"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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06 novembre 2013

Saint Winnoc de Wormhout, un de nos pères dans la Foi, dans les Flandres "chti's" (6 novembre)


Amérique Orthodoxe - l'héritage occidental orthodoxe :
http://www.roca.org/oa/129/129e.htm

"Comme archévêque d'Europe Occidentale (1950-1962), Saint Jean (Maximovitch) développa un profond intérêt pour les saints Orthodoxes de l'Ouest. Pour promouvoir leur vénération, il publia un oukaze (décret) appelant son clergé à "commémorer durant les Liturgies, aux Lities et dans toutes les autres prières, aussi bien que dans l'envoi final, tous ces Amis de Dieu qui sont les saints patrons locaux ou du pays où l'office est célébré, et où ils bénéficient d'une vénération particulière. A Paris et dans les environs, par exemple, il faudrait commémorer le Hiéromartyr Denys, Sainte Geneviève et saint Cloud; à Lyons, le Hiéromartyr Irénée; à Marseilles, le Martyr Victor et saint Jean Cassien; dans la région de Toulouse, le Hiéromartyr Saturnin, Evêque de Toulouse; à Tours, le saint Hiérarque Martin. Où l'information manque ou est incertaine, le clergé doit s'adresser à nous pour clarification. Les prêtres devraient encourager leurs fidèles à honorer ces Amis de Dieu." (Ukase #223, 23 Avril 1953)

Suivant l'exemple de saint Jean, nous offrons à nos lecteurs 2 vies de saints Celtiques peu connus, qui contribuèrent au riche héritage de l'Orthodoxie Occidentale.
Au 6ième siècle, avant les invasions Anglo-Saxonnes qui causèrent tant de destructions d'églises et de monastères, et tant de massacres, nombre de moines Celtes quittèrent leurs monastères pour aller répandre l'Evangile au loin. Du Pays de Galles, un grand nombre traversa le Canal de Bristol vers la Cornouailles, où nombre de gens étaient encore païens, et de là à nouveau à travers la mer vers la Bretagne, prêchant, fondant des monastères et bâtissant des églises. Plus de 30 de ces moines missionnaires de ce siècle seront canonisés.

SAINT MEWAN DE BRETAGNE : [...]

SAINT WINNOC DE FLANDRE
Principal saint de Flandres (côté France, note trad.), Saint Winnoc était de Cornouailles, de descendance royale, et fonda le monastère de Wormhout, 12 miles au sud de Dunkerque. Sa vie fut écrite par un moine au début du 9ième siècle. Elle rapporte qu'il était venu avec 3 autres moines au monastère à Sithiü, et que l'abbé, voyant leur humilité et piété, les avait envoyés pour bâtir un monastère à Wormhout et une hospitalité pour les pauvres. Avec la croissance du monastère, Winnoc fut choisit comme abbé. Ne cessant pourtant pas de se considérer comme le plus vil de tous les hommes, il entreprennait les tâches les plus désagréables et servait les frères et les pauvres tout en restant humble. Conscient du précepte apostolique disant que "si quelqu'un ne travaille pas, il ne doit pas manger", le saint regretta en devenant vieux de ne plus avoir la force suffisante pour suffisante pour servir les frères par son propre travail. Une nuit, il partit seul au moulin pour moudre le grin. Fermant le loquet, il pria le Seigneur miséricordieux de l'assister. Le Seigneur eut compassion de lui, et le moulin tourna rien que par la puissance divine, pendant que le saint continuait ses prières de louange et d'action de grâce. Les frères s'émerveillèrent de voir que quelqu'un qui manquait à présent à ce point de force physique puisse moudre tant de grain chaque jour. A la fin, la curiosité piqua un des moines, et il regarda par une ouverture. En voyant le saint se tenir en prière et le moulin occupé à moudre par la puissance de Dieu, il tomba soudainement aveugle. Se jettant aux pieds de saint Winnoc, il confessa sa témérité et supplia son pardon. Le saint Winnoc fit le Signe de la Croix sur les yeux sans vue, et par ses prières, la vue du frère fut restaurée. Il y eut tant de miracles accomplis à travers les prières de saint Winnoc, tant durant sa vie terrestre qu'après, qu'un livre entier en fut rempli et rédigé par la suite.
Saint Winnoc mourrut le 6 novembre, le jour de sa commémoration, probablement en 716. Quelques années après, son église brûla entièrement, mais le cercueil du saint fut miraculeusement épargné. Au 9ième siècle, durant les raids des Danois, ses reliques furent emmenées en lieu sûr, et plus tard revinrent à Bergues-Saint-Winnoc, une colline entourée de haies, où une église fut bâtie et lui fut dédiée. Elle devint le centre du pélerinage du Dimanche de la Trinité, quand il y avait procession avec ses reliques. Nombre de guérisons miraculeuses y eurent lieu. En temps de sécheresse, ses reliques étaient portées en procession d'église en église, et on appliquait une partie de son étole aux femmes enceintes. Au 18ième siècle, un évêque supprima la procession, mais par la suite elle fut réinstaurée. Un article sur les pratiques religieuses en Flandres a été écrit en 1935, et mentionne la dévotion à Saint Winnoc, dont l'aide est particulièrement invoquée contre la coqueluche et les fièvres.
Une moniale Anglaise."


