Saint Materne

Vagues-à-l'âme d'un ami des vraies racines de la Belgique Chrétienne

scribe saint Baudemont, biographe de saint Amand


"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

04 juin 2007

Jeunesse & Orthodoxie: "Joie" n'est pas un gros mot


P. Aris Metrakos

Au cours des 3 semaines écoulées, j'ai travaillé sur 3 différents programmes de ministère auprès de la jeunesse, un pour le camp d'été de notre métropole, et les 2 autres pour des mini-retraites en Roumanie. En dehors du contexte ou de la langue utilisée, chacune de la bonne douzaine de parties que j'ai préparées a quelque chose de très important en commun avec les autres – elle ne commence pas avec quelqu'un qui parle à un groupe de jeune, mais avec des enfants participant à une activité où il s'agit de rompre la glace.

Les jeux du genre "brise-glace" sont parfois un peu fous, mais souvent des jeux où l'on se dépense beaucoup, et qui brisent les murs entre les gens. On demande à une centaine de participants de se regrouper avec tous ceux qui ont le même mois de naissance qu'eux. Des équipes s'affrontent pour trouver sur chacun de son groupe des objets qui représentent toutes les lettres de l'alphabet. Un cercle de 20 personnes essaie de compter jusqu'à 100, en substituant le mot "buzz" pour tous les nombres qui sont multiples de 5, et "fizz" pour ceux qu'on sait diviser par 7. Devinez ce qui arrive à 35?!

Toutes ces activités font quelque chose de bien plus essentiel que simplement échauffer un groupe. Elles nous font rire, bien souvent de nous-mêmes. L'amusement est une partie essentielle de l'éducation religieuse. Nous pouvons expliquer cela en termes psychologiques, anthropologiques et bibliques.

Nous apprenons tant de manière cognitive qu'affective, cela se passe à la fois avec notre cerveau logique, côté gauche, et notre cerveau émotif, côté droit. La mémorisation des tables de multiplication est plutôt une tâche pour la partie gauche du cerveau, alors que cesser de se ronger les ongles est plutôt une question affective. Les jeux actionnent notre partie affective, de sorte que nous puissions entrer dans une activité en étant plus qu'une demi-personne. Les cours et conférences font plus appel à la partie gauche qu'à la partie droite de notre cerveau, ce qui explique probablement pourquoi tant de personnes sortent de conférences sans avoir changé. La Foi se développe tant à travers notre raison que notre coeur. Les jeux de brise-glace ne font pas qu'échauffer un groupe, ils échauffent nos coeurs.

L'anthropologie Chrétienne Orthodoxe affirme cette réalité. Nous définissons la prière comme étant la descente de notre esprit dans notre coeur, de sorte que nous puissions rencontrer Dieu. Nous soumettons notre esprit à notre coeur, mais nous n'en jetons pas pour autant notre raison par la fenêtre. En fait, la véritable spiritualité dépend de notre raison (esprit) et de notre coeur. L'Orthodoxie rejette la "foi" basée sur les sentiments, qui est si en vogue chez nombre de Chrétiens contemporains (avez-vous vérifié votre baromètre spirituel aujourd'hui?), et l'hyper rationalisme des prétentieux prêcheurs du "mythe Jésus." Il n'y a rien de tel qu'un bon jeu de Buzz-Fizz qui a déraillé pour échauffer les 2 parties de notre cerveau, tout en soumettant simultanément notre esprit à notre coeur.

Jésus explique simplement et succinctement la nécessité d'être plus qu'un froid rationaliste : "Oui, vous dis-Je, celui qui ne recevra pas le Royaume de Dieu comme le fait un petit enfant, n'y entrera point" (Marc 10,15). Les enfants savent comment jouer et avoir une joie innocente, un comportement à 180° à l'opposé de celui du pompeux stoïcisme des Pharisiens.

Une des erreurs que j'ai commises quand j'étais jeune prêtre, c'était de ne pas accorder suffisamment de temps à la frivolité en préparant des programmes d'activités. Ces événements ratés qui mettaient l'accent sur l'apprentissage intellectuel tout en ignorant les jeux où l'on fait connaissance et les moments où l'on chante tous ensemble, fournissent tous de cruelles leçons aux inexpérimentés responsables de retraites. De nos jours, je ne planifierais plus jamais la moindre activité pour jeunes sans qu'elle ne comporte plusieurs éléments "marrants."

Les activités pour adultes ont aussi besoin de moments de détente. Je ne peux imaginer organiser une retraite pour adultes qui ne prévoirait pas de temps consacré à l'un ou l'autre jeu cocasse. Ceci m'amène au point principal où je voulais en venir.

Nous les Orthodoxes, nous sommes bien trop sérieux. Nous comptons nos "Kyrie eleison" comme une compteuse de billets de banque égrène ses billets. Nous nous exprimons dans les assemblées paroissiales en fronçant les sourcils et d'une voix véhémente. Nous ne nous saluons pas mutuellement d'une sainte accolade, mais en grimaçant.

Ce n'est pas surprenant que tant de paroisses soient spirituellement atrophiées – nous n'avons rien d'autre que des chiffres dans nos coeurs. Dans tous nos plans stratégiques et nos réunions de comités, nous avons oublié cette vérité qui est la plus importante : "celui qui ne recevra pas le Royaume de Dieu comme le fait un petit enfant, n'y entrera point."

Conseils de paroisse – arrêtez-vous plus tôt, et sortez pour aller dîner ensemble. Enseignants de l'école du dimanche, catéchistes – laissez de côté la Théologie Mystique de l'Église d'Orient, et achetez quelques livres de jeux coopératifs. Choeurs et chantres – rappelez-vous le Psaume 66,2, quand on enlève la joie, il ne reste que du bruit...

Je sais que la vie peut être pesante, nous remplissant de soucis et de douleur. Mais je ne peux croire que nous vivions dans des temps plus difficiles que ceux qui ont enduré la peste et l'invasion brutale d'armées ennemies. Et oui, nous avons besoin de clergé, de responsables laïcs, et de fidèles qui sont sérieux et zélés. Mais nous avons aussi besoin de nous rappeler les leçons durement apprises par les professionnels du ministère auprès des jeunes.

"Joie" n'est pas un gros mot!


Le prêtre Aris P. Metrakos est un prêtre Grec-Orthodoxe, pasteur de l'église Holy Trinity Greek Orthodox Church, à Columbia, Caroline du Sud. Ancien pilote de l'aéronavale dans la US Navy, il a passé 7 années en service actif avant de rentrer au Séminaire.

