Saint Materne

Vagues-à-l'âme d'un ami des vraies racines de la Belgique Chrétienne

scribe saint Baudemont, biographe de saint Amand


"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

13 juillet 2008

Autorité de la Foi ou autorité humaine? (Trinité 3, R.O.O Eorhf)

Le Bon Berger
fresque de la catacombe de Domitilla/Domatilla
Crypte de Lucina, vers 200


Matines :

Psaume 17 Diligam te, Domine
Je t'aime, Seigneur, ma force * Seigneur, mon roc, ma citadelle, mon libérateur.
Mon Dieu, tu es le roc où je trouve mon refuge * mon bouclier, mon sauveur tout-puissant, ma forteresse,
à peine ai-je invoqué le Seigneur de toute louange * que je suis délivré de mes ennemis.
Les eaux de la mort m'avaient environné * les torrents dévastateurs avaient fondu sur moi;
les chaînes du séjour des morts m'avaient enserré * la mort elle-même m'avait déjà pris dans ses filets.
Dans ma détresse alors, j'ai invoqué le Seigneur * j'ai crié vers mon Dieu;
et de sa demeure il a perçu ma voix * mon appel a frappé ses oreilles.
Alors la terre frémit et trembla, les fondements des montagnes furent ébranlés * car Dieu allumait sa colère.
Une fumée sortait de ses narines, de sa bouche des flammes dévorantes * et des éclairs jaillissaient de toutes parts.
Il descendit sur les cieux qui s'inclinaient * il avait les pieds sur de noires nuées.
Il volait, monté sur un chérubin * il planait sur les ailes du vent.
Il se drapait dans les ténèbres qui lui faisaient comme une tente * une couverture de sombres torrents et d'épaisses nuées;
devant l'éclat de sa présence * des éclairs s'allumèrent.
Et le Seigneur tonna dans les cieux * le Très-Haut fit retentir le fracas de sa voix.
Il lança ses flèches et dispersa mes ennemis * il déchaîna des foudres qui les mirent en déroute.
Alors apparut le lit de la mer * et la terre fut mise à nu jusque dans ses fondements,
lorsque retentit la voix menaçante du Seigneur * et que gronda l'ouragan de sa colère.
D'en haut, Dieu étendit la main pour me saisir * il me retira du sein des grandes eaux.
Il me délivra d'un ennemi puissant * et d'adversaires qui l'emportaient sur moi.
Ils voulaient m'assaillir en un jour néfaste * mais le Seigneur s'est fait mon appui,
il m'a mis au large * il m'a sauvé parce qu'il m'aime.
Le Seigneur m'a traité selon mon innocence * il a récompensé la pureté de mes mains;
car j'ai suivi les sentiers du Seigneur * et l'impiété ne m'a pas détourné de mon Dieu.
Car j'ai conservé sa loi devant les yeux * je n'ai point méprisé ses préceptes;
je suis resté intègre devant lui * et je me suis gardé de tout péché.
Vraiment le Seigneur m'a traité selon mon innocence * selon la pureté de mes mains à ses yeux,
car avec l'homme bon tu te montres bon * intègre avec l'homme intègre;
avec l'homme pur, tu te montres pur * mais avec l'homme retors, tu joues d'astuce.
Oui, tu portes secours aux gens de pauvre condition * mais tu rabats les regards des orgueilleux.
En vérité, tu es mon flambeau, Seigneur * mon Dieu, lumière de mes ténèbres.
Grâce à toi, je peux faire face à une bande d'ennemis * grâce à mon Dieu, j'escalade des murailles.
Les voies de Dieu sont parfaites, la parole du Seigneur est passée à l'épreuve du feu * il est le bouclier de ceux qui cherchent refuge en lui.
Qui donc est Dieu sinon le Seigneur * Qui est un roc sinon notre Dieu?
Ce Dieu qui me ceint de courage * qui me propose une vie droite;
qui rend mes pieds légers comme ceux des biches * qui m'établit sur les cimes;
qui exerce mes mains pour le combat * et mes bras pour bander l'arc d'airain.
Tu m'as couvert de ton bouclier sauveur * tu m'as soutenu de la main
tes soins m'ont fait grand * Sous mes pas tu as élargi la route afin que mes pieds ne bronchent point.
Quand je poursuis mes ennemis, je les atteins * je ne reviens pas sans les avoir anéantis.
Je les écrase au point que jamais ils ne se relèveront * ils sont tombés sous mes pieds.
Tu m'as ceint d'un courage guerrier * tu as fait ployer sous moi mes adversaires.
Tu as mis en fuite mes ennemis * ceux qui me haïssent tu les anéantis.
Ils avaient beau crier, il n'y avait personne pour leur porter secours * ils invoquaient le Seigneur, il ne leur a pas répondu.
J'ai pu les disperser comme la poussière dans le vent * comme la boue des chemins, je les ai piétinés.
Tu m'as délivré des discordes populaires * pour me placer à la tête des nations;
un peuple que je ne connaissais pas est devenu mon sujet * il s'est soumis à ma première sommation.
Les étrangers sont venus me faire la cour * les étrangers perdant courage sont sortis de leurs forteresses en tremblant.
Vive Dieu, et béni soit mon roc * et que soit couvert de louanges le Dieu qui m'a sauvé;
ce Dieu qui m'a permis de me venger * qui m'a soumis les peuples, qui m'a délivré de mes ennemis!
Tu m'as élevé au-dessus de tous mes adversaires * tu m'as fait échapper à l'homme de violence.
C'est pourquoi je vais te louer devant les nations * Seigneur, je vais chanter à la gloire de ton Nom.
Car tu as donné de grandes victoires à ton roi, tu as manifesté ta bonté envers celui qui t'est consacré * envers David et sa postérité pour toujours.
Gloire au Père et au Fils * et au Saint Esprit.
Comme au commencement, maintenant et toujours * et aux siècles des siècles. Amen.

Job 19,1-fin
Job prit alors la parole en ces termes : Jusques à quand affligerez-vous mon âme et m'accablerez-vous de vos discours? Voilà dix fois que vous m'outragez, vous n'avez pas honte de m'insulter. Quand même j'aurais vraiment péché, ma faute ne regarderait que moi seul. Si vous voulez le prendre de haut,et me convaincre d'ignominie, sachez que c'est Dieu qui m'a fait tort, et qui m'a enveloppé de ses filets. Je crie à la violence et nul ne me répond, j'en appelle et il n'est point fait justice. Il a barré mon chemin pour que je ne puisse passer, il répand les ténèbres sur ma route, il m'a dépouillé de ma gloire, il a découronné ma tête. Il m'a démoli tout entier, je m'écroule, il a déraciné mon espoir comme un arbre, il a allumé contre moi sa colère, Il m'a traité comme un ennemi. Ses bandes se sont concentrées, elles ont construit des remblais pour m'assaillir, elles ont campé autour de ma tente. Mes frères se sont éloignés de moi, mes amis se sont détournés de moi. Mes proches et mes intimes ont disparu, les hôtes de ma maison m'ont oublié. Mes servantes me regardent comme un étranger, je suis pour elles un inconnu. J'appelle mon esclave, il ne répond pas, je dois de ma bouche le supplier. Mon haleine répugne à ma femme, je suis à charge à mes propres enfants. Les gamins même me raillent; quand je me lève, ils se moquent de moi. Mes intimes me prennent en horreur, ceux que j'aimais se tournent contre moi. Mes os sont collés à ma peau, à ma chair, je souffre jusque dans mes os. Pitié! Pitié pour moi, vous du moins, mes amis, car la main de Dieu m'a frappé. Pourquoi me poursuivre comme Dieu, et vous montrer insatiables de ma chair? Oh! si mes paroles pouvaient être écrites, consignées dans un livre, gravées au stylet de fer sur du plomb, sculptées pour toujours dans le roc! Je le sais, mon Vengeur est vivant, qui paraîtra finalement sur la terre. À mon réveil, je me tiendrai debout, de ma chair je verrai Dieu. C'est moi-même qui le contemplerai, mes yeux le verront, non ceux d'un autre; mes reins se consument au dedans de moi. Que si vous dites : "Comment le poursuivrons-nous, et trouverons-nous en lui une raison de le condamner?" Redoutez pour vous le glaive, car la colère de Dieu poursuit les méchants, et vous saurez qu'il y a une justice.

