"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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09 juin 2014

Que connaissons-nous du Saint Esprit? (Lundi de Pentecôte - metr. Antoine Bloom)


Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.

Aujourd'hui, nous célébrons la Fête du Saint Esprit. Que savons-nous de Lui? Nous avons entendu hier de merveilleuses paroles de prière, pour le Dimanche de Pentecôte, mais réfléchissons un peu à Lui, au nom qu'Il reçoit dans l'Évangile, qui est traduit par "Consolateur" en français, ou "avocat" dans d'autres langues. Il est en effet Celui Qui console, et Qui nous console de notre séparation du Christ, Qui nous console nous qui sommes tels des orphelins, nous qui aspirons à être avec le Christ notre Dieu, notre Sauveur, et qui sait qu'aussi longtemps que nous seront dans la chair - et ce sont les paroles de saint Paul - nous en serons séparés. Mais afin d'être notre Consolateur, d'être notre consolation, nous devons être conscients du fait que nous sommes séparés, et telle est la première question que nous devons nous poser : en sommes-nous bien conscients, ou ne vivons-nous pas dans l'illusion que nous sommes en Dieu et que Dieu est en nous, et que rien de plus n'est nécessaire? Que du contraire, il y a tant et plus qui est nécessaire!

Il est aussi Celui Qui, comme Consolateur, nous donne la force, une force pour vivre malgré la séparation, la force pour tenir bon et pour accomplir la Volonté, pour accomplir les Commandements de Dieu, Celui Qui sait nous donner la vigueur de l'âme, la détermination, la force d'agir. Mais à nouveau, cela n'est possible que si nous nous tournons vers Lui et disons "Viens! Viens et demeure en nous! Purifie-nous! Ne soit pas seulement notre Consolateur mais aussi notre force."

In fine, Il est Celui Qui nous donne, déjà maintenant, la joie de connaître quelle est notre proximité, malgré ce qui semble être une distance infinie entre Dieu et nous, Celui Qui, par des gémissements ineffables, parle à Dieu depuis les profondeurs de notre être. Celui Qui, parce que nous sommes le propre peuple du Christ, Ses frères et soeurs en humanité - et ce sont Ses propres paroles - fait que nous sommes les enfants du Père. Considérez la joie de tout cela, la merveille que c'est, la dignité! En effet, aussi, la responsabilité que cela apporte...

Si nous pensons à notre monde, qui est si grandement étranger à Dieu, l'Esprit est déjà le commencement de la vie éternelle. Sa présence est un fait décisif. Il s'abat sur les rochers comme la mer, Il rompt les résistances. Il est la joie de cet éternel appel à notre porte, Se forçant dans nos vies, nous rappelant de Dieu notre Père, du Christ notre Sauveur, et de notre grandeur et notre dignité devant Dieu, nous montrant que toutes choses sont possibles dans la puissance du Christ Qui nous soutient.

Dès lors, célébrons de manière responsable et avec reconnaissance cette fête. Et que l'Esprit de Dieu Qui vint sous forme de langues de feu sur les Apôtres, vienne aussi sur nous - peut-être comme un feu qui nous enflamme et fait de nous comme des Buissons Ardents, ou qui nous touche comme la voix ténue et presqu'inaudible que le prophète [Élie] avait entendu dans le désert où Dieu était, dans Sa paisible humilité, dans Son abandon pour nous, dans Son amour pour nous. Amen.


+ Antoine (Bloom), métropolite de Sourozh

04 juin 2012

Le Jour du Saint-Esprit (métropolite Antoine Bloom)


Au Nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit.

Aujourd'hui, nous célébrons la Fête du Saint Esprit. Que connaissons-nous de Lui? Hier, nous avons entendu les merveilleuses paroles dans les prières Le concernant, hier, dimanche de la Fête de la Trinité (Pentecôte). Mais réfléchissons un peu à présent, au nom qu'Il reçoit dans l'Évangile, que l'on traduit par "Consolateur" dans nos langues modernes, voire "Avocat" selon certaines traductions. Il est en effet Celui Qui est le Consolateur, Celui Qui nous console de notre séparation d'avec le Christ, Qui nous console nous qui sommes comme des orphelins, nous qui aspirons à être avec le Christ notre Dieu et notre Sauveur, et qui savons qu'aussi longtemps que nous serons dans la chair – et ce sont les propres paroles de saint Paul – nous serons séparés de Lui. Mais afin qu'Il soit notre Consolateur, afin d'être notre consolation, nous devons d'abord être conscients du fait que nous sommes séparés, et telle est la première question que nous devons nous poser : en sommes-nous conscients, ou vivons-nous dans l'illusion que nous sommes en Dieu et que Dieu est en nous, et que nous n'avons rien besoin d'autre? Alors que nous avons besoin de tellement plus!