Régulièrement, il anime des retraites et donne des conférences tant pour jeunes que pour adultes. Il va chaque année en Roumanie pour y aider l'Église Orthodoxe à fonder une pastorale de la jeunesse roumaine. Vous pouvez le contacter (en anglais) via :
FrMetrakos@orthodoxytoday.org
Article original posté le 24 Mai 2007

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16 novembre 2006

Prêtres - un mariage réalisé par le Ciel : la longévité dans le pastorat

http://www.orthodoxytoday.org/articles6/MetrakosChurch.php
Prêtre Aris Metrakos
Combien de temps est-ce qu'un pasteur devrait rester en service dans une même paroisse? Il y a 20 ans d'ici, la sagesse conventionnelle disait 7 ans : les années 1 à 3, le pasteur accumule le capital de direction; les années 4 à 5 sont ses plus productives; la 6ème année, il a complètement usé le capital de nouveauté et il est temps d'aller veiller sur un nouveau troupeau dans des pâturages plus verdoyants.

Les actuels gourous de la croissance de l'église argumentent en faveur de la longévité. Ils font remarquer que toutes les paroisses qui réussissent ont au moins une chose en commun : un même pasteur depuis longtemps.

Après presque 12 ans dans mon actuel pastorat, je suis d'accord avec les gourous. Il y a des bonnes choses qui se passent dans la vie d'une paroisse lorsque le prêtre s'y enracine. Les gens sur les bancs voient leur pasteur grandir en tant que Chrétien, et son exemple se diffuse dans le coeur de ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre.

Une relation durable entre un troupeau et son berger a beaucoup en commun avec un mariage durable. Époux et épouses qui voient le mariage comme un marathon et non pas comme un "cent-mètres" apprennent ce que signifie pardonner 70 fois 7 fois, porter la charge mutuellement, laver les pieds de l'autre, et même être crucifié l'un pour l'autre.

Dans les bons mariages, les conjoints prient chaque jour l'un pour l'autre et ils luttent ensemble. Ils ne cherchent pas à tirer chacun son épingle du jeu quand les choses deviennent difficiles, et ils ne vont pas voir ailleurs pour quelque chose de mieux lorsque leur mariage est temporairement en échec. J'ai appris bien plus de théologie de mon épouse que je n'en apprendrai jamais d'une grosse pile de bouquins pleins de notes de bas de pages.

Après 2 décennies et demi dans la grande aventure qui a commencé dans le choeur de l'église à Jacksonville, Floride, mon épouse et moi savons tous deux que Dieu était, est, et sera toujours le Saint Célébrant de notre union. Est-ce que tout a été comme sur des roulettes? Si vous êtes marié, vous connaissez déjà la réponse à cette question. Mais à travers tout cela, notre temps ensemble a permis de bien accomplir la promesse qui nous a été donnée à notre mariage : nous sommes partis de ce que nous étions, 2 personnes croyant en Dieu, pour aboutir à un couple vivant en communion avec Lui.

Les prêtres et les paroisses qui osent traverser les périodes difficiles et font la lune de miel dans les bons moments reçoivent semblables bénédictions. Ils vivent les vertus du pardon, du sacrifice mutuel, et de l'amour inconditionnel. Ils ne sont plus rien que des auditeurs passifs, mais ils accomplissent la parole. "Christ est au milieu de nous" n'est plus qu'une image, cela devient réalité.

Longévité : le rôle du prêtre
Que peut faire un prêtre de paroisse pour éviter cette "démangeaison de la 7ème année"? Cesser d'être un carriériste.

Le Séminaire nous conditionne pour croire que chaque prêtre devrait aspirer à devenir doyen d'une cathédrale. Dieu voulant, tout clerc vivra suffisamment longtemps pour réaliser que l'image acceptable pour la hauteur du ministère à notre époque n'est pas celle vue au pupitre d'une méga-église mais dans le service tel que mère Gavrilia l'accomplissait [1]. (De plus, est-ce que vous voudriez réellement passer le restant de vos jours à faire des trucs comme maître du protocole dans les "Dîners dansants nationaux pan-Slobovènes"?)

Aimez votre paroisse telle qu'elle est.
Après avoir courtisé mon épouse, j'ai su qu'elle était une personne qui appréciait bien plus les recherches intellectuelles que les tâches ménagères. (De nos jours, elle est étudiante en droit et une femme de ménage vient toutes les 2 semaines chez nous). Jésus n'attendait pas de Pierre d'être autre chose qu'un pêcheur impétueux, parfois nul, et Il savait ce qu'Il allait avoir lorsqu'Il a appelé Levi le collecteur d'impôts pour devenir Apôtre.

Chaque émission télévisée en journée de type "discussion intime" ("talk show") nous rappelle que la seule personne que vous savez changer, c'est vous-même. Alors... changez! Apprenez à prier. Trouvez une niche (missions, ministère pour la jeunesse, écriture, conseil pastoral, peu importe) et occupez-vous en. Dépensez-y l'énergie que vous gaspilleriez à espérer que votre paroisse soit différente en vous rendant vous-même différent, spirituellement et professionnellement. Votre paroisse appréciera le fait que vous aurez cessé de la houspiller, et les gens qui aspirent authentiquement au Christ seront inspirés par votre exemple.

Au minimum, soyez de bonnes moeurs.

Même certains clercs tiennent à la notion peu judicieuse que l'adultère pourrait avoir des circonstances atténuantes si un prêtre affirme que son mariage est ingrat. Épargnez-moi ce genre d'idée. Les prêtres adultères méritent d'être virés. Hélas, lorsqu'ils reçoivent ce qu'ils ont mérité, leur paroisse, et en fait l'Église toute entière, souffrent des conséquences.

Trouvez-vous une épouse qui convienne.

Lorsque je me suis marié, j'étais pilote dans l'Aéronavale. Mais je n'ai pas épousé une de ces dames qui traînent dans le Club des Officiers à l'heure des copieuses libations.

Longévité : le rôle de la paroisse.
Les paroisses doivent savoir ce qu'elles veulent d'un prêtre, de la même manière que la plupart d'entre nous savent ce qu'ils attendent d'un conjoint. Bien que l'Église en Amérique a pour bénédiction nombre de vibrantes communautés, il y a de nombreuses paroisses qui sont satisfaites de n'être que des clubs privés ethniques qui ne sont ouverts pour le business [en anglais dans le texte] que quelques heures le Dimanche matin (à moins qu'il y ait eu une fête de noces la veille au soir, auquel cas vous aurez difficilement qui que ce soit dans l'église). Si vous êtes un de ces communautés négligentes, s'il vous plaît, ne dites pas que vous voudriez avoir un jeune prêtre né en Amérique, énergique, qui ferait grandir les ministères. Après 3 mois, il sera malheureux et vous de même.

Cessez de faire fuir les prêtres.

Des paroisses qui ont eu plus de prêtres que l'Amérique n'a eu de présidents ont besoin de se réveiller et de respirer le café. Aucun jeune homme qui aurait quitté un bon métier et entraîné sa famille pour qu'il puisse aller au Séminaire (où il devra endurer 3 à 4 années de retour forcé dans l'adolescence) ne rêve de venir dans votre paroisse. Faites-moi confiance. Il connaît déjà votre réputation. Au contraire, appréciez le prêtre que vous avez aujourd'hui, et commencez à travailler ensemble. Soyez affectueux envers lui.