Tropaire de saint Winoc ton 3
Saint Abbé Winoc, * miraculeusement tu fus sauvé des ondes furieuses de la mer par le Christ, notre Roi * car la mer fut fendue pour toi et s'érigea comme un mur. * Captif de l'amour du Christ tu reposas sur le fond * qui pour toi fut recréé dans un aimable paradis plein de fleurs odorantes. ** Prie maintenant ton Maître pour nous qu'Il nous accorde la grâce du Salut.

Gloire ... maintenant et toujours

Kondakion de saint Winoc ton 2
Armeé divinement de spirituelle pureté * et tenant en main fortement * comme lance l'incessante oraison, * tu as transpercé les diaboliques escadrons; * vénérables saint père Winoc, ** prie sans cesse le Christ en faveur de nous tous.

Saint père Winoc, prie Dieu pour nous.
t.6 - Prie pour nous saint père Winoc * car avec ferveur nous courons vers toi * Car tu es notre aide pressante ** et l'intercesseur de nos âmes.

PRIERE D'INTERCESSION A SAINT WINOC
(du "Moleben" du p. Thomas, monastère de Pervijze)

Bien-aimé Saint Père Winoc, ta vie fut consacrée entièrement au Christ, car tu as pris Sa Croix pour Le suivre et vaillament, tu as pris sur tes épaules l'Arbre qui donne la vie. Tu as cloué ta chair à la crainte du Seigneur et ton esprit éclairé par la lampe de Son enseignement.

Ton coeur brûlait en toi, lorsque tu voyageais avec le Christ le long du chemin étroit qui mène au Royaume. La maison de ton âme était soutenue par les colonnes de la foi et de l'amour. Au fonde de ton coeur se réjouissait l'oiseau printanier du carême et le rossignol chantait le chant délicieux de la prière.

Tu étais le domaine, le jardin fermé, dans lequel le Seigneur fit son entrée, te lavant des eaux vivifiantes. Comme un homme de la terre, tu t'es travaillé toi-même avec le labeur de l'ascèse jusqu'à devenir une pierre précieuse, pour laquelle tu avais tout vendu.

Tes mains étaient toujours tendues vers Dieu dans le prière comme une offrande d'encens devant la face de Dieu; tu as écarté tes pieds du chemin de l'impiété. Ton oreille était toujours attentive à la parole de Dieu et tes yeux étaient dirigés vers le salut de notre Dieu. Tu as placé une garde devant ta bouche, mais ta langue chantait constamment un nouveau cantique pour notre Sauveur.

Tu étais un plat remplit de richesse pour le pauvre, et celui qui n'avait pas de toit recevait de toi l'hospitalité dans l'amour. Tu étais une consolution pour l'âme dans la tendresse et tu as essuyé les larmes du visage des malheureux.

Aussi nous courons vers toi Saint père Winoc, et cherchons le repos dans le port de ta protection. Sois notre intercesseur près du Seigneur tout puissant, car nous allons à notre perte par suite des assants de nos ennemis. Nos pêchés nous attirent vers le bas et la tempête de nos passions nous innonde. Nous sombrons dans une boue profonde; l'eau atteint nos lèvres. Soutiens nous par ta puissante prière, retire nous du marais de la perdition, car nous sommes épuisés et sans forces. Nous nous sommes détournés du chemin de la Vie pour gagner la route large de l'enfer.

Aide-nous dans la tendresse et relave-nous, afin que, remplis de joie, nous puissions glorifier le Nom Très Saint de l'Invisible Trinité: le Père sans commencement, avec son Fils Unique et son Esprit qui donne la vie, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

C.-Amen.






pélerinage de la "Fraternité Archévêque Jean" (Maximovitch) à Saint Winnoc, le 7 septembre 2003





VITA UINOCCUS
Saint Winoc est né d'une racine royale en Bretagne. Quand mourut son père Juchaël, après avoir gouverné son royaume dignement, son fils aîné lui succéda. Il gouverna avec sagesse et plein de vertus au temps où Dagobert était roi des Francs.

Mais l'amour pour le Royaume des Cieux enflammait Indichaël et il voulait abandonner le royaume terrestre pour pouvoir suivre le Roi du Ciel. Pour cela il voulut désigner son frère, Judoc, qui était après lui le plus âgé, mais Judoc méprisait tout honneur terrestre et vaniteux et ne voulut pas l'accepter. Et pour ne pas être contraint de céder, il prit la fuite par la mer. Quand il arriva dans les alentours de Thérouanne, il vécut comme ermite en un lieu nommé Walis.

En apprenant cela, le roi Indichaël, par l'exemple de son frère, fut incité encore plus à quitter les honneurs de ce monde, et lui aussi, il partit en secret de son royaume pour devenir moine dans le monastère de Guadal, où il mourut en sainteté.

