"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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07 février 2018

Choisir l'éternité (st Jean)

Fais attention! Fais attention à ton âme! Détourne tes pensées de ce qui passera bientôt, et oriente-les vers ce qui est éternel.
Saint Jean Maximovitch

25 décembre 2013

Épître de Noël de saint Jean Maximovitch (1962)

Épître de la Nativité (1962)

par Saint Jean, archevêque de Bruxelles, Shangai et San Francisco

"Toi, qui est le Dieu de paix et le Père des compassions, Tu nous a envoyé l'ange de Ton grand Conseil, nous accordant la paix." L'Ange-messager du Conseil pré-éternel de la Sainte Trinité vient sur terre. Ce n'est pas un messager ordinaire. Il est le Fils unique de Dieu Lui-même. Il apporte la paix aux hommes. "La paix soit avec vous," dira-t'Il plus d'une fois à Ses disciples. "Je vous donne la paix, je vous laisse Ma paix," leur dit-Il lors de la Cène Mystique, "Je ne vous la donne pas comme le monde la donne." Et apparaissant après Sa Résurrection, Il redit "la paix soit avec vous."
"Car Il est notre paix," disait le saint Apôtre Paul à Son sujet. "Il est venu sur terre pour réconcilier l'homme à Dieu par la Croix, ayant vaincu l'ennemi par elle. Et étant venu, Il a annoncé la paix à ceux qui étaient au loin et ceux qui étaient proches, afin que par Lui nous ayons tous accès au Père."

Le mur qui séparait les Cieux et la terre est détruit. L'épée qui barrait le passage vers l'Arbre de Vie disparaît. Le Créateur vient vers l'homme qui avait péché, l'appelant à L'embrasser! Par les bouches des Apôtres, le Saint Esprit S'écrie "En Christ, soyez réconciliés avec Dieu." Vous qui aviez péché, vous ne veniez pas à Dieu, mais le Fils de Dieu, devant Qui vous avez péché, Lui est venu à vous! Il appelle tout le monde à Lui-même. Il accorde le pardon à tous ceux qui y aspirent. Car sans le désir de l'homme lui-même, sans le moindre petit effort de sa part, la paix de Dieu ne saurait s'installer en lui. Le Seigneur ne force personne à venir à Lui, mais appelle tout le monde. "Venez vous tous qui ployez sous le fardeau, et Je vous donnerai le repos." Venez vous tous qui êtes surchargés de péchés, qui êtes épuisés par vos labeurs et ne trouvez nul repos! Vous trouverez cette paix intérieure, et vous découvrirez qu'il n'y a rien de plus désirable sur la terre. L'âme ressentira une paix et une joie qui ne sont pas de ce monde.

Les rois mages qui ont adoré l'Enfant ont expérimenté cette joie. Les bergers qui L'ont trouvé dans la mangeoire, l'ont ressentie. Mais ni la paix ni la joie n'ont touché le coeur d'Hérode et de ceux qui voulaient détruire l'Enfant. Car les désirs mauvais et la méchanceté sont incompatibles avec la paix intérieure. Et quiconque n'a pas la paix intérieure, ne fera que semer la discorde et le mal.

L'Église nous appelle à présent à rencontrer le Christ Qui descend des Cieux. Que pouvons-nous faire afin de Le rencontrer comme l'ont fait les rois mages, et non pas comme Hérode? "Garde ta langue du mal, tes lèvres des paroles trompeuses. Évite le mal, fais le bien, recherche la paix et poursuis-la. (Ps 34,14-15) Cela semble difficile à accomplir. Nous sommes si faibles lorsqu'il s'agit de ne faire que le bien. Mais le Fils de Dieu est même venu pour ça : afin de nous renforcer. Ce n'est pas pour rien qu'Il est né à Bethléem, qui signifie "la maison du pain." Il nous nourrit de la céleste nourriture, Sa Chair. "Dieu, le Seigneur et Créateur de tout, comme petit enfant dans la chair, est adoré dans une pauvre mangeoire, nous exclamant: 'Mangez Mon Corps, et par la Foi vous serez rendus forts." Ces paroles du divin Enfant sont pour nous. Entendons Son appel! Suivons les rois mages, hâtons-nous avec les bergers! Nos églises sont à présent toutes une étable de Bethléem. Non pas de manière illusoire, mais c'est bien la réalité que Celui Qui est né à présent dans Sa très pure chair, repose en chacune d'elles. Adorons-Le. Offrons comme un don nos pensées et nos désirs. Confessons nos péchés, et goûtons à Son Corps et Son Sang immaculés. Que celui qui ne l'a jamais fait auparavant le fasse au moins cette fois, alors que l'Étoile de Bethléem est déjà à briller! Nos esprits seront illuminés et nos coeurs entendrons :

"Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, paix sur la terre, bienveillance parmi les hommes!"

Le Christ est né!


+ Jean, archevêque de Bruxelles, Shangaï et San Francisco


02 juillet 2008

Saint Jean Maximovitch, archevêque de Bruxelles, Shangaï et San Francisco

saint Jean Maximovitch, souriant

"Né en 1896 dans le village d'Adamovka de la province de Kharkov, le bienheureux hiérarque Jean appartenait à la famille noble des Maximovitch. Baptisé sous le nom de Michel, il reçut son éducation secondaire à l'école militaire de Poltava et étudia ensuite le droit à l'Université de Kharkov. Lors de la guerre civile, qui suivit la Révolution (1921), sa famille fut évacuée à Belgrade, où il acheva ses études de théologie. En 1926, il fut tonsuré moine par le métropolite Antoine Khrapovitsky, un des plus brillants hiérarques russes qui avait pu échapper à la tourmente révolutionnaire. Recevant le nom de son saint parent, Jean de Tobolsk, il fut bientôt placé comme tuteur et professeur au séminaire serbe de Bitol, où il influença grandement ses étudiants par sa vie ascétique et sa paternelle sollicitude. Après avoir inspecté les dortoirs, il passait la nuit en prière et ne s'accordait finalement qu'une heure ou deux de repos, assis ou prosterné devant les icônes. Il reconnaissait par la suite lui-même que, depuis sa consécration monastique, il ne s'était jamais étendu pour dormir. Il ne mangeait qu'une fois par jour, un peu avant minuit, et pendant le Grand Carême il ne se nourrissait que du pain de l'autel, passant la première et la dernière semaine complètement à jeun.

En 1934, il fut ordonné évêque, malgré ses réticences, et envoyé à Shanghai, où il se dépensa tout entier pour le soutien et la consolation des multiples réfugiés russes. Il commença par réconcilier les orthodoxes de différentes nationalités, qui étaient divisés par des querelles de juridictions, et organisa l'assistance aux plus pauvres. Par tous les temps, il parcourait lui-même les rues, pour recueillir les enfants malades et les orphelins, aussi bien russes que chinois. L'orphelinat qu'il fonda, placé sous la protection de saint Tikhon de Zadonsk, commença avec huit enfants et en abritait enfants 3.005 quand l'arrivée des communistes obligea la communauté à se réfugier, d'abord dans une île des Philippines, puis aux États-Unis.

Malgré ses charges pastorales, saint Jean poursuivait - et étendait même sa vie ascétique - et il célébrait quotidiennement la Divine Liturgie. Atteint d'ulcères aux jambes, il refusait d'être opéré, et quand il se soumit finalement aux pressions de ses paroissiens, le soir même de l'intervention chirurgicale, il se trouvait dans l'église pour célébrer la vigile de l'Exaltation de la Croix. Se contentant des vêtements les plus humbles, il n'était chaussé que de sandales légères, qu'il cédait souvent à un pauvre, et célébrait toujours pieds nus, au grand dam de certains. Ainsi tendu vers Dieu par l'ascèse, avec la même rigueur que les Pères de jadis, il avait reçu de Dieu le don de clairvoyance, qu'il exerçait, avec discernement, pour le salut et l'édification des âmes. Il passait le plus clair de son temps à visiter les malades, pour leur porter la sainte Communion et leur procurer la consolation de la présence de Dieu, et ne dédaignait ni les prisonniers, ni les malades mentaux, qui le recevaient avec calme et joie et écoutaient avec attention ses sermons.