Comme Consolateur, Il est aussi Celui Qui nous donne la force, cette force nécessaire pour vivre malgré la séparation, cette force pour se tenir bien droit, pour être ceux qui accomplissent la Volonté de Dieu, ceux qui pratiquent les Commandements de Dieu. Il est Celui Qui peut nous donner la vigueur de l'âme, la détermination, la puissance pour agir. Mais encore une fois, tout cela uniquement si nous nous tournons vers Lui et disons "Viens! Viens et demeure en nous! Purifie-nous! Ne sois pas seulement notre Consolateur, mais aussi notre force!"

Et enfin, Il est Celui Qui nous donne, dès à présent, la joie de connaître à quel point nous sommes proches, malgré qu'il nous semble y avoir une infinie distance entre Dieu et nous; Lui Qui, par des murmures ineffables, parle de Dieu depuis les profondeurs de notre être; Lui Qui, parce que nous sommes le peuple du Christ, Ses frères et soeurs en humanité – et ce sont là Ses propres paroles – parce que nous sommes les enfants du Père. Quelle joie découle de tout cela, la merveille, la dignité! Mais aussi, quelle responsabilité...

Si nous réfléchissons à notre monde, qui est si extrêmement étranger à Dieu, l'Esprit est déjà le début de la vie éternelle. Sa présence est un fait décisif. Il s'abat sur les rochers comme la mer, Il brise les résistances. Il est la joie de l'éternité frappant à notre porte, S'introduisant dans nos vies, nous rappelant Dieu notre Père, et le Christ notre Sauveur, et notre immensité et notre dignité devant Dieu, nous montrant que toutes choses sont possibles dans la puissance du Christ Qui nous soutient.

Dès lors, célébrons cette fête de manière responsable et reconnaissante. Et que le Saint Esprit de Dieu, Qui vint par les langues de feu sur les Apôtres, vienne aussi sur nous – peut-être comme un feu qui nous enflamme, et nous transforme en un autre Buisson Ardent, ou qui nous touche comme la voix imperceptible que le prophète (Elie) avait entendue dans le désert où Dieu était, dans Sa paisible humilité, dans Son abandon à nous, dans Son amour pour nous.
Amen.

+ Antoine, métropolite de Sourozh
19 juin 1989

16 juin 2008

Jour du Saint Esprit (metr. Anthony de Sourozh)

Inde : la Pentecôte

http://mitras.ru/eng/eng_71.htm
Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit

Aujourd'hui, nous célébrons la Fête du Saint Esprit. Que savons-nous de Lui? Nous avons entendu hier de merveilleuses paroles de prière, hier, lors du dimanche de la Trinité (Pentecôte), mais réfléchissons un peu à Lui, au Nom qu'Il reçoit dans l'Évangile, que nous traduisons par "Consolateur" ou "Avocat" selon les langues modernes occidentales. Il est en effet Celui Qui réconforte, Celui Qui nous console de notre séparation d'avec le Christ, Qui nous console car nous sommes comme des orphelins qui aspirons à être avec le Christ notre Dieu et Sauveur, et qui sait qu'aussi longtemps que nous serons dans la chair – et ce sont bien les paroles de saint Paul – nous en serons séparés. Mais pour qu'Il puisse être notre Consolateur, nous réconforter, nous devons au préalable être conscients du fait que nous en sommes séparés, et c'est la première question que nous devons nous poser à nous-mêmes : en sommes-nous conscients, ou vivons-nous dans l'illusion que nous sommes en Dieu et Dieu est en nous, et que rien d'autre n'est nécessaire? Il y a tellement plus de choses nécessaires!

Il est aussi Celui Qui, comme Consolateur, nous donne la force, et la force pour vivre malgré la séparation, la force pour nous tenir fermes, et pour être les zélés accomplisseurs de la Volonté et des Commandements de Dieu, Celui Qui peut nous donner vigueur à l'âme, détermination, capacité à agir. Mais à nouveau, tout cela n'est possible que si nous nous tournons vers Lui et disons : Viens, et demeure en nous! Purifie-nous de toute souillure! Ne sois pas seulement notre Consolateur, mais aussi notre force!

Pour finir, Il est Celui Qui nous donne, dès maintenant, la joie de la connaissance de notre proximité avec Dieu, quand bien même il semble y avoir une infinie distance entre Dieu et nous, Il est ce gémissement ineffable qui parle à Dieu depuis les tréfonds de notre être; Celui Qui, parce que nous sommes le propre peuple du Christ, Ses frères et soeurs en humanité – et ce sont bien là Ses propres paroles – fait que nous soyons les enfants du Père. Ah la joie de tout cela, ah la merveille de tout cela, ah la dignité de tout cela! Et aussi.. quelle terrible responsabilité qui vient avec tout cela...

Si nous réfléchissons à notre monde, qui est à un point si totalement étranger à Dieu, l'Esprit est déjà le commencement de la vie éternelle. Sa présence est un fait décisif. Il frappe contre les rochers comme la mer, Il brise les résistances. Il est la joie de l'éternité frappant à notre porte, faisant brutalement irruption en nos vies; nous rappelant de Dieu notre Père, du Christ notre Sauveur, et de notre grandeur et de notre dignité devant Dieu, nous montrant que toutes choses sont possibles pour la puissance du Christ Qui nous soutient.

