"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

Affichage des articles dont le libellé est apocalypse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est apocalypse. Afficher tous les articles

31 octobre 2013

Pourquoi p. Porphyrios ne "prophétisait" pas et le déconseillait au p. Païssios? (p. George Kaufsokalyvites)

(p. George Kaufsokalyvites est de la sainte kalyva de Zoodochos Pege, du saint skete de Kaufsokalyvia sur le Mont Athos)


En une époque où toujours plus de gens ressentent le besoin, du fait de la profonde crise affectant l'humanité, de s'intéresser aux événements eschatologiques tels que décrits dans l'Apocalypse de saint Jean le Théologien, de même qu'aux choses révélées par la grâce de Dieu aux prophètes, Pères de l'Église et saints anciens contemporains tels que le p. Païssios, nous devons particulièrement en revenir au point de vue de l'ancien Porphyrios, et tenter de comprendre pourquoi un si grand saint de notre temps, bien que connaissant avec précision et détail tout ce que nous vivons et d'où les choses viennent, évitait de parler de ces choses.

Ce qui doit particulièrement nous interpeller, c'est que l'ancien n'a absolument pas évoqué ce qui allait arriver, mais n'a révélé que ce qui était strictement nécessaire de savoir pour certaines personnes.

Le coeur de la pensée du père Porphyrios, c'était que les gens devaient consolider et grandir dans l'amour envers leur Créateur, non pas par crainte des choses à venir, mais par une relation désintéressée, comme le fait un père plein d'affection envers son enfant.

Cela vu l'unité qui était le plus grand héritage du Christ pour Ses Apôtres, qui peut être assurée lorsque l'enfant est uni à son Père premièrement par l'amour et non pas par la crainte.

L'ancien Porphyrios comparait fort justement l'époque que nous vivons avec les années ayant précédé de peu la venue de Jésus.

Qu'est-ce qui existait alors? Une "paix" romaine dans la puissance et l'idolâtrie, et une prêtrise aliénée par la passion pour le pouvoir, et elle était hypocrite sans apporter le moindre bénéfice, mais au contraire éloignait les gens de Dieu. Et pour finir, il y avait une petite quantité de gens purs et bons.

Tout cela décrit en détail ce qui se passe de nos jours, et la répétition de ceci à notre époque devrait probablement fortement nous troubler.

Avant la venue du Christ, il y avait des prophéties parlant de cet Avènement, de même que des avertissements et appels à la repentance pour le peuple de Dieu, comme dans le cas de Jonas et Ninive.

Cependant, ces prophéties étaient envoyées par Dieu pour ces quelques personnes bonnes et pures de chaque époque, comme je l'ai dit, parce qu'elles étaient bienveillantes pour recevoir le message et savaient qu'en faire.

L'ancien Porphyrios agissait avec cela à l'esprit, appelant les gens à aller vers le Christ par amour et non pas par crainte de terribles événements.

Il savait mais ne disait pas. Il parlait laconiquement et de manière cryptée, comprenant qu'en notre époque il y avait un énorme fosé entre la spiritualité des hommes sur le Mont Athos et le monde extérieur.

C'est pour cela qu'il envoya un homme avertir l'ancien Païssios et lui demander de ne plus parler de l'antichrist, du marquage au front, des guerres imminentes, etc.

Non pas parce que ce qui avait été révélé à l'ancien Païssios par divine illumination était mauvais, mais parce que le niveau spirituel du monde était à un si bas niveau que la crainte n'avait plus d'effet pratique, et que la seule approche nécessaire était l'amour pour le Christ.

Car si l'homme aimait Dieu, alors Dieu, au changement de l'humanité, changerait l'histoire. La même chose s'est produite avec la destruction imminente de Ninive.

Ce même Ancien Porphyrios, durant ses derniers jours, insistait sur la dégradation morale et la misère dans laquelle nous nous trouvions en tant que peuple, et il insista que ses enfants spirituels aillent lire ce verset de l'Ancien Testament qui dit "Tu as un manteau, tu seras notre chef" (Is. 3,6).

Alors nous a été clairement décrite l'actuelle situation. Les mêmes situations que le "vieil Israël" avec le "nouvel Israël" et les mêmes symptômes.

Le "vieil Israël" perdit son unité avec Dieu et le "nouvel Israël" perdit exactement son chemin d'unité avec le Christ.

C'était le grand combat de l'Ancien et il le servit littéralement jusqu'à son dernier souffle.

La "prière sacerdotale" du Christ, "afin que tous soient un" (Jn 17,21), était celle que l'Ancien a servie aussi longtemps qu'il a vécu, et il s'est endormit avec elle sur ses lèvres. Parce qu'il savait que lorsque l'humanité est assurée par l'unité avec le Christ, alors elle ne craindrait ni guerres ni l'antéchrist.

Par contraste, aujourd'hui nous allons vers le mal et nous examinions ces choses à venir comme un mal inévitable. Nous perdons ainsi notre être même.

Les guerres, les calamités et événements durs à venir sont l'ultime remède à l'apostasie humaine, c'est pourquoi l'ancien Porphyrios disait "L'Apocalypse a été écrite afin qu'elle n'arrive pas."

L'Apocalypse a pour but d'alerter, et la manière de l'éviter c'est de servir à l'unité que le Christ nous a laissée comme héritage.

C'est le traitement thérapeutique du malade, parce que si la maladie progresse, les événements de l'Apocalypse seront l'amputation réalisée par le chirurgien lorsque la gangrène s'est installée.

L'ancien disait "Notre époque est semblable à celle du Christ. En ce temps-là, le monde était dans un état terrible. Mais Dieu nous a épargnés. Et à présent, nous ne devons pas désespérer. Je vois à travers la calamité apparaître une importante personne de Dieu, qui va rallier et unir le monde pour de bon."

C'est une des rares occasions où l'Ancien parla à propos de ce que nous vivons et de ce qui arrive. Il insistait que la justice de Dieu n'est pas statique, et que notre situation est misérable.

Mais il voyait que la miséricorde de Dieu reviendra à nouveau visiter l'humanité. L'ancien Païssios dit la même chose lorsque des visiteurs l'approchèrent avec une évidente angoisse à propos des événements à venir et qu'on lui demanda quand la colère de Dieu surviendrait. Il répondit "Nous devons demander que Sa miséricorde vienne, pas Sa colère."

C'est ça dont l'humanité a besoin, et c'est ainsi que nous devons aborder ce dont le saint nous a parlé. Ce qui a été prophétisé à notre époque est pour ces quelques uns qui, comme peu avant la venue du Christ, ont la bonne volonté pour oeuvrer à leur unité en Christ.

Les tabloïds, la presse étrangère, les médias en ligne, s'intéressent systématiquement à ce que l'ancien Païssios et d'autres pères spirituels contemporains ont dit. Je ne sais pas s'ils font ça dans un but de publicité, de vente, etc. Mais nous devons y réfléchi. Nous devons réfléchir à tout ce qui se cache derrière tout ça.

En 2009, alors que nous visitions la Russie, en quête d'un éditeur pour les lettres du 1er dirigeant de Grèce, Ioannis Kapodistrias, nous avons rencontré des dirigeants de haut rang de la Fédération de Russie. C'est avec surprise qu'on m'a adressé une question qui est en rapport avec tout ce que je viens de dire :

Il me demanda :

"Père Georges, les pères du Mont Athos disent qu'il y aura une guerre entre la Russie et la Turquie pour Constantinople. Qu'en dites-vous?"

Je lui ai répondu de but en blanc, d'une manière que je crois que l'ancien Porphyrios aurait répondu :

"Saint Cosmas d'Étolie, qui est un grand saint de l'Orthodoxie, a dit : 'Ils essayerons de résoudre ça par le stylo, mais ça n'ira pas. Ils le feront 99 fois par la guerre, et une seule fois par le stylo.' Cependant, nous, nous sommes du côté du stylo," j'ai rajouté.

Je crois que les Grecs ont reçu une bénédiction pour se voir envoyer par Dieu une personnalité révélatrice telle que l'ancien Porphyrios, afin de nous montrer la voie et le chemin pour éviter les calamités et les épreuves.

C'est à nous qu'il revient de gérer l'héritage qui nous a été laissé, et non pas à attendre que le navire heurte l'iceberg.

Si chacun d'entre nous agit isolément, et coupé du Christ, il est certain que nous dirons ce que le saint ancien disait : "Cependant, selon le plan de Dieu, il peut venir; et venir afin que les gens prennent conscience, et se rendent compte du chaos immense devant eux, et disent 'Aaah, nous sombrons dans le chaos, nous sommes perdus. Faisons marche-arrière, tous, vite changeons de route, nous avons été trompés.' Et ils reviendront à nouveau sur le chemin de Dieu, et la Foi Orthodoxe brillera."

Les derniers jours de l'ancien Porphyrios étaient les plus révélateurs pour ses enfants spirituels et pour toute l'humanité. L'ancien nous avait rassemblés dans sa cellule à Kaufsokalyvia et nous a dit "Je n'aime pas prophétiser, mais je vais vous donner une prophétie."