Durant l'occupation japonaise, alors que la colonie russe de Shanghai se trouvait constamment menacée, le courageux prélat en assuma, au péril de sa vie, la direction et continua à rendre visite à ses ouailles, même au coeur de la nuit, dans les quartiers les plus dangereux. Avec l'arrivée des communistes, en 1949, les réfugiés russes de Shanghai furent évacués, au nombre de 5.000, dans une île des Philippines, fréquemment soumise à des typhons. Mais, protégé par les prières de son pasteur, le camp de réfugiés fut épargné pendant les 27 mois de leur séjour. Et peu après le départ de la majorité des réfugiés, un terrible typhon détruisit totalement le camp.

Ayant réussi à obtenir l'autorisation d'émigration aux États-Unis pour son troupeau, l'infatigable pasteur fut nommé archevêque de l'Eglise russe hors frontières pour l'Europe occidentale (1951). Ayant son siège d'abord à Paris, il résida ensuite à Bruxelles. Loin de se limiter aux besoins pastoraux des émigrés russes, il montrait un vif intérêt pour la restauration de l'orthodoxie en Occident et manifestait une profonde dévotion pour les saints occidentaux antérieurs au Schisme, dont il s'efforça de rétablir la mémoire liturgique. En Europe, comme en Chine, et par la suite aux États-Unis, le bienheureux continuait de régler sa conduite uniquement sur la Loi divine, sans considération des conventions sociales, ce qui lui attirait la critique des uns, mais le faisait considérer avec admiration comme un "fou pour le Christ" de notre temps par les autres. Un jour, un prêtre catholique, voulant assurer à ses fidèles que la sainteté n'est point chose du passé, s'écria dans un sermon : "Voilà que dans les rues de Paris, circule aujourd'hui un saint Jean Nu-Pieds !"

En 1963, il fut envoyé d'urgence à San Francisco, pour restaurer la paix au sein de la communauté russe, divisée à propos de la construction de la cathédrale. Supportant sans murmure les calomnies, sans jamais juger autrui ou perdre sa paix intérieure, il accepta même de comparaître, contrairement aux saints canons, devant un tribunal civil pour répondre des accusations de détournement de fonds qu'on lui imputait. Il était certes strict en ce qui concernait la morale de ses fidèles et la préservation de la tradition ecclésiastique, mais il répandait à profusion l'amour divin sur tous ceux qui recouraient à lui, en montrant toujours une sollicitude enjouée pour les enfants. Ayant prédit longtemps à l'avance, le jour de son trépas, il s'endormit en paix, le 19 juin (2 juillet du calendrier civil) 1966, à Seattle. Ses funérailles dans la cathédrale de San Francisco furent un triomphe de l'orthodoxie réconciliée, et parmi les milliers de fidèles qui, pendant 6 jours, vinrent vénérer sa dépouille, nombreux furent ceux qui remarquèrent qu'elle ne montrait aucun signe de corruption et dégageait un suave parfum. Depuis, le bienheureux hiérarque a témoigné à maintes reprises son assistance céleste envers les fidèles de toute "juridiction" qui l'invoquaient."
supplément juin 1997 au Synaxaire grec.

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On regrettera la brièveté de la partie "Orthodoxie occidentale," comme c'est hélas systématique quand les notices sont rédigées en Orient ou par des convertis à l'orientalisme. Saint Jean Maximovitch a fait bien plus que simplement restaurer la vénération liturgique des grands saints Orthodoxes de l'Occident : il a oeuvré à ce que même la Liturgie de ces saints le soit aussi. Le lecteur trouvera quantité d'informations à cet égard sur ce blog-ci, nottament dans le menu déroulant tout en bas de page, consacré à l'Orthodoxie de rite occidental, et à son actualité. Car le primat de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières, mgr Hilarion de Sydney, a présidé il y a un an d'ici une Divine Liturgie en Rite Orthodoxe occidental (romain), dans le cadre du centenaire de l'autorisation de réintroduction des vénérables liturgies de l'Occident Orthodoxe....


Saint Jean Maximovitch, reconnu saint par le peuple des fidèles Chrétiens, élevé à l'honneur des saints Autels par l'Église locale de Serbie et l'Église Orthodoxe Russe Hors-Frontières (reconnu tel par le patriarcat de Moscou depuis ce 15/6/2008). Sa croix pectorale pend devant cette icône à Pervijze (Belgique), où jamais la lampe ne cesse de brûler, et par laquelle le saint évêque répand les grâces célestes sur les fidèles qui l'en prient avec foi et ferveur.

la cathédrale qu'il a fait bâtir à San Francisco :

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Acathiste adaptée de celle publiée dans : "L'Église Orthodoxe Russe et ses Missions," éditions saint Jean le Roumain, monastère Orthodoxe de l'Archange Saint-Michel, F-47230 Lavardac, 1994.

ACATHISTE - Au bien-aimé de Dieu thaumaturge et saint de notre temps, le bienheureux et toujours présent archevêque Jean de Shangaï, de Bruxelles et de San Francisco. Canonisé en 1994 à San Francisco par l'Église Russe hors frontières, et fêté le 19 juin / 2 juillet

KONTAKION I

Thaumaturge élu et serviteur exemplaire du Christ, qui en ces derniers temps répands sur nous des flots d'inspiration inépuisables et une multitude de miracles, nous te louons avec amour et vers toi nous nous écrions : Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.

IKOS I

Tu apparus en ces derniers temps comme un ange dans la chair, par la Grâce du Dieu ami des Hommes. Voyant la beauté de tes vertus, nous tes enfants nous nous écrions vers toi :

Réjouis-toi, toi qui vécus dans la vertu depuis ta plus tendre enfance.
Réjouis-toi, toi qui a persévéré jusqu'à la fin pour atteindre le Salut.
Réjouis-toi, toi qui as manifesté par des vertus sans nombre la grâce de Dieu.
Réjouis-toi, toi qui entendais mystiquement la prière lointaine de ceux qui étaient en détresse.
Réjouis-toi, toi qui fus rempli d'amour pour ton prochain et qui fis tout pour son salut.
Réjouis-toi, toi qui donnes la joie véritable à tous ceux qui s'adressent à toi dans la prière avec foi et amour.
Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.



KONTAKION II

Voyant l'abondance et la variété de tes vertus, ô Saint Hiérarque, nous voyons en toi la source vivante des miracles de Dieu pour notre temps . Tu consoles de ton amour et de tes miracles tous ceux qui crient vers Dieu : Alléluia


IKOS II

Père saint, étant rempli d'amour, tu le fus aussi de théologie. En toi, la connaissance de Dieu surgit à nouveau, débordante d'amour pour l'humanité souffrante. Apprends-nous aussi à connaître par l'amour le Dieu véritable tandis que nous nous écrions avec admiration :

Réjouis-toi, précieux vaisseau des dons du Saint Esprit.
Réjouis-toi, citadelle inébranlable de la vérité orthodoxe.
Réjouis-toi, juste accusateur de l'impiété et de la fausse doctrine.
Réjouis-toi, ardent observateur des commandements de Dieu.
Réjouis-toi, ascète rigoureux qui ne s'accorda nul répit.
Réjouis-toi, pasteur aimant du troupeau du Christ.
Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.


KONTAKION III

Par la grâce de Dieu, tu fus un père pour les orphelins et un instructeur pour les jeunes gens, les élevant dans la crainte de Dieu et les préparant pour son service. Ainsi tous tes enfants te considèrent avec amour et s'écrient vers Dieu avec gratitude : Alléluia

IKOS III

Les hôtes célestes plutôt que nous sur terre devraient t'honorer, car nos paroles sont faibles comparées à tes oeuvres. Pourtant offrant à Dieu ce que nous avons, nous nous écrions ainsi :

Réjouis-toi, toi qui as protégé tes enfants par ta prière constante.
Réjouis-toi, toi qui as toujours préservé ton troupeau par le Signe de la Croix.
Réjouis-toi, toi dont l'amour ignorait les frontières des pays ou des races.
Réjouis-toi, étincelant luminaire aimé de tous.
Réjouis-toi, modèle d'humilité spirituelle.
Réjouis-toi, toi qui apportas la consolation spirituelle à ceux qui étaient dans la détresse.
Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.


KONTAKION IV

Déconcertés par tes actes de piété et d'amour, nous ne savons comment te louer dignement, ô Hiérarque Jean. Tu as voyagé jusqu'aux confins de la terre pour ton peuple et prêché l'Évangile à ceux qui étaient dans les ténèbres. Remerciant Dieu pour ton labeur apostolique nous nous écrions vers Lui : Alléluia

IKOS IV

Les gens de nombreux pays ont contemplé ta vie et se sont émerveillés de la miséricorde de Dieu, même en ces derniers temps. Et nous aussi, émerveillés nous écrions avec crainte et respect:

Réjouis-toi, toi qui as suivi ton peuple à l'Orient et à l'Occident.
Réjouis-toi, fontaine de miracles répandus par Dieu.
Réjouis-toi, qui corrigeait avec amour ceux qui s'égaraient.
Réjouis-toi, prompte consolation de ceux qui se repentent de leurs péchés.
Réjouis-toi, appui de ceux qui sont sur le droit chemin.
Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.