Évangile selon saint Marc 4,1-29
Jésus Se remit à enseigner au bord du lac. Une foule si dense se rassemble près de Lui qu'Il S'installe dans une barque, sur le lac, et toute la foule demeurait à terre. Et Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles. Il leur disait dans Son enseignement : "Écoutez : Le semeur sortit pour semer. Il advint, tandis qu'il semait, qu'une partie de la graine tomba le long du chemin; les oiseaux vinrent la manger. Une autre partie tomba aussi sur le sol pierreux, où elle ne trouva pas beaucoup de terre; elle germa aussitôt, parce que la terre était peu profonde, mais lorsque le soleil se leva, surchauffée, faute de racines elle sécha. D'autres graines tombèrent dans les épines; les épines montèrent, les étouffèrent et le grain ne donna pas de fruit. D'autres tombèrent dans la bonne terre et donnèrent du fruit en montant et se développant, et rendirent 30, 60, cent pour un." Et Il ajouta : "A bon entendeur d'entendre!"
Une fois seuls, Ses intimes ainsi que les Douze L'interrogèrent sur les paraboles. Il leur dit : "À vous est confié le mystère du Royaume de Dieu, mais pour ceux qui se trouvent au dehors, tout passe en paraboles; de la sorte ils regardent de leurs yeux sans y voir, ils entendent de leurs oreilles sans comprendre, de peur qu'ils ne se convertissent et qu'il ne leur soit pardonné." Et Il ajouta : "Vous ne comprenez pas cette parabole? Et comment saisirez-vous toutes les autres? Le
Semeur sème la parole. Certains se trouvent le long du chemin où elle est semée; à peine l'ont-ils entendue que Satan vient enlever la parole semée en eux. D'autres reçoivent la semence dans des endroits pierreux; quand ils entendent la parole, ils l'accueillent aussitôt avec joie; mais ils n'ont pas de racine en eux-mêmes, ils sont versatiles : survienne ensuite une épreuve ou une persécution provoquée par la parole, ils trébuchent. D'autres encore reçoivent la semence parmi les épines; ils entendent la parole, mais les soucis du monde, la séduction des richesses et les convoitises multiples qui les pénètrent étouffent la parole et la rendent stérile. Ceux qui reçoivent la semence dans la bonne terre écoutent la parole, l'accueillent, et portent du fruit, 30, 60 et cent pour un."
Il leur disait encore : "Apporte-t-on la lampe pour la poser sous le boisseau ou sous le lit? N'est-ce pas pour la mettre sur le lampadaire? Car il n'est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être produit au grand jour. A bon entendeur d'entendre!" Il leur disait encore : "Soyez attentifs à ce que vous entendez. On mesurera pour vous selon la mesure avec laquelle vous mesurez, et l'on y ajoutera encore pour vous, qui écoutez bien. Car à celui qui possède, on donnera; mais à celui qui ne possède rien, on ôtera même ce qu'il croit avoir."
Il disait encore : "Il en est du Royaume de Dieu comme d'un homme qui aurait jeté la semence en terre. Qu'il dorme ou se lève, la nuit et le jour, la semence germe et grandit sans qu'il sache comment. D'elle-même la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis du grain plein l'épi. Dès que le fruit le permet, on y met la faucille, car la moisson est à terme."

COLLECTE POUR DIMANCHE TRINITÉ 3
O Seigneur, nous Te supplions de nous exaucer en Ta miséricorde; et puisque Tu nous as donné un ardent désir de Te prier, accorde-nous aussi Ton puissant secours, pour nous défendre dans tous les périls, et nous réconforter dans toutes les épreuves.
Par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.

Divine Liturgie (Sarum) :

Épître : 1 Pierre 5,5-11
De même, vous autres qui êtes plus jeunes, soyez soumis aux anciens. Tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d'humilité; car Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne Sa grâce aux humbles . Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'Il vous élève au temps voulu. Déchargez-vous sur Lui de tous vos soucis, car Il prend soin de vous.
Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde autour de vous comme un lion rugissant en quête d'une proie à dévorer. Résistez-lui, fermes dans la Foi. Vous savez que vos frères par le monde endurent les mêmes souffrances que vous. Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés dans le Christ à sa gloire éternelle, après une courte épreuve, vous perfectionnera Lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. À Lui la puissance dans les siècles des siècles! Amen.

Évangile : Saint Luc 15,1-10
Les publicains et les pécheurs s'approchaient de Jésus pour l'entendre. Les pharisiens et les scribes murmuraient alors: "Cet homme accueille des pécheurs, disaient-ils, et il mange à leur table." Mais il riposta par cette parabole: "Quelqu'un d'entre vous possède cent brebis. S'il en perd une, ne laisse-t-il pas les 99 autres dans le désert, pour aller chercher celle qui est perdue jusqu'à ce qu'il la retrouve? Quand il l'a trouvée, il la met, tout joyeux, sur ses épaules; puis, de retour à la maison, il appelle ses amis et ses voisins et leur dit: Réjouissez-vous avec moi: j'ai retrouvé ma brebis qui était perdue. - De même, vous dis-je, il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur pénitent que pour 99 justes qui n'ont pas besoin de repentance."
"Une femme possède dix pièces. Vient-elle à en perdre une, n'allume-t-elle pas sa lampe, ne balaie-t-elle pas sa maison avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve? Et quand elle l'a retrouvée, elle appelle ses amies et ses voisines: Réjouissez-vous avec moi, dit-elle, car j'ai retrouvé la pièce que j'avais perdue. Ainsi, vous dis-je, il y a de la joie parmi les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent."



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HOMÉLIE DU DIMANCHE TRINITÉ 3


