"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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26 février 2019

La Bible se suffit-elle?

Si l'Écriture Sainte est parfaite et suffit à tout pourquoi l'interprétation de l'Église est-elle nécessaire? C'est tout simplement parce que l'Écriture sainte n'est pas acceptée par tous avec la même signification.
Saint Vincent de Lérins, vers 430

18 janvier 2013

Saints Athanase et Cyril d'Alexandrie, flambeaux de l'Orthodoxie (Holy Fathers)

Commémorés ensemble le 18 janvier

Les saints Athanase et Cyril ont été papes d'Alexandrie. Ces sages enseignants de la vérité et défenseurs de l'Église du Christ partagent une fête commune en reconnaissance de leurs écrits dogmatiques qui démontrent la vérité de la Foi
Orthodoxe, interprétant correctement les saintes Écritures, et démontrant la fausseté des hérésies.
Alors qu'il n'était encore que diacre, Saint Athanase prit part au Premier Concile Oecuménique. Il y surpassa tout le monde par son zèle à défendre l'enseignement proclamant que le Christ est consubstantiel ("homoousios") au Père, et pas une simple créature comme le prétendaient les Ariens.
Ce brillant luminaire de l'Orthodoxie aura passé le plus clair de sa vie en exil loin de son siège [entre autres en Occident, où on partageait sa Foi; ndt]. Et tout cela à cause des innombrables complots de ses ennemis. Il parviendra à revenir près de ses fidèles vers la fin de sa vie. Comme l'étoile du soir, il illumina les fidèles Orthodoxes de ses paroles, avant de s'éteindre peu après, en 373. Il est aussi commémoré le 2 mai, fête de la translation de ses saintes reliques.
Holy Fathers




Si le poison de l'orgueil s'installe en vous, tournez-vous vers l'Eucharistie. Et ce Pain, Qui est votre Dieu Qui Se déguise humblement, vous enseignera l'humilité. Si la fièvre de l'égoïste avarice fait rage en vous, nourrissez-vous de ce Pain; et vous en apprendrez la générosité. Si le vent glacial de la cupidité vous refroidit, hâtez-vous vers le Pain des Anges, et la charité fleurira en votre coeur. Si vous ressentez la piqûre de l'intempérance, nourrissez-vous de la Chair et du Sang du Christ, Qui pratiqua un héroïque contrôle de Lui-même durant Sa vie terrestre, et vous en deviendrez tempérant. Si vous êtes fainéant et négligent des choses spirituelles, renforcez-vous de cette nourriture Céleste, et vous deviendrez fervent. Et enfin, si vous vous sentez souillé par la fièvre de l'impureté, allez au Banquet des Anges, et la toute pure Chair du Christ vous rendra pur et chaste.
Saint Cyril d'Alexandrie



If the poison of pride is swelling up in you, turn to the Eucharist; and that Bread, Which is your God humbling and disguising Himself, will teach you humility. If the fever of selfish greed rages in you, feed on this Bread; and you will learn generosity. If the cold wind of coveting withers you, hasten to the Bread of Angels; and charity will come to blossom in your heart. If you feel the itch of intemperance, nourish yourself with the Flesh and Blood of Christ, Who practiced heroic self-control during His earthly life; and you will become temperate. If you are lazy and sluggish about spiritual things, strengthen yourself with this heavenly Food; and you will grow fervent. Lastly, if you feel scorched by the fever of impurity, go to the banquet of the Angels; and the spotless Flesh of Christ will make you pure and chaste.
St. Cyril of Alexandria