 

KONTAKION V

Tu fus manifesté comme un canal du pouvoir de Dieu pour arrêter les forces destructrices de la nature déchue. O saint archevêque, sur une île tu préservas ton peuple de la mortelle tempête par ta prière et par le Signe de la Croix. Préserve-nous aussi, nous qui nous écrions émerveillés vers Dieu : Alléluia
IKOS V

Tous ceux qui se sont fiés à ton intercession dans le malheur et l'adversité ont été délivrés, ô hardi intercesseur devant le Trône de Dieu. C'est pourquoi nous plaçons nous aussi notre espoir en toi afin que par tes prières à Dieu, tu nous protèges du danger, tandis que nous nous écrions vers toi:

Réjouis-toi, toi qui empêchas les forces de la nature de nuire à ton troupeau.
Réjouis-toi, qui par ta prière réponds à ceux qui sont dans le besoin.
Réjouis-toi, pain inépuisable des affamés.
Réjouis-toi, abondante richesse de ceux qui vivent dans la pauvreté.
Réjouis-toi, consolation des affligés.
Réjouis-toi, secours prompt de ceux qui sont tombés.
Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.


KONTAKION VI

Tu te révélas comme un nouveau Moïse, conduisant ton peuple hors de l'esclavage, ô archevêque Jean. Délivre-nous aussi de l'esclavage du péché et de l'ennemi de Dieu tandis que nous nous écrions vers Lui : Alléluia!

IKOS VI

Tu fis l'impossible pour persuader les autorités de ce monde d'avoir pitié de ton troupeau, ô bon pasteur. Prie pour nous maintenant pour que nous vivions dans la paix et la quiétude, que nous sauvions nos âmes, tandis que nous nous écrions vers toi avec gratitude :

Réjouis-toi, aide de tous ceux qui font appel à toi avec foi.
Réjouis-toi, toi qui peux délivrer de la mort et du désastre.
Réjouis-toi, toi qui préserves des mensonges et de la calomnie.
Réjouis-toi, toi qui protèges les innocents des envoûtements.
Réjouis-toi, toi qui déjoues les attaques des iniques.
Réjouis-toi, destructeur du mensonge et héraut de la vérité.
Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.


KONTAKION VII

O admirateur des Saints orientaux et occidentaux, tu réintroduisis dans l'Église Orthodoxe les saints de l'Occident originaires de contrées qui avaient apostasié la vérité. Maintenant avec eux, tu pries Dieu pour nous, tandis que sur terre nous nous écrions vers Lui : Alléluia


IKOS VII

O fervent vénérateur des saints Apôtres des Gaules, tu te révélas en ces derniers temps comme l'un d'entre eux, exhortant ton troupeau à conserver la même Foi orthodoxe qu'ils confessaient et étonnant les peuples de l'Occident par ta sainte vie. Préserve-nous maintenant dans la même foi tandis que nous nous écrions vers Toi :

Réjouis-toi, nouveau Martin par tes miracles et tes exploits ascétiques.
Réjouis-toi, nouveau Germain par ta confession de la foi orthodoxe.
Réjouis-toi, nouvel Hilaire par ta divine théologie.
Réjouis-toi, nouveau Grégoire par ton amour pour les Saints de Dieu.
Réjouis-toi, nouveau Feuillen pour ton noble amour et ta ferveur monastique.
Réjouis-toi, nouveau Lambert par ta conduite ferme mais pleine d'amour de l'Église de Dieu.
Réjouis-toi, nouveau Materne par tes labeurs incessants d'évangélisation.
Réjouis-toi, nouvel Etienne par ton amour pour les saintes Liturgies orthodoxes d'Occident.
Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.


KONTAKION VIII

A la fin de ta vie, ô saint archevêque, tu fus appelé au Nouveau Monde, pour y témoigner du Christianisme des origines et souffrir la persécution pour ta droiture, préparant ainsi ton âme pour le Ciel. Emerveillés maintenant par ta patience et ta longanimité, nous nous écrions vers Dieu : Alléluia

IKOS VIII

Ouvrier de la vigne du Christ qui ne connus nul repos même à la fin de ta vie de labeur, aide-nous dans nos épreuves tandis que nous nous efforçons d'être fidèles au Christ, nous écriant vers toi pour te louer :

Réjouis-toi, toi qui as persévéré jusqu'à la fin pour atteindre le salut.
Réjouis-toi, toi qui fus reconnu digne de mourir devant l'icône de la Mère de Dieu.
Réjouis-toi, toi qui as gardé ta foi et ton courage au sein d'injustes persécutions.
Réjouis-toi, toi qui as oeuvré jusqu'à la fin pour ton troupeau et qui as attendu la mort assis comme un hiérarque.
Réjouis-toi, toi qui est revenu par la voie des airs pour être enterré parmi ton troupeau.
Réjouis-toi, toi qui accomplis des merveilles pour ceux qui viennent à ton sépulcre avec foi et amour.
Réjouis-toi, ô saint Hiérarque Jean thaumaturge de ces derniers temps.


KONTAKION IX

Tous les choeurs angéliques se réjouirent lors de la montée de ton âme vers leur demeure céleste, s'émerveillant des miracles que tu accomplis sur terre par l'action du Saint-Esprit, à Qui nous chantons : Alléluia


IKOS IX

Les hagiographes trouvent impossible de décrire ta vie de sainteté par des mots nombreux et éloquents, ô juste Jean, car tu es devenu le vivant séjour du pouvoir du Dieu ineffable. Aussi, incapables de faire silence devant le prodige manifesté à notre âge de faible foi, nous te glorifions :

Réjouis-toi, divin palais d'où part le conseil du Bon Roi,
Réjouis-toi, petit et humble logis contenant la beauté spacieuse des demeures angéliques,
Réjouis-toi, toi qui as acquis une maison non faite de main d'homme, éternelle dans les cieux,
Réjouis-toi, havre où toutes sortes de maladies sont divinement guéries,
Réjouis-toi, lieu de prédilection du mystérieux labeur de la prière,
Réjouis-toi, temple béni du Saint-Esprit,
Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.



KONTAKION X

Souhaitant sauver le monde, le Sauveur de tous a envoyé un nouveau saint parmi nous et par lui nous a arrachés aux sombres replis du péché. Entendant cet appel à la pénitence, les indignes que nous sommes se tournent vers Dieu en Lui criant : Alléluia

IKOS X

Tu es un mur nous mettant à l'abri de l'adversité, ô archevêque Jean, car par tes intercessions célestes nous sommes délivrés des attaques des passions démoniaques et des afflictions terrestres. Devant la ferme assise de ta prière, nous crions avec foi :

Réjouis-toi, qui rend la vue aux aveugles,
Réjouis-toi, qui redonne force et vie aux agonisants,
Réjouis-toi, secours divin des victimes du doute et du trouble,
Réjouis-toi, rosée pour ceux que consume l'affliction,
Réjouis-toi, père bienveillant pour les isolés et les délaissés,
Réjouis-toi, saint maître de ceux qui cherchent la Vérité,
Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.


 

KONDAKION XI

Ta vie fut un hymne à la Très Sainte Trinité, elle surpasse nos vies en pensées, paroles et actes, o bienheureux Jean. Car avec beaucoup de sagesse tu as expliqué les préceptes de la vraie Foi, nous apprenant à chanter avec foi, espérance et amour, au Dieu Un dans la Trinité: Alléluia


IKOS XI

Tu es pour nous le flambeau rayonnant de l'Orthodoxie au sein des ténèbres de l'ignorance, ô pasteur élu du troupeau du Christ, notre père Jean, car même après ton trépas, tu proclames la vérité aux ignorants et instruis ceux qui cherchent à être guidés et tous ceux qui s'écrient vers toi :

Réjouis-toi, éclat de la Sagesse divine pour ceux qui sont dans l'ignorance.
Réjouis-toi, arc-en-ciel de joie paisible pour les doux.
Réjouis-toi, foudre qui tombe sur les pécheurs invétérés.
Réjouis-toi, éclair du zèle divin.
Réjouis-toi, torrent d'explication des dogmes de Dieu.
Réjouis-toi, inspirateur de pensées théologiques.
Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.