Dès lors, célébrons cette Fête dignement et avec action de grâce. Et puisse l'Esprit de Dieu, Qui descendit sous la forme des langues de feu sur les Apôtres, aussi venir sur nous – peut-être comme un feu qui nous allume et nous fait ressembler au Buisson Ardent, ou qui nous touche comme le tout petit souffle ténu que le prophète Élie entendit dans le désert, dans lequel Se trouvait Dieu, dans Sa paisible humilité, dans Son abandon pour nous, dans Son amour pour nous.
Amen.
19 juin 1989




Pentecôte - petite réflexion personnelle valant approximativement 3 cacahouètes tombées d'un paquet périmé depuis belle lurette.
Au cours du 1er Concile Oecuménique, saint Spiridon expliqua aux saints Pères assemblés – et encore plus aux fous hérétiques qui venaient là non pour apprendre mais pour répandre leur folie – comment comprendre la Trinité en tant que Trois "Personnes" en un seul Dieu. Tout lecteur se souvient qu'il prit une brique de terre cuite et que la démonstration miraculeuse expliqua ainsi la Trinité dont on parlait depuis les Apôtres mais que les hérétiques semblaient découvrir.
Comment actualiser ce message catéchétique simple et si puissant de saint Spiridon? Je me disais que nous étions cette brique : la Genèse nous rappelle que nous ne sommes que terre, glaise, glèbe. Voilà l'élément "terre" de la brique en terre cuite. Ensuite, afin d'être sauvés, nous avons été plongés dans les eaux salutaires du Baptême, une triple immersion accompagnée de la formule trinitaire; voici l'élément "eau." Et enfin, lors de la Chrismation, qui est notre Pentecôte personnelle, nous avons reçu le "feu céleste". La brique est reconstituée en nous. A vous de ne pas faire comme moi, et de ne pas avoir un coeur dur comme l'airain, et en tout cas, plus dur que la terre cuite.

08 mai 2008

De Pâques à la Pentecôte (p. George D. Dragas)




1. La période Pentecostale. Le mot "Pentecôte" signifie "cinquantième," et il est utilisé pour désigner le grand événement de la Descente du Saint Esprit (Epiphoitesis) sur les Apôtres et l'Église le 50ème jour après la Résurrection du Christ, et 10ème jour après Son Ascension au Ciel.
Avant Sa Passion, le Seigneur avait parlé à Ses disciples du don du Saint Esprit, qu'ils devaient recevoir après l'Ascension. Les détails sont rapportés dans l'Évangile de saint Jean : "Je demanderai au Père de vous envoyer le Saint Esprit, Qui vous défendra et sera toujours avec vous" (Jn 14,16). Il dit aussi "Le Saint Esprit ne saurait venir avant que Je ne sois parti. Mais après Mon départ, Je vous enverrai l'Esprit" (Jn 16,7). Après Sa Résurrection, le Seigneur apparut aux disciples et leur dit : "Recevez l'Esprit Saint" (Jn 20,22). C'était un avant-goût de la Descente (Epiphoitesis) survenue le Dimanche de Pentecôte.
Vers la fin de l'Évangile de saint Luc, le Christ dit à Ses disciples : "Je vais envoyer sur vous ce que Mon Père a promis. Vous autres, restez en ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force d'en-haut" (Lc 24,49). C'est cependant dans les Actes d'Apôtres que saint Luc parle de l'accomplissement de cette promesse. "Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous réunis. Soudain retentit du ciel un fracas semblable à celui d'une bourrasque de vent et ce bruit remplit toute la maison où ils étaient assis. Alors ils virent paraître comme des langues de feu qui, se partageant, vinrent se poser sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler des langues étrangères selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer" (Actes 2,1-4).
Depuis les temps anciens, la période de 50 jours allant de Pâques à la Pentecôte a été appelée Pentecôte, du fait de ce qui commença avec le Seigneur soufflant le Saint Esprit sur Ses disciples, et qui se consomma avec la pleine descente de l'Esprit sur les disciples et l'Église toute entière. Alors, l'Église était pleinement née et commença à croître.
Pendant cette période, tout jeûne et agenouillement est interdit, comme confession tangible de la Résurrection du Christ. Ce n'est en fait que le jour même de la Pentecôte que l'agenouillement est repris, et il est lié à un Office spécial d'agenouillement (akolouthia gonyklesias), qui consiste en prières pour le don du Saint Esprit, d'où le nom de "Jour de l'Agenouillement" donné à la Pentecôte (tes gonatistes).
Par la suite, une autre semaine fut ajoutée à ces 50 jours, afin de célébrer l'après-fête (methorta) de la Fête de la Pentecôte. Ainsi, de nos jours, la période de Fêtes mobiles après Pâques s'étend sur 8 semaines, pour comprendre le Dimanche de la Toussaint (Agion Panton), et est divisée en 3 parties
a. Les 40 jours de l'après-Fête de Pâques
b. La Fête de l'Ascension, en plus de sa période de post-Fête
c. La Fête de la Pentecôte, avec sa propre période d'après-Fête.
Les hymnes de cette période sont reprises dans un livre spécial, appelé le Pentecostaire ou Pentekostarion.

