"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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27 mai 2018

Prière pour l'unité de l'Église (p. Andrew)

UNE PRIÈRE POUR L'UNITÉ DES ÉGLISES ORTHODOXES

"Comme il est bon et agréable pour des frères de demeurer ensemble dans la concorde!"

Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, Chef de l'Église qui est Ton Corps, qui a prié pour Tes disciples auprès du Père, "afin qu'ils soient tous un, comme Toi, Père, Tu es en moi, et Moi en Toi, afin qu'ils soient aussi un en Nous, afin que le monde croie que Tu M'as envoyé" :

Nous confessons que ton Église est Une, et ne peut être divisée; nous pleurons pour tous ceux qui se séparent d'elle; nous prions pour que tu fasses cesser les schismes. Nous ne mettons pas notre confiance dans les princes, ni dans les fils des hommes, en qui il n'y a pas de Salut; nous mettons plutôt toute notre espérance en Toi, et nous T'en supplions, envoie Ton Esprit Saint pour guider nos hiérarques, afin qu'ils proclament à juste titre la parole de Ta vérité, et qu'ils témoignent de l'unité de l'Église dans toutes leurs décisions.

Préserve-nous, Seigneur, du malin et de toutes ses tentatives pour nous diviser, des machinations des gouvernements, des ambitions des hommes déchus et du péché d'orgueil. Guéris les blessures causées par notre manque d'amour, et remplis-nous, ainsi que nos hiérarques, d'amour les uns pour les autres comme frères en Christ. Garde-nous dans Ta vérité, car Ta parole est vérité.

A Toi, et à Ton Père, et à l'Esprit Saint : la Sainte Trinité, source et manifestation de toute unité, une seule essence et indivise, nous rendons toute louange, honneur et gloire, maintenant et à jamais, et dans les siècles des siècles. Amen.

Père Andrew Stephen Damick






A PRAYER FOR THE UNITY OF THE ORTHODOX CHURCHES

"Behold, how good and pleasant it is for brethren to dwell together in unity!"

O Lord Jesus Christ our God, head of the Church that is thy Body, who prayed for thy disciples to the Father, “That they all may be one; as thou, Father, art in me, and I in thee, that they also may be one in us: that the world may believe that thou hast sent me”:

We confess that thy Church is one, and cannot be divided; we mourn for all who separate themselves from her; we pray that thou mayest make the schisms to cease. We put not our trust in princes, nor in the sons of men, in whom there is no salvation; rather, we put all our hope in thee, and we beg of thee, send thy Holy Spirit to guide our hierarchs, that they may rightly divide the word of thy truth, and that they may bear witness to the unity of the Church in all their decisions.

Preserve us, O Lord, from the evil one and all his attempts to divide us, from the machinations of governments, from the ambitions of fallen men, and from the sin of pride. Heal the wounds caused by our lack of love, and fill us, and our hierarchs, with love for one another as brothers in Christ. Keep us in thy truth; thy word is truth.

To thee, and thy Father, and the Holy Spirit: the Holy Trinity, the source and manifestation of all unity, one in essence and undivided, do we ascribe all praise, honor, and glory, now and ever, and unto ages of ages. Amen.
Fr. Andrew Stephen Damick

07 avril 2018

Pentecostaire en français

Ce soir, nous fêterons Pâques, donc dès demain, ces livres-ci nous accompagnerons au quotidien:



4 volumes (illustration : ancienne et nouvelle version FR)
Existe en version FR et version bilingue FR-GR

Tarifs & commandes
http://saintsanargyres.be/publications.html

Καλή Ανάσταση και Χρόνια Πολλά

15 septembre 2017

L'Église, fidèle au Christ depuis 2000 ans

L'Église Orthodoxe est évangélique, mais pas Protestante. Elle est orthodoxe, mais pas Juive. Elle est catholique, mais pas Romaine. Elle n'est pas confessionnelle - elle est d'avant les Confessions. Elle a cru, enseigné, préservé, défendu et est morte pour la Foi des Apôtres depuis le Jour de la Pentecôte il y a 2000 ans.
Steve Robinson & Bill Gould




The Orthodox Church is evangelical, but not Protestant. It is orthodox, but not Jewish. It is catholic, but not Roman. It isn’t non-denominational – it is pre-denominational. It has believed, taught, preserved, defended and died for the Faith of the Apostles since the Day of Pentecost 2000 years ago.
Steve Robinson and Bill Gould

19 juin 2016

La puissance du Saint Esprit (Pentecôte / P. Alexander Men)

Un jour, deux mineurs se sont retrouvés enfermés dans une mine. Les heures passaient et ils craignaient d'étouffer. Ils cherchaient la sortie dans l'obscurité et ne pouvaient pas la trouver. Sombrant dans le désespoir, ils criaient, appelaient, couraient, tombaient par terre. Et voici qu'un d'eux dit : "Attends, on se calme. Prions, nous rassemblerons nos forces et nous écouterons : d'où vient donc la faible brise?" Le compagnon l'a écouté, a commencé à écouter, les deux se sont calmés. Et voici que dans le calme, ils ont senti d'où venait au devant un léger vent. Donc il y avait là une sortie. Ils sont allés à cette partie, et ont trouvé l'orifice par lequel ils ont pu sortir, et se sont sauvés.
Telle est notre vie. Quelles que soient les vicissitudes et les difficultés, ne désespérons pas. Arrêtons-nous, prions, concentrons-nous, écoutons : où nous appelle l'Esprit de Dieu? Il nous appelle là-bas, où il y a le Salut, où est l'invisible Royaume Céleste promis, mais aussi où est la grande promesse qui fait de nous tous des fils de Dieu par la puissance de Son Saint Esprit. Amen.
Archiprêtre Alexandre Men.







Однажды двое рабочих были засыпаны в шахте. Прошли часы, и они боялись там задохнуться. Они искали выхода в темноте и не могли найти. Они пришли в отчаяние, они кричали, звали, метались, падали на землю. И вот один из них сказал: «Постой, успокойся. Помолимся, соберемся с силами и прислушаемся: нет ли где ветерка?». Товарищ внял ему, стал прислушиваться, оба они успокоились. И вот в тишине они почувствовали, что откуда-то спереди легкий ветер тянет. Значит, там есть выход. Они пошли в ту сторону, и нашли отверстие, через которое смогли выйти, и спаслись.
Вот так и наша с вами жизнь. Какие бы ни были в ней превратности и трудности, не будем отчаиваться. Остановимся, помолимся, сосредоточимся, прислушаемся: куда зовет нас Дух Божий? Он зовет нас туда, где есть спасение, где Царство Небесное обещает незримое, но великое обетование, которое всех нас делает Сынами Божьими через силу Его Святого Духа. Аминь.
Протоиерей Александр Мень.

09 juin 2014

Que connaissons-nous du Saint Esprit? (Lundi de Pentecôte - metr. Antoine Bloom)


Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.

Aujourd'hui, nous célébrons la Fête du Saint Esprit. Que savons-nous de Lui? Nous avons entendu hier de merveilleuses paroles de prière, pour le Dimanche de Pentecôte, mais réfléchissons un peu à Lui, au nom qu'Il reçoit dans l'Évangile, qui est traduit par "Consolateur" en français, ou "avocat" dans d'autres langues. Il est en effet Celui Qui console, et Qui nous console de notre séparation du Christ, Qui nous console nous qui sommes tels des orphelins, nous qui aspirons à être avec le Christ notre Dieu, notre Sauveur, et qui sait qu'aussi longtemps que nous seront dans la chair - et ce sont les paroles de saint Paul - nous en serons séparés. Mais afin d'être notre Consolateur, d'être notre consolation, nous devons être conscients du fait que nous sommes séparés, et telle est la première question que nous devons nous poser : en sommes-nous bien conscients, ou ne vivons-nous pas dans l'illusion que nous sommes en Dieu et que Dieu est en nous, et que rien de plus n'est nécessaire? Que du contraire, il y a tant et plus qui est nécessaire!

Il est aussi Celui Qui, comme Consolateur, nous donne la force, une force pour vivre malgré la séparation, la force pour tenir bon et pour accomplir la Volonté, pour accomplir les Commandements de Dieu, Celui Qui sait nous donner la vigueur de l'âme, la détermination, la force d'agir. Mais à nouveau, cela n'est possible que si nous nous tournons vers Lui et disons "Viens! Viens et demeure en nous! Purifie-nous! Ne soit pas seulement notre Consolateur mais aussi notre force."

In fine, Il est Celui Qui nous donne, déjà maintenant, la joie de connaître quelle est notre proximité, malgré ce qui semble être une distance infinie entre Dieu et nous, Celui Qui, par des gémissements ineffables, parle à Dieu depuis les profondeurs de notre être. Celui Qui, parce que nous sommes le propre peuple du Christ, Ses frères et soeurs en humanité - et ce sont Ses propres paroles - fait que nous sommes les enfants du Père. Considérez la joie de tout cela, la merveille que c'est, la dignité! En effet, aussi, la responsabilité que cela apporte...

Si nous pensons à notre monde, qui est si grandement étranger à Dieu, l'Esprit est déjà le commencement de la vie éternelle. Sa présence est un fait décisif. Il s'abat sur les rochers comme la mer, Il rompt les résistances. Il est la joie de cet éternel appel à notre porte, Se forçant dans nos vies, nous rappelant de Dieu notre Père, du Christ notre Sauveur, et de notre grandeur et notre dignité devant Dieu, nous montrant que toutes choses sont possibles dans la puissance du Christ Qui nous soutient.

Dès lors, célébrons de manière responsable et avec reconnaissance cette fête. Et que l'Esprit de Dieu Qui vint sous forme de langues de feu sur les Apôtres, vienne aussi sur nous - peut-être comme un feu qui nous enflamme et fait de nous comme des Buissons Ardents, ou qui nous touche comme la voix ténue et presqu'inaudible que le prophète [Élie] avait entendu dans le désert où Dieu était, dans Sa paisible humilité, dans Son abandon pour nous, dans Son amour pour nous. Amen.


