"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes.
Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)
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14 février 2017
Saint Valentin (tropaire, icône, liens)
Tropaire de saint Valentin de Rome
Tu es devenu tel les Apôtres en leurs terres, un successeur sur leur trône, trouvant en effet l'échelle spirituelle, O divinement inspiré. Dès lors, tu t'es mis à la suite du Verbe de Dieu par une vie de droiture, et a lutté pour la Foi jusqu'au sang. O martyr parmi les prêtres, saint Valentin, intercède auprès du Christ notre Dieu afin qu'Il sauve nos âmes.
Thou has become like the Apostles in their states, a successor to their throne, finding indeed the intelligential ladder, O thou God-inspired. Therefore, thou hast followed the Word of God in righteousness, and striven unto blood for the Faith. O martyr among priests, saint Valentine, intercede with Christ our God to save our souls.
Quelques ressources :
en français :
http://stmaterne.blogspot.com/2010/02/saint-valentin-pretre-orthodoxe-martyr.html
http://stmaterne.blogspot.com/2013/02/saint-valentin-lorthodoxe-john.html
en russe :
http://www.pravmir.ru/den-svyatogo-valentina-imeniny-bez-imeninnika/
en anglais :
http://sthermans.ca/saints-life-of-valentine.asp
et en grec :
http://istologio.org/?p=1408
http://web.archive.org/web/20120221022443/http://www.emprosnet.gr/Current/?EntityID=1f85f67e-b818-407c-bc2b-14892423475f
http://web.archive.org/web/20120221022501/http://www.emprosnet.gr/Current/?EntityID=5c6319a7-a0fd-4425-8f0a-d7e67f9aa3ed
13 février 2016
Fêter la Saint Valentin...
Les roses sont rouges, les violettes sont bleues..
J'ai été battu avec des batons, décapité, enterré dans les ténèbres, déterré par mes fidèles, et vous commémorez mon martyre en vous envoyant les uns les autres des pralines / chocolats...
J'ai été battu avec des batons, décapité, enterré dans les ténèbres, déterré par mes fidèles, et vous commémorez mon martyre en vous envoyant les uns les autres des pralines / chocolats...
14 avril 2014
Avoir peur d'aimer, ou comment passer à côté d'une vie de couple (p. Tryphon, EORHF)
Celui qui n'aime pas est déjà mort.
Il y en a qui ont peur de s'engager par crainte de perdre. Ils craignent que l'autre aille soit les abandonner, ou être perdus dans l'amour, alors ils restent éloignés de toute relation possible. Certains arborent la façade de l'indifférence, par peur du rejet, se privant eux-mêmes d'un bonheur possible. De crainte d'une perte possible, ils deviennent d'absolus perdants, car le bonheur qui vient dans une relation engagée, il leur échappe. S'ils ne s'aiment pas mutuellement, ils n'ont pas besoin de craindre de perdre cet amour. Certains, ayant perdu l'être aimé, craignant de revivre pareille perte, s'interdisent de recommencer à s'engager. Trouvant plus sûr de se garder à distance d'autrui, en agissant de la sorte, ils pensent qu'ils ne souffriront pas de nouvelle perte.
Lorsque vous refusez d'être vulnérable en vous donnant dans une relation engagée, vous vous privez d'un des aspects les plus fondamentaux de ce que signifie être humain. Lorsque vous avez peur de perdre, vous êtes sous pression pour mener une vie de courage, car c'est en vivant avec courage que nous sommes capables de pleinement participer à la vie, et de devenir pleinement humains.
S'affliger de la perte d'une relation, que ça soit suite à un décès ou à une rupture, est aussi important que la maturation de notre coeur, ou que d'avoir une relation à long terme, car en nous en affligeant, nous nous rendons capables de rester en relation avec autrui, et de rester le coeur ouvert à ce que Dieu a pour nous. Si la peur de la perte nous paralyse, nous pourrions ne pas être à même de risquer avoir quelque chose qui compte vraiment pour nous, car en évacuant ainsi le courage, nous nous privons de la sensibilité et de l'intimité qui nous aide à ouvrir notre coeur à tout ce que Dieu a prévu pour nous.
