"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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04 février 2016

Saint Modan, abbé de Stirling, Falkirk & Maelros (6ème s.)


Né vers 522, Modan était un fils de chef Scot - ce qui peut signifier autant l'Irlande que l'Écosse. Modan est ainsi appelé, nous rapporte le bréviaire d'Aberdeen, parce qu'il conçut de bonne heure de l'aversion pour les manières du monde (modos odiens vanos). Il était encore bien jeune quand il se retira au monastère de Dryburgh, près Maelros (Melrose), en Écosse.
Considérant comme grands moyens de perfection la prière, l'union intime avec Dieu, la contemplation, il y consacrait toutes les heures du jour dans l'humilité et l'obéissance. Elu abbé contre son gré, il se montra ferme à maintenir tous les points de la discipline monastique, mais sut tempérer sa direction par une grande charité, un calme et une douceur inaltérables. Il évangélisa la vallée de la Forth, Stirling et principalement Falkirk. Il interrompait fréquement ses oeuvres missionnaires pour se retirer dans des montagnes hautes et rocheuses de Dumbarton, où il passait habituellement 30 à 40 jours en prière. Il est mort à Alcluid (appelé par la suite Dunbritton, à présent Dumbarton), où il est vénéré.

A partir de sa petite cellule monastique fut fondée une chapelle, qui se développa en église, qui sera appelée "egglesbreth", "église tachetée" en picte, qui donnera Faw Kirk en scot, d'où vient le nom de la ville, Falkirk. L'église que l'on y trouve a subit maintes reconstructions et transformations au fil des siècles, et ne subsiste plus rien du batiment celtique orthodoxe original.

Bibliographie - Acta sanctorum 4 févr. Challoner, Britannia sancta, t.1, p. 107. A. Forber et M. Barrett, A calendar of Scottish saints, p. 20.  Frederick C. Husenbeth, Emblems of saints.



30 novembre 2007

Saint André, Apôtre universel, de l'Orient à l'Écosse (Orthodoxie occidentale)


In primis vesperis Sancti Andree apostoli
(aux premières vêpres [de la fête de] saint André apôtre).
Duplex minor (double mineur)
In vigilia, ad vesperas (La veille, à vêpres).
Antiphona (antienne).

In : Bréviaire célestin, Paris, vers 1430-1440
manuscrit hétérodoxe reprenant partie des éléments d'avant le Schisme romain
Paris, Bibl. Mazarine, ms. 360, f. 347
source cnrs


Saint André et l'Écosse

http://en.wikipedia.org/wiki/Saint_Andrew

Vers le milieu du 10ème siècle, saint André est devenu le saint patron de l'Écosse. Plusieurs légendes prétendent que des reliques d'André furent apportées de Constantinople d'une manière surnaturelle jusqu'au lieu où se trouve la ville actuelle de Saint-Andrews (en Picte : Muckross; en Gaélique : Cill Rìmhinn).
Les plus anciens manuscrits existant qui en parlent sont 2 : un fait partie de la collection de Jean-Baptiste Colbert, voulue par Louis 14, et est à présent à la Bibliothèque Nationale à Paris; l'autre est le mss Harleian, à la British Library, Londres. Ils disent que les reliques d'André furent apportées par un certain Regulus au roi Picte Óengus mac Fergusa (729–761).
Le seul Regulus (Riagail ou Rule) historique, dont le nom est conservé dans la Tour de Saint Rule, c'était un moine Irlandais expulsé avec saint Columba. Cependant, il est de l'époque des années 573–600. Il y a de bonnes raisons de supposer que les reliques se trouvaient à l'origine dans la collection de saint Acca, évêque d'Hexham, qui les aurait emportées avec lui en pays Picte lorsqu'il fut chassé de son siège épiscopal, et qu'il y fonda un siège, non pas selon la tradition dans le Galloway, mais sur l'emplacement de Saint-Andrews. La relation prétendue à Regulus est dès lors, en toute probabilité, le désir de faire remonter la date de fondation de l'église à Saint-Andrews aussi loin que possible.
Une autre légende dit qu'à la fin du 8ème siècle, au cours d'une bataille contre les Anglais, le roi Ungus (soit l'Óengus mac Fergusa mentionné ci-avant, soit Óengus II des Pictes, 820–834) aurait vu un nuage en forme de croix en sautoir (1), et déclaré que saint André veillait sur eux, et que s'ils gagnaient par son intervention, alors il deviendrait leur saint patron. Cependant, il y a des preuves que saint André était déjà vénéré en Écosse avant cette bataille.
La relation d'André à l'Écosse a pu avoir été renforcée suite au Synode de Whitby, quand l'Église Celtique ressenti que saint Columba avait été "détrôné" par saint Pierre, et que le frère aîné de Pierre ferait un saint patron de plus haut rang.

(1) ndt : en anglais "saltire", un terme du 14ème siècle provenant du vieux français. En héraldique, c'est une forme habituelle d'une croix avec les bras en diagonale, partant du dessus à droite pour rejoindre le dessous à gauche, et du dessus à gauche pour rejoindre le dessous à droite. Typiquement la croix dite de saint André.