Quand les chefs de ce royaume eurent vu et entendu tout cela, ils s'attristèrent, puisqu'ils perdaient un si bon roi avec son frère Judoc. Ils craignirent que Winoc, le cadet, à qui revenait maintenant le royaume, aille rejeter la couronne royale, suivant l'exemple de ses frères. Pour cela ils lui amenèrent une jeune et noble fiancée et lui promirent de lui être soumis et d'obéir, espérant qu'ainsi il allait accepter le gouvernement. Mais Winoc dit: "Je ne veux pas plus de fiancée qu'un royaume terrestre. J'aimerais plutôt servir le Roi du Ciel que le monde". Entendant cela, ils se mirent en colère, le nouèrent aux mains et aux pieds et le mirent dans un bateau. Après l'avoir jeté dans les profondeurs de la mer, ils retournèrent à la maison. Mais par la puissance divine, la mer s'ouvrit et se divisa en 2 et le fond de la mer se changea en prairie aux herbes vertes et couverte de fleurs. Et le serviteur du Christ reposa là au fond de la mer comme dans un jardin vert. Il invoqua Dieu et la Mère du Christ pour qu'Ils l'aident dans ce danger. Par la volonté divine passa à proximité un bateau. Ceux qui se trouvaient dans ce navire entendirent de loin crier une voix humaine, mais ils s'étonnèrent car ils ne voyaient personne. En s'approchant, ils virent l'ami de Dieu, étendu sur le fond de la mer comme dans une prairie verte. Ils admirèrent l'oeuvre de Dieu et embarquèrent Winoc avec joie dans leur navire et le conduisirent sain et sauf au port.

Pendant qu'ils se dirigeaient vers le port, une grande quantité de petits poissons suivirent le bateau, des poissons que jusqu'à cet instant personne n'avait vu auparavant. Les gens purent capturer ces petits poissons avec leurs mains et ils les montrèrent dans les différents quartiers du pays et louèrent l'ami de Dieu.

Quand on entendit qu'un si grand homme était revenu, beaucoup de gens vinrent à lui en louant Dieu et ils Lui rendaient grâces avec grande joie pour ses merveilles. Les nobles et les princes de ce royaume, accusés de ce crime, confessèrent avec honte et crainte leur délit et ils implorèrent humblement le pardon auprès de l'ami de Dieu. Winoc leur pardonna immédiatement et les reçut tous aimablement. Personne n'osa désormais le harceler pour qu'il accepte le gouvernement du royaume.

Mais Winoc souhaitait quitter le monde et ses pompes pour servir Dieu seul. Il ouvrit son coeur à 3 des plus nobles princes de ce royaume: Madoc, Judevoc et Quadevoc, parce qu'il savait qu'eux aussi voulaient servir Dieu. Ces princes se réjouirent qu'un si saint homme les accepta dans sa compagnie. Ils quittèrent leur pays, leurs richesses et leurs familles. Ensemble ils traversèrent la mer et vinrent joyeusement auprès de Bertin, un saint abbé de moines, dans un lieu qu'on appelait Sithiü.
En écoutant leur saint désir, saint Bertin les reçût aimablement et joyeusement dans son monastère et leur donna l'habit monastique. Là ils vécurent saintement dans toutes les vertus et en grande austérité. Ils suivirent la règle du monastère.

Saint Bertin, voyant leur perfection dans beaucoup de vertus, les envoya à Bergues, un lieu situé à 5 milles du monastère, pour y prêcher l'Evangile. Ils construisirent là un petit logis au coin de la ville.
Le nombre de moines augmenta tant qu'ils n'eurent pas assez de place pour y habiter. A cet instant le noble Herman de Wormhout leur donna tout ce qu'il possédait dans le village de Wormhout, situé à un mille de là. Il y construisit pour eux une église et un monastère et leur donna le reste pour leur subsistance.
Ils vécurent là dans toutes les vertus et en complète harmonie et ils choisirent saint Winoc comme leur abbé, bien qu'il fût encore jeune, mais par ses vertus il excella au-dessus des autres comme le soleil au milieu des étoiles. Dieu, le Seigneur, enleva du monde beaucoup des frères par la peste, et parmi eux les 3 compagnons de saint Winoc: Madoc, Judevoc et Quadevoc, qui moururent saintement dans le Seigneur.

Winoc gouverna ses brebis de telle manière qu'il les mut par son exemple et ses conseils à la vie de sainteté, et surtout dans l'humilité il passa avant les autres. De préférence il fit les oeuvres les plus basses. Il travailla de ses propres mains et tournât maintes fois le moulin de blé et il servit lui-même ses sujets. Il apprit à être doux et humble, écoutant le Seigneur qui a dit : "Apprenez de Moi que Je suis doux et humble de coeur". Le Maître a dit aussi : "Celui qui s'élève sera abaissé". Puisque le Christ est venu sur terre pour servir et non pour être servi, Winoc servit ses moines plutôt que d'être servi par eux.

Il avait l'amour sincère et possédait un coeur hospitalier, et pour lui le jour était joyeux quand il avait pu recevoir quelques pauvres ou plutôt le Christ dans les pauvres. Ce qui était trop lourd pour les autres, il le faisait lui-même avec grande ferveur. A côté de toutes ces vertus Dieu lui donna aussi le don des miracles. Celui, qui à ses propres yeux fut petit, Dieu l'a exalté devant les yeux des hommes, parce que l'Esprit du Seigneur repose sur les humbles et sur ceux qui tremblent pour les paroles du Seigneur.

Quand Winoc atteignit un grand âge, il n'abandonna pas ses exercices habituels. Au contraire! Avec ses membres macérés il lutta encore plus vaillamment dans le service de Jésus-Christ. Aucun travail ne le contristait. Il se souvint de la parole de Saint Paul qui dit : "Celui qui ne travaille pas, ne mangera pas". Et en cela il ne se souciait pas seulement de lui-même, mais surtout des autres. Quand il se fatiguait énormément en moulant le blé et que, de temps en temps, il se reposait un peu pour prier, Dieu lui donna la grâce que le moulin tourne automatiquement, de façon que ses membres fatigués puissent se reposer un peu. Ainsi Dieu le seconda dans sa vieillesse et sa détresse.