S'affliger, c'est la manière dont on peut guérir d'une perte, et suite à cela, être ouvert aux relations qui peuvent rendre votre vie plus complète, et plus accomplie. Nombre de gens ne se permettent pas de s'affliger, dès lors ils se privent de relations qui peuvent mener à la croissance spirituelle qui ne vient que par les pertes subies. Vous devenez plus fort si vous vous permettez de vous affliger lorsque vous avez expérimenté une perte, car s'affliger est une des plus fondamentaux dons de vie. C'est la manière dont le coeur peut se guérir d'une perte, et recommencer à aimer, et grandir en sagesse. Si nous refusons d'aimer quelqu'un d'autre, par peur de perdre cette personne, nous restons fermés non seulement aux autres, mais aussi à Dieu. "Celui qui n’aime pas demeure dans la mort" (1 Jn 3,14).
Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon
14 février 2013
Saint Valentin l'Orthodoxe (John Sanidopoulos)
http://www.johnsanidopoulos.com/2011/02/orthodox-saint-valentine.html
L'ancien martyrologe de l'Eglise de Rome indique au 14 février la mémoire du "martyr Valentin, prêtre de Rome" (Valentinus signifiant "vigoureux" en latin). Hélas, les informations historiques le concernant sont incomplètes.
Le martyre du saint à Rome
Saint Valentin vécu à Rome au 3ème siècle, c'était un prêtre qui aidait les martyrs durant la persécution de l'empereur Claude II le Goth. Tant la grande vertu que les activités catéchétiques du saint étaient devenues notoires. C'est pour cela qu'il fut arrêté et traîné devant la court impériale.
L'empereur lui demanda "Pourquoi donc, Valentin, veux-tu être un ami de nos ennemis, et rejette-tu notre amitié?"
Le saint répondit "Mon seigneur, si tu savais le don de Dieu, tu serais heureux avec ton empire, et tu rejetterais l'adoration des idoles, et tu adorerais le vrai Dieu et Son Fils Jésus-Christ."
Un des juges interrompit le saint et lui demanda ce qu'il pensait de Jupiter et Mercure, et Valentin répondit avec audace "ce sont des misérables, ils ont passé leurs vies dans la corruption et le crime!"
Le juge hurla "il blasphème contre les dieux et contre l'empire!"
Cependant, l'empereur continua à lui poser des questions, trouvant là une opportunité intéressante pour en savoir plus sur ce que croyaient les Chrétiens. Valentin trouva alors le courage de l'exhorter à se repentir du sang des Chrétiens qu'il avait répandu. "Crois en Jésus-Christ, reçoit le Baptême et tu sera sauvé, et alors la gloire de ton empire sera assurée, de même que le triomphe de ta lignée.
Claude commença à se laisser convaincre et dit aux autres "quel bel enseignement cet homme prêche."
Mais le gouverneur de Rome, mécontent, s'écria "voyez comment ce Chrétien dévoie notre empereur."
Alors Claudius fit déferrer le saint à un autre juge, appelé Asterios. Ce dernier avait une petite fille aveugle depuis 2 ans. Entendant dire que Jésus-Christ était la Lumière du monde, il demanda à Valentin s'il pourrait donner cette lumière à sa fille. Valentin imposa sa main sur les yeux de l'enfant et pria : "Seigneur Jésus-Christ, vraie Lumière, illumine cette enfant aveugle." Grand miracle! L'enfant vit aussitôt! Le juge et sa famille confessèrent alors Jésus-Christ. Ayant jeûné 3 jours, il détruisit les idoles présentes dans sa maison et reçu le saint Baptême.
Apprenant cela, au départ l'empereur ne voulut pas les punir, puis pensant qu'au regard des citoyens de la ville il paraîtrait faible, il trahit son sentiment de justice. Dès lors saint Valentin et d'autres Chrétiens furent torturés, puis décapités, un 14 février de l'an 268 (ou 269).
Les reliques du saint à Athènes
Après le martyre, quelques Chrétiens récupérèrent le corps du saint et versèrent de son sang dans un flacon. Le corps du saint fut déplacé et enterré dans les catacombes de sainte Priscilla, lieu de sépulture de la plupart des martyrs d'alors. Le temps passant, il fut oublié car presque tous les jours on y enterrait de nouveaux martyrs, pendant des décennies. La mémoire du martyre de saint Valentin resta cependant forte, en particulier dans l'Église locale de Rome. Le pape de Rome saint Gélase établit officiellement sa fête en 496.