L'ancien nous a raconté tout ce qui allait se passer en Grèce, et quel futur il y aurait. C'était révéler le futur de la Grèce. Et tout cela a commencé à présent à se réaliser. Aujourd'hui, nous vivons tout ce qu'il nous a prédit, et tout se met en place avec exactitude.

La plus grande révélation de Dieu était la dernière nuit de sa vie, lorsque pendant une demi-heure, il pria la "prière sacerdotale" de Jésus : "Que tous soient un."

Le même Saint Esprit pria au sein de l'ancien Porphyrios pour l'unité en Christ de tous les Chrétiens et pour toute l'humanité, de sorte que les souffrances de l'Apocalypse ne surviennent pas.

Cette prière est le plus grand héritage du Christ pour l'humanité. Puisse l'unité de l'humanité avec Dieu se concrétiser.

Cet héritage, aujourd'hui, 21 ans après le repos de l'ancien Porphyrios, reste vivant et est dépeint sur une icône, la Panagia "afin que tous soient un" Patriotissa, une icône prophétique et eschatologique, que toute la Chrétienté connaît.

Nous autres, ses enfants, nous servons cet héritage, et nous y avons nos espoirs.



source:
http://www.romfea.gr/arthra-apopseis/14807-2012-12-10-10-31-49

21 mars 2013

Le Christ à la porte de notre âme (p. Lev, Ap 3, 20)


"Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi ” (Ap 3, 20). Ainsi parle le Seigneur à l'Eglise de Laodicée. Ces paroles ne se rapportent pas à un épisode historique déterminé. Elles expriment une expérience qui peut être d'hier ou d'aujourd'hui, ou de demain, un appel qui sans cesse retentit à mon coeur comme à mon oreille et me bouleverse.

“ Je me tiens à la porte ”. Je l'ai vu venir. Il marchait rapidement. Je savais ou plutôt je sentais qu'il venait vers ma maison, et je me suis retiré en hâte de la fenêtre, pour qu'il ne m'aperçût pas. Car je n’étais pas sûr que je lui ouvrirais Ses visites produisent sur moi une impression double, contradictoire. Nous nous connaissons depuis bien longtemps. Il y eut des temps où nous étions intimes. Puis nos rapports se sont espacés. D'une part je me sentais honoré et heureux de l'avoir chez moi, d'autre part, je me sentais souvent gêné. Il me posait des questions personnelles, assez abruptes, qui agissaient sur moi comme des brûlures. Je tâchais de détourner l’entretien vers le domaine des idées et des doctrines. Mais toujours il me ramenait vers les choses intimes dont je craignais de parler. Plusieurs fois il est venu et au lieu d’ouvrir, je me suis caché non sans honte, non sans remords.

Voici que maintenant il est arrivé à ma porte. Non pas à la porte principale de ma maison. Il se tient en ce moment devant une porte de derrière, plus petite. Au début de notre intimité, quand je ne voulais pas avoir de secret pour lui, je l'avais prié de venir toujours par cette porte de derrière, laissant la grande porte étrangers, aux visites de cérémonie. Puis je me suis mis à éprouver un malaise devant l'usage qu'il de cette porte réservée. Entrant par derrière, il était à même de voir ou même de traverser des pièces familières, mal tenues. Il semblait prendre un intérêt à ma salle à manger, à ma cuisine, à ma chambre à coucher. Le désordre et la poussière ne lui échappaient pas. Il y fit même des allusions à la fois discrètes et directes. Je répondis évasivement: "Oh! C'est difficile... je n'arrive pas..." Il me dit alors: "Et si nous essayions ensemble tous deux?" Mais j'avais peur.

Je craignais qu'il découvrît à quel point certaines choses n’étaient pas ce qu'elles devraient être. J’ajournai, je prétextai des occupations urgentes. Afin de couper court, je condamnai la porte de derrière. Je le fis désormais entrer par la porte de façade. Je le reçus au salon. Ses visites devinrent, de ce fait, de plus en plus froides et formelles, et de plus en plus rares.

Il est donc arrivé à la porte de derrière. Elle est close. Depuis que “ sa ” porte a été condamnée, une végétation sauvage commence à la recouvrir. Le lierre croît. Au pied de la porte poussent des herbes folles et même des plantes toxiques, des tiges de belladone et de ciguë. La serrure est toute rouillée. Il s'est donc arrêté devant sa porte et il la regarde. Va-t-il frapper? Veut-il donc entrer par cette porte? et montrer ainsi qu'il désire renouer les relations intimes d'autrefois? Mais voilà qu’il frappe! Vais-je ouvrir? Rien n'est prêt pour le recevoir. Un désordre inouï s'étale partout. Et où est la clé cette porte? Il frappe encore. Je l'observe de loin. Il frappe doucement. Il ne donne pas de coup de poing.Il heurte seulement la porte avec le doigt majeur. Je remarque que son regard n'est pas dirigé directement en face, vers la porte. Tout en frappant il regarde par le côté et en haut, vers le ciel. Son expression est grave, impatiente. Il semble se concentrer, non sur la réponse que je ferai, mais sur la grâce que le Père peut accorder, sur la décision que le Père peut inspirer.

Il frappe toujours. "Je me tiens à la porte et je frappe... ” Le verbe est au présent. Il s'agit d'une action répétée, continue. Que faire? Je ne puis pas vivre sans sa présence. Si j'ouvre, va-t-il m'adresser des reproches ? Essaierai-je de m'excuser?

Je ne puis ouvrir que si je me rends à lui sans condition.. Alors il n'y aura plus de problème... Allons. Je vais, vers la porte. J'ouvre cette porte qui grince et que retiennent les plantes parasites. Je m'efface: “ Seigneur, entre; Seigneur, tu sais..." J'allais dire "tu sais que malgré tout, je t'aime". Mais je n'ose continuer la phrase, et un sanglot étrangle ma voix. Lui me regarde avec un sourire calme. Il dit: "Je sais, je vais souper avec toi". Je m’écrie: “ Seigneur, je n'ai pas préparé de repas. Je n'ai rien de ce qu’il faut..." Il répond: "C'est moi qui t'invite à mon souper; je veux, chez toi, célébrer ma Cène".

Un moine de l’Eglise d’Orient


01 mars 2008

Samedis des (âmes des) défunts – psychosabbaton

Épitre: 1 Thes 4,13-17
Au sujet des morts, nous ne voulons pas frères, que vous soyez dans l'ignorance, afin que vous ne vous affligiez pas, comme le font les autres hommes, privés d'espérance. Si nous croyons que Jésus est mort et ressuscité, il nous faut croire aussi que Dieu emmènera avec Lui ceux qui sont morts en appartenant à Jésus. Voici ce que, d'après la Parole du Seigneur, nous vous déclarons: lors de l'avènement du Seigneur, nous, les vivants qui serons encore là, nous ne devancerons pas les morts. Au signal donné, à la voix d'un Archange, au son de la trompette de Dieu, le Seigneur Lui-même descendra du Ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront les premiers. Ensuite, nous, les vivants
qui serons encore là, nous serons enlevés ensemble avec eux sur les nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs. Ainsi, pour toujours, nous serons avec le Seigneur.

Évangile: saint Jean 5, 24-30
[Jésus rajoute] En vérité, en vérité Je vous le dis, celui qui écoute Ma parole et croit à Celui qui M'a envoyé, a la vie éternelle, et il échappe à la condamnation: il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité Je vous le dis, l'heure vient, et c'est maintenant, où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront écoutée vivront. Car, tout comme le Père dispose de la vie, ainsi a-t-Il donné au Fils d'en disposer aussi, et Il Lui a donné le pouvoir d'exercer le Jugement, parce qu'Il est le Fils de l'Homme. Ne vous étonnez pas si l'heure vient où tous ceux qui gisent dans la tombe en sortiront au son de Sa voix: ceux qui ont fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui ont fait le mal ressusciteront pour la damnation. De moi-même, Je ne puis rien faire: Je juge d'après ce que J'entends; et Mon Jugement est juste, parce que Je ne veux pas faire Ma volonté, mais la volonté de Celui qui M'a envoyé.

(Lecture ci-après adaptée de la page de l'archidiocèse grec-orthodoxe des Amériques)


Tropaire / Apolytikion des défunts, ton 4
Ô Toi seul Artisan, qui dans Ta profonde Sagesse et Ton Amour de l'homme, disposes de toutes choses, fais reposer les
âmes de Tes serviteurs, car en Toi ils ont mis leur espérance. Toi l'Auteur, le Seigneur, le Créateur, notre Dieu.

Kondakion des défunts, ton 4
Fais reposer avec les Saints, Ô Christ, l’âme de Ton serviteur, là où il n’y a ni douleur, ni tristesse, ni gémissement, mais une vie sans fin. Toi seul es immortel, Toi qui as créé et façonné l’homme. Mortels, nous avons été formés de la terre et à la terre nous retournerons, ainsi que Tu l’as ordonné, Toi qui as dit : Terre tu es, et à la terre tu retourneras. Transformons les sanglots funèbres en chant de louange : Alléluia, Alléluia, Alléluia!