Mon épouse apprécie quand je l'enlace et l'embrasse comme ça en passant, que je fais la vaisselle ou rapporte des fleurs à la maison. Les prêtres ont eux aussi besoin d'affection. Le clergé sert l'Église par amour. Il répond à ce qu'il reçoit de positif en travaillant encore plus dur. Comme dans le mariage, quand il y a de l'abus, cela amène la personne à se replier émotionnellement sur elle-même, et pour un prêtre, cela peut même le chasser.

Faites-vous aider pour solder vos problèmes d'autorité.
Dans une société qui a démoli quasiment toutes les figures d'autorité – police, enseignants et politiciens sont à présent tous "bêtes à bouffer des biscuits", des "idiots" et des "pourris" – les prêtres sont comme parmi les derniers bâtons lumineux pour les gens qui en voulaient à leur père. A un moment ou un autre, tout prêtre souffrira des mains de gens qui feraient mieux de prendre le téléphone et de se réconcilier avec leur père.

J'en ai asse de ces prêtres qui s'auto-justifient d'être transformés en boucs émissaires et qui excusent en disant "Jésus a souffert, alors nous aussi devons le faire." Je m'excuse, mais le Christianisme enseigne que Jésus a été crucifié une fois pour toutes, en ayant racheté de manière parfaite et complète toute l'humanité pour son péché.

L'expérience m'a enseigné que la souffrance attend chaque prêtre, et que le temps passé à genoux, pleurant comme un enfant, m'a rendu meilleur Chrétien. En même temps, je ne suis pas le Christ. Plutôt que de faire de leurs prêtres des souffres-douleurs, certains des fidèles feraient mieux d'investir dans 10 ou 20 heures de psychothérapie.

Le fruit de la longévité.
Dimanche dernier, la paroisse grecque-orthodoxe Holy Trinity à Columbia a donné les premiers coups de pioches pour un nouveau sanctuaire. Nous sommes devenus trop nombreux pour notre actuel lieu de culte. Chaque jour, des fidèles viennent dans mon bureau pour une conversation pastorale, un conseil ou la confession. Un nouveau groupe de personnes se prépare à rejoindre l'Église. Nous avons de bons donateurs, et d'encore meilleurs dirigeants. C'est sûr, je sais qu'il y a sûrement quelques personnes qui souhaiteraient que je sois mort, mais je suis pratiquement certain qu'il y a eu des moment durant mes années de mariage où mon épouse ou nos enfants ont dû espérer la même chose.

Servir dans la même paroisse depuis 12 ans m'a donné le même don que celui que mon épouse me donne chaque jour de notre vie de mariés. Les hauts et les bas m'ont obligé à vivre l'Évangile, et à pardonner, supporter et sacrifier. Les défis m'ont forcé à apprendre comment prier. Les luttes m'ont contraint à placer ma vie entre les mains du Maître.

Je suis encore fort abrupt sous certains angles, mais je prie que les fidèles aient vu que j'ai grandit tant comme Chrétien que comme prêtre, parce que nous avons travaillé ensemble. Ils n'auraient pas pu en être témoins si j'avais rompu les liens et fuit durant les mauvais moments, ou si j'avais succombé à la tentation de demander un poste plus prestigieux ou un job avec un plus beau titre.

Comme ma relation avec mon épouse, servir ma paroisse m'a enseigné plus de théologie que n'importe quel bouquin aurait pu le faire. Lorsqu'un prêtre et son troupeau apprennent à aller loin ensemble, c'est un mariage réalisé par le Ciel.


P. Aris
Posté: 22-Oct-06

Le père Aris P. Metrakos est un prêtre Grec-Orthodoxe, prêtre de l'église Holy Trinity Greek Orthodox Church, à Columbia, Caroline du Sud. Ancien pilote de l'Aéronavale dans l'US Navy, il a passé 7 années en service actif avant d'entrer au Séminaire.


[1] Exemple adapté pour la situation locale, avec l'autorisation préalable de l'auteur.
http://www.amdg.be/sankt/gavrilia.html
http://orthodoxwiki.org/Gabrielia

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20 octobre 2006

Orthodoxie : l'art et la manière (2)

Qu'il s'agisse de restaurer et transformer un bâtiment racheté à une confession hétérodoxe ou de construire un nouvel édifice, les Orthodoxes ne font jamais les choses à moitié, ni sans rester fidèles à l'enseignement du Christ communiqué par Sa sainte Église de manière ininterrompue depuis bientôt 2 millénaires. Comme les milliardaires sont beaucoup plus rares dans nos rangs que les ouvriers, il faut parfois de longues années de sacrifices de toute une communauté, unie, pour parvenir à la réalisation d'un temple Chrétien digne de ce nom.

Un quotidien laïc qui titre "construire notre ville" en parlant de la construction d'une église Orthodoxe, ce n'est hélas pas encore chez nous que ça se rencontre, mais ce n'est plus uniquement dans des pays qui ont gardé la tradition Orthodoxe. Cette fois, c'est dans un coin des très relativistes États-Unis d'Amérique, et même avec quelques imprécisions doctrinales, voir que l'installation d'une grande église orthodoxe dans la ville est considérée de la sorte, ça fait plaisir à lire.

*-*-*-*-*

CONSTRUIRE NOTRE VILLE : UN SANCTUAIRE D'ÉGLISE POUR "ACCOMPLIR LA PROMESSE"
http://www.thestate.com/mld/thestate/15734870.htm

L'église grecque-orthodoxe restera dans le centre-ville, début des travaux sur Main Street
Par CAROLYN CLICK
cclick@thestate.com