En 1815, par volonté divine de "déranger" le repos éternel du saint, les reliques furent données par le pape du vatican à un prêtre catholique-romain italien, selon la coutume d'alors. On les retrouve en 1907 à Mytilène, dans l'église catholique-romaine de Notre Dame. Apparemment, au décès du prêtre qui avait reçu les reliques,un de ses héritiers ayant reçu les reliques avait déménagé à Mytilène, où se trouvait alors une communauté de catholiques-romains occidentaux. Elles y restèrent jusqu'en 1990, puis elles furent transférées à Athènes dans l'église catholique-romaine de la communauté italienne (Franciscus et Clara) où elles sont encore de nos jours.
Saint Valentin le Grec
Il est nécessaire de préciser qu'il n'existe pas d'information suffisante quant à l'origine nationale du saint. Cependant il y a quelques indices que le saint aurait été d'origine grecque. Par exemple, la plus ancienne représentation du saint porte l'inscription "O ΑΓΙΟC BAΛΕΝΤΙΝΟC", en grec donc, et elle se trouve dans l'église Notre Dame l'Ancienne (Santa Maria Antiqua), qui date du 6ème siècle et était l'église paroissiale des Grecs installés à Rome. Dans cette paroisse, on vénérait en particulier les saints d'origine grecque ou orientale. La décoration et la rénovation de l'église a été ordonnée par le pape d'origine grecque Jean VII (705-707) et ses successeurs, dont le dernier pape d'origine grecque, Zacharias (741-752). Ce n'est donc peut-être pas une coïncidence si 17 siècles plus tard, les reliques ont abouti en Grèce.
Saint Valentin, patron des amoureuxEn dehors des informations historiques que nous avons de la vie de saint Valentin, il existe diverses légendes, comme celle qui fait de lui le saint patron des amoureux :
Le saint avait une réputation de pacificateur, et un jour qu'il cultivait des roses dans son jardin, il entendit un couple se disputer fortement. Choqué, il coupa une rose et approcha du couple en leur demandant leur attention. Bien qu'ils étaient en colère, ils l'écoutèrent, et ensuite il leur offrit la rose qui les bénit. Aussitôt l'amour revint entre eux, et par la suite, ils vinrent retrouver le saint et lui demandèrent de bénir leur mariage.
Un autre récit dit qu'une accusations contre Valentin était qu'il ne se soumettait pas à l'ordre de l'empereur, selon lequel les hommes qui n'avaient pas terminé leur service militaire n'étaient pas autorisés à se marier. Malgré cela, le saint aurait béni le mariage de jeunes soldats Chrétiens et leurs chéries.
A côté de cela, le choix probable de Valentin comme "saint des amoureux" serait associé à la fête païenne des Lupercalia, une célébration de la fertilité, célébrée par les Romains le 15 février. D'autres rattachent la célébration de cette fête avec la saison des amours des oiseaux à la même période. Cependant, le saint n'a strictement rien à voir avec le mercantilisme de fleurs, cadeaux et autres activités séculières qui trivialisent l'éros, ce grand don de Dieu.
Saint Valentin et l'Orthodoxie (*)
Cependant, beaucoup objectent que saint Valentin ne serait mentionné nulle part dans le calendrier de l'Église Orthodoxe. En effet, le 14 février dans notre calendrier, nous commémorons saints Auxentios, Maron, et les martyrs Nicolas et Damien. L'explication en est simple : à l'époque antique, les répertoires hagiographiques, les biographies et martyrologes étaient rédigés pour usage essentiellement local, et la célébrité et réputation locale d'un saint ne signifie pas qu'elle s'est aussi répandue dans toute l'Église. C'est ainsi qu'il peut y avoir des saints grandement vénérés dans une région et complètement ignorés dans une autre. Par exemple saint Dimitri est célèbre en Orient, et ignoré en Occident. Un autre exemple moderne, saint Chrysostome de Smyrne (1922), bien connu en Grèce, est totalement inconnu en Russie, ce qui ne signifie pas qu'il n'est pas saint.
Honorez les martyrs - imitez les martyrs!
Nous honorons nos saints et saint Valentin lorsque nous imitons leur courage pour proclamer leur foi en Christ notre Sauveur, même au prix de la vie. Nous les honorons lorsque nous les supplions d'intercéder auprès de Dieu afin qu'Il nous accorde miséricorde et nous pardonne nos innombrables péchés. Nous les honorons lorsqu'ils deviennent nos modèles de vie en Christ. Nous ne les honorons pas lorsque nous mesurons leur "valeur" en terme d'amusements mondains et autres activités douteuses... Honorez les martyrs - imitez les martyrs!
