reviennent après un certain temps, et continuent à accaparer le plus de nous-même; c'est précisément dans nos faiblesses que Dieu peut nous rendre forts. A travers le Christ, Il peut me rendre extrêmement fort dans des domaines où à présent je suis justement si déplorablement faible. Il le fit avec saint Columba, une forte tête, un fier et violent noble, qui devint un paisible vieillard, doux et humble de coeur comme son Maître.

Source: Orthodox Outlook, Vol. I, No. 7 (June 1987).



"Seul avec nul autre que Toi, mon Dieu,
Je parcours ma route;
Que craindrais-je, quand Tu es avec moi,
Oh Roi de la nuit et du jour?
Je suis bien plus en sécurité en Ta main,
Que si une armée entière m'escortait.
"
Saint Columba d'Iona.


source & (c) Aidan Hart icons
http://www.aidanharticons.com/western_orthodox_saints.html



"Mon très doux Seigneur,
Sois une flamme vive devant mes pas,
Sois une étoile me devançant et guidant,
Sois un doux chemin sous mes pas,
Sois un bon berger veillant sur moi,
Aujourd'hui et à jamais.
"
Saint Columban


Prophétie de saint Columba "La Force"
[..] Ce vent (romain), qui soufflera sur nous pendant un certain temps,
Et qui nous forcera à nous dévier du vrai chemin;
C'est par l'influence de ce même vent d'Est,
Que tous les Gaëls seront ruinés!

Je pense que cela durera longtemps avant que le Roi fils de Isaac / Saxon
(jeu de mot intraduisible),
Vienne par la mer, et pas par amour pour lui;
Mais du fait de sa venue, le CHRIST,
Les étrangers seront expulsés d'Irlande par ma parenté.
"
Saint Columban


"Nous savons avec certitude que Columba a laissé des successeurs remarquables par leur pureté de vie, leur amour de Dieu, et leur loyauté envers les règles de la vie monastique."
Saint Bède le Vénérable



A (re)lire :

Saint Columba d'Iona, Apôtre des Scots et formateur de nos ré-évangélisateurs des 7-9ème siècles
http://stmaterne.blogspot.com/2007/06/saint-columba-diona-aptre-des-scots-et.html


Règle de saint Columba d'Iona :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/rgle-de-saint-columba-diona.html



Gartan, Donegal : photo du lieu de naissance de saint Columba
http://www.a-wee-bit-of-ireland.com/eire_2007/gartan_05.html

Les amis Orthodoxes d'Iona : http://www.orthodox-iona.co.uk/




Le héron venu d'Irlande
http://en.wikisource.org/wiki/A_Book_of_Saints_and_Wonders/Columcille

Un jour que Columba (Columcille) vivait sur l'île de Hil (Iona), il appela un des frères et dit : "Au matin du 3ème jour, descend et va vers la rive à l'ouest de l'île, car à la 9ème heure arrivera un étranger, un héron venant du nord de l'Irlande, qui a été bousculé par les vents et porté jusqu'ici, et qui gisera sur la plage, épuisé et vidé. Et ramène-le dans quelque proche maisonnée," dit-il, "où il recevra bon accueil, et où tu pourra en prendre soin et le nourrir durant 3 jours et 3 nuits. Et quand il sera restauré," dit-il, "par les 3 jours de repos et n'aura plus envie de rester avec nous, il s'envolera vers le magnifique coin d'Irlande d'où il arriva. Et je confie cet oiseau à tes bons soins," dit-il, "parce qu'il provient de notre propre pays." Et le frère fit ce qu'il lui avait prié de faire, et il soigna le héron. Et à la fin du 3ème jour, le héron s'éleva dans les airs, et plana sur place un temps, comme cherchant à s'orienter vers chez lui. Puis il repartit à travers la mer vers l'Irlande, tout aussi droit qu'il est possible de voler en un jour calme. Car l'Irlande ne quittait jamais l'esprit de Columba, et il avait l'habitude de dire "Les Gaëls me sont plus chers que n'importe qui au monde."