KONTAKION XII
La grâce a été épanchée dans les derniers jours sur nous tous. A la vue de celle qui provient d'un saint archevêque qui marcha jadis parmi nous, recevons-la avec vénération et action de grâces, criant à Dieu : Alléluia

IKOS XII

Dans ses hymnes à Dieu, le choeur céleste des saints se réjouit qu'il n'ait pas oublié le monde déchu et sans foi, mais ait manifesté Son pouvoir tout-puissant en toi, son doux et humble serviteur. O bienheureux Jean, avec tous les saints nous te rendons grâces et t'honorons :

Réjouis-toi, nouvel astre de justice brillant au firmament,
Réjouis-toi, nouveau prophète envoyé avant l'assaut final du démon,
Réjouis-toi, nouveau Jonas prévenant tous les hommes des salaires du péché.
Réjouis-toi, nouveau Baptiste appelant tous les pécheurs à une vie de prière et de pénitence,
Réjouis-toi, nouveau Paul souffrant pour prêcher l'Évangile en esprit de vérité,
Réjouis-toi, nouvel apôtre dont les miracles instillent en nous foi et crainte,
Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.


KONTAKION XIII
O notre très saint et très merveilleux hiérarque Jean, consolation de tous les affligés, accepte maintenant notre offrande pieuse, pour que par tes prières à notre Seigneur, nous soient épargnés les tourments éternels et que par ton intercession agréable à Dieu, nous puissions te crier éternellement : Alléluia


IKOS I
Tu apparus en ces derniers temps comme un ange dans la chair, par la grâce du Dieu ami de l'hommes. Voyant la beauté de tes vertus, nous tes enfants nous nous écrions vers toi :

Réjouis-toi, toi qui vécus dans la rectitude depuis ta plus tendre enfance.
Réjouis-toi, toi qui a persévéré jusqu'à la fin pour atteindre le Salut.
Réjouis-toi, toi qui as manifesté par des vertus sans nombre la grâce de Dieu.
Réjouis-toi, qui entendais mystiquement la prière lointaine de ceux qui étaient en détresse.
Réjouis-toi qui fus rempli d'amour pour ton prochain et qui fis tout pour son salut.
Réjouis-toi, toi qui donnes la joie véritable à tous ceux qui s'adressent à toi dans la prière avec foi et amour.
Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps

KONTAKION I

Thaumaturge élu et serviteur exemplaire du Christ, qui en ces derniers temps répands sur nous des flots d'inspiration inépuisables et une multitude de miracles nous te louons avec amour et vers toi nous nous écrions: Réjouis-toi, saint archevêque Jean, thaumaturge de ces derniers temps.


PRIÈRE A NOTRE SAINT PÈRE THÉOPHORE ET THAUMATURGE JEAN DE SHANGHAI, DE BRUXELLES ET DE SAN FRANCISCO

O bien-aimé hiérarque Jean, tandis que tu vivais parmi nous, tu vis en vérité le futur comme s'il s'agissait du présent, les choses éloignées étaient proches pour toi et les coeurs et les esprits étaient comme les tiens propres. Nous savons qu'en cela tu étais illuminé par Dieu avec Qui tu fus toujours en communion mystique de prière et en Qui tu demeures éternellement à présent. Comme tu pouvais entendre les suppliques mentales de ton troupeau dispersé au loin avant même qu'il ne puisse te parler, ainsi, écoute maintenant nos prières, et portes-les auprès du Seigneur. Tu as été transféré à la vie sans fin, dans l'autre monde et pourtant tu n'es pas loin de nous en vérité, car le ciel nous est plus proche que nos propres âmes. Montre envers nous qui sommes effrayés et seuls, la même compassion que tu montras un jour aux orphelins tremblants. Donne-nous à nous qui sommes tombés dans le péché, la confusion et le désespoir, le même enseignement strict mais affectueux que tu donnas jadis à ton troupeau élu. En toi nous voyons la ressemblance vivante de notre Créateur, l'esprit vivant de l'Evangile et le fondement de notre foi. Dans la vie pure que tu menas à notre époque pécheresse, nous voyons un modèle de vertu, une source d'enseignement et d'inspiration. Considérant la grâce qui te fus
accordée, nous savons que Dieu n'a pas abandonné Son peuple. C'est plutôt nous qui nous sommes séparés de Lui et nous devons retrouver la ressemblance de la Divinité comme tu le fis toi-même. Par ton intercession, ô bienheureux, accorde-nous d'accroître notre effort pour cheminer vers la céleste patrie, établissant nos penchants vers les choses d'En-Haut, oeuvrant dans la prière et la rectitude, combattant enfin les attaques de notre nature déchue. Invoque pour nous la miséricorde de Dieu, afin que nous nous joignions à toi un jour dans Son royaume. Car notre plus profond désir est de vivre à jamais avec Lui, avec le Père et le Fils et le Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen


d'après l'Hymne Acathiste composée par le bienheureux hiéromoine Séraphim Rose (+ 1982)


  

(livre & Icône à commander au monastère de Pervijze, patriarcat de Moscou)



Office à saint Jean Maximovitch (Église Orthodoxe Russe Hors Frontières) :
http://pagesperso-orange.fr/stranitchka/VO20/office_St_Jean_Chg.html



TROPAIRE DE SAINT JEAN MAXIMOVITCH DE SHANGAI, BRUXELLES ET SAN FRANCISCO, Ton 5
Comme un soleil spirituel dans le ciel du firmament, tu as éclairé le monde entier et tu as illuminé les âmes des hommes. C'est pourquoi ton nom est glorifié à l'Orient et à l'Occident, car tu brilles de la grâce du Soleil de Justice, ô Jean notre pasteur bien-aimé. Aussi ne cesse pas de supplier le Christ afin qu'il ait pitié de nos âmes.

KONDAKION, ton 8
A toi, le pasteur et le protecteur d'une immense multitude d'orphelins sans abri, de veuves, de pauvres et d'affligés, nous offrons des hymnes d'amour et de reconnaissance. Mais comme un hiérarque empli de la grâce et du zèle de la piété, tu nous sauves des ennemis de la Vérité Apostolique, car nous nous écrions vers toi :
Réjouis-toi, ô Jean grand thaumaturge
.



Quelques icônes en ligne
http://www.rocor.org.au/lives/stjohnsanfranciscoshanghai
http://sspp-tucson.org/john_maximovich1.jpg

splendide page d'Icônes de saint Jean Maximovitch :
http://www.saintjohnwonderworker.org/icon.htm
et de photos :
http://www.saintjohnwonderworker.org/photos/photos_1.html


Acathiste en anglais :
https://www.christthesavioroca.org/stjohnmaximovitch


Partitions pour l'Office en anglais & slavon ton kiévain (19 juin):
https://music.russianorthodox-stl.org/june

PRIÈRE
"O Seigneur Jésus-Christ, Qui a appelé le simple et l'humble à porter la lumière de l'Évangile au monde; et dans ces jours qui sont les derniers, a suscité Ton saint serviteur saint Jean (Maximovitch) pour encourager et bénir la mission et le ministère de l'Orthodoxie en Occident, répand Ta sagesse et Ta grâce sur ceux qui cherchent à répandre la Parole de Ta Vérité en apportant une vision plus large de la Foi et de la mission Orthodoxe; que l'Occident puisse se relever de son apostasie et de ses profondes divisions, et que ses anciens rites soient restaurés dans leur plénitude pour Ta sainte Église Orthodoxe. Ouvre les esprits et les coeurs de tous les peuples et hiérarques Orthodoxes, afin que les efforts de saint Jean puissent porter du fruit et que Ton Église puisse être une. Voici la demande que nous T'adressons, Seigneur Jésus-Christ, Qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles. Amen."