Le prêtre Aris P. Metrakos a récemment passé beaucoup de temps sur le parking derrière l'église grecque-orthodoxe Holy Trinity [Sainte Trinité], où des marquages à la peinture jaune tracent le contour du sanctuaire de style Byzantin de 5 million de dollars qui va bientôt s'élever dans cette rue de Main Street.
Bien qu'actuellement seuls les véhicules délimitent le paysage actuel de Main Street, il peut imaginer le bâtiment de 835 mètres carré, avec son dôme circulaire et son Autel face à l'orient.
"J'y ai pensé depuis si longtemps, je pense que c'est ancré dans mon esprit," dit Metrakos.
L'église, seule assemblée grecque-orthodoxe des Midlands, a décidé de rester dans le centre ville, achetant suffisamment de terrain pour bâtir un sanctuaire près de 3 fois plus grand que l'actuel.
L'important dôme luira d'une finition bleutée, genre vieux ou faux cuivre. Au sommet du dôme, le bâtiment sera aussi haut qu'un de 6 étages, il sera couronné d'une simple croix, et on s'attend à ce qu'il change l'aspect de cette partie de Main Street.
L'inauguration des travaux est prévue pour dimanche midi, en présence du maire de Columbia, m. Bob Coble, et de son éminence le métropolite Alexios d'Atlanta, dirigeant de la région sud-est de l'archidiocèse grec-orthodoxe en Amérique.
L'assemblée, avec ses 350 familles, est bien connue pour sa Fête Grecque annuelle, qui attire des milliers de gens qui viennent pour les plats et les danses et les visites. Les bénéfices qui en proviennent ont été utilisés pour les oeuvres de charité et le projet de construction.
Le p. Metrakos, qui dirige Holy Trinity depuis 12 ans, dit que l'assemblée a collecté de l'argent depuis près d'une décennie pour la construction d'un nouveau sanctuaire.
A l'origine, il était prévu d'installer l'église juste en bas du bloc de Sumter Street. Mais lorsque le terrain de parking derrière l'église sur Maint Street se retrouva en vente, l'assemblée l'acheta pour 1 million de dollars, et clôtura tout le bloc.
Ce qui veut dire que l'église circulaire et cruciforme fera maintenant face à Main Street et servira de "témoignage Chrétien Orthodoxe" pour ceux entrant dans la ville en venant du nord, d'après les informations du programme de collecte de fonds de l'église.
L'église en briques maçonnées, dessinée par Steven P. Papadatos, architecte de New York, aura 60 fenêtres arquées en albâtre partant de la base du dôme. Don Golightly, l'architecte de Columbia, du bureau Design Collaborative, collabore avec Papadatos sur les détails de construction.
Une fois que les nouvelles Icônes de l'intérieur auront été réalisées par l'iconographe Grec George Mitsis, le coût total aura atteint 7,1 million de dollars. Près de 3 millions ont déjà été collectés, dit Metrakos.

L'Église Grecque Orthodoxe fait partie de l'Église Orthodoxe Orientale, une des 3 branches du Christianisme dans le monde, avec ses racines dans l'empire Byzantin. L'Église adhère au rite Byzantin, qui utilise richement les Icônes [*].

Membre depuis longtemps, Mary Rickman a prévu de participer à la cérémonie de Dimanche, pour tenir une pelle et ramasser les déchets de la cérémonie, et remercier Dieu pour avoir mené l'assemblée si loin.
Elle se souvient avoir participé à l'École Grecque dans la première église de l'assemblée, un petit bâtiment blanc au croisement des rues Sumter et Franklin. En 1949, cette assemblée de 35 à 50 familles bâtit l'église qui se trouve maintenant au coin des rues Sumter et Calhoun. Ce bâtiment – qui permet de s'asseoir, serrés, à 250 – continuera de servir comme chapelle.
Rickman pense que la nouvelle église, qui permettra d'avoir 450 personnes assises et 200 debout, est une reconnaissance des pensées des fondateurs de l'église.
"Nos ancêtres avaient une vision, et la vision qu'ils avaient, c'était que nous devions prier pour nos enfants," dit Rickman, 71 ans.
"Nous sentons que c'est ce que nous devons faire pour accomplir la promesse."
Coble dit que la décision de l'assemblée de rester à cet endroit est importante pour l'avenir du centre-ville.
"Je suis très enthousiasmé à l'idée que l'église grecque restera dans le centre de Columbia," dit Coble, mais il dit qu'il ne faut pas lui attribuer d'influence dans cette décision.
D'autres assemblées du centre-ville, y compris la cathédrale Épiscopalienne [Anglicane] Trinity et l'église Baptiste Second Nazareth ont abouti dans leurs projets d'expansion au cours de l'année écoulée, choisissant de rester au coeur de la ville.
Pour sa part, Metrakos dit qu'il a donné dimanche dernier à l'assemblée un "petit sermon bien dynamisant", en anticipation de cette entreprise monumentale.
Certains, dit-il, s'étaient demandés pourquoi l'assemblée ne déménageait pas vers les faubourgs ou ne commençait pas simplement une deuxième paroisse. "Je leur ai dit ce dimanche que, Dieu voulant, j'espère vivre suffisamment longtemps pour (aussi) commencer une nouvelle paroisse," en un autre endroit, a-t'il rajouté.
"Il y a un véritable engagement à vouloir rester dans le centre-ville."

SI VOUS Y ALLEZ
L'église grecque-orthodoxe Holy Trinity va entamer les travaux de son sanctuaire de 5 million de dollars:
Quand : Dimanche midi
Où : Parking donnant Main street et Richland street, au centre de Columbia
Quoi: Le maire Bob Coble et son éminence le métropolite Alexios, dirigeant de la région sud-est de l'archidiocèse Grec Orthodoxe d'Amérique, vont se joindre au prêtre Aris Metrakos lorsqu'ils vont partir en procession depuis l'église existante et rejoindre là où se trouvera le nouveau Autel de la future église.


Le p. Aris Metrakos attend le début des travaux pour le nouveau sanctuaire de l'église grecque-orthodoxe Holy Trinity. "J'y pense depuis si longtemps," dit-il.



La construction devrait commencer fin de cette année ou début 2007, et le sanctuaire Holy Trinity fera face à Main Street.
photos RICH GLICKSTEIN/RGLICKSTEIN@THESTATE.COM

Historique de la paroisse Holy Trinity
http://www.thestate.com/mld/thestate/15734754.htm
• 1936: La communauté grecque de Columbia a été officiellement incorporée en tant que paroisse Kimisis tis Theotokou (Dormition de la Vierge Marie).

• 1939: Premier lieu de culte acheté au coin des rues Sumter et Franklin. Le bâtiment blanc servira d'église, d'école grecque et de local de la communauté.

• 1949: Construction d'un sanctuaire au coin des rues Sumter et Calhoun; l'église reçoit un nouveau nom, église grecque-orthodoxe Holy Trinity.

*-*-*-*-*-*

Notes du traducteur :
[*] L'Église n'est pas "une branche" de quoique ce soit, puisque l'Église est Une.

