Lectures du jour : 2 Co 7,10-16
Mc 2,18-22
Lectures de la Fête : Actes 13,25-33
Mc 6,14-30
Commémoration de la "décollation" de saint Jean le Baptiste et Précurseur, jour de jeûne strict.
Il doit sembler très étrange pour les incroyants que notre Église célèbre une fête dédiée à la Décollation de saint Jean le Baptiste. Après tout, les décapitations sont des actes extrêmement sauvages et terribles; quelque chose qui nous est devenu d'autant plus poignant au vu de la récente décapitation du journaliste John Foley par des musulmans extrémistes.
Cependant, l'Église célèbre cet événement avec solennité, de même que la fin horrible de tous les martyrs, à titre de reconnaissance de leur courageux témoignage face au mal et de le détermination absolue à garder leur Foi peu importe les conséquences. Et c'est de leur acte suprême, de leur résolution indéfectible, que nous tirons notre force (*). C'est dans leurs témoignages de mourants que nous voyons ce qu'est vraiment la vie. C'est dans leur conviction pour la lumière et la vérité que nous trouvons notre propre chemin à travers ce monde de fausseté et de ténèbres. Dès lors, de tels moments sont vraiment une fête de la Foi!
Ô saint prophète, Précurseur et Baptiste Jean, prie Dieu pour nous!
P. John
(*) NDT :
"Le sang des martyrs est une semence de Chrétiens"
"Semen est sanguis martyrum !"
Tertullien, Apol. 50, 13
Today's Scripture Readings:
2nd Corinthians 7:10-16 (daily)
Acts 13:25-33 (feast)
St. Mark 2:18-22 (daily)
St. Mark 6:14-30 (feast)
It might seem rather odd to unbelievers that our Church celebrates a
feast dedicated to the Beheading of St. John the Baptist. After all,
beheadings are extremely savage and gruesome acts; something made all the more poignant since we stand in the shadow of the journalist John Foley's recent beheading by Islamic extremists. However, the Church solemnly celebrates this event, as well as the horrific ends of all martyrs, in recognition to their courageous witness in the face of evil and their steadfast determination to maintain their Faith no matter the consequences. And it is from their supreme act, their unwavering resolve, that we gain our strength. It is from their dying testimonials that we find out what life really is. It is from their conviction to light and truth that we find our way through a world of falsehood and darkness. For us, such moments truly are a feast of faith!
O Holy Prophet, Forerunner, and Baptist John, pray unto God for us!
Fr. John
"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes.
Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
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29 août 2014
Hymne pour le martyre de saint Jean le Baptiste et Précurseur (saint Bède le Vénérable)
Précurseur dans la mort comme dans la vie
Illustre précurseur de la grâce et messager de la Vérité,
Jean le Baptiste, flambeau du Christ,
devient l'évangéliste de la Lumière éternelle.
Le témoignage prophétique qu'il n'avait cessé de rendre,
dans son message, toute sa vie et son activité,
aujourd'hui il le signe de son sang et de son martyre.
Il avait toujours précédé son Maître :
En naissant, il avait annoncé Sa venue au monde.
En baptisant les pénitents du Jourdain,
il avait préfiguré Celui qui venait instituer Son baptême.
Et la mort du Christ Rédempteur, son Sauveur, qui a rendu la vie au monde,
Jean le Baptiste l'a vécue aussi par avance,
en versant son sang pour Lui par amour.
Un tyran cruel a beau le cacher en prison et dans les fers,
en Christ, les chaînes ne peuvent pas lier
celui qu'un cœur libre ouvre au Royaume.
Comment l'obscurité et les tortures d'un sombre cachot
pourraient-elles avoir raison de celui qui voit la gloire du Christ,
et qui reçoit de Lui les dons de l'Esprit ?
C'est volontiers qu'il offre sa tête au glaive du bourreau ;
comment pourrait-il perdre sa tête,
celui qui a pour Chef le Christ ?
Il est heureux d'achever son rôle de Précurseur aujourd'hui
par son départ de ce monde.
Ce dont il avait été le témoin de son vivant,
Christ qui vient et qui est là,
sa mort le proclame aujourd'hui.
Le séjour des morts pourrait-il retenir ce messager qui lui échappe ?
Les justes, les prophètes et les martyrs sont dans la joie,
allant avec lui à la rencontre du Sauveur.
Tous entourent Jean de leur louange et leur amour.
Avec lui, ils supplient désormais le Christ de venir enfin vers les Siens.
Grand Précurseur du Rédempteur, il ne va plus tarder,
Celui qui te libère à jamais de la mort.
Sous la conduite de ton Seigneur,
entre dans la gloire avec les saints!
Hymne pour le Martyre de Jean le Baptiste, PL 94, 630
Saint Bède le Vénérable (v. 673-735), moine et Père de l'Église
Forerunner in death as in life
The great forerunner of grace and messenger of truth,
John the Baptist, Christ’s shining torch,
Now becomes the preacher of eternal Light.
The prophetic witness that he never ceased to show
In his message, life, and all his mighty works,
Is signed today by the blood of his martyrdom.
He always went before his Lord:
In birth he declared his coming to the world;
By his baptism of sinners in the Jordan
He foretold the one by whom baptism would be instituted;
And by shedding his blood for him with love,
John the Baptist also experienced beforehand
The death of Christ our Savior, who gave life to the world.
A cruel tyrant may well conceal him in a prison, bound with irons,
Yet in Christ such chains could never bind a man
Whose heart in freedom opens to the Kingdom.
How could the darkness and torments of a dungeon dim
Gain mastery over one who sees Christ’s glory
And receives from him the Holy Spirit’s gifts?
Willingly he gives his head to the executioner’s sword;
How could he lose his head
Whose Head is Christ?
Happy is he who wins today his forerunner’s title
By his departure from this world of ours.
Today his death proclaims what he testified while living:
Christ who comes and now is here.
Could hell hold fast the messenger who escapes it?
The just, the prophets and the martyrs are full of joy
As they go with him to meet the Savior.
All surround John with their praises and their love
And, with him, beg Christ to come at last to those who are his own
O great forerunner of the Redeemer, he delays no longer
Who sets you free from death for evermore.
Led by your Lord,
Enter into glory with the saints!
Hymn for the Martyrdom of John the Baptist, PL 94, 630
Saint Bede the Venerable (c.673-735), monk & Church Father
29 août 2008
La vénération de saint Jean le Baptiste, prophète et Précurseur, et son martyre