10 juin 2008

Russie: le Saint-Synode, saint Jean Maximovitch, la sainte famille impériale et les néo-martyrs

(merci au p. Serge pour le texte russe de l'agenda du Saint-Synode et à Varvara pour les sources en anglais)

http://02varvara.wordpress.com/2008/04/18/


Conférence académique à l'université Orthodoxe Saint Tikhon à Moscou
Le p. Georgy Mitrofanov est un des participants


Moscou, 15 Avril 2008 (Interfax): Le Concile des archevêques du patriarcat de Moscou, qui se tiendra en juin, examinera la question de la glorification universelle de saint Jean Maximovitch de Shangaï et San Francisco [*], de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières. Saint Jean a été glorifié localement par l'EORHF en 1994.
Le p. Georgy Mitrofanov, ancien membre de la Commission de Canonisation, a déclaré à Interfax-Religion qu'une liste unifiée des Nouveaux Martyrs de Russie serait publiée l'an prochain par le PM et l'EORHF. Il a expliqué qu'une telle nouvelle liste était nécessaire, parce que la canonisation des Nouveaux Martyrs par l'EORHF dans les années 1980 a été une canonisation collective, ajoutant automatiquement tous les noms à la liste des saints sans avoir eu l'opportunité d'investiguer tous les détails de chaque cas particulier. De plus, à l'époque, l'EORHF n'avait pas accès aux matériaux d'archives, depuis lors déclassifiés, qui ont donné des preuves documentaires sur la manière dont s'est comportée telle ou telle personne pendant son interrogatoire.
"La canonisation des Nouveaux martyrs par l'EORHF dans les années 1980 a connu plusieurs étapes. Tout d'abord, ils ont glorifié l'entièreté de l'Assemblée des Nouveaux Martyrs de Russie. Après avoir inscrit certains des noms au rouleau des saints, ils firent peindre une Icône, et certains de ceux qui y étaient dépeints n'étaient objectivement pas des saints, et c'est alors seulement que commença une réelle énumération des Nouveaux Martyrs. Au PM, on avait choisi une autre méthode. Chaque canonisation était traitée sur base individuelle, nous avons travaillé lentement et avec précaution, et nous avons soigneusement étudié toutes les archives disponibles sur chaque candidat," explique p. Georgy.
Le p. Georgy rajoute que c'est parce que le processus de canonisation au sein de l'EORHF a suivi le schéma inverse que de ci de là sont apparues des anomalies. Par exemple, ils ont canonisé en même temps que la famille royale tous leurs serviteurs morts avec eux, alors que certains n'étaient pas Chrétiens Orthodoxes (Aleksei Igorovich Trupp, était catholique-romain et Mme Schneider était protestante luthérienne).
Cependant, le plus célèbre nom sur la liste des saints de l'EORHF qui n'est pas actuellement repris sur celle du PM, c'est celui de l'archevêque Jean Maximovitch de Shangaï, qui avait été le chef spirituel des Orthodoxes de l'émigration russe en Chine, à Paris [*] et à San Francisco pendant les années qui suivirent la victoire de l'Armée Rouge pendant la guerre civile. "Une nouvelle canonisation de Vladika Jean ne sera pas nécessaire, nous allons simplement introduire son nom dans la liste commune universelle des saints," a ajouté le p. Gregory.
L'article original en russe :
http://www.interfax-religion.ru/?act=news&div=23950


[*] ndt : Nos amis d'Interfax Russie semblent avoir quelques problèmes avec la géographie ouest-européenne... car le siège épiscopal de saint Jean Maximovitch, quand il était archevêque de l'Europe Occidentale, c'était à Bruxelles et non pas à Paris! Ce siège épiscopal, c'est la célèbre église Saint-Job, avenue de Fré, à Uccle, pas loin de l'ambassade de Russie en Belgique. Laquelle église existe toujours, célèbre toujours, et contient un mémorial à la sainte famille impériale martyre, et une relique authentique de la sainte impératrice, trouvée par le juge de l'Armée Blanche la semaine ayant suivi le massacre. Un lieu aussi riche spirituellement, on ne devrait pas le laisser ignorer.




Autre note : le monastère du patriarcat de Moscou en Belgique, situé à Pervijze, près de Diksmuide, dédié à la "Mère de Dieu consolatrice", accueille depuis longtemps les visiteurs avec une grande Icône de saint Jean Maximovitch sur une des pilastres de l'entrée. Et à l'intérieur, il possède une relique de saint Jean, sa croix pectorale, accrochée à une Icône devant laquelle brûle toujours une veilleuse à huile. L'absence de saint Jean sur la liste officielle du PM n'avait pas empêché nombre de Russes de connaître la sainteté du grand thaumaturge de Bruxelles, Shangaï et San Francisco, protecteur du Rite Orthodoxe Occidental, héros de la résistance à l'invasion japonaise, etc...


Quelques films de la canonisation sont disponibles sur youtube, mais c'est en version hélas partielle et de mauvaise qualité. Espérons qu'un jour on verra l'entièreté de la Liturgie, si magnifique.
http://www.youtube.com/watch?v=LkZ9w5R7hyk
http://www.youtube.com/watch?v=u0pgZesxAW0

l'église Orthodoxe à Shangaï:

http://www.youtube.com/watch?v=e1A_7h7w4gA



Le tsar saint Nicolas Alexandrovich avec sa famille

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Moscou, 16 Avril 2008 (Interfax)
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=4559
Le Saint Synode du patriarcat de Moscou a donné instruction à l'archevêque Vikenti de Yekaterinburg d'établir un programme pour la commémoration du 90ème anniversaire de la mort de toute la famille du dernier tsar de Russie, Nicolas II. En plus, des Offices religieux de commémoration des martyrs royaux seront célébrés dans toutes les églises russes les 16-17 juillet 2008, a décidé le Saint Synode mardi lors de sa session à Moscou. Le mois dernier, les membres d'une organisation publique et religieuse appelée "Yekaterinburg Initiative" ont exhorté les dirigeants russes à renommer toutes les agglomérations en Russie portant le nom de gens ayant participé à l'assassinat de la famille impériale.

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A (re)lire, un article complet sur la sainte famille impériale et les découvertes de reliques
http://stmaterne.blogspot.com/2008/05/russie-ladn-offrirait-il-enfin-le-repos.html

27 avril 2008

Épître de Pâques de saint Jean Maximovitch





Valaam monastery: Pascha sticharion



saint Jean, célébrant à Tunis (1952), entouré de la Lumière Incréée


Le Christ est Ressuscité!
Il est vraiment ressuscité!
http://www.fatheralexander.org/booklets/english/johnmx2_e.htm


Épître Pascale de l'archevêque Jean (Maximovitch),
aux fidèles d'Europe Occidentale et aux fidèles d'Asie de l'Est, et à tous ses enfants spirituels.
Paris, 1956


Purifions nos sens, et regardons à travers l'étincelante et inapprochable Lumière de la Résurrection du Christ.

A présent, tout est rempli de Lumière – les Cieux, la terre et le monde sous-terrain. Tout est baigné de Lumière : le Christ est ressuscité des morts. Les Cieux sont dans l'allégresse, la terre se réjouit, le monde sous-terrain exulte.

Les Anges au Ciel chantent Ta Résurrection, Ô Christ-Sauveur. Tu nous rends aussi, sur terre, dignes de Te glorifier d'un coeur pur.

Le choeur angélique, horrifié d'avoir vu son Créateur et Maître gisant mort, laisse à présent résonner un chant joyeux, Le glorifiant ressuscité. Aujourd'hui, Adam exulte et Ève se réjouit; et avec eux le font les prophète et les patriarches, chantent de dignes choeurs au Créateur de tout et à notre Libérateur, Qui descendit dans l'Hadès pour notre Salut.

Le Donateur de Vie guide les hommes hors de l'Hadès en ce jour, et les élève jusqu'au Ciel: Il jette à bas les puissances de l'ennemi et brise les portes de l'Hadès par la divine Puissance de Son autorité.

Sur terre, les Anges annoncent la réjouissante nouvelle aux hommes et proclament la Résurrection du Christ. Revêtus de vêtements blancs resplendissants, les Anges demandent aux femmes Myrophores : "Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts? Il est Ressuscité; Il n'est plus ici! Venez, et voyez l'emplacement où le Seigneur gisait mort."

Les Myrophores se précipitèrent vers les Apôtres, leur apportant la bonne nouvelle. Et par les Apôtres et l'Évangile, la Résurrection du Christ est prêchée aujourd'hui partout dans le monde.

Tous les Apôtres ne virent pas immédiatement le Christ ressuscité à travers des yeux spirituels. Deux disciples voyageant vers Emmaüs virent Jésus venir à eux, mais ils ne Le reconnurent pas jusqu'à ce qu'Il ait consolé leurs coeurs affligés; et alors leurs yeux spirituels s'ouvrirent. Marie-Madeleine conversa avec le Christ dans le jardin mais ne Le reconnut pas ni ne fut instruite du mystère de la Résurrection, jusqu'à ce que la voix de son bien-aimé Maître toucha son coeur et illumina son âme, qui pensait jusqu'alors selon la pensée de ce monde.