+ Antoine (Bloom), métropolite de Sourozh

08 juin 2014

Pentecôte: les 3 prières de l'Office des vêpres de l'agenouillement


Première prière
Seigneur immaculé, sans souillure, sans commencement, invisible, incompréhensible, insondable, immuable, insurpassable, incommensurable, longanime ; Toi qui seul possèdes l’immortalité, qui vis dans la lumière inaccessible, qui fis le ciel et la terre, la mer et tout ce qui y fut créé; qui accordes à tous leurs demandes avant qu’elles ne soient formulées ; nous Te prions et T’implorons, Maître qui aimes les hommes, Père de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ, qui pour nous hommes et notre salut descendit des cieux et s’ incarna de l’Esprit Saint et de Marie la toujours-vierge et très glorieuse Mère de Dieu ; Lui qui d’abord enseigna par les paroles et qui montra ensuite par les actes, lorsqu’Il souffrit la passion salvatrice, nous accordant à nous Tes serviteurs humbles, pécheurs et indignes, un exemple pour T’offrir des supplications en courbant la nuque et en fléchissant les genoux  pour nos propres péchés et l’ignorance du peuple.
Toi donc, qui es plein de miséricorde et qui aimes les hommes, écoute-nous quel que soit le jour où nous T’invoquons, particulièrement en ce jour de la Pentecôte en lequel, après que notre Seigneur Jésus-Christ fut monté aux cieux et se fut assis à Ta droite, Toi Dieu et Père, faisant descendre sur Ses saints disciples et apôtres le Saint Esprit, qui reposa sur chacun d’entre eux. Ils furent alors remplis de Sa grâce inépuisable, dirent en d’autres langues Tes merveilles et prophétisèrent. Maintenant donc, nous Te prions, écoute-nous et souviens-toi de nous, humbles et condamnés, et fais revenir nos âmes de captivité, Toi dont la propre compassion prie pour nous. Reçois-nous, qui nous prosternons devant Toi et nous écrions : « nous avons péché ». A Toi nous fûmes confiés dès le sein de notre mère, depuis lors Tu es notre Dieu ; mais comme nos jours se sont évanouis dans la vanité, nous avons été dépouillés de Ton aide et privés de toute justification. Toutefois, confiants en Ta miséricorde, nous nous écrions : ne Te souviens pas des péchés de notre jeunesse et de notre ignorance. Purifie-nous de nos péchés cachés, ne nous rejette pas au temps de notre vieillesse, ne nous abandonne pas lorsque nos forces déclineront ; avant notre retour en terre, rends-nous dignes de revenir vers Toi et dirige Ton attention vers nous, par Ta bienveillance et Ta grâce.
Mesure par Ta compassion nos iniquités ; oppose à la multitude de nos péchés l’abîme de Ta miséricorde ; regarde depuis Ta sainte hauteur Ton peuple ici présent, qui attend de Toi abondante miséricorde. Visite-nous dans Ta bonté, délivre-nous de l’oppression du diable, affermis notre vie par Tes lois saintes et sacrées. Confie Ton peuple à un fidèle ange gardien; rassemble-nous tous dans Ton Royaume, accorde le pardon à ceux qui espèrent en Toi ; à eux comme à nous remets les péchés ; purifie-nous par l’action du Saint-Esprit ; détruis les entreprises de l’ennemi contre nous.

On ajoute cette prière :
Tu es béni, Seigneur, Maître tout-puissant, Tu as éclairé le jour par la lumière du soleil et la nuit par les lueurs du feu. Tu nous as donné de traverser la durée du jour et de nous approcher du début de la nuit ; entends notre prière et celle de Ton peuple ; accorde-nous le pardon de nos fautes volontaires et involontaires, reçois nos supplications du soir, et envoie sur Ton héritage Ton immense miséricorde et Ta compassion. Protège-nous par Tes saints anges, donne-nous des armes de justice, entoure-nous de la vérité, garde-nous par Ta  puissance, délivre-nous de toute circonstance adverse et de toute embûche de l’ennemi ; accorde-nous que ce soir et cette nuit qui vient, ainsi que tous les jours de notre vie soient parfaits, saints, paisibles, sans péché, sans scandale, sans imagination malsaine. Par les prières de la Très Sainte Mère de Dieu et de tous les saints qui depuis la création Te furent agréables. Amen.


Deuxième prière
Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, qui aux hommes donnas Ta paix, accordant le don du Très-saint Esprit aux fidèles, alors que Tu vivais parmi nous, le laissant tel un héritage qui ne nous sera pas enlevé, faisant descendre en ce jour cette grâce de façon particulièrement manifeste sur Tes  disciples et apôtres, fortifiant leurs lèvres par des langues de feu, par lesquelles nous, tout le genre humain, – chacun dans sa propre langue - avons reçu et entendu la connaissance de Dieu, avons été illuminés par la lumière de l’Esprit, sommes sortis de l’égarement comme des ténèbres et, par le partage et l’action surnaturelle des langues sensibles et de feu, avons appris la foi en Toi et avons été illuminés pour Te confesser Dieu avec le Père et le Saint-Esprit en une seule Divinité, force et puissance. Toi donc, éclat du Père, empreinte immuable et inaltérable de Son essence et de Sa nature, la source du salut et de la grâce, ouvre-moi aussi qui suis pécheur, les lèvres, et apprends-moi comment et pour qui il convient de prier. Tu connais la multitude de mes péchés, mais Ta miséricorde vaincra leur immensité. Et voilà que je me tiens devant Toi avec crainte, déversant le désespoir de mon âme dans l’océan de Ta miséricorde ; dirige ma vie, Toi qui diriges d’une seule parole toute la création par la puissance ineffable de Ta sagesse, Toi le havre paisible de ceux qui sont agités par la tempête, et fais-moi connaître la voie où je cheminerai. Donne l’esprit de sagesse à mes pensées, accordant l’Esprit de raison à mon esprit insensé, couvre mes œuvres de l’Esprit de Ta crainte ; renouvelle en mes entrailles l’esprit de droiture, et affermis par l’Esprit souverain l’instabilité de mes pensées, afin que, conduit par Ton Esprit bon vers ce qui est utile, je sois rendu digne d’accomplir chaque jour Tes commandements et de me rappeler toujours Ta glorieuse parousie, lors de laquelle seront scrutés nos actes. Et ne permets pas que nous soyons tous séduits par les biens corrompus de ce monde, mais renforce-nous dans le désir de recevoir les trésors à venir. Tu as dit, ô Maître : celui qui demandera quoi que ce soit en Ton nom, il le recevra sans faute de la part de Ton Père et Dieu coéternel. Aussi, moi qui suis pécheur, lors de la venue de Ton Saint-Esprit, je supplie Ta bonté : ce que j’ai demandé, accorde-le moi en vue du salut. Oui,
Seigneur, Toi qui accordes largement tout bienfait, car Tu donnes avec surabondance ce que nous demandons, Tu es compatissant et miséricordieux, Toi qui sans péché pris part à notre chair, incline-Toi vers ceux qui fléchissent le genou devant Toi, qui t’es fait propitiation pour nos péchés. Donne, Seigneur, Tes largesses à Ton peuple, écoute-nous depuis ton ciel saint. Sanctifie-nous par la puissance de Ta droite salvatrice, couvre-nous à l’ombre de Ton aile, ne méprise pas l’œuvre de Ta main ; nous péchons contre Toi seul, mais nous ne servons aussi que Toi. Nous ne saurions, ô Maître, nous prosterner devant un dieu étranger, ni étendre nos mains vers un autre dieu. Remets-nous nos fautes et, recevant nos supplications à genoux, tends vers nous une main secourable, accepte la prière de nous tous comme un encens agréable, montant devant Ton royaume surpassant toute bonté.

On ajoute cette prière :
Seigneur, Seigneur, Tu nous as délivrés de toute flèche qui vole le jour ; délivre-nous aussi de tout ce qui chemine dans les ténèbres. Reçois l’élévation de nos mains comme le sacrifice du soir ; rends-nous dignes de passer le temps de la nuit sans reproche, à l’abri de tout mal. Libère-nous des troubles et frayeurs suscités contre nous par le diable. Accorde à nos âmes la componction, à nos pensées, le souvenir de l’épreuve au jour de Ton juste et redoutable jugement. Cloue notre chair par Ta crainte, et mortifie nos membres terrestres ; ainsi, même durant le repos du sommeil, nous serons éclairés par la contemplation de Tes jugements. Détourne de nou toute imagination malsaine, et tout désir nuisible. Fais-nous lever à l’heure de la prière, fortifiés dans la foi, et progressant sur la voie de Tes préceptes.