homélie 2007/2008:
A première vue, l'Épître et l'Évangile de ce jour sont sans rapport entre eux, et la moindre relation qu'on pourrait établir est probablement très limitée. Cependant, tous 2 soulèvent quelques réflexions à propos d'aspects de la crise à laquelle le Christianisme en général est confronté, et partant, les Chrétiens en tant que tels. On a dit que la crise actuelle du Christianisme en Occident est une crise d'autorité. C'est un terme que beaucoup ont entendu, et que très peu ont cherché à comprendre sérieusement. Bien des livres ont été écrits sur le sujet, certains sérieux, d'autres pas vraiment. Ils semblent tous approcher le problème du point de vue suivant : que font les lecteurs et les conseilleurs – en quoi se trompent-ils? Je me demande plutôt si c'est bien une bonne approche d'un problème qui est bien plus basique que ça.
Au moins jusqu'à un certain point, nous sommes tous conscients des changements qui se sont abattus sur notre monde au cours de la centaine d'années écoulées. Tout amateur d'Histoire un tant soit peu averti pourrait réciter des complaintes écrites il y a 2.500 ans d'ici à propos de la chute du monde d'un état de bonne morale vers un état de décadence, chute qui aurait eu lieu dans l'espace de la génération précédente. Cependant, il semble que nous, au cours de nos 2 ou 3 dernières générations, nous avons été confrontés à un déluge de changements sociétaux qui vont bien plus loin que la définition d'une simple révolution. Alors que cette révolution est de toute évidence dans la technologie, l'organisation et la population, le fait est qu'elle a été encore bien plus profonde côté morale et religion. Les valeurs à tous les niveaux de la société ont été fondamentalement modifiées au cours du siècle écoulé, selon des manières que nous ne parvenons pas toujours à reconnaître, captifs que nous sommes au milieu de ce tourbillon en cours.
C'était face à quelque chose approchant une situation religieuse semblable qu'un prêtre vivant il y a quelque 1.500 ans d'ici sur une île au large du sud de la France exhorta les futurs Chrétiens Orthodoxes, expliquant qu'en cas d'un désastre jusqu'alors inconnu, un désastre d'hérésie s'emparant de l'Église, ils auraient à avoir recours aux Écritures, aux Conciles, et aux Pères, et s'en tenir exclusivement à cet enseignement qui a démontré être l'enseignement originel et entièrement accepté, celui de l'Église indivise. Il expliqua qu'il y avait une différence fondamentale entre "changement" et "développement" : alors que le véritable développement se déroule au sein de la Foi inaltérable, le changement transforme la Foi en quelque chose d'autre. Il avait prédit qu'une fois qu'un dogme de la Foi était abandonné, bien vite il serait suivi par un autre, puis encore un autre, et que cela deviendrait une affaire de "droit" d'apporter des changements unilatéraux à la Foi, au point d'en arriver au moment où la Foi entière serait perdue.
Le problème pour les Chrétiens dans notre société est que la situation prédite par saint Vincent de Lérins a déjà eu lieu, et quelles qu'aient pu être les structures de direction au sein des divers groupes chrétiens, elles ont toutes été impuissantes à empêcher la succession de changements et d'abandons. Le point commun de ces groupes est que durant fort longtemps, il n'y a pas eu d'autorité doctrinale. Le modèle légaliste romain qui a été repris d'une manière ou d'une autre par nombre de groupes chrétiens occidentaux repose sur l'autorité de la puissance hiérarchique plutôt que sur l'autorité intrinsèque de la Foi. Ceux qui ont le pouvoir ne sont pas liés par une allégeance commune à une Foi faisant autorité, d'où la nature atomisée de tant de chrétientés. Des désaccords doctrinaux amènent logiquement à des schismes face à un pouvoir centralisé. Dès lors, en réalité, leur doctrine n'a pas d'autorité indépendante, et cela fut finalement ouvertement reconnu, avec comme résultante le rejet par les groupes chrétiens européens et nord-américains modernes de presque tout ce qui restait du Christianisme original, à savoir l'Orthodoxe.
Il n'y avait pas soumission [communion] les uns aux autres pour maintenir l'autorité et l'intégrité d'une Foi commune, mais plutôt une imposition d'une opinion changeante par une puissante élite. Les dirigeants ne cherchaient pas après ceux qui s'égaraient loin de la Foi Chrétienne Orthodoxe, mais uniquement après ceux qui s'égaraient loin de leur autorité organisationnelle. Cette autorité des dirigeants de ce qui était devenu une religion séculière, en vint à être largement affirmée, et à grande échelle; à vue humaine, il est difficile de la voir remplacée par des pasteurs Chrétiens unis dans leur allégeance commune à la Foi Chrétienne Orthodoxe.
In fine, nous sommes entre les mains de Dieu, un fait que la plupart de ceux qui de nos jours s'appellent eux-mêmes Chrétiens ont oublié de vraiment reconnaître depuis fort longtemps. Dieu seul sait résoudre cette situation. Entre-temps, nous devons rester à notre place, et nous efforcer de discerner, et nous en tenir fermement à la Foi Chrétienne Orthodoxe, peu importe sa non-acceptation par la société environnante. Nous devons être Orthodoxes, et travailler à répandre l'Orthodoxie, et prier afin que Dieu utilise notre travail.
Amen.

p. Michaël, higoumène (abbé), Saint-Petroc monastery, EORHF/Rocor
http://www.orthodoxresurgence.com/petroc/index.htm
http://www.orthodoxresurgence.com


L'unique choix crucial & vital :

Dieu



ou César



un choix aux implications éternelles...

(cliquez sur l'image pour un grand format)

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27 février 2008

Nostalgie de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières et de la sainte Russie

Le Bapteme de la Russie, peinture de Mikhail Shankov, 2003Le Baptême de la Russie
Mikhail Shankov, 2003


Nostalgie de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières
http://portal-credo.ru/site/print.php?act=english&id=292

Par le protopresbytre Pavel Adelheim (diocèse de Pskov, Église Orthodoxe de Russie, patriarcat de Moscou)


P. Pavel, expliquant l'église à des visiteurs. De 1970 à 1973, il a connu les geôles socialistes pour avoir voulu construire une église à Bouchara. source photo