Mais pour chercher la juste compréhension des saintes Écritures, il faut mener une bonne vie et avoir l'âme pure, et pour la vertu Chrétienne guider l'esprit pour qu'il comprenne, dans la mesure que le permet la nature humaine, la vérité au sujet du Verbe de Dieu. Nul ne saurait comprendre les enseignements des saints à moins d'avoir un esprit pur et de s'efforcer d'imiter leur vie. Quiconque veut regarder vers la lumière du soleil va d'abord se nettoyer les yeux, afin de permettre quelque
afin d'obtenir, en quelque sorte, quelqu'approximation de la pureté de ce qu'il observe; et celui qui souhaite voir une ville ou un pays va à l'endroit en question afin de pouvoir le voir. De même, quiconque souhaite comprendre l'esprit des auteurs sacrés doit d'abord purifier sa propre vie, et approcher les saints en imitant leurs actes. Et ainsi uni à eux dans la similitude de vie, il va à la fois comprendre ce qui leur a été révélé par Dieu, et dès lors échappant au péril qui menace les pécheurs au Jugement, il recevra ce qui est préparé pour les saints dans le Royaume des Cieux.
Saint Athanase le Grand



"But for the searching and right understanding of the Scriptures there is need of a good life and a pure soul, and for Christian virtue to guide the mind to grasp, so far as human nature can, the truth concerning God the Word. One cannot possibly understand the teaching of the saints unless one has a pure mind and is trying to imitate their life. Anyone who wants to look at sunlight naturally wipes his eye clear first, in order to make, at any rate, some approximation to the purity of that on which he looks; and a person wishing to see a city or country goes to the place in order to do so. Similarly, anyone who wishes to understand the mind of the sacred writers must first cleanse his own life, and approach the saints by copying their deeds. Thus united to them in the fellowship of life, he will both understand the things revealed to them by God and, thenceforth escaping the peril that threatens sinners in the judgment, will receive that which is laid up for the saints in the kingdom of heaven."
Saint Athanasius the great

30 novembre 2012

Les Chrétiens sont de braves gens, ô empereur (Aristides le Juriste à Hadrien)

Les Chrétiens s'aiment les uns les autres. Ils ne manquent jamais d'aider les veuves; ils sauvent les orphelins de ceux qui voudraient leur causer du tort. Si quelqu'un possède quelque chose, il donne librement à celui qui ne possède rien. Si ils voient un étranger, les Chrétiens le ramènent à la maison, et sont contents de sa présence comme s'il s'agissait d'un vrai frère. Ils ne se considèrent pas comme frères dans le sens habituel du terme, mais comme frères à travers l'Esprit de Dieu. Et si ils apprennent que l'un d'entre eux est en prison, ou persécuté pour avoir proclamé sa foi dans le Nom de leur sauveur, ils lui apportent tout ce dont il a besoin. Si c'est possible, ils paient sa caution. Si l'un d'entre eux est pauvre et on ne trouve pas de quoi le nourrir, ils jeûnent plusieurs jours afin de lui donner la nourriture dont il a besoin. C'est véritablement une nouvelle race de personnes. Il y a quelque chose de divin en eux.
Saint Marcianus Aristides, juriste et philosophe, Apologie d'Aristides l'Athénien à l'empereur Hadrien (117-138 AD), écrite en réponse à la demande de l'empereur d'une justification légale pour interdire le christianisme 




"Christians love one another. They never fail to help widows; they save orphans from those who would hurt them. If a man has something, he gives freely to the man who has nothing. If they see a stranger, Christians take him home and are happy, as though he were a real brother. They don't consider themselves brothers in the usual sense, but brothers instead through the Spirit of God. And if they hear that one of them is in jail, or persecuted for professing the name of their redeemer, they all give him what he needs. If it is possible, they bail him out. If one of them is poor and there isn't enough food to go around, they fast several days to give him the food he needs. This is really a new kind of person. There is something divine in them."
From a report given by a Roman official, Aristides, to the Emperor Hadrian (117-138 AD), who was seeking justification to outlaw Christianity.
Marcianus Aristides (2nd century), lawyer, in "The Apology of Aristides on Behalf of the Christians", ed. J. Rendel Harris, Joseph Armitage Robinson, Cambridge: The University Press, 1891, p. 49-50

26 juin 2012

Comment l'Église (Orthodoxe) comprend l'Évangile (Fondation apologétique saint Justin)



https://www.facebook.com/notes/saint-justin-the-philosopher-foundation-for-orthodox-christian-apologetics/the-gospel-as-understood-by-the-orthodox-church/297233733686601

par Saint Justin the Philosopher Foundation for Orthodox Christian Apologetics, lundi 23 avril 2012, 10:44 ·