Lecture (d'après les Synaxaires):
L'Église a reçu des saints Apôtres la coutume de prier pour les défunts, le 3ème, le 9ème et le 40ème jour après leur décès (Constitutions Apostoliques 8,42). En outre, chaque samedi est consacré à la mémoire des saints et des défunts, l'Église rendant grâces à Dieu pour les saints et le suppliant en faveur des défunts.
Depuis que beaucoup, à travers les siècles, à cause d'une mort imprévue dans un lieu éloigné, ou d'autres circonstances adverses, sont morts sans avoir bénéficié des offices de funérailles prévus, les saints Pères, poussés par leur amour pour l'humanité, ont décrété qu'une commémoration commune devrait être faite en ce jour, veille du Dimanche du Jugement Dernier, en faveur de tous les pieux Chrétiens Orthodoxes qui se sont endormis dans la mort au fil des temps, de sorte que ceux qui n'ont pas eu de funérailles particulières puisse être inclus dans cet Office commun. De plus, l'Église du Christ nous enseigne qu'il nous faut faire l'aumône aux pauvres en faveur des parents défunts, comme mémorial pour ces derniers.

Pourquoi le samedi et non pas comme en Occident n'importe quel jour tombant le 2 Novembre (*)? C'est parce que le samedi, ou sabbat en hébreu, est le jour du repos par excellence. Or nous confessons que les défunts attendent dans le repos le jour de la juste rétribution. Le Christ S'est reposé de toutes Ses oeuvres dans le Sépulcre le jour de Sabbat et c'est ce jour qu'annonçait l'Écriture en disant que le Seigneur S'est reposé le septième jour. Dimanche étant consacré au retour du Christ et au Jugement dernier, la sainte Église supplie Dieu en ce jour de samedi, pour tous les défunts et surtout pour ceux qui, nombreux, sont morts en mer, dans les terres lointaines, ont péri dans les cataclysmes, dans les cavernes et les antres de la terre et n'ont pas eu de service de funérailles. Tous les défunts attendent dans le repos provisoire le jour fixé où Dieu jugera le monde selon la justice, par l'homme qu'Il a désigné, ce dont Il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts" (Ac 17,31). Voir aussi Hébreux 11,39-40.

C'est ainsi que 4 fois l'année, le samedi qui précède le dimanche du Carnaval, de même que celui qui précède le dimanche des Laitages, également le premier samedi du Grand Carême et le samedi qui précède le dimanche de la Pentecôte, les saints Pères ont commandé de célébrer solennellement la mémoire des défunts.
Il y a encore une raison à la célébration en ce samedi-ci : la mémoire de tous les défunts rappelle en ce temps de Carême que la mort est commune à tous les hommes. C'est comme un appel à la pénitence, car comme le dit le saint Apôtre Pierre dans sa seconde épître: "Le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux et réserver les impies pour être punis au jour du Jugement" (2 Pierre 2,9).

*-*-*-*

(*) fête occidentale d'origine monastique, instaurée par saint Odilon de Cluny pour les monastères clunisiens, lieux où les défunts étaient déjà commémorés régulièrement. Ce n'est que très longtemps après le Schisme des Occidentaux, en 1915, que leur chef Benoît 15 repiquera cette commémoration pour la rendre obligatoire dans ses succursales, mais détachée de la théologie qui la fondait. Car pas plus que les pères de l'Occident Orthodoxe, saint Odilon ne connaissait de "lieu intermédiaire" tel ce fumeux "purgatoire," ces soi-disant "trésors de mérites" que les gens pourraient récolter en payant, etc.. il fallait le rappeler, car sur ce point aussi, il n'existe pas le moindre début de retour à la Foi chez les pontes vaticanistes, rien qui puisse les ramener dans la communion salutaire de l'Église, et leur rendre la grâce perdue...


funerailles


Prière pour les défunts
http://orthodoxwiki.org/Prayer



Les défunts sont commémorés par un Office spécial appelé "samedi des âmes," célébré 4 fois par an : les 2 samedis précédant le Grand Carême, le premier samedi du Grand Carême, et le samedi avant la Pentecôte. Les Orthodoxes croient qu'il est du devoir des vivants de se souvenir et de prier pour les défunts. Une prière générale est prononcée pour les personnes spécifiques, et pour toutes les âmes inconnues qui n'ont personne pour prier à leur mémoire. Les paroissiens apportent de petits plats de "kollyva" à l'église (plats de blé cuit mêlé à des épices, sucre, raisins, etc), et remettent une liste des prénoms de leurs bien-aimés défunts au prêtre.

kollyba, le gateau de commemoration des defunts chez les Orthodoxes byzantins


Homélie sur les défunts (saint Augustin d'Hippone)
"Les soins apportés à l'ensevelissement, le choix de la sépulture, l'apparat des obsèques sont plutôt une consolation pour les vivants qu'un profit pour les morts. Il ne faut cependant pas pour autant mépriser et abandonner les corps des défunts, surtout ceux des justes et des fidèles, dont l'esprit s'est servi saintement, comme d'organes et d'instruments pour toutes les bonnes oeuvres. Car si l'habit et l'anneau d'un père et les autres objets de ce genre sont d'autant plus chers aux descendants que leur amour filial est plus grand, on ne peut absolument pas dédaigner les corps eux-mêmes, unis à nous plus intimement et plus étroitement que n'importe quel vêtement. Ils ne font pas partie des ornements ou des instruments que nous nous ajoutons du dehors, mais de la nature même de l'homme. Aussi s'occupait-on avec une piété empressée des funérailles des justes d'autrefois, de la célébration de leurs obsèques, de la préparation de leur tombeau; et eux-mêmes, durant leur vie, avaient ordonné à leurs enfants d'ensevelir ou même de transférer leurs corps.
Témoigné aux défunts par des fidèles qui leur sont chers, un amour qui se souvient et qui prie est certainement profitable à ceux qui, durant leur vie corporelle, ont mérité que de telles choses leur soient utiles après cette vie. Mais si, par nécessité, il n'y a aucun moyen d'ensevelir les corps, ou de les inhumer dans les lieux saints, il ne faut pourtant pas oublier les supplications pour les âmes des morts. Pour tous ceux qui sont morts dans la communion Chrétienne, la sainte Église a pris sur elle de faire ces prières, même sans mention de noms particuliers, dans une commémoration générale, afin qu'à ceux qui n'ont pour cet office ni parents ni enfants ni proches ni amis, ce service soit rendu par la tendre Mère de tous. Mais si l'on omettait ces supplications d'une foi et d'une piété bien profondes, pour les défunts, je pense qu'il ne servirait de rien à leurs esprits d'avoir leurs cadavres ensevelis dans des lieux saints.
Cela étant, ne pensons pas atteindre les morts dont nous prenons soin, autrement que par les solennelles supplications des sacrifices de l'Autel, des prières ou des aumônes, bien qu'ils ne profitent pas à tous ceux pour qui on les fait, mais à ceux-là seuls qui en ont, durant leur vie, mérité le profit. Toutefois, comme nous ne les connaissons pas, il faut faire ces choses pour tous les Baptisés, afin que pas un de ceux que ces bienfaits peuvent et doivent atteindre, ne soit oublié. Ils seront superflus à ceux auxquels ils ne peuvent ni servir ni nuire; cela vaut mieux que s'ils faisaient défaut à ceux auxquels ils doivent profiter. On accomplit cependant ces choses avec plus d'empressement pour ses proches, afin de les obtenir des siens à son tour. Maintenant, tout ce que l'on consacre à l'inhumation du corps n'est pas une aide pour le Salut, mais un devoir d'humanité imposé par cet amour qui défend de détester sa propre chair. Aussi doit-on se soucier le plus possible de la chair de son proche, quand celui qui la portait est parti. Et si ceux qui ne croient pas à la résurrection de la chair agissent ainsi, combien plus doivent le faire ceux qui y croient : pour que ce devoir, rendu au corps qui est mort mais appelé à ressusciter et à demeurer dans l'éternité, soit comme un témoignage de cette foi."
extrait de "sur les devoirs envers les morts," ch. 2, 3, 4 et 18.



