"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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19 janvier 2016

Théophanie ou Épiphanie - quelques réflexions (p. George Dragas)

La Théophanie est une des grandes fêtes du Seigneur dans l'année ecclésiastique. On l'appelle aussi l'Épiphanie et le Jour des Lumières, et elle est célébrée le 6 janvier. Les noms de cette Fête dévoilent la compréhension qu'en avait l'antique Église. Cette compréhension est reliée à la révélation de Dieu, à savoir la manifestation du Dieu Un en la Trinité à travers l'Incarnation du Fils de Dieu, notre Seigneur Jésus-Christ. Dès lors, la Théophanie reprend la nativité du Christ et les événements qui y sont reliés (e.a. la visitation des Mages), et aussi le début de la manifestation publique du Fils de Dieu, cette économie de l'Incarnation qui est reliée au Baptême du Christ dans le Jourdain par Jean le Baptiste.

Au 4ème siècle, la fête de Noël fut séparée de la Théophanie et constitua une Fête disctincte, qui fut célébrée le 25 décembre. Cette distinction a été adoptée dans l'Église en Occident, qui à l'époque était une avec l'Église en Orient. Depuis lors, lors la Théophanie était spécifiquement reliée au Baptême du Christ, à savoir le commencement du ministère publique du Christ par lequel Il devint le Sauveur et le Rédempteur du monde. La question qui survient ici, c'est pourquoi donc le Christ fut baptisé? Pourquoi donc cela a-t'il eu lieu, et quelle en est la profonde signification?

Le Baptême du Christ et le Sacrement du Baptême

a) Le témoignage de Jean l'Évangéliste. Dans l'Évangile de saint Jean, nous trouvons les premiers éléments à propos de la relation entre le Baptême du Christ et le Sacrement de Baptême. Saint Jean le Précurseur parle d'un Baptême dans l'eau qu'il administrait selon un appel divin, et expliquait que le Christ qui allait venir le transformerait en Baptême dans l'Esprit, de sorte qu'à travers cela, les humains puissent entrer dans le Royaume de Dieu : "Et Jean rendit témoignage en disant: "J’ai vu l’Esprit descendre, tel une colombe venant du ciel, et demeurer sur Lui.  Et moi, je ne Le [c-à-d le Christ] connaissais pas, mais Celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, Celui-là m’avait dit: "Celui sur Qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est Lui qui baptise dans l’Esprit Saint."  Et moi, j’ai vu et je témoigne que Celui-ci est l’Élu de Dieu." (Jn 1,32-34). C'est exactement ce qui sera confirmé par le Seigneur Lui-même lorsqu'Il dira à Nicodème "En vérité, en vérité, Je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu" (Jn 3,5). Ces paroles du Seigneur constituent l'institution du saint Sacrement du Baptême, par lequel les êtres humains deviennent Chrétiens. La descente du Saint Esprit au Baptême du Christ, révéla le sacrement du Christ, que le Christ institua, opérant à travers le Saint Esprit. C'est le Baptême que le Seigneur administra à Ses saints disciples comme un élément de base de leur ministère dans le monde.

b) Le témoignage des Évangélistes Mathieu et Marc. Dans ces 2 évangiles synoptiques, Mathieu et Marc, il y a une déclaration explicite sur la nécessité du Sacrement de Baptême comme moyen de participation des êtres humains au Salut que le Christ offre. On la trouve dans le commandement du Seigneur Ressuscité adressé à Ses disciples, les envoyant prêcher l'Évangile et baptiser le monde entier. En d'autres termes, Il leur demandait d'initier les êtres humains à une nouvelle et salvifique relation avec le Dieu Un en la Trinité, Qui fut définitivement révélé dans Son Baptême dans le Jourdain par Jean le Baptiste au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. "Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit" (Mt 28,18-20). Marc l'Évangeliste le dit d'une manière plus brève. "Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création.  Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé" (Mc 16,15-16).