Troisième prière
Source intarissable, vive et lumineuse, force créatrice coéternelle au Père, qui a magnifiquement accompli toute l’économie du salut des mortels, Christ notre Dieu, ayant brisé les liens indestructibles de la mort et les verrous de l’enfer, terrassé la multitude des esprits mauvais, T’étant offert pour nous en victime sans tache, donnant en sacrifice Ton corps immaculé, non touché ni atteint par aucun péché, et nous accordant par cet acte sacré redoutable et ineffable la vie éternelle ; Toi qui es descendu aux enfers, as brisé les verrous éternels et indiquas le chemin du retour à ceux qui étaient assis dans les ténèbres ; Toi qui as saisi à l’hameçon de la sagesse divine le dragon qui est cause première du mal et qui se trouve dans les profondeurs, qui le lias avec les chaînes des ténèbres dans les abîmes profonds et, par Ta puissance infinie, l’enferma dans le feu inextinguible et les ténèbres extérieures : Sagesse illustre du Père, qui te montras comm l’assistance de ceux qui sont opprimés, illuminant ceux qui étaient assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort, Toi, Fils bien-aimé du Père très-haut, Lumière éternelle de la Lumière éternelle, Soleil de justice, écoute-nous qui Te prions, et donne le repos aux âmes de nos pères et frères qui se sont endormis auparavant, à nos autres parents selon la chair et de tous les nôtres selon la foi, dont nous faisons maintenant mémoire, puisque Tu as le pouvoir sur tous, et Tu tiens dans Ta main tous les confins de la terre. Maître Tout-Puissant, Dieu des pères et Seigneur de miséricorde, Créateur de la race des mortels comme de celle des immortels et de toute nature humaine, qui est créée puis se désintègre, (Créateur) de la vie comme du trépas, de notre séjour ici et de notre passage dans l’au-delà, Toi qui mesures les années pour les vivants et fixe le temps de la mort, qui fais descendre aux enfers et qui en fait remonter, qui lie par la maladie et qui rétablis les forces, Toi qui ordonnances les choses présentes avec utilité et dirige les futures pour notre avantage, Toi qui réjouis par l’espoir de la Résurrection ceux qui sont blessés par l’aiguillon de la mort ! Toi-même, Maître de tous, Dieu notre Sauveur, espoir de toutes les extrémités de la terre et de ceux qui se trouvent loin sur mer, Toi qui en ce jour dernier, grand et salvifique de la fête de la Pentecôte, a révélé le mystère de la Trinité, sainte, consubstantielle, coéternelle, indivisible et sans confusion, répandant la venue et la manifestation de Ton saint et vivifiant Esprit sous la forme de langues de feu sur Tes saints apôtres, les instituant annonciateurs de notre pieuse foi, et les faisant confesseurs et prédicateurs de la véritable Théologie. Toi qui en cette fête toute-parfaite et salvatrice as daigné recevoir les supplications dans la prière pour ceux qui sont retenus dans les enfers, nous donnant le grand espoir que leur soient envoyés le soulagement de leurs tourments et la consolation qui viennent de Toi ! Écoute-nous, Tes humbles serviteurs qui Te prient, donne le repos aux âmes de Tes serviteurs défunts, dans le lieu de lumière, dans le lieu verdoyant, dans le lieu de rafraîchissement, d’où se sont éloignée toute souffrance, toute affliction et soupir, place leur esprit dans les demeures des justes et rends-les dignes de la paix et du soulagement, car ce ne sont pas les morts qui Te loueront, Seigneur, ni ceux qui sont en enfer, qui oseront Te confesser, mais ce sont nous les vivants qui Te bénissons et Te supplions et T’offrons les prières et des sacrifices de purification pour leurs âmes. Dieu grand et éternel, saint et ami des hommes, qui nous as jugés dignes de nous tenir en en cette heure devant Ta gloire inaccessible pour chanter et louer Tes merveilles, purifie-nous Tes indignes serviteurs ; accorde-nous la grâce de T’offrir sans élévation, d’un cœur contrit, la doxologie trois fois sainte et l’action de grâces pour Tes immenses dons que Tu fis et que Tu fais toujours pour nous. Souviens-Toi, Seigneur, de notre faiblesse, ne nous fais pas périr avec nos iniquités, mais montre Ta grande miséricorde envers notre misère, afin que, fuyant les ténèbres du péché, nous marchions au plein jour de la justice et que, revêtus des armes de lumière, nous demeurions hors de l’atteinte des embûches du malin et qu’en toutes choses nous Te glorifiions avec confiance, Toi le seul Dieu véritable qui aimes les hommes. Car, Maître et créateur de l’univers, grand est vraiment Ton mystère de la dissolution temporaire de Tes créatures, puis leur reconstitution et leur repos éternel. Pour toutes choses nous Te rendons grâces, pour notre venue en ce monde et pour notre départ qui, en vertu de Ton infaillible promesse, fait naître en nous l’espérance de la résurrection et de la vie incorrompue dont nous jouirons lors de Ta seconde et future parousie. Car Tu es l’initiateur de notre résurrection, le juge intègre et bienveillant de tous ceux qui ont achevé leur vie, le Maître et le Seigneur de la rétribution ; c’est Toi qui as voulu participer intimement, par Ton extrême condescendance, à notre chair et notre sang, et par Ta profonde compassion, Tu as daigné prendre sur Toi nos passions irréprochables en les éprouvant volontairement. Après avoir été Toi-même éprouvé, Tu es devenu volontairement notre aide dans les épreuves et nous as conduits à l’impassibilité qui est Tienne. Aussi, reçois, ô Maître, nos prières et nos supplications, accorde le repos à nos pères et mères, à nos frères et sœurs, nos enfants, nos parents et alliés, et à toutes les âmes décédées avant nous dans l’espérance de la résurrection et de la vie éternelle ; place leurs esprits et leurs noms dans le livre de vie, dans le sein d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, sur la terre des vivants, dans le royaume des cieux, dans le paradis des délices, conduis-les tous dans Tes saintes demeures par le ministère de Tes Anges lumineux, ressuscite aussi nos corps au jour que Tu as fixé selon Tes saintes et infaillibles promesses; car pour Tes serviteurs, Seigneur, il n’y a point
de mort ; lorsque nous nous séparons de notre corps pour Te rejoindre, ô notre Dieu, ce n’est qu’un passage des afflictions à ce qui est le plus utile, à ce qui réjouit le cœur, au repos, à la joie. Mais si nous avons péché en quoi que ce soit contre Toi, sois miséricordieux envers nous comme envers eux, car nul devant Toi n’est exempt de souillure, quand même sa vie ne serait que d’un seul jour, sinon Toi seul qui sur terre es apparu sans péché, Jésus-Christ notre Seigneur par qui nous espérons tous obtenir la miséricorde et la rémission des péchés. C’est pourquoi, Dieu bon qui aimes les hommes, remets, pardonne, efface nos fautes volontaires et involontaires, commises consciemment ou par ignorance, manifestes et cachées, en actes et en pensées, en paroles, et dans toute notre conduite et nos mouvements. Aux défunts accorde la liberté, le repos, et à nous tous ici présents, Ta bénédiction, et accorde à nous-mêmes et à tout Ton peuple, une fin bonne et paisible, ouvre-nous Ton cœur plein d’amour pour les hommes au jour de Ta redoutable et terrifiante venue et rends-nous
dignes de Ton Royaume.


On ajoute cette prière :
Ô Dieu grand et sublime, seul Tu possèdes l’immortalité et Tu habites une lumière inaccessible ; avec sagesse, Tu as formé toute créature, séparant la lumière des ténèbres, plaçant le soleil pour présider au jour, la lune et les étoiles pour présider à la nuit ; Tu nous as jugés dignes, malgré nos péchés, de nous tenir, à cette heure, devant Ta face, pour proclamer Ton nom et T’offrir la louange du soir ; ô Seigneur qui aimes les hommes, dirige Toi-même notre prière comme l’encens devant Toi, et reçois-la comme un parfum d’agréable odeur ; accorde-nous une soirée et une nuit paisibles ; revêts-nous des armes de lumière ; délivre-nous des frayeurs nocturnes et de toute intrigue menée dans les ténèbres ; donne-nous le sommeil que Tu nous as accordé comme repos à notre faiblesse, en chassant loin de lui toute image diabolique ; oui, Maître, dispensateur de tout bien, fais que, durant la nuit, pénétrés de componction sur notre couche, nous nous souvenions de Ton saint nom, et, illuminés par la méditation de Tes commandements, nous nous levions, l’âme emplie d’allégresse, pour glorifier Ta bonté et présenter à Ta compassion nos supplications et nos prières, pour nos propres péchés et pour ceux de tout Ton peuple ; dans Ta miséricorde, protège-le, par les prières de la sainte Mère de Dieu.

Pentecôte - homélie de saint Jean Maximovitch


Le Père, le Fils et le Saint Esprit ont une nature commune, une essence, une substance. C'est pourquoi les Trois Faces sont la Trinité, une-en-substance. Les humains aussi ont une nature, une substance.
Mais alors que Dieu est l'Indivisible Trinité, les divisions ne cessent d'avoir lieux dans l'humanité.
Le Père, le Fils et le Saint Esprit ont une pensée commune, une volonté commune, des actions communes. Ce que le Père désire, le Fils le désire aussi, et de même le Saint Esprit. Tout ce qu'aime le Fils, le Père et l'Esprit Saint l'aiment aussi. Tout ce qui plaît au Saint Esprit, plaît aussi au Père et au Fils. Leurs actions sont aussi communes au sein d'eux, tous agissent conjointement et en accord.

Il n'en est pas de même avec l'homme. Nous sommes constamment en désaccord, nous avons des désirs opposés. Même le petit enfant exprime ses propres souhaits, volontés, et désobéissance envers ses parents aimants. En grandissant, il se sépare toujours plus d'eux, et de nos jours, leur devient bien souvent totalement étranger. Les gens ne partagent tout simplement pas d'opinion identique, au contraire, il y a de perpétuelles divisions sur toutes choses, des querelles et des conflits entre les personnes, des guerres entre les nations.

Avant leur Chute, Adam et Eve étaient en plein accord et en communion d'esprit l'un avec l'autre, en tout temps. Ayant péché, l'aliénation a tout de suite fait jour. Se justifiant devant Dieu, Adam a accusé Eve. Leur péché les avait divisés, et il continue de diviser toute l'humanité. Émancipés du péché, nous approchons Dieu, et remplis de Sa grâce, nous ressentons notre unité avec le restant de l'humanité. Une telle unité est très imparfaite et incomplète, puisqu'en chaque personne demeure une partie de péché. Au plus nous approchons de Dieu, au plus près nous serons les uns des autres, comme au plus sont rapprochés les rayons de lumière l'un de l'autre au fur et à mesure qu'ils sont proches du soleil. Dans le Royaume de Dieu qui arrive, il y aura l'unité, l'amour mutuel et la concorde. La Sainte Trinité reste éternellement immuable, tout parfaite, unie en essence et indivisible.
La Trinité Une, Indivisible, reste à jamais la Trinité. Le Père reste à jamais le Père, le Fils reste le Fils, et le Saint Esprit reste le Saint Esprit. A côté de Leurs propriétés personnelles, Ils partagent tout en commun et dans l'unité. C'est pourquoi la Sainte Trinité est Un seul Dieu.


+ Jean, archevêque de Bruxelles et d'Europe occidentale
http://www.pravoslavie.ru/english/62403.htm

07 juin 2014

La Pentecôte et les "frères du Seigneur" (Sergeï Khudiev)

En ces jours proches de la sainte Pentecôte, nous lisons dans les Actes d'Apôtres ce qui concerne la prière de l'Église : "Tous, d’un même coeur, étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus, et avec Ses frères. " (Actes 1,14) Nous voyons comment l'auteur de la Sainte Écriture distingue en particulier ici la Mère du Seigneur, qui était clairement entourée d'une vénération particulière des Apôtres. La prière de l'Église lors de laquelle le Saint Esprit descent est celle que l'Église prie avec la très sainte Theotokos.

Mais examinons aussi ici les "fères" de Jésus. Nous connaissons leurs noms : Jacques, Josué, Juda et Simon (Mc 6,3).

Tout d'abord, que signifie le mot "frère"? Dans la Bible, il peut signifier une grande variété de relations : frère de sang, demi-frère ou cousin. Certains érudits bibliques protestants considèrent qu'après avoir donné naissance à Jésus, Marie aurait eu des enfants avec Joseph, et que ce sont ces enfants-là qui seraient ici mentionnés.

Cette supposition est plus liée à l'histoire de la Réforme qu'au texte biblique. A leur époque, ceux qui diffusaient la Réforme Protestante défiaient fortement la vénération de la Vierge Marie par les catholiques-romains, supposant qu'elle aurait quelque part éclipsé le Seigneur Jésus comme étant le seul et unique médiateur entre Dieu et les hommes. De plus, ils voyaient dans la vénération de la Vierge (et non sans quelque raison) un des pilliers spirituels du monachisme - une institution que la Réforme s'efforçait aussi de combattre.

Mais si nous examinons le texte biblique, nous remarquons que les frères de Jésus s'adressent à Lui de manière assez hautaine - cela ressemble plus à la relation d'un frère plus âgé vers un plus jeune, et non pas l'inverse.  "Et les Siens, l’ayant appris, partirent pour se saisir de Lui, car ils disaient: "Il a perdu le sens." [..] Sa mère et Ses frères arrivent et, se tenant dehors, ils Le firent appeler" (Mc 3,21;31). Nous comprennons bien pourquoi Sa mère était venue avec Ses frèresz - par amour pour son Fils. Mais comment pourrions-nous expliquer le comportement des frères eux-mêmes? Dans une société patriarcale, être le frère aîné avait une grande signification, et si un frère plus jeune s'était comporté de la sorte vis-à-vis de son frère plus âgé, cela aurait été extrêmement scandaleux.