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.
Pourquoi l'Église a-t'elle une si grande vénération pour saint Jean le Baptiste, établissant même un jour de jeûne strict en son honneur? Voici dix raisons :
1. Notre Seigneur Lui-même a dit que saint Jean était le plus grand des prophètes "parmi ceux nés d'une femme" (Lc 7,28). Entendant cette phrase, certains sont surpris. Ils demandent : n'est-ce pas plutôt le Christ Lui-même qui est le plus grand de ceux nés d'une femme? Cependant, le Christ n'était pas né d'une femme, à savoir une femme mariée, mais d'une Vierge. Dès lors, en obéissance aux paroles de notre Seigneur, disant que saint Jean est le plus grand d'entre ceux nés d'une femme, l'Église l'honore comme il convient. De fait, il n'y a pas moins de 6 fêtes de saint Jean dans l'année ecclésiale. La première, c'est sa Conception, le 23 septembre. Puis sa commémoration le 7 janvier, le lendemain de la Fête de la Théophanie, le Baptême du Christ. La troisième, c'est la seconde découverte de son chef le 24 février. La suivante, c'est la 3ème découverte de son chef, le 25 mai. La 5ème, c'est sa naissance ou nativité, le 24 juin, et enfin, la fête de ce jour, la dernière dans l'année ecclésiale, sa décollation, le 29 août.
2. Les parents de saint Jean étaient eux-mêmes de grandes et saintes personnes, et leur enfant était un don reçu dans leurs vieilles années, une réponse à la prière qu'ils avaient élevée. Son père était saint Zacharie, prophète, prêtre et martyr. Sa mère, sainte Élisabeth, était la soeur de sainte Anne, donc la tante de la Mère de Dieu. Cette relation entre la Mère de Dieu et son parent, saint Jean, se trouve exprimée dans l'Icône qui pend au dessus des portes saintes dans toute église Orthodoxe. Elle montre au centre le Christ, la Mère de Dieu à Sa droite, et saint Jean le Baptiste à Sa gauche. Cette Icône est appelée la Déisis, et elle signifie à quel point notre Salut n'est pas seulement lié à notre Sauveur, mais aussi à Sa sainte Mère et à saint Jean.