Martyre de saint André
Les Très Riches Heures du duc de Berry, Folio 201r
Musée Condé, Chantilly


Fondation de Saint-Andrews
http://en.wikipedia.org/wiki/%C3%93engus_I_of_the_Picts
Le récit de la fondation de Saint-Andrews, appelée Cennrígmonaid à l'origine, n'est pas contemporain et peut contenir beaucoup d'inventions. Les Annales irlandaises rapportent la mort de "Tuathalán, abbé de Cinrigh Móna", en 747, rendant du coup assuré une fondation de Saint-Andrews antérieure à cette date, probablement par Óengus ou par Nechtan fils de Der-Ilei. On présume généralement que le Sarcophage de Saint-Andrews a été réalisé à la demande d'Óengus. Les générations suivantes ont pu avoir confondu ce roi Óengus avec le roi du même nom au 9ème siècle, et en avoir fait une même personne.
Le culte de saint André a pu venir du pays des Pictes jusqu'en Northumberland, de même que le culte de saint Pierre qui avait les faveurs de Nechtan, et en particulier dans le monastère d'Hexham, qui était dédié à saint André. Cette apparente relation avec l'église de Northumberland a dû laisser des traces écrites. Óengus, comme ses successeurs et présumés parents Caustantín et Eógan, est éminemment noté dans le Liber Vitae Ecclesiae Dunelmensis, une liste de quelque 3.000 bienfaiteurs pour qui des prières étaient élevées dans les fondations religieuses liées à Durham.

Sarcophage de Saint-Andrews
http://en.wikipedia.org/wiki/St_Andrews_Sarcophagus

Le sarcophage de Saint-Andrews est un monument picte datant du milieu du 8ème siècle. Le sarcophage a été découvert en 1833, durant les fouilles près de la cathédrale de Saint-Andrews, mais ce n'est qu'en 1922 qu'on a reconstitué tous les éléments. Le sarcophage est actuellement exposé au musée de la cathédrale à Saint-Andrews, près du lieu de sa découverte.

*** XXX ***

Martyre de saint André, enluminure médiévale


Saint André est tué en Dacie (actuelle Roumanie), après y avoir annoncé l'Évangile



2
Antienne à Magnificat
Cum pervenisset * beatus Andréas ad locum, ubi crux parata erat, exclamavit et dixit : O bona crux, diu desiderata, et iam concupiscénti animo praeparata : securus et gaudens vénio ad te, ita et tu exsultans suscipias me discipulum eius, qui pepéndit in te.

Lorsque le bienheureux André * fut parvenu au lieu où la croix avait été préparée, il s'écria : O bonne croix, longtemps désirée, et enfin offerte à mon ardent désir, confiant et joyeux je viens à toi, afin que tu me reçoives avec exultation, moi le disciple de Celui Qui a été suspendu sur toi.


Divine Liturgie

Homélie de saint Grégoire le Grand, pape de Rome
Vous avez entendu, frères très chers, qu'au premier appel de Sa voix Pierre et André, laissant leurs filets, suivirent le Rédempteur. Or, jusque-là, ils ne L'avaient vu faire aucun miracle, ils n'avaient rien appris de Lui sur la valeur de la récompense éternelle; et, cependant, au premier ordre du Seigneur, ils oublièrent ce qu'ils paraissaient posséder. Et nous, quels miracles de lui ne voyons-nous pas, de combien de châtiments ne sommes-nous pas accablés, par quelles terribles menaces ne sommes-nous pas mis en garde? Et cependant nous dédaignons de suivre Celui qui nous appelle!
Il trône déjà au Ciel, Celui qui nous engage à nous convertir; déjà Il a courbé la nuque des Nations sous le joug de la Foi, déjà Il a renversé la gloire du monde, déjà par des ruines plus fréquentes, Il annonce le jour prochain de Son rigoureux Jugement; et cependant, notre esprit orgueilleux ne veut pas encore quitter spontanément ce qu'il perd chaque jour malgré lui. Quoi donc, frères très chers, que répondrons-nous à Son Jugement, nous qui ne sommes pas détournés de l'amour du siècle présent par Ses préceptes, ni corrigés par Ses châtiments ?
Mais peut-être quelqu'un, dans le secret de ses pensées, dira-t-il: "Quelle richesse ont-ils quittée, à la voix du Seigneur, ces 2 pêcheurs qui ne possédaient presque rien?" Mais en cette affaire, frères bien-aimés, nous devons apprécier le sentiment plutôt que la fortune. Il a beaucoup quitté, celui qui a tout abandonné, si peu que ce soit. Quant à nous, certes, ce que nous avons, nous le possédons amoureusement et ce que nous n'avons pas, nous le poursuivons de nos désirs. Pierre et André ont donc beaucoup quitté, quand l'un et l'autre ont renoncé même au désir de posséder.
Amen
+ Grégoire
extrait de l'homélie 5 sur les Évangiles

Super oblata
Sacrificium nostrum tibi Domine quaesumus beati Andrea precatio sancta conciliet, ut cuius honore sollemniter exhibetur, intercessio efficiatur acceptum.

Sur les offrandes/secrète
Que la sainte prière de Ton bienheureux Apôtre André, ô Seigneur, Te fasse agréer notre sacrifice, de sorte qu'étant solennellement offert en son honneur, par son intercession, il Te soit agréable.

Sacramentaire de Ratoldus de Corbie, anno 986, édition du texte critique, pages 373-375, Henry Bradshaw Society http://www.henrybradshawsociety.org
Autres prières en ces 3 pages : Vigile de saint André avec triple bénédiction; Divine Liturgie avec préface, triple bénédiction, post-Communion, Vêpres, et 3 prières complémentaires. A noter que la Préface de la Liturgie comporte une notation musicale (neumes), ce qui est assez exceptionnel pour être mentionné.


martyre de saint André, très laide réalisation d'une Bible hétérodoxe.

Le Schisme romain dans tous ses effets : toute la grâce est perdue, même dans l'art liturgique. Il suffit de comparer "avant / après" pour s'en rendre compte. De véritables appels à l'athéisme.
Liber chronicarum de Schedel
gravures de Michael Wongemut (1434-1519) et Wilhelm Pleydenwurff
Hartmann, 1440-1514, Koberger, Anton imp., vers 1493