Dès lors, il est clair que le Sacrement du Baptême que le Christ a institué en accomplissant et transformant le Baptême de Jean le Baptiste, est le commencement de notre reconnexion avec notre Créateur, Qui est le maître et accomplisseur de notre Salut. Pour comprendre la profonde signification de ce Salut, nous devons examiner avec soin les détails des récits évangéliques rapportant le Baptême du Seigneur dans le Jourdain.
Archiprêtre George Dion Dragas, Phd, DD, DTh






Theophany or Epiphany - Here are some thoughts by Fr. George Dragas.

"Theophany (or Epiphany) and Christmas. Theophany is one of the great Feasts of the Lord of the ecclesiastical year. It is also called Epiphany and the Day of Lights and is celebrated on the 6th of January. The names of this Feast indicate the understanding of the ancient Church concerning this Feast. This understanding is connected with the revelation of God, that is, the manifestation of the One God in Trinity through the Incarnation of the Son of God, our Lord Jesus Christ. Consequently, Theophany comprises the birth of Christ and the related events (e.g. the visitation of the Magi) and also the beginning of the public manifestation of the incarnate economy of the Son of God which is connected with the Baptism of Christ in the Jordan by John the Baptizer.

In the 4th century AD, Christmas was separated from Theophany and constituted a separate Feast, which was celebrated on the 25th of December. This separation had been adopted in the Western Church, which was at that time united with the Eastern Churches. Since then Theophany was specifically connected with the Baptism of Christ, i.e. with the commencement of the public ministry of Christ through which he became the Savior and Redeemer of the world. The question that arises here is why was Christ baptized? Why did this take place and what is its deeper meaning?"
The Baptism of Christ and the Sacrament of Baptism

a) The Witness of John the Evangelist. In the Gospel of St. John we find the first hints regarding the relation between the Baptism of Christ and the Sacrament of Baptism. St. John the Forerunner speaks about the Baptism in water which he administered according to the divine calling and explains that the coming Christ would transform it into baptism in the Spirit so that through it human beings would enter into the kingdom of God: “John bore witness and said that he saw the Spirit descending like a Dove from heaven and resting upon Christ. He also said the he did not know him [i.e. Christ – until that point], but He who sent him to baptize had said that on whom he would see the Spirit descending and resting upon him, he would be the One who will baptize in the Holy Spirit. John also said that he saw this and bore witness to it, namely, that he is [the Christ] the Son of God” (1:32-34). Exactly the same was confirmed by the Lord himself when he said to Nicodemus: “Amen, amen I say to you, unless one is born of water and Spirit, one cannot enter the kingdom of God” (3:5). These words of the Lord constitute the institution of the holy sacrament of Baptism, through which human beings become Christians. The descent of the Holy Spirit, then, at the Baptism of Christ, revealed the sacrament of Christ which Christ instituted and operates through the Holy Spirit. It is the Baptism which the Lord delivered to his holy disciples as a basic element of their ministry in the world.

b) The Witness of the Evangelists Matthew and Mark. In the two synoptic Evangelists, Matthew and Mark, there is an explicit statement about the necessity of the sacrament of Baptism as a means of participation of human beings in the salvation which Christ offers. This appears in the command of the Risen Lord to his Disciples to preach the Gospel and baptize human beings throughout the world. In other words, he asked them to initiate human beings into their new and saving relation with the one God in Trinity which was definitively revealed at his Baptism in the Jordan by John the Baptizer in the name of the Father and the Son and the Holy Spirit. “Go, then, and make disciples of all nations, baptizing them in the name of the Father and the Son and the Holy Spirit, teaching them to observe all those things which I commanded to you” (28:18-20). Mark the Evangelist states the same in a briefer way. “Go to the whole world and preach the Gospel to the entire creation. Whoever believes you and is baptized will be saved” (16:15-16).

It is clear, then, that the sacrament of Baptism which Christ instituted by fulfilling and transforming the Baptism of John the Baptizer is the commencement of our reconnection with our creator, who is the leader and perfecter of our salvation. To understand the deeper meaning of this salvation we must pay attention to the details that the Gospel narratives supply concerning the Baptism of the Lord in the Jordan.