3. Pour cette raison, saint Jean, saint Jean a reçu le titre spécial de "Précurseur," ou "Prodromos" en grec, qui est devenu d'ailleurs un prénom Chrétien commun pour les Grecs. Saint Jean seul peut prétendre à être le Précurseur du Christ, et dès lors le pionnier de notre Foi. Dès lors, comment pourrions-nous manquer de lui rendre un honneur tout particulier?
4. Le saint Précurseur a aussi reçu le titre de "prophète." En fait, on peut dire qu'il a été le dernier prophète de l'Ancien Testament. Comme vous vous en souviendrez sûrement, les 17 derniers livres de l'Ancien Testament sont des livres de prophètes, depuis celui de saint Isaïe jusqu'à celui de saint Malachie. De la sorte, on peut aussi dire que saint Jean est le premier prophète du Nouveau Testament. Dès lors, saint Jean peut être considéré comme une charnière, qui relie l'Ancien au Nouveau Testament. Nous remarquons aussi que non seulement le premier prophète du Nouveau Testament était saint Jean, mais le dernier prophète du Nouveau Testament s'appelait aussi Jean. C'était saint Jean le Théologien, celui qui a écrit le dernier livre du Nouveau Testament et son unique livre prophétique, l'Apocalypse.

5. Saint Jean le Baptiste, le premier prophète du Nouveau Testament, fut aussi le premier martyr pendant la prédication publique du Christ, quelque 3 ans avant le saint diacre Étienne, qui fut le premier martyr après l'Ascension du Christ.
6. On peut aussi dire que saint Jean le Baptiste fut le premier moine, et c'est pour cette raison qu'il est le saint patron des moines et de la vie monastique. C'est bien la signification du premier Évangile de ce jour, dans lequel notre Seigneur dit au jeune homme qui souhaite Le suivre, de tout d'abord obéir aux Commandements, et ensuite d'abandonner toutes ses richesses. C'est ainsi que saint Antoine le Grand décida de partir au désert, après avoir entendu ce même Évangile, et imitant de la sorte saint Jean le Baptiste.
Nous nous souvenons de l'importance de la vie monastique dans l'Église Orthodoxe. Le monachisme est le baromètre de l'Église. Quand la vie monastique est florissante, toute l'Église l'est aussi. Quand la vie monastique est affaiblie, toute l'Église est faible. Et saint Jean est à la tête de cela.

7. Le premier pas vers la vie monastique, et en fait vers la vie Chrétienne en général, c'est la repentance. Et c'est bien la première parole lancée par saint Jean. C'est ainsi qu'il est grand, car il prêche la repentance. La repentance est la lettre A de l'alphabet Chrétien Orthodoxe. Elle est la marque de la vérité, la marque de la sobriété, l'absence d'état exalté, le sens de la réalité. Ainsi, les premiers disciples de saint Jean, André et Pierre, furent aussi les premiers disciples du Christ. Et nous ne devrions pas oublier que saint Jean prêcha la repentance sur terre, mais pas seulement, car il la prêcha aussi dans l'Hadès. Après sa décapitation, saint Jean descendit dans l'Hadès, où toute l'humanité défunte se trouvait captive, et là il prêcha à toutes les générations, depuis Adam et Ève, parlant de l'imminence de la venue du Christ, endéans les 3 ans.
8. Le premier pas dans la vie monastique, c'est l'obéissance. On peut voir cette obéissance dans la prière et le jeûne de saint Jean. Il priait au désert, et mangeait miel et sauterelles, vêtu d'une tunique en poils de chameau. Il était servi par les Anges. C'est pourquoi dans l'Église, on l'appelle "un homme céleste et un ange dans la chair." Son obéissance se remarque à son acceptation de baptiser le Fils de Dieu, Celui dont, selon ses propres paroles, il n'était pas digne de délier la courroie des sandales.