Saint Jean Chrysostome : Sur la mort du pécheur, le vrai deuil, les vrais sujets de larmes, les aumônes utile aux morts et les offrandes pour les défunts.
4. Comprendrez-vous enfin qu'il n'y a pas là un sujet de larmes? Ce mystère est la plus grande marque de la sagesse de Dieu. Comme on abandonne une maison, ainsi fait l'âme, pressée de se réunir à son Seigneur. Et vous êtes dans le deuil? Il fallait donc pleurer à la naissance de l'enfant, car la dernière naissance est bien plus heureuse. L'âme s'en va vers une autre Lumière; elle s'échappe comme d'une prison; elle retourne comme on revient, d'un combat. Sans doute, m'objectera-t-on, mais vous parlez des justes; et que t'importe, ô homme? auprès des justes éprouves-tu ce que je dis ? Eh bien, dites-moi, que peut-on reprocher à l'enfant, au petit enfant? Pourquoi votre deuil pour le nouveau baptisé, car, pour celui-ci encore, la condition est la même? Pourquoi donc votre deuil? Ne voyez-vous pas que c'est comme un pur soleil qui s'élève? Que l'âme pure, quittant son corps, est une lumière brillante? L'empereur, faisant son entrée dans la ville, ne mérite pas le silence de l'admiration autant que l'âme rejetant son corps pour s'en aller avec les Anges. Réfléchissons donc sur l'âme, sur le saisissement, sur l'admiration, sur la volupté qu'elle éprouve. Pourquoi votre deuil, encore une fois? Ne pleurez-vous donc que sur les pécheurs? Plût au Ciel qu'il en fût ainsi! Je ne l'empêcherai pas ce deuil-là; plût à Dieu que telle en fût la cause! De là les larmes apostoliques; de là les larmes du Seigneur. Jésus aussi, Jésus pleura sur Jérusalem. Je voudrais que ce fût à ce caractère qu'on reconnût le deuil. Mais lorsqu'aux exhortations qu'on vous adresse, vous n'opposez que des mots, l'habitude, les liaisons rompues, la protection qui vous est enlevée, vous ne parlez pas du vrai deuil, je ne vois là que des prétextes. Faites le deuil du pécheur, versez sur lui des larmes; et moi aussi, j'en verserai avec vous, j'en verserai plus que vous, d'autant qu'il est plus exposé aux châtiments, le pécheur; et moi aussi, je me lamenterai, et de mes lamentations je vous dis la cause, et ce n'est pas vous seulement qui devez pleurer le pécheur, mais la cité tout entière et tous ceux que vous rencontrez, comme vous pleurez sur les malheureux que l'on mène à la mort, car c'est la réalité, c'est une mort sinistre que celle des pécheurs. Mais toutes les idées sont confondues. Voilà le deuil que commande la sagesse, qui est un grand enseignement, l'autre n'est que faiblesse, pusillanimité. Si nous sentions tous le vrai deuil, nous corrigerions les vivants. Si l'on vous donnait des remèdes contre la mort qui frappe les corps, vous ne manqueriez pas d'y recourir; si vous saviez pleurer la mort du pécheur, vous l'empêcheriez, vous l'écarteriez, et de vous, et de lui.
Mais, ce que nous voyons c'est une énigme; nous pourrions empêcher cette mort, nous ne l'empêchons pas; et, quand elle arrive, nous nous livrons au deuil. O hommes, vraiment dignes d'être pleurés, quand ils se présenteront au tribunal du Christ, quelle parole entendront-ils, quel traitement leur faudra-t-Il subir? C'est en vain qu'ils ont vécu, ou plutôt non, ce n'est pas en vain, mais c'est pour leur malheur. Il convient de dire, en parlant d'eux : "Il eut mieux valu pour eux de ne pas être nés " (Marc 14, 21.) Car quelle utilité pour eux, répondez-moi, d'employer tant de temps pour assurer le malheur de leurs têtes? S'ils n'avaient fait que le perdre, la perte ne serait pas si grande. Répondez-moi : qu'un mercenaire dissipe 20 ans de sa vie en labeurs inutiles, ne le verrez-vous pas se lamenter et gémir? Ne paraîtra-t-il pas le plus misérable de tous les hommes? Eh bien, voici un pécheur qui a dissipé, sans profit, sa vie entière; il n'a pas vécu un seul jour pour lui; il a tout livré aux plaisirs, à la luxure, à la cupidité, au péché, au démon; ne devons-nous pas le pleurer? Répondez-moi. N'essaierons-nous pas de l'arracher à ses dangers? Car nous pouvons, oui, nous pouvons, nous n'avons qu'à le vouloir, alléger son châtiment. Prions pour lui sans cesse, faisons l'aumône. Quand ce pécheur serait indigne, Dieu nous exaucera. Si en faveur de Paul, Il a sauvé des pécheurs; si en faveur des uns Il fait grâce aux autres, pourquoi, par égard pour nous, ne le ferait-Il pas? Faites-vous des richesses de votre prochain, de vos propres richesses. des ressources de qui vous voudrez, un moyen de secours; versez l'huile goutte à goutte, ou plutôt épanchez l'eau en abondance. Un tel n'a pas les moyens de faire l'aumône? Qu'il puisse au moins avoir pour lui les aumônes de ses parents; il ne peut pas se prévaloir des aumônes qu'il a faites? Qu'il montre au moins les aumônes faites pour lui. C'est ainsi que l'épouse priera avec confiance dans l'intérêt de l'époux, présentant pour lui le prix qui le rachètera; et plus il a été pécheur, plus il a besoin de l'aumône. Et ce n'est pas là la seule raison c'est qu'il n'a plus maintenant la même force qu'autrefois, ou plutôt il a bien moins de pouvoir. Ce n'est pas la même chose pour le Salut de travailler pour soi ou de laisser travailler les autres. Ce dernier moyen étant par lui-même moins efficace, compensons du moins ce désavantage à force de zèle.
Ce n'est pas auprès des monuments, ce n'est pas auprès des sépulcres qu'il nous faut nous fatiguer; protégez les veuves, voilà le plus grand des devoirs à rendre aux morts. Prononcez un nom, et dites à toutes les veuves qui entendent ce nom, d'adresser à Dieu leurs prières, leurs supplications, voilà qui apaisera le Seigneur. Si Dieu ne regarde pas celui qui n'est plus, Il regardera celui qui fait l'aumône dans l'intention du mort; preuve touchante de la bonté de Dieu. Les veuves qui vous entourent, en versant des larmes, peuvent vous affranchir, non pas de la mort présente, mais de la mort à venir. Un grand nombre d'hommes ont été fortifiés par les aumônes des autres à leur intention. Supposez qu'ils n'aient pas été entièrement délivrés, ils ont du moins reçu quelque consolation; s'il n'en était pas ainsi, expliquez le Salut des petits enfants. Certes, d'eux-mêmes, ils ne font rien, leurs parents seuls font tous les frais; souvent des femmes ont reçu et conservé, comme présents du Seigneur, des enfants qui n'avaient rien fait pour être sauvés. Le Seigneur nous a donné, pour le Salut, des ressources nombreuses, c'est à nous de ne pas les négliger.
5. L'aumône, répondra-t-on, mais si l'on est pauvre? A mon tour je réponds : La valeur de l'aumône, ce n'est pas le don, mais l'intention. Donnez dans la mesure de vos ressources, et vous avez payé votre dette. Mais, m'objectera-t-on, un étranger qui est seul, qui ne connaît personne? Dites-moi, pourquoi ne connaît-il personne? Cela même est un châtiment de n'avoir pas un ami, de ne pas connaître un honnête homme. Si nous ne sommes pas, par nous-mêmes, en possession de la vertu, sachons au moins nous faire des amis vertueux, nous ménager une épouse, un fils qui ait la vertu en partage, afin que nous puissions, par eux, en recueillir quelque fruit, un fruit si mince qu'il soit, mais enfin que nous puissions recueillir. Procurez-vous, non pas une épouse riche, mais une épouse vertueuse, ce sera votre consolation. Appliquez-vous à donner à votre fils, non la fortune, mais la piété; à votre fille, la chasteté; ce sera, pour vous encore, une consolation. Si c'est à de tels biens que vous attachez votre coeur, et vous aussi, vous serez vertueux. C'est une partie de la vertu de savoir se ménager de tels amis, une telle épouse, de tels enfants.
Ce n'est pas en vain que l'on fait des offrandes pour ceux qui ne sont plus; ce n'est pas en vain qu'on fait pour eux des prières; ce n'est pas en vain qu'on distribue pour eux des aumônes. L'Esprit-Saint a disposé toutes ces pratiques, afin que nous puissions nous aider les uns les autres. Car, voyez ce qui arrive, vous portez secours à celui-là, et celui que vous avez aidé vous aide à son tour; vous avez, d'un instinct généreux, méprisé les richesses, et celui que vous avez sauvé vous enrichit des grâces de l'aumône. Ne mettez pas en doute le fruit qu'il vous sera donné de recueillir. Ce n'est pas en vain que le diacre vous crie : "Pour ceux qui sont morts dans le Christ et pour ceux qui gardent leur souvenir." Ce n'est pas le diacre qui fait entendre cette parole, c'est l'Esprit-Saint lui-même; et je vous annonce le don de l'Esprit. Que dites-vous? Dans les mains du prêtre est la sainte offrande, et tout est prêt; arrivent les Anges, les Archanges, arrive le Fils de Dieu; une sainte frayeur s'empare de tous; et, dans le silence universel, les diacres élèvent seuls la voix; et vous pensez que tout cela se fait en vain? Et tout le reste aussi se fait donc en vain, et les offrandes au nom de l'Église, et les offrandes au nom des prêtres, et les offrandes pour obtenir la plénitude. Loin de nous cette pensée! Mais tout s'accomplit avec Foi. Que signifient les offrandes au nom des martyrs, invoqués à cette heure solennelle? Quelle que soit la gloire des martyrs, même pour ces glorieux martyrs, c'est une grande gloire que leur nom soit prononcé en la présence du Seigneur, au moment où s'accomplit cette mort, ce sacrifice plein de tremblement, cet ineffable mystère. Lorsque l'empereur est présent, assis sur son trône, tout ce que l'on veut de lui on peut l'obtenir; une fois qu'il s'est levé, toutes les paroles sont inutiles; de même ici, au moment où s'accomplissent les mystères, c'est pour tous un honneur insigne d'obtenir un souvenir. Voyez, en effet, méditez; on annonce le mystère terrible, Dieu qui S'est livré Lui-même pour le monde; au moment où s'accomplit ce miracle, c'est avec un grand sentiment d'à propos que le prêtre évoque le souvenir de ceux qui ont péché. Quand les rois sont conduits en triomphe, alors on célèbre aussi tous ceux qui ont pris leur part de la victoire; en même temps on relâche les prisonniers, parce que c'est un jour de fête; la fête une fois passée, celui qui n'a rien obtenu, n'en recueille aucun fruit : il en est de même ici, dans ce triomphe du Seigneur. Car, dit l'Apôtre, "toutes les fois que vous mangez ce pain, vous annoncez la mort du Seigneur" (1 Cor. 11, 26.) C'est pourquoi ne nous approchons pas à la légère, et ne disons pas que ces choses se font au hasard. D'ailleurs si nous rappelons le souvenir des martyrs, c'est parce que nous croyons que le Seigneur n'est pas mort; et c'est un témoignage que la mort est morte, de voir que le Seigneur a passé par la mort. Pénétrés de cette vérité, considérons quelle magnifique consolation nous pouvons apporter à ceux qui ne sont plus; au lieu de nos larmes, au lieu de nos lamentations, au lieu de nos monuments, donnons-leur nos aumônes, nos prières, nos pieuses offrandes, afin de leur obtenir, d'obtenir pour nous-mêmes, les biens qui nous ont été promis, par la grâce et par la bonté du Fils unique de Dieu, à qui appartient, comme au Père, comme au Saint-Esprit, la gloire, la puissance, l'honneur, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Homélie sur Actes 21