L'Irlande lui était plus chère que tout autre lieu.

Columba composa un jour cette hymne, à la louange de l'Irlande:
"Ô Fils de mon Dieu, il serait merveilleux de voguer sur les vagues de la marée montante; sur le Loch Neach, sur le Loch Febhail, au delà de Beinn Eigne, cet endroit que j'avais l'habitude d'entendre résonner du chant des cygnes. La nuée des goélands m'adresserait une chorale de sa musique lancinante, si mon curragh, la Rosée Rouge, devait venir mouiller au port de la joyeuse colère.

Je suis comblé de richesses si j'y pense assez fort, aspirant après l'Irlande, dans le pays étrange où j'ai abouti par hasard et me suis épuisé. Quel malheureux voyage qui m'a été imposé, Ô Roi des mystères!

Qu'il est heureux, le fils de Dima, fils de la fidèle Église, quand il écoute en Durrow le désir de son esprit; le bruit du vent contre les ormes; le rire du merle battant des ailes; écouter lorsque se lève le jour le meuglement du bétail à Rigrencha, écouter au début de l'été le chant du coucou dans l'arbre.

Il y a trois choses qui me sont les plus chères dans tout ce monde peuplé, Doire, et Doire-Ethne, et Doire la haute terre des Anges. Ma visite à Comgall, ma fête avec Cainnech, tout cela m'est doux comme le miel. J'ai aimé l'Irlande dans ses eaux et rivières, et tout ce qui s'y trouve, sauf ses gouvernants.
"
in : "A Book of Saints and Wonders," par Lady Gregory




tableau très anachronique, la tenue du saint étant celle d'un prélat du vatican, quelques siècles plus tard.. et saint Columba n'ayant jamais eu la moindre relation avec Rome, et pour cause! C'est par ce genre d'imagerie fausse qu'on insuffle dans l'esprit des gens des mensonges, petit à petit... les éloignant du chemin du Christ.. comme le prédisait saint Columba!
source wikipedia

27 mars 2008

Carême à l'irlandaise! (humour)

http://www.orthodox.net/greatlent/irishlent.html
la guiness, c'est l'Irlande, c'est bon


Un Irlandais venait de déménager et de s'installer dans un petit hameau du Comté de Kerry; un jour, parcourant le village, il entre dans le pub et commanda 3 bières. Le tenancier haussa le sourcil mais servit les 3 bières, que l'homme but tranquillement, seul à sa table. Le lendemain soir, l'homme revint et recommanda la même chose et but donc ses 3 bières tout seul. Bientôt tout le patelin commença à murmurer à propos de L'Homme Qui Commande Trois Bières.
Pour finir, une semaine plus tard, le tenancier aborda le sujet de la part de la communauté. "Je ne voudrais pas avoir l'air indiscret, mais les gens ici se demandent pourquoi vous commandez toujours 3 bières pour les boire seul."
"C'est un peu étrange, je n'en disconviens pas" répondit l'homme. "Voyez-vous, j'ai 2 frères, un est en Amérique et l'autre est parti en Australie. Nous nous sommes promis les uns les autres de toujours commander 2 bières supplémentaires, à chaque fois que nous en consommerions, une manière de garder le lien familial."
Le tenancier et tout le patelin furent satisfaits de sa réponse et de son sens de la famille, et bien vite l'Homme Qui Commande Trois Bières devint une célébrité locale et une source de fierté pour le hameau.
Un jour, l'homme entra dans le pub et ne commanda que 2 bières. Le tenancier les lui servit, mais avec le coeur lourd. Cela continua le restant de la soirée... 2 bières de commandées à la fois..
La nouvelle fit rapidement le tour du village. Des prières furent dites pour l'âme d'un des frères. Le lendemain, le tenancier dit à l'homme : "les gens d'ici, et moi en premier, nous vous présentons nos plus sincères condoléances pour le décès d'un de vos frères, vous savez – 2 bières seulement..."
L'homme réfléchit un moment, puis répondit : "vous serez tous heureux d'apprendre que mes 2 frères sont vivants et se portent comme un charme. C'est juste qu'en ce qui me concerne, j'ai décidé de cesser de boire de la bière pendant le Carême."