9. Le second pas dans la vie monastique, c'est la pauvreté, non seulement en termes financiers, mais aussi en termes de pouvoir. Saint Jean dénonça sans crainte le pouvoir dont on abusait, qui était utilisé pour faire le mal. C'est la signification du second Évangile de ce jour, l'Évangile selon saint Jean. Cet Évangile nous dit comment saint Jean dénonça Hérode Antipas, le fils de cet Hérode qui avait massacrer les saints Innocents quelque 30 ans auparavant à Bethléem, cet Hérode qui, à l'époque de la prédication de saint Jean, était le chef de la Gallilée.
10. Et enfin, saint Jean est grand car il annonça la 3ème étape de la vie monastique, la chasteté. Saint Jean dénonça le péché de sensualité d'Hérode Antipas, il dénonça la primauté du corps sur l'esprit.
Hérode avait d'abord épousé la fille d'un prince arabe, appelé Aretas, puis il avait pris pour maîtresse sa propre belle-soeur, Hérodiade. D'elle, il eut une fille, Salomé. Puis Hérode eut une relation incestueuse avec cette fille, dont il avait fait sa maîtresse. Suite à la dénonciation de l'iniquité d'Hérode et d'Hérodiade par saint Jean, ce dernier fut décapité, sa tête étant apportée à Hérodiade sur un plateau. C'est pourquoi aussi les Orthodoxes sollicitent toujours la prière de saint Jean le Baptiste en cas de des tumeur au cerveau, migraine et autres maux de tête.
Comme nous l'avons entendu, c'était lors de la fête d'anniversaire d'Hérode que ce dernier, excité par la danse de sa fille, accéda à la demande de sa femme de décapiter saint Jean. C'est pourquoi nous les Orthodoxes ne faisons pas de grande fête lors de notre anniversaire, mais plutôt lors de la fête de notre saint patron. Car cet épisode avec Hérode est l'unique occurrence d'un anniversaire dans le Nouveau Testament, et un grand crime y fut commis.
La punition d'Hérode fut terrible. Tout d'abord, son royaume fut envahi par le prince arabe Aretas, qui était avide de venger l'honneur de sa fille. Ensuite, Hérode fut exilé avec toute sa famille par les Romains en colère. Exilé par eux à Lerida, en Espagne, Ce fut lors d'un terrible hiver que sa fille Salomé tomba dans un trou sur la glace, alors qu'ils traversaient une rivière gelée. Pendant qu'elle coulait dans la rivière, la glace se gela autour de son cou. Luttant pour se libérer, elle donna des coups de jambes, comme si elle dansait. A cause de ces mouvements, des morceaux de glace très acérés lui tranchèrent le cou et elle fut ainsi décapitée. Son corps pécheur et non-repentant disparu à jamais sous la glace. Les témoins oculaires virent sa tête décapitée sur la glace; ils la prirent et l'apportèrent à Hérode – sur un plateau. En ce qui concerne Hérode et Hérodiade, eux aussi disparurent, car ils chutèrent dans une crevasse qui s'ouvrit, suite à un tremblement de terre à Lerida. Ainsi donc, ils disparurent de l'histoire, sans même obéir à l'appel à la repentance lancé par saint Jean, avalés qu'ils furent par les feux de dessous la terre.
Mais en ce qui concerne le saint Précurseur Jean, qui appela et appelle encore toujours – son nom vit à jamais.
Amen.
p. Andrew Philips, Felixstowe
13 janvier 2008
Saint Jean-Baptiste en tant que Précurseur (DYNAMIS)