Nombre de Protestants demandent aux Chrétiens quelle est la lecture et compréhension Orthodoxe de l'Évangile. Voici notre essai de clarification quant à ce qu'est l'Évangile:

La bonne nouvelle, l'évangile, c'est que le Royaume des Cieux a fait irruption dans notre règne, par l'Incarnation, la vie, la mort et la Résurrection de Jésus Christ. Si nous avons une compréhension erronée de tout ce que cela signifie, alors cela mènera à de grandes erreurs de pratique, qui vont sérieusement gêner notre entrée dans le Royaume de Dieu. Par exemple, le théologien calviniste Sinclair Ferguson décrit sa vie spirituelle comme "apporter ses péchés devant la Croix." Par là, il veut dire la mise en pratique de la substitution pénale. Lorsqu'il pèche, il se sent coupable parce que Dieu serait en colère contre lui. A ce moment-là, il se souvient que Dieu a déjà punit Jésus pour ses péchés à lui, alors il les apporte devant la Croix pour se débarrasser d'une culpabilité. Mais est-ce que cela le déifie? Notez ce terme, "déifier." Fergusson n'a jamais utilisé ce mot pour parler du Salut. Permettez-moi de vous expliquer. Notre Seigneur, le Fils pré-éternel et Verbe du Père, est pleinement divin. De toute éternité, Il a eu toutes les propriétés de la divinité communes au Père, au Fils et au Saint Esprit. L'homme a été créé à l'Image et à la Ressemblance de Dieu. Les saints Pères l'interprètent ainsi: l'homme reflète certaines propriétés de Dieu, mais ne les reflète pas entièrement. Ce n'est pas un "manque", mais plutôt un constat que Dieu est infini, et que la luminosité de la réflexion de Dieu par l'homme peut croître indéfiniment. Ainsi, Adam était "très bon." Mais il n'était pas aussi bon qu'il aurait pu l'être. Si cela avait été le cas, le texte hébreux aurait dit "très très bon." Adam reçu autorité sur le Jardin. Participant à la Grâce de Dieu, il pouvait lui-même refléter Dieu plus brillamment, et, comme gestionnaire de la Création de Dieu, comme "grand prêtre" pourrait-on dire, il pouvait guider toute la Création à plus brillamment refléter la grâce de Dieu.

A ce point précis, il nous faut brièvement commenter la signification de la "grâce" d'après les saintes Écritures et les saints Pères. Les Protestants interprètent la grâce comme signifiant la "faveur de Dieu non-méritée." C'est une interprétation incorrecte.

La Grâce n'est pas une "faveur de Dieu non-méritée", mais fait référence à la puissance de Dieu actualisée dans le monde. Par exemple, dans le 1er chapitre de l'Évangile de saint Jean, notre Seigneur est décrit comme étant "plein de grâce et de vérité." Comment le Christ pourrait-Il être plein d'une "faveur non-méritée?" Dans le 3ème chapitre de l'Évangile de saint Luc, le Christ est décrit comme "croissant en grâce et en stature." Comment le Christ pourrait donc croître de faveur non-méritée? Une lecture plus en accord avec le texte biblique, c'est la compréhension de la grâce comme la "puissance de Dieu actualisée dans le monde." C'est cela que les Chrétiens signifient par les "énergies de Dieu." Dieu ne saurait être connu en Son Essence. Mais l'essence de Dieu est actualisée dans le monde par Ses énergies incréées. Ces énergies sont vraiment et réellement Dieu, et elles sont le moyen de participation à la vie de la divinité. Adam aurait grandit dans son reflet de la ressemblance divine en Ses énergies, mais puisque nul homme ou ange ne saurait avoir part à l'essence divine, il n'aurait jamais pu être "absorbé" en Dieu. Il aurait toujours été un Adam déifié, ne perdant jamais son existence personnelle. Quoiqu'il en soit, ce chemin de déification était la bonne voie, qu'Adam suivait. Hélas, par les événements que nous connaissons tous, Adam s'est détourné du droit chemin. Le serpent lui promit qu'il "serait comme Dieu." Vouloir être comme Dieu n'était pas l'erreur d'Adam - on notera en passant que le fait que nombre de Protestants le croient pourtant reflète à quel point ils ont complètement perdu la notion de déification. Nous devrions tous vouloir être comme Dieu. Le saint Apôtre Pierre dit que "nous avons à être saints, comme Lui est saint". Alors pourquoi voudrions-nous être autrement que Dieu? Non, l'erreur d'Adam était d'essayer d'être déifié (c-à-d refléter plus entièrement les propriétés de Dieu), mais HORS de Dieu. Ce n'était pas la fin de la Chute. Le Verbe pré-incarné apparut à Adam et lui demanda ce qu'il avait fait. Les Pères enseignent que si à ce moment-là, Adam avait honnêtement reconnu sa faute, repenti et promit dorénavant obéissance, le serpent aurait perdu, et Dieu aurait réconcilié Adam avec Lui-même. Mais Adam ne le fit pas. Adam mentit, et attribua la responsabilité à sa femme.