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note de traduction : le calendrier liturgique cité par John doit être un calendrier de la métropole grecque en Amérique, où peu voire pas de saints orthodoxes d'Occident sont mentionnés, ce qui correspond à sa remarque sur "saint Valentin et l'Orthodoxie" quant aux saints vénérés localement et inconnus ailleurs. Saint Valentin est présent dans le Synaxaire en Europe occidentale.
Concernant les Lupercales, une petite précision historique est nécessaire. Ce n'est pas une invention de l'Eglise que de redonner un sens nouveau à une journée ou occasion naturelle ancrée dans l'esprit populaire. Toutes les cultures ont fait cela. Les dirigeants voulant effacer le souvenir d'un prédécesseur qu'ils jalousent l'ont abondamment pratiqué. Saint Grégoire le Grand (+ 604) exposera la légitimité d'une telle pratique dès lors qu'elle poursuit un but pédagogique et spirituel.
A (re)lire aussi :
http://stmaterne.blogspot.com/2010/02/saint-valentin-pretre-orthodoxe-martyr.html
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Et le buzz du jour, la fête commerciale alors?
POTAMITIS PUBLISHING- Orthodox Christian Children's Books
Niko Dellas:
"Ce matin j'ai demandé à quelques enfants bien purs et innocents "savez-vous qui est cupidon?" Ils m'ont dit "oui, il tire des flêches et les gens tombent amoureux." Je leur ai alors demandé "de quelle couleur est cupidon" et ils m'ont dit "rouge". J'ai demandé "les anges sont rouges?" Non m'ont-ils dit. J'ai demandé "alors, qui est rouge?" Et ils ont répondu "les démons." J'ai continué "les anges tirent des flêches?" Et ils ont dit "non". Et ainsi, ils ont d'eux-même réalisé que ce n'était pas une fête chrétienne mais une illusion démoniaque, le faux amour qui règne en ce monde. Que le véritable saint Valentin et tous les saints nous guident nous et nos enfants à aimer la Vérité et uniquement la Vérité, que le Christ notre Dieu nous guide! AMIN"
14 février 2010
SAINT VALENTIN (prêtre Orthodoxe, martyr à Rome vers 270)

Valentin, prêtre de Rome, fut arrêté sous l'empereur Claude le Gothique, qui le fit charger de chaînes et mettre dans les entraves. Deux jours après son arrestation, il fut amené au tribunal de l'empereur et confessa ouvertement sa Foi. Remis entre les mains du préfet Calpurnius, il fut placé sous la garde d'un officier dont la fille adoptive était aveugle. Valentin guérit la jeune fille, convertit le père et toute la famille de l'officier. Apprenant tous ces détails, Claude ordonna que le prêtre Valentin fût frappé à coups de bâton, puis décapité. L'exécution eut lieu le 14 février, sur la voie Flaminienne.
Le corps de Valentin fut inhumé au lieu même du supplice, par une pieuse matrone nommée Sabinilla. Elle le déposa dans sa propriété. Au 4ième siècle, le pape de Rome, saint Jules 1er, bâtit une église en l'honneur de saint Valentin. Laquelle église fut restaurée au 7ième siècle, sous Honorius 1er (aujourd'hui à la "porta del Popolo"). Ce fut pendant longtemps le lieu d'un pèlerinage très fréquenté. Après la chute de l'Occident et la disparition de l'Orthodoxie locale, on l'abandonna au 13ième siècle le corps de Valentin ayant été transféré dans l'église Sainte-Praxède. Le nom de Valentin est célébré comme celui d'un illustre martyr dans le sacramentaire grégorien, dans les martyrologes de Bède et d'Usuard, lesquels calendriers appartiennent encore à la période Orthodoxe de l'Occident.
Un autre Valentin aurait été évêque et martyr à Terni vers 273. La tradition nous le présente comme ayant été évêque de Terni (Interamnae), dans l'Ombrie, dès l'année 203. Célèbre par ses vertus et ses miracles, il fut demandé à Rome par le philosophe Craton, dont le fils était atteint d'une maladie incurable. Ce Craton était païen. Valentin se rendit à son invitation, mais il expliqua à Craton que la guérison ne serait possible que si Craton se convertissait avec toute sa famille. Ce qu'il accepta. Valentin se mit en prière et le jeune homme fut subitement guéri.