Elle ne prend pas ses racines dans l'empire Byzantin, puisque ce dernier est né au 5ème siècle, alors que l'Église est née à la Pentecôte à Jérusalem, vers l'an 33. Et enfin, le terme fort courant de "Rite Byzantin" est biaisé, puisque plusieurs Rites sont en usage même dans l'Église Orthodoxe de Grèce, de Constantinople, et autres Églises locales de culture hellénistique. Voyons cela en détail :

Si on parle de Christianisme en tant que Christianisme en général, oui, l'Orthodoxie l'admet. Par contre, si ce qui est entendu, comme en beaucoup de textes non-orthodoxes (mais il est possible qu'ici ce ne soit pas le cas, d'où mon préambule et l'usage du conditionnel), c'est pour parler de l'Église, alors il faut clairement dire "non" : L'Église Orthodoxe (Orientale) n'est pas une "branche" du Christianisme mondial. Dans le Credo qui nous a été transmis
de manière ininterrompue depuis les tous débuts du Christianisme (ayant tous ses articles enracinés dans le Nouveau Testament, simplement expliqués en d'autres termes), nous confessons l'Église en tant qu'Une. Dès lors elle ne saurait être une "branche", auquel cas elle serait divisée, et non plus "Une". Je sais bien que dans le "mouvement oecuménique" ou au "Conseil Oecuménique des Églises", on utilise ce concept, mais il n'est en rien admis par la moindre Église Locale dans l'Orthodoxie, quand bien même elle participerait au COE/WCC – parce que, comme je l'ai dit, c'est en contradiction avec l'enseignement du Nouveau Testament et du Credo qui y est enraciné.

Ensuite, les racines de l'Église. L'empire "Byzantin" est né lorsque la partie de l'empire Romain en Occident s'est effondrée, et a continué en Orient, prenant le nom d'empire Byzantin.. mais uniquement dans les livres occidentaux contemporains. Jusqu'à la fin, comme ce n'était simplement que la partie survivante de l'empire Romain, les gens de Constantinople s'appelaient eux-mêmes les "romani", non pas "byzantins".

De plus, l'Église est née à la Pentecôte, à Jérusalem, vers l'an 33, et donc pas des siècles plus tard avec cette "montée" de l'empire "Byzantin", fait qui a eu historiquement lieu, lui, vers 475, lorsque la couronne du dernier empereur à Rome a été renvoyée à Constantinople par le roi barbare régnant. Sinon, cela voudrait dire qu'il n'y a pas eu d'Église entre la Pentecôte et la montée de cette partie survivante de l'empire – et qui donc alors aurait rédigé le Nouveau Testament au cours des années, et nous l'aurait transmis en même temps que les explications des témoins oculaires de ces faits et des disciples directs des Apôtres? Tout cela ayant eu lieu au sein de l'Église, c'est la raison pour laquelle elle n'a pas ses racines dans autre chose que la Pentecôte.

Et enfin, le Rite. Aussi étonnant que cela puisse paraître, même les Églises Locales de culture hellénistique n'utilisent pas un seul et unique Rite, mais plusieurs. Je ne parle pas du Rite Orthodoxe Occidental (que l'on ne trouve pour le moment en Occident que dans des paroisses des Églises Orthodoxes antiochienne et russe) mais simplement du fait que selon le calendrier liturgique, les Églises "Byzantines" utilisent la Divine Liturgie d'après saint Jean Chrysostome, ou celle d'après saint Basile le Grand, ou la Liturgie des Présanctifiés de saint Grégoire le Grand. Donc trois Rites!

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13 septembre 2006

Orthodoxie & mariages mixtes

En lisant ceci, j'ai crû que le p. Aris était venu écouter certaines assemblées Orthodoxes en Belgique! C'est criant d'actualité!

Le véritable problème dans les mariages mixtes
P. Aris Metrakos

http://www.orthodoxytoday.org/articles6/MetrakosMarriage.php

Epouser quelqu'un qui n'est pas Orthodoxe ne menace que la foi de celui qui est infidèle à la foi.

C'est l'été, la saison pour les églises Orthodoxes d'Amérique pour réunir des conférences, des convocations et conventions. Annuellement ou bisannuellement, des dirigeants laïcs et du clergé, tous bien intentionnés et sérieux, sacrifient une partie de leurs vacances pour s'occuper d'un grand nombre de sujets brûlants affectant les Eglises nationales, diocèses et la paroisse locale. Puisse le Saint-Esprit guider leurs délibérations!

Ce temps de rencontres signifie qu'il y aura beaucoup d'opportunités pour traîner et revisiter un des grands canards de l'Orthodoxie américaine : "le problème des mariages mixtes". Pour aussi longtemps que je puisse m'en souvenir, je n'ai pas rencontré un seul rassemblement ecclésial d'hommes et de femmes où il n'y a pas quelqu'un qui ne se soit mis à se lamenter sur le "fait" que nous perdrions nos jeunes adultes à cause du fait qu'ils contractent des mariages mixtes.

Pour ceux qui ne sont pas accoutumés avec la terminologie Chrétienne Orthodoxe contemporaine, un mariage mixte n'est pas un contrat de vie entre vous et votre animal de compagnie (Je n'invente rien – vérifiez tous ces sites internet qui offrent ce genre de service si vous ne me croyez pas). Ce n'est pas non plus un mariage entre personnes de races différentes (quelque chose somme toute fort habituel dans l'Eglise), ni entre une personne qui serait Orthodoxe avec une non-Chrétienne (un lien qui est interdit par l'Eglise). Dans le jargon Orthodoxe moderne, un mariage mixte est l'union matrimoniale entre un Chrétien Orthodoxe et une Chrétienne d'une autre tradition ou l'inverse.

Pour un trop grand nombre de Chrétiens Orthodoxes américains, la sagesse conventionnelle du mariage mixte suit cette ligne de raisonnement. Dans notre société pluraliste, nous ne savons pas éviter le fait que la plupart de nos jeunes choisiront un conjoint qui a eu une éducation religieuse différente. Avec ces unions vient l'inévitable dilution et désintégration des pratiques de la Foi Orthodoxe. La version grecque-orthodoxe du cri de désespoir typique sonne comme ceci : "Mon garçon Costa a épousé une xeni (étrangère) et maintenant il ne vient plus à l'église!"

Ca ne prend pas avec moi.

Ma mère est devenue Orthodoxe du fait de son mariage. De même pour mon beau-père. Et ainsi aussi pour la mère de ma belle-mère – la première ou une des premières converties à Jacksonville, Floride. Yia-Yia (surnom pour grand-mère, en grec) n'aurait pas pu être plus Sudiste que ça. Elle a grandit comme Méthodiste à Hendersonville, Caroline du Nord. Son grand-père était sergent dans l'armée Confédérée qui a combattu sous le général Lee à Appomattox. Tous les 3 ont embrassé l'Orthodoxie à une époque où la Liturgie était complètement célébrée en grec et où il n'y avait pas de stratégie pour la croissance de l'Eglise genre petits groupes ou études bibliques du mercredi soir.

Le témoignage de ma famille confirme ce que j'ai vu par mon ministère en paroisse. A chaque fois que le partenaire Orthodoxe dans le couple est fort dans sa foi, le conjoint non-Orthodoxe développe presqu'immédiatement de l'admiration pour l'Eglise Orthodoxe. Très souvent, cette estime mène à la conversion, et quand cela n'a pas lieu, cela se traduit au moins par un sens de respect pour la voie Orthodoxe.