Ainsi, Adam fut chassé du Jardin d'Eden, et toute la Création dont il avait été fait le gestionnaire, sombra dans la corruption, la mort et la pourriture. Bien que l'image puisse être utilisée de manière métaphorique, la mort ne peut pas être décrite comme étant littéralement une punition de Dieu. Dieu n'avait pas dit à Adam "si tu en mange, Je te tuerai" mais "si tu en mange, assurément, tu mourras." La mort est simplement le résultat naturel de se détourner de l'unique source de vie. La corruption, la mort, la pourriture, dès alors, sont devenues des éléments de l'expérience humaine. Et dans un passage important mais souvent ignoré, Moïse écrit "lorsqu'Adam atteint l'âge de 130 ans, il enfanta un fils à sa propre ressemblance, à sa propre image, et l'appela Seth." Voilà "l'image d'Adam" décrite dans le Nouveau Testament. C'est l'image de Dieu dans un état de corruption et d'imperfection. L'Ancien Testament, même en ce qui concerne les prophètes et patriarches déifiés, est un récit décrivant comment l'homme essaie d'atteindre Dieu, et échoue sans cesse. Ils n'ont pas su atteindre cet idéal de sans cesse refléter plus encore l'Image divine. Même les saints de l'Ancien Testament n'ont pas su atteindre la pleine gloire, parce que l'humanité était réduite en esclavage.