A la suite de ce miracle, trois jeunes élèves du philosophe, originaires d'Athènes, se convertirent. Et il en fut de même du préfet de la ville, Abundius. Apprenant ces conversions, un autre préfet du nom de Placide fit décapiter Valentin. Les trois jeunes Athéniens transportèrent secrètement le corps du martyr à Terni et l'y ensevelirent avec honneur (vers 273). Valentin est honoré comme le principal patron de Terni.
Au 11ème siècle, le chef d'un de ces deux martyrs du nom de saint Valentin, fut apporté à l'abbaye bénédictine de Jumièges, au diocèse de Rouen. Baudry, évêque de Dol vers 1020, a fait le récit de cette translation et des miracles qui l'accompagnèrent.
Selon les jésuites Bollandistes du 16ème siècle, qui ont analysé les 2 récits, il y aurait bien deux martyrs du nom de Valentin au 3ème siècle. Valentin de Rome comme prêtre et Valentin de Terni comme évêque. Le corps du second a toujours reposé à Terni, celui du premier n'a jamais quitté Rome. Pour la coïncidence des dates, on peut l'expliquer en disant que la date du martyre de Valentin de Terni ayant été oubliée, on a uni son souvenir à celui de son homonyme de Rome, fêté traditionnellement le 14 février. Cette distinction, que favorise d'ailleurs le témoignage des anciens martyrologes, est établie aussi par l'étude du cimetière et de la basilique de Saint-Valentin à Terni. Les usages chrétiens aux premiers temps, autorisent à conclure que Valentin a donné son nom à la basilique parce que son corps y a été déposé. Le lieu de la sépulture devint bientôt un cimetière que M. De Hossi a décrit (Bullettino di archeologia, 1871); cet auteur estime que le cimetière remontait à l'époque de la persécution. Or on peut constater qu'il existait en même temps à Rome un cimetière et une basilique de Saint-Valentin, prêtre et martyr, où se trouvait son corps.
A cette date du 14 février, on a noté encore la mention d'un troisième Valentin, martyr d'Afrique, sur lequel on manque de détails.
Concernant la tradition populaire du patron des amoureux, au Moyen Age, une opinion naquit spécialement en Angleterre et en France qu'à cette date du 14 février, les oiseaux commençaient à s'accoupler. On en vint à dire que chaque Valentin choisissait alors sa Valentine. Dès lors, saint Valentin fut revendiqué comme patron des amoureux, fiancés, jeunes gens et jeunes filles à marier. Les uns adressaient aux autres des lettres tendres et moqueuses - et cela particulièrement en Angleterre.
Il est remarquable que ce soit un martyr qui soit devenu patron pour les amoureux. Car l'amour, le vrai, sera toujours un témoignage "contre le monde", parce que l'amour, le vrai, est trilogie, avec Jésus-Christ au centre. En ancien calendrier religieux local, post-schisme, mentionne aussi ceci : "En ce même jour, un autre saint Valentin, martyr romain dont le chef fut donné à Hamay en Belgique et le reste du corps à Armentières en Flandre. On invoquait saint Valentin, avec succès, contre les hernies".
N'oublions pas qu'il y a aussi le 25 janvier sainte Dwynwen, sainte patronne Orthodoxe des amoureux, qui elle ne vient pas du monde latin mais Celtique.

saint Valentin, enluminure
Missel Romain, vers 1370
Avignon, Bibliothèque municipale, ms 0136, folio 231

Extrait du "calendrier le Sablier 2004" - la personne qui s'occupe de la partie "sanctoral" a écrit le "livre des Saints Guérisseurs", en 5 volumes.
"Le registre paroissial de Roquemaure raconte comment une foule de 15.000 fidèles assista à la translation des reliques de Saint Valentin : "à chaque pas, des arcs de triomphe, des emblèmes des plus gracieux et des devises inscrites sur les oriflammes.. La châsse contenant les reliques et un corps en cire du saint, fut portée solenellement à l'église, dans le plus bel ordre et le plus grand receuillement. Le soir, la ville fut illuminée et l'évêque, lui-même, lança le grandiose feu d'artifice. On a vu le saint Valentin, représenté par le feu, entouré de lauriers, s'élever dans les cieux."