Dans l'Évangile de Jean, nous voyons non seulement le manque de foi des frères, mais aussi une condescendance qui aurait été inexplicable si ils avaient été plus jeunes, et plutôt incompréhensible si ils avaient été plus âgés et avaient vu dans les actions du Seigneur Jésus une violation de ce qu'ils considéraient comme être l'ordre nécessaire : "Ses frères lui dirent donc: "Passe d’ici en Judée, que Tes disciples aussi voient les oeuvres que Tu fais: on n’agit pas en secret, quand on veut être en vue. Puisque Tu fais ces choses-là, manifeste-Toi au monde."  Pas même Ses frères en effet ne croyaient en Lui." (Jn 7,3-5).

Comme on le voit, les Écritures ont bien l'air de montrer les frères de Jésus comme étant Ses aînés, qui dès lors n'auraient de toute évidence pas pu être les enfants de Marie. L'historien de l'Église Eusèbe de Césarée présente l'opinion qu'il s'agissait des enfants que saint Joseph avait eu lors de son premier mariage. En fait, si Joseph était un voeuf pieux, cela expliquerait aussi pourquoi après le récit de l'enfance du Seigneur, Joseph n'est plus mentionné dans les Évangiles; selon la plus forte probabilité, il était considérablement plus âgé que Marie et était mort à ce moment-là.

Cependant, nous devrions aussi prêter attention à un autre fait - l'incroyable retournement qui a lieu chez les frères du Seigneur. Au début, nous voyons des hommes totalement incrédules, même désagréables. Et par la suite, ces mêmes hommes deviendront des hérauts de l'Église. Dans les Actes, nous les voyons prier avec toute l'Église, et le saint Apôtre Paul, dans sa première épître aux Corinthiens, les mentionne avec les Apôtres (1 Co 9,5).

Saint Jacques le frère du Seigneur, mentionné plusieurs fois par les Écritures (Gal. 1,19; Actes 12,17; 15,4-29; 21,18), est l'auteur d'une des épitres du Nouveau Testament. Une autre épitre, celle du saint apôtre Jude, est aussi écrite par un des frères du Seigneur.

Qu'est-ce qui donc aurait pu amener un tel changement?

Les incroyants ont mis en avant une série de théorie afin de tenter d'un peu expliquer la foi infaillible des disciples dans la Résurrection du Seigneur. D'une manière ou d'une autre, les sceptiques supposent que les disciples n'arrivaient pas à se faire à la terrible mort de leur Guide. Et dès lors, ils s'étaient raccrochés à cette étrange croyance qu'Il était Ressuscité.

L'hypothèse de ces gens-là comporte nombre de points faibles. Un d'entre eux, c'est que les frères du Seigneur ne croyaient pas en lui avant Sa mort et Résurrection. Cela signifie que quelque chose est arrivé capable de faire de dédaigneux sceptiques des prédicateurs enflammés de l'Évangile. Cela ne pouvait qu'être ceci : le Seigneur Jésus, leur Parent, S'était relevé de la mort.



Sergei Khudiev

23 juin 2013

prière de Pentecôte


Depuis l'Ascension, nous étions dans l'attente. A présent nous pouvons recommencer cette prière quotidienne:

Roi Céleste, Consolateur, Esprit de vérité,
Toi Qui es partout présent, et remplit tout
Trésor de biens et donateur de Vie,
Viens et demeure en nous.
Purifie-nous de toute souillure,
Et sauve nos âmes, Toi Qui est bonté.

Pentecôte : Synaxaire (Nicéphore Calixte Xanthopoulos)



Ce huitième dimanche de Pâques,

nous fêtons la Sainte Pentecôte.

verset
Par un vent violent, aux Apôtres le Christ
sous les langues de feu donne le Saint Esprit.


Cette fête aussi, nous l'avons héritée des Hébreux et de leurs livres. De même qu'ils célèbrent leur Pentecôte pour honorer le chiffre sept et parce que cinquante jours après la Pâque ils ont reçu la Loi, de même nous aussi, en fêtant les cinquante jours après la Pâque, nous recevons le très Saint Esprit, qui donne la Loi nouvelle, mène à l'entière vérité et accomplit la volonté de Dieu.

Il faut savoir que les anciens Hébreux avaient trois fêtes: la Pâque, la Pentecôte et la Scénopégie (fête des tabernacles). La Pâque, ils la faisaient en souvenir de la traversée de la mer Rouge. La Pâque signifie Passage. Une telle fête préfigurait la nôtre: le passage, la montée du ténébreux péché au Paradis.

La Pentecôte, ils la célébraient en souvenir de ce qu'ils avaient souffert dans le désert, se rappelant comment ils avaient été conduits, par de multiples épreuves, à la terre de la promesse, car c'est alors qu'ils avaient goûté les fruits, le froment et le vin. Elle montrait déjà le malheur de notre incrédulité et notre entrée dans l'Église: c'est alors que nous aussi, nous avons communié au Corps et au Sang du Maître. Les uns disent que pour cette raison la Pentecôte fut célébrée chez les Hébreux. Les autres disent que c'est en l'honneur des cinquante jours où Moïse a jeûné avant de recevoir la Loi écrite par Dieu. En ce cas, on fait aussi mémoire du sacrifice offert au veau d'or et des autres actions accomplies par Moïse lorsqu'il monta sur la montagne et qu'il en descendit. D'autres sont d'avis que la Pentecôte a été imaginée par les Hébreux en l'honneur du chiffre sept, comme il a été dit: car, multiplié par sept, il donne cinquante moins un. Cette cinquantaine ne se respecte pas seulement par rapport aux jours, mais encore aux années: de là est né chez eux le Jubilé, qui a lieu après sept fois sept ans. Alors, ils laissent la terre sans semences, ils accordent du repos aux animaux et ils obligent les acheteurs à libérer leurs esclaves.

La troisième fête, c'est la Scénopégie, fêtée après la récolte des fruits, c'est-à-dire cinq mois après la fête de Pâques. On la célèbre en souvenir du jour où Moïse planta pour la première fois la Tente qu'il avait contemplée dans la nuée sur le mont Sinaï et qui avait été fabriquée par l'architecte Béséléel. Eux aussi, ils font des tentes, des tabernacles, ils vivent dans les champs et, rendant grâces à Dieu, ils récoltent les fruits de leurs peines. C'est là également que David semble avoir écrit ses psaumes (8, 80, 83) sur "Les pressoirs" (la gitthienne).

Ce tabernacle est l'image de notre résurrection des morts, lorsqu'ayant détruit notre demeure corporelle et planté une habitation nouvelle, nous jouirons des fruits de nos peines, jubilant dans les demeures éternelles.

Il faut savoir que ce même jour, alors qu'on célébrait la Pentecôte, l'Esprit Saint descendit sur les Disciples. Puis il a semblé bon aux Saints Pères de diviser en deux cette fête, vu la grandeur de l'Esprit très Saint et vivifiant, l'un de la sainte Trinité, principe de vie. Voici pourquoi nous aussi, nous parlerons demain de la descente de l'Esprit Saint.

Par les intercessions de Tes saints Apôtres, Ô Christ notre Dieu, aie pitié de nous. Amen


en anglais :
http://www.johnsanidopoulos.com/2011/06/synaxarion-for-sunday-of-pentecost.html

12 juin 2013

Quitter Pâques pour l'Ascension (P. John)

Lectures du jour : Ac 18,22-28 & Jn 12,36-47

Aujourd'hui nous célébrons la "clôture de Pâques." Et bien que nos plats pascals spéciaux sont à présent consommés et nous ne nous saluerons plus avec l'expression pleine d'exubérante joie "Christ est ressuscité!", cependant nous nous préparons solennellement pour l'Ascension de notre Seigneur au Ciel, et nous anticipons dans l'allégresse la Descente du Saint Esprit à la Pentecôte.

Christ est ressuscité!
P. John




Today's Scripture Readings: Acts 18:22-28 & St. John 12:36-47

Today we celebrate the "Leavetaking" of Pascha. And although our special Paschal foods are now finished and we will no longer be greeting one another with the exuberantly joyous expression "Christ is Risen," we nevertheless solemnly prepare for our Lord's Ascension into Heaven and gladly anticipate the Descent of the Holy Spirit at Pentecost.

Xpuctoc Bockpece!
Fr. John
Archangel Michael Orthodox Church

Clôture de la fête de Pâques, ou Apodosis

http://www.johnsanidopoulos.com/2012/05/apodosis-leavetaking-of-pascha.html

Le mercredi de la 6ème semaine de Pâques, nous célébrons l'Apodosis ou Clôture de la Fête des fêtes - la sainte Pâques. Alors que la plupart des Fêtes ont leur clôture le 8ème jour, Pâques, la Fête des Fêtes, a sa clôture le 39ème jour. Le 40ème jour, c'est la Fête de l'Ascension de notre Seigneur, qui marque la fin de la présence physique du Seigneur sur terre. Cependant, Il ne nous abandonnepas. Il a promis d'être toujours avec nous, jusqu'à la fin des temps (Mt 20,28). Alors que nous chantons le kondakion de l'Ascension :

 "Ayant accompli Ton dessein à notre égard,
et ayant uni ceux qui sont sur terre à ceux du Ciel,
Tu T'es élevé dans la gloire, Ô Christ notre Dieu,
pour ne plus T'en éloigner
mais pour y demeurer sans cesse en proclamant à ceux qui T'aiment :
Je Suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous
." Il y a une idée similaire exprimée dans l'apolytikion de la Dormition : "en t'endormant, tu n'as pas abandonné le monde, ô Theotokos"

Pourquoi chaque fête majeure a son Apodosis?

La raison principale est que l'Église nous donne à nouveau l'opportunité de célébrer la beauté de la fête. Lorsque nous voyons ou expérimentons quelque chose de beau, la nature humaine fait que nous désirons l'expérimenter à nouveau. Lorsque nous goûtons une délicieuse nourriture, nous désirons en remanger. Les fêtes du Christ et de la Mère de Dieu sont une douceur pour l'âme qui font y naître le désir de les célébrer plus d'une fois.

La plupart d'entre nous expérimentent une telle douceur en la fête de Pâques, qui est bien la Fête des Fêtes. Quarante jours durant, nous célébrons la victoire de la Résurrection du christ, et l'Apodosis clôt cette célébration au niveau liturgique. Cependant, la festivité de la Résurrection continue pour nous tout au long de l'année, en particulier chaque dimanche à la Divine Liturgie, qui est aussi appelée "petite Pâques."  Mais ce n'est pas seulement la Résurrection que nous célébrons à chaque Divine Liturgie, mais la vie entière du Christ et de la Theotokos et des saints.