Dimanche après la Théophanie de notre Seigneur Jésus-Christ
Saint Matthieu 4,12-17
À la nouvelle de l'arrestation de Jean, Jésus Se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter Capharnaüm, sise au bord du lac, sur les confins de Zabulon et de Nephtali. Ainsi s'accomplissait l'oracle du prophète Isaïe: Le pays de Zabulon et de Nephtali, contrée voisine de la mer, le pays d'au-delà du Jourdain, la Galilée des nations païennes, ce peuple, plongé dans les ténèbres, a vu resplendir une grande lumière; sur ceux qui étaient dans l'ombre de la mort, s'est levée une aurore (Is 9,1). Dès lors Jésus se mit à prêcher: "Changez de conduite le royaume des cieux est proche."
Le rôle de saint Jean comme Précurseur chez saint Matthieu 4, en particulier le verset 12 : "À la nouvelle de l'arrestation de Jean, Jésus Se retira en Galilée."
L'Église identifie Jean, le fils de Zacharie et d'Elisabeth, par divers noms : "Précurseur, prophète, Baptiste, et serviteur." Le nom de "Précurseur" est particulièrement intriguant, car la sainte Écriture n'applique pas ce titre spécifique à saint Jean. Bien entendu, lorsque nous parlons de saint Jean en tant que Précurseur, c'est parce qu'au premier siècle, il aida à "préparer" les hommes et les femmes à ce que le Seigneur S'occupe d'eux, ce qu'il fait encore.
A cette époque-là, il y a 2.000 ans d'ici, la prédication de saint Jean et ses baptêmes signalaient que le temps était venu pour que le Seigneur Jésus quitte Sa vie privée à Nazareth et assume le ministère public (Mt 3,13). De la même manière, l'emprisonnement du prophète était un signe de départ pour la Gallilée pour le Seigneur Jésus, afin de commencer à y prêcher, y faire des disciples et y guérir (Mt 4,12-17). Ce titre de Précurseur est fortuit de bien des manières. Les prophéties du Baptiste annonçaient que le ministère du Seigneur illuminerait les hommes par le Saint Esprit. Le message et l'oeuvre de saint Jean préfiguraient l'accent que le Christ mettrait sur la repentance, et la mort du prophète présagea de l'exécution du Sauveur.
Saint Jean était un précurseur parce qu'il "prédisit" le rôle dynamique du Saint Esprit dans le ministère du Christ. Lorsque Jean fut questionné à propos de lui-même et de sa mission, il déclara sans ambages qu'il n'était qu'un messager annonçant Celui Qui venait après lui : "Celui Qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter Ses chaussures. Lui vous baptisera dans l'Esprit-Saint et le feu" (Mt 3,11).
Dans la présente lecture, l'Évangéliste Matthieu indique que le Seigneur Jésus, remplit de l'Esprit (Mt 3,16), fit se lever la "Lumière" sur "ceux qui étaient dans l'ombre de la mort" (Mt 4,16). L'Esprit permit à la prédication du Seigneur d'illuminer les coeurs de Ses auditeurs. Par la puissance de Dieu le Saint Esprit, les paraboles, les guérisons, et l'enseignement du Verbe Incarné de Dieu furent efficaces dans les coeurs de ceux qui L'écoutaient. Le Seigneur Jésus annonça la présence du Royaume, et le Saint Esprit fit briller en eux la "Lumière" divine, les libérant du royaume du péché et de la mort, les amenant au Royaume de la Lumière.
Saint Jean était un précurseur parce qu'il "annonçait" le message de la prédication et des oeuvres du Seigneur. Saint Jean mit le peuple en garde, pour qu'il prépare son coeur pour la venue du Puissant de Dieu. Les gens avaient à changer leur vie et à commencer une repentance active avant l'arrivée du Messie (Mt 3,2). Par la suite, lorsque le Christ entama Son ministère, comme le montre l'Évangile, Il plaça aussi la repentance comme point de départ pour tout ce qu'Il accomplit (Mt 4,17). Dès lors, la repentance se trouve au coeur de l'Évangile, la réponse guérissante initiée et rendue effective par la salutaire Mort et Résurrection du Seigneur, à travers l'oeuvre du Saint Esprit. Le Précurseur déchira l'ombre, mais le Seigneur engendra la réalité salvatrice.
Pour finir, saint Jean fut le précurseur de la Passion salvatrice, car sa mort injuste servit de "type" et "d'annonce" de la mort sacrificielle du Seigneur sur la Croix. Après le Baptême du Seigneur, le prophète fut arrêté par Hérode Antipas, le Tétrarque (c-à-d celui qui dirige un quart d'une région). Jean lui avait dit "il n'est pas légitime pour toi de l'avoir pour femme" (Mt 14,4), faisant référence à Hérodiade, la femme de Philippe, le frère d'Hérode. Saint Jean, en fidèle serviteur du Seigneur, n'hésita jamais à exprimer honnêtement la vérité de Dieu contre l'adultère, comme le résumé de ses prédications dans l'Évangile nous le montre (Mt 3,7-10).
La mort de Jean, comme celle du Seigneur, témoigne du fait que notre race humaine préfère les mensonges et meurtres à la vérité, et même à la Vérité en Personne. La propre prédication du Seigneur Jésus fut elle aussi sans ambiguïté (p.ex Mt 23), et en un laps de temps aussi court que 3 ans, une coalition hétéroclite de groupes religieux, économiques et politiques décida de Sa mise à mort, et arrangea Son arrestation et Crucifixion (Jn 11,47; Lc 23,12).
O saint Jean, le Maître t'appela prophète, ô toi qui est plus exalté que ce que la loi avait prédit; et ayant Baptisé le Maître, tu montra que tu étais le plus noble d'entre tous les hommes. Prie pour nos âmes.