2. Dimanche des Femmes Myrophores. Nous avons déjà parlé de la Semaine Radieuse (Diakainesimos) et du Dimanche de saint Thomas (1er dimanche après Pâques). Le second dimanche après Pâques est appelé Dimanche des Myrophores (Kyriake ton Myroforon). Il est dédié aux femmes qui apportèrent la myrrhe au Tombeau du Christ. Il est aussi dédié aux disciples secrets du Seigneur, Joseph d'Arimathie et Nicodème, qui organisèrent et assistèrent aux funérailles du Seigneur. Ceci est clairement commémoré dans la lecture de l'Évangile du jour (Mc 15,43-16,8).
Les Myrophores, nous les identifions d'après les saints Évangiles comme étant Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques et Josué (aussi appelée Marie de Clopas), Jeanne épouse de Chouza, garde d'Hérode Antipas, Salomé, mère des fils de Zébédée, et Suzanne.
Joseph d'Arimathie, une ville de Judée, était riche et noble, et membre du Sanhédrin, le conseil municipal à Jérusalem. Il était un de ceux qui n'avaient pas acquiescé à la décision du conseil contre le Christ. Il fut aussi celui qui osa courageusement demander le Corps du Christ à Ponce Pilate (Mt 27,57-60; Mc 15,42-47; Lc 23,50-56, Jn 19,38-42).
Nicodème était un dirigeant Juif, un Pharisien, qui était fort versé dans les Écritures et avait rendu une visite nocturne au Christ (Jn 3,1-21; Jn 19,39-42).
Toutes ces saintes personnes nous démontrent clairement que des gens de tous les états de vie peuvent être disciples du Seigneur, jusqu'à jouir du privilège de prendre soin de Son Corps et devenir les premiers témoins de la puissante Résurrection du Seigneur.

3. Dimanches du Paralytique, de la Samaritaine, et de l'Aveugle-né, tels sont les noms des 3 dimanches qui suivent. Ils sont ainsi appelés du fait des péricopes évangéliques et hymnes qui leurs sont attribués. Les événements commémorés en toutes ces fêtes démontrent tous la divine autorité, identité et puissance du Christ, qui seront ensuite pleinement révélées par Sa Résurrection.
La guérison du paralytique à la piscine de Bethesda ou Bethsaida (Jn 5,1-18) montre l'autorité du Christ sur le Sabbat, car ce fut un jour de Sabbat qu'Il guérit le paralytique.
La conversation du Seigneur avec la Samaritaine au Puits de Jacob près de Sichar (Jn 4,3-42) atteint son sommet lorsque le Seigneur dévoile Son identité : "(Le Christ,) Je le Suis, Moi Qui te parle" (Jn 4,26). A la fin du récit, les Samaritains déclarent ouvertement "Nous en sommes certains, Il est le Sauveur du monde" (Jn 4,42).
Et pour finir, la guérison de l'aveugle de naissance (Jn 9,1-41) démontre la puissance divine du Christ et le fait qu'Il vint de Dieu : "C'est la première fois dans l'histoire que quelqu'un a pu donner la vue à un aveugle de naissance. Jésus n'aurait pu faire cela, à moins qu'Il ne vienne de Dieu" (Jn 9,32).

4. Mi-Pentecôte. Le mercredi après le Dimanche du Paralytique tombe exactement au milieu des 50 jours de la période de Pentecôte, et par conséquent, est appelé Mi-Pentecôte (Mesopentekoste). C'est un jour de Fête, et selon une ancienne coutume, il tient sa signification de l'Évangile qui lui est prescrit (Jn 7,14-30). Cette péricope évangélique rapporte le discours que le Seigneur adressa dans le Temple, au milieu de la fête des Tabernacles (Skenopegias), qui expliquait Son autorité sur le Sabbat en des termes d'origine divine, tant de Son enseignement que de Son existence. Au centre de ceci, on trouve les paroles du Seigneur adressées au peuple de Jérusalem : "Je ne viens pas de Moi-même. Celui Qui M'a envoyé est véridique, et vous ne Le connaissez pas. Mais Je connais Celui Qui M'a envoyé, parce que Je viens de Lui" (Jn 7,28). Aussi cruciales sont les paroles exclamées par le Seigneur au dernier jour de la Fête, anticipant la Descente de l'Esprit à la Pentecôte : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi, et qu'il boive celui qui croit en Moi; l'Écriture le dit: 'De son sein jailliront des fleuves d'eau vive" (Jn 7,37). Les hymnes de cette Fête rappellent les miracles du Seigneur, qui démontrent Sa divinité, et exhortent les Chrétiens à "garder fermement les Commandements du Seigneur, afin de devenir dignes de célébrer Son Ascension et de participer au don du Saint Esprit" (Doxastikon ton Ainon).