Fr. George Dragas

22 novembre 2015

"Briser les crânes" - ce qui perturbe dans l'Ancien Testament (p. Tryphon, EORHF)


Lorsqu'on lit l'Ancien Testament, il est important de se rappeler qu'il a été écrit comme le récit de peuples en cheminement vers Dieu. Au cours de ce cheminement, les Israélites en sont venus à découvrir progressivement Dieu, par le biais de la révélation de Dieu auprès de leurs prophètes, et leur compréhension de Dieu a commencé à grandir. Le Christ, Logos ou Verbe de Dieu, était dès les origines, et S'identifie comme l'Alpha et l'Omega. Dès lors, l'Ancien Testament ne saurait être convenablement compris qu'à la lumière de la Résurrection du Christ.

Le Dieu de l'Ancien Testament ne peut être compris qu'à la lumière du Nouveau Testament, dès lors nous ne devrions pas prendre trop au sérieux les troublants récits où Dieu dirait à Son peuple de tuer leurs voisins, d'éclater la tête des enfants de leurs ennemis contre des rochers. Les récits historiques où on nous présente la colère du Dieu vétérotestamentaire ne devraient pas nous poser problème, car ce n'est qu'à la lumière de la révélation du Christ que nous pouvons vraiment comprendre la Vérité.

Divers Pères de l'Église ont vu ce massacres d'enfants des récits de l'Ancien Testament comme la représentation des passions, et le rocher où on les brisait comme représentant le Christ. Comme fidèles, nous écrasons nos mauvaises pensées sur le Roc, pour être sûrs que nos passions ne reviennent pas nous vaincre. Nombre de Psaumes ont les mêmes allégories, come une invitation à garder les murs de la cité de nos coeurs, et préserver les trésors spirituels que nous avons reçus de notre Roi et notre Dieu.

Le littéralisme historique n'est pas important lorsqu'on confronte tout cela avec la véritable nature de Dieu telle que révélée, et nous détourner du littéralisme dans notre interprétation de l'Écriture sainte, ce n'est pas une capitulation face au modernisme. L'Église a toujours su comment nous devrions lire les Écritures, car la Vérité du récit biblique ne peut être connue qu'à la lumière du Christ, tel que c'est révélé par Son Église.

Les Pères de l'Église ont reconnu la partie humaine des Écritures, car le Saint Esprit a illuminé les hagiographes (auteurs humains) sans jamais leur faire perdre leur personnalité, comme s'ils étaient des transmetteurs. Ces rédacteurs des Écritures n'étaient pas comme une sorte de tuyauterie par où s'écoulerait le Saint Esprit, car ils ont écrit dans le contexte de leur expérience humaine de Dieu, dans le contexte de leurs expériences culturelle et tribale.

Une certaine synergie existait, pendant qu'ils s'efforçaient de coopérer avec Dieu. Les rédacteurs de l'Ancien Testament parlaient au peuple de leurs époques, dans le contexte culturel de leurs tribus, avec leur propre identité culturelle de leur époque. Les récits d'un Dieu brutal et colérique, tels que perçus par ces écrivains, doivent être considérés comme ne réflétant que la mentalité de l'époque dans laquelle ils ont vécu.

"Ne recherchez pas la mort par les égarements de votre vie et n'attirez pas sur vous la ruine par les œuvres de vos mains. Car Dieu n'a pas fait la mort, Il ne prend pas plaisir à la perte des vivants. Il a tout créé pour l'être; les créatures du monde sont salutaires, en elles il n'est aucun poison de mort, et l'Hadès ne règne pas sur la terre" (Sagesse de Salomon 1,12-14). Ce Dieu de l'Ancien Testament n'a jamais ordonné aux gouvernements et aux armées de tuer, sinon Il serait en contradiction avec les 10 Commandements dans lesquels Il disait à Son peuple qu'ils ne devraient pas tuer.