DYNAMIS!
A Publication of St. George Orthodox Christian Cathedral
7515 E. 13th
Wichita, KS 67206-1223

07 janvier 2008
Synaxe de Saint Jean le Baptiste (Prologue d'Ochrid, OCA)
Jean a accompli le rôle majeur de sa vie le jour de la Théophanie, et, pour cette raison, dès les premiers temps, l'Église a dédié à sa mémoire le lendemain de cette fête. Ce jour est ainsi lié à un événement impliquant la main du Précurseur. De Sébaste, où le grand prophète avait été décapité par Hérode, l'Évangéliste Luc désirait emmener le corps de Jean à sa ville natale d'Antioche. Il ne réussit toutefois qu'à acquérir une main, conservée à Antioche jusqu'au 10ème siècle. Elle fut ensuite transportée à Constantinople, d'où elle disparut pendant l'occupation turque.
Saint Jean est commémoré plusieurs fois dans l'année, mais sa plus grande célébration est en ce jour, le 7 janvier. Parmi les personnages de l'Évangile entourant le Sauveur, la personne de Jean le Baptiste occupe une place très spéciale, par la façon dont il est né et dont il a vécu dans ce monde, par sa manière de baptiser les hommes pour leur repentir et par son Baptême du Messie, et, finalement, par la manière tragique par laquelle il a quitté ce monde. Il était d'une telle pureté morale qu'il mérita vraiment le surnom d'ange qui lui fut donné dans les Ecritures, plutôt que d'être représenté comme simple homme mortel. Jean diffère de tous les autres prophètes en ce qu'il eut la joie de montrer au monde Celui Qu'il avait annoncé.
A propos de la main de Saint Jean, on raconte que, chaque année, le jour de sa fête, l'archevêque la sortait devant le peuple. Parfois, la main apparaissait ouverte, et parfois serrée. Dans le premier cas, cela indiquait que l'année serait fertile, et dans le second que ce serait une année de famine.
* Le mot "messager" en grec est "angelos". cf Malachie 3 : 1 ; Mat. 11: 10.
Homélie - Sur la soumission à la volonté de Dieu.
"Que Ta volonté soit faite sur la terre, comme au Ciel" (Matth. 6, 10)
Jean le Baptiste est béni, car il a accompli l'Évangile avant l'Évangile! Sortant dans le désert, il s'est livré en totalité à la volonté de Dieu, à la fois dans son corps et dans son esprit. Et la volonté de Dieu fut faite dans son corps sur terre, comme elle fut faite aussi dans son esprit au Ciel. Ni la faim ni les bêtes sauvages n'ont nuit à son corps durant ses années passées dans les déserts, pas plus que le désespoir n'a porté atteinte à son esprit dans la solitude, ni l'orgueil dans ses visions célestes. Il ne cherchait ni pain ni reconnaissance des hommes. Dieu lui donna tout ce qui lui était nécessaire, car il était complètement offert à la volonté de Dieu.
Pas plus qu'il n'a dirigé de lui-même ses pas vers le désert, il ne les a dirigés pour quitter le désert. Un gouvernail invisible dirigeait sa vie d'En Haut. Et lorsqu'il fut nécessaire pour lui de quitter le désert et d'aller à la rencontre du Seigneur, l'Écriture nous dit que "La Parole de Dieu fut adressée à Jean" (saint Luc 3,2). Comme dans l'innocence de la jeunesse, à sa manière, Jean parlait simplement de sa relation avec les puissances célestes : "Et je ne Le [Christ] connaissait pas, mais Celui Qui m'a envoyé baptiser avec de l'eau m'a dit 'Celui sur Qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est Celui-là Qui baptisera dans le Saint Esprit.' Maintenant j'ai vu et je témoigne qu'Il est le Fils de Dieu" (Saint Jean 1, 33-34). Qu'il parle si tendrement et simplement des choses célestes! Et qu'il est terrible comme un lion lorsqu'il fulmine contre l'injustice des hommes, contre Hérode et Hérodiade! En lui demeurent, ensemble, l'agneau et le lion.
Le Ciel est aussi proche de lui qu'une mère de son enfant. La volonté de Dieu lui est aussi accessible et claire qu'aux Anges des Cieux.
Ô Seigneur, plénitude de la Sagesse, dirige selon Ta volonté nos vies de pécheurs dans le désert de cette vie, comme Tu dirigeas la vie de saint Jean le Baptiste. A Toi soit la gloire et la louange à jamais. Amen.
Saint Nicolas Velimirovitch, évêque de Zicha et Ochrid, Confesseur de la Foi survivant du camp de concentration de Dachau, et auteur de ce "Prologue d'Ochrid"
A propos de la Synaxe et de la main de saint Jean le Baptiste, à (re)lire, l'article du p. Hopko et ceux sur le pèlerinage géant qui a eu lieu en Russie il y a 2 ans, avec diverses manifestations suite à cette visite de la sainte relique :
Moscou : main droite de saint Jean-Baptiste
Rostov-sur-Don : Icône myroblite accompagnant la main droite de saint Jean le Baptiste
De plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n'y en a pas (Jn 1,19-23) - Synaxe de saint Jean le Baptiste, explication du p. Thomas Hopko
Synaxe du saint glorieux prophète, Précurseur et Baptiste, Jean
http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?SID=4&ID=1&FSID=100109