Les offices de ce jour sont célébrés exactement comme le jour de Pâques. Les lectures de la Sainte Écriture seront cependant bien entendu différentes. Après le congé à la fin de la Liturgie, on ne chantera plus les hymnes pascales. La prière "Roi Céleste" ne sera plus chantée ou lue jusqu'à la Pentecôte. Le Linceul (Plaschanitsa ou Epitaphios) est enlevé de l'Autel et remisé à sa placé. Bien que nous soyons un mercredi, poisson, vin et huile sont autorisés.



04 juin 2012

Le Jour du Saint-Esprit (métropolite Antoine Bloom)


Au Nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit.

Aujourd'hui, nous célébrons la Fête du Saint Esprit. Que connaissons-nous de Lui? Hier, nous avons entendu les merveilleuses paroles dans les prières Le concernant, hier, dimanche de la Fête de la Trinité (Pentecôte). Mais réfléchissons un peu à présent, au nom qu'Il reçoit dans l'Évangile, que l'on traduit par "Consolateur" dans nos langues modernes, voire "Avocat" selon certaines traductions. Il est en effet Celui Qui est le Consolateur, Celui Qui nous console de notre séparation d'avec le Christ, Qui nous console nous qui sommes comme des orphelins, nous qui aspirons à être avec le Christ notre Dieu et notre Sauveur, et qui savons qu'aussi longtemps que nous serons dans la chair – et ce sont les propres paroles de saint Paul – nous serons séparés de Lui. Mais afin qu'Il soit notre Consolateur, afin d'être notre consolation, nous devons d'abord être conscients du fait que nous sommes séparés, et telle est la première question que nous devons nous poser : en sommes-nous conscients, ou vivons-nous dans l'illusion que nous sommes en Dieu et que Dieu est en nous, et que nous n'avons rien besoin d'autre? Alors que nous avons besoin de tellement plus!

Comme Consolateur, Il est aussi Celui Qui nous donne la force, cette force nécessaire pour vivre malgré la séparation, cette force pour se tenir bien droit, pour être ceux qui accomplissent la Volonté de Dieu, ceux qui pratiquent les Commandements de Dieu. Il est Celui Qui peut nous donner la vigueur de l'âme, la détermination, la puissance pour agir. Mais encore une fois, tout cela uniquement si nous nous tournons vers Lui et disons "Viens! Viens et demeure en nous! Purifie-nous! Ne sois pas seulement notre Consolateur, mais aussi notre force!"

Et enfin, Il est Celui Qui nous donne, dès à présent, la joie de connaître à quel point nous sommes proches, malgré qu'il nous semble y avoir une infinie distance entre Dieu et nous; Lui Qui, par des murmures ineffables, parle de Dieu depuis les profondeurs de notre être; Lui Qui, parce que nous sommes le peuple du Christ, Ses frères et soeurs en humanité – et ce sont là Ses propres paroles – parce que nous sommes les enfants du Père. Quelle joie découle de tout cela, la merveille, la dignité! Mais aussi, quelle responsabilité...

Si nous réfléchissons à notre monde, qui est si extrêmement étranger à Dieu, l'Esprit est déjà le début de la vie éternelle. Sa présence est un fait décisif. Il s'abat sur les rochers comme la mer, Il brise les résistances. Il est la joie de l'éternité frappant à notre porte, S'introduisant dans nos vies, nous rappelant Dieu notre Père, et le Christ notre Sauveur, et notre immensité et notre dignité devant Dieu, nous montrant que toutes choses sont possibles dans la puissance du Christ Qui nous soutient.

Dès lors, célébrons cette fête de manière responsable et reconnaissante. Et que le Saint Esprit de Dieu, Qui vint par les langues de feu sur les Apôtres, vienne aussi sur nous – peut-être comme un feu qui nous enflamme, et nous transforme en un autre Buisson Ardent, ou qui nous touche comme la voix imperceptible que le prophète (Elie) avait entendue dans le désert où Dieu était, dans Sa paisible humilité, dans Son abandon à nous, dans Son amour pour nous.
Amen.

+ Antoine, métropolite de Sourozh
19 juin 1989

03 juin 2012

Pentecôte, effusion de l'Esprit sur les Apôtres


Psautier Hunterian, univeristé de Glasgow


"Laeti bibamus sobriam / Ebrietatem Spiritus"

"Buvons, joyeux, la sobre libation de l’Esprit"

Saint Ambroise, évêque de Milan (340-397)
Extrait du 6ème verset de l'hymne "Splendor paternae gloriae"



source

06 octobre 2009

Home sweet home - foyer doux foyer

L'Église, ou l'anti-chambre du Royaume, notre véritable patrie sur terre, où le "déjà là et pas encore là" sont la réalité quotidienne, où nous préparons notre éternité... ou la défaisons..



Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, merci pour Ta sainte Église, que Tu as fondée à Jérusalem à la Pentecôte, et qui par Tes saints Apôtres s'est répandue à travers le monde pour l'amener à la repentance et à accepter la sanctification que Tu offres à toute la Création.

08 février 2009

Du Triode du Carême à la Pentecôte (information importante)

Chère amie lectrice, cher ami lecteur,



En ce dimanche 8 février 2009, nous entrons dans le Triode du Grand Carême, première étape liturgique et spirituelle vers Pâques.



Le blog Saint Materne va à présent s'efforcer de prendre une allure de croisière, disons, plus détendue. Temps de "repos informatique" mais surtout aussi temps d'approfondissement spirituel.



Avant ce mois d'avril, j'ai au minimum 2 livres à traduire pour aider un monastère, j'en ai un à traduire pour moi car il me tient à coeur, et il faut que je prépare un numéro de "La Voile" si je ne veux pas la laisser s'affaler pour de bon. A côté de cela, j'ai aussi une reprise d'activités professionnelles tout à fait inespérée, que je dois gérer avec sagesse. Et un nouveau pèlerinage athonite déjà en préparation – j'y était attendu pour Noël mais ce n'était pas possible, alors on le fera avant l'été. Et puis il y a ma famille, que vous voudrez bien replacer en numéro 1 dans la liste des priorités, car je ne la place en finale que pour mieux la mettre en exergue.



Cependant, je ne vous laisse pas sans lecture spirituelle. Il y aura quelques articles préparés et postés de manière occasionnelle, 1 ou 2 par mois, rarement plus. Sans liaison nécessaire avec le calendrier liturgique, car il me faut "écouler" des textes déjà prêts et n'ayant pas trouvé le temps de publication (ou il y avait déjà de trop en ligne le jour prévu). Mais surtout, voyez en marge de gauche la partie "archives," car tout ce qui concerne la grande période liturgique depuis le Triode de Carême jusqu'à la Pentecôte, en passant par le Grand Carême, Pâques, la Semaine Radieuse et l'Ascension, tout cela a déjà reçu quantité d'articles (principalement des p. Alexander Schmemann, p. Thomas Hopko & p. Seraphim Holland). Des homélies splendides, des explications liturgiques, théologiques, iconographiques, rien ne manque pour un riche parcours. J'en ai encore autant à traduire pour ces mêmes sujets, car si on veut on ne s'arrête jamais. Et j'ai préparé des fichiers et des fichiers d'avance, plusieurs centaines d'articles encore à traduire... Mais il faut raison garder.. ou retrouver...



Aussi, pour cette période carémique, pascale & pentecostale-ci, je vous invite à replonger dans ces articles des années passées, surtout de 2007 et 2008 puisque ces 2 années-là, j'ai particulièrement "soigné" le cycle liturgique pascal & pentecostal. Vous y trouverez quantité de merveilles, je peux vous l'assurer.

Ah oui, il va sans dire que tant les commentaires des visiteurs que les articles "vanitas vanitatis" ne seront plus que très rarement postés, puisque je dois les valider pour qu'ils soient effectivement publiés. Comme mes articles seront prêts en mode "publication automatique," je n'interviendrai plus que rarement sur l'interface de gestion jusqu'à la fin de la pause spirituelle du blog.



Si vous cherchez une icône particulière pour une de ces fêtes, je vous recommande d'utiliser http://www.images.google.fr... et vous verrez que bien souvent, avec une recherche d'icône en donnant un nom français, vous retomberez sur un blog "bien connu." D'après mon moteur de recherche interne personnel, plusieurs milliers d'Icônes ornent en effet déjà les pages de ce blog.

Sinaï, 12ème s.


En ce jour où nous entrons dans le Triode de Carême, avec la Résurrection en ligne de mire, et aussi notre propre résurrection, à laquelle nous allons nous efforcer de travailler tout particulièrement, aidés par l'Église du Christ et tous ses saints Offices & prières, je vous souhaite un saint et riche périple spirituel. Merci de ne pas m'oublier dans vos prières, et le blog devrait retrouver un rythme un peu plus soutenu vers la fin du mois de mai.

La Pentecôte: la Mère de Dieu au milieu des Apôtres et disciples.
Enluminure de "l'évangéliaire du moine Ravula," 6ème siècle, Antioche.
Слизането на Св. Дух над апостолите. Може би най-древното изображение на Св. Петдесетница в Сирийското евангелие на монаха Равула (Rabbula Gospels) - VI в., Антиохийска църква.

15 juin 2008

Pentecôte, fête de la descente du Saint Esprit (p. Schmemann)



icone Orthodoxe de la Pentecote



"La fête de la descente du Saint-Esprit." Je prononce ces mots que je connais depuis mon enfance, et tout en les prononçant, ils me frappent comme si je les entendais pour la première fois. Oui, depuis le temps où j'étais enfant, j'ai su que 10 jours après l'Ascension, c-à-d 50 jours après Pâques, les Chrétiens, depuis les temps immémoriaux, célébraient et continuent à célébrer la descente du Saint Esprit au cours d'une fête connue par son nom d'église comme Pentecôte, ou plus populairement comme "Trinité," le jour de la Trinité.

Depuis des siècles, afin de préparer cette Fête, les églises étaient nettoyées et ornées de verdure et de branches, et on répandait de l'herbe sur le sol... Le jour de la fête, lors des Vêpres solennelles, les fidèles se tenaient dans l'église avec des fleurs en main. Ces coutumes expliquent comment la fête de la Pentecôte est entrée dans la conscience populaire et la littérature russe comme étant une sorte de célébration radieuse, brillante comme le soleil, la fête de la floraison, une sorte de joyeuse rencontre entre les humains et le monde de Dieu dans toute sa beauté et sa grâce.