C'est là qu'arrive le Christ. Le Verbe de Dieu, pré-éternel, infini et que rien ne saurait contenir, devint un être humain. L'éternel Logos divin acquis la nature humaine. C-à-d qu'Il acquit l'étendue des propriétés communes à tous les êtres humains. En assumant l'humanité en Lui-même, Il la déifia. La nature humaine fut parfaitement unie et amenée en communion avec le Logos de Dieu, et ainsi devint complètement déifiée au moment même de l'Incarnation. Le Christ, la parfaite Image de Dieu (Colossiens 1,15), a reconstruit l'Image de Dieu en l'homme en devenant Lui-même homme. Le Christ a grandit, sanctifiant toutes les étapes de la vie en Sa propre Personne. Lorsque le Christ annonça Son ministère public, ce n'était pas pour que ça soit une collection de pieuses maximes morales avant qu'Il n'arrive à ce qui aurait vraiment compté, c-à-d la Crucifixion. Non. Chaque miracle et acte du Christ, chaque parole qu'Il a prononcée, a une immense importance dans la vie Chrétienne. En se soumettant lui-même à la mort, Adam s'est soumis de lui-même à satan. Et satan était le "prince de ce monde", et le peuple de Dieu un petit mouvement de résistance. La plupart des faux dieux tout au long de l'histoire pré-Chrétienne étaient diaboliques. Nombre de civilisations pré-Chrétiennes étaient sous contrôle direct des légions de satan. C'est une vérité effrayante, mais si l'on lit le Livre de Daniel, on y trouve des références aux princes démoniaques et dirigeants de nations bien précises. Dès lors, lorsque le Christ annonça "le Royaume de Dieu est là", ce fut une vérité bouleversant le monde. Une déclaration de la fin de la toute puissance de satan, que Dieu était enfin venu pour tout redresser. Cependant, les Israélites attendaient cela dans un sens temporel. Ils attendaient que le Messie Juif viendrait et mènerait une armée pour chasser les Romains, et rétablir un gouvernement juif en Terre Sainte. L'infâme Empire Romain n'était qu'un symptôme de la maladie, notre Seigneur le savait bien, et dès lors Il S'attaqua à la source du problème - satan. Lorsqu'il chassait des démons, c'était une déclaration que Dieu en avait fini avec eux, qu'ils allaient être chassés pour de bon. Lorsque le Christ guérissait des malades, c'était déclarer que le règne de la corruption de la chair arrivait à sa fin. En clair, tout cela, c'était des moyens pour annoncer que la corruption, la mort, le règne démoniaque, tous touchaient à leur fin. Lorsque le Christ enseignait, Il nous donnait la véritable Torah, celle dont la Torah de Moïse n'était qu'une ombre. La Torah du Christ était celle du coeur. Le Christ exposait comment l'homme vivrait dans le Royaume. Cette Torah changea le coeur de l'homme, et c'est pour cela que le Seigneur dit que "le Royaume de Dieu est en vous" (Luc 17,21, texte grec). Ainsi donc, le ministère du Christ avait 2 fonctions étroitement liées. La première était d'annoncer la proximité du Royaume de Dieu, et la seconde, en prêchant une Torah du coeur, de décrire comment l'homme vivrait dans ce Royaume.

Le grand et saint Vendredi, notre Seigneur Jésus fut crucifié pour nos péchés. Bien que cette phrase soit reconnue par à peu près tous ceux qui confessent le Nom du Christ, ce qu'elle signifie réellement est l'objet d'intenses débats. La plupart des protestants suggèrent que Dieu aurait déversé Sa colère sur le Christ de sorte qu'Il n'aurait plus à la déverser sur nous dans l'Hadès / enfer. (ndt: et le catholicisme-romain quelque part aussi, avec le concept "atonement" d'Anselme de Canterbury). Les scolastiques (Thomas d'Aquin etc; ndt) suggèrent que le Christ, en mourant d'une mort terrible et honteuse, aurait généré une réserve infinie de mérites honorables, qui seraient accessibles par les sacrements et les bonnes oeuvres. L'Église cependant, à travers ses prophètes, Apôtres et Pères, a une doctrine très différente. Il a été rappelé ci-dessus qu'Adam avait rendu la souffrance, la corruption et la mort parties de l'expérience humaine. Le Christ est venu pour reconstruire l'Image divine à travers Sa propre Personne incarnée. Afin de sanctifier la totalité de l'expérience humaine, la terrible vérité, c'est que Dieu avait à prendre part même à la mort. Il avait à descendre jusqu'au plus bas niveau de l'existence humaine. Et Il le fit. Le Christ souffrit énormément, et mourut d'une des plus honteuses morts connues de l'homme. Il endossa toutes nos souffrances, nos peines, nos maladies et nos afflictions. Et parce que c'était le Dieu infini Qui entrait dans toutes ces choses, Il les guérit toutes. C'est pourquoi le prophète Isaïe disait "par Ses blessures, nous sommes guéris." Satan, détenteur du pouvoir de la mort, crû avoir gagné. Il s'était emparé du Messie de Dieu. Ce qu'il n'avait pas réalisé, c'est que le Christ ne S'était jamais soumis à son autorité démoniaque. Le Christ n'était jamais entré dans la communion avec satan. Mais satan Le reçut quand même, et ce fut sa plus grande erreur. Satan n'ayant en réalité aucun pouvoir sur la mort, le Christ S'en libéra, et libéra et emmena en Paradis aussi les esprits qui étaient en communion avec Lui. Satan était désarmé. Le Christ avait dit qu'Il "désarmerait le fort", et Il le fit. Dans l'Apocalypse, le Christ dit que c'est LUI Qui "détient les clés de la mort et de l'Hadès / enfer;" C'est une profonde et glorieuse vérité. Le Christ était descendu dans les tréfonds de l'existence humaine. Il élevait à présent l'expérience humaine aux plus hautes cimes de l'expérience divine. C'est ça, le message de la Résurrection! La Résurrection, c'est l'introduction de l'humanité dans les lieux les plus élevés. C'est la déification du corps lui-même. Alors qu'auparavant, le corps avait été une prison de corruption, maladie et mort, à présent en Christ, c'était une glorieuse bénédiction. Il était renouvelé, déifié, rendu incorruptible.