5. Le Retour de Pâques. Le mercredi après le Dimanche de l'Aveugle-Né (6ème dimanche après Pâques), nous célébrons le Retour (apodosis) ou achèvement de la période de post-fête de Pâques. Les Offices du jour, qui comportent une Liturgie pascale, sont chantés de manière identique à ceux de la Semaine Radieuse. C'est le 39ème jour après Pâques, la veille de l'Ascension, quand nous chantons à nouveau l'Hymne de la Résurrection, Christos Anesti, et échangeons les salutations de la Résurrection pour la dernière fois de l'année.

6. L'Ascension. Le lendemain, qui est le 40ème jour après Pâques, nous commémorons l'Ascension du Seigneur au Ciel. La fête de l'Ascension (Analipseos- est explicitement mentionnée au 4ème siècle, mais ses origines remontent plus que probablement aux siècles précédents. Un ancien manuel d'église, les Constitutions Apostoliques, en donnent le commentaire suivant : "Comptant à nouveau 40 jours après le premier Dimanche, vous devez célébrer depuis le Dimanche jusqu'au Mardi la Fête de l'Ascension du Seigneur, quand Il y accomplit toute l'économie et le projet de notre Salut, montant auprès de Dieu le Père, Qui L'avait envoyé, et S'assis à la droite de la Puissance pour attendre que Ses ennemis soient placés sous Ses pieds" (Livre 5, ch. 20).
La Fête de l'Ascension, alors, marque l'achèvement et le scellement de l'oeuvre du Seigneur sur terre, de même que l'ascension de la nature humaine au Ciel, et par conséquent, cela annonce la venue du Don du Saint Esprit à la Pentecôte. Elle est célébrée jusqu'au vendredi de la semaine qui s'ouvre, quand elle est clôturée.
La signification de l'Ascension du Seigneur est aussi liée à Son éternelle prêtrise. L'épître aux Hébreux résume cela comme suit : "Nous avons un Pontife Suprême, Qui est monté au Ciel, Jésus, le Fils de Dieu" (Heb. 4,14)... "Jésus est entré pour nous comme un avant-coureur, pontife pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech" (Heb. 6,20) "Tandis que Celui-ci, vivant éternellement, possède un sacerdoce perpétuel. C'est pourquoi il Lui est possible de parachever le Salut de ceux qui vont à Dieu par Lui, car Il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur" (Heb. 7,24-26). "Il est éternellement le suprême Pontife parfait" (Heb. 7,28)... "qui siège à la droite sur le grand Trône de Dieu au Ciel" (8,1).

7. Dimanche des Saints Pères. Ce dimanche, qui se trouve au milieu de la période festive de l'Ascension (7ème dimanche après Pâques) est dédié aux 318 saints pères du Premier Concile Oecuménique, qui a eu lieu à Nicée en 325. Il est par conséquent appelé Dimanche des Saints Pères (Ton Pateron).
L'Évangile du jour reprend la Prière Sacerdotale du Seigneur pour l'unité des Chrétiens, telle qu'on la trouve en Jean 17,1-13. L'Église a décidé la commémoration des Pères en ce dimanche précis parce que les Synodes des éparchies, qui étaient convoqués pour s'occuper de diverses affaires locales, se réunissaient habituellement pendant la période pentecostale.
Successeurs des Apôtres, les Pères ont gardé la Foi apostolique par leurs enseignements. Le kondakion de la Fête l'exprime très clairement et avec éloquence : "Le message des Apôtres et l'enseignement des Pères saints, pour l'Église affermissent l'unité de la Foi; portant la tunique de vérité tissée par la céleste révélation, elle dispense fidèlement et fortifie le grand mystère de la Foi."
Le samedi veille de la Pentecôte est un "samedi des âmes" (Psychosabbaton), et des prières sont offertes pour ceux qui se sont endormis éternellement, afin qu'ils puissent eux aussi être dignes par nos prières de recevoir le don de la Pentecôte, qui est commémoré le lendemain.