Toutes les religions, y compris les plus anciennes et primitives, avaient une fête pour la floraison, une fête pour célébrer la première apparition de bourgeons, de plantes, de fruits. Dans l'ancien judaïsme, c'était la fête de la Pentecôte. Si dans la religion de l'Ancien Testament, Pâque célébrait la résurrection du monde et de la nature au printemps, alors la Pentecôte juive était la fête du passage du printemps vers l'été, célébrant la victoire du soleil et de la lumière, la fête de la plénitude cosmique. Mais dans l'Ancien Testament, une fête commune à toutes les sociétés humaines acquiers une nouvelle signification : elle devient la commémoration annuelle de la montée de Moïse sur le Mont Sinaï, où dans une inexprimable rencontre mystique, Dieu Se révèle Lui-même, entrant dans une Alliance, donnant les Commandements, et promettant le Salut. En d'autres termes, la religion cessa d'être simplement naturelle, et devint alors le début de l'histoire : Dieu avait révélé Sa Loi, Ses Commandements, Son plan pour l'humanité, et avait montré le chemin. Le printemps, l'été, le cycle naturel éternel, devint un signe et un symbole non seulement de la nature, mais de la destinée spirituelle de l'homme, et le commandement de croître en plénitude de connaissance, vie et parfaite plénitude... Pour finir, dans la toute dernière phase de l'Ancien Testament, par l'enseignement et la vision des prophètes, cette fête devint une célébration dirigée vers l'avenir, vers la victoire finale de Dieu dans Sa Création. Voici comment le prophète Joël en parle :
"Après cela, il arrivera que Je répandrai Mon Esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront; vos vieillards auront des songes, vos jeunes gens, des visions; même sur les esclaves et sur les servantes, en ces jours-là, Je répandrai Mon Esprit. Je ferai des prodiges au ciel et sur la terre, sang, feu, colonnes de fumée; le soleil tournera en ténèbres, la lune en sang, à l'approche du grandiose et redoutable Jour du Seigneur. Mais quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé" (Joël 3,1-5).

C'est ainsi que la fête juive de la Pentecôte est une fête de la nature et du cosmos, une fête de l'histoire vue comme révélation de la volonté de Dieu pour le monde et les humains, une fête du triomphe futur, de la victoire de Dieu sur le mal et de la venue du grand et ultime "Jour du Seigneur." Il faut garder tout ceci présent à l'esprit afin de comprendre comment les premiers Chrétiens ont expérimenté, comprit et célébré leur fête de la Pentecôte, et pourquoi elle devint une des plus importantes célébrations Chrétiennes.

Le Livre des Actes d'Apôtres, dédié à raconter l'histoire des premiers Chrétiens et de la diffusion initiale du Christianisme, commence précisément avec le jour de la Pentecôte, décrivant ce qui survint 50 jours après la Résurrection du Christ, et 10 jours après Son Ascension au Ciel. Juste avant Son Ascension, le Christ avait dit aux disciples de ne "pas quitter Jérusalem mais d'y attendre l'accomplissement de la promesse de son Père, 'celle, dit-Il, que vous M'avez entendu faire..' (Actes 1,4). Ainsi 10 jours après, selon le récit de saint Luc,
"Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous réunis. Soudain retentit du ciel un fracas semblable à celui d'une bourrasque de vent et ce bruit remplit toute la maison où ils étaient assis. Alors ils virent paraître comme des langues de feu qui, se partageant, vinrent se poser sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler des langues étrangères selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer [...] Dans leur stupeur, ne sachant que penser, ils se demandaient les uns aux autres: 'Qu'est-ce que cela veut dire?' D'autres les raillaient en disant: 'Ils sont pleins de vin doux'." (Actes 2,1-4;12-13).

A ceux qui, assistant à la scène, restaient sceptiques, l'Apôtre Pierre expliqua la signification de l'événement en utilisant les paroles du prophète Joël citées plus haut. Il dit : "Mais tout ceci est la réalisation de l'oracle du prophète Joël: Dans les jours ultimes , - c'est Dieu qui parle - Je répandrai de Mon Esprit sur tout être vivant...." (Actes 2,16-17).

Dès lors, pour le Chrétien, la fête de la Pentecôte est l'achèvement de tout ce que le Christ a accomplit. Le Christ a enseigné à propos du Royaume de Dieu, et le voilà, à présent ouvert! Le Christ a promis que l'Esprit de Dieu dévoilerait la vérité, et ça aussi, c'est accomplit. Le monde, l'histoire, la vie, le temps, tous sont illuminés par la lumière finale, transcendante, tous sont remplis de la signification ultime. Le dernier et grand Jour du Seigneur a commencé!

[Extrait de "Celebration of Faith" Sermons, Vol. 2 "The Church Year" par feu le protopresbytre AlexanderSchmemann, 1994]


patriarche Alexis II de Moscou à la Pentecôte


à (re) lire :


L'Icône de la Pentecôte - explication & catéchèse

Huizingen (B): fête Grecque & Orthodoxe - commémoration du 29/5/1453 - infos, photos & film de la grande fête de ce lundi de Pentecôte 2007

Dynamis: Jour du Saint Esprit – l'Église, Nouvel Israël - méditation sur une des prophéties d'Ezéchiel proposée par la Liturgie de ce jour

Lundi de Pentecôte - quelques citations et méditations

Pentecôte: l'Office d'Agenouillement (ou Génuflexion) - explications doctrinales & pastorales, film de l'Office abrégé

Pentecôte dans le Rite Orthodoxe Occidental (EORHF) - (Office des Matines & Lectures pour la Liturgie de Sarum)

P. Seraphim Holland: homélie de Pentecôte, ou la Bonne Nouvelle du Saint Esprit

Le Saint Esprit, source de l'Église et de l'unité - 2 photos résumant l'Ascension à Moscou en 2007, et la réunification historique

P. Hopko: Pentecôte & Dimanche de la Trinité - longue et riche catéchèse liturgique et patristique!

P. Andrew: La Pentecôte, fête de la Trinité - Première manifestation de la Sainte Trinité, la Pentecôte est aussi une "clé" de la Foi, l'Esprit-Saint étant ferment d'unité.

P. David Moser: La Pentecôte, Descente de l'Esprit Saint. La vie en Christ est impossible sans la libre coopération - la synergie - du Chrétien avec l'Esprit-Saint (+ note sur l'anniversaire de l'Église, née à la Pentecôte)


Jeunes: Fête de la Pentecôte et Saint-Esprit (archidiocèse Grec-Orthodoxe d'Amérique)




Pentecôte - Agios Nikolaos


-------Original Message-------
From: Youth Office
Date: 6/12/2008 5:08:21 PM
To: YOUTH@LISTSERV.GOARCH.ORG
Subject: [YOUTH] Feast of Pentecost and the Holy Spirit

La véritable vie sur terre commence en fait à partir de la Résurrection du Sauveur, car elle ne s'achève pas dans la mort. Saint Justin Popovich

12 Juin 2008

Cher jeunes travailleurs, salutations en Christ!
Nous continuons la discussion de ce mois en proclamant l'Évangile avec conviction. Cette semaine, nous réfléchirons à la Fête de la Pentecôte, et comment le Saint Esprit oeuvre en nous pour diffuser la Bonne Nouvelle.
Dans l'amour du Christ,
Le département du ministère de la jeunesse et des jeunes adultes.



LA FÊTE DE LA PENTECÔTE
Roi Céleste, Consolateur, Esprit de Vérité, Toi Qui es partout présent et Qui remplit tout, Trésor de biens et Donateur de Vie, viens et demeure en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, Toi Qui es Bonté.
La prière au Saint Esprit

La Fête de la Pentecôte et la Fondation de l'Église
La Fête de la Pentecôte est célébrée le 50ème jour après la sainte Pâques, et toujours un dimanche. Cette année, nous célébrons la Pentecôte le 15 juin 2008. En ce jour, le Saint Esprit descendit sur les Apôtres. C'est une fête majeure pour les Chrétiens Orthodoxes, car c'est la célébration de la révélation de la Sainte Trinité. De plus, elle est reconnue comme étant le début et la fondation de l'Église. Suite à la descente du Saint Esprit, les Apôtres ont prêché l'Évangile. Le Saint Esprit donna aux Apôtres la conviction pour prêcher l'Évangile. Cette conviction inspira tout le peuple à croire en la Résurrection de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ. Par la conviction des Apôtres, des milliers de fidèles furent baptisés ce jour-là.

L'Esprit-Saint: notre Force Vivifiante
Nous lisons dans le Livre de la Genèse que l'homme avait reçu le "souffle de vie" de Dieu. Avec un souffle, Son image fut donnée à chaque être humain. Mais le don de vie de Dieu ne s'arrêta pas là. Dieu continue de nous bénir et soutenir chaque jour avec Son Esprit Vivifiant. Le Saint-Esprit, ce "souffle de vie" constant, fut donné à ceux qui étaient baptisés le jour de la Pentecôte. Le Saint Esprit est aussi donné à chaque Chrétien Orthodoxe lorsqu'il est baptisé puis confirmé dans la Foi.

Dans son livre "La Voie Orthodoxe," le métropolite Kallistos Ware explique que tous ceux qui sont baptisés sont des Théophores, des porteurs de l'Esprit, tous, sans exception. En fait, le métropolite Ware fait remarquer que "ce qui est arrivé aux premiers Chrétiens le jour de la Pentecôte se produit aussi pour chacun d'entre nous quand, immédiatement après notre Baptême, conformément à la pratique Orthodoxe, nous sommes oints du chrême ou myron." [*]

Dès lors, comment appliquons-nous ceci à notre cheminement de Chrétiens Orthodoxes? Il est merveilleux de savoir que nous expérimentons tous une autre Pentecôte au Baptême. Lors du Baptême, le Saint Esprit descend sur nous et nous entrons dans l'Église du Christ. Cependant, une grande responsabilité vient avec notre Baptême. Nous devons partager ce feu et cette conviction pour répandre l'Évangile. Nous devons continuer à rechercher direction et force du Saint Esprit à travers les Sacrements. Prêcher l'Évangile et mener une vie Chrétienne, ce n'est pas facile. Nous devons être forts afin de vaincre ceux qui veulent nous égarer. Nous devons régulièrement prendre part aux Sacrements de l'Église Orthodoxe. C'est par les Sacrements que nous nous immergeons dans les bénédictions du Saint Esprit.

A part notre Baptême, voici les autres exemples de comment le Saint Esprit, à travers les Sacrements, entre dans nos vies:
*Confession: Le prêtre lit la Prière d'Absolution pendant le Sacrement de Confession. Nous recevons le Don du Saint Esprit quand nos coeurs sont transformés par la repentance.