17 mars 2008

Saint Patrick, Illuminateur de l'Irlande (hymne de saint Fiacc, Horologion, homélie médiévale,...)



Saint Fiacc: Hymne sur la Vie de saint Patrick
http://www.voskrese.info/spl/fiacc.html
Langue originelle : Vieil Irlandais.
NOTE DE L'EDITEUR : "L'Hymne de Fiacc est une des rares sources primaires reconnues concernant la vie de saint Patrick, en dehors de ses propres écrits. Bien que sa date exacte de composition soit encore discutée, il est hors de doute qu'elle soit extrèmement ancienne, un document de l'Eglise Celtique d'avant les invasions Vikings. La tradition l'attribue au barde Fiacc du 5ième siècle, qui apparaît aussi comme personnage dans certaines légendes au sujet de Patrick; certains érudits modernes pensent que cela fut composé plus tard, au 7ième voire au 8ième siècle. -- N. Redington."
note du traducteur : ces érudits modernes qui doutent post-datent simplement le document en se basant exclusivement sur.. les notes marginales du 8ème siècle contenues dans le plus ancien manuscrit survivant. Notes qui sont plus récentes que cette copie. Sans commentaire.

1. Patrick naquit à Emptur:
C'est ce que l'histoire nous apprend.
Un enfant de 16 ans (qu'il était)
Lorsqu'il fut emmené dans les liens.

2. Succat était son nom, nous dit-on;
Celui qui était son père, voici qu'on nous dit:
Il était fils de Calpurn, fils d'Otidus,
Petit-fils de Deochain Odissus.

3. Il demeura 6 ans dans l'esclavage;
De la nourriture humaine, il ne mangea pas.
Cothraige était son surnom,
Parce comme esclave, il servait 4 familles.

4. Victor dit à l'esclave de Milcho:
"Toi, pars sur la mer:"
Il plaça son pied sur le *leac* [pierre]
Sa trace demeure, elle ne disparaît pas.

5. Il l'envoya traverser les Alpes;
Vers le merveilleux outre-mer était son voyage,
Jusqu'à ce qu'il demeure avec Germain dans le sud,
Dans la Letah du sud.

6. Dans les îles de la Mer Thyrrhene il resta;
En celles-là il médita :
Il lut le canon avec Germain:
C'est ce que l'histoire nous apprend.

7. En Irlande il fut ramené
En vision par les Anges de Dieu:
Souvent par une vision il était
Appelé pour y retourner à nouveau.

8. Le Salut pour l'Irlande
C'était l'arrivée de Patrick à Fochlaidh;
Au loin avait été entendu le son
De l'appel des enfants de Caill-Fochladh.

9. Ils priaient afin que le saint vienne,
Afin qu'il revienne de Letha,
Pour convertir le peuple d'Erin
De l'erreur à la vie.

10. Les Tuatha d'Erin prophétisaient

Qu'un nouveau royaume de Foi viendrait,
Qu'il durerait à jamais:
La terre de Tara serait une étendue silencieuse.

11. Les druides de Loegaire ne lui dissimulèrent pas
La venue de Patrick;
Leur prophétie se vérifia
Concernant le royaume dont ils avaient parlé.

12. Patrick marcha dans la piété jusqu'à sa mort :
Il fut puissant pour extirper le péché :
Il leva ses mains en bénédiction
Sur les tribus des hommes.

13. Les Hymnes, et l'Apocalypse, et les 3 fois 50 [=Psaumes]
Il avait l'habitude de chanter;
Il prêchait, baptisait et priait;
De louer Dieu jamais il ne s'arrêtait.

14. Le froid du temps ne le retenait pas
De passer la nuit dans les marais :
Par le Ciel son royaume était protégé;
Il prêchait de jour sur les collines.

15. A Slan, dans le territoire de Benna-Bairche,
Faim ou soif ne le possédaient pas.
Chaque nuit il chantait 100 Psaumes,
Pour adorer le Roi des Anges.