Ce fut le disciple bien-aimé, Jean, dont le coeur était pur et intact, qui timidement, avant tous les autres, décrivit la Lumière du Christ Ressuscité à travers un regard spirituel; et avec ses yeux corporels, il contempla le Seigneur manifesté.

Chassant et dispersant les ténèbres et la sombre tempête du péché, le Christ, le Soleil de Justice, brilla, illuminant non seulement les coeurs et les âmes des Apôtres, mais aussi de tous ceux qui s'approchent de Lui avec Foi, cherchant le Salut.

"Bienheureux qui n'ont pas vu et qui croient," a dit le Christ; "bienheureux ceux qui ne M'ont pas vu avec les yeux du corps, mais avec les yeux du coeur."

Ce fut avec ses yeux spirituels que l'archidiacre Étienne, le protomartyr, vit les Cieux ouverts et le Seigneur Jésus à la droite de Dieu le Père. Ce fut avec les yeux de la Foi que le Seigneur fut contemplé par le grand martyr Georges le Victorieux et par tous les autres martyrs qui ont livré leurs vies terrestres pour le Christ, afin de pouvoir recevoir de Lui la vie éternelle. Ce fut sur Lui que les athlètes spirituels (podvizhniki) fixèrent leur regard spirituel; méprisant les plaisir charnels, ils furent couronnés aux Cieux de la gloire qui jamais ne s'éteint.

Mais ni les scribes ni les pharisiens, Ses ennemis, ne virent le Christ Ressuscité. Ni les bourreaux des martyrs ne Le virent, Qui encourageait les martyrs. Ni ne L'ont vu, ni ne Le verront, tous ceux dont le regard spirituel est enténébré par l'incroyance, ceux dont le coeur est souillé de péchés et de vices, ceux qui ne se tournent que vers le terrestre, jamais ils ne verront la Lumière de la gloire du Christ Ressuscité.

Purifions nos coeurs de toutes souillures et fautes, et nos yeux spirituels seront illuminés.

La Lumière de la Résurrection du Christ surgira et emplira nos âmes, de la même manière que l'église de la Résurrection [à Jérusalem; ndt], tout au long des siècles, le Samedi Saint, est remplie de la Lumière quand le patriarche Orthodoxe – et exclusivement le patriarche Orthodoxe – reçoit le Feu Céleste.

Élevons nos coeurs! Oublions tout ce qui est terrestre; réjouissons-nous en ce jour, débordons d'allégresse!

Le Christ est Ressuscité des morts, par la mort ayant vaincu la mort.

Le Christ est Ressuscité!

Archevêque Jean,
Pâques du Christ, 1956, Paris
"Pravoslavnaya Rus'" ("Orthodox Rus'"), No. 7, 1996, p.5.


Le Christ est ressuscité!
!المسيح قام! حقا قام
Kristus aq ungwektaq! Pichinuq ungwektaq!
ქრისტე აღსდგა! ჭეშმარიტად აღსდგა!
Crist aras! Crist soþlice aras!
İsa dirildi! Hakikaten dirildi!
Christus is verrezen! Hij is waarlijk verrezen!
Krishti u ngjall! Vërtet u ngjall!
Li Crist a raviké! Il a raviké podbon!
Хрїстóсъ воскрéсе! Воистину воскресе!
Dassoret eo Krist! E wirionez dassoret eo!



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Acclamation pascale en slavon : Christos vosskresse! (mp3)
source : http://crypte.fr/offices.html



Le président russe Vladimir Poutine fête bien entendu Pâques


source



05 avril 2007

S. Jean Maximovitch: nuit du Jeudi Saint, la prière du Christ dans le Jardin


par saint Jean (Maximovitch)

olivier dans le jardin de Gethsemaniolivier dans le jardin de Gethsemani
(c) & source

Ayant célébré la Dernière Cène avec Ses disciples, et leur ayant donné Ses préceptes, le Seigneur marcha avec eux jusqu'au Mont des Oliviers (Mt 26,30; Mc 14,26; Lc 22,39). En chemin, Il continua à leur donner Ses instructions finales. Ensuite, Il Se tourna vers le Père Céleste, adressant une prière pour Ses disciples et pour ceux qui croiraient en Lui à travers leur prédication (Jn 17).

Franchissant le ruisseau du Cedron, le Seigneur et Ses disciples entrèrent dans le Jardin de Gethsemani, où ils avaient l'habitude de fréquemment se réunir (Mt 26,37; Mc 14,32; Jn 18,1-2). Ensuite Il quitta Ses disciples, leur demandant de rester à veiller pendant qu'Il partait prier. Accompagnés uniquement de Pierre, Jean et Jacques, Il S'éloigna quelque peu. Il avait besoin d'être seul, mais sachant tout ce qui allait se produire, Il commença à être triste, mal, et Il dit à ceux qui étaient avec Lui : "Mon âme est triste à en mourir. Restez ici et veillez avec Moi" (Mt 26,38). Et, S'étant quelque peu éloigné, Il tomba face contre terre et pria.

A 2 reprises, le Seigneur interrompit Sa prière et revint près de Pierre et des fils de Zébédée. Hélas! S'ils étaient encore physiquement présents, ils avaient été vaincus par le sommeil. C'est en vain que leur divin Maître tenta de les persuader de veiller et de prier, afin de ne pas entrer en tentation: l'esprit est ardent, mais la chair est faible (Mt 26,41; Mc 14,38). Les disciples se rendormirent aussitôt que le Sauveur les avait quitté pour continuer Sa prière, qui ne s'acheva que lorsque l'heure où le Fils de l'Homme devait être livré aux mains des pécheurs arriva. L'agonie de la prière de Jésus parvint à son paroxysme, et Sa sueur fut mêlée à des gouttes de sang, coulant au sol (Lc 22,44).

Pour quoi donc Jésus priait-Il avec tant de ferveur? Pour quoi suppliait-Il le Père Céleste, tombant 3 fois face contre terre? "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de Moi! Toutefois, non pas ce que Je veux, mais ce que Tu veux. Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que Je la boive, que Ta volonté soit faite!"

Le Seigneur Jésus-Christ était le Dieu-Homme. A la fois de nature Divine et humaine, ne subissant ni changement ni fusion, "sans confusion, sans division" (dogme du Concile de Chalcédoine), unies en Lui en une Personne. En conformité avec les 2 natures, le Seigneur avait aussi 2 volontés. En tant que Dieu, Jésus était un en essence avec Dieu le Père et un en volonté avec Lui et le Saint Esprit. Mais étant parfaitement homme, avec un corps et une âme, le Seigneur avait aussi des sentiments humains et une volonté humaine, et Sa volonté humaine était totalement soumise à la volonté Divine.

Le Seigneur soumis Sa volonté humaine à celle de Dieu et ne chercha qu'à faire la volonté de Son Père Céleste (Jn 5,30); Sa nourriture spirituelle était de faire la volonté de Celui Qui l'avait envoyé et d'accomplir Ses oeuvres (Jn 4,34). Et Il avait à accomplir une tâche égale à aucune autre, une tâche qui allait surprendre même la nature insensible, inanimée. Il allait racheter l'humanité du péché et de la mort, et rétablir l'union de l'Homme avec Dieu. Le Sauveur, sans péché, allait prendre sur Lui tous les péchés de l'humanité, de sorte que Lui, qui n'avait commis aucun péché, allait sentir le poids des péchés de toute l'humanité, et en ressentirait une immense tristesse, comme seule le peut la sainteté parfaite, qui ressent clairement la moindre déviation par rapport aux Commandements et à la volonté de Dieu. Dans Son humanité sainte et sans péché, Celui en Qui Divinité et humanité étaient hypostatiquement unies, allait éprouver toute l'horreur de la séparation de l'homme de son Créateur, de l'aliénation de l'humanité pécheresse loin de Dieu, la source de sainteté et Lumière. A ce moment, la profondeur de la chute de l'humanité allait être exposée. L'homme qui refusa d'obéir à Dieu en Paradis mais suivit le démon qui avait menti au sujet de Dieu, allait à présent se dresser contre Son divin Sauveur, pour Le calomnier, et, L'ayant déclaré indigne de vivre sur terre, allait Le pendre au bois entre terre et ciel, Le plaçant sous la malédiction de la Loi donnée par Dieu (Deut. 21,22-23). Le Sans Péché, rejeté par ce monde pécheur pour lequel Il avait tant souffert, allait pardonner ce crime à l'humanité, et élever Sa prière au Père Céleste, implorant la Divine Vérité de pardonner ainsi à l'humanité, qui avait été aveuglée par le démon, pour son rejet de son Créateur et son Sauveur. Une telle sainte prière ne pouvait rester sans réponse, une telle puissance d'amour ne pouvait qu'unir la source de l'amour, Dieu, avec ceux qui, au moins à présent, allaient prendre conscience de cet amour et, ayant compris à quel point leur cheminement étaient éloignés des chemins de Dieu, allaient à présent décider de retourner à Dieu le Père par le Créateur Incarné.