Les références à la peine capitale ne disent pas à Son peuple de tuer qui que ce soit, mais seulement que les conséquences du péché, c'est la mort. Les récits de lapidation de pécheurs, de têtes d'enfants éclatées contre les rochers, et de massacres de voisins, sont nés dans le péché et les ténèbres d'un peuple qui ne commençait qu'à recevoir la révélation de l'amour de Dieu. Cet amour a été crescendo jusqu'à la Résurrection du Christ d'entre les morts, et le bannissement de la puissance de la mort, une fois pour toutes.

Dans l'amour du Christ,

Higoumène Tryphon




Lire aussi :
Understanding Violence in the Old Testament: Critical and Patristic Perspectives

29 avril 2015

Où se trouve Arimathie? (p. John)

Q: L'évangile de saint Jean nous rapporte comment saint Joseph d'Arimathie a descendu le Corps du Christ de la Croix, l'a oint, et enseveli dans une nouvelle tombe. Mais où donc se situe exactement la cité d'Arimathie?

R: A vrai dire, personne ne le sait encore avec certitude. Il n'y a plus de traces d'une cité, ville, village ou région portant ce nom. Cependant, certains érudits bibliques croient qu'Arimathie est la translitération grecque de "ha-Ramathhaim" (Ramatha ou Romah), qui se trouve à 7 à 8km au nord-ouest de Jérusalem.
P. John






Q: The Gospel of St. John tells of how Joseph of Arimathea took Christ's Body down from the cross, anointed it, and buried it in a new tomb. Where exactly is the city of Arimathea located?

A: Interestingly, nobody knows for certain. There is no evidence of a city, town, village, or region bearing this name. However, some biblical scholars believe Arimathea to be a Greek transliteration of the Hebrew ha-Ramathhaim (Ramatha or Romah) which was a place 4-5 miles north-west of Jerusalem.

Fr. John




30 novembre 2014

L'harmonie dans la Bible entre les Testaments, Prophètes, Évangiles, etc (Origène)

De même que pour les différentes cordes du psalterion ou de la lyre, qui chacunes donnent une note propre audiblement différente de toute autre, un homme n'y connaissant rien en musique et dans la théorie de l'harmonie, il les considérera comme discordantes, à cause de la différence des notes : ainsi donc, ceux qui n'ont pas l'oreille pour percevoir l'harmonie de Dieu dans les Saintes Écritures, supposent que l'Ancien Testament n'est pas en harmonie avec le Nouveau, ou les Prophètes avec la Loi, ou les Évangiles les uns avec les autres, ou un Apôtre avec l'Évangile, ou avec lui-même, ou avec les autres Apôtres. Mais s'il survient un lecteur qui a été initié à la musique de Dieu, un homme qui se montre sage en parole et en acte, avec cela, il produira une note de la musique de Dieu, car il aura apprit de la musique de Dieu à garder le bon rythme, à jouer sur les cordes de la Loi, puis sur celles de l'Évangile en les gardant en harmonie entre elles, et maintenant sur celles des Prophètes. Et quand l'harmonie du bon sens est requise, il frappe les cordes apostoliques accordées pour être en concordance avec les précédentes, et de même ces cordes apostoliques sont en harmonie avec celles des Évangélistes.
Car il sait que l'Écriture sainte toute entière est l'instrument parfait et harmonieux de Dieu, mélangeant les différentes notes, pour ceux qui veulent apprendre, dans un cantique salutaire...
Vous observez, alors, qu'il y a une troisième sorte de pacificateur, celui qui, en se maintenant près de l'Écriture à la fois y voit la paix qui l'imprègne, et la répand sur ceux qui cherchent correctement la vérité et désirent vraiment s'y attacher.
Origène d'Alexandrie, Commentaire sur l'Évangile de Matthieu