Pourquoi les funérailles Orthodoxes sont-elles joyeuses?
[...] Ainsi, comme nous sommes remplis de joie, nous chantons des Psaumes en l'honneur des défunts, et ces Psaumes nous exhortent à avoir bon courage au sujet de la mort. En effet le Psalmiste nous dit : O mon âme, tourne-toi vers le lieu de ton repos, parce que le Seigneur t'a comblée de biens (Ps. 119,7.) Le voyez-vous? La mort est un bienfait et une cessation de travaux; car, une fois entré dans ce paisible Séjour, on se repose de ses oeuvres, comme Dieu S'est reposé des Siennes. [...]
saint Jean Chrysostome, extrait du ch. 3 de l'homélie sur les saintes martyres Bernice, Prosdoce et Domnine.


Mieux vaut mourir saint et loin des siens, que pécheur et chez soi!
[...] Il n'en est pas de même du juste : à son départ, il recueille une foule d'avantages; il est utile à tous les vivants par le souvenir de sa propre vertu, il les rend meilleurs. Les pécheurs au contraire sont encore punis par là. Car ce n'est pas seulement de leur vivant, mais jusqu'après leur mort, qu'ils nuisent à beaucoup de monde en laissant partout des exemples de leur avarice. A présent donc que vous êtes instruits sur ce point, cessez de plaindre ceux qui meurent à l'étranger, mais plaignez ceux qui meurent dans le péché; ne proclamez pas heureux ceux qui finissent leurs jours dans leur maison et dans leur lit, mais ceux qui les terminent dans la vertu; et nous-mêmes, cultivons la vertu et fuyons le vice. Car la première profite aux vivants et aux défunts; et le second nuit aux morts en 2 façons: en les couvrant de honte et en les conduisant aux châtiments éternels. Que Dieu donc, qui a daigné accorder à la sainte martyre qui nous a rassemblés ici en ce jour, la faveur de s'armer, de combattre, de vaincre, et d'être couronnée, nous juge tous dignes aussi, à notre dernier jour, de sortir de la vie présente fidèles à Ses Commandements et à Ses lois, et de pouvoir ainsi entrer dans les mêmes tabernacles que notre sainte, et y jouir des biens éternels: puissions-nous tous obtenir ce bonheur par la grâce et la miséricorde de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec lequel gloire au Père et au Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.
saint Jean Chrysostome, extrait du ch. 6 de l'homélie sur sainte Drosis


Pleurer un mort, oui.. s'il était pécheur..
[...] 4. Ainsi ne pleurons pas en général ceux qui meurent , et n'ayons non plus tant de joie pour ceux qui survivent. Que ferons-nous donc? Pleurons sur les pécheurs, soit qu'ils meurent, soit qu'ils vivent. Réjouissons-nous sur les justes, soit qu'ils vivent, soit qu'ils meurent. Les premiers sont déjà morts tout vifs; les autres, même moissonnés par la mort, vivent toujours. Les uns, même habitant ce monde, méritent la compassion de tous, puisqu'ils sont ennemis de Dieu; les autres, même après le départ sans retour, sont heureux : ils sont allés à Jésus-Christ. Les pécheurs, où qu'ils soient, dans ce monde ou dans l'autre, sont loin de leur Roi et par conséquent dignes de pitié. Mais les justes, ici-bas ou au Ciel, sont avec leur Souverain, et bien plus heureux encore là-haut, parce qu'il Le voient de plus près, non plus dans un reflet, non plus dans la foi, mais, Paul le dit, face à face.
Non, tous les morts ne doivent pas être pleurés; mais ceux-là seulement qui meurent dans leurs iniquités : à eux, nos lamentations, nos gémissements, nos larmes; car enfin, dites-moi, quelle espérance reste-t-il encore, quand on s'en va, chargé de péchés, vers ce lieu où il n'est plus possible de dépouiller le péché? Du moins, tant que dura leur séjour ici-bas, il restait une grande espérance : peut-être se convertiraient-ils? Ils pouvaient s'amender! Une fois partis pour l'Hadès, ils n'ont rien à attendre de la pénitence même. "Qui, ô mon Dieu," s'écriait le prophète, "qui Te glorifiera dans la tombe?" (Ps. 6, 6.) Comment ne pas pleurer ces misérables?
Pleurons donc ceux qui meurent ainsi, je ne vous le défends pas. Pleurons, non pas toutefois au mépris des bienséances, sans nous arracher les cheveux, sans nous dénuder les bras, sans nous déchirer le visage, sans revêtir de sombres livrées, mais en silence, mais avec les pleurs amers de notre âme. On peut bien pleurer avec amertume, sans se mettre dans tous ses états, sans en faire démonstration publique : car c'est vraiment enfantillage que la douleur de quelques personnes. Ces gémissements en pleines rues ne partent pas d'un vrai chagrin, mais c'est pure montre, ambition, vanité! Bien des femmes même en font métier! Pleurez avec amertume, gémissez dans votre demeure, sans témoin: ce sera une véritable compassion, qui même vous deviendra salutaire. Qui pleure ainsi sérieusement s'étudie, en conséquence, à mériter d'autant moins un si redoutable malheur; vous en concevez d'autant plus de crainte du péché à venir.
Pleurez les infidèles; pleurez ceux qui leur ressemblent et sortent de ce monde sans avoir connu la Lumière, sans avoir été marqués du sceau de la Foi. Voilà ceux qui méritent et vos gémissements et vos larmes. Ils sont exclus de la Cour céleste, avec les damnés, avec ceux dont l'arrêt est prononcé. "En vérité, si quelqu'un ne renait pas de l'eau et du Saint-Esprit, il n'entrera pas dans le Royaume céleste." Pleurez lies riches qui meurent au sein de leur opulence, sans avoir fait servir leurs richesses à la consolation de leurs âmes; ceux qui avaient l'occasion de laver leurs péchés, et qui ne l'ont pas voulu. Oui, ceux-là, que chacun de nous les pleure en public et en particulier, mais sans jamais nous écarter des bienséances, mais en gardant toujours la gravité, mais en évitant de nous ridiculiser. Pleurons-les non pas seulement un jour ou deux, mais toute notre vie : ainsi continuent les larmes, quand elles ne coulent pas d'une émotion insensée, mais d'un amour véritable et pur. Quant aux pleurs de folle tendresse, ils sont bientôt séchés, tandis que ceux qu'inspire la crainte de Dieu sont intarissables.
Pleurons ainsi nos morts, et secourons-les de tout notre pouvoir. Préparons-leur quelque consolation, si faible qu'elle soit, mais qui puisse être vraie et efficace. Comment? Par quel moyen? Prions pour eux, faisons prier, pour eux continuellement, versons l'aumône aux pauvres. Toujours ainsi leur procurerons-nous quelque consolation. Écoutez Dieu même qui dit : "Je protégerai cette ville, et pour Moi-même, et pour David Mon serviteur." Si le seul souvenir d'un juste a eu cette puissance, que ne pourront pas des oeuvres accomplies en faveur des morts?
Aussi n'est-ce pas en vain que les apôtres nous ont laissé la coutume et la loi : vous savez que, d'après eux, dans nos saints et redoutables mystères, il doit être fait mémoire des défunts. Ils savaient quel avantage, quel bien immense ce souvenir devait leur procurer. Dans le moment, en effet, où tout le peuple fidèle, uni au corps sacerdotal, debout, les bras étendus, offre le redoutable sacrifice, comment Dieu ne serait-Il pas fléchi par les prières que nous adressons en leur faveur? Car nous parlons de ceux qui sont morts dans la Foi. Les catéchumènes n'ont aucune part à ces consolantes prières; privés de tout autre secours, il leur en reste un cependant, un seul, et lequel? C'est que nous fassions pour eux l'aumône aux pauvres : leur pauvre âme en recueillera quelque bienfait.
Dieu veut, en effet, que nous nous prêtions mutuellement secours. Pour quel autre motif nous aurait-Il commandé de prier pour la paix et pour la tranquillité publique? Pourquoi pour tous les hommes, lorsque dans cette universalité sont englobés les brigands, les profanateurs de tombes, les voleurs, et tant d'autres pervers chargés de crimes sans nombre? C'est que peut-être leur conversion s'en suivra. Comme donc nous prions pour des vivants en tout semblables à des cadavres, ainsi est-il permis de prier pour les défunts.
Job autrefois offrait des sacrifices pour ses enfants, et obtenait le pardon de leurs péchés: "Je crains," disait-il, "qu'ils n'aient péché dans leur coeur." Voilà vraiment veiller aux intérêts des siens. Loin de dire, comme le répètent aujourd'hui la plupart des hommes : Je leur laisserai des richesses! Loin de dire "J'amasserai pour eux la gloire!" Loin de dire "J'achèterai pour eux quelque propriété, quelques terres," que dit-il? J'ai peur que leur coeur n'ait péché! Quel avantage, en effet, procurent en définitive toutes ces propriétés attachées à ce bas monde? Aucun. Le Roi, le suprême Roi et Ses miséricordes, voilà ce que je veux leur laisser, certain qu'avec Lui, rien ne peut leur manquer. Car "le Seigneur me nourrit", a dit le prophète, "et rien ne me manquera." Magnifique fortune, riche trésor! Si nous avons la crainte de Dieu, nous n'aurons besoin de rien; sinon, eussions-nous gagné un royaume, nous serions encore les plus pauvres des hommes. Rien n'est grand comme celui qui craint Dieu. "Est-ce qu'en effet," dit la Sagesse, "cette crainte" du Seigneur "ne s'est pas placée au-dessus de tout?" Ah! sachons donc l'acquérir; faisons tout pour sa conquête, fallût-il rendre à Dieu notre dernier souffle, fallût-il livrer notre corps aux tourments : que rien au monde ne nous fasse reculer. Faisons tout pour gagner cette crainte salutaire. Ainsi deviendrons-nous plus riches que personne ici-bas; ainsi atteindrons-nous encore les biens à venir, en Jésus-Christ Notre-Seigneur, avec lequel soit au Père et au Saint-Esprit, gloire, puissance, honneur, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
saint Jean Chrysostome, extrait de l'homélie 3 sur l'épître de saint Paul Apôtre aux Philippiens