A présent était arrivée l'heure où tout cela allait se passer. Dans quelques heures, le Fils de l'Homme, élevé sur la Croix, allait attirer tout le monde à Lui par Son auto-sacrifice. Touchés par Son amour, les coeurs pécheurs n'allaient pas savoir Lui résister. L'amour du Dieu-Homme allait briser le coeur de pierre des hommes. Ils allaient prendre conscience de leur impureté et de leur ténèbre, de leur insignifiance. Seuls les obstinés dans leur haine de Dieu n'allaient pas vouloir être illuminés par la Lumière de la grandeur et miséricorde divine. Mais tous ceux qui ne se sont pas détournés de l'appel divin, illuminés par la Lumière de l'amour du Dieu-Homme, allaient comprendre leur état de séparation de cet aimant Créateur, et allaient aspirer à Lui être unis. Le plus grand mystère allait avoir lieu : l'humanité allait vouloir retourner à son Créateur, et le Seigneur miséricordieux allait recevoir dans la joie ceux qui allaient quitter le démoniaque menteur et se hâter vers Celui à l'image duquel ils avaient été créés. Le mur de l'inimitié était détruit.
"Amour et Vérité se rencontrent,
Justice et Paix s'embrassent;
De la Croix, la Vérité germera de la terre,
et des cieux se penchera la Justice" (Ps 85,11-12).
L'heure était arrivée où tout cela allait s'accomplir.

Cependant, le monde ne savait pas encore la grandeur du jour qui allait se lever. Mais devant les yeux du Dieu-Homme, tout ce qui allait se passer était révélé. Il Se sacrifiait volontairement pour le Salut de la race humaine. Et maintenant, Il Se retrouvait pour une dernière fois tout seul à prier Son Père Céleste. Il allait y offrir le sacrifice qui allait sauver l'humanité – Il allait Se donner Lui-même, volontairement, à la souffrance, et Se livrer aux puissances des ténèbres.

Cependant, ce sacrifice n'aurait apporté aucun Salut si Il ne devait y avoir éprouvé que Sa souffrance personnelle. Il avait à être tourmenté par les douloureuses blessures du péché qui affligent l'humanité. Le coeur du Dieu-Homme se remplit alors d'une inexprimable tristesse. Tous les péchés humains, à commencer par la transgression d'Adam, et s'achevant avec ceux commis au son de la dernière trompette [Apoc. 10,7], tous les grands et petits péchés de toute l'humanité paraissent mentalement devant Lui. En Dieu, Il les avait toujours devant Lui, "toutes choses étaient manifestes devant Lui", mais maintenant, Sa nature humaine éprouve aussi tout leur poids et abomination. L'âme sainte et sans péché se remplit d'effroi. Sa souffrance surpasse celle des pécheurs eux-mêmes, ceux dont les coeurs endurcis ne se rendent pas compte à quel point le péché défigure l'homme et le rend étranger au Créateur. Ses souffrances sont plus intenses parce qu'Il voit cet endurcissement des coeurs Il voit que les gens ont aveuglés leurs yeux afin de ne pas voir, et qu'ils ne veulent pas entendre avec leurs oreilles et se tourner vers Lui pour être guéris (Is. 6,9). Il voit que même maintenant, le monde entier fuit Dieu, Qui est venu à lui sous la forme d'un homme. L'heure approche et elle est déjà là (Jn 16,32) où s'enfuiraient même ceux qui venaient il y a fort peu de L'assurer qu'ils étaient prêts à mourir pour Lui. Le Dieu-Homme pendra sur la Croix, seul, tourné en ridicule par les gens qui venaient voir ce spectacle. Seules quelques âmes allaient Lui rester fidèles, mais même eux, avec leur tristesse et leur impuissance silencieuses, ne vont qu'accroître les souffrances du coeur aimant du Fils de la Vierge. Pas d'aide à attendre, de nulle part...

Certes, en ces moments, Il n'est pas seul, parce que Son Père est toujours avec Lui (Jn 8,29; 10,30). Mais afin d'éprouver tout le poids des conséquences du péché, le Fils de l'Homme permet volontairement à Sa nature humaine de ressentir aussi l'horreur de la séparation d'avec Dieu. Cet horrible moment allait être insupportable pour le saint et sans péché. Un cri puissant s'échappera de Lui : Oh Mon Dieu, pourquoi M'as-Tu abandonné?" (Mt 27,46). Prévoyant cette heure, la sainte âme est remplie d'horreur et d'indignation.

Quelque temps auparavant, lorsque quelques Grecs étaient venus voir Jésus, Il avait permis à Sa nature humaine de tressaillir à l'approche de cette heure redoutable. Lorsque ces "brebis d'un autre troupeau" étaient arrivées, le Dieu-Homme su que l'heure se rapprochait où les gens Le verraient élevé sur la Croix. Sa nature humaine trembla, Son âme fut remplie d'indignation. Mais Jésus savait que sans Ses souffrances, le Salut de l'humanité était impossible, sans elles, l'oeuvre de Sa vie sur cette terre aurait été aussi stérile qu'un grain de blé gisant sur le sol jusqu'à sécher au soleil. Dès lors, Il supplia le Père de ne pas permettre à la faiblesse humaine de prendre le contrôle des pensées et désirs de Sa nature humaine : "Mon âme est à présent dans le trouble. Et que dire? Père, sauve-Moi de cette heure! Mais c'est précisément pour cela que Je suis venu à cette heure. Père, glorifie Ton Nom!" - glorifie-le sur terre, parmi les hommes. Montre Toi non seulement comme le Créateur, mais aussi comme le Sauveur (saint Basile, contre Eunome, livre 4) - Et du ciel vint une voix: "Je l'ai glorifié et Je le glorifierai encore" (Jn 11,27-28), ceci annonçant que le temps était venu pour l'accomplissement du mystère de Dieu qui avait été caché depuis l'aube des temps (1 Co 1,26; Eph. 1,9; 3,9).

Et maintenant, le moment allait arriver. Même si auparavant la nature humaine du Christ avait tremblé et ressenti l'indignation à la pensée de ce qui allait advenir, que ne devait-Il pas ressentir maintenant, lorsqu'occupé à attendre l'arrivée de Ses ennemis et de Son traître, Il priait de manière privée Dieu pour la dernière fois? Le Seigneur savait que toutes Ses prières étaient entendues (Jn 11,42). Il savait que s'Il suppliait Son Père de Le délivrer des tourments et de la mort, plus de 12 légions d'Anges (Mt 26,53) apparaîtraient pour Le défendre. Mais est-ce pour cela qu'Il était venu? Pour refuser, au dernier moment, d'accomplir tout ce qui avait été prédit par les Écritures?

L'esprit est ardent, mais la chair est faible. Même à présent, l'esprit de Jésus était embrasé, désirant une seule chose: accomplir la volonté de Dieu. Mais en tant qu'homme, dans Sa nature humaine, Il aurait voulu échapper à la souffrance et à la mort ("Exposition exacte de la Foi Orthodoxe" 3,18,20,23,24; Bienheureux Théophylacte; saint Jean Climaque, l'Échelle Sainte, ch. 6, "sur la mémoire de la mort"). Le Fils de Dieu avait volontairement adopté cette nature humaine et faible. Et c'est ainsi qu'Il S'offre à présent à la mort pour le Salut du monde. Et Il est victorieux, bien que submergé par le sentiment de la peur de la mort approchant, et de la répugnance à souffrir (Climaque, idem; saint Augustin; Exposition exacte, 3,24). Maintenant, ces souffrances seront particulièrement terribles, non pas en tant que telles, mais parce que l'âme du Dieu-Homme est secouée jusqu'en ses tréfonds.

Les péchés de l'humanité, que Jésus a pris sur Lui-même, sont pesants à l'excès. Ils pèsent très lourd sur Lui, rendant insupportable la souffrance imminente.