*Eucharistie: pendant la Divine Liturgie, nous demandons à Dieu d'envoyer le Saint Esprit sur nous et sur les dons que nous offrons, afin que ces derniers deviennent le Corps et le Sang du Christ.
*Chrismation: Immédiatement à la suite du Baptême, le prêtre oint le Chrétien nouvellement baptisé sur diverses parties du corps. Comme le p. Tom Fitzgerald le note, "le Sacrement met en valeur le fait que non seulement chaque personne est un membre précieux de l'Église, mais aussi chacun est bénit de certains dons et talents par le Saint Esprit." Dès lors, nous recevons vraiment les outils pour avancer et "faire de toutes les nations des disciples." Nous ne sommes pas forcément capables de le faire comme l'ont fait les Apôtres. Mais nous avons tous certains dons et talents qui nous rendent tous uniques et importants pour le ministère de l'Église du Christ!

Ressources en anglais :
*Articles sur les Sacrements de l'Eglise http://www.goarch.org/en/ourfaith/sacraments/
*Article sur les Sacrements par le p.Tom Fitzgerald, http://www.goarch.org/en/ourfaith/articles/article7105.asp
*Lecture quotidiennes à propos de la Pentecôte http://www.goarch.org/en/special/listen_learn_share/pentecost/learn/
*Méditations sur la Pentecôte http://www.goarch.org/en/archdiocese/departments/outreach/ren-Pentecost-Moulketis.pdf
*Métropolite Kalllistos T. Ware. “The Orthodox Way.” St. Vladimir Seminary press. New York, 1995.

Department of Youth and Young Adult Ministries
Greek Orthodox Archdiocese of America
83 Saint Basil Road, Garrison, New York 10524
Tel: 646.519.6180 • Fax: 646.519.6191 •
e-mail: youthoffice@goarch.org • web: www.youth.goarch.org



[*] ndt: pratique Orthodoxe que l'on trouve explicitée par saint Hyppolite de Rome, au 3ème siècle, dans son ouvrage "Constitutions Apostoliques," montrant bien qu'il ne s'agit pas d'une invention byzantine mais d'une pratique sacramentelle apostolique. Ainsi, ceux qui aujourd'hui pratiquent autrement tout en se disant chrétiens ne sont pas, sur ce point-là aussi, dans le droit fil de l'enseignement salvifique reçu des Apôtres.

08 mai 2008

De Pâques à la Pentecôte (p. George D. Dragas)




1. La période Pentecostale. Le mot "Pentecôte" signifie "cinquantième," et il est utilisé pour désigner le grand événement de la Descente du Saint Esprit (Epiphoitesis) sur les Apôtres et l'Église le 50ème jour après la Résurrection du Christ, et 10ème jour après Son Ascension au Ciel.
Avant Sa Passion, le Seigneur avait parlé à Ses disciples du don du Saint Esprit, qu'ils devaient recevoir après l'Ascension. Les détails sont rapportés dans l'Évangile de saint Jean : "Je demanderai au Père de vous envoyer le Saint Esprit, Qui vous défendra et sera toujours avec vous" (Jn 14,16). Il dit aussi "Le Saint Esprit ne saurait venir avant que Je ne sois parti. Mais après Mon départ, Je vous enverrai l'Esprit" (Jn 16,7). Après Sa Résurrection, le Seigneur apparut aux disciples et leur dit : "Recevez l'Esprit Saint" (Jn 20,22). C'était un avant-goût de la Descente (Epiphoitesis) survenue le Dimanche de Pentecôte.
Vers la fin de l'Évangile de saint Luc, le Christ dit à Ses disciples : "Je vais envoyer sur vous ce que Mon Père a promis. Vous autres, restez en ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force d'en-haut" (Lc 24,49). C'est cependant dans les Actes d'Apôtres que saint Luc parle de l'accomplissement de cette promesse. "Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous réunis. Soudain retentit du ciel un fracas semblable à celui d'une bourrasque de vent et ce bruit remplit toute la maison où ils étaient assis. Alors ils virent paraître comme des langues de feu qui, se partageant, vinrent se poser sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler des langues étrangères selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer" (Actes 2,1-4).
Depuis les temps anciens, la période de 50 jours allant de Pâques à la Pentecôte a été appelée Pentecôte, du fait de ce qui commença avec le Seigneur soufflant le Saint Esprit sur Ses disciples, et qui se consomma avec la pleine descente de l'Esprit sur les disciples et l'Église toute entière. Alors, l'Église était pleinement née et commença à croître.
Pendant cette période, tout jeûne et agenouillement est interdit, comme confession tangible de la Résurrection du Christ. Ce n'est en fait que le jour même de la Pentecôte que l'agenouillement est repris, et il est lié à un Office spécial d'agenouillement (akolouthia gonyklesias), qui consiste en prières pour le don du Saint Esprit, d'où le nom de "Jour de l'Agenouillement" donné à la Pentecôte (tes gonatistes).
Par la suite, une autre semaine fut ajoutée à ces 50 jours, afin de célébrer l'après-fête (methorta) de la Fête de la Pentecôte. Ainsi, de nos jours, la période de Fêtes mobiles après Pâques s'étend sur 8 semaines, pour comprendre le Dimanche de la Toussaint (Agion Panton), et est divisée en 3 parties
a. Les 40 jours de l'après-Fête de Pâques
b. La Fête de l'Ascension, en plus de sa période de post-Fête
c. La Fête de la Pentecôte, avec sa propre période d'après-Fête.
Les hymnes de cette période sont reprises dans un livre spécial, appelé le Pentecostaire ou Pentekostarion.

2. Dimanche des Femmes Myrophores. Nous avons déjà parlé de la Semaine Radieuse (Diakainesimos) et du Dimanche de saint Thomas (1er dimanche après Pâques). Le second dimanche après Pâques est appelé Dimanche des Myrophores (Kyriake ton Myroforon). Il est dédié aux femmes qui apportèrent la myrrhe au Tombeau du Christ. Il est aussi dédié aux disciples secrets du Seigneur, Joseph d'Arimathie et Nicodème, qui organisèrent et assistèrent aux funérailles du Seigneur. Ceci est clairement commémoré dans la lecture de l'Évangile du jour (Mc 15,43-16,8).
Les Myrophores, nous les identifions d'après les saints Évangiles comme étant Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques et Josué (aussi appelée Marie de Clopas), Jeanne épouse de Chouza, garde d'Hérode Antipas, Salomé, mère des fils de Zébédée, et Suzanne.
Joseph d'Arimathie, une ville de Judée, était riche et noble, et membre du Sanhédrin, le conseil municipal à Jérusalem. Il était un de ceux qui n'avaient pas acquiescé à la décision du conseil contre le Christ. Il fut aussi celui qui osa courageusement demander le Corps du Christ à Ponce Pilate (Mt 27,57-60; Mc 15,42-47; Lc 23,50-56, Jn 19,38-42).
Nicodème était un dirigeant Juif, un Pharisien, qui était fort versé dans les Écritures et avait rendu une visite nocturne au Christ (Jn 3,1-21; Jn 19,39-42).
Toutes ces saintes personnes nous démontrent clairement que des gens de tous les états de vie peuvent être disciples du Seigneur, jusqu'à jouir du privilège de prendre soin de Son Corps et devenir les premiers témoins de la puissante Résurrection du Seigneur.

3. Dimanches du Paralytique, de la Samaritaine, et de l'Aveugle-né, tels sont les noms des 3 dimanches qui suivent. Ils sont ainsi appelés du fait des péricopes évangéliques et hymnes qui leurs sont attribués. Les événements commémorés en toutes ces fêtes démontrent tous la divine autorité, identité et puissance du Christ, qui seront ensuite pleinement révélées par Sa Résurrection.
La guérison du paralytique à la piscine de Bethesda ou Bethsaida (Jn 5,1-18) montre l'autorité du Christ sur le Sabbat, car ce fut un jour de Sabbat qu'Il guérit le paralytique.
La conversation du Seigneur avec la Samaritaine au Puits de Jacob près de Sichar (Jn 4,3-42) atteint son sommet lorsque le Seigneur dévoile Son identité : "(Le Christ,) Je le Suis, Moi Qui te parle" (Jn 4,26). A la fin du récit, les Samaritains déclarent ouvertement "Nous en sommes certains, Il est le Sauveur du monde" (Jn 4,42).
Et pour finir, la guérison de l'aveugle de naissance (Jn 9,1-41) démontre la puissance divine du Christ et le fait qu'Il vint de Dieu : "C'est la première fois dans l'histoire que quelqu'un a pu donner la vue à un aveugle de naissance. Jésus n'aurait pu faire cela, à moins qu'Il ne vienne de Dieu" (Jn 9,32).

4. Mi-Pentecôte. Le mercredi après le Dimanche du Paralytique tombe exactement au milieu des 50 jours de la période de Pentecôte, et par conséquent, est appelé Mi-Pentecôte (Mesopentekoste). C'est un jour de Fête, et selon une ancienne coutume, il tient sa signification de l'Évangile qui lui est prescrit (Jn 7,14-30). Cette péricope évangélique rapporte le discours que le Seigneur adressa dans le Temple, au milieu de la fête des Tabernacles (Skenopegias), qui expliquait Son autorité sur le Sabbat en des termes d'origine divine, tant de Son enseignement que de Son existence. Au centre de ceci, on trouve les paroles du Seigneur adressées au peuple de Jérusalem : "Je ne viens pas de Moi-même. Celui Qui M'a envoyé est véridique, et vous ne Le connaissez pas. Mais Je connais Celui Qui M'a envoyé, parce que Je viens de Lui" (Jn 7,28). Aussi cruciales sont les paroles exclamées par le Seigneur au dernier jour de la Fête, anticipant la Descente de l'Esprit à la Pentecôte : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi, et qu'il boive celui qui croit en Moi; l'Écriture le dit: 'De son sein jailliront des fleuves d'eau vive" (Jn 7,37). Les hymnes de cette Fête rappellent les miracles du Seigneur, qui démontrent Sa divinité, et exhortent les Chrétiens à "garder fermement les Commandements du Seigneur, afin de devenir dignes de célébrer Son Ascension et de participer au don du Saint Esprit" (Doxastikon ton Ainon).

5. Le Retour de Pâques. Le mercredi après le Dimanche de l'Aveugle-Né (6ème dimanche après Pâques), nous célébrons le Retour (apodosis) ou achèvement de la période de post-fête de Pâques. Les Offices du jour, qui comportent une Liturgie pascale, sont chantés de manière identique à ceux de la Semaine Radieuse. C'est le 39ème jour après Pâques, la veille de l'Ascension, quand nous chantons à nouveau l'Hymne de la Résurrection, Christos Anesti, et échangeons les salutations de la Résurrection pour la dernière fois de l'année.