Le saint homme remercia le Dieu tout-puissant pour son assistance, et puisque Dieu l'avait libéré de ce travail manuel, il s'exerça avec plus de ferveur et remercia Dieu pour ses bienfaits, les mains et les yeux levés vers le ciel. Les frères, qui étaient nourris par son travail, s'émerveillèrent de l'abondance de la nourriture et du travail de ce vieillard. Ils pensèrent que cela n'était possible, à moins que le vieillard ne fût aidé par Dieu Lui-même, parce qu'il était vraiment vieux et qu'il était arrivé à la fin de ses jours. Pendant qu'ils s'étonnaient, un moine voulut, par curiosité, observer le vieillard. Il alla à la maison où Winoc travaillait et regarda par une fissure étroite. Il vit comment le moulin tournait automatiquement et donnait beaucoup de farine pendant que Winoc priait. Mais quand il eut vu ce miracle divin, le moulin s'arrêta et le Seigneur jeta par terre cet homme téméraire et le châtia par l'aveuglement comme exemple pour tous ceux qui sont curieux d'une manière malsaine des choses divines. Le lendemain il confessa ce qu'il avait vu et souffert. On l'emmena devant saint Winoc et le moine se jeta devant les pieds du saint, confessant et pleurant sa témérité. Quand saint Winoc vit la situation de ce moine téméraire, il fut très ému. Il lui pardonna ce forfait et par ses prières lui redonna la vue. Et toute la communauté des frères fut dans la joie.

Après cela, quand le saint homme vit que le nombre de moines augmentait tellement que le lieu à Wormhout devint trop petit, il fonda dans la ville de Bergues un monastère en l'honneur de Saint Martin. Là il mit un homme bon comme abbé des moines, qui vécurent tous ensembles vertueusement.

Winoc, dans sa simplicité, fut un vrai Israélite, puisqu'il contemplait Dieu dans son coeur. Il fut très triste qu'il resta séparé de Lui si longtemps. Bien qu'il fut fils d'un roi, il ne méprisa aucun travail. Il fut joyeux et gai de coeur et de visage. Il fut pieux dans la foi, longanime dans l'espérance et son coeur fut grand ouvert par la charité. Autant à la droite qu'à la gauche il fut protégé par les armes de la puissance divine, de façon que dans la prospérité il ne s'enorgueillisse pas et dans l'adversité il ne soit pas abattu. Comme il désirait tant de s'en aller et être avec le Christ, il priait constamment : "Seigneur, veuille faire sortir mon âme de cette geôle pour que je confesse Ton Nom."

Notre Seigneur lui donna le désir de son coeur et envoya des anges pour récompenser Son serviteur par ce qu'aucun oeil n'a vu, aucune oreille n'a entendu et qui n'est point monté au coeur de l'homme. Il s'éteignit dans le Seigneur dans l'année 716 et fut enseveli solennellement, et beaucoup de miracles se firent ce jour.

Quand un peu plus tard une grande partie de la ville de Bergues fut détruite par le feu, ainsi que le monastère et l'église où le corps de saint Winoc reposait dans un cercueil de bois, le feu, dès qu'il s'approcha du tombeau, se retira en arrière et s'éteignit. Quand les citoyens virent que le feu n'avait point touché le tombeau - ce qu'ils avaient craint - leur tristesse se changea en joie.

Les frères de Wormhout vinrent à Bergues pour transporter le corps de leur saint père au monastère où il avait vécu avec eux, mais ils ne purent bouger le cercueil. Les citoyens se réjouirent et dirent : "Le saint homme veut rester parmi nous." Ils promirent de fonder un nouveau monastère au coin de la ville où il avait vécu au commencement, et alors ils purent facilement transporter le saint corps. Après avoir construit l'église, comme ils avaient promis, ils déposèrent le saint corps dans le choeur où beaucoup de malades, aveugles, boiteux, possédés et gens souffrant de différentes maladies, furent guéris par l'intercession du saint.

Plus tard, l'abbé du monastère désira mettre le corps dans un tombeau nouveau, orné d'or et de perles de grand prix. Il ordonna à un ouvrier d'ouvrir le cercueil de bois, mais il n'y arriva pas. Il rompit tous ces outils de sorte qu'il dut arrêter. Winoc se révéla à un ermite, qui vivait dans un ermitage à l'est de l'église, disant que son corps devait être mis dans le choeur derrière l'autel dans une niche dans le mur, parce que là se trouvait le lieu de son premier oratoire qu'il avait construit quand il vint y demeurer avec ses 3 premiers compagnons.

L`abbé et les frères se réjouirent et quand ils vinrent pour déplacer le corps avec les citoyens de la ville, ils purent facilement ouvrir le cercueil et placer le corps dans la châsse nouvelle, ce qui auparavant était impossible. En témoignage de ce miracle, ils suspendirent le cercueil de bois derrière l'autel.