Les mariages mixtes en Amérique exposent un problème, et ce n'est pas le fait que Vassiliki est fiancé à une blonde nommée Bubba. Les fiancés Protestants et Catholiques-Romains n'attirent pas nos jeunes hors de l'Eglise. Nous sommes la source du problème. Nous élevons des jeunes qui sont tièdes dans leur foi.
Il y a la bonne nouvelle et la mauvaise nouvelle de ce front du "nous-perdons-nos-jeunes". D'abord, la mauvaise. Il n'y a pas de ministère de la jeunesse "coup-de-baguette-magique" ou de programme d'école du dimanche miracle qui va transformer un jeune en un Chrétien Orthodoxe pieux, croyant et engagé.

Etes-vous inquiet qu'un jour vous pourriez avoir des petits-enfants fanatiques protestants qui pensent que les Icônes violent le Second Commandement? Voici ce que vous devez faire. Dès que votre enfant est âgé de 40 jours, emmenez-le participer à autant d'Offices à l'église que possible. Je me moque de savoir comment madame X. vous regardera. Son enfant devenu grand est probablement à la maison occupé à cuver sa cuite. Respectez les jeûnes. Priez ensemble, souvent, et au moins avant chaque repas. Participez ensemble, en famille, à tous les Sacrements – y compris la confession.

De plus, faites attention à ce que vous dites. A chaque fois que vous crachez du venin en parlant d'un prêtre ou d'un évêque quand vous êtes tous ensemble attablés le dimanche, vos enfants en deviennent très confus. Psychologiquement, ils voient le clergé revêtu de ses vêtements liturgiques comme étant Jésus, et vous comme Dieu le Père. Le plus souvent, la confusion que vous créez est bien trop difficile à supporter pour des jeunes enfants et ils vont tout simplement abandonner.

Si la lecture de cet article vous fait faire la grimace, je m'en excuse. Mais il y a encore d'autres bonnes nouvelles. Il n'est jamais trop tard pour changer. Si vous êtes un jeune Chrétien Orthodoxe n'allant pas à l'église, allez-y dimanche prochain. Emmenez-y votre épouse. Voyez votre prêtre. Suivez le programme. Votre mariage va devenir croître en richesse et en force.

Si vous êtes un parent qui regrette de ne pas avoir résolu le problème de vivre la vie de l'Eglise avec vos propres enfants quand ils étaient jeunes, alors repentez-vous. Le changement dans votre coeur va toucher tout le monde autour de vous. Croyez-moi, même quand vos enfants sont devenus grands, ils continuent à vous regarder.

Tout ceci ayant été dit et fait, épouser quelqu'un qui n'est pas Orthodoxe ne menace que la foi de celui qui est infidèle à la foi. L'Orthodoxie vécue est la perle de grand prix que nombreux recherchent mais trop peu trouvent. Voudriez-vous bien s'il vous plaît cesser d'agiter vos bras à propos d'un "problème des mariages mixtes"? La Yia-Yia de mon épouse aurait dit : "ce chien ne sait pas chasser." Et cette fois, entre Pâques et Ascension, elle aurait aussi dit "Christos Anesti!" (Le Christ est ressuscité!).

Le père Aris P. Metrakos est un prêtre Grec-Orthodoxe, prêtre de l'église Holy Trinity Greek Orthodox Church, à Columbia, Caroline du Sud. Ancien pilote de l'aéronavale dans la US Navy, il a passé 7 années en service actif avant de rentrer au Séminaire.
Posté: 04 Juin 2006

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10 septembre 2006

L'Église – un navire sur la Mer de la Vie

http://www.stjohndc.org/russian/Homilies/e_0706.htm


Le prêtre Grec-Orthodoxe Aris Metrakos, ancien officier de la Marine militaire, maintien que 85% de toutes les églises peuvent être comparées à de luxueux navires de croisière, alors qu'elles devraient plutôt être comme des navires de guerre :

Navire de croisière et navire de guerre. Qu'est-ce qui pourrait être plus simple et clair? Pensez un peu à ce qui se passe sur un navire de croisière. On n'y travaille pas. Quelqu'un d'autre s'occupe de tout. Le moindre événement (en dehors de l'entraînement pour les canots de sauvetage) est optionnel. Nous n'avons ni responsabilités ni de compte à rendre.

N'est-ce pas la manière dont la plupart des gens abordent l'Eglise? Développer et exécuter les Offices et les programmes, c'est le boulot de quelqu'un d'autre. Nous allons à un Office une ou deux fois par an et pourtant nous nous appelons toujours "membres".
Tout le travail à accomplir tombe sous la description de "travail pour le personnel payé ou les volontaires principaux", et donc nous n'avons aucune responsabilité.









Ensuite, il y a le cuirassé. Le navire de guerre a une mission de vie ou de mort. Chaque membre de l'équipage a une tâche qu'il doit accomplir du mieux de sa capacité. Tout le monde doit travailler ensemble, parce qu'ils dépendent les uns des autres pour le succès de la mission et la survie mutuelle.

Une saine paroisse doit se voir comme un navire de guerre. La mission de l'Eglise est vie et mort. Nous sommes appelés à porter l'Evangile au monde et à nous occuper de ceux dans le besoin. Il n'y a pas de vocation plus critique ou cruciale. Chaque membre de "l'équipage" a un appel divin à discerner et remplir sa niche particulière dans la vie de la paroisse. Et quand les membres ne travaillent pas ensemble, ils mettent en danger tant le travail de l'Eglise que leur propre Salut.

Quiconque a passé du temps à bord d'un navire de croisière et d'un navire de guerre sait que les manières de vivre à bord des 2 vaisseaux respectifs sont radicalement opposés. Les passagers d'un navire de croisière sont détendus, bronzés, et bien nourris. Les marins d'un navire de guerre sont en manque de sommeil, d'une apparence négligée et sont énervés. Personne étant sain d'esprit ne voudrait passer ses vacances sur un navire de guerre.
(du bulletin paroissial de l'église orthodoxe russe de la Transfiguration de notre Seigneur, Baltimore, MD)



F-913 Westhinder, frégate belge, station de tir en Crête 1986

Hors propos et parce que la Marine, j'ai toujours ça dans le sang : Pour ceux qui se diraient, comparant les photos de navires tirant une salve, "mazette, le ouistiti belge n'a pas l'air mahousse costo par rapport au gorille américain", mes années de service en mer me permettent d'en dire ceci : Ne vous fiez pas aux apparences!
Un missile sea-sparrow comme celui que vous voyez partir de l'arrière de notre frégate, en mode mer-air, une fois qu'il touche sa cible, le pilote et son zinc (ou hélicoptère) se retrouvent dans le jus et en tellement de petits morceaux qu'ils ressemblent à du krill (plancton). Et en mode mer-mer, quand il touche un autre navire, il fait autant de dégâts qu'un obus tiré par un "battleship" de type Iowa, comme plus haut. Pour avoir vu un destroyer turc se faire éventrer comme une boîte de conserve éclatée par un tel missile tiré par erreur par un allié (un porte-hélicoptère américain), missile qui était tiré sur nous mais qui nous a ratés... (ça, c'était en 1991), je peux l'affirmer, les dégâts sont équivalents.
Quand au canon, petit petit? Oui, mais un 100mm à tir rapide, arme française, contrairement aux grosses pièces de l'Iowa, ça dégomme des avions à réaction. Et contre une cible maritime, ça vaut son pesant de cacahouètes : même si la cible bouge beaucoup, ça tire tellement vite et en rafale que ça la touche; et là, bonjour la "décapotable"..