16 Il dormait sur la pierre nue,
Et une couverture humide sur lui;
Un caillou était son oreiller;
Il n'autorisait aucune chaleur à son corps.

17. Il précha l'Evangile à tous;
Il accomplit de grands miracles à Letha;
Il guérit les estropiés et les lépreux;
Le mort il rendit à la vie.

18. Patrick prêcha aux Scotts:
Il endura de grandes oeuvres à Letha:
Avec lui viendra au Jugement
Quiconque il aura amené à la vie de la Foi.

19. Les fils d'Emer, les fils d'Eremon,
Virent tous à Cisal,
Vers la demeure de Satan --
Ils furent avalés par les profondes abysses,

20. Jusqu'à ce que l'apôtre vint à eux :
Il vint malgré la tempête faisant rage :
Il prêcha, 30 ans durant,
La Croix du Christ aux tribus de Feni.

21. Sur la terre d'Erin étaient les ténèbres;
Les Tuatha adoraient les sidhi;
Ils ne croyaient pas
Dans la vraie Divinité de la vraie Trinité.
22. A Armagh est la souveraineté;
Cela fait longtemps qu'Emain est passé;
Une grande église est à Dun-Lethglasse;
J'aurais aimé que Tara ne soit pas un désert.

23. Patrick, quand il fut dans la maladie,
Desira aller à Armagh:
Un Ange vint le rencontrer sur la route
Au milieu de la journée.

24. Patrick vint au sud rencontrer Victor;
C'est là qu'il avait à le rencontrer;
Le buisson dans lequel était Victor, était embrasé;
De dedans la flamme (l'Ange) parla.

25. Il dit: Ta dignité (sera) à Armagh;
Adresse tes remerciements au Christ;
Au Ciel tu va aller;
Ta prière a été exaucée.

26. L'hymne que tu as choisie dans la vie
Sera une cuirasse de protection pour tous.
Autour de toi au Jour du Jugement
Les gens d'Erin viendront en jugement.

27. Tassach resta après lui (à Sabhall),
Lui ayant donné la Communion :
Il dit que Patrick reviendra :
La parole de Tassach ne fut pas fausse.

28. Il (Saint Patrick) mit un terme à la nuit;
La lumière ne cessa pas avec lui :
Jusqu'à la fin de l'année fut la clarté;
Ce fut un long jour de paix.

29. A la bataille livrée autour de Beth-horon
Contre les Cananéens par le fils de Nun,
Le soleil s'arrêta à Gaboan;
C'est ce que l'Ecriture nous apprend.

30. Le soleil demeura avec Josué jusqu'à la mort des maudits :
C'est en effet ce qu'il convenait;
Encore plus convenait-il qu'il y ait cette clarté
A la mort des saints.

31. Le clergé d'Erin vint de toute part
Pour veiller autour de Patrick;
Le son de l'harmonie tomba sur eux du dessus
Et ainsi ils dormirent enchantés en chemin.

32. De son corps, l'âme de Patrick
Fut séparée après les douleurs;
Les Anges de Dieu durant la première nuit
Tinrent leur choeur autour de lui sans discontinuer.

33. Quand Patrick partit (de la vie)
Il rendit visite à l'autre Patrick;
Ensemble ils montèrent
Vers Jésus, Fils de Marie.

34. Patrick, sans arrogance ni fierté,
Grande était sa bonté, qu'il se proposait à lui-même,
D'être au service du Fils de Marie;
Bienheureuse est l'heure en laquelle Patrick naquit.




source
Beannachtaí na Féile Pádraig duit !
(Bénédictions de la fête de Patrick à toi!)



jeu de mot : en anglais, "to drive out" a double signification selon le contexte - chasser/éloigner de ou conduire hors de. La Vita de saint Patrick nous rapporte qu'il chassa les serpents hors de l'île, et le facétieux dessinateur prend l'autre signification du terme anglais... et nous voilà avec un Patrick affublé d'un ridicule costard de ponte du vatican (mais en vert tout de même) avec des serpents dans sa bagnole qui lui demandent si "c'est encore loin.. on y est déjà?.. je dois aller aux toilettes... je me sens mal..." les classiques du voyage familial ;-)