En cet instant fut présent Bono, l'évêque de la Saxe, et il demanda 2 parcelles du cercueil en bois. On les lui donna et il les emmena dans son pays, en honneur de saint Winoc. Quand il arriva à Hambourg, il vit là un homme, possédé du démon et affreusement tourmenté, que personne ne pouvait aider, il mit cette relique du tombeau de saint Winoc sur la tête du malade et à l'instant même celui-ci fut libéré du diable.

Un soldat, estimé par le comte de Flandre, possédait un terrain qui avait appartenu au monastère de saint Amand. L'abbé du monastère s'était plaint de cela auprès du comte, mais en vain. L'abbé voyagea donc jusqu'à Bergues, puisqu' il avait entendu que le comte serait là, et toute la nuit il veilla devant le tombeau de saint Winoc, lui demandant son aide. Au matin, il quitta le tombeau et trouva toutes les portes ouvertes, de façon qu'il put arriver auprès du comte sans aucun obstacle. Le comte en fut bien surpris et donna l'ordre de restituer immédiatement au monastère les terrains que le soldat possédait illégalement. Le comte comprit que saint Winoc était intervenu, il prit grande dévotion envers le saint et dota le monastère de biens.

Au temps du comte Charles on transporta le corps de saint Winoc à Sithiu dans le monastère de saint Bertin par peur des brigands du Danemark, qui dévalisaient le pays. Le comte Beaudoin le chauve, le fit transférer de nouveau à Bergues avec grand honneur; il fortifia la ville et ordonna de l'appeler Winocsbergues. Il reconstruisit l'église de saint Martin, que saint Winoc avait fondé et qui fut détruite par le feu. Cette translation se fit le 18 septembre de l'an 1138.

Une fois, quand on porta, selon la coutume, le corps de saint Winoc, le deuxième jour de la Pentecôte, à Wormhout où le saint avait vécu longtemps, Tandradus, un aveugle-né, désira être guidé vers la châsse du saint pour la toucher. Dormant la nuit devant la châsse, il vit un vieillard, habillé en blanc, qui toucha ses yeux; et ainsi il reçut la vue.

Une femme, aveugle-née de Furnes, vint aussi auprès du tombeau de saint Winoc, et après une longue prière, elle reçut la joie de la vue. Une autre femme aveugle passa la nuit devant son tombeau et s'endormit. Soudainement beaucoup de sang jaillît de ses yeux et c'est ainsi qu'elle reçut la vue. Cela se passa aussi avec 2 jeunes filles de 8 ans et un enfant d'un an, tous aveugles nés. Ils furent emmenés vers le tombeau, et après que beaucoup de sang ait jailli de leurs yeux, ils purent voir. Une autre femme pauvre, elle aussi aveugle-née, pria le jour de l'Ascension pendant la Liturgie avec une foi ferme et visita le tombeau du saint homme avec une profonde dévotion, et elle aussi reçut la vue. Ce miracle se fit en présence le l'évêque de Thérouanne, de l'abbé de saint Winoc et de l'abbé de saint Vaast d'Arras.

Beaucoup d'autres aveugles, malades, sourds, blessés et souffrants d'autres infirmités ont été guéris en demandant l'intercession du saint. Certains ont été libérés de la prison et d'autres sauvés des dangers de mort.

Traduction de la Vita Winnocus par le p. Thomas, monastère de Pervijze.
http://www.orthodox.be


HYMNE EN L'HONNEUR DE NOTRE PERE PARMI LES SAINTS, WINOC DE WORMHOUT

Maître de l'univers, qui règne sur le monde,
Jésus, qui es l'éternel Dieu avec ton Père,
Tu donnes aux âmes la rosée de Ta bénédiction salutaire,
Remplis maintenant les coeurs avec le feu de Ton Esprit.

Nous fêtons la fête de Winoc, ton ami,
Et nous Te vouons, ô Toi le Très-Haut, nos promesses,
Nous chantons des hymnes pour Ton soldat,
Parce qu'il brille d'une manière céleste par Ta lumière.

Il fut digne de porter le nom de "pasteur",
Puisque dans tous ces actes il se montra le serviteur de tous.
Il se mit à l'ouvrage comme s'il fut un esclave;
L'exemple que nous tous devons suivre.

Ses hautes vertus firent tourner la meule automatiquement
Et cela lui arracha des larmes douces.
Il pria et vit devant ses yeux brillants
Comment la farine augmenta dans le moulin.

Le curieux, qui l'épia, tomba à coté du blé,
Ses yeux perdirent la lumière, ses membres la force.
Winoc pria avec ferveur que cet homme guérisse
Et le Tout-Puissant écouta le désir de celui qui pria.

Winoc, le bien-aimé, fut joint aux astres,
Il brille, orné de dons éternels.
Il fut paré d'une couronne éternelle
Et il chante dignement la louange de Dieu.

Gloire au Père éternel, le Tout-Puissant,
Et gloire à son Fils,
Loué toujours avec le Saint Esprit,
En tout temps le Dieu Unique en Trois Personnes. Amen.






Saint Winnoc, Psautier de Saint-Bertin, 12ème s., bibliothèque royale Den Haag

12 avril 2008

Bienvenue chez les Ch'tis............ saints!