http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=634







For as the different strings of the psaltery or the lyre, each of which gives forth a note of its own seemingly unlike that of any other, are thought by an unmusical man who does not understand the theory of harmony to be discordant because of the difference in the notes: so they who have not ears to detect the harmony of God in the sacred Scriptures suppose that the Old Testament is not in harmony with the New, or the Prophets with the Law, or the Gospels with one another, or an Apostle with the Gospel, or with himself, or with the other Apostles. But if a reader comes who has been instructed in God's music, a man who happens to be wise in word and deed, and on that account...he will produce a note of God's music, for he will have learned from God's music to keep good time, playing now upon the strings of the Law, now upon those of the Gospel in harmony with them, now upon those of the Prophets; and when the harmony of good sense is required he strikes the apostolic strings tuned to suit the foregoing, and similarly, apostolic strings in harmony with those of the Evangelists. For he knows that the whole Scripture is the one, perfect, harmonious instrument of God, blending the different notes, for those who wish to learn, into one song of salvation...You observe, then, that there is a third kind of peacemaker, he who keeping close to the scripture both sees the peace which pervades it everywhere, and bestows it on those who rightly seek the truth and are really eager to lean.
Origen of Alexandria, Commentary on Matthew

28 octobre 2014

La compréhension personnelle des saintes Ecritures (saint Ephrem le Syrien)

S'il n'y avait qu'une seule compréhension pour les paroles de l'Ecriture sainte, le premier interprêteur la découvrirait, et tous les autres qui écoutent ne connaîtraient jamais le labeur de la recherche ni le plaisir de la découverte. Mais pour chaque parole de notre Seigneur a sa propre résonnance, et chaque image a ses propres membres, et chaque membre possède sa propre espèce et forme. Chaque personne la comprend en accord avec sa capacité, et elle est interprêtée en fonction de ce qui lui a été donné.
Saint Ephrem le Syrien, Commentaire sur le Diatessaron de Tatien






If there were only one meaning for the words of Scripture, the first interpreter would find it, and all other listeners would have neither the toil of seeking nor the pleasure of finding. But every word of our Lord has its own image, and each image has its own members, and each member possesses its own species and form. Each person hears in accordance with his capacity, and it is interpreted in accordance with what has been given to him.
St. Ephrem of Syria, Commentary on the Diatessaron

22 juin 2014

Vérité absolue en Dieu, et vérité dans la Bible (T. Stylianopoulos)

La théologie Orthodoxe a établi une disctinction claire entre la Vérité qui est l'essence de Dieu - Dieu est Vérité, comme révélé par le Christ (Jn 1,14). Et d'autre par, l'exposition de la vérité que nous voyons dans les saintes Écritures. Cette distinction entre ce que rapporte la Bible et la Vérité qui est Dieu Lui-même est bien expliquée par le p. Τ. Stylianopoulos :

"Tout d'abord, cela préserve le mystère de Dieu d'être identifié avec la lettre de l'Écriture. Ensuite, cela laisse la liberté de voir dans la Bible l'expérience de nombreuses personnes dans leur relation avec Dieu, écrite selon leur propre langage, leur propre époque et circonstances, leurs propres symboles et images, et leurs propres conceptions du monde. En d'autres termes, cela permet une relation dynamique entre le Verbe de Dieu contenu dans l'Écriture qui consiste en la vérité de la Bible, et les paroles des hommes, les formes humaines par lesquelles le Verbe de Dieu est communiqué. Troisièmement, cela présuppose que l'Église Orthodoxe tient aussi en haute estime d'autres récits de l'expérience de Dieu, tels les écrits des Pères de l'Église, les formulations et textes liturgiques, et les décisions des Conciles Oecuméniques. Cela préserve l'Église d'un centrage exclusif sur la Bible. Et enfin, la reconnaissance d'une relation dynamique entre la lettre et l'esprit détruit le fondamentalisme doctrinal biblique comme attitude théologique (c'est-à-dire l'idée que Dieu aurait dicté des propositions qui auraient été écrites mot à mot par les auteurs sacrés), et dès lors préserve la vie Chrétienne Orthodoxe de l'erreur d'une vénération idolâtre du texte de l'Écriture (biblolatrie). Cependant, ce que la distinction entre ce qui est écrit et la vérité ne veut pas, c'est de minimiser l'importance de la Bible. Si l'Église Orthodoxe estime aussi les autres récits de l'expérience de Dieu, la Bible reste cependant le premier récit dans la tradition théologique et le culte de l'Église."