La nostalgie et la promesse de réunification de "l'Église en Russie" après qu'elle ait été libérée du régime soviétique tourmente l'Église Hors Frontières. Les raisons se sont accumulées qui ont fait croire que le moment était venu. Le régime soviétique avait joué avec les sentiments des émigrés Russes à bien des reprises, et avait à chaque fois gagné. Et ils avaient brutalement perdu, et payé chèrement pour leur confiance, car leurs sentiments étaient sincères.
Le patriarcat de Moscou, Église Orthodoxe de Russie, a toujours joué la carte du régime soviétique. Non pas parce qu'il aimait particulièrement le régime soviétique, mais parce qu'il aimait le pouvoir en tant que tel, que c'était chair de sa chair, comme pour toute la nomenklatura soviétique.
L'Occident naïf comprend le "régime soviétique" comme une construction idéologique, qui se sera achevée lorsque cela aura pris un autre nom. Le "régime soviétique" change constamment d'apparence – la sienne et celle de ses institutions de répression. L'Occident croit que la répressive "Tcheka" a changé quand ils l'ont appelée le "GPU;" que c'était rechangé lorsqu'ils l'ont appelé "NKVD;" qu'en devenant le "MGB" il s'était adouci; qu'il serait devenu humain en devenant le "KGB;" et qu'en étant à présent appelé le "FSB", il serait devenu complètement démocratique. A présent il serait engagé dans la défense des droits de l'homme et la philanthropie, et il aimerait les petits enfants.
En un clin d'oeil, le PCUS (Parti Communiste / Socialiste d'Union Soviétique) aurait disparu du pays, comme s'il n'avait jamais existé. Où donc sont soudainement passés les millions de membres de ce parti? Il n'y a jamais eu de PCUS. Le PCUS était un mythe. La nomenklatura [номенклатура] a vraiment existé, et elle n'a pas disparu : elle était, elle est et elle sera, changeant de peau, préservant ses membres et son essence.
Le terme "régime soviétique" exprime la teneur de conscience sociale, qui change lentement – plaise à Dieu – au cours des siècles, sous l'influence de la réalité objective. Ce processus interne continue aussi de nous jours; mais l'impératif éthique s'en trouve absent. Il est orienté vers le collectif, et non pas vers l'individuel, qui est toujours lié au précédent. Nous étions habitués à chanter "là où l'homme respire si librement," alors que la moitié du pays était à mourir dans les camps [Goulag]. L'Occident était ravi par notre humanisme. A Tula, ils fabriquent des samovars. Les ouvriers en prennent une partie en cachette. Quand ils les assemblent, inévitablement, cela donne une mitrailleuse. Pour nous, nous comprenons; mais l'Occident ne comprend pas.
Nombre de fois, nos émissaires ont persuadé des émigrés à revenir. Toujours avec succès. Le métropolite Nikolai (Yarushevich), un patriote sincère et remarquable prédicateur, prit une part active dans ces actions. Lorsqu'on lui demandait "Vladika, pourquoi mentez-vous, disant que dans notre pays, nous avons la liberté de conscience?", il répondait "si votre mère était une poivrote, est-ce que vous iriez le clamer dans le monde entier?"
Les conséquences de ces rapatriements ont été décrites en Occident. Souvenez-vous du sort de Marina Tsvetayeva, qui rentra avant la seconde guerre mondiale. Souvenez-vous des Cosaques, qui furent ramenés (de force) après la guerre. Pouvez-vous tous vous les rappeler? Qu'avez-vous besoin d'autre? Les faits ne sont pas agréables; les gens veulent avoir de l'espoir. A chacun son propre espoir. Pourquoi l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières n'a-t'elle pas analysé l'expérience des "non-commémorateurs" du patriarcat de Moscou? C'était des Confesseurs, qui sont rentrés des camps de concentration et d'exil, des générations entières poussées par dessus bord de la réalité soviétique. Nombre d'entre eux ont à présent été glorifiés comme néo-martyrs. Quel fut leur sort? Certains n'ont pas vécu jusqu'à nos jours, certains se sont joints, d'autres n'ont pas pu. Le schisme était officiellement surmonté. La confrontation entre les sentiments "soviétiques" et "anti-soviétiques" a survécu au régime Soviétique. Les politiques n'y sont pour rien. Le sentiment "anti-soviétique" signifie le conformisme, il a justifié la fausseté et a offert l'homme en sacrifice. Les 2 positions vitales étaient reflétées dans la vision du monde, la religion, l'art et la science.
Dès 1927, deux tendances étaient apparues dans la conscience ecclésiale, qui définissaient de manières différentes l'interaction de l'Église avec l'État. Les évêques détenus dans le camp de concentration de Solovki exprimèrent une position dans "l'Épître de Solovki." La position contraire fut exposée dans la "Déclaration" du métropolite Serge (Stragorodsky). L'opposition des positions était posée, et elle prédéterminera la rupture de l'Église entre les "Sergianistes" et les "non-commémorateurs."
Après leur retour, les "non-commémorateurs" restèrent des citoyen de seconde zone ayant un rôle second. L'archevêque Hermogène (Golubev) donna son coeur et toutes ses forces au patriarcat de Moscou. Il acheva sa vie dans la réclusion, privé des divins Offices et de liberté. On l'a trompé, on l'a enfermé jusqu'au restant de ses jours dans le monastère Zhirovitsky, et on n'a pas répondu à ses appels.
L'Occident n'a pas non plus compris ce qui s'était passé à Londres. La Charte de 1988 du patriarcat de Moscou permettait au métropolite Antoine (Bloom) d'amender la Charte du diocèse de Sourozh (Angleterre) à condition que cela soit confirmé par Moscou. La Charte ne fut jamais confirmée.
L'évêque Basil (Osborne) comprit que les espoirs du métropolite Anthony ne seraient jamais réalisés, et il quitta [le patriarcat de Moscou] pour Constantinople.
"L'Acte de Communion Canonique" a été construit sur le principe de l'expression russe "oui et en même temps non" – "je le permet mais je l'interdis." Un point contredit l'autre, et nécessite des explications complémentaires; par exemple, le point 3 est en contradiction avec le 9. Le 11ème et le 12ème annulent le sens du 10ème. C'est la répétition directe de l'histoire (du diocèse) de Londres. Moscou confirme l'élection du premier hiérarque, et de chaque hiérarque, et de l'établissement de diocèses. Et que se passe-t'il si Moscou ne confirme pas? Une coordination ou une procédure de conciliation n'a pas été prévue, de sorte que Moscou prendra les décisions finales au sujet des nominations.
Est-ce qu'une ébauche abrégée, dans laquelle il n'y a accord sur rien, peut devenir la base légale pour l'existence de l'EORHF sous de nouvelles conditions? Ce sont des zones complètement inconnues qui mènent à l'arbitraire. La déclaration concernant l'indépendance n'est pas défendue par le moindre mécanisme et reste une prétention vide. Quel enfantillage!
N'auraient-ils pas pu trouver un expert compétent en matière juridique? Tous les professeurs de Droit Canon sont morts? La loi défend le faible. Tout ce qui n'est pas explicitement prévu par la loi, le puissant l'interprétera à son avantage dès qu'il en aura l'occasion.
Il est inutile d'expliquer aux émigrés les truismes de la psychologie soviétique. L'expérience ne leur apprend rien : "l'expérience n'a jamais sauvé personne d'une calamité." Les descendants des émigrés croient que la Russie est, comme avant, ce pays que leurs grands-parents avaient quitté. Nous vivons dans une autre Russie, qui est malade de la perte de ses fondements moraux. Ils ont été détruits tant dans l'État que dans l'Église, et dans la société. Quand la conscience a été perdue, même la loi ne sait rien y faire. Si la repentance ne sait pas affaiblir la conscience, le résultat sera fatal. Ces décennies d'appels à la repentance, que l'EORHF avait adressés à la Russie, ne s'entendront désormais plus...

*-*-*-*-*-*-*-*-*-*

Cet article est aussi repris sur un site d'une des parties de l'EORHF qui n'a pas accepté de se soumettre à l'Église de Russie sous les conditions dénoncées par le p. Pavel ci-dessus.


La Russie retrouve une influence globale, mais elle est moralement loin de l'idéal - Soljenitsyne
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=4046

Petropavlovsk-Kamchatsky, 10 Décembre 2007, 11:18, Interfax – Quand bien même la Russie a retrouvé une grande partie de son ancienne influence sur la scène mondiale, son ambiance
Alexandre Soljenitsinespirituelle et morale domestique est loin d'être idéale, a déclaré l'écrivain Alexandre Solzhenitsyn.
"La Russie a retrouvé son influence dans les relations internationales, et son rôle dans le monde. Mais à l'intérieur, moralement, nous sommes loin de ce que nous souhaitons et de ce que nous devrions être," a déclaré Soljenitsyne dans une entrevue à l'émission Vesti Nedeli, sur la chaîne de télévision Rossiya.
"De profonds et difficiles développement sont encore requis, ce que nulle action gouvernementale ou parlementaire ne pourrait réaliser. C'est un processus spirituel très complexe," dit l'écrivain.
A la question de savoir si le processus réussira, Soljenitsyne dit que "cela dépend de comment il se déroulera."
Lorsqu'on lui demande s'il croit encore que le "sauvetage de la nation" est la seule idée nationale acceptable, l'écrivain dit "pas la seule, mais faisable."
La société n'est pas suffisamment mure pour accepter l'idée nationale à long terme, dit-il. "C'était révulsant de voir tout ce tapage à propos de l'idée nationale lorsqu'elle a été lancée. Allons, c'est quoi cette histoire?! Vous n'êtes pas mûr pour ça," dit Soljenitsyne.
Une idée nationale ne sait pas suffire au sauvetage de la nation. "A côté du sauvetage, il y a bien plus important – en premier lieu, le développement spirituel est nécessaire. Mais le sauvetage pourrait être le premier pas," dit-il.