Héé oui, le pays "cht'i" a compté bien des saints, à l'époque où il était Orthodoxe - et aussi en Flandre, et pas en France... Époque où la région s'étendait sur le territoire originel de 3 tribus de ces Belges qui étaient les plus courageux des Gaules (dixit Jules César dans son bouquin) ou aussi fous que les autres (dixit le même vieux Jules dans "Astérix chez les Belges") - choisissez votre version!
Une partie de la région d'origine s'appelait la Morinie, le pays des Morins, les descendants directs de cette tribu de Celtes Belges répertoriés par Jules César et les historiens de Rome.
Puis il y avait les Atrébates. Et ensuite la partie des Nerviens, cette autre tribu de Celtes Belges ayant donné pas mal de fil à retordre aux puissantes armées de l'empire romain.
(De Bello Gallico - la Guerre des Gaules: 2,4; 3,9; 3,28; 4,21-22; 4,37-38; 8,75-76)

Voir aussi la très intéressante carte ici, représentant les peuples en leur lieu avec superposition des frontières modernes. Avec les guerres de la France et de la Germanie, notre pays a perdu plus de la moitié de sa superficie au fil des siècles par rapport à son assise originelle.

Une très grande époque pour cette belle région, qui faisait partie historiquement de la Gallia Belgica. Et c'est notre héritage à nous aussi. Le passé doit servir comme leçon pour aujourd'hui et pour l'avenir : si à l'époque, la région était grande et vivante et agréable... sans avoir besoin d'un bon film pour la promouvoir ;-) c'est bien parce que la Foi y était vive et vraie.

L'héritage orthodoxe occidental
Orthodox America - Orthodoxy's Western Heritage
http://www.roca.org/oa/129/129e.htm
Comme archévêque d'Europe Occidentale (1950-1962), Saint Jean (Maximovitch) développa un profond intérêt pour les saints Orthodoxes de l'Ouest. Pour promouvoir leur vénération, il publia un oukaze (décret) appelant son clergé à "commémorer durant les Liturgies, aux Lities et dans toutes les autres prières, aussi bien que dans l'envoi final, tous ces Amis de Dieu qui sont les saints patrons locaux ou du pays où l'Office est célébré, et où ils bénéficient d'une vénération particulière. A Paris et dans les environs, par exemple, il faudrait commémorer le hiéromartyr Denis, sainte Geneviève et saint Cloud; à Lyons, le hiéromartyr Irénée; à Marseille, le martyr Victor et saint Jean Cassien; dans la région de Toulouse, le hiéromartyr Saturnin, évêque de Toulouse; à Tours, le saint hiérarque Martin. Où l'information manque ou est incertaine, le clergé doit s'adresser à nous pour clarification. Les prêtres devraient encourager leurs fidèles à honorer ces Amis de Dieu." (Ukase #223, 23 Avril 1953)

Le 12 avril, nous fêtons un de ces amis de Dieu, un bon grand ch'ti saint bien de chez nous :

Saint Erkembode, évêque de Thérouanne, siège apostolique des Flandres (+ 742)

statue hétérodoxe de saint Erkembode, bourrée d'anachronismes
(je n'ai hélas pas trouvé d'Icône ou d'enluminure)

Saint Erkembode, "le saint qui fait marcher," était moine à Saint-Omer (Pas-de-Calais) à la fin du 7ème siècle et au début du 8ème siècle. Erkembode, surnom qui signifie "Envoyé Reconnu" en langue de famille germanique (thiois? Vieux flamand assurément) est le nom qui lui est resté. Sa vie est toute au service de Dieu.
A l'époque où le vénérable Bertin terminait, dans son monastère de Sithiü, sa longue et sainte carrière, vivait près de lui saint Erkembode, qui devait un jour le remplacer dans sa charge, et même être élevé sur le siège de Thérouanne. On ne connait rien de bien certain touchant les premières années de sa vie, son origine et sa famille. Des auteurs croient qu'il était un des compagnons des saints Lugle et Luglien, qu'il vint avec eux d'Irlande ou de la Grande-Bretagne, qu'il fut, comme eux, saisi, dépouillé, frappé et laissé pour mort, dans le lieu alors appelé Scyrendal, près de Ferfay, dans le canton actuel de Norrent-Fontes. Ils assurent que ce saint, étant revenu à lui après le départ des assassins, couvrit à la hâte avec des broussailles les corps sanglants des 2 martyrs Irlandais, et alla aussitôt à Thérouanne rendre compte à l'évêque saint Bain de tout ce qui s'était passé. D'autres supposent au contraire que saint Erkembode était originaire de la Morinie, et que sa piété et son zèle pour le service de Dieu l'avaient porté à se faire en quelque sorte le guide et le compagnon des saints Lugle et Luglien dans cette contrée.
Quoi qu'il en soit de ces premières années de saint Erkembode et des questions qui s'y rattachent, les anciens hagiographes sont unanimes à nous le représenter vivant dans le monastère de Sithiü, sous la conduite de saint Bertin, et travaillant, avec un zèle admirable, à marcher sur les traces dans la pratique des vertus monastiques. Il y fit de si rapides progrès, que tous les suffrages des frères se prononcèrent en sa faveur, quand il fut question de donner un successeur à ce saint Abbé, qui venait d'expirer sous ses yeux. Saint Erkembode gouverna donc cet important monastère après Erlefride et Rigobert, lesquels avaient été, du vivant de saint Bertin, chargés de le remplacer dans les fonctions que son grand âge ne lui permettait plus de remplir entièrement.
Saint Erkembode exerça avec une admirable fidélité tous les devoirs que lui imposait sa nouvelle position. Il maintint l'exacte discipline qui avait fleuri jusqu'alors dans le monastère de Sithiü, il donna par ses exemples et ses discours le goût de la vertu et de la perfection, pourvut aux besoins de sa nombreuse communauté, et la défendit avec prudence et sagesse contre les entreprises des hommes violents, qui, à cette époque surtout, portaient souvent le trouble dans la paisible retraite des hommes de Dieu.