Calendrier des Bergers, anno 1493
De haut en bas :
Présentation au Temple, saint Denys, saint Valentin,
Angers, bibliothèque municipale, ms SA3390, folio 009v

Ce 14 février, en nouveau calendrier, nous fêtons aussi les 12 Grecs qui construisirent au 11ème siècle la Cathédrale de la Dormition à Kiev, alors capitale de la Rus'

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25 janvier 2007
25/1, fête Orthodoxe des amoureux: Sainte Dwynwen
saint Valentin, enluminureMissel Romain, vers 1370
Avignon, Bibliothèque municipale, ms 0136, folio 231
Si quelqu'un n'a jamais entendu parler de la "saint Valentin", mot utilisé même par les plus farouches athées dans ce malheureux Occident déchristianisé, c'est qu'il n'habite pas sur cette planète! Quel tapage commercial, quel vil mercantilisme, quelle avalanche d'arguments de boutiquiers pour "donner mauvaise conscience" à qui n'aura pas acheté "le truc qui convient" à sa chérie. Comme si l'amour était matériel, comme si l'amour pouvait s'acheter...
Mais d'où vient cette fête? Et pourquoi peu d'Orthodoxes s'y intéressent vraiment? Disons d'abord que le nom donné est celui d'authentiques saints, de l'époque où Rome était Orthodoxe, et phare de la foi pour le monde. Que ça remonte à loin, tout ça... Et disons que ces saints ont bien sûr leur place sur nos Autels, dans nos prières. Mais, opinion personnelle, peut-être que leur détournement par le commerce rend leur usage "délicat"?
Comment passe-t'on de la mémoire de saints (martyrs) Chrétiens à une "fête" où pour être considéré comme "vraiment amoureux" on "doit absolument" acheter un lecteur mp3 ou un décodeur télé numérique, fabriqués par des esclaves en Chine et vendus par des esclaves dans nos supermarchés? Par le paganisme.
Après le Schisme, puisque "certains" avaient chassé le Christ hors d'ici, les gens de chez nous ont bien sûr comblé le vide spirituel. C'est une constante historique mondiale. A ce que leur racontaient les nouveaux maîtres de nos régions, le Christ était dorénavant remplacé sur terre par un "vicaire", belliqueux gaillard avec lequel ils avaient aussi peu d'affinités que possible, comme l'Histoire nous le montre. Personnage chez qui ils pressentaient bien aussi peu d'affinités avec Dieu que possible, en fait de manière inversement proportionnelle à ses prétentions. A cause de cette théocratie humaine si violente, les divinités païennes ont retrouvé la place qu'elles avaient usurpées dans l'âme des gens - une guerre en cours depuis Adam et Eve. Une place qui avait coûté, au cours du premier millénaire, tant de sang de martyrs pour arriver à la nettoyer. Et c'est ainsi que la "religion naturelle" avait retrouvé "sa" place. "On" a tenté par la suite de redonner un vernis de "christianisme" (sécularisé) à ce fait accompli. Mais il suffit d'ouvrir le moindre magazine en ce mois de février pour voir ce que ce faux-semblant vaut en réalité. Des siècles d'échec total. Nul ne saurait remplacer le Christ, pas même se faire Son représentant. Aussi l'amour se retrouve à présent chez nous sous un bien sulfureux "patronage" commercial, et on s'étonne qu'il va si mal. Et si on revenait aux sources?
Aux grands maux, les grands remèdes : place à une de nos saintes qui s'occupe particulièrement des amoureux, sainte Dwynwen, une belle ascète du Pays de Galles!
Bien Orthodoxe et bien dans notre calendrier liturgique, les raisons de son "patronage" pour les amoureux ne sont pas liées à un culte païen - même si par la suite, même causes et mêmes effets, le paganisme et la superstition s'en mèlèrent, sans cependant, là-bas, grâce à l'éloignement, réussir à supplanter la sainte du Christ dans le coeur des gens. Bon à savoir. Pour les coeurs amoureux ou à marrier, on invoque aussi dans l'Église sainte Xénia de Saint-Petersbourg, sainte Catherine d'Alexandrie, sainte Barbara, etc.