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A (re)lire absolument, cette splendide entrevue d'Alexandre Soljenitsyne donnée à l'hebdo allemand Der Spiegel en juillet 2007, en traduction française intégrale sur la page suivante :
http://www.maison-russie.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=2795



Les Russes refusent de voir dans l'Église une source de valeurs morales pour leurs enfants (sondage)
http://fr.rian.ru/society/20071011/83480747.html

MOSCOU, 11 octobre 2007, 19:18 - RIA Novosti. Dans leur majorité, les Russes refusent de voir dans l'Église une source de valeurs morales pour la génération montante, a annoncé le Centre de sondages d'opinion VTsIOM dans un communiqué jeudi.
De l'avis de 67% des personnes interrogées, les enfants et les jeunes doivent s'initier aux valeurs morales d'abord en famille et en deuxième lieu à l'école (17%).
Des sondages montrent également que 4% seulement voient dans l'Église une source de valeurs morales, alors que 5% des interrogées citent la télévision, 3% la littérature et les arts et 1% l'armée.
Aux termes de cette étude, les religions ayant le plus d'adeptes en Russie sont le christianisme de rite orthodoxe (75%) et l'islam (8%). Entre 1% et 2% des sondés disent appartenir à d'autres confessions.
Un tiers des sondés admettent l'existence de Dieu mais s'intéressent peu à la vie de l'Église. Les athées convaincus ne représentent que 6% des sondés, et 8% ne réfléchissent jamais à leur attitude envers la religion.
La moitié des Russes sont des croyants, 10% vont régulièrement à l'église et sont des pratiquants "fervents", mais 43% se disent pratiquants occasionnels et ne se rendent à l'église que pour les cérémonies et les grandes fêtes.
Le VTsIOM a pratiqué des sondages sur l'attitude des Russes envers la religion les 25-26 août et les 1-2 septembre 2007, chaque fois auprès de 1.600 personnes dans 146 localités de 46 régions russes. La marge d'erreur statistique ne dépasse pas 3,4%.

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Vie chrétienne réelle en Russie actuelle –
entrevue du métropolite Kyrill de Smolensk dans le quotidien allemand "Der Spiegel"


Métropolite Kirill de Smolensk & Kaliningrad : "La Bible appelle ça un péché."
http://orthodoxeurope.org/page/14/135.aspx#2

Le métropolite Kirill, ministère des affaires étrangères de l'Église Orthodoxe de Russie, discute des valeurs Chrétiennes dans l'ère post-communiste, de ses relations avec le pape à Rome, du pratiquant Vladimir Poutine – et se querelle avec Der Spiegel à propos de l'homosexualité.
[...]
Spiegel: Il est évident que nombre de Russes ont adopté un style de vie libéral occidental. Avoir des relations sexuelles avant le mariage est quelque chose de normal pour beaucoup, et seule une petite minorité vient régulièrement à l'église. Quelle est la réelle implantation des valeurs Chrétiennes en Russie?

Kirill: On ne saurait mesurer la spiritualité avec des statistiques. Cependant, nous ne craignons pas les comparaisons. Moins de 20 ans après la chute de l'Union Soviétique, le nombre des églises a quadruplé, nous avons à présent 2 fois plus de diocèses, et le nombre de monastères est passé de 32 à 700 aujourd'hui. Quinze mille jeunes étudient la théologie. D'un autre côté, bien que quelque 80% des bébés soient baptisés en Russie, seuls 60% des Russes se disent Chrétiens Orthodoxes, et moins de 10% viennent régulièrement à l'église – et moins encore dans certaines provinces. En d'autres termes, nous n'avons pas besoin de construire de nouvelles églises, mais ce que nous devons faire, c'est aider notre peuple à comprendre à quel point il est important d'adhérer aux valeurs Chrétiennes. Quant à y parvenir, cela dépendra aussi de notre capacité à nous libérer des influences étrangères.
[...]

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L'interprétation Chrétienne de l'amour est la moins populaire parmi les Russes - étude
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=4051

Moscou, 10 Décembre 2007, 16:20, Interfax – Les Russes n'associent pas l'amour avec le bonheur familial, et la compréhension Chrétienne de l'amour est la plus impopulaire parmi eux.
Selon une étude menée par le Superjob center, publiée dans le quotidien Noviye Izvestia ce
mariage orthodoxe greclundi, plus de la moitié des personnes interrogées (près de 53%) ont déclaré que de nos jours, une personne considère que l'amour c'est une histoire d'amour avec de forts sentiments, mais n'aboutissant pas nécessairement à fonder une famille.
Seuls 2 % considèrent l'interprétation Chrétienne de l'amour comme étant s'occuper de ceux qui nous sont proches et chers.
21% des interrogés réduisent l'amour au sexe, et seuls 17% croient que l'amour, ce sont des "relations familiales de longue durée éprouvées par des difficultés."
Les responsables des associations d'enfants et familiales sont alarmés par la situation actuelle. "Ce n'est pas seulement que la prochaine génération n'aura pas le temps pour avoir des relations durables, mais c'est qu'ils n'en veulent tout simplement pas," dit Marina Tumacheva, une responsable de la fondation Druzhnaya Semya.
Elle regrette que c'est "une génération de robots égoïstes qui ne se soucient que de satisfaire leurs instincts animaux" qui est en train de grandir en Russie, et elle souligne "qu'une telle civilisation n'a pas d'avenir."



Le tournant vers la religion atteste que quelque chose va mal dans le pays
http://fr.rian.ru/society/20060921/54140862-print.html

21/09/2006 19:58 MOSCOU, 21 septembre - RIA Novosti. L'accroissement de la religiosité, du moins déclarée, est évident en Russie. Il y a dix ans, d'après les données du centre d'étude de l'opinion publique (centre Levada), 44% des Russes se considéraient comme croyants et 43 %, comme athées. Aujourd'hui, le rapport est de 62% à 28%.
Selon les critères mondiaux, l'attachement des Russes à la religion est plutôt modeste, fait remarquer le quotidien Kommersant. Dans la "cote de l'athéisme" établie par le Pitzer College américain pour 2005, la Russie occupe la 12e place parmi 50 pays. Les chercheurs en sont venus à la conclusion que 48 % des Russes sont athées ou agnostiques. La Russie est devancée par les pays d'Europe du Nord (où le niveau d'athéisme atteint 80%), le Japon, la Corée du Sud, la France, l'Allemagne et la République tchèque.
Cependant, la diminution du nombre de croyants dans les pays industrialisés contredit la tendance mondiale, écrit le quotidien. D'après les données de Pow Research, en 2002, la part des croyants était d'environ 20% en Europe, de 60 à 80% en Amérique latine et d'environ 100% en Afrique.
Les experts indiquent les racines sociales de l'attirance croissante pour la religion. "L'insécurité sociale et personnelle est un facteur favorisant l'athéisme dans la société", estiment les auteurs du rapport du Pitzer College. La situation de crise sociale alimente la religiosité. Ainsi, au Mexique, le nombre de personnes qui déclarent que la foi est très importante pour elles a augmenté, entre 1990 à 2000, de près de deux fois, en passant de 44% à 82,5%.
On perçoit un lien entre l'inégalité sociale et la religiosité. Une autre explication : le tournant vers la religion est une réponse à la mondialisation.
Le retour des organisations religieuses dans la vie sociale et politique est un facteur important de "renaissance religieuse". "Depuis la fin des années 1970, la religion a commencé à revenir dans la vie sociale, publique", indique le professeur russe Alexandre Agadjanian. Selon lui, le monde musulman est le leader de ces processus. La révolution islamique de 1979 en Iran peut être considérée comme le point de départ. D'autres événements significatifs ont eu lieu ensuite : la recrudescence de la concurrence entre les catholiques et les protestants en Amérique latine dans les années 1980, l'accès du parti hindouiste à la vie politique en Inde dans les années 1990.

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Mais vers quel "dieu" se tournent-ils alors, si objectivement d'après mgr Kyrill, le Christianisme, à savoir l'Orthodoxie, ne représente même pas 10% de la population? Réponse : la vague religiosité genre "nouvel âge" et .. les sectes.