L'évêque de Thérouanne, Ravenger, successeur de saint Bain, étant mort dans ce temps, le clergé et le peuple élurent saint Erkembode pour le remplacer. Le saint conserva néanmoins la direction de la communauté de Sithiü, dont tous les moines lui étaient unis par les liens de l'affection la plus touchante et la plus sincère – il fut donc un abbé-évêque, dans la plus parfaite tradition de l'Orthodoxie celtique, école où avait été formé saint Bertin (Luxueil).
La conduite du nouvel évêque répondit aux voeux des habitants de Thérouanne, et à la confiance que l'on avait dans sa vertu et sa prudence. Il se montra constamment le père des pauvres et des malheureux, le consolateur de tous ceux qui étaient dans la souffrance, et un véritable ministre de Jésus-Christ. L'oeuvre saint Omer fut par lui continuée avec succès, et le pays des Morins se couvrit de plus en plus d'églises, où les peuples se réunissaient pour adorer Dieu, de monastères où beaucoup venaient se dévouer pour toujours à Son service. Tout le temps de l'épiscopat de saint Erkembode fut consacré à cette oeuvre sainte. Les fruits de Salut qu'elle produisit se multiplièrent rapidement, et achevèrent de donner à cette terre autrefois inculte et sauvage, une physionomie toute Chrétienne qu'elle conserva fidèlement jusqu'au Schisme du "saint empire romain germanique" et de Rome, qui l'entraînèrent dans les hérésies et la chute.

Le diocèse de Thérouanne était immense : il allait d'Ypres jusqu'à la vallée de la Somme. Saint Erkembode le parcourut en tous sens, soucieux de racheter des terres pour les redistribuer aux pauvres. Sans doute ces longues courses apostoliques furent-elles la cause des difficultés de la marche dont il fut atteint : il mourut en effet presque paralysé en 742, après avoir gouverné son Église l'espace de 26 ans. On l'enterra dans l'église primitive, devant l'autel principal de la très sainte Mère de Dieu, auprès du tombeau de saint Omer (Audomar), qui reposait là depuis 72 ans. De nombreux miracles s'opérèrent auprès de ce tombeau, et les pieuses libéralités des fidèles envers leur Patron se multiplièrent à tel point, qu'elles suffirent pour réparer cette église déjà ancienne, et même pour en bâtir une seconde. L'ancienne petite église s'est transformée au long des siècles en l'imposante cathédrale de Saint-Omer :

"Après donc que le bon et prudent serviteur de Dieu, Erkembode, eut bien géré durant sa vie l'argent de son Seigneur, et qu'il eût travaillé avec persévérance dans la vigne où le céleste Père de famille l'avait conduit, le soir de sa vie approchant, il fut appelé par le Seigneur pour recevoir le denier de la récompense suprême, et changer par un heureux commerce les biens terrestres pour les biens célestes, les choses périssables pour les éternelles".

"On voit encore aujourd'hui, rapporte le 'Légendaire de la Morinie', la tombe de saint Erkembode, dans l'église Notre-Dame de Saint-Omer. Elle est au fond de la croisée du côté de l'évangile ou du nord, appuyée contre le mur, élevée sur 2 figures de lions. Elle a la forme d'un carré long, sans ornements, grossièrement taillée dans un bloc énorme de grès, et recouverte d'une autre large pierre".
"Cette tombe vénérée porte les marques évidentes de la pieuse dévotion de nos aïeux; en plusieurs endroits, en effet, le grès, malgré sa dureté extrême, se trouve assez profondément usé, résultat du passage d'une longue suite de générations de fidèles qui venaient se frotter avec confiance contre cette pierre pour se délivrer de leurs maux corporels".
Les reliques de ce saint évêque, qui ont échappé aux persécutions de 1793, continuent d'être visitées dans l'église de Notre-Dame, où sa châsse est toujours un lieu de dévotion pour les parents d'enfants infirmes. Hélas, là aussi, encore un saint authentiquement et strictement Orthodoxe qui n'est pas dans une église Orthodoxe mais dans un lieu du vatican...

Pourquoi des chaussures sur sa tombe ?