Merci au hiéromoine Ambrose (ad multos annos, father!), de l'Archangel Michael community (EORHF, Wellington, Nouvelle Zélande) pour m'avoir permis de découvrir il y a 3 ans cette sainte Dwynwenn, si attachante, sainte qui fait partie de notre petit groupe de "célestes bien aimés" depuis lors.
Fête Orthodoxe des amoureux :
http://www.amdg.be/sankt/jan25.html
Apparemment, en Bretagne aussi, on parle encore de cette sainte Dwynwen, sainte patronne des amoureux "qui s'aiment et se moquent des regards obliques des marchands païens et malhonnêtes" :-)
"Hag anavezout a rit Santez Douenwenn maeronez an amourouzien?"
http://site.voila.fr/kalon.plouha/Bmojenn.htm
(tout en bas de page, mais je préviens que ne parlant pas le breton, je ne suis pas sûr de ce qu'on en dit.
Sainte Dwynwen de Llanddwyn
http://www.orthodox.clara.net/saint-cd.htm
Au départ, "Llan" désignait une clairière, ou une parcelle de terrain consacré, probablement avec une cellule monastique. Par la suite, "Llan" signifia "église", et la partie qui suit dans le nom est habituellement celle du saint à qui l'église a été dédicacée :
Llanfichangel - d'après Mihangel - Michel l'Archange
Llanbedr - d'après Pedr - Pierre
De tels noms de lieux sont devenus fort nombreux, et par la suite, ils ont été rajoutés à certaines circonscriptions territoriales, comme par exemple Llangefni, qui signifie l'église sur la rivière Cefni.
L'île de Llanddwyn, dans le nord du Pays de Galles, est en principe une péninsule coupée occasionnellement de l'île d'Anglesey lors de la marée haute en certaines périodes de l'année. On y accède à pied par les dunes de Newborough Warren ou en suivant la plage de "Llanddwyn beach" qui fait un kilomètre de long. Par temps clair, la chaîne montagneuse de Snowdonia sur la terre ferme est clairement visible à travers le détroit. L'île forme une partie de la réserve National Nature. Les fleurs sauvages, les oiseaux de mer et les phoques y vivent alentour. On trouve de rares et antiques races de moutons, les Soay et les Jacob, qui paissent dans un enclos.
Le vieux phare date de 1926, et une station de sauvetage maritime y existait aussi, mais à présent sont tous 2 abandonnés. Les maisons des pilotes s'y trouvent encore, et une a été reconstituée pour montrer comment on y vivait en 1900. Un autre "cottage" comporte une exposition sur la vie sauvage que l'on trouve sur l'île, et cette exposition comporte aussi une partie sur "Dwyn la Pure."
Sainte Dwynwen était une des jolies 24 filles de Brychan, un prince du 5ème siècle, et sa chapelle devint un lieu de pèlerinage populaire après sa mort, en 465. On peut encore voir les ruines d'une église de l'époque Tudor qui a été construite sur l'emplacement du prieuré original. La croix celtique sur l'île, d'époque moderne, commémore tous ceux qui sont enterrés dans les environs. La croix latine est dédicacée à sainte Dwynwen, qui y a fondé un couvent.
Dwynwen est la sainte patronne galloise des amoureux. Les amoureux à la tête dans les étoiles venaient chercher à découvrir leur avenir en regardant le mouvement d'une anguille dans la source d'eau courante de l'île. Diwrnod Santes Dwynwen – Jour de la Sainte Dwynwen, le 25 janvier, est bien ancré dans la tradition et le folklore gallois. Chaque année, des festivités marquent ce jour au Pays de Galles.
C'est un lieu de pèlerinage pour moi, depuis près de 50 ans; un lieu très spécial de paix et de prière. Il n'est pas accessible en voiture (à moins que vous ne soyez le propriétaire d'une 4x4) et dès lors, il continue de rester complètement préservé. Vous n'y trouverez ni toilette ni café. On peut se balader sur les chemins de falaise, visiter la source de sainte Dwynwen au nord de l'île, ou se reposer sur une des nombreuses plages de sable au milieu de promontoires rocheux, observant les phoques, et écoutant aux chants de la nature. Je rend grâce à Dieu pour de tels endroits que l'on peut trouver loin de la vie bruyante et trépidante de cette époque automatisée.
Prêtre Gregory, patriarcat Grec-Orthodoxe d'Antioche, doyenné de Grande-Bretagne
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