Conclusion de cet hors propos :
"Ca est pas l'oiseau qui avez les plus belles plumes qui chanter le mieux"
© monsieur Séraphim De Meulemeester, "Le mariage de mademoiselle Beulemans"
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06 septembre 2006

Mauvaise exégèèèèèse (les brebis perdues)

http://www.orthodoxytoday.org/articles6/MetrakosExegesis.php
L'Ecriture prise hors contexte peut mener à une grande confusion, égarer et même être destructive. Prenez cette critique d'école biblique totalement élimée concernant la manière dont les fidèles Orthodoxes et catholiques-romains s'adressent à leur clergé, Matthieu 23,9 (n'appelez personne père). L'application littérale de Marc 16,19 (manipuler des serpents) est carrément effrayante. La mode vestimentaire estivale des femmes au sud étant ce qu'elle est, je suis reconnaissant que personne ne milite en faveur de l'application littérale de Marc 9,47 (si ton oeil t'est cause de péché, arrache-le). [1]

Le triturage et le tortillage de l'Ecriture n'est pas le seul domaine de ceux qui pensent que les grandes Eglises sont "non-confessionnelles" et que l'Eglise Orthodoxe a été "fondée" au 19ème siècle avec la montée du nationalisme. Nous Orthodoxes savons aussi comment jouer le petit jeu du "je ne prend que ce que j'aime dans la Bible." Ma déformation contemporaine de l'exégétique orthodoxe, c'est Luc 15,4 : "Quelqu'un d'entre vous possède 100 brebis. S'il en perd une, ne laisse-t-il pas les 99 autres dans le désert, pour aller chercher celle qui est perdue jusqu'à ce qu'il la retrouve?"

Les Chrétiens Orthodoxes d'Amérique regardent vers la magnifique image du Bon Berger revenant à la maison avec le petit agneau perdu autour de son cou et se disent en eux-mêmes : "Allons trouver tous ces gens qui ont un nom de famille ethniquement Orthodoxe, et ramenons-les sur les bancs de l'église!" Voyez-vous ça, un nouveau "Comité de la Brebis Perdue" est né.

Pour tous les "Comités de la Brebis Perdue" passés et encore à venir, ce paradigme évangélique n'a porté que peu ou pas de fruit. Pourquoi? Les personnes avec un nom de famille "orthodoxe" qui ne mènent pas la vie de l'Eglise le font par choix. Ils sont des brebis qui ont fuit le troupeau – si elles sont seulement des brebis.. Plus encore, les "Comités de la Brebis Perdue" ne marchent pas parce qu'ils sont basés sur une exégèse erronée. Luc 15,4 doit être replacé dans le contexte plus large des versets 4 à 7 :

"Quelqu'un d'entre vous possède cent brebis. S'il en perd une, ne laisse-t-il pas les 99 autres dans le désert, pour aller chercher celle qui est perdue jusqu'à ce qu'il la retrouve? Quand il l'a trouvée, il la met, tout joyeux, sur ses épaules; puis, de retour à la maison, il appelle ses amis et ses voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi : j'ai retrouvé ma brebis qui était perdue. - De même, vous dis-je, il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur pénitent que pour 99 justes qui n'ont pas besoin de repentance." [accentuation rajoutée par l'auteur]

Jésus utilise l'image de Luc 15,4-7 pour nous dire qu'Il est le bon pasteur qui appelle chaque humain à la repentance, et nous rappelle que Son ministère rédempteur est centré non pas sur le maintien du status quo pour le juste, mais sur la récupération de celui qui est tombé. Si nous devons suivre les paroles du Seigneur, alors nous devons aller chercher la brebis perdue. Nous devons juste être sûr de savoir qui sont les brebis perdues.


Qui ne sont pas les Brebis Perdues

Igor Czht arriva de Slobovie aux Etats-Unis lorsqu'il avait la vingtaine. Après avoir passé quelques années à travailler pour son cousin à Chowderland, USA, dans la Fabrique de Poterie de Chowderland (Les Slobovènes sont des potiers renommés), Igor a déménagé vers le sud, vers Countryland, USA. Vingt ans après être arrivé en Amérique, il devint le patron de la lucrative Fabrique de Poterie de Countryland. Il passait ses samedis soir à consommer de copieuses rations de brandy Slobovène et jouer au cartes, et ses dimanches à pêcher sur son bateau de rivière. La dernière fois qu'il avait été à une Liturgie, c'était il y a 2 ans, lorsque sa mère était venue de son vieux pays lui rendre une visite.

Lorsqu'on demande à Igor pourquoi il ne vient pas à l'église, il répond sans hésitation : "Ils jugent tout le monde trop catégoriquement."

"Mais le prêtre, le père Boris, est énergique, et travaille dur."

"Il est le pire de tous. Il hait les Slobovènes."

"Avez-vous parlé avec lui?"

"Je n'en ai pas besoin. J'ai entendu suffisamment à son égard au Club des Slobovènes."

"Mais le père du prêtre Boris était Slobovène, et il en parle la langue. Il a même co-écrit le livre 'La poterie Slobovène et les Fêtes majeures de l'Eglise'."

"Ecoute," dit Igor. "Je n'ai pas besoin d'aller dans une église enfantine ni d'être un bébé Chrétien."

Igor pourrait être décrit comme un certain animal dont le nom tient en 4 lettres, mais il n'est sûrement pas une brebis perdue. Il n'a jamais fait partie du troupeau et ne reconnaît pas son besoin de repentance. Et pourtant, les églises Orthodoxes de tout le pays perdent leur temps à s'agiter à cause du fait que les Igors du monde se soucieraient moins de l'Eglise.

Est-ce que je dis qu'Igor ne mérite pas un coup de téléphone, une carte postale ou une visite? Bien sûr que non. Mais gaspiller trop de ressources paroissiales pour ramener Igor à l'Eglise, c'est irresponsable. Pire que la non-participation d'Igor à la vie de la communauté, ce serait Igor traînant dans la paroisse avec son attitude destructive usuelle. Au lieu de récupérer une brebis perdue pour le Christ, la paroisse aurait délibérément introduit une maladie dans le troupeau.