Cependant, l'homme a toujours la liberté de choix. Dieu désire que tout homme entre en communion avec Ses énergies, Son amour. Mais l'amour véritable requiert la liberté. Si nous choisissons de ne pas être déifié, alors tel est notre choix. Si nous désirons ce merveilleux état de déification, alors comment faire? La première chose à faire, c'est avoir la foi. Car la foi est le fondement de toute la vie Chrétienne. Elle est cette attitude particulière qui ne considère pas Dieu comme un législateur distant, mais un Père tout proche, miséricordieux et bon. Celui qui agit en conformité à sa foi sera assurément sauvé. Il faut insister que la foi ne garantit pas qu'on agira en conformité avec la foi. On peut avoir la foi, mais si on n'agit pas en conformité avec elle, alors la foi meurt. Si quelqu'un AGIT conformément à la foi, alors il choisira d'être baptisé. Saint Paul nous le dit, ce Baptême nous revêt du Christ. Il nous revêt de Sa mort et Sa Résurrection. Il nous libère de la soumission à satan, qui s'empare de tout homme qui commet le péché, ne fut-ce qu'une seule fois. Ce système satanique est un système de loi. Une fois baptisés, nous en sommes libérés, car nous devenons "en Christ."
Comme satan n'avait nulle autorité sur le Christ, ainsi perd-t'il autorité sur tout homme qui est "en Christ." Nous nous retrouvons dans un autre système, un "système", où le but est "d'être participants à la nature divine" (2 Pierre 1,4), et d'être rendus "conformes à l'image de Son Fils" (Romains 8,29). Lorsque nous sommes oint de l'huile de Dieu - la Chrismation, décrite dans les Actes d'Apôtres et appelées "imposition des mains" - nous sommes habités par le Saint Esprit. Cette Chrismation fait vraiment partie du mystère du Baptême. Le Saint Esprit est notre seul espoir. Il est Celui Qui demeure en nous, Qui répand la grâce sur nous, et par Sa puissance nous pouvons accomplir toutes bonnes oeuvres, lesquelles sont requises pour le Salut. Ce n'est pas l'ouvrage que quelqu'un réalise sur son lieu de travail pendant un certain nombre d'heures et pour lequel le patron lui versera un salaire. Ça c'est le principe d'obligation, si fortement repoussé par saint Paul en Romains 4,4. Si nous oeuvrons ainsi, il n'y a pas de relation avec le patron. C'est simplement quelqu'un qui travaille et perçoit un juste salaire. Mais Dieu ne nous doit rien. Le Salut en lui-même requiert une COMMUNION intime avec Dieu, dès lors si quelqu'un accomplit ces oeuvres sans relation avec le Christ, la communion ne s'améliore pas, et ces oeuvres brûleront au Jugement Dernier. C'est pour cela que saint Seraphin de Sarov enseigne que seules les bonnes oeuvres accomplies pour l'amour du Christ nous apportent la grâce du Saint Esprit.
NT Wright décrit les oeuvres qui sauvent de la sorte. Les seules oeuvres qui apportent le bénéfice du salut sont celles qui sont organiquement liées à leur résultat. Par exemple, quand vous vous faites un nouvel ami, vous pourriez vous décrire comme "travaillant" à cette relation. Mais ce n'est qu'à prendre dans le sens que discuter, se fréquenter, lui consacrer du temps, cela produit naturellement une relation amicale. Si vous aviez été à sa maison, aviez tondu la pelouse, sans pour autant lui parler, cette "oeuvre" n'aurait pas produit de relation amicale. C'est la même chose avec Dieu. Prier, jeûner (car le jeûne étouffe les passions), communier aux vrais Corps et Sang du Christ dans l'Eucharistie, tout cela sont des moyens pour entrer en communion et relation avec Dieu. Ils produisent naturellement la communion avec Dieu.