Τheodore G. Stylianopoulos, Bread for life. Reading the Bible, 1980, 13f





"First, it safeguards the mystery of God from being identified with the letter of Scripture. Secondly, it permits the freedom to see in the Bible the experiences of many persons in their relationship with God written in their own language, their own time and circumstances, their own symbols and images, and their own ideas about the world. It permits, in other words, a dynamic relationship between the Word of God contained in Scripture which consists of the truth of the Bible, and the words of men, the human forms in which God's Word is communicated. Thirdly, it presupposes that the Orthodox Church highly esteems also other records of the experience of God, such as the writings of the Church Fathers, the liturgical forms and texts, and the decisions of the Ecumenical Councils. It rescues the Church from an exclusive focus on the Bible. Finally, the acknowledgment of a dynamic relationship between letter and spirit destroys doctrinaire biblical fundamentalism as a theological posture (that is to say the idea that God dictated propositions which were then written down word for word by the sacred authors) and thus guards Orthodox Christian life from the error of idololatrous veneration of the text of Scripture (bibliolatry). What the distinction between record and truth does not intend, however, is to minimize the importance of the Bible. If the Orthodox Church also esteems other records of the experience of God, the Bible still remains the primary record in the theological tradition and the worship of the Church"

Τheodore G. Stylianopoulos, Bread for life. Reading the Bible, 1980, 13f

18 mai 2014

Toute la Bible parle du Christ ! (p. John Behr)

La proclamation de la mort et de la Résurrection du Christ (l'Évangile) ne dérive pas de manière directe de l'Écriture (l'Ancien Testament). Au contraire, la mort et la Résurrection du Christ agissent comme un catalyseur. Puisque Dieu a agit en Christ d'une manière définitive et inattendue, refaisant tout à neuf, l'Écriture elle-même doit être relue à neuf... Lues à la lumière de ce que Dieu a accompli en Christ, les Écritures ont fourni les expressions et images, le contexte, dans lesquel les Apôtres ont donné du sens à ce qui se passait, et avec lequel ils l'ont expliqué et prêché, justifiant ainsi l'affirmation que le Christ est mort et ressuscité « conformément aux Écritures. » Il est important de noter que C'EST LE CHRIST LUI-MÊME QUI EST EXPLIQUÉ AU MOYEN DE L'ÉCRITURE, ET PAS L'ÉCRITURE ELLE-MÊME QUI EST EXPLIQUÉE. L'OBJET N'EST PAS DE COMPRENDRE LA « SIGNIFICATION ORIGINALE » D'UN ANCIEN TEXTE, MAIS DE COMPRENDRE LE CHRIST QUI, EN ÉTANT EXPLIQUÉ « CONFORMÉMENT AUX ÉCRITURES, » DEVIENT LE SEUL SUJET DE TOUTES LES ÉCRITURES.
P. John Behr "La Voie vers Nicée"




The proclamation of the death and resurrection of Christ [the Gospel] is not straightforwardly derivable from Scripture [the Old Testament]. Rather, the death and resurrection of Christ acts as a catalyst. Because God has acted in Christ in a definitive, and unexpected, manner, making everything new. Scripture itself must be read anew... Read in the light of what God has wrought in Christ, the Scriptures provided the terms and images, the context, within which the apostles made sense of what happened, and with which they explained it and preached it, so justifying the claim that Christ died and rose "according to the Scriptures." It is important to note that IT IS CHRIST WHO IS BEING EXPLAINED THROUGH THE MEDIUM OF SCRIPTURE, NOT SCRIPTURE ITSELF THAT IS BEING EXEGETED; THE OBJECT IS NOT TO UNDERSTAND THE "ORIGINAL MEANING" OF AN ANCIENT TEXT, BUT TO UNDERSTAND CHRIST WHO, BY BEING EXPLAINED "ACCORDING TO THE SCRIPTURES," BECOMES THE SOLE SUBJECT OF SCRIPTURE THROUGHOUT. - 