La Saint Patrick, ça se fête à l'irlandaise! - mais avec modération, fête ou pas...( page offrant de plus la photo de la cloche-relique de saint Patrick, etc)



Saint Patrick, Illuminateur de l'Irlande (v. 461)
http://www.abbamoses.com/months/march.html
"Saint Patrick, l'Apôtre des Irlandais, fut enlevé dans sa Bretagne natale par des pirates Irlandais, alors qu'il était âgé de 16 ans. Bien qu'étant fils d'un diacre et petit-fils d'un prêtre, ce ne fut pas avant sa captivité qu'il se mit à chercher le Seigneur de tout son coeur. Dans sa "Confession," le testament qu'il écrivit vers la fin de sa vie, il dit : "Mais, lorsque je fus arrivé en Irlande - je faisais paître le bétail chaque jour et je priais souvent dans la journée -, l'amour de Dieu et sa crainte m'envahirent de plus en plus, ma Foi grandit. Mon esprit se laissa conduire, de sorte que je faisais environ 100 prières en un seul jour et à peu près autant de nuit, aussi bien quand je demeurais dans les forêts que sur la montagne, que je me levais avant le jour pour prier, dans la neige, gel et pluie, que je ne ressentais aucun mal."
Après 6 ans d'esclavage en Irlande, il fut guidé par Dieu pour réussir à s'échapper, et ensuite il mena le combat de la vie monastique à Auxerre, en Gaule (France), sous la guidance du saint évêque Germain. Nombre d'années plus tard, il fut ordonné évêque et renvoyé en Irlande, vers l'an 432, afin de convertir les Irlandais au Christ. Ses labeurs acharnés portèrent tant de fruit qu'endéans les 7 ans, 3 évêques furent envoyés de Gaule afin de l'aider à paître son troupeau, "mes frères et mes fils, ces milliers d'hommes que j'ai baptisés dans le Seigneur," comme il rapporte dans sa Confession.
Son oeuvre apostolique ne fut pas accomplie sans beaucoup de fatigue et de peine, de longs voyages à travers un pays difficile et de nombreux périls. Il dit que sa vie a été mise en danger à 12 reprises. Lorsqu'il arriva en Irlande, comme son illuminateur, c'était un pays païen. Lorsqu'il acheva sa vie terrestre quelque 30 ans plus tard, vers 461, la Foi en Christ y était partout établie." (Grand Horologion)
L'oeuvre de saint Patrick et de ses frères a été qualifiée de l'aventure missionnaire la plus réussie dans l'histoire de l'Église. Il est dit que saint Patrick chantait le Psautier en entier chaque jour.



Tropaire de saint Patrick ton 4

Tu es hautement glorifié, O Christ notre Dieu /
Qui a établit notre père Patrick /
comme Illuminateur de l'Irlande et porte-flambeau sur la terre, /
et par lui Tu guides une multitude vers la vraie Foi /
O Seigneur Miséricordieux, gloire à Toi


(autre tropaire, de l'ancien site du monastère des saints Elie et Elisée :)
Tropaire de saint Patrick ton 4:
Comme docteur et pasteur suprême, Saint Patrick, tu as montré le chemin qui mène vers la vie ; et, comme chef d'Eglise, tu as illuminé ta patrie ; l'ayant fait renaître par l'Esprit-Saint, tel un olivier au paradis spirituel, en Sainteté tu as fait croître tes enfants ; c'est pourquoi, te vénérant comme le compagnon des Apôtres et des Pontifes Saints, nous te prions d'intercéder auprès du Christ Dieu pour qu'il accorde à nos âmes la grâce du Salut.