source des textes de saint Jean


image du synaxaire russe medieval pour le 1er novembre


Pour aller plus loin :

Hymne / Office Acathiste pour les défunts
http://www.orthodoxes.net/textes/office-defunts_acathiste-txt.pdf


pannychide pour les défunts (office de commémoration)


Samedi des Défunts :
http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?p=630


pages orthodoxes sur la prière pour les défunts



Posté en la fête de saint David de Galles et saint Aubin d'Angers

16 novembre 2007

Russie : Qui veut replonger l'Église dans la Guerre Froide?

La première de ces nouvelles date déjà du début de l'été, les 2 autres sont plus récentes. En reliant la 1ère à la 3ème, on a tout de même de quoi se poser quelques légitimes questions. Cette 3ème nouvelle, la "bénédiction de l'arme atomique", fait d'ailleurs "chauffer" divers forums Orthodoxes sur internet et il y a de quoi. Certains personnages influents au sein de l'Église semblent se remettre activement à l'écoute de bruyantes sirènes qui font froid dans le dos.
orchestre de l'armee rouge


On tempérera cependant cette appréciation par le fait bien réel que les États Unis d'Amérique font tout leur possible pour que la Russie ne puisse pas se relever de ses ruines socialistes et redevenir un État digne de ce nom. Et pour ça, ils fomentent (Ukraine, avec le vatican) et soutiennent (Géorgie, etc) des révolutions et guerres tout autour. Et soutiennent des dictatures dans des pays limitrophes (Ouzbékhistan, etc). La Russie ne porte donc pas seule le chapeau de ce retour inquiétant à la course à la destruction planétaire.

Dans les nouvelles ci-dessous, on tirera aussi un parallèle entre d'une part les méthodes ultra-papistes qui ont cours au patriarcat, où le patriarche (à trop fréquenter le vatican...), qui n'est après tout canoniquement que l'évêque de son diocèse et rien d'autre, se comporte comme un chef du vatican version slave, et d'autre part les méthodes qui ont cours à présent dans ce qui était jusqu'il y a 5 mois un Synode indépendant, l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières. C'est tout aussi inquiétant que le fait nucléaire.

Prions pour que ces élans nationalisto-fascisants s'éteignent au plus vite...
JM

La Guerre Froide frappe l'Église



L'évêque Vladimir Tselichtchev encense les fidèles à la paroisse Orthodoxe Sviato Pokrovskiy


Le terrain de l'église, grand de 20 ares,
se trouve à mi-chemin entre Atlantic City et Philadelphie.

source & (c)


BUENA, New Jersey (AP) – La Guerre Froide est vivace dans ce coin boisé du New Jersey, sous les coupoles dorées d'une paroisse Orthodoxe russe.

Dimanche, un petit groupe de fidèles s'est rassemblé à l'église Sviato-Pokrovskiy
pour ce qui pourrait avoir été leur dernière Liturgie. La petite assemblée est menacée d'éviction parce qu'ils ne sont pas d'accord avec la décision de leur Synode de se réunifier avec le Patriarcat de Moscou en Russie.
Leur sort pourrait être scellé cette semaine, lorsqu'un juge devrait rendre son jugement dans le procès que leur diocèse a intenté pour essayer de reprendre les quelques 20 ares de propriété ecclésiale qui se trouvent à mi-chemin entre Atlantic City et Philadelphie, dans une région qui a été peuplée par des émigrants Russes.
La décision du Synode de se réconcilier a été insupportable aux yeux des fidèles tels que ceux de Buena, qui fustigent le patriarcat de Moscou pour sa collaboration avec les Soviétiques jusqu'il y a quelques années d'ici, et pour son étroite relation avec le gouvernement russe de nos jours.
"Nous considérions cela comme une église soviétique, un bras humain armé du gouvernement," dit Maria Nekludoff, 56 ans, une des 3 marguilliers de la paroisse, les autres étant son mari et sa mère. "Je ne comprend pas comment tout d'un coup, ce serait devenu la "mère Église," et que nous aurions besoin de nous réunifier avec. Ca n'a pas de sens pour moi."
Depuis que le prêtre Nikolai, père de Maria Nekludoff, est décédé en 2004, il n'y a plus eu de prêtre à temps plein, de sorte qu'il n'y a de Liturgie complète que lorsqu'un prêtre sait y venir, une fois par mois voire moins. Un Office auquel assistent en général une vingtaine de personnes.
Adelaida Nekludoff, 83 ans et mère de Maria Nekludoff, originaire d'Ukraine, repousse d'un geste de sa tête couverte d'un voile toute idée de légitimité pour le patriarcat de Moscou : "Ce n'est pas une Église."
La paroisse Sviato-Pokrovskiy a été fondée en 1957, faisant partie de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF), un réseau étendu d'églises créé après la Révolution Bolchevique, par des fidèles ayant fuit l'Union Soviétique.
Les Soviétiques ont tenté de détruire la Foi dans un pays qui avait été essentiellement Orthodoxe depuis des centaines d'années, massacrant des milliers de prêtres et détruisant les églises. Nombre de fidèles ayant survécu aux purges ont tenté de refaire leur vie aux États-Unis d'Amérique.
Mais la crainte de la persécution n'était jamais loin. Par exemple, à Buena, l'iconostase de l'église, paroi centrale présente dans toute église Orthodoxe russe et portant des peintures de saints, a été construite de sorte qu'elle puisse être enlevée en une heure si les membres avaient à fuir.
Même malgré la chute de l'Union Soviétique, il fallu attendre jusqu'il y a fort peu pour que l'EORHF se décide à la réconciliation avec le patriarcat de Moscou.
Mais pour les fidèles tels que ceux de Buena, le patriarcat de Moscou est considéré comme étant encore rempli de gens ayant collaboré avec le gouvernement soviétique.