Fr. John Behr "The Way to Nicea"

10 février 2014

Sola Scriptura & interprétation personnelle (2 Pi 1,20 / P. John)

Lectures du jour : 2 Pi 1,20-2,9 & Mc 13,9-13

"Avant tout, sachez-le: aucune prophétie d’Écriture n’est objet d’explication personnelle" (2 Pi 1,20)

Le verset ci-dessus met particulièrement en garde contre quiconque voulant imposer sa propre interprétation de l'Écriture et / ou utiliser la Parole de Dieu pour justifier son propre agenda. Au contraire, notre rôle comme lecteurs est d'accepter l'entièreté du message de la Bible dans son intégralité. Lorsque quiconque utilise des versets isolés, tirés hors contexte, ou lit dans l'Écriture ce qu'il pense que ça devrait dire, il diminue la parole divine et la transforme en sa propre version de la Bible. Un des cas les plus célèbres (en Amérique du Nord) est probablement la soit-disante Bible jeffersionneinne, dans laquelle Thomas Jefferson avait littéralement découpé et conservé ce qui lui plaisait de la vraie Bible et jeté le restant.

P. John




Today's Scripture Readings:
2nd Peter 1:20-2:9 & St. Mark 13:9-13

"First of all you must understand this, that no prophecy of scripture is a matter of one's own interpretation." (2nd Peter 1:20)

The above verse specifically warns against anyone imposing their own interpretations to scripture and/or utilizing God's Word to justify their own agendas. Instead, our role as readers is to accept the entire message of the Bible as a whole. Whenever anyone uses isolated verses out of context or reads into scripture what they think it ought to say, they diminish God's word and turn it into their own version of the Bible. Perhaps one of the most famous incidences of this was so-called Jeffersonian Bible, in which Thomas Jefferson literally cut and pasted what he liked from the Bible into a new book and discarded the rest.

Fr. John

14 janvier 2014

"Beth" dans les noms bibliques de lieux (p. John)

Gloire à Jésus-Christ!

Lectures du jour: Heb. 9,8-10,15-23 & Mc 8,22-26

"Et ils arrivèrent à Bethsaida." (Mc 8,22)

Bethsaida était une petite communauté vivant de la pèche, dans la partie la plus au nord du Lac de Galilée, et servait de halte régulière à Jésus au cours de Son ministère galiléen. Le nom signifie littéralement "maison du poisson" ou "maison de pécherie." La lettre hébraïque "beth" signifie "maison de." Ainsi donc, Bethel signifie "maison de Dieu," Bethléhem "maison du pain," Bethanie "maison des dates," Bethphagé "maison des figues non-mures," et Bethesda "maison de la grâce."

P. John




Glory to Jesus Christ!

Today's Scripture Readings:
Hebrews 9:8-10,15-23 & St. Mark 8:22-26

"And they came to Bethsaida." (Mark 8:22)

Bethsaida was a small fishing community on the northernmost tip of the Sea of Galilee and served as one of Jesus' frequent stops during His Galilean ministry. Its name literally means "House of Fish" or "House of Fishing." In fact, the Hebrew letter Beth is used to designate "House of." Therefore, Bethel means "House of God," Bethlehem means "House of Bread," Bethany means "House of Dates," Bethpage means "House of unripe figs," and Bethesda means "House of Grace."