Le tombeau de saint Erkembode est une très ancienne cuve monolithe de porphyre gris foncé. Il était jadis au milieu de la petite église primitive, et est désormais adossé au choeur, dans le déambulatoire Nord de la cathédrale. Ce qui intrigue tout le monde, ce sont les petites chaussures qui sont posées dessus. En voici l'origine : dès la mort de saint Erkembode, des pèlerins sont venus de partout prier sur ce tombeau, se disant sans doute : "il a tant marché pour nous, marchons à notre tour vers lui." Ces pèlerins déposaient sur le tombeau leurs chaussures hors d'usage en "ex voto" pour attester leur longue marche. On s'est souvenu qu'il est mort presque paralysé et qu'il a dû prier souvent pour marcher correctement. Aujourd'hui ce sont des chaussures d'enfant qui ont pris le relais de celles des adultes de jadis. C'est que saint Erkembode a toujours été le saint qui fait marcher! Dans l'espoir d'obtenir la guérison de leur enfant, les parents déposent de petites chaussures sur la tombe du saint. On vient le prier chaque fois qu'un enfant a du mal à se mettre à marcher et les mamans placent ici, en priant avec confiance, les chaussures. Les personnes responsables de la cathédrale les enlèvent quand il faut laisser la place pour d'autres. Les dépressifs viennent aussi.
Saint Erkembode est bien "le saint qui fait marcher" et le saint qu'il faut invoquer quand on souffre de dépression nerveuse, et que rien ne "marche." C'est pourquoi des déprimés font le pèlerinage pour demander l'intercession de saint Erkembode et sortir de cette sorte de paralysie, si fréquente aujourd'hui. Bien que victimes d'une fausse religion, au plus profond d'eux-mêmes se trouve cet appel à aller vers les vrais amis de Dieu..


Cartulaire de l'abbaye de Saint-Bertin
http://gallica2.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k29276b.modeAffichageimage.f1.langFR.tableDesMatieres

XXII. De Erkembodone abbate, successore Erlefridi et privilegio Chilperici regis
[..]
XXVIII. De episcopatu ejusdem abbatis, et de rebus quas emit in Sethtiaco
XXIX. Emptio ejusdem abbatis et episcopi de rebus infra scriptis
XXX. De morte Erkenbodi et de successione Waimari, et privilegio Hilderici


Mémoires, Société des antiquaires de la Morinie, 1851
http://books.google.be/books?id=RkEDAAAAYAAJ&dq=erkembodus&hl=fr&ie=ISO-8859-1&source=gbs_summary_s&cad=0
évoque la vie de l'abbaye à l'époque carolingienne et après, avec quelques retours sur l'époque des saints et Orthodoxes fondateurs, qui avaient dédié leur abbaye à la Mère de Dieu.

Saint Erkembode est cité dans le calendrier Orthodoxe sur forum-orthodoxe.com

Histoire générale de la province d'Artois, de Jean Baptiste François Hennebert, 1788
"Erkembode à l'épiscopat et sur celui de son décès: le catalogue des évêques de Thérouane fixe ... "
(lire la suite ..)


HOMÉLIE - A propos de la Cité qui est en construction
"Car nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous recherchons celle de l'avenir." (Hébreux 13,14).
Frères, où sont les grandes villes de Babylone et Ninive? Aujourd'hui, il n'y a plus que des lézards qui se promènent dans la poussière de leurs tours. Memphis et Thèbes n'étaient-elles pas la fierté des Pharaons et des princes de l'humanité? De nos jours on a difficile à établir avec certitude leur emplacement exact d'antan.
Mais laissons donc là ces villes de pierres et de briques. Regardons vers les cités de sang, chair et os. Les hommes façonnent la cité de leurs corps plus lentement et plus minutieusement qu'ils ne façonnent leurs forteresses et cathédrales. L'homme passe entre 80 et 100 ans à façonner la cité de son corps, et à la fin, de voir que ses efforts ont été vains. Ce qui lui a pris des décenies à bâtir avec force et constante crainte, s'effondre dans la poussière de la tombe, en un clin d'oeil. De qui la cité corporelle ne s'est-elle pas effondrée et n'est-elle pas retournée à la poussière?
De personne.
Mais quittons maintenant les cités du corps. Et regardons les cités de la fortune, que les hommes ont bâties de génération en génération. Les matériaux avec lesquels ces villes sont bâties sont : du bon temps, plaisir, propriété, autorité, honneur et gloire. Où sont ces villes? Elles se tissent en quelques instant autour de l'homme, telles des toiles d'araignées, et de la même manière se brisent et disparaissent, rendant le fortuné plus infortuné que l'infortuné.
Vraiment, nous n'avons ici aucune cité qui persistera.
C'est pour cela que nous recherchons la cité à venir. C'est la cité bâtie d'Esprit, de Vie et de Vérité. C'est la cité dont le seul et unique architecte est le Seigneur Jésus-Christ. C'est la cité appelée Royaume des Cieux, Vie Eternelle, demeure des Anges, port des saints et refuge des martyrs. Dans cette ville-là, il n'y a pas de dualisme entre le bien ou le mal, mais tout est une harmonie du bien. Dans cette Cité, tout est bâtit pour durer éternellement. Chaque brique dans cette Cité demeure sans fin. Les briques sont les Anges et hommes vivants. Dans cette Cité, le Seigneur Jésus ressuscité siège sur le trône et règne.
O Seigneur ressuscité, retire-nous de dessous les ruines du temps et guide-nous miséricordieusement vers Ta Cité éternelle des Cieux.
A Toi soit la gloire et l'éternelle reconnaissance. Amen.
Saint Nicolas Velimirovic, évêque d'Ochrid


Office à saint Winnoc, célébré par l'archimandrite Thomas (monastère de la Mère de Dieu, Pervijze, B), à Bergues, septembre 2003. Depuis la chute de l'Occident, les reliques de nos saints se trouvent dans des musées civils, des greniers de lieux de culte hétérodoxe, etc.. et nous devons développer des trésors d'astuce pour parvenir à aller vénérer NOS saints et les honorer comme il convient...