Le Christ sait que lorsque ces souffrances atteindront leur intensité maximale, Il sera abandonné. Non seulement il ne se trouvera nul être humain capable de les réduire - j'attends en vain quelqu'un qui ait pitié, je cherche des consolateurs sans pouvoir en trouver (Ps 68,21; Is 63,5) – mais afin d'éprouver le poids intégral des péchés, Il aura à affronter le tourment de la séparation du Père Céleste. A ce moment-là, Sa volonté humaine pourra vouloir éviter les souffrances. Mais qu'il n'en soit pas ainsi! Que Sa volonté humaine ne quitte pas la volonté de Dieu ne fut-ce qu'un instant. C'est ce que le Dieu-Homme priait à Son Père. S'il est impossible à l'humanité de rétablir l'union avec Dieu sans ce terrible nouveau crime contre le Fils de Dieu (saint Basile le Grand, ibid.), puisse cette heure être évitée. Cependant, si c'est la seule manière pour ramener l'humanité à son Créateur, que la volonté de Dieu soit accomplie. Que Sa volonté soit faite et que la nature humaine de Jésus, en ces terribles moments, ne désire rien d'autre que l'accomplissement de la volonté de Dieu, l'accomplissement de la Divine économie. Voilà ce que priait le Christ dans le Jardin de Gethsemani, aux jours de Sa chair, lorsqu'Il avait offert prières et suppliques avec fortes larmes et pleurs à Celui Qui était capable de Le sauver de la mort (Héb. 6,7).

En effet, Il offrit les prières et suppliques à Celui capable de Le sauver de la mort, mais Il ne pria pas pour être délivré de la mort. Le Seigneur Jésus-Christ disait à Son Père Divin quelque chose comme ceci: "Abba, mon Père, le Père de Celui que Tu as envoyé pour unir le peuple d'Israël et les enfants de Dieu dispersés, les païens, afin de créer de 2 peuples un nouveau peuple, et de les réconcilier tous deux avec Lui à travers la Croix. Tout est possible pour Toi, tout ce qui correspond à Ta perfection illimitée. Tu sais qu'il est typique de la part de la nature humaine de se détourner des souffrances, que l'homme veut toujours voir les beaux jours (1 Pi 3,10). Mais quiconque T'aime de tout son coeur, de toute son âme et de tout son esprit, ne désire que ce qui plaît à Ta bonne et parfaite volonté. Moi, Qui suis venu sur terre pour l'accomplissement de Ta sage volonté, et à cet effet, ait revêtu la chair et le sang et pris sur Moi la nature humaine avec toutes ses faiblesses, sauf le péché, Moi aussi j'aimerais échapper aux souffrances, mais seulement à une condition – que ce soit en accord avec Ta sainte volonté. S'il est possible que Ton économie soit accomplie sans cet horrible crime des hommes; s'il est possible pour Moi de ne pas éprouver toutes ces souffrances de l'âme, auxquelles s'ajouteront dans quelques heures la terrible agonie du corps; si cela est possible, alors délivre-Moi des souffrances présentes et des imminentes épreuves et tentations. Épargne-Moi la nécessité de souffrir les conséquences de la transgression d'Adam. Cependant, cette supplique M'est suggérée par la faiblesse de Ma nature humaine. Mais que tout ce passe comme il Te plaira. Que la volonté de la faible nature humaine ne prévale pas, mais plutôt notre Conseil pré-éternel commun. Mon Père! Si selon Ta sage économie, il est nécessaire que J'offre ce sacrifice, Je ne refuse pas de le faire. Je ne prie que pour une chose : que Ta volonté soit faite. Que Ta volonté soit faite, toujours et en tout. De même qu'au Ciel, tant Toi et Moi, Ton Fils Unique, avons une seule et même volonté, qu'ici sur terre aussi Ma volonté humaine ne désire pas un seul instant quoi que ce soit de contraire à Notre volonté commune. Avant même la création du monde, Nous avions décidé que le Salut de l'humanité devait être accompli. Puissent les enfants des hommes être délivrés de leur esclavage au mal, rachetés à haut prix – par les souffrances et le dévouement du Dieu-Homme. Et que la charge des péchés des hommes, que Je prend sur Moi, de même que les tourments ajoutés au corps et à l'âme, ne puisse faire vaciller Ma volonté humaine en son désir d'accomplir Ta sainte volonté. Que Je me conforme joyeusement à Ta volonté – que Ta volonté soit faite."

"Tu as prié afin que la coupe volontaire de la Passion salvatrice soit écartée, comme si elle n'était pas voulue" (Matines du dimanche, ton 5, Cantique 8 du Canon), démontrant ainsi les 2 désirs des 2 natures et demandant à Dieu le Père de rendre Sa volonté humaine ferme dans sa soumission à la volonté de Dieu (Exposition exacte 3,24). Et c'est alors que Lui apparu un Ange du ciel, qui Le renforça (Sa nature humaine) (Lc 22,43). Cependant, alors qu'Il offrait Son auto-sacrifice, Jésus pria avec une ferveur accrue, jusqu'à ce qu'Il baigne dans sa sueur sanglante. Et pour Sa révérence et Sa constante soumission à la volonté de Son Père, le Fils de l'Homme fut entendu.

Ainsi renforcé et encouragé, Jésus sorti de Sa prière (Exposition exacte, ibid.). A présent, il était certain que Sa nature humaine ne fléchirait plus jamais, que bientôt le fardeau des péchés humains lui seraient enlevés, et qu'à travers Son obéissance à Dieu le Père, Il ramènera à Lui la nature humaine dévoyée. Il rejoignit Ses disciples et leur dit, "Vous dormez maintenant, et vous vous reposez! L'heure est venue: le Fils de l'Homme va être livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, allons, celui qui me trahit est là" (Lc 22,46).

Allant à la rencontre de ceux qui venaient Le chercher, le Seigneur Se livra volontairement entre leurs mains. Lorsque Pierre, soucieux de défendre son Maître, frappa le serviteur du grand prêtre avec une épée et lui trancha l'oreille, le Seigneur la guérit et rappela à pierre qu'Il se remettait volontairement entre leurs mains : "Rengaine ton épée: tous ceux qui useront de l'épée, périront par l'épée. Crois-tu que Je ne puisse invoquer Mon Père, Qui M'enverrait à l'instant plus de douze légions d'Anges? Comment donc s'accompliraient les Écritures, d'après lesquelles il doit en être ainsi?" (Mt 26,53). Ayant donc bu volontairement jusqu'à la lie la coupe des souffrances du corps et de l'âme, Christ glorifie Dieu sur terre; Il accomplit une tâche qui ne cédait en rien à la création du monde elle-même. Il restaura la nature humaine déchue, réconcilia Dieu et humanité, et fit les hommes capables de participer à la nature divine (2 Pi. 1,4).

Ayant accomplit l'oeuvre que Son Père Lui avait remise à faire, le Christ fut aussi glorifié en Sa nature humaine, avec cette gloire qu'en tant que Dieu, Il avait déjà avant que le monde ne fut (Jn 17,5), et avec cette nature humaine, Il s'assis à la droite de Dieu le Père, attendant dès lors jusqu'à ce que Ses ennemis soient
saint Jean Maximovitchdevenus l'escabeau de Ses pieds (Héb. 10,13).


Étant devenu l'auteur du Salut universel pour tous ceux qui Lui obéissent (Héb. 5,9), même après Son Ascension au Ciel, Il reste connu "en deux natures sans confusion" (dogmatikon du Dimanche, ton 6), "Car Tu as porté deux volontés, selon chacune de Tes deux natures, O Toi Qui est Christ à jamais" (Canon du dimanche, ton 5, cantique 8). Mais Son corps glorifié ne sait plus souffrir et n'a plus besoin de rien, et de même Sa volonté humaine ne sait en rien s'écarter de la volonté de Dieu. Et dans ce même corps-là, le Christ viendra au dernier Jour "pour juger les vivants et les morts", après quoi, en Roi non pas seulement selon Sa divinité mais aussi selon Son humanité, Lui-même rendra hommage à Celui Qui Lui a soumis toutes choses. Ainsi Dieu sera tout en tous" (1 Co 15,28).
Amen.


"Slova" (Sermons de saint Jean de Shangai, Bruxelles et San Francisco), Russkiy Pastyr, San Franciso 1994.

Kulich & pascha, les 2 desserts russes traditionnels pour Pâques
(recettes en anglais, mais les photos sont déjà très utiles)
http://www.pravmir.com/article_178.html




P. Barthelemy D'Huyvetter, bénédiction finale, Jeudi Saint 2007,
paroisse Orthodoxe des saint Silouane et Martin, Bruxelles