Fr. John
Archangel Michael Orthodox Church

23 mai 2013

L'interprétation personnelle des Écritures saintes ou la transmission depuis les Apôtres? (Actes 8 / P. John)

Krishti u ngjall!
Lectures du jour : Actes 8,26-39 & Jn 6,40-44
Lorsque l'Apôtre Philippe rencontra cet Éthiopien occupé à lire la prophétie d'Isaïe, il lui demanda "Comprends-tu ce que tu lis?" (Ac 8,30). L'homme lui répondit "comment pourrais-je, à moins que quelqu'un ne me guide." A cela, Philippe réagit et lui interpréta les Écritures - car qui d'autre sinon quelqu'un qui avait reçu le Saint Esprit pourrait pleinement comprendre la Parole de Dieu? Dès lors, c'est ce que l'Église Orthodoxe continue d'affirmer jusqu'à ce jour. Les Chrétiens Orthodoxes ne réinterprètent pas, ne réinventent pas, ne redéfinissent pas, ne reforme pas, la Sainte Écriture afin qu'elle soit "adaptée" à notre époque, situation ou besoins, mais nous conservons simplement et suivons l'Écriture telle qu'elle nous a été transmise par les Apôtres, les Pères et la sainte Tradition de l'Église.

P. John



Krishti u ngjall!

 Today's Scripture Readings:
 Acts 8:26-39 & St. John 6:40-44

 When the Apostle Philip comes upon an Ethiopian man reading from the prophecy of Isaiah, he asks him, "Do you understand what you are reading?" (Acts 8:30). The man answers back, "How can I, unless someone guides me." At this, Philip goes on to interpret for him the Scriptures - for who else but someone who has received the Holy Spirit could fully divine the Word of God? This, therefore, is what the Orthodox Church continues to maintain to this very day. Orthodox Christians do not reinterpret, reinvent, redefine, or reshape Holy Scripture to suit our time, situation, or our needs, we simply keep, preserve, and follow Scripture as it has been handed down to us via the Apostles, Fathers, and Holy Tradition of the Church.

 Fr. John
Archangel Michael Orthodox Church

20 juillet 2012

Le saint prophète Élie est-il monté au Paradis? (Hiérotheos Vlachos)



Les paroles de saint Grégoire Palamas peuvent nous rappeler que seule la Theotokos est au Ciel avec le Christ, et corporellement, ceci en lien avec l'élévation du prophète Élie, puisque nous savons par la Bible qu'Élie aussi avant été enlevé au ciel avec son corps. Mais saint Grégoire interprète étonnamment aussi ce point. Parlant de l'Ascension du Christ, en particulier disant que bien qu'il y aie eu nombre d'ascensions, celle du Christ était unique, il fait aussi référence au cas du prophète Élie. Il écrit : 'mais il n'a jamais dépassé les limites de l'atmosphère terrestre; l'ascension de chacun d'entre eux était l'élévation depuis la terre, sans être emporté au delà des limites terrestres..' De cette interprétation, il apparaît que l'élévation du prophète Élie était une sorte de translocation, on pourrait dire une sorte de mort, et que bien entendu en étant enlevé, il ne l'a pas été au delà des limites de l'atmosphère terrestre. Dès lors, il n'y a que la Panagia qui a été ressuscitée et enlevée corporellement au Ciel, et est glorifiée avec son Fils, en tant que Sa Mère, dans sa nature humaine."
Métropolite Hierotheos Vlachos, "Saint Gregory Palamas as a Hagiorite"



Voir aussi cet article complet en anglais, avec citations du texte grec de la Septante et du NT montrant les différences théologiques entre ces diverses "ascensions" (Christ, Mère de Dieu et prophète Élie) :
Did the Prophet Elijah Actually Ascend 'Into' Heaven?

21 mai 2011

Bienheureux ceux qui aiment la paix (Origène)


Ensuite, vous remarquerez une troisième sorte de pacifiques, ceux qui restent familiers de l'Écriture voient la paix qui l'imprègne, et la communique à ceux qui cherchent vraiment la vérité et sont vraiment avides d'apprendre.
Origène d'Alexandrie, Commentaire sur Matthieu

17 mai 2011

Dieu S'est fait pauvre pour nous enrichir (Origène)

"Et Moi, pauvre et dans la misère!" (Psaume 70,6). C'est le Christ qui prononce ces paroles. Le Christ qui S'est librement fait pauvre par amour de l'humanité, afin de nous rendre riches.
Origène d'Alexandrie, fragment du Commentaire sur les Psaumes