Il y a aussi la crainte de ce que le patriarcat est bien trop aligné avec l'actuel gouvernement russe, qu'ils sentent comme du communisme camouflé afin de faire renaître la fierté des Russes à propos de l'histoire de l'ère soviétique.
Un porte-parole de l'ambassade de Russie à Washington DC, Alexey Timofeev, dit que la réunification était quelque chose de désiré par tous les Russes, tant dans le pays qu'au dehors.
Bien qu'il n'existe pas de chiffres officiels sur le nombre de paroisses et de paroissiens ayant quitté l'EORHF, prêtres et fidèles disent que cela a séparé paroisses, prêtres et même familles.
"Époux et épouses, mères et fils, tout le monde a été divisé. C'est une terrible tragédie," dit l'évêque Vladimir Tselichtchev, 41 ans, qui célèbre ce qui pourrait être la dernière Liturgie à l'église de Buena.
Nombre de paroisses et fidèles Orthodoxes russes suivent de près le procès de Buena, pour voir quel effet cela pourrait avoir sur leur propre situation.
"Peut-être bien que la Guerre Froide n'est plus la même, mais elle n'est pas finie," dit le prêtre Stefan Sabelnik, de la paroisse de la Dormition de la Mère de Dieu, à Trenton, paroisse qui a aussi quitté l'EORHF suite à la réconciliation avec Moscou.
Nicolas Ohotin, un porte-parole de l'EORHF, dit que les gens ont le droit de quitter l'Église, mais qu'ils n'ont pas le droit d'emporter avec eux les biens de l'Église. Ohotin dit que l'accord avec le patriarcat de Moscou permet une "très large indépendance," et que les fidèles Orthodoxes ne devraient pas redouter de se retrouver sous la coupe de Moscou.
"L'Église espère que tous ses paroissiens, tous ses membres qui ont quitté l'Église, retrouveront le chemin de retour au sein de l'Église," dit Ohotin.
Maria Nekludoff a été à l'église à Buena depuis son enfance, et son père, son oncle, son frère et sa grand-mère sont enterrés dans le cimetière, qui est bien entretenu. Elle dit que ses parents et les paroissiens ont donné leur vie pour construire l'église.
"Cela me briserait le coeur de voir que c'est en quelque sorte le travail de leurs vies qui est arraché," dit-elle. "Je me sens bénie pour avoir été à même de défendre ces gens qui sont sans défense.. J'ai senti que c'était mon devoir."


*-*-*-*-*

EORHF "non-Moscovite" :
http://www.rocor-v.com/rocor/engindex.html

et une de ses maisons d'édition en anglais :
http://www.monasterypress.com/

Concernant les ennuis de la paroisse ci-dessus, entre-temps, on a apprit par voie de presse (!!) que le diocèse qui avait exposé son problème devant les tribunaux civils (contrairement à ce qu'en dit saint Paul) avait étonnamment obtenu un gain de cause partiel. En effet, la jurisprudence nord-américaine, dans la plupart des États, fait que la propriété du bien "paroisse" est aux propriétaires réels, au niveau financier et cadastral du terme. Or, ici, le tribunal local a donné une sorte de droit de regard au diocèse. On évaluera le niveau réel de christianisme de ce diocèse à l'usage qu'il fera d'une décision civile, athée, dans un problème strictement ecclésiastique. Comme en France et ailleurs en Occident..

Je vais persifler, mais que penser d'autre? Car on le voit, quand on a bien servi le patriarcat et qu'on a forcé son Synode à rejoindre une Église à laquelle il faudra me montrer quel Canon de Concile Oecuménique le rattachait!!, et bien on est récompensé à la manière... soviétique : médaille, médaille...

Alexis II récompense le primat de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières en le décorant d'un ordre honorifique
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=3586
Alexis 2 et laurus ensemble


Moscou, 05 Septembre 2007, 12:25, Interfax – Le patriarche Alexis II de Moscou a accordé au métropolite Laurus, primat de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières, l'ordre de Saint Vladimir de seconde classe, à l'occasion du 40ème anniversaire de l'ordination épiscopale de ce dernier, en la fête de son saint patron.
La décoration a été présentée par l'évêque Isidor d'Yekaterinodar et Kuban, qui dirigeait la délégation du patriarcat de Moscou arrivée aux USA quelques jours auparavant.
La cérémonie de remise de la décoration a eu lieu après la Liturgie solennelle au monastère de la Sainte Trinité à Jordanville, NY (USA), qui faisait partie des célébrations de la réunification de l'EORHF avec l'Église Orthodoxe de Russie, rapporte le centre d'informations ecclésiales Orthodox Encyclopedia.

*-*-*

L'Ordre de saint Vladimir, du même nom que la décoration accordée au métropolite, c'est cette création d'une impératrice qui fit son possible pour détruire l'Église du Christ, à l'instar de Pierre "le grand".. On espère pour lui qu'il n'y a qu'homonymie et pas succession, même symbolique.

L'Ordre impérial russe de Saint Vladimir
http://almanachdechivalry.com/_wsn/page9.html
ancien ordre de saint vladimir


L'Ordre de Saint Vladimir (4 classes) (Orden sv. ravnoapostol'nogo kniazia Vladimira ). Institué par la tsarine Catherine la Grande le 4.10.1783.
La Croix de Saint Vladimir était un Ordre impérial russe institué en 1782 par la tsarine Catherine II en mémoire des actes de saint Vladimir, le grand prince et celui qui a mené la Rus' kiévaine au Baptême. Sa devise : "Bienfaisance, Honneur et Gloire." L'Ordre avait 4 degrés et était accordé pour un service civil et militaire de longue durée. La couleur du ruban de l'Ordre est rouge avec un bord noir.
Première classe – une croix rouge avec des bords noir et or. Elle était portée avec le ruban pendant sur l'épaule droite, avec une étoile octogonale faite d'or et d'argent. Elle était attachée au côté gauche de la poitrine.
Seconde classe – une croix rouge autour du cou et l'étoile sur le côté gauche de la poitrine.
Troisième classe – une croix rouge d'une plus petite taille, autour du cou.
Quatrième classe – la même croix portée sur la poitrine.
Insigne : une croix émaillée patinée, avec bordure noire en émail, et un rond central en émail noir portant un manteau rouge à col d'hermine avec le monogramme de saint Vladimir. Portée sur une écharpe à décoration pour le premier rang, sur un collier pour les 2ème et 3ème rangs, et sur un ruban sur la poitrine pour le 4ème rang.
Étoile : Une étoile à 4 pointes superposée à une étoile en or à 4 branches, avec une croix en or dessus et les lettres "CPKB" entre les bras de la croix sur un fond émaillé noir au centre, surmonté de la devise de l'Ordre "Bienfaisance, Honneur et Gloire" (Pol'za Chest' i Slava). Porté du côté gauche de la poitrine pour les 1er et second rangs. Cette devise fut transférée à l'actuel Ordre du Mérite de la Fédération de Russie, qui a été institué en 1992 par le président Boris Yeltsin et qui est actuellement la seconde décoration en importance dans ce pays.
Ruban : rouge avec des bords noirs.
Grand Maître: Son Altesse Impériale la grande duchesse Maria Vladimirovna de Russie (Maria I, tsarine titulaire et autocrate de toutes les Russies, née en 1953).




L'Église accorde une bénédiction atomique
http://www.themoscowtimes.com/stories/2007/09/05/002.html


mercredi 5 Septembre 2007. Issue 3736. Page 1.

Par Alexander Osipovich
Rédacteur principal au Moscow Times

Les Chrétiens croient depuis longtemps que le monde finira par l'apocalypse. Mardi matin, l'Église Orthodoxe de Russie a donné sa bénédiction aux hommes et aux femmes qui pourrait la provoquer.
Au cours d'une cérémonie à la cathédrale du Christ Sauveur, les prêtres ont chanté des prières en l'honneur du 12ème Directoire Principal du Ministère de la Défense, qui est responsable pour le stockage et la maintenance de l'arsenal nucléaire du pays.