http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?SID=4&ID=1&FSID=100109

Commémoré le 7 janvier
Le lendemain des grandes Fêtes du Seigneur et de la Mère de Dieu, c'est une coutume de l'Église Orthodoxe que de fêter les saints qui ont participé directement à l'événement sacré. Ainsi, le lendemain de la Théophanie du Seigneur, l'Église honore celui qui a directement participé au Baptême du Christ, plaçant sa propre main sur la tête du Sauveur.
Saint Jean, le saint Précurseur et Baptiste du Seigneur, que le Seigneur appela le plus grand des prophètes, conclut l'histoire de l'Ancien Testament et ouvre l'ère du Nouveau Testament. Le saint prophète Jean rendit témoignage au Fils Unique-engendré de Dieu, né dans la chair. Saint Jean fut estimé digne de Le baptiser dans les eaux du Jourdain, et il fut témoin de la Théophanie de la très Sainte Trinité au moment du Baptême du Sauveur.
Le saint prophète Jean était apparenté par sa mère au Seigneur; il était fils du prêtre Zacharie et de la Juste Élisabeth. Le saint Précurseur, Jean, était né 6 mois avant le Christ. L'Archange Gabriel avait annoncé dans le Temple à Jérusalem sa naissance, révélant à Zacharie qu'il allait avoir un fils.
Par les prières offertes dès alors, l'enfant fut remplit du Saint Esprit. Pour accomplir sa grande mission, saint Jean se prépara lui-même dans les sauvages solitudes du désert, menant une vie stricte, jeûnant, priant, et compatissant avec le sort du peuple de Dieu.
A l'âge de 30 ans, il en sorti pour prêcher la repentance. Il paru sur les rives du Jourdain, afin de préparer le peuple par sa prédication pour qu'il accepte le Sauveur du monde. Dans l'hymnologie de l'Église, saint Jean est appelé "la radieuse étoile du matin," dont les rayons surpassent la luminosité de toutes les autres étoiles, annonçant l'arrivée de l'aube du jour de Grâce, illuminé par la lumière du Soleil spirituel, notre Seigneur Jésus-Christ.