8. Dimanche de la Pentecôte. La Fête Chrétienne de la Pentecôte correspond à la fête juive qui porte le même nom, et au cours de laquelle ils offraient les premiers fruits des nouvelles récoltes d'Israël à Dieu (Protogennemata).
La Fête Chrétienne commémore les premiers fruits de la prédication des Apôtres, qui suivirent la Descente du Saint Esprit sur eux au jour de la Pentecôte, Descente suite à laquelle naquit la première Église Chrétienne, commençant avec 3.000 âmes. Depuis cette Pentecôte, l'Esprit demeure dans l'Église et règle la vie et la croissance de l'Église. L'Esprit fait de la totalité de l'Église le Corps uni du Christ. En Consolateur (Paracletos), Il est le gage du retour du Christ, et de la victoire finale avec tout le Corps du Christ.
La célébration de cette fête remonte aux temps apostoliques. Selon l'ancienne coutume, les catéchumènes étaient baptisés en cette occasion, et dès lors, et même de nos jours, on ne chante pas le Trisagion pendant la Liturgie. En lieu et place, on chante le verset paulinien "Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ." Les Vêpres de ce jour, suivant immédiatement après la Divine Liturgie, sont à noter particulièrement du fait de la longue supplique à genoux, qui est dite au début. Cette supplique est la première d'une série qui suivront après la Fête, ayant été suspendues auparavant pendant la période pentecostale.
La Pentecôte est célébrée tout au long de la semaine et se clôture le dimanche suivant. Le lundi de la période d'après-fête se distingue des autres jours de d'après-fête parce qu'il est dédié au Saint Esprit (Deftera tou Agiou Pneumatos). Les Offices du jour suivent le schéma du Dimanche de Pentecôte célébré la veille. On ne jeûne pas pendant la semaine qui suit la Pentecôte.
L'hymne doxastikon du jour est une prière bien connue, par laquelle la plupart des Offices de l'Église commencent, et qui est utilisée par nombre de Chrétiens Orthodoxes comme première prière pour chaque jour : "Roi Céleste, Consolateur, Esprit de Vérité, Toi Qui es partout présent et Qui remplis tout, Trésor de biens et Donateur de Vie, viens et demeures en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, Toi Qui es Bonté."

9. Dimanche de la Toussaint (ou de Tous les saints). Le dimanche après la Pentecôte est appelé Dimanche de la Toussaint. C'est une très ancienne fête, mentionnée fin du 4ème siècle, et elle semble avoir été à l'origine instituée comme fête en l'honneur de tous les martyrs.
L'Église a toujours honoré les martyrs. Cependant, puisque l'honneur rendu aux martyrs était à l'origine une question locale, nombre des martyrs nous sont inconnus, et c'est probablement la raison pour laquelle une telle fête fut instituée, en l'honneur de tous les martyrs, connus et inconnus. Cette fête fut placée de manière tout à fait appropriée après la Pentecôte, parce que l'Église est abreuvée et croît à travers le témoignage et le sang des martyrs. Par la suite, lorsque l'Église honora d'autres défunts comme saints, à côté des martyrs, la fête mobile après Pâques acquis un caractère plus général, et se transforma en fête en l'honneur de tous les saints.

10. Fête des saints Apôtres. Le lundi après le dimanche de la Toussaint, on jeûne pour la fête des saints Apôtres. A l'origine, c'était une semaine de jeûne, comme explicitement mentionné dans les Constitutions Apostoliques (livre 5, ch. 20). Par la suite, elle fut reliée à la fête des saints Apôtres (29-30 juin), et fut étendue à toute la période qui va du lundi après le dimanche de la Toussaint jusqu'au 28 juin.


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Notes :
1. Toutes les fêtes mentionnées ci-dessus ont déjà fait l'objet d'un article circonstancié, d'homélies, etc, sur le blog Saint-Materne. Vous les retrouverez dans le menu en marge de gauche, via le menu semestriel.




2. Et maintenant, si vous n'y voyez pas d'inconvénient
, l'article ci-dessus annonçant toutes les fêtes des semaines à venir, je vais faire une petite "pause-blog"..


ça vous laissera plein de temps pour (re)lire les 1123 articles du blog - c'est chouette, hein?! ;-)


Oui, une pause, car nous sommes occupés avec les "labours." Après un début de printemps pourri ayant empêché de semer avant la saint Cuthbert de Lindisfarne (20 mars), un mois d'avril météorologiquement catastrophique pour les cultures, toute cette pluie qui a transformé notre terrain en marigot, le vent et la subite forte chaleur ont fait de la surface une brique d'argile.. ya du boulot...
Et les semailles doivent avoir été faites avant les "saints des glaces" (11 au 14 mai)... puis il faudra un entretien de démarrage conséquent, sinon ça va pas tenir.. Enfin, revenez régulièrement, on ne sait jamais, je pourrais me laisser tenter et prendre 5 minutes de repos à poster l'un ou l'autre de ces centaines d'articles déjà traduits et encore à publier ;-)



3. Petit agenda des saints des jours à venir :

8 mai : sainte Itte et saint Wiro (B); saint Jean l'Apôtre, Évangéliste et Théologien; saint Michel Archange, apparition de Monte Gargano (5ème siècle)

Tropaire de sainte Itte ton 4
Amis de la fête, voici venue
La brillante solennité
La mémoire glorieuse de la servante du Christ
Dont le souvenir réjouit les chrétiens
Épouse fidèle et abbesse bienveillante
Sainte Itte porte aux hommes une grâce qui ne tarit.
Par ses prières, Sauveur, sauve le monde qui est tien.


9 mai : sainte Languida de Tournai et la translation de saint Macaire d'Antioche & Gand (B); saint Pacôme le Grand



10 mai : saint Wiron (B); saint Comgall fondateur de Bangor et l'hymne de Communion "Sancte Venite" (cfr revue "La Voile" n° 4)

Tropaire de Saint Comgall ton 4
O Comgall, Père des Moines, * tu en forma quatre mille à la vie monastique. * Tu allumas le Feu du Christ à Bangor * et ta cellule fut une lueur au milieu des ténèbres du paganisme. * O ami de Saint Columba d'Iona, * toi l'éclat de l'Irlande et de l'Écosse; nous louons Dieu Qui t'a glorifié.