Tropaires & Kondakion en anglais, avec partitions
http://oca.org/PDF/Music/March/0317.tro.patrick.obikhod.pdf
http://oca.org/PDF/Music/March/0317.tro.patrick.grchant.pdf
http://oca.org/PDF/Music/March/0317.kon.patrick.obikhod.pdf
http://oca.org/PDF/Music/March/0317.kon.patrick.grchant.pdf
HT : Galina

Office byzantin à saint Patrick, Apôtre de l'Irlande, en grec, par le protopsaltis Panagiotis Somalis
Il est demandé à celles et ceux qui célèbreront cet Office de bien vouloir y commémorer pour Panagiotis les personnes suivantes :
a. son défunt père Michael, partit pour le Royaume Eternel le 21/2/2005
b. l'évêque de Telmessos, mgr Hristoforos, qui a été 8 ans évêque auxiliaire à Londres et son père spirituel durant leur séjour commun en Angleterre.



Sur saint Patrick, Homélie médiévale en vieil-irlandais
Ce que Dieu a accomplis comme prodiges et miracles pour le saint Patrick, il y en a beaucoup trop à compter ou raconter; car on en a écrit 67 livres, et cependant tout ne s'y trouve pas.
Voilà pourquoi Patrick a été comparé aux patriarches, car au départ (il fut) un véritable pèlerin, tel Abraham; doux, pardonnant, tel Moïse; un psalmiste de la louange de Dieu, il en fut un comme David fils de Jessé; un puits de sagesse, tel Salomon; un vase d'élection pour proclamer la vérité, tel l'Apôtre Paul; un homme plein de la grâce et de la bonté du Saint Esprit, tel Jean fils de Zébédée; un lion plein de force et de courage pour amener les impies et les méchants du monde à la Foi; un serpent en habileté et prudence pour faire face à toute attaque; une colombe, doux et gentil dans les désirs du coeur et parfait en paroles et justes en actes; un laborieux serviteur du Créateur quant à la piété et l'humilité, et l'instruction en tout bienfait, comme beaucoup le rapportent.
Voilà, telle était la règle de sa piété, à savoir qu'il avait l'habitude de chaque jour chanter tous les psaumes avec leurs hymnes et cantiques et l'apocalypse et les autres prières. Il baptisait, prêchait, et célébrait les Heures comme il convenait; il offrait le Corps du Christ et Son Sang. Il traçait le Signe de la Croix sur son visage des centaines de fois d'une heure (canonique) à l'autre. Pendant la première veille de la nuit, il chantait cent psaumes et accomplissait 200 génuflexions. Au cours de la seconde veille, (il avait coutume de se tenir) dans l'eau froide; pendant la troisième veille, dans la contemplation; pendant la quatrième veille, sur la terre battue, avec une pierre sous sa tête et et une couverture humide sur lui. Il ordonnait, donnait l'onction et consacrait. Il bénissait et guérissait les lépreux, aveugles, muets, sourds, estropiés, et les gens affligés de toutes autres maladies. Il chassait les démons; il ramenait des morts à la vie.........
Et bien que grand soit encore son honneur parmi les hommes, son honneur sera encore plus grand à la rencontre du Jugement dernier, où il sera comme tous les principaux Apôtres, et passera en jugement les hommes d'Irlande à qui il a prêché. C'est là qu'il brillera comme le soleil dans la compagnie des saints et des saintes vierges du monde; dans la compagnie des patriarches et des prophètes; dans la compagnie des apôtres et disciples de Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant; dans la compagnie des 9 ordres des Cieux qui n'ont pas transgressé; dans la compagnie de l'humanité de Jésus-Christ Fils de Dieu; dans la compagnie qui est plus noble que toute (autre) compagnie: dans la compagnie de la sainte, noble, vénérable Trinité, Père et Fils et Saint Esprit.
J'implore la miséricorde de Dieu à travers l'intercession de Patrick! Puissions-nous tous parvenir à cette compagnie, puissions-nous la mériter, puissions-nous y demeurer, in saecula saeculorum Amen !
Trois homélies en moyen-irlandais sur les vies des saints Patrick, Brigitte et Columba. Édité par Whitley Stokes, 1877, p.44-45, 50

HT: Bridget!