Qui pourraient être les Brebis Perdues

Panagiotis et Panagiota Pappas partirent pour Countryland il y a 3 mois d'ici. Longtemps durant, ils n'ont pas su qu'il y avait une paroisse Orthodoxe dans leur nouvelle ville. La paroisse Slobovène avait une mention en une ligne dans l'annuaire et leur site internet était "en construction" depuis l'époque de l'internet par modem. Lorsque Panagiota réussit à trouver le numéro de téléphone de la paroisse, quelqu'un répondit à l'appel "église Slobovène".

Sans se laisser démonter, elle et Panagiotis vinrent à la Liturgie le dimanche suivant. Ils passèrent la première fois devant l'église sans la remarquer (le panneau fait 1m x 1m). Ils ont alors roulé 2 fois autour du pâté de maisons pour trouver l'entrée du parking. Après être entrés dans le narthex, où on leur indiqua là où se trouvaient les cierges à un dollar et celles à 5 dollars. Après la Liturgie, le prêtre a tenu à annoncer l'accueil de "M. et Mme Panagiotis" et les a invités à venir partager la tasse de café dans la salle à côté – où personne ne s'est adressé à eux.

Les Pappa sont des brebis en recherche d'un troupeau. Répondre à leurs besoins ne demande qu'un tout petit peu d'argent et aussi un peu moins d'esprit de chapelle. Au lieu de placer leur lumière sous un boisseau, la paroisse Slobovène ferait mieux de dépenser un peu d'argent pour une présence décente dans l'annuaire et sur l'internet. Oserais-je le dire? Une annonce radiophonique occasionnelle serait fort bien.

Installez quelques panneaux qui aident les gens à trouver l'église. Faites quelque chose à propos de ce trafic du parking. Au moins faites semblant d'être heureux de voir des visiteurs. Et s'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît, cessez de vous appeler "église Slobovène".


Qui sont les Brebis Perdues

Jane et John Whitebread vivent dans une maison de mille mètres carré dans un quartier protégé. Tous deux ont fait de hautes études et ont un bon métier. Jane a été élevée comme Protestante Baptiste mais n'a plus mis les pieds à l'église depuis des années. La famille de John n'a jamais fait partie d'une communauté de foi.

Les Whitebreads travaillent dur. Comme la plupart des Américains, ils jouissent d'un confort matériel dont les royautés de l'Antiquité n'auraient jamais osé rêver. John descend une bouteille de whisky par semaine et Jane va en thérapie. Les soirs de semaine, ils s'effondrent endormis sur leur couche et aiment être assis à regarder les nouvelles. Les samedis soirs, ils les passent à boire du gin-tonic avec les voisins.

Ils se réveillent les dimanches matin avec une gueule de bois. John sort et va chercher la gazette dominicale. Une tasse de café, les mots croisés, et il est temps de penser à tondre la pelouse et à aller chercher le linge au lavoir.

Pendant ce temps, les enfants des Whitebread accomplissent leur rituel du dimanche matin. Leur fils de 13 ans "chatte" avec ses copains tout en regardant des sites internet pornographiques. Leur fille de 9 ans est scotchée devant la télévision. Leur fils de 6 ans joue aux jeux vidéos.

Jane et John sentent qu'il y a quelque chose qui manque dans leur vie. Ils se demandent si ça pourrait être la religion, mais ils abandonnent l'idée. Ils ne parviennent pas à établir un rapport avec ces fondamentalistes qui leur font leur prêchi-prêcha au PTA (association d'éducation pour parents) et dans les rassemblements d'associations de voisinage. Ils pensent que les prédicateurs en polo de golf et tenue kaki ont l'air stupides. Les panneaux d'église de style publicitaire, les Offices qui commencent à 16h48, les réponses simplistes aux questions complexes, et les positions morales qui semblent s'accommoder des tendances de la société, tout cela laisse John et Jane totalement froids. Ils se demandent : "N'existerait-il pas une religion qui offrirait des pratiques et des croyances qui ne nous demandent pas de nous débarrasser de la moitié de notre cerveau ou d'admettre que le mariage homo est une étape nécessaire dans l'évolution culturelle?"

Les Whitebreads sont la brebis perdue de l'Amérique. Ils ne le savent même pas, mais ils sont la raison pour laquelle Dieu S'est fait homme. Ils mènent une vie de confort où tout n'est qu'abondance. Que ferons-nous, nous les Orthodoxes, pour les aider à quitter leur état d'hébétitude et entrer dans la lumière du Royaume? C'est la question déterminante pour l'Orthodoxie Américaine.

Je ne prétend pas connaître la réponse à cette question. Mais je sais que remplir le Grand Mandat, cela signifie que nous devons cesser de gaspiller notre temps et notre énergie à courir derrière des fabriquants de poterie et devons aller à la recherche de la véritable brebis perdue. Chemin faisant, nous voudrons peut-être nous rendre plus visibles et accessibles.

Et si un visiteur veut payer un dollar pour un cierge de cinq dollar, c'est bien aussi. L'église les achète pour moins d'un quart de dollar pièce.

Posté: 25 Juillet 2006

Le père Aris P. Metrakos est un prêtre Grec-Orthodoxe, prêtre de l'église Holy Trinity Greek Orthodox Church, à Columbia, Caroline du Sud.
Ancien pilote de l'aviation embarquée dans la US Navy, il a passé 7 années en service actif avant de rentrer au Séminaire.






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[1] Exemple récent et mortel d'une application littérale de la Bible :
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Gabon : un pasteur se noie en voulant imiter Jésus (29/8/2006)
http://www.metrofrance.com/part/flux/060829092437.3da3r4yl.php
Un jeune pasteur d'une Eglise dite "de Réveil" (pentecôtiste) s'est noyé lundi sur une plage de Libreville en voulant marcher sur l'eau, à l'instar de Jésus-Christ dans la Bible, rapporte mardi le quotidien gouvernemental L'Union.
Selon le journal, le pasteur d'origine camerounaise "aurait eu une révélation lui permettant de rallier la Pointe Denis", séparée de Libreville par l'Estuaire du Komo, une traversée d'une vingtaine de minutes en bateau.
"En fait de dominer une mer généralement impitoyable avec ceux qui la défient, le serviteur de Dieu a tout simplement sombré en présence du photographe qu'il avait pris comme témoin du miracle et de quelques fidèles auxquels il avait promis la guérison", explique le quotidien.
Les Eglises pentecôtistes, souvent d'inspiration américaine, se sont multipliées depuis le début des années 90 au Gabon, pays d'1,3 million d'habitants qui en compte actuellement plus d'un millier, rassemblant environ 120.000 fidèles réguliers.
Les pasteurs promettent généralement à leurs fidèles que leur foi leur apportera succès professionnel et amoureux, santé, richesse. Certains prétendent pouvoir accomplir des miracles et notamment guérir toutes sortes de maladie, de la simple grippe jusqu'au sida.
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