11 mai : saint Gangulphe de Florennes (B); saint Mammert de Vienne, auteur des Rogations dans l'Orthodoxie de rite occidental

Dicton météo - Saints "de glace"
"Saints Servais, Pancrace et Mammert,
à eux 3, un petit hiver."


12 mai : saint Modoald et sainte Rictrude (B); saint Épiphane de Salamine; Saint Aethelheard de Louth et Canterbury

Tropaire à tous les saints du Lincolnshire, ton 8
Comme abondante récolte de Tes semailles du Salut,
le Comté du Lincolnshire T'offre, Seigneur,
tous les saints qui ont brillé dans ce pays.
Par leurs prières et par la Mère de Dieu,
maintiens l'Église et notre pays dans une paix durable,
O Toi le très Miséricordieux



13 mai : sainte Rolende de Gerpines, victime de Charlemagne, et saint Servais de Tongeren, l'ami et défenseur de saint Athanase le Grand (B)

Tropaire de sainte Rolende ton 1
Sainte Rolende, belle épouse du Christ,
Toi qui connut la dureté de cette vallée de larmes,
A genoux devant tes restes sacrés,
Nous implorons ton intercession.
O Vierge de Gerpinnes soulage nos corps et guéris nos âmes,
Afin que nos vies soient agréables à Dieu

à très bientôt!


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28 mai 2007

Huizingen (B): fête Grecque & Orthodoxe - commémoration du 29/5/1453

Le lundi de Pentecôte est jour du Saint Esprit. C'était aussi jour de fête pour tous les Orthodoxes, principalement de tradition et / ou de culture grecque, du Benelux et de France, qui se sont retrouvés à Huizingen, à 13km au sud de Bruxelles.Un clergé nombreux et une belle foule ont participé à la Divine Liturgie ouvrant la journée.
Elle a été célébrée en plein air, comme les autres années, juste à côté du parking à vélo à l'entrée du domaine provincial d'Huizingen. Le "plein air", pour la Liturgie, j'aime. Dans le coeur de tous nos concitoyens se loge cet appel "On a enlevé notre Seigneur et nous ne savons pas où on L'a mis" - là ils ont la réponse claire et évidente.
Je ne sais pas citer tout le monde, voici donc en bref :
La présidence était bien sûr par mgr Panteleimon, le métropolite Grec Orthodoxe, accompagné de ses 2 évêques auxiliaires mgr Maximos et mgr Athenagoras.
Durant les Matines, l'hexapsalme a été chanté par le p. Nikolaos Diakostavrianos (paroisse Sainte Barbe, Chatelineau).
La Divine Liturgie a été célébrée par le p. Spyridon Tsekouras (paroisse Saint Nectaire d'Égine, Mons) et le diacre Cyprian Popescu (paroisse Saint Nicolas, Schaarbeek)


















A la fin de la Divine Liturgie, le métropolite Panteleimon a fait une commémoration pour le décès de l'empereur Constantin Paléologue.
29 mai 1453: La chute de Vassilevoussa - article de "Diaspora grecque" (2007):

Article de Saint-Materne (2006):
29 mai 1453: La chute de Constantinople



le film présente en survol les Matines, la Divine Liturgie (avec prières FR & NL), l'intégrale de l'homélie de mgr Panteleimon, quelques clichés des étals, et plusieurs séquences des danses grecques et du groupe qui animait la fête.



Dynamis: Jour du Saint Esprit – l'Église, Nouvel Israël

Pentecôte
Petites Heures de Jean de Berry
BNF, LAT 18014, fol. 69
France, Paris 14ème s.

Jour du Saint Esprit
lundi 28 mai 2007, Jour de commémoration aux États Unis d'Amérique
fête de saint Germain, évêque de Paris
3èmes Vêpres de la Pentecôte : Ezechiel 36,24-28
"Je vous retirerai du sein des nations, Je vous rassemblerai de tous les pays, et Je vous ramènerai sur votre sol. Je verserai sur vous des eaux pures qui vous purifieront de toutes vos souillures et de toutes vos abominations. Je vous donnerai un coeur nouveau et mettrai en vous un esprit nouveau; J'ôterai de votre sein votre coeur de pierre et vous donnerai un coeur de chair. Au dedans de vous Je mettrai Mon Esprit, faisant en sorte que vous obéissiez à Mes Lois et que vous suiviez et observiez Mes préceptes. Vous habiterez le pays dont J'ai fait présent à vos pères; vous serez mon peuple et Je serai votre Dieu."