Ce directoire ultra-secret a fêté ce mardi le 6àème anniversaire de sa création par Staline en 1947, quand l'Union Soviétique était lancée dans la course à l'armement nucléaire suite aux bombardements atomiques américains sur Hiroshima et Nagazaki. Quelque 200 personnes du directoire ont participé à la célébration de mardi, quelque chose qui aurait été impensable aux jours de l'athéisme soviétique officiel.
Vêtus de leurs uniformes portant un logo atomique stylisé sur leurs manches, ils faisaient occasionnellement le signe de croix pendant que l'évêque Amvrosy de Bronnitsy menait l'office de prière dans la profonde cathédrale en marbre.
L'évêque a conclu en lisant un message de félicitations du patriarche Alexis II.
"Je vous félicite en ce mémorable anniversaire," disait-il, "et j'élève des prières à Dieu et au vénérable Seraphin de Sarov de sorte que les armes nucléaires que vous avez conçues et qui vous sont confiées soient toujours entre les mains de Dieu, et ne seront que des armes de dissuasion et
de riposte." Seraphin de Sarov est le saint patron semi-officiel du directoire.
Le message du patriarche a aussi été imprimé dans l'édition de mardi du Krasnaya Zvezda, le quotidien officiel du Ministère de la Défense. La coopération a grandit au cours des récentes années entre les forces armées et l'Église Orthodoxe, encouragée par la haute hiérarchie militaire et appuyée par le président Vladimir Poutine.
Certains officiels soutiennent l'idée d'introduire des chapelains militaire, et bien qu'il n'existe pas de système officiel, des prêtres Orthodoxes servent d'ores et déjà les soldats dans nombre d'unités, d'une manière volontaire et non-officielle.
Plus de 2.000 prêtres célèbrent des Offices pour le personnel militaire, déclare un porte-parole du département du patriarcat de Moscou pour la liaison militaire. Mais bien que prêcher auprès de soldats en service actif puisse être une pratique courante dans nombre d'armées, y compris celle des États Unis d'Amérique et d'autres nations possédant l'arme nucléaire, bénir les soldats qui s'occupent de l'arsenal atomique du pays soulève des questions qui
ont posé problèmes aux théologiens Chrétiens depuis 1945.
Un porte-parole du patriarcat de Moscou dit que l'Église voyait les armes nucléaires comme un mal nécessaire. "En général, l'Église considère n'importe quelle arme, y compris les armes nucléaires, comme étant un mal," expliquait ce mardi par téléphone le diacre Georgy Roshchin. Il rajoute que l'Église s'est cependant adaptée aux réalités contemporaines. "L'Église considère les armes nucléaires comme une sorte de facteur de dissuasion pour protéger l'État russe," dit-il. "L'histoire des 15 dernières années montrent que la capacité nucléaire de la Russie l'a aidée à rester un État indépendant."
Le vatican a eu la même position durant la Guerre Froide. Il a condamné tout usage de l'arme nucléaire au cours de son concile dans les années 1960, mais a admis qu'on pouvait en posséder comme moyen de dissuasion. Depuis l'effondrement de l'Union Soviétique, le vatican a appelé au désarmement. En 2005, l'ambassadeur de l'État du vatican auprès des Nations Unies a déclaré que la possession d'armes
nucléaires ne pouvait plus être justifiée dans un monde d'après la Guerre Froide. Cependant, la dissuasion semble encore nécessaire pour les militaires Russes. "Ces armes garantissent et continueront à garantir l'existence paisible pour notre peuple, nos enfants et nos petits-enfants," a déclaré lors de la cérémonie de mardi le général Yury Baluyevsky, chef d'état-major général, rapporte l'agence Itar-Tass.
Le général Vladimir Verkhovtsev, chef du 12ème Directorat, a aussi participé à la
cérémonie. A la fin de l'Office, Verkhovtsev s'est tenu près de l'Autel, à côté de l'évêque Amvrosy, et a exprimé ses voeux de bonne santé pour le patriarche Alexis II, des rumeurs circulant sur de graves problèmes médicaux. La plupart des officiers du Directorat semblaient peu enclins à parler aux journalistes après la cérémonie.
Un officier en uniforme, disant se prénommer Dmitry, dit que le Directorat collabore avec l'Église depuis des années, et que des prêtres ont souvent béni différentes unités. "Mais c'est la première fois qu'une bénédiction a lieu ici," dit Dmitry, qui refusa de donner son nom de famille. Un nom qui est souvent revenu au cours de la cérémonie du fait de son importance pour le Directorat, c'était celui de saint Séraphin de Sarov. Séraphin était un ermite ayant vécu près de Sarov, une ville qui se trouve dans l'actuelle région de Nizhny Novgorod, à la fin du 18ème et au début du 19ème siècle. Célèbre pour ses 1.000 nuits passées en prière sur un rocher avec les bras levés au ciel, il est devenu un père spirituel populaire, visité par des milliers de pèlerins. Mort en 1833, il fut canonisé en 1903, durant le règne du saint tsar Nicolas II. En 1940, la ville de Sarov a été rebaptisée Arzamas-16 et devint le centre du projet soviétique de bombe atomique, ce qui explique le lien établi entre le saint et les armes nucléaires. La ville, qui a retrouvé son nom original dans les années 1990, reste fermée pour les non-militaires. A présent, elle a une église en service dédiée à saint Séraphin de Sarov.







L'Ours que saint Seraphim avait apprivoisé n'avait rien à voir avec l'URSS...





11/09/2007 14:20 MOSCOU, 11 septembre - RIA Novosti. Un office religieux à l'occasion du 60e anniversaire du secteur nucléaire militaire russe a été célébré la semaine dernière en la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, rappelle mardi l'hebdomadaire Vlast.
Jusqu'ici, l'Eglise orthodoxe russe n'avait jamais honoré les armes de destruction massive avec une attention aussi soutenue.
Les chemins de l'Eglise et des atomistes s'étaient déjà croisés en 1946, lorsqu'il a été décidé de construire un centre destiné à concevoir l'arme nucléaire à Sarov, à la place du monastère de l'Assomption (fermé par les bolcheviques en 1927), connu grâce à la vie de Séraphin de Sarov, l'un des saints russes les plus connus et les plus populaires parmi les orthodoxes, aux XVIIIe-XIXe siècles. En août 1949, seulement trois ans après, l'Union soviétique testait sa première bombe atomique. Arzamas-16 (nom donné à Sarov après la construction de ce centre) devint dès lors le coeur de l'industrie nucléaire militaire soviétique, puis russe.
A la veille du démembrement de l'URSS, l'Eglise orthodoxe russe a repris possession de ses lieux saints: une paroisse orthodoxe a été ouverte à Sarov en 1990. Les atomistes lui ont restitué les églises non détruites se trouvant dans les parages. Séraphin de Sarov est alors devenu le patron des atomistes russes.
Vladimir Poutine a accéléré le processus de "fusion" entre l'Eglise et le nucléaire "non civil" en février 2007. Une correspondante du journal Sarov lui a posé deux questions lors d'une grande conférence de presse au Kremlin: "Quelle est la place de l'orthodoxie dans l'avenir?" et "Quelle est la stratégie [russe] dans les domaines nucléaire et militaire?". Le président a saisi l'occasion pour affirmer que les deux thèmes étaient étroitement liés, les confessions traditionnelles en Russie et son bouclier nucléaire étant des composantes qui renforcent l'Etat russe, créant les prémisses nécessaires pour assurer la sécurité intérieure et extérieure. La réaction à ces propos du président ne s'est pas fait attendre. Le jour suivant, le site orthodoxe nationaliste Pravaya.ru a publié un article intitulé "Poutine et l'orthodoxie nucléaire". L'idée a été ensuite reprise par d'autres médias.
C'est l'analyste Egor Kholmogorov qui a formulé de la façon la plus laconique l'idéologie de "l'orthodoxie nucléaire": "Pour rester orthodoxe, la Russie doit être une grande puissance nucléaire. Pour rester une grande puissance nucléaire, la Russie doit être orthodoxe".
Le métropolite Nicolas de Nijni Novgorod a même essayé de réhabiliter les événements de 1946, déplorables pour l'Eglise: selon lui, c'est probablement grâce aux prières de Saint Séraphin que la Russie a créé une arme qui la protège à présent. A propos, aucune des nombreuses biographies de Saint Séraphin ne mentionne ses penchants militaristes: il n'a béni aucun soldat s'en allant en guerre et n'a jamais glorifié les armes russes dans ses sermons. Le religieux vivait en anachorète et a même pardonné aux brigands qui lui avaient fendu le crâne avec une tête de hache, demandant qu'ils ne soient pas punis.
Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

*-*-*

explosion nucléaire



Une personne très bien informée nous montre à quel point ces forces obscures qui secouent la Russie sont bien implantées.. prions..

Le Fantôme de Staline, ou le retour du KGB
de Vladimir Federovski
éditions du Rocher
http://www.editionsdurocher.fr/
ISBN : 9782268062907
parution le 20/9/2007

voir le dossier sur evene.fr, fnac.fr & amazon.fr


A écouter à tout prix, l'entrevue radio de Vladimir Federovski sur Europe 1, lundi 10/9/2007:
http://www.europe1.fr/player/interstitiel.jsp?chaine=&sujet=Poutine

Vladimir Fedorovski est un homme aux vies multiples : d'abord interprète de Brejnev, il devient porte-parole du Mouvement pour les réformes démocratiques dans l'URSS finissante, puis de Boris Eltsine. On le retrouve aujourd'hui professeur à HEC-Paris et auteur de romans historiques à succès ! Il a acquis la nationalité française en 1995, grâce à l'intervention de Jacques Chirac, qui n'avait pas oublié le collaborateur de son ami Boris Eltsine. Fedorovski est aussi conseiller au mémorial de Caen, pour la période de la guerre froide. C'est un auteur prolifique, qui sait allier la précision de l'historien à l'art narratif du romancier - qu'il s'intéresse aux égéries russes, aux ballets, aux tsarines, à Raspoutine, Saint-Petersbourg ou au Kremlin.

Article à lire : Séraphin de Sarov est devenu le patron des atomistes..?
http://forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=2219


Au lieu de menacer l'autre et de bénir ceux qui préparent le néant,
ne pourrait-on pas s'aimer?

Hymne de la Création par saint Caedmon

Hymne de la Création, par saint Caedmon
source & (c)