Russie: les sectes de personnes ayant quitté l'Église attirent des adeptes par centaines de milliers
Panorama du désastre, en anglais, site Orthodoxe :
http://molonlabe70.blogspot.com/2008/02/bewitching-lure-of-home-grown-cults.html

Et cette absence de Foi bien répandue autrement que dans les chiffres des patriarcats se reflète dans le "massacre des saints innocents," comme nous le rappelle une lectrice Bulgare habitant en Amérique :

Avortement en Russie : pire qu'en Occident
De: Galina Schneider
Forum: alt.religion.christian.east-orthodox
Date: mercredi 23 Jan 2008 21:33:54 -0500

Nous devrions avant toute chose balayer devant notre propre porte. La Russie a un énorme taux d'avortement
Voir http://www.johnstonsarchive.net/policy/abortion/russia/ab-rusreg.html
(région 1993 1994 1999 2000
RUSSIE total 3.211.000 2.970.000 2.181.200 2.138.800)

Et ainsi en est-il pour la Bulgarie. Dans la majorité des pays Orthodoxes avec un haut taux d'avortement, nous devrions nous concentrer sur le problème pour changer ce qui est devenu une méthode de contrôle des naissance, et en arriver à un respect pour la vie.

http://www.johnstonsarchive.net/policy/abortion/wrjp333pd.html cite par ordre décroissant le pourcentage de grossesses s'achevant par un avortement.
Le taux d'avortement aux États-Unis d'Amérique et au Canada est 2/5 par rapport à la Russie, par exemple. Quand bien même il est si élevé aux USA et au Canada, nous devrions choquer le coeur des gens ici? Mais c'est bien pire dans un pays à majorité Orthodoxe, quelle honte pour nous!

Voir cet intéressant et effrayant article sur le sujet :
http://www.economist.com/research/articles
carte des taux d'avortement dans le monde


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Les premiers Chretiens a Kiev, Vasili Perov, 1880Les premiers Chrétiens à Kiev
Vasili Perov (1880)



"O ces misérables villages,
O cette indigente nature,
Terre de longue patience,
Terre de notre peuple russe!

Accablé du poids de la Croix,
Le Roi du Ciel, en humble esclave,
T'a parcourue, terre natale,
Toute entière, en te bénissant.
"
Fédor Tioutchev (1803-1873)
http://www.russomania.com/article.php3?id_article=762
Fedor Tioutchev


Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la chute de la Russie n'a pas commencé il y a 20 ans, ni même en 1905. En 1831, saint Seraphim de Sarov se plaignait déjà de la disparition de la Foi dans son pays. Et quelques décennies après, saint Jean de Cronstadt posait le même regard affligé sur une situation s'étant tellement aggravée qu'elle ne pouvait que mener au néant. 70 années d'Union des Républiques Socialistes soviétiques viendront confirmer les sombres pressentiments de ces 2 grands saints thaumaturges. Hélas.
Car le problème remontait à bien plus loin. Il a les mêmes sources que pour l'Occident – du moins dans son aggravation en ce qui nous concerne, puisque l'Occident avait déjà quitté l'Église des siècles auparavant.
La source de notre aggravation et de la chute de la Russie, c'est le ténébreux "siècle des Lumières," qui a répandu partout en Europe et aux Amériques les fumées sulfureuses des démons. Les despotes de Russie, aux successeurs toujours moins Chrétiens que leurs prédécesseurs, finirent par se laisser tenter. Un Pierre le grand n'a rien de grand aux yeux des patriotes Russes : cet "illuminé" (dans le sens non-Chrétien du terme) doit son surnom à l'Occident déchristianisé. Pas à son peuple à lui, qu'il a fait souffrir comme peu auparavant, depuis qu'ils avaient réussis à se débarrasser des dictatures et envahisseurs successifs voire simultanés, tels que Polonais, Mongols, Chevaliers Teutoniques, Jésuites, Dominicains, Suédois et autres Lituaniens..
Le tsar Pierre 1er avait vécu et étudié aux Pays-Bas, pays protestantisé jusqu'à fond des yeux, et aussi passé quelque temps à Londres, protestantisme version anglicane au pouvoir. Voilà la formation intellectuelle et "spirituelle" du tsar. Il fera construire, en 1703, "sa" nouvelle capitale, dans un endroit insalubre, construite dans des conditions climatiques épouvantables.
Pour la faire, cette ville que nos touristes occidentaux vénèrent comme un joyaux et dont ils ignorent (et se fichent de savoir) que c'est en fait un immense cimetière d'esclaves, il a ordonné une conscription annuelle de 40.000 serfs, un par 16 maisonnées, devant avoir son propre matériel de travail, sa propre nourriture, et voyageant en groupes sous escorte militaire... pour éviter les désertions. Fidèle à ses origines "spirituelles," Pierre fera au départ appeler sa ville "Sankt Pieterburg," en vieux néerlandais donc. Pierre voulait une ville occidentale dans le sens moderne du terme. Les Encyclopédistes Français qui y viendront s'y sentiront chez eux. Pierre sera tellement attiré par le miroir aux alouettes du pouvoir de ce monde, d'un palais de Versailles ou de son équivalent de Germanie, qu'il fera tout pour leur ressembler, les dépasser. C'est là, le vrai début des ennuis pour la Russie. Car avec un protestant comme Tsar, elle ne pouvait pas rester Chrétienne, elle ne pouvait pas rester cette sainte Russie présentée au Christ quelques siècles auparavant. Catherine "la grande," autre escroquerie intellectuelle d'origine occidentale, poursuivra l'oeuvre de déchristianisation acharnée.
Ces "illuminati" vont interdire aux moines de posséder de quoi écrire, d'apprendre au peuple lecture et écriture, etc, et ainsi tenter de stériliser intellectuellement et spirituellement tout le peuple. Ils vont laminer l'Église. Supprimer le patriarcat (qui ne sera rétablit que par le dernier tsar, le martyr saint Nicolas II, mais trop tard pour redresser la barre), et placer l'Église sous le joug d'une administration civile, dont bien souvent, et sans aucune gène pour le dire, le responsable principal sera .. franc-maçon.. Voilà ce qui a mené la Russie à la ruine, la même chose que chez nous : l'attrait du pouvoir de ce monde, puis, vu le vide spirituel, le comblement de ce vide par une religiosité athée.
Mais, et le "mais" est de taille, il y a de l'espoir. Car ces 3 siècles de destruction systématique de l'Église n'ont pas réussi à empêcher Dieu de susciter tous les grands starets d'Optina, par exemple. Et pendant la chape de plomb du régime socialiste, des millions de Confesseurs de la Foi ont tenu bon. Les centaines de milliers de martyrs du clergé et de ses assistants directs (catéchistes, etc) sont tous à prier pour ce peuple qu'on a tenté d'arracher au Christ. Leur force n'est pas mesurable par des instruments de mesure, des sondages, etc. Qu'après une telle dictature, il y ait à nouveau "autant" de fidèles qu'à l'époque du règne du saint tsar Nicolas II en dit plus long sur ce pouvoir spirituel que tout discours. Ce n'est pas dans l'irénisme et le triomphalisme de hiérarques très en ligne avec les idées de ce monde (oecuménisme, césaro-papisme, etc) qu'il faut chercher cette renaissance de la Foi en Russie. Eux, ils ne sont que les héritiers de Pierre "le grand" et Catherine "la grande," et pas de saint Ignace Brianchaninov ou saint Alexis Toth!
Les chiffres de membres sont faux. Il ne faut pas s'y fier. Donc numériquement, l'Église de Russie compte beaucoup moins de membres réels que l'Église en Amérique du nord, énormément moins même. Cependant, si dans les années 1920, la Grèce a "gagné" des saints martyrs et confesseurs par dizaines de milliers, à cause du génocide que les Turcs ont perpétré à l'encontre des Grecs d'Asie Mineure (dans l'indifférence occidentale, cfr la province serbe du Kosovo aujourd'hui..), la Russie, c'est par millions qu'elle a reçu de nouveaux intercesseurs en ce 20ème siècle de tous les paroxysmes, de toutes les folies déchaînées au niveau planétaire. D'où on aurait tort de se gausser des chiffres officiels du patriarcat de Moscou. Mais on aurait tout aussi tort d'être pessimiste. Il y a des millions de grands priants occupés nuit et jour à porter ce grand pays en prière. Ca finira par marcher. Inévitablement. Deo gratias.

