"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes.
Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
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09 juin 2014
Que connaissons-nous du Saint Esprit? (Lundi de Pentecôte - metr. Antoine Bloom)
Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.
Aujourd'hui, nous célébrons la Fête du Saint Esprit. Que savons-nous de Lui? Nous avons entendu hier de merveilleuses paroles de prière, pour le Dimanche de Pentecôte, mais réfléchissons un peu à Lui, au nom qu'Il reçoit dans l'Évangile, qui est traduit par "Consolateur" en français, ou "avocat" dans d'autres langues. Il est en effet Celui Qui console, et Qui nous console de notre séparation du Christ, Qui nous console nous qui sommes tels des orphelins, nous qui aspirons à être avec le Christ notre Dieu, notre Sauveur, et qui sait qu'aussi longtemps que nous seront dans la chair - et ce sont les paroles de saint Paul - nous en serons séparés. Mais afin d'être notre Consolateur, d'être notre consolation, nous devons être conscients du fait que nous sommes séparés, et telle est la première question que nous devons nous poser : en sommes-nous bien conscients, ou ne vivons-nous pas dans l'illusion que nous sommes en Dieu et que Dieu est en nous, et que rien de plus n'est nécessaire? Que du contraire, il y a tant et plus qui est nécessaire!
Il est aussi Celui Qui, comme Consolateur, nous donne la force, une force pour vivre malgré la séparation, la force pour tenir bon et pour accomplir la Volonté, pour accomplir les Commandements de Dieu, Celui Qui sait nous donner la vigueur de l'âme, la détermination, la force d'agir. Mais à nouveau, cela n'est possible que si nous nous tournons vers Lui et disons "Viens! Viens et demeure en nous! Purifie-nous! Ne soit pas seulement notre Consolateur mais aussi notre force."
In fine, Il est Celui Qui nous donne, déjà maintenant, la joie de connaître quelle est notre proximité, malgré ce qui semble être une distance infinie entre Dieu et nous, Celui Qui, par des gémissements ineffables, parle à Dieu depuis les profondeurs de notre être. Celui Qui, parce que nous sommes le propre peuple du Christ, Ses frères et soeurs en humanité - et ce sont Ses propres paroles - fait que nous sommes les enfants du Père. Considérez la joie de tout cela, la merveille que c'est, la dignité! En effet, aussi, la responsabilité que cela apporte...
Si nous pensons à notre monde, qui est si grandement étranger à Dieu, l'Esprit est déjà le commencement de la vie éternelle. Sa présence est un fait décisif. Il s'abat sur les rochers comme la mer, Il rompt les résistances. Il est la joie de cet éternel appel à notre porte, Se forçant dans nos vies, nous rappelant de Dieu notre Père, du Christ notre Sauveur, et de notre grandeur et notre dignité devant Dieu, nous montrant que toutes choses sont possibles dans la puissance du Christ Qui nous soutient.
Dès lors, célébrons de manière responsable et avec reconnaissance cette fête. Et que l'Esprit de Dieu Qui vint sous forme de langues de feu sur les Apôtres, vienne aussi sur nous - peut-être comme un feu qui nous enflamme et fait de nous comme des Buissons Ardents, ou qui nous touche comme la voix ténue et presqu'inaudible que le prophète [Élie] avait entendu dans le désert où Dieu était, dans Sa paisible humilité, dans Son abandon pour nous, dans Son amour pour nous. Amen.
+ Antoine (Bloom), métropolite de Sourozh
04 juin 2012
Le Jour du Saint-Esprit (métropolite Antoine Bloom)

Au Nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit.
Aujourd'hui, nous célébrons la Fête du Saint Esprit. Que connaissons-nous de Lui? Hier, nous avons entendu les merveilleuses paroles dans les prières Le concernant, hier, dimanche de la Fête de la Trinité (Pentecôte). Mais réfléchissons un peu à présent, au nom qu'Il reçoit dans l'Évangile, que l'on traduit par "Consolateur" dans nos langues modernes, voire "Avocat" selon certaines traductions. Il est en effet Celui Qui est le Consolateur, Celui Qui nous console de notre séparation d'avec le Christ, Qui nous console nous qui sommes comme des orphelins, nous qui aspirons à être avec le Christ notre Dieu et notre Sauveur, et qui savons qu'aussi longtemps que nous serons dans la chair – et ce sont les propres paroles de saint Paul – nous serons séparés de Lui. Mais afin qu'Il soit notre Consolateur, afin d'être notre consolation, nous devons d'abord être conscients du fait que nous sommes séparés, et telle est la première question que nous devons nous poser : en sommes-nous conscients, ou vivons-nous dans l'illusion que nous sommes en Dieu et que Dieu est en nous, et que nous n'avons rien besoin d'autre? Alors que nous avons besoin de tellement plus!
Comme Consolateur, Il est aussi Celui Qui nous donne la force, cette force nécessaire pour vivre malgré la séparation, cette force pour se tenir bien droit, pour être ceux qui accomplissent la Volonté de Dieu, ceux qui pratiquent les Commandements de Dieu. Il est Celui Qui peut nous donner la vigueur de l'âme, la détermination, la puissance pour agir. Mais encore une fois, tout cela uniquement si nous nous tournons vers Lui et disons "Viens! Viens et demeure en nous! Purifie-nous! Ne sois pas seulement notre Consolateur, mais aussi notre force!"
Et enfin, Il est Celui Qui nous donne, dès à présent, la joie de connaître à quel point nous sommes proches, malgré qu'il nous semble y avoir une infinie distance entre Dieu et nous; Lui Qui, par des murmures ineffables, parle de Dieu depuis les profondeurs de notre être; Lui Qui, parce que nous sommes le peuple du Christ, Ses frères et soeurs en humanité – et ce sont là Ses propres paroles – parce que nous sommes les enfants du Père. Quelle joie découle de tout cela, la merveille, la dignité! Mais aussi, quelle responsabilité...
Si nous réfléchissons à notre monde, qui est si extrêmement étranger à Dieu, l'Esprit est déjà le début de la vie éternelle. Sa présence est un fait décisif. Il s'abat sur les rochers comme la mer, Il brise les résistances. Il est la joie de l'éternité frappant à notre porte, S'introduisant dans nos vies, nous rappelant Dieu notre Père, et le Christ notre Sauveur, et notre immensité et notre dignité devant Dieu, nous montrant que toutes choses sont possibles dans la puissance du Christ Qui nous soutient.
Dès lors, célébrons cette fête de manière responsable et reconnaissante. Et que le Saint Esprit de Dieu, Qui vint par les langues de feu sur les Apôtres, vienne aussi sur nous – peut-être comme un feu qui nous enflamme, et nous transforme en un autre Buisson Ardent, ou qui nous touche comme la voix imperceptible que le prophète (Elie) avait entendue dans le désert où Dieu était, dans Sa paisible humilité, dans Son abandon à nous, dans Son amour pour nous.
Amen.
+ Antoine, métropolite de Sourozh
19 juin 1989
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