Par Son Incarnation, Sa mort, et Sa Résurrection, le Christ a élevé le Peuple de Dieu - qui existait déjà sous la forme de l'ancien Israël - à l'état le plus haut et avancé qui puisse être, à savoir être Son propre Corps, que nous appelons l'Église.
L'Église est le Peuple de Dieu qui a pris part à la Nature divine de Jésus Christ et par le Saint Esprit. L'Église n'est "nécessaire pour le Salut" que parce que le Christ est nécessaire pour le Salut. C'est uniquement par le Christ que l'homme peut être sauvé, et l'Église est la présence du Christ dans le monde. C'est signifié d'une manière bien plus que symbolique. L'Église est une communauté eucharistique. C'est l'Eucharistie qui crée l'Église. Saint Paul dit "la Coupe de bénédiction que nous bénissons n'est-elle pas communion au sang du Christ? Le Pain que nous rompons, n'est-il pas communion au Corps du Christ? Parce qu'il n'y a qu'un Pain, plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce Pain unique." (1 Corinthiens 10,16-17)
L'Église est la Présence du Christ au monde du fait de la sainte Eucharistie. Nous devenons "un seul corps en Christ" en participant au Corps du Christ dans la sainte Eucharistie. Telle est la condition normative des choses sous la Nouvelle Alliance. Le Bon Larron sur la croix était-il membre de l'Église? Oui, car il était uni au Christ pour la rémission des péchés dans le Salut. Bien entendu, comme à ce moment-là le Christ n'était pas encore ressuscité, et le Saint Esprit pas encore répandu, on ne pourrait considérer ce bandit en croix comme un exemple normatif menant au Salut.
Moïse et Élie étaient aussi membres de l'Église, parce que l'Église n'est pas une organisation qui existe en ce monde, elle est une réalité céleste, contenant TOUT le Peuple de Dieu, rendue manifeste et visible en ce monde sous la forme des Communautés Eucharistiques.
Bien qu'à sa mort, l'homme expérimente un avant-goût de cette destinée éternelle, lorsque son corps et son âme sont séparés, ça reste un état non-naturel. Le Jour du Jugement Dernier, le Seigneur reviendra sur terre pour juger toute l'humanité. Ce "Jugement" est simplement le fait de placer chaque personne dans la situation que la condition de son âme requiert. Le Christ déifiera la Nouvelle Création. La grâce de Dieu sera en tous et par tous. Pour celui qui sera orienté vers Dieu, cela signifie qu'il continuera éternellement son voyage de déification. Pour celui qui est détourné de Dieu, les énergies de Dieu n'inspireront qu'une augmentation de la résistance à Dieu. Ainsi, celui qui s'était prélassé en étant sur la mauvaise voie continuera à jamais en cette voie. Son Image divine sera déconstruite à jamais, il deviendra toujours plus mauvais et égoïste. L'état de vivre éternellement sans le moindre amour pour autrui, et de vivre avec d'autres qui sont pareils, c'est ça, l'Hadès, l'enfer. L'état de vivre éternellement, dans un corps déifié et glorifié, dans une condition d'amour et de béatitude éternellement croissants, et de vivre sous le règne direct du Christ, le Roi, avec tous les autres qui servent avec amour le Christ Roi, ça c'est le Paradis. Cela ne veut pas dire que nous n'aurions rien à faire sur la Nouvelle Terre. Non, nous les porteurs de l'Image de Dieu pour toute la Création, ensemble avec Jésus-Christ, Qui est l'ultime Image de Dieu, nous oeuvrerons à jamais à notre mission de déifier toute la Création. Ca, c'est la joie éternelle.