Mikhail Nestorov, la Sainte Russie presentee au ChristМ.В.Нестеров "Святая Русь"
Mikhaïl Nestorov, "la Sainte Russie présentée au Christ"
Михаил НЕСТЕРОВ (1862-1942)

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16 novembre 2007

Russie : Qui veut replonger l'Église dans la Guerre Froide?

La première de ces nouvelles date déjà du début de l'été, les 2 autres sont plus récentes. En reliant la 1ère à la 3ème, on a tout de même de quoi se poser quelques légitimes questions. Cette 3ème nouvelle, la "bénédiction de l'arme atomique", fait d'ailleurs "chauffer" divers forums Orthodoxes sur internet et il y a de quoi. Certains personnages influents au sein de l'Église semblent se remettre activement à l'écoute de bruyantes sirènes qui font froid dans le dos.
orchestre de l'armee rouge


On tempérera cependant cette appréciation par le fait bien réel que les États Unis d'Amérique font tout leur possible pour que la Russie ne puisse pas se relever de ses ruines socialistes et redevenir un État digne de ce nom. Et pour ça, ils fomentent (Ukraine, avec le vatican) et soutiennent (Géorgie, etc) des révolutions et guerres tout autour. Et soutiennent des dictatures dans des pays limitrophes (Ouzbékhistan, etc). La Russie ne porte donc pas seule le chapeau de ce retour inquiétant à la course à la destruction planétaire.

Dans les nouvelles ci-dessous, on tirera aussi un parallèle entre d'une part les méthodes ultra-papistes qui ont cours au patriarcat, où le patriarche (à trop fréquenter le vatican...), qui n'est après tout canoniquement que l'évêque de son diocèse et rien d'autre, se comporte comme un chef du vatican version slave, et d'autre part les méthodes qui ont cours à présent dans ce qui était jusqu'il y a 5 mois un Synode indépendant, l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières. C'est tout aussi inquiétant que le fait nucléaire.

Prions pour que ces élans nationalisto-fascisants s'éteignent au plus vite...
JM

La Guerre Froide frappe l'Église



L'évêque Vladimir Tselichtchev encense les fidèles à la paroisse Orthodoxe Sviato Pokrovskiy


Le terrain de l'église, grand de 20 ares,
se trouve à mi-chemin entre Atlantic City et Philadelphie.

source & (c)


BUENA, New Jersey (AP) – La Guerre Froide est vivace dans ce coin boisé du New Jersey, sous les coupoles dorées d'une paroisse Orthodoxe russe.

Dimanche, un petit groupe de fidèles s'est rassemblé à l'église Sviato-Pokrovskiy
pour ce qui pourrait avoir été leur dernière Liturgie. La petite assemblée est menacée d'éviction parce qu'ils ne sont pas d'accord avec la décision de leur Synode de se réunifier avec le Patriarcat de Moscou en Russie.
Leur sort pourrait être scellé cette semaine, lorsqu'un juge devrait rendre son jugement dans le procès que leur diocèse a intenté pour essayer de reprendre les quelques 20 ares de propriété ecclésiale qui se trouvent à mi-chemin entre Atlantic City et Philadelphie, dans une région qui a été peuplée par des émigrants Russes.
La décision du Synode de se réconcilier a été insupportable aux yeux des fidèles tels que ceux de Buena, qui fustigent le patriarcat de Moscou pour sa collaboration avec les Soviétiques jusqu'il y a quelques années d'ici, et pour son étroite relation avec le gouvernement russe de nos jours.
"Nous considérions cela comme une église soviétique, un bras humain armé du gouvernement," dit Maria Nekludoff, 56 ans, une des 3 marguilliers de la paroisse, les autres étant son mari et sa mère. "Je ne comprend pas comment tout d'un coup, ce serait devenu la "mère Église," et que nous aurions besoin de nous réunifier avec. Ca n'a pas de sens pour moi."
Depuis que le prêtre Nikolai, père de Maria Nekludoff, est décédé en 2004, il n'y a plus eu de prêtre à temps plein, de sorte qu'il n'y a de Liturgie complète que lorsqu'un prêtre sait y venir, une fois par mois voire moins. Un Office auquel assistent en général une vingtaine de personnes.
Adelaida Nekludoff, 83 ans et mère de Maria Nekludoff, originaire d'Ukraine, repousse d'un geste de sa tête couverte d'un voile toute idée de légitimité pour le patriarcat de Moscou : "Ce n'est pas une Église."
La paroisse Sviato-Pokrovskiy a été fondée en 1957, faisant partie de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF), un réseau étendu d'églises créé après la Révolution Bolchevique, par des fidèles ayant fuit l'Union Soviétique.
Les Soviétiques ont tenté de détruire la Foi dans un pays qui avait été essentiellement Orthodoxe depuis des centaines d'années, massacrant des milliers de prêtres et détruisant les églises. Nombre de fidèles ayant survécu aux purges ont tenté de refaire leur vie aux États-Unis d'Amérique.
Mais la crainte de la persécution n'était jamais loin. Par exemple, à Buena, l'iconostase de l'église, paroi centrale présente dans toute église Orthodoxe russe et portant des peintures de saints, a été construite de sorte qu'elle puisse être enlevée en une heure si les membres avaient à fuir.
Même malgré la chute de l'Union Soviétique, il fallu attendre jusqu'il y a fort peu pour que l'EORHF se décide à la réconciliation avec le patriarcat de Moscou.
Mais pour les fidèles tels que ceux de Buena, le patriarcat de Moscou est considéré comme étant encore rempli de gens ayant collaboré avec le gouvernement soviétique.

Il y a aussi la crainte de ce que le patriarcat est bien trop aligné avec l'actuel gouvernement russe, qu'ils sentent comme du communisme camouflé afin de faire renaître la fierté des Russes à propos de l'histoire de l'ère soviétique.
Un porte-parole de l'ambassade de Russie à Washington DC, Alexey Timofeev, dit que la réunification était quelque chose de désiré par tous les Russes, tant dans le pays qu'au dehors.
Bien qu'il n'existe pas de chiffres officiels sur le nombre de paroisses et de paroissiens ayant quitté l'EORHF, prêtres et fidèles disent que cela a séparé paroisses, prêtres et même familles.
"Époux et épouses, mères et fils, tout le monde a été divisé. C'est une terrible tragédie," dit l'évêque Vladimir Tselichtchev, 41 ans, qui célèbre ce qui pourrait être la dernière Liturgie à l'église de Buena.
Nombre de paroisses et fidèles Orthodoxes russes suivent de près le procès de Buena, pour voir quel effet cela pourrait avoir sur leur propre situation.
"Peut-être bien que la Guerre Froide n'est plus la même, mais elle n'est pas finie," dit le prêtre Stefan Sabelnik, de la paroisse de la Dormition de la Mère de Dieu, à Trenton, paroisse qui a aussi quitté l'EORHF suite à la réconciliation avec Moscou.
Nicolas Ohotin, un porte-parole de l'EORHF, dit que les gens ont le droit de quitter l'Église, mais qu'ils n'ont pas le droit d'emporter avec eux les biens de l'Église. Ohotin dit que l'accord avec le patriarcat de Moscou permet une "très large indépendance," et que les fidèles Orthodoxes ne devraient pas redouter de se retrouver sous la coupe de Moscou.
"L'Église espère que tous ses paroissiens, tous ses membres qui ont quitté l'Église, retrouveront le chemin de retour au sein de l'Église," dit Ohotin.
Maria Nekludoff a été à l'église à Buena depuis son enfance, et son père, son oncle, son frère et sa grand-mère sont enterrés dans le cimetière, qui est bien entretenu. Elle dit que ses parents et les paroissiens ont donné leur vie pour construire l'église.
"Cela me briserait le coeur de voir que c'est en quelque sorte le travail de leurs vies qui est arraché," dit-elle. "Je me sens bénie pour avoir été à même de défendre ces gens qui sont sans défense.. J'ai senti que c'était mon devoir."