Épître : Ephésiens 5,9-19
Évangile : saint Matthieu 18,10-20

Retour à la maison : Ezéchiel 36,24-28, en particulier le verset 24 : "Je vous retirerai du sein des nations, Je vous rassemblerai de tous les pays, et Je vous ramènerai sur votre sol." L'aspiration nationaliste des Juifs dispersés dans le monde, pour retrouver une patrie, est en partie un résultat durable de prophètes tels Ezéchiel, qui fut lui-même exilé à Babylone. A partir du milieu du 19ème siècle après Jésus-Christ, des théoriciens Juifs ébauchèrent un mouvement de retour vers Sion, qui deviendra en 1897 l'Organisation Sioniste, dédiée à s'assurer une patrie en Palestine. Le Sionisme pratique, au départ, ne parvint pas à faire mieux que de fonder quelques rares implantations agricoles Juives isolées en Palestine, mais dans les années 1920, après que la région soit passée sous mandat Britannique, des portions plus importantes de terres furent acquises et l'immigration s'accru. En 1929 et 1936, des protestations majeures eurent lieu de la part des Arabes Palestiniens, tant Chrétiens que musulmans, et cela fit naître l'idée d'une partition. Au cours de la période qui suivit la Seconde Guerre mondiale, Israël devint un État après 2 guerres locales. Une immigration à large échelle s'ensuivit, et depuis lors il n'y a certes pas eu de diminution des tensions.

Comment les Chrétiens Orthodoxes, étant le véritable Israël – le véritable Peuple de Dieu – doivent comprendre la prophétie d'Ezéchiel? Que signifie ce "Je vous ramènerai sur votre sol", puisque nous sommes un peuple mondial répandu en nombre de pays? Bien que les premier et dernier versets de cette prophétie parlent de "sol", la péricope traite en réalité de la promesse de Dieu de transformer les coeurs de Son Peuple par Son Saint Esprit, ce qui rend ces versets appropriés pour la fête de la Pentecôte. C'est l'oeuvre de l'Esprit dans les coeurs du Peuple de Dieu qui fait que nous puissions obéir à Ses Lois et suivre Ses préceptes, et être Son Peuple pour qui Il est Dieu (vv. 27 & 28).

La prière Orthodoxe à l'Esprit Saint utilisée régulièrement au début de nos Offices, nous enseigne que le Saint Esprit est "partout présent et rempli tout." Dès lors, il ne saurait exister de pays qui ne serait sous la souveraineté de Dieu, ni qui serait au delà de Son règne et de Sa providence. Il en découle que partout où nous nous trouvons, c'est notre pays aussi longtemps que nous aspirons à être comblés de l'Esprit, et en toutes choses nous nous efforçons à suivre et observer Sa bienveillante guidance. Par dessus tout, notre "propre patrie", c'est le Royaume du Christ; mais, comme le Seigneur Jésus l'a dit à Ponce Pilate, "il n'est pas de ce monde" (Jn 18,36). Malgré ça, nous parvenons à ses "frontières" à chaque fois que nous nous rassemblons en Église.

Quand nous sommes assemblés en Église, l'Esprit est particulièrement connu pour "venir et demeurer en nous et nous purifier de toute souillure," comme le révèle la prière à l'Esprit Saint. En fait, si Il ne vient pas en nous et ne nous purifie pas, nous ne savons pas même être l'Église. Son oeuvre de rénovation et de purification devient bien plus évidente quand nous recevons le Mystère Chrétien, car par là Dieu nous accorde "une nouvelle naissance par l'eau et par l'Esprit." Par Son action, nous recevons le pouvoir de renverser les idoles qui polluent nos coeurs, nous séparent de Dieu et nous rendent étrangers au Royaume.

Les Mystères Chrétiens reçus dans les assemblées de l'Église sont les moyens même par lesquels Dieu nous dit ceci : "Je vous donnerai un coeur nouveau et mettrai en vous un esprit nouveau; J'ôterai de votre sein votre coeur de pierre et vous donnerai un coeur de chair" (Ezéch. 36,26-27). C'est pourquoi lors de chaque célébration de la Divine Liturgie, nous prions le Seigneur d'envoyer Son Saint Esprit, non seulement "sur les dons ici présents", mais aussi "sur nous,.. pour la Communion à Ton Saint Esprit, pour l'accomplissement du Royaume des Cieux, par audace envers Toi, et non pour le jugement ou la condamnation," de sorte que nous "puissions... vouloir observer les préceptes de Dieu" (v. 27).

Pendant que les Juifs cherchent encore et toujours, désespérément, après leur "propre sol", et à y fonder leur nation par la force humaine, nous sommes bénis, encore et encore, pour faire l'expérience du Royaume sur lequel Dieu règne maintenant et toujours. Mes bien-aimés, par la puissance du Saint Esprit, nous sommes en demeure de "vivre dans la terre que le Seigneur a donnée." Car nous sommes Son peuple, et Il est notre Dieu (cfr v. 28).

Tout Saint Esprit, Qui procède du Père et viens sur nous à travers le Fils, sauve et sanctifie tous ceux qui Te connaissent comme Dieu, Vie et Donateur de Vie.