6. L'Ascension. Le lendemain, qui est le 40ème jour après Pâques, nous commémorons l'Ascension du Seigneur au Ciel. La fête de l'Ascension (Analipseos- est explicitement mentionnée au 4ème siècle, mais ses origines remontent plus que probablement aux siècles précédents. Un ancien manuel d'église, les Constitutions Apostoliques, en donnent le commentaire suivant : "Comptant à nouveau 40 jours après le premier Dimanche, vous devez célébrer depuis le Dimanche jusqu'au Mardi la Fête de l'Ascension du Seigneur, quand Il y accomplit toute l'économie et le projet de notre Salut, montant auprès de Dieu le Père, Qui L'avait envoyé, et S'assis à la droite de la Puissance pour attendre que Ses ennemis soient placés sous Ses pieds" (Livre 5, ch. 20).
La Fête de l'Ascension, alors, marque l'achèvement et le scellement de l'oeuvre du Seigneur sur terre, de même que l'ascension de la nature humaine au Ciel, et par conséquent, cela annonce la venue du Don du Saint Esprit à la Pentecôte. Elle est célébrée jusqu'au vendredi de la semaine qui s'ouvre, quand elle est clôturée.
La signification de l'Ascension du Seigneur est aussi liée à Son éternelle prêtrise. L'épître aux Hébreux résume cela comme suit : "Nous avons un Pontife Suprême, Qui est monté au Ciel, Jésus, le Fils de Dieu" (Heb. 4,14)... "Jésus est entré pour nous comme un avant-coureur, pontife pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech" (Heb. 6,20) "Tandis que Celui-ci, vivant éternellement, possède un sacerdoce perpétuel. C'est pourquoi il Lui est possible de parachever le Salut de ceux qui vont à Dieu par Lui, car Il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur" (Heb. 7,24-26). "Il est éternellement le suprême Pontife parfait" (Heb. 7,28)... "qui siège à la droite sur le grand Trône de Dieu au Ciel" (8,1).

7. Dimanche des Saints Pères. Ce dimanche, qui se trouve au milieu de la période festive de l'Ascension (7ème dimanche après Pâques) est dédié aux 318 saints pères du Premier Concile Oecuménique, qui a eu lieu à Nicée en 325. Il est par conséquent appelé Dimanche des Saints Pères (Ton Pateron).
L'Évangile du jour reprend la Prière Sacerdotale du Seigneur pour l'unité des Chrétiens, telle qu'on la trouve en Jean 17,1-13. L'Église a décidé la commémoration des Pères en ce dimanche précis parce que les Synodes des éparchies, qui étaient convoqués pour s'occuper de diverses affaires locales, se réunissaient habituellement pendant la période pentecostale.
Successeurs des Apôtres, les Pères ont gardé la Foi apostolique par leurs enseignements. Le kondakion de la Fête l'exprime très clairement et avec éloquence : "Le message des Apôtres et l'enseignement des Pères saints, pour l'Église affermissent l'unité de la Foi; portant la tunique de vérité tissée par la céleste révélation, elle dispense fidèlement et fortifie le grand mystère de la Foi."
Le samedi veille de la Pentecôte est un "samedi des âmes" (Psychosabbaton), et des prières sont offertes pour ceux qui se sont endormis éternellement, afin qu'ils puissent eux aussi être dignes par nos prières de recevoir le don de la Pentecôte, qui est commémoré le lendemain.

8. Dimanche de la Pentecôte. La Fête Chrétienne de la Pentecôte correspond à la fête juive qui porte le même nom, et au cours de laquelle ils offraient les premiers fruits des nouvelles récoltes d'Israël à Dieu (Protogennemata).
La Fête Chrétienne commémore les premiers fruits de la prédication des Apôtres, qui suivirent la Descente du Saint Esprit sur eux au jour de la Pentecôte, Descente suite à laquelle naquit la première Église Chrétienne, commençant avec 3.000 âmes. Depuis cette Pentecôte, l'Esprit demeure dans l'Église et règle la vie et la croissance de l'Église. L'Esprit fait de la totalité de l'Église le Corps uni du Christ. En Consolateur (Paracletos), Il est le gage du retour du Christ, et de la victoire finale avec tout le Corps du Christ.
La célébration de cette fête remonte aux temps apostoliques. Selon l'ancienne coutume, les catéchumènes étaient baptisés en cette occasion, et dès lors, et même de nos jours, on ne chante pas le Trisagion pendant la Liturgie. En lieu et place, on chante le verset paulinien "Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ." Les Vêpres de ce jour, suivant immédiatement après la Divine Liturgie, sont à noter particulièrement du fait de la longue supplique à genoux, qui est dite au début. Cette supplique est la première d'une série qui suivront après la Fête, ayant été suspendues auparavant pendant la période pentecostale.
La Pentecôte est célébrée tout au long de la semaine et se clôture le dimanche suivant. Le lundi de la période d'après-fête se distingue des autres jours de d'après-fête parce qu'il est dédié au Saint Esprit (Deftera tou Agiou Pneumatos). Les Offices du jour suivent le schéma du Dimanche de Pentecôte célébré la veille. On ne jeûne pas pendant la semaine qui suit la Pentecôte.
L'hymne doxastikon du jour est une prière bien connue, par laquelle la plupart des Offices de l'Église commencent, et qui est utilisée par nombre de Chrétiens Orthodoxes comme première prière pour chaque jour : "Roi Céleste, Consolateur, Esprit de Vérité, Toi Qui es partout présent et Qui remplis tout, Trésor de biens et Donateur de Vie, viens et demeures en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, Toi Qui es Bonté."

9. Dimanche de la Toussaint (ou de Tous les saints). Le dimanche après la Pentecôte est appelé Dimanche de la Toussaint. C'est une très ancienne fête, mentionnée fin du 4ème siècle, et elle semble avoir été à l'origine instituée comme fête en l'honneur de tous les martyrs.
L'Église a toujours honoré les martyrs. Cependant, puisque l'honneur rendu aux martyrs était à l'origine une question locale, nombre des martyrs nous sont inconnus, et c'est probablement la raison pour laquelle une telle fête fut instituée, en l'honneur de tous les martyrs, connus et inconnus. Cette fête fut placée de manière tout à fait appropriée après la Pentecôte, parce que l'Église est abreuvée et croît à travers le témoignage et le sang des martyrs. Par la suite, lorsque l'Église honora d'autres défunts comme saints, à côté des martyrs, la fête mobile après Pâques acquis un caractère plus général, et se transforma en fête en l'honneur de tous les saints.

10. Fête des saints Apôtres. Le lundi après le dimanche de la Toussaint, on jeûne pour la fête des saints Apôtres. A l'origine, c'était une semaine de jeûne, comme explicitement mentionné dans les Constitutions Apostoliques (livre 5, ch. 20). Par la suite, elle fut reliée à la fête des saints Apôtres (29-30 juin), et fut étendue à toute la période qui va du lundi après le dimanche de la Toussaint jusqu'au 28 juin.


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Notes :
1. Toutes les fêtes mentionnées ci-dessus ont déjà fait l'objet d'un article circonstancié, d'homélies, etc, sur le blog Saint-Materne. Vous les retrouverez dans le menu en marge de gauche, via le menu semestriel.




2. Et maintenant, si vous n'y voyez pas d'inconvénient
, l'article ci-dessus annonçant toutes les fêtes des semaines à venir, je vais faire une petite "pause-blog"..


ça vous laissera plein de temps pour (re)lire les 1123 articles du blog - c'est chouette, hein?! ;-)


Oui, une pause, car nous sommes occupés avec les "labours." Après un début de printemps pourri ayant empêché de semer avant la saint Cuthbert de Lindisfarne (20 mars), un mois d'avril météorologiquement catastrophique pour les cultures, toute cette pluie qui a transformé notre terrain en marigot, le vent et la subite forte chaleur ont fait de la surface une brique d'argile.. ya du boulot...
Et les semailles doivent avoir été faites avant les "saints des glaces" (11 au 14 mai)... puis il faudra un entretien de démarrage conséquent, sinon ça va pas tenir.. Enfin, revenez régulièrement, on ne sait jamais, je pourrais me laisser tenter et prendre 5 minutes de repos à poster l'un ou l'autre de ces centaines d'articles déjà traduits et encore à publier ;-)



3. Petit agenda des saints des jours à venir :

8 mai : sainte Itte et saint Wiro (B); saint Jean l'Apôtre, Évangéliste et Théologien; saint Michel Archange, apparition de Monte Gargano (5ème siècle)

Tropaire de sainte Itte ton 4
Amis de la fête, voici venue
La brillante solennité
La mémoire glorieuse de la servante du Christ
Dont le souvenir réjouit les chrétiens
Épouse fidèle et abbesse bienveillante
Sainte Itte porte aux hommes une grâce qui ne tarit.
Par ses prières, Sauveur, sauve le monde qui est tien.


9 mai : sainte Languida de Tournai et la translation de saint Macaire d'Antioche & Gand (B); saint Pacôme le Grand



10 mai : saint Wiron (B); saint Comgall fondateur de Bangor et l'hymne de Communion "Sancte Venite" (cfr revue "La Voile" n° 4)

Tropaire de Saint Comgall ton 4
O Comgall, Père des Moines, * tu en forma quatre mille à la vie monastique. * Tu allumas le Feu du Christ à Bangor * et ta cellule fut une lueur au milieu des ténèbres du paganisme. * O ami de Saint Columba d'Iona, * toi l'éclat de l'Irlande et de l'Écosse; nous louons Dieu Qui t'a glorifié.

11 mai : saint Gangulphe de Florennes (B); saint Mammert de Vienne, auteur des Rogations dans l'Orthodoxie de rite occidental

Dicton météo - Saints "de glace"
"Saints Servais, Pancrace et Mammert,
à eux 3, un petit hiver."


12 mai : saint Modoald et sainte Rictrude (B); saint Épiphane de Salamine; Saint Aethelheard de Louth et Canterbury

Tropaire à tous les saints du Lincolnshire, ton 8
Comme abondante récolte de Tes semailles du Salut,
le Comté du Lincolnshire T'offre, Seigneur,
tous les saints qui ont brillé dans ce pays.
Par leurs prières et par la Mère de Dieu,
maintiens l'Église et notre pays dans une paix durable,
O Toi le très Miséricordieux



13 mai : sainte Rolende de Gerpines, victime de Charlemagne, et saint Servais de Tongeren, l'ami et défenseur de saint Athanase le Grand (B)

Tropaire de sainte Rolende ton 1
Sainte Rolende, belle épouse du Christ,
Toi qui connut la dureté de cette vallée de larmes,
A genoux devant tes restes sacrés,
Nous implorons ton intercession.
O Vierge de Gerpinnes soulage nos corps et guéris nos âmes,
Afin que nos vies soient agréables à Dieu

à très bientôt!


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