Ayant baptisé l'Agneau de Dieu, le sans-péché, saint Jean mourut peu après en martyr, décapité par l'épée sur ordre du roi Hérode, à la demande de sa fille Salomé. A propos de saint Jean le Baptiste, voyez : Mt. 3,1-16, 11,1-19, 14,1-12; Marc 1,2-8, 6,14-29; Luc 1,5-25, 39-80, 3,1-20, 7,18-35, 9,7-9; Jean 1,19-34, 3,22-26.
Le Transfert de la main droite du saint Précurseur d'Antioche à Constantinople (956) et le miracle de saint Jean le Précurseur contre les Musulmans (Hagarenes) à Chios.
Le corps de saint Jean le Baptiste fut enseveli dans la ville samaritaine de Sébaste. Le saint Évangéliste Luc, qui était parti prêcher le Christ en diverses cités et villes, était parvenu à Sébaste, où ils lui firent don de la main droite du saint prophète Jean, cette même main par laquelle il avait baptisé le Sauveur. L'Évangéliste Luc l'avait ramenée en sa ville natale d'Antioche.
Lorsque les armés islamistes s'emparèrent quelque siècles plus tard d'Antioche, un diacre appelé Job emporta la sainte main du Précurseur d'Antioche à Chalcédoine. Et de là, au cours de la veille de la Théophanie du Seigneur, elle fut transférée à Constantinople (956) et y fut conservée par la suite.
En 1200, le pèlerin Russe Dobrynya, futur saint Antoine archevêque de Novgorod (10 février), vit la main du Précurseur au palais impérial. D'après des Vies de Saints [informations hétérodoxes?], nous apprenons qu'en 1263, alors que les Croisés étaient maîtres de Constantinople, le roi Franc Baudouin aurait donné un des os du poignet de saint Jean le Baptiste à Otton de Cichon, qui lui le donna à une abbaye cistercienne en France.
La main droite continua à être conservée à Constantinople. Et de la fin du 14ème au début du 15ème siècle, la sainte relique fut contemplée au monastère Peribleptos de Constantinople par les pèlerins Russes Etienne de Novgorod, le diacre Ignace, le chantre Alexandre et le diacre Zosime. Lorsque Constantinople tomba aux griffes des Turcs musulmans en 1453, les objets sacrés furent rassemblés sur ordre des conquérants et conservés sous garde dans le trésor impérial.
D'après les Vies des Saints, il y a un témoignage précis qu'en 1484, la main droite du saint Précurseur fut offerte par le fils du sultan musulman Bayazet aux chevaliers de Rhodes, afin de les gagner à sa cause, car un dangereux rival pour Bayazet, son propre frère, s'était allié avec eux. Un contemporain et protagoniste de l'affaire, le vice-chancelier de Rhodes, Wilhelm Gaorsan Gallo, parle aussi de cet événement. Les chevaliers de Rhodes, ayant établi leur base sur l'île de Malte, au milieu de la Méditerranée, y transférèrent la sainte relique qu'ils avaient reçue.

Lorsque le Tsar Paul I de Russie (1796-1801) devint Grand Maître de l'Ordre de Malte en l'honneur du saint prophète Jean, la main droite du Baptiste, une parcelle de la Vraie Croix et l'Icône Philermos de la Mère de Dieu ("Филермская", 12 octobre, provenant du Mont Philermos, île de Rhodes) furent transférées en 1799 de Malte jusqu'en Russie, du fait de la menace que Napoléon représentait. Elles furent déposées dans la chapelle à Gatchina. Cette même année, les objets sacrés furent transférés dans une église dédiée à l'Icône du Sauveur "non-faite de main d'homme," au Palais d'Hiver. Un Office spécial fut composé pour cette Fête.


En ce qui concerne l'Église Orthodoxe de Russie, en plus de la Synaxe de ce jour, elle célèbre aussi les jours suivants la mémoire du saint Précurseur Jean le Baptiste : 23 septembre, sa conception; 24 juin, sa nativité; 29 août, son martyre; 24 février, la première et seconde découverte de son chef; 25 mai, la 3ème découverte de son chef; 12 octobre, le transfert de sa main droite de Malte à Gatchina en 1799.

Page d'Icônes de "Иоанн Предтеча" (saint Jean le Baptiste), en russe :
http://days.pravoslavie.ru/Images/li1722.htm

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