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EORHF "non-Moscovite" :
http://www.rocor-v.com/rocor/engindex.html

et une de ses maisons d'édition en anglais :
http://www.monasterypress.com/

Concernant les ennuis de la paroisse ci-dessus, entre-temps, on a apprit par voie de presse (!!) que le diocèse qui avait exposé son problème devant les tribunaux civils (contrairement à ce qu'en dit saint Paul) avait étonnamment obtenu un gain de cause partiel. En effet, la jurisprudence nord-américaine, dans la plupart des États, fait que la propriété du bien "paroisse" est aux propriétaires réels, au niveau financier et cadastral du terme. Or, ici, le tribunal local a donné une sorte de droit de regard au diocèse. On évaluera le niveau réel de christianisme de ce diocèse à l'usage qu'il fera d'une décision civile, athée, dans un problème strictement ecclésiastique. Comme en France et ailleurs en Occident..

Je vais persifler, mais que penser d'autre? Car on le voit, quand on a bien servi le patriarcat et qu'on a forcé son Synode à rejoindre une Église à laquelle il faudra me montrer quel Canon de Concile Oecuménique le rattachait!!, et bien on est récompensé à la manière... soviétique : médaille, médaille...

Alexis II récompense le primat de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières en le décorant d'un ordre honorifique
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=3586
Alexis 2 et laurus ensemble


Moscou, 05 Septembre 2007, 12:25, Interfax – Le patriarche Alexis II de Moscou a accordé au métropolite Laurus, primat de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières, l'ordre de Saint Vladimir de seconde classe, à l'occasion du 40ème anniversaire de l'ordination épiscopale de ce dernier, en la fête de son saint patron.
La décoration a été présentée par l'évêque Isidor d'Yekaterinodar et Kuban, qui dirigeait la délégation du patriarcat de Moscou arrivée aux USA quelques jours auparavant.
La cérémonie de remise de la décoration a eu lieu après la Liturgie solennelle au monastère de la Sainte Trinité à Jordanville, NY (USA), qui faisait partie des célébrations de la réunification de l'EORHF avec l'Église Orthodoxe de Russie, rapporte le centre d'informations ecclésiales Orthodox Encyclopedia.

*-*-*

L'Ordre de saint Vladimir, du même nom que la décoration accordée au métropolite, c'est cette création d'une impératrice qui fit son possible pour détruire l'Église du Christ, à l'instar de Pierre "le grand".. On espère pour lui qu'il n'y a qu'homonymie et pas succession, même symbolique.

L'Ordre impérial russe de Saint Vladimir
http://almanachdechivalry.com/_wsn/page9.html
ancien ordre de saint vladimir


L'Ordre de Saint Vladimir (4 classes) (Orden sv. ravnoapostol'nogo kniazia Vladimira ). Institué par la tsarine Catherine la Grande le 4.10.1783.
La Croix de Saint Vladimir était un Ordre impérial russe institué en 1782 par la tsarine Catherine II en mémoire des actes de saint Vladimir, le grand prince et celui qui a mené la Rus' kiévaine au Baptême. Sa devise : "Bienfaisance, Honneur et Gloire." L'Ordre avait 4 degrés et était accordé pour un service civil et militaire de longue durée. La couleur du ruban de l'Ordre est rouge avec un bord noir.
Première classe – une croix rouge avec des bords noir et or. Elle était portée avec le ruban pendant sur l'épaule droite, avec une étoile octogonale faite d'or et d'argent. Elle était attachée au côté gauche de la poitrine.
Seconde classe – une croix rouge autour du cou et l'étoile sur le côté gauche de la poitrine.
Troisième classe – une croix rouge d'une plus petite taille, autour du cou.
Quatrième classe – la même croix portée sur la poitrine.
Insigne : une croix émaillée patinée, avec bordure noire en émail, et un rond central en émail noir portant un manteau rouge à col d'hermine avec le monogramme de saint Vladimir. Portée sur une écharpe à décoration pour le premier rang, sur un collier pour les 2ème et 3ème rangs, et sur un ruban sur la poitrine pour le 4ème rang.
Étoile : Une étoile à 4 pointes superposée à une étoile en or à 4 branches, avec une croix en or dessus et les lettres "CPKB" entre les bras de la croix sur un fond émaillé noir au centre, surmonté de la devise de l'Ordre "Bienfaisance, Honneur et Gloire" (Pol'za Chest' i Slava). Porté du côté gauche de la poitrine pour les 1er et second rangs. Cette devise fut transférée à l'actuel Ordre du Mérite de la Fédération de Russie, qui a été institué en 1992 par le président Boris Yeltsin et qui est actuellement la seconde décoration en importance dans ce pays.
Ruban : rouge avec des bords noirs.
Grand Maître: Son Altesse Impériale la grande duchesse Maria Vladimirovna de Russie (Maria I, tsarine titulaire et autocrate de toutes les Russies, née en 1953).




L'Église accorde une bénédiction atomique
http://www.themoscowtimes.com/stories/2007/09/05/002.html


mercredi 5 Septembre 2007. Issue 3736. Page 1.

Par Alexander Osipovich
Rédacteur principal au Moscow Times

Les Chrétiens croient depuis longtemps que le monde finira par l'apocalypse. Mardi matin, l'Église Orthodoxe de Russie a donné sa bénédiction aux hommes et aux femmes qui pourrait la provoquer.
Au cours d'une cérémonie à la cathédrale du Christ Sauveur, les prêtres ont chanté des prières en l'honneur du 12ème Directoire Principal du Ministère de la Défense, qui est responsable pour le stockage et la maintenance de l'arsenal nucléaire du pays.

Ce directoire ultra-secret a fêté ce mardi le 6àème anniversaire de sa création par Staline en 1947, quand l'Union Soviétique était lancée dans la course à l'armement nucléaire suite aux bombardements atomiques américains sur Hiroshima et Nagazaki. Quelque 200 personnes du directoire ont participé à la célébration de mardi, quelque chose qui aurait été impensable aux jours de l'athéisme soviétique officiel.
Vêtus de leurs uniformes portant un logo atomique stylisé sur leurs manches, ils faisaient occasionnellement le signe de croix pendant que l'évêque Amvrosy de Bronnitsy menait l'office de prière dans la profonde cathédrale en marbre.
L'évêque a conclu en lisant un message de félicitations du patriarche Alexis II.
"Je vous félicite en ce mémorable anniversaire," disait-il, "et j'élève des prières à Dieu et au vénérable Seraphin de Sarov de sorte que les armes nucléaires que vous avez conçues et qui vous sont confiées soient toujours entre les mains de Dieu, et ne seront que des armes de dissuasion et
de riposte." Seraphin de Sarov est le saint patron semi-officiel du directoire.
Le message du patriarche a aussi été imprimé dans l'édition de mardi du Krasnaya Zvezda, le quotidien officiel du Ministère de la Défense. La coopération a grandit au cours des récentes années entre les forces armées et l'Église Orthodoxe, encouragée par la haute hiérarchie militaire et appuyée